Mes chers camarades !

Je suis vraiment navrée pour ce nouveau retard, mais j'ai eu une journée épuisante hier et j'ai à peine pu écrire trois lignes. Je vais essayer de me rattraper promis (étant donné qu'avec les grèves, je risque de perdre encore des journées de boulot, ça me fera plus de temps pour écrire, voyons le bon côté des choses...)

Bonne lecture !


Il faisait horriblement froid mais August serra les dents, parce que ça en valait la peine. Il était en compagnie d'Afortunada et déambulait dans le plus beau marché de Noël du monde. Il était heureux et ne cessait de sourire comme un idiot, malgré lui. Il l'écoutait lui expliquer qui était telle personne qu'ils croisaient, ce qu'elle faisait, d'où elle venait. Elle connaissait également tous les vendeurs des stands. Quand un enfant la reconnaissait, elle prenait le temps de l'écouter et de lui parler. Et elle souriait. Toujours.

« Je suis désolée, je ne fait pas vraiment attention à vous. Vous devez vous ennuyez.

- Non pas du tout, au contraire, depuis tout à l'heure vous vous occupez de moi en me présentant à tout le monde. Comment vous en vouloir ? »

Il fut étonné de voir la jeune fille légèrement gênée. Ses joues rougirent et elle détourna le regard.

« Oh, je ne fais que mon boulot. Je suis la fille du Père Noël après tout.

- Vous n'êtes pas que ça. Vous êtes unique, comme nous tous. Vous êtes quelqu'un de gentil et prévenant. Depuis que je suis ici, vous ne faites que vous occuper des autres et vous le fait avec tant de naturel, vous ne semblez jamais être forcée, comme si vous vous y sentiez obligée ou quoi que ce soit. Vous êtes un vrai rayon de soleil. »

Sa remarque eu comme effet de la faire rougir encore plus et elle baissa le nez.

« Vous savez vraiment manier les mots, je n'ai jamais entendu quelqu'un parler autant que moi ou mon père. Et c'est un compliment. »

Ce fut au tour d'August de rougir. Ils continuèrent d'avancer quand ils furent interpellés par une voix, qui sembla familière à Afortunada puisqu'elle tourna aussi la tête en souriant.

« Dev !

- Nana ! »

Elle courut jusqu'au dénommé Dev. August reconnu le jeune homme qui leur avait offert des pains d'épice. Il était accompagné d'une femme tout aussi mate de peau que lui, portant un sari sous un épais châle en laine et une petite fille qui leur ressemblait énormément.

« Tu ne travailles pas ce soir ?

- Non, j'ai décidé de prendre ma soirée pour être avec ma famille. Et toi, je te pensais débordée avec ton père coincé dans le Maine ?

- Je le suis mais on nous a envoyé du renfort. Dev, Padma, je vous présente August, mon père l'a envoyé, ainsi que son père et d'autres habitants pour nous aider. »

Ils échangèrent des salutations et des sourires, sous le regard désapprobateur de la petite fille, habillée en lutin.

« Et moi ? Tu m'oublies ? »

Elle semblait outrée d'avoir été ignorée.

« Mais non Sapna, voyons – elle se pencha pour prendre la gamine dans ses bras et l'embrasser – tu sais bien que tu es ma super meilleure amie ! »

La petite fille rit avant de se tourner vers August. Elle lui tendit la main et dit d'un ton très formel :

« Bonjour, je m'appelle Sapna. Je suis la meilleure amie de Nana.

- Enchanté Sapna – August s'efforça de ne pas rire devant tant de sérieux chez une si jeune enfant – je suis ravi de faire ta connaissance. Je suis August. »

La petite fille le fixa, comme si elle le jugeait, avant de lui rendre son sourire. Les adultes en profitèrent alors pour reprendre leur discussion.

« J'espère que tout sera réglé à temps pour Noël, d'après les rumeurs le cas semble assez grave.

- Oh ne vous en faites pas, mon père a déjà vu pire. Si il a réussi à livrer des cadeaux alors que Londres se faisait bombarder, il peut réussir à gérer ça. Surtout que nos invités se montrent très efficaces et volontaires… enfin pas tous. On a un deuxième Père Fouettard maintenant.

- Ah bon ?

- Oui, mon père nous a envoyé le Ténébreux pour répondre aux lettres des enfants. Je me demande ce qui lui est passé par la tête. Enfin bon il sait ce qu'il fait alors je lui fait confiance.

