Merci inifiniment à MinnieMey, Fleur d'Ange et DI5M pour vos reviews :) Encore un très grand merci à ma bêta Polka60 pour sa relecture de ce chapitre.

Bonne lecture !

XVI. Addicted to You

Hermione Granger était heureuse. Cette sensation de constamment planer sur un petit nuage était des plus grisantes.

Elle soupira longuement, reposant sa plume sur son parchemin, incapable de se concentrer sur son devoir d'Arithmancie. Toutes ses pensées étaient dirigées vers une seule personne – Sirius Black. Elle avait du mal à réaliser que leur relation avait passé un nouveau cap.

Son expérience avec Sirius lui avait paru différente, bien loin des escapades maladroites qu'elle avait connu par le passé. Sirius était un amant expérimenté. Sa capacité à déchiffrer son langage corporel sans qu'elle n'ait besoin de parler la surprenait. Il semblait attentif à chacun de ses gestes, aux expressions de son visage, à ses soupirs et ses regards. Il savait toujours quels mots et quels gestes avoir à son encontre.

« Tu aurais vu sa tête, elle était complètement traumatisée. » raconta Harry d'une voix dramatique, se penchant de manière exagérée sur la table. « Je ne te chercherai jamais des noises, Ginny. »

Hermione sortit de sa rêverie, reportant son attention sur son meilleur ami. Elle était installée dans la salle commune de Gryffondor, écoutant d'une oreille distraite les péripéties récentes d'Harry et Ginny contre les Quatre. Apparemment, Ginny leur avait tendu un piège particulièrement excitant, à en juger par l'enthousiasme débordant d'Harry. Le but de l'opération avait été d'obtenir le journal intime de l'une d'entre elles.

Suite à son kidnapping, Tracey Davis s'était ruée vers la cabane du garde-chasse pour obtenir de l'aide. Dans la panique totale, McGonagall, Rusard et Hagrid avaient accouru dans la forêt interdite à la recherche des étudiantes perdues.

On avait retrouvé les trois jeunes filles au pied d'un arbre, serrées les unes contres les autres, tremblotantes, après plus de quatre heures passées au cœur de la forêt.

McGonagall avait attribué une douzaine d'heures de retenue à chacune d'entre elles pour leur manquement au règlement. Pour couronner le tout, on leur avait retiré cinquante points au tableau d'honneur de l'élection.


Miss Fondatrice

''Tableau d'Honneur''


1. Mandy Brocklehurst – 305 points

2. Daphné Greengrass – 295 points

3. Tracey Davis – 230 points

4. Ginevra Weasley – 205 points

5. Millicent Bulstrode – 195 points

6. Hermione Granger – 180 points

7. Pansy Parkinson – 175 points

8. Lavande Brown – 155 points

9. Luna Lovegood – 