Salut à tous !
Voilà, ça fait un moment qu'on l'attend et, enfin, le voilà ! L'épilogue ! Désolé du maaaxi retard, mais j'ai eu une grosse panne d'inspiration, ces derniers temps, et ça a été très dur de trouver où reprendre.
"Mais pourquoi l'épilogue ? C'est la fin d'If The Dead Rise ?"
Oui et non ! Je vous expliquerai tout à la fin. Bonne lecture !
Épilogue
Il faisait si calme... et chaud. L'atmosphère était si paisible, et une faible odeur de désinfectant planait dans l'air. Dans cet espace que rien ne semblait troubler, Shun ouvrit les yeux, éveillé par une lumière blanche passant à travers ses paupières. La sensation désagréable de sa rétine brûlant sous la clarté le prit quelques instants, avant qu'il ne s'habitue à la lueur pâle. Autours de lui, des murs blancs, un sol carrelé, un plafond impeccable. Il reposait sur un lit, dont la tête était relevée. Un hôpital ? Mais que faisait-il là ? Son dernier souvenir était... était quoi, au juste ? Un mal de tête le prit quand il tenta de s'en rappeler. C'était flou, tout était flou. Il s'extirpa de cette couche inconfortable et s'avança vers la porte. Ses bottes laissaient des traces brunes sur le sol et sa main, elle, laissa une marque rouge, quand il saisit la poignée pour quitter la pièce.
Dans le couloir, l'atmosphère était tout autre : des murs sales, des traces de sang, des morceaux de corps, même l'odeur avait changé, le prenant au nez si violemment que les larmes lui montèrent aux yeux. Il se souvint alors. L'Apocalypse et les Enfers effondrés, les Morts... Belle ? Où était-elle ? Il regarda frénétiquement autours de lui, pris d'un mauvais pressentiment. Il le sentait, là, au fond de lui. Son instinct de guerrier le trompait rarement. Il porta sa main à sa ceinture, mais ses doigts ne rencontrèrent que le vide : sa batte avait disparu. Qu'à cela ne tienne, il trouverait une autre arme plus tard, ou se défendrait avec ses poings. Il fit quelques pas dans le couloir, attentif au moindre bruit, à la moindre odeur. Les fenêtres, barricadées, ne renvoyaient que peu de lumière, le laissant dans une pénombre aussi dangereuse que celle de la nuit. Chacun de ses propres pas semblaient résonner dans l'immense espace, lui faisant serrer les dents. Il détestait le silence, et encore plus depuis l'Apocalypse. Ça n'était jamais bon signe.
Ses pas le menèrent à une nouvelle porte. Sur celle-ci était inscrit, en gros caractères, "INCINÉRATEUR". Il hésita alors. Trop de mauvais souvenirs étaient associés à ce simple mot. Il craignait ce qu'il allait trouver dans cette pièce. Mais en se retournant, pour revenir sur ses pas... le couloir avait disparu. Il était dans une petite pièce carrée, à peine éclairée par un néon grésillant tant il était vieux, et cette maudite porte était sa seule échappatoire. Il serra les poings, se mordit la lèvre puis, la main tremblante, saisit la poignée pour ouvrir la porte, les yeux fermés. Il n'osait les ouvrir, il ne voulait pas. Quelles horreurs allait-il trouver ? Il n'avait aucune envie de le savoir. Les larmes coulèrent sur ses joues au souvenir douloureux de son ami, se superposant à l'image du corps mutilé de sa propre main. Oh, Déesse, que ne ferait-il pas pour revenir en arrière...
"Encore en train de pleurer ?"
Surpris par cette voix si familière, Shun rouvrit les yeux, regardant devant lui. Il se tenait là, un trou béant dans la poitrine, où il avait planté la hache, sans qu'il en ait le moindre souvenir. Son regard bleu le regardait, le visage indéchiffrable, de son habituel air froid qui avait fait la réputation des chevaliers des glaces. Pleurant de plus belle, Shun voulut se jeter dans ses bras, pour s'y repentir jusqu'à en être aphone.
"H-Hyoga..." fut tout ce qu'il sut dire, avant que le russe n'eut un pauvre sourire. "J-je... J'te demande pardon..."
Il porta ses mains à ses yeux pour essuyer ses larmes, s'étalant un peu de sang sur les joues malgré lui, mais il n'en eut que faire. Quand il releva la tête... Hyoga avait disparu. La hache reposait sur le sol terne et sale, le manche couvert de givre, la lame brunie de vieux sang et de rouille. Hébété, Shun chercha rapidement dans la pièce où pouvait se trouver son ami. Il l'appela une fois, deux fois, mais l'écho de ses appels fut sa seule réponse. Sans cesser de crier son nom, il continua vers la porte ouverte, dans le fond de la pièce, entre le four géant et les tiroirs où devaient s'entasser les corps. Derrière celle-ci, d'interminables escaliers semblaient vouloir le ramener tout droit en Enfer. Était-ce sa punition pour ce qu'il avait fait ? Dans ce cas, il était prêt à l'accepter. Depuis deux ans, il traînait ses souvenirs et sa culpabilité, comme un cercueil renfermant ses remords et dans lequel il lui arrivait de vouloir s'allonger pour tout oublier... Et qu'est-ce qu'il était lourd, ce cercueil. Parfois, il oubliait, se pensait guéri, s'autorisait à rire et à vivre, mais le poids finissait toujours par l'écraser. Résigné, il descendit une marche, puis une autre, et encore une autre, avançant vers cette obscurité tentatrice, promesse d'un repos sans plus aucun sentiment autre que celui de la béatitude.
"Shun !"
Posant son pied sur la neuvième marche, il se retourna regardant la porte restée ouverte. Il reconnaîtrait cette voix entre mille ! Faisant demi-tour, il remonta en vitesse, manquant de peu de tomber, et courut à travers la pièce, ramassant la hache qui s'y trouvait sans vraiment réfléchir. Il courrait à travers le couloir qui lui faisait face, toutes ses pensées dirigées vers celle qui l'appelait encore avec tellement de désespoir. Celle qu'il aimait inconditionnellement et qui le maintenait en vie.
"J'arrive, Belle !"
Le couloir s'interrompit soudain sur une porte close. Sans réfléchir, Shun chargea, et l'enfonça d'un puissant coup d'épaule... et ce qu'il vit alors le figea sur place, le visage plus pâle encore qu'il ne l'avait jamais été. Devant lui, assise dans une marre rouge s'étendant lentement tout autours d'elle, Belle le regardait, les cheveux en bataille, pleurant à chaudes larmes. Elle portait une blouse d'hôpital maculée de sang, son teint était blafard, et ses yeux voilés de douleur. Le souffle erratique, elle articula mollement son nom.
"Shun..."
Cet appel le ramena à la réalité. Jetant son arme sur le côté, il fondit dans sa direction et la prit dans ses bras. Sa peau était glaciale, de même que la sueur sur son front. Elle tremblait, et sa prise sur lui était si faible. Elle semblait... mourante.
"Belle, je suis là...
- J'ai mal..." murmura-t-elle plaintivement. Shun ne lui avait jamais connu une intonation pareille. Il resserra son étreinte sur elle, lui murmurant des paroles qu'il espérait apaisantes, alors que lui-même était plongé dans un état de panique. Qu'avait-elle ? Était-elle blessée ? Pourquoi y avait-il autant de sang ? Fébriles, ses mains parcouraient son corps, à la recherche d'une blessure qu'il ne trouvait pas. Son esprit s'embrouillait dans ses questions sans fin... et Belle cessa soudainement de trembler... Et il ne l'entendait plus respirer. Tremblant, il n'osait la relâcher. Il ne voulait pas regarder, il ne supporterait pas. Il le savait, il sombrerait dans la folie... Cependant, comme s'il ne contrôlait pas ses geste, il l'écarta doucement et vit son visage. Ses yeux étaient éteints, sans vie, grands ouverts dans une expression de souffrance... la vision la plus horrible qu'il ait eut. Il trembla, puis la resserra fort, si fort contre son coeur, hurlant toute sa peine, sa colère jusqu'à manquer de souffle et de voix, pleurant de tout son saoul. Il ne pouvait pas l'accepter, pas elle, on ne pouvait la lui prendre. Pas Belle...
"Shun, réveille-toi !"
Le jeune homme se réveilla en sursaut, seulement retenu par la ceinture de sécurité. Devant lui, le véhicule d'Ichi et Ryoko évoluait au milieu d'une route bordant les rizières, qui bien sur n'étaient plus exploitées depuis un long moment. Un air de visual kei était diffusé dans leur propre voiture et, sur sa droite, bien vivante, Belle le regardait avec inquiétude. Il eut un soupir rassuré, mêlé d'un sanglot incontrôlé, à ce constat. Elle était là, il ne l'avait pas perdue. Il posa sa main tremblante sur la sienne et ferma les yeux, le temps de reprendre ses esprits.
"Euh... Tu... Tu veux en parler... ?
- Non... répondit-il en secouant la tête. Je veux juste... Te tenir la main..."
La jeune femme regarda un instant leurs mains liées, puis se reconcentra sur la route. Il tremblait, sa peau était moite et il pleurait. Elle ne l'avait jamais vu se réveiller dans un état pareil, et elle osait à peine imaginer ce qu'il avait bien pu voir.
"Je suis là... Je suis là..." dit-elle, car il était clair qu'il réclamait sa présence, et rien d'autre, et Shun hocha la tête pour toute réponse, essuyant ses yeux de sa main libre. Il la regarda un long moment, craignant au plus profond de lui qu'elle ne disparaisse dans une marre de sang. Il suivit chaque contour de son profil, imprima chaque tache de rousseur et chaque grain de beauté dans son souvenir. De temps en temps, de façon très brève, elle lui rendait son regard, et lui souriait d'un air rassurant.
"Ne t'en fais pas, lui dit-elle alors, je resterai toujours avec toi. Je ne suis pas prête de te laisser tomber. On restera ensemble. finit-elle en français. Ensemble.
- Ensemble." répéta Shun.
Elle sourit, puis regarda à nouveau la route, serrant la main de Shun dans la sienne. Leur prochaine escale était proche, et Ikki avait promis que celle-ci serait dédiée à la détente. Son petit-ami allait pouvoir se vider la tête de cet horrible cauchemar qui l'avait secoué.
A partir de maintenant, l'histoire va beaucoup changer. C'est pourquoi, oui, If The Dead Rise prend fin ici, mais une nouvelle histoire va prendre le relais. Je vous laisse deviner le nom de cette nouvelle histoire en commentaire. Normalement, une partie du prologue est déjà écrite, et il ne devrait pas tarder à sortir. Je pense que vous saurez quand la suite sortira, même si vous ne me suivez pas personnellement (la cover devrait être assez parlante).
J'espère que cette histoire vous a plu ! J'attends impatiemment vos avis en commentaire, car ceux-ci m'aident beaucoup à continuer, et je m'arme de courage et, je l'espère, d'inspiration pour continuer sur cette voie.
Merci du fond du coeur à mes lecteurs réguliers et à tout ceux qui m'écrivent.
On se revoit très bientôt !
Adonis