- Tu as sûrement raison… »

Aucun des deux autres jeunes parents ne semblaient êtres convaincus. Après avoir encore échangé quelques banalités, les deux groupes se séparèrent et August repris sa marche avec Afortunada, ravi, même si le silence qui pesait entre eux devenait un peu gênant. Puis August eu une idée. Il demanda à Afortunada de ne pas bouger, puis alla acheter deux grands gobelets de chocolat chaud et un paquet de biscuits à la cannelle. Il l'entraîna ensuite un peu à l'écart de la foule, ayant repéré à son arrivée un petit coin où on pouvait se détendre, s'asseoir, le tout en étant à l'abri du froid. Il s'installa sur un des bancs, posa les gobelets et les biscuits à côté de lui et fit signe à la jeune fille de s'asseoir à côté de lui. Interloquée, elle le regarda sortir son téléphone et ses écouteurs, pianotant à toute vitesse dessus. Il lui tendit un des écouteurs et elle reconnu tout de suite le troisième chapitre de Harry Potter. Elle sourit, puis se rapprocha de lui.

Ils passèrent le reste de la soirée à écouter plusieurs chapitres, tout en dégustant leurs chocolats et biscuits, n'échangeant aucun mot, seulement des regards. August connaissait l'histoire par coeur, mais il aimait toujours autant les écouter et guettait les réaction d'Afortunada qui semblait concentrée, fermait de temps à autre les yeux pour mieux visualiser les scènes.

« Bien, je crois que ça suffit pour ce soir ou ne rentrerons jamais.

- Je le pense aussi. En tout cas merci August, vous aviez raison, c'est magique !

- Je suis content que ça vous plaise, Afortunada.

- Vous pouvez me tutoyer si vous voulez. Et m'appeler Nana, comme les autres.

- Je suis pour le tutoiement, si vous le faites en retour pour moi. Et je crois que je préfère Afortunada, si vous... tu n'y vois pas d'objection.

- Non, pas vraiment, mais c'est assez rare qu'on utilise mon prénom entier – elle rougit avant de baisser la tête sur les gobelets vides – merci pour le chocolat. Comment as-tu su que j'aimais le caramel ?

- J'ai remarqué que tu ne buvais que ça à l'atelier, je suis content de voir que je ne me suis pas planté.

- Tu es très observateur, on te l'a déjà dit ? »

En parlant d'observer… August venait de lever les yeux, pour observer le ciel, noir et scintillant d'étoiles. C'était tellement dégagé par rapport à son monde. Puis il remarqua ce qui se tenait au dessus d'eux. Du gui. August devint aussi rouge que les chaussettes du Père Noël. Il échangea un regard avec Afortunada, aussi rouge que lui, puis se pencha vers elle. Ses lèvres avaient le goût du caramel.

oOo

Zelena, Regina, Marco et même Rumplestilskin étaient vautrés devant le canapé, regardant une diffusion de Singin'in the rain à la télévision quand la porte de la caravane s'ouvrit. August venait de rentrer, l'air un peu rêveur. Son père lui demanda aussitôt comment s'était passé sa soirée, mais son fils ne lui répondit qu'un vague « Bien, merci », avant de se diriger d'un pas léger vers sa chambre, manquant de se prendre les pieds sur le tapis au passage.

« Qu'est-ce qui lui prends ? – Il n'avait jamais vu son fils comme ça – Je devrais peut-être aller le voir. »

D'un geste de la main Rumplestilskin l'empêcha de se lever, puis, devant son air interloqué, tous trois répondirent d'une seule et même voix.

« Il est amoureux. »

Puis il reprirent le film, se replongeant dans les numéros musicaux de Gene Kelly.

oOo

« Et ça ? Qu'est-ce que vous en dîtes ? Ça devrait lui plaire. »

Hadès et Robin firent la moue devant le carnet rose bonbon qu'Hank Morgan leur présentait. Il était orné de fleurs violettes et bleues, avec l'inscription « Princess » sur le devant.

« Non, je ne pense pas… je ne pense même pas que qui ce soit voudrait de ce machin. Ce n'est pas parce que c'est rose que c'est forcément pour les filles. D'ailleurs c'est quoi le problème de ce monde avec les couleurs ? »

Hadès désigna l'allée entièrement rose dans laquelle ils se trouvaient. De l'autre une allée bleue.

« Je ne sais pas – répondit Robin – je crois qu'il y a un code pour les couleurs. Bleu pour les garçons et rose pour les filles.

- C'est totalement stupide. Et pourquoi il y a des aspirateurs chez les filles ? Je croyais que nous étions dans un magasin de jouets, pas au rayon électroménager ! »

Les trois hommes avaient décidé de se réunir pour trouver des cadeaux pour les enfants. Pour le moment ils n'avaient rien trouvé.

