Les Allumettes, le Loup-Garou et le Maître des Potions
Le Monstre fut jeté dehors du numéro quatre.
« Et ne reviens pas avant demain, Garçon ! » siffla sa tante avant de refermer la porte.
Le petit garçon tomba dans la neige profonde et fut directement pris par le froid de l'hiver. Il se mit à trembler.
« Oui, Tante Pétunia, » avait-il répondu en claquant des dents.
Il se releva et serra contre lui ses vêtements bien trop larges. Tout ce qu'il avait c'était un simple T-shirt gris dans lequel il flottait et un jeans dont les bas avaient été maintes fois retournés pour éviter de trop traîner au sol. Ses chaussures étaient trouées et un peu trop grandes pour lui, comme le reste. C'étaient les vieilles affaires de son cousin.
Il regarda la fenêtre son Oncle, sa Tante et son cousin s'amuser autour d'un sapin de Noël et manger le repas qu'il avait cuisiné juste avant d'être jeté dehors. Il se mit à les envier. Il aimerait être normal, comme eux, et pouvoir aussi s'amuser mais il était un monstre et les monstres ne pouvaient pas s'amuser, rire, ou même faire du bruit. Ils ne pouvaient qu'obéir en silence. Les monstres n'avaient pas de parents, n'avaient pas de familles, ils avaient juste droit à des bienfaiteurs comme son oncle et sa tante pour les laisser vivre en échange de services. C'est ce qu'Oncle Vernon lui disait toujours quand il faisait une bêtise.
Une bourrasque de vent souleva son T-shirt et le frigorifia encore plus. Il se détourna alors de la fenêtre pour se trouver un abri. Il marchait, les bras serrés autour de lui dans la rue alors que le soir approchait. Le réveillon de Noël. Pour ne pas arranger les choses, il neigeait. Fort. Il parcourut de nombreuses rues à la recherche d'un petit endroit où il serait à l'abri du vent et de la tempête mais il ne trouva rien.
Le froid s'insinuait à travers les trous de ses chaussures et il avait les pieds gelés. Tout comme ses mains. Ces dernières étaient toutes rouges. Il ne les sentaient presque plus. Il claquait des dents alors que dans ses cheveux noirs ressemblant à un nid de corbeaux, on pouvait voir une myriade de petits flocons de neige. Pour ajouter à son malheur, il commençait à avoir très faim. Il n'avait pas mangé depuis la veille au matin et son ventre criait famine.
Il finit par trouver refuge dans le petit cabanon d'un toboggan, dans la pleine de jeu non loin de chez lui. Il était plus ou moins à l'abri du vent mais il avait toujours très froid. Il s'y était assis, fatigué et tout tremblant. Il ramena ses genoux contre son torse et tenta de garder un peu de chaleur s'il pouvait en trouver par ce simple geste. Sa main endolorie par le froid buta sur la boîte d'allumettes qu'il avait dans la poche. Il la sortit.
Il sortit un petit morceau de bois et la frotta pour l'allumer. La petite flamme lui apporta un peu de chaleur et il la trouva bien précieuse pendant quelques instants alors que ses doigts se réchauffaient doucement. Hélas, cela ne dura pas longtemps et Harry se retrouva avec un petit morceau de bois noirci entre les mains. Le petit garçon transi de froid en sortit alors une autre et put alors à nouveau se réchauffer pendant quelques instants, une demi-minute, devant cette petite flamme. Il répéta l'opération jusqu'à ce qu'il n'ait plus la moindre allumette à frotter. Mais la nuit était loin d'être finie et elle était toujours aussi glaciale.
Le Monstre se blottit encore plus dans le coin, regrettant de ne plus avoir d'allumettes, et pleurant et suppliant silencieusement qu'un miracle arrive. Il priait d'être un petit garçon normal et d'avoir une famille et pouvoir vivre avec joie et bonheur. Il ne voulait plus être un monstre.
Petit à petit, le petit garçon sombra dans le sommeil, trop fatigué pour pouvoir lutter plus contre le froid qui serait pour lui mortel.
