Bonjour et merci à ceux et celles qui lisent encore les aventures de Merryl Evans. Voici le chapitre 14 qui risque de contenir des passages plutôt violents et très tristes je préviens donc les âmes sensibles, armez-vous d'une boite de mouchoirs et de quoi nettoyer vos lunettes.

Bonne Lecture.


POINT DE VUE D'ALFIE

Les semaines étaient passées avec une vitesse affolante pour Alfie. Il était à peine arrivé un peu avant que les premiers meurtres ne commencent et très vite il avait dû cumuler son travail à Val-Climat en temps qu'instructeur de magie de l'air et ses nuits qu'il passait soit à veiller sur la petite Merryl et ses compagnons soit à traverser les îles dans l'espoir de stopper le fléau qui prenait de plus en plus de puissance au fur et à mesure qu'il décimait la population.

Il ne pouvait pas se résoudre à être arrivé sur cet archipel pour rien, jamais il ne pourrait vivre avec le poids de n'avoir servi à rien. Mais c'était peut-être déjà trop tard. Il le savait pour avoir lu et relu les mémoires de Merryl, de la Merryl de son espace-temps à lui du moins. Elle était à présent en charge de la protection du feu sacré et après avoir observé sa cible il sut que c'était aujourd'hui qu'il devait agir sinon il perdrait sa seule et unique famille quand bien même elle n'était pas au courant de son existence ou que très vaguement. Il se souvenait de toutes ces fois où, enfant, il était apparu à ses côtés sous forme de fantôme alors que son enveloppe corporelle était endormie dans le placard sous l'escalier. Ou encore ces fois, très rares où elle venait à son tour lui rendre visite. Elle avait été une source d'espoir pour le petit garçon qu'il avait été, la seule source de réconfort de son enfance et son but, la seule chose au monde qu'il voulait. Un avenir pour cette petite fille, cette jeune femme de dix-huit ans à présent qui dans quelques années pourrait mourir en laissant derrière elle un petit bébé et quel avenir pour ce bébé.

Devant son miroir il s'observa avant de se lancer les longues et épaisses couches de sort servant à modifier son aspect physique. Il y avait son bras gauche qui n'existait plus, son visage et tous son corps recouvert de longues et profondes cicatrices. L'œil droit qui lui avait été arraché lorsqu'il n'avait que douze ans et tout son côté droit qui était recouvert de cloques dues aux brulures infligées par ce fichu Magyar à pointe en quatrième année. Il ne ressemblait plus à rien si ce n'est à un monstre.

Se raccrochant contre le meuble de la salle de bain, il fixa son unique œil valide dans le miroir pour apercevoir les quelques détails qui lui rappelait sa mère. Son œil gauche, vert émeraude comme le sort de mort qui avait tué sa tante Lily qui voulait le protéger son cousin et lui, de l'exacte même couleur que ceux de sa mère. La couleur de sa peau, légèrement halée par le soleil, ses tâches de rousseurs et le grain de beauté juste sous son oreille gauche. Tout le reste devait lui venir de son père.

- Tu vas mourir ce soir...souffla-t-il à son reflet monstrueux

" Le sauveur...la marionnette...le monstre mourra ce soir...demain Alfie Evans aura une chance de renaître" lui souffla la voix dans sa tête.

Le sauveur...un titre qui ne lui appartenait pas. Il était dans la nurserie des Potter quand Voldemort était apparu, avait tué sa tante puis était mort de son propre sortilège, Harry Potter avait vaincu le seigneur des ténèbres et était mort stupidement quand les décombres de la maison lui étaient tombées dessus. Dumbledore l'avait choisi lui pour être sa marionnette, pour être sa tête d'affiche, pour devenir Harry Potter.

Pendant des années, il avait cru être Harry Potter, avait même fait revenir les fantômes de Lily et James avant de se rendre compte de la supercherie. Il s'était servi dans les souvenirs de Dumbledore puis l'avait tué alors qu'il n'avait que quatorze ans. Il avait alors quitté Poudlard, n'emportant avec lui que sa vieille couverture de bébé et la malle contenant les affaires de Merryl Evans. Sa vrai Mère.

Il avait braqué Gringotts pour récupérer des objets de magie noire, braqué le département des mystères pour récupérer ce qu'il lui fallait, avait tué ceux qui étaient sur son chemin.

Il avait passé un pacte de non-agression avec Voldemort, lui abandonnant l'Angleterre, il n'en avait plus rien à faire d'eux et était parti en Allemagne avec Susan. Avec son aide, il avait pénétré Nurmengard pour kidnapper Grindelwald et lui voler son savoir.

Il avait fait ce que personne n'avait réussi à faire. Il avait remonté le temps pour offrir à une femme qu'il n'avait jamais connue une vie, une chance d'avoir un avenir radieux. Elle lui avait donné la vie au prix de la sienne et il allait faire de même. Peut-être qu'Alfie Evans, né en 1980 ne viendrait jamais au monde, qu'il cesserait d'exister une fois sa tâche accomplie mais … il ne voulait rien d'autre au monde.

Il l'avait vue grandir pendant plusieurs années, de loin bien-sûr mais il l'avait vue grandir, avait pénétré son âme via la lecture des carnets qu'elle avait laissés. Merryl Evans méritait milles fois plus de vivre et d'être heureuse que lui.

Se redressant devant le miroir, il tendit la baguette de sa mère vers lui et lança les sorts camouflant son immondice.

- Que Magia me vienne en aide...Sois en témoin mère de tout, ce soir je sacrifierai ma vie pour elle.

Il enfila son haut et retroussa sa manche droite pour apercevoir le filament de magie, preuve incontestable de son serment magique envers Magia. Il avait pactisé avec la magie elle-même, il n'avait plus le choix, se dit-il en souriant véritablement pour la première fois depuis bien longtemps.


Il était caché derrière une des maisons les plus proches du feu sacré. Le ciel était sombre comme en pleine nuit alors qu'il n'était que quinze heures de l'après-midi et ce n'était pas la saison froide. Le soleil avait disparu au fur et à mesure que la créature absorbait la magie du feu sacré. À mesure qu'il pompait le cœur de la magie. Bientôt, la magie disparaitrait du monde entier s'il ne faisait rien. La créature faisait des pauses entre plusieurs absorptions, devant d'abord vider la magie des gardiens, passant ainsi les niveaux de sécurité.

Se faufilant autour du feu, il aperçut enfin Merryl qui tenait à peine debout, elle était la dernière en vie, les trois autres gisant, desséchés, au sol. Le médicomage avait été le premier à mourir. Alfie sauta de sa position pour s'élancer et se poster devant la rousse lorsque la créature tenta de l'approcher.

Il sentait la magie pulser en cet homme, comme un ouragan contenu dans un vulgaire réceptacle. Alfie activa le cercle de rune qu'il avait tracé bien plus tôt puis les deux qui l'englobait lui et l'être corrompu par la soif de magie. Sous la magie il reconnut le vieux bibliothécaire de l'archipel : Jonas Karogov.

- Qu'as-tu fait ? Hurla l'homme en se répercutant contre la prison de runes.

Alfie ne l'écouta pas et commença à réciter son incantation puis quand il fut sûr de lui, à la réciter dans son esprit pour pouvoir parler.

- C'est fini Jonas ! Vous avez abusé de Magia elle-même, vous avez détourné toutes les précieuses connaissances de l'archipel et cela pourquoi ? Pour devenir la divinité la plus puissante au monde ? Pour être le plus puissant ?

- Tu ne peux pas comprendre ! Tu es une sous-race ! Cracha le vieil homme, seules les créatures devraient bénéficier de la magie ! Vous les sorciers n'êtes que des bâtards de moldus ayant violé de pauvres créatures ! Hurla-t-il perdu dans son délire et surement ivre de magie.

- Je m'en fiche, tu vas crever ! Hurla Alfie à son tour.

Il sortit un poignard de sa poche et sortant du cercle pour rentrer dans celui de l'homme, il s'acharna sur lui, tuant l'homme à la moldue, donnant des coups jusqu'à ce que la magie ne le guérisse plus par automatisme.

Lorsqu'il se redressa du corps de l'homme, le visage recouvert de sang, il ressentit les premiers effets de son pacte avec Magia. Il lui fallait plus de temps, juste assez pour parler à sa mère.

Se rapprochant du corps de sa mère qui venait de rouvrir les yeux, sa magie commençant à se régénérée, il se posta au-dessus d'elle et la prit dans ses bras.

- Je suis désolé maman…je ne suis pas arrivé assez vite, commença-t-il à délirer.