« Et pourquoi pas une peluche ? »

Robin et Hadès avaient l'air peu convaincus. Pourquoi n'avaient-ils pas demandé de l'aide à quelqu'un, comme Henry par exemple ou bien Snow, elle savait ce qui plaisait aux enfants.

« Je crois que ta fille est trop grande pour des jouets… essaye plutôt des vêtements ou des jeux vidéos, ça plaît aux jeunes apparemment.

- Ou de la musique. Les jeunes adorent la musique ! »

Enthousiasmé, Hank Morgan les laissa pour dénicher quelques CD. Pendant ce temps Robin hésitait entre un lot de dinosaures ou bien un jeu de construction pour Roland, et Hadès était pris d'un terrible dilemme, une peluche girafe ou une peluche ours polaire ?

Finalement seul Hank ressortit les mains vides. Robin avait acheté le jeu de construction et Hadès avait finalement opté pour une peluche en forme de lapin gigantesque qu'il portait dans ses bras, jusqu'à la voiture. Il essaya d'ignorer les regards posés sur lui. Il espéra juste que tout ça ne remonte pas aux oreilles de Zeus.

Ils allèrent se poser ensuite dans un bar, essayant de trouver des idées pour Hank.

« Tu sais quel est ton problème ? Tu n'es pas à la page. Essaye de te mettre à la place des jeunes de ce monde. »

Après avoir bu un verre, il décida que c'était la meilleure solution pour se mettre à la place de sa fille. Il se souvenait encore de son sourire quand elle était entré dans le salon et avait découvert les décorations et le sapin. Son sourire était si immense qu'il n'avait pas eu le cœur à tout enlever ensuite.

« Internet.

- Quoi ?

- Il faut regarder sur internet. »

Hadès sortit son smartphone et tapa le mot « jeune » et « fureur » dans la barre de recherches. Ils allaient bien finit par trouver quelque chose.

oOo

Belle avait terminé son ménage et s'accordait enfin une pause. Enfin ! Elle n'avait pas cessé d'aller et venir depuis ce matin et avait du se rendre à la bibliothèque en urgence après que Jefferson lui aie téléphoné pour avoir accès à des livres de droits. Décidément, le pauvre n'avait jamais la paix. Elle lui avait donc ouvert la bibliothèque, tout en l'écoutant raconter ce qu'il se passait. Elle regretta que son mari ne soit pas là, il les auraient défendus, elle en était sûre. Puis elle était retournée nettoyer la maison et en profiter pour la décorer plus que d'ordinaire.

Aussi quand elle entendit la sonnette, elle fut perplexe. Elle n'attendait personne et elle doutait que Jefferson aie besoin de quelque chose d'autre, il avait littéralement dévalisé la section juridique.

Elle ouvrit la porte et resta abasourdie.

« Papa ?

- Belle. Je peux entrer ? »

Elle hocha la tête et se déplaça pour le laisser entrer.

« Que fais-tu là ? Tu veux quelque chose ?

- Non , je ne serai pas long, j'ai encore du boulot. Je voulais juste te dire que j'étais désolé. Tu me manques. Je voulais te dire que j'étais d'accord pour passer Noël avec toi et Gold. Si tu le veux bien. Ça me ferait plaisir. »

Belle observa son père, essayant de déterminer si il était sincère ou pas.

« Vraiment ?

- Oui. Je suis prêt à faire des efforts. Pour toi. »

Voyant que sa fille semblait suspicieuse, il poursuivit :

« Je me suis rendu compte qu'en agissant ainsi, je risquais de te perdre. Et c'est bien la dernière chose que je veux. Je t'ai déjà perdu auparavant et je refuse que ça se produise à nouveau ou définitivement. Tu es ma fille. Tu es ma famille. Je ne veux pas me retrouver seul. »

Les larmes aux yeux, Belle se jeta dans les bras de son père et l'enlaça. Dans ses bras, elle eu l'impression de retourner des années en arrière, quand elle était petite et qu'elle se réveillait au beau milieu de la nuit au milieu d'un cauchemar. Son père venait la bercer et lui assurer qu'elle ne craignait rien, tant qu'il était là. Elle le croyait. Elle n'avait jamais douté de lui, n'avait jamais eu peur en sa présence, même quand il la faisait tournoyer ou la lançait dans les airs.

« Bien sûr que tu peux venir papa. Toi aussi tu m'as manqué, si tu savais. Je t'aime. »

Belle se surprit a espérer, pour la première fois depuis des années. A espérer à une famille. Une vraie.