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Remus marchait dans les rues de Little Whining. Dumbledore lui avait demandé de jeter un coup d'oeil à Privet Drive pour savoir si Harry, le fils de son meilleur et défunt ami, allait bien. Il ne l'avait pas vu. Peut-être était-il malade et était couché. Mais la petite famille qui vivait au numéro quatre semblait heureuse et tout ce qu'il y a de plus normal.
Alors il était reparti. La neige était belle cette année. Elle recouvrait tout d'un épais manteau blanc d'un bon dix ou quinze centimètres déjà. Quoi de mieux qu'un Noël blanc pour faire rêver les enfants ?
Il se dirigea vers le parc pour enfant non loin de là. Il le savait très certainement désert à cette heure-ci par ce temps et par ce jour de fête. Inconsciemment il nota la présence d'un jeu d'empreintes, celles d'un enfant. Il n'y fit dans un premier temps pas attention. Alors qu'il vérifiait par acquis de conscience les environs, s'aidant de son coté loup-garou, son ouïe plus particulièrement afin de s'assurer qu'il n'y avait personne.
Il entendit un battement de coeur. Il était très faible. Il fronça les sourcils et se tournant vers la source. Un petit toboggan. Il s'en approcha, curieux et jeta un coup d'oeil. Son coeur se serra en voyant un enfant à l'intérieur.
« Petit, » appela-t-il. « Petit, réveille-toi. »
L'enfant ne réagit pas. Remus monta alors dans le jeu et s'agenouilla devant le garçon. Il le souleva et le secoua légèrement tout en l'appelant. Dans le mouvement, une mèche de cheveux s'écarta, révélant une cicatrice en forme d'éclair sur son front pâle. Le Loup-Garou se figea de stupeur.
« Oh Merlin ! Harry ! » s'exclama-t-il. « Harry, réveille-toi ! »
Il le sentait glacé entre ses mains, à peine vêtu d'un T-shirt et d'un pantalon. Il le prit dans ses bras et transplana immédiatement pour Poudlard. Il se dirigea immédiatement vers l'infirmerie. Il croisa Severus Snape en chemin qui fronça les sourcils en le voyant arriver, froncement qui s'intensifia en voyant le petit dans ses bras.
« Va chercher Dumbledore, » lui dit Remus tout en continuant son chemin.
Le Serpentard le fit sans dire un mot, légèrement inquiet. L'enfant semblait si pâle, beaucoup trop pâle. Le Loup-Garou entra précipitamment dans l'infirmerie en appelant Poppy en aide. Cette dernière arriva, déjà vêtue de sa robe de chambre à cette heure tardive. Les examens furent rapidement fait.
« Ce pauvre petit a eu de la chance que tu le trouves, Remus, » dit-elle. « Une heure de plus et il n'aurait pas survécu. »
Elle se dirigea vers son armoire à potions pour en prendre quelques-unes, hélas, elle n'en avait plus dans ce qu'elle avait besoin pour le jeune Harry. La porte de l'infirmerie s'ouvrit sur Dumbledore et le Maître des Potions.
« Ah ! Severus, tu tombes à pic, » dit-elle. « Est-ce que tu pourrais me préparer un baume contre les engelures ainsi que des potions nutritives, s'il te plait ? »
« Je te fais cela tout de suite. »
« Comment va notre jeune invité ? » demanda alors le directeur soucieux.
Le Maître des Potions qui repartait déjà s'immobilisa quelques instants le temps d'entendre le verdict.
« Il s'en sortira. Il allait mourir de froid si Remus ne l'avait pas retrouvé. Il a quelques engelures mais ce n'est pas le plus préoccupant. Il est sous-alimenté. C'est assez sévère. Cela pourrait aussi justifier le fait qu'il soit si petit. Et il porte aussi les marques de coups et il a eu des os brisés qui se sont ressoudés un peu étrangement. »
Le Serpentard serra les poings en entendant cela. Pauvre petit ... Il avait à peine cinq ans. Il partit rapidement faire les potions que l'infirmière lui avait demandées.
Remus discuta longuement avec Dumbledore et réussit à le faire plier au vu le traitement qu'Harry subissait chez ses relatifs moldus. Il fut donc décidé qu'il n'y retournerait pas. Mais qui pourrait le prendre en charge ? Le Loup-Garou, de par sa nature, ne pouvait pas devenir son tuteur, même s'il était son second parrain.
« Je m'en chargerai, » fit le Maître des Potions en arrivant avec les potions demandées. « Je prendrai la charge d'Harry Potter. »
Le petit garçon fut déplacé dans ses appartements privés, dans une nouvelle chambre, attenante à la sienne. Remus l'avait accompagné. Ils veillèrent quelques instants sur lui avant de se diriger vers le salon.
« Merci, Severus. »
« Pour toi, Rem, je ferais n'importe quoi ! » répondit le Maître des Potions avec un sourire en coin.
« N'importe quoi ? Vraiment ? » fit le Loup-Garou avec un sourire malicieux.
« Tant que cela reste privé et ne ruine pas ma réputation en public, oui n'importe quoi, Rem, » répliqua Severus en l'embrassant.
Le Loup-Garou répondit à ce baiser avec plaisir. Ils avaient laissé tomber la hache de guerre en devenant adulte avec la guerre et peu à peu ils s'étaient découverts après la mort des Potter, se soutenant l'un l'autre pour la mort de leurs proches. Puis leurs sentiments s'étaient développés et ils étaient devenus amants.
Il mordilla légèrement la lèvre de son amant et glissa une main sous les couches supérieures de ses robes noires. Severus ricana et ils partirent dans leur chambre pour une nuit de folies, après avoir placé une alarme sur la chambre d'Harry.
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Le Monstre se réveilla dans un lit chaud et moelleux. Il y était si bien. Puis, se rendant compte qu'il était dans un lit, il se leva en sursaut, pris de panique. Il se prit le pied dans ses couvertures et tomba tête la première sur le sol de pierre. Une porte s'ouvrit alors qu'il essayait de se libérer de ce piège tout chaud et confortable.
« Eh là, du calme, Harry, » fit une voix d'homme, chaleureuse. « Je vais te sortir de là. »
Le petit garçon se figea, effrayé. Un homme aux cheveux bruns et aux yeux chocolats le libéra de la couette.
« Bonjour, Harry. Tu as bien dormi ? » demanda-t-il avec un sourire.
L'enfant ne répondit pas, tétanisé et ne comprenant pas pourquoi il était là, dans ce lieu inconnu avec cet homme qu'il ne connaissait pas. Et pourquoi l'appelait-il Harry ? Il était un monstre et devait être nommé comme tel.
« Tu dois avoir faim, non ? »
Le Monstre ne répondit toujours pas mais son ventre se fit entendre. L'homme rit doucement et lui ébouriffa les cheveux. Il semblait gentil. Jamais personne n'avait encore été gentil avec lui. Il trouvait cela étrange. Est-ce que c'était ça être normal ? Il appréciait. Mais il ne se faisait pas d'illusion, il serait très bientôt dans son placard chez son Oncle.
« Allez, viens, on va te servir un petit déjeuner. »
L'homme lui prit la main et l'emmena dans un petit salon-salle à manger. Le sol, les murs, le plafond, tout était fait de pierre. Les meubles étaient en chêne sombre et le canapé en cuir noir. Un autre homme à l'apparence austère, cheveux noir, nez crochu et longs habits noirs était assis dans un fauteuil près d'une cheminée, occupé à lire un journal étrange. Les photos bougeaient. L'homme quitta des yeux son journal pour l'observer. Ses yeux étaient sombres, noires, légèrement intimidantes.
« Allez, viens t'installer. Tu préfères quoi ? Des crêpes ou un cougnou pour le petit déjeuner de Noël ? »
« Je ... J'en ai jamais mangé, » articula finalement le Monstre.
« Fais des crêpes, s'il te plait, Rem. Je meurs de faim, moi aussi. Je vais m'occuper d'Harry. »
La voix de l'autre homme était plus basse, plus suave. Il l'emmena dans la salle de bain et lui demanda s'il savait se laver tout seul. Le Monstre hocha la tête et tourna le robinet d'eau froide et se déshabilla rapidement sans aucune pudeur. Il ne savait pas ce que c'était. L'adulte ne dit rien et passa une main sous le jet d'eau. Elle était glaciale.
« Attends, je vais mettre l'eau chaude, » dit-il avant que l'enfant n'entre dans l'eau.
Le Monstre s'immobilisa, perturbé.
« J'ai droit à avoir de l'eau chaude ? » demanda-t-il, les sourcils froncés.
L'homme les fronça à son tour.
« Bien sûr, Harry, » dit-il en s'agenouillant devant lui. « Pourquoi tu ne pourrais pas ? »
« Parce que les monstres n'ont pas le droit à utiliser l'eau chaude, » répondit l'enfant, très sérieux.
« Les monstres ? »
« Oui, les monstres comme moi. »
Un éclat de colère passa dans le regard noir de l'homme et le Monstre recula, effrayé. La main de l'adulte lui attrapa le bras pour l'empêcher de s'enfuir mais elle ne le serrait pas au point qu'il ait mal.
« Tu n'es pas un monstre, Harry, » dit l'homme très sérieusement.
« C'est qui Harry ? »
« C'est toi. C'est ton prénom, » répondit l'homme, surpris.
« J'ai un prénom ? »
L'homme ferma les yeux en soupirant.
« Ecoute. Prends un bain, chaud, » précisa-t-il. « Et après, rejoins-nous dans le salon. On va parler et t'expliquer certaines choses. Est-ce que j'ai été clair ? »
« Très clair, monsieur. »
« Appelle-moi Severus. »
L'homme sortit en laissant le Monstre se laver. Ce dernier resta un moment dans le bain à réfléchir à ce qu'il venait d'entendre. Il ne comprenait pas. Il était un monstre. Son oncle et sa tante le lui disaient toujours. Ils le lui répétaient sans arrêt. C'est qu'il en était un ! L'homme lui avait qu'il s'appelait Harry. Mais les monstres n'ont pas de prénom ! L'homme lui avait dit aussi de prendre un bain chaud. Mais ça non plus, les monstres ne pouvaient pas... Le Monstre était perdu. Il ne comprenait plus rien. Malgré ses réflexions, il ne resta pas longtemps dans l'eau. Un monstre ne devait pas traîner à se laver.
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Severus sortit de la salle de bain et referma la porte avant d'insonoriser la pièce.
« Je vais tuer Pétunia ! » s'écria-t-il, surprenant son compagnon par son éclat de voix.
« Que se passe-t-il Severus ? » demanda Remus.
« Il est persuadé qu'il est un monstre ! » s'indigna le Maître des Potions. « Il ne connait même pas son prénom ! J'ai vérifié dans son esprit. »
« Tu as utilisé la legilimencie sur ... »
« Je voulais comprendre, Remus ! Ce n'est pas normal ! Il voulait prendre un bain glacial. Glacial ! De ce que j'ai vu dans son esprit, il a été plus que maltraité ! Il a été asservi ! Il dormait dans un placard là-bas ! »
Les yeux de son compagnon prirent une couleur ambre alors que la colère montait avec ses instincts de loup-garou. Il voulait protéger et venger le petit garçon. Severus remarquant cela attirant à lui une potion calmante et la lui donna. Autant éviter qu'il ne se transforme devant Harry. Il était bien trop jeune pour voir un tel spectacle. Remus le remercia d'un regard en la buvant avant de continuer préparer le repas.
Le Maître des Potions agita sa baguette et la table se dressa pour trois. Il brûlait encore plus intérieurement de colère contre Pétunia et son mari pour ce qu'ils avaient fait au pauvre garçon qui se lavait dans la pièce à coté. Lily devait certainement se retourner dans sa tombe depuis le temps ! Sans parler de Potter ... S'il n'avait pas peur pour Remus, il serait parti sur le champ pour Privet Drive faire comprendre aux Dursley l'erreur qu'ils avaient commise à coup de doloris !
Harry apparut bien rapidement à quelques pas de lui, silencieux. Severus ne l'avait pas remarqué tout de suite. Il portait de vieux habits que Drago, son filleul, ne pouvait plus mettre tant il avait grandi. Cela lui allait bien mieux que les peaux d'éléphant qu'il portait en arrivant à Poudlard. Il le regardait avec ses yeux verts si expressifs. Les yeux de sa mère. Il l'invita à s'asseoir à table et Remus leur servit des crêpes.
Les deux adultes durent le convaincre qu'il pouvait manger sans crainte pour qu'Harry commence à se nourrir. Severus lui avait aussi donné comme prévu une potion nutritionnelle pour palier à ses carences relativement importantes. Ils mangèrent pour le reste en silence, Severus et Remus échangeant quelques regards soucieux alors que le petit garçon les regardait, légèrement craintif mais obéissant. Harry mangea peu mais les adultes ne dirent rien. Son estomac n'était pas habitué à manger beaucoup.
Puis, ils l'emmenèrent s'installer au salon pour lui parler. Harry était assis dans le canapé tandis que les deux adultes étaient à genou devant lui pour lui expliquer les choses calmement tout en étant en face à face.
« Harry, » commença Severus, attirant ainsi toute l'attention du garçon. « Tu n'es pas un monstre. Tu es un petit garçon tout ce qu'il y a plus de normal et tout comme nous, tu es un sorcier. »
« C'est quoi un sorcier ? »
« C'est une personne avec des pouvoirs magiques, » répondit l'homme.
« La magie n'existe pas. »
Cela avait été dit avec conviction comme si on l'avait formaté. Le Maître des Potions sortit sa baguette et fit sortir des étincelles vertes et argents sous les yeux émerveillés du garçon. Un petit sourire craquant éclaira son visage d'ange.
« La magie existe bel et bien, Harry, » dit Remus avec douceur. « Nous sommes des sorciers. Pas des monstres. »
« Tu ne retourneras plus jamais chez ton oncle ou ta tante, » continua Severus.
« Mais qui fera le ménage ou la cuisine ? » demanda l'enfant. « Ils vont prendre un autre monstre ? »
Le serpentard retint un soupir.
« Non, Harry. Les monstres existent mais ils ne font pas le ménage ou la cuisine. Les monstres sont des êtres dangereux qui peuvent tuer leur victime. » L'enfant fronça les sourcils, il ne comprenait pas. « Les monstres sont méchants. Toi, tu es un gentil petit garçon. »
« Je suis un vrai petit garçon ? » demanda Harry, une lueur d'espoir dans les yeux
« Oui, Harry, » répondirent les adultes. « Tu es un vrai petit garçon. »
« Je peux avoir un papa et une maman alors ? »
Les deux amants échangèrent un regard douloureux.
« Harry ..., » commença le Loup-Garou. « Tout le monde a un papa et une maman. »
« Alors ils sont où ? »
« Ils sont au ciel, » répondit Severus. « Ils t'ont sauvé quand tu n'étais encore qu'un bébé. Un monstre est venu et les a tués. Ils t'ont protégé de lui. Tes parents sont des héros, Harry. »
« Mais nous sommes là, Harry, » continua Remus. « Nous allons nous occuper de toi. Tu n'auras plus à faire la cuisine ou le ménage. Tu pourras agir comme un vrai petit garçon. »
« Je pourrais avoir des amis ? »
« Bien sûr, » sourit le Loup-Garou.
« Si tu veux, demain, je t'emmène voir mon filleul, Drago, » proposa Severus. « Il a ton âge. Tu pourras t'en faire un ami. »
« Vrai ? »
« Oui, Harry. »
L'enfant eut un beau sourire sur son visage alors qu'il pleurait silencieusement de joie. Remus s'assit à coté de lui et le prit dans ses bras.
« Nous serons toujours là pour toi, Harry, » murmura-t-il. « Toujours. »
« A jamais, » confirma Severus en s'installant de l'autre coté pour lui frotter le dos.
Le chemin serait long, il faudrait souvent rappeler à Harry qu'il n'est pas un monstre ou un esclave mais il serait élevé et aimé par les deux hommes et il pourrait s'épanouir comme n'importe quel enfant. Harry y avait droit et le méritait. Et il vivrait heureux dans sa nouvelle famille. Les deux adultes y veilleraient. A jamais.