POINT DE VUE DE MERRYL

Lorsqu'elle rouvrit les yeux ce fut sur le visage recouvert de sang d'un garçon blond qu'elle peinait à reconnaitre. Il lui manquait un œil, un côté de son visage était recouvert de cloques mais elle le reconnut grâce à son œil restant, vert comme les siens.

- Je suis désolé maman…je ne suis pas arrivé assez vite, commença-t-il à délirer.

- Que t'est-il arrivé ? ...souffla-t-elle doucement en passant une main sur sa joue saine mais recouverte de sang.

- Je ...je peux te montrer, maman...fit-il en crachant du sang.

Elle sentit l'invasion dans sa tête sans pouvoir la stopper et vit défiler dans son esprit des milliers de souvenirs d'un coup. Elle vit les moindres détails de la vie du blond, l'attaque de Voldemort, les Dursley, L'enfer de Poudlard, Susan... elle vit absolument tout ce qu'il avait fait, la moindre de ses pensées toutes ces années. Elle avait mal à la tête, effroyablement mal partout. Il l'aida à s'asseoir contre un des piliers avant de s'écrouler dans ses bras, crachant du sang à nouveau.

Lorsqu'elle émergea de tous ces souvenirs, elle le fixa ahurie des larmes coulant sur ses joues.

- Tu as vécu pire que l'enfer...

- C'est parce que tu n'étais pas là maman...

- Je ...je suis là maintenant souffla-t-elle en sachant ce qui allait lui arriver mais elle ne pouvait pas se résoudre à accepter sa mort alors qu'il avait vécu l'enfer par sa faute.

- Ce n'est pas comme ça que ça marche...le marché disait ma vie contre la tienne, mon sacrifice pour que tu aies une belle vie, je t'aime maman... fit-il avant de s'écrouler pour de bon, sa pupille restante se figeant, son corps pesant lourd entre les bras de la rousse alors qu'elle se mettait à sangloter en le gardant tout contre elle.


POINT DE VUE DE HIRO HUAN

C'est dans cette position que fut retrouvée la jeune femme. Les autres élémentaires avaient perçus le combat et le flux de la magie qui se remettait à circuler normalement, bien que très faiblement.

C'est le petit maître de Tertre en feu qui retrouva en premier la jeune fille alors que Jezzabel et ses guerriers se chargeaient de la protection des îles et du partage de la nouvelle. La purge était finie, pas sans dégâts, pas sans conséquences mais tous allaient pouvoir apprendre à guérir, lentement mais aussi surement que le feu reprend vie et que l'eau gagne du terrain.

Lorsque Hiro Huan s'approcha lentement de Merryl, une de ses élèves préférées, il se sentit prendre un coup de vieux. Elle était recouverte de poussière et de sang, de blessures et elle portait les traces d'une main l'ayant empoignée par la gorge. Il fit signe à ses guerriers d'aller s'occuper des corps tandis qu'il s'occupait d'elle.

- Mon enfant, Magia veille sur toi et ton âme en peine, tu n'auras pas besoin de parler, personne ne t'y forcera, acceptes-tu que je lise en toi ce qui s'est passé ? Je ne regarderai rien d'autres, je te le promets. Chuchota-t-il en posant une main douce sur l'épaule de la jeune femme.

- Il...il est mort par ma faute...Maître Hiro...

Le petit homme sortit sa baguette et l'endormit afin de pouvoir la séparer du corps sans vie qu'elle gardait contre elle et il fut pris d'un haut-le-cœur en voyant l'état dans lequel se trouvait ce jeune homme.

Il fouilla la mémoire de son élève et sentit le poids des années tomber sur ses épaules avant de soupirer. Ce garçon avait sauvé l'archipel et la magie du monde entier en piégeant le vieux Jonas et en libérant la magie prisonnière de l'être corrompu.

- Hiro ? Que s'est-il passé ? Fit Jezzabel, la Gardienne de Val-Climat en apparaissant derrière lui.

- Merryl Evans est la seule survivante, elle s'est battue pour Magia. Elle aura besoin d'un long rétablissement, de beaucoup de paix et de soutien, pourrais-tu faire appeler Vassilios Orologas et Aimée Delacour ? Je crains que Bolin n'ait lui aussi rejoint Magia, ils sont ses plus proches amis. Fais aussi venir Freeman et Thorin Addington, ces garçons l'aiment beaucoup je crois.

- Bien...espérons que cette petite ne se perde pas dans sa souffrance.


Journal de Bord :

14 Février 1976 : la Purge est finie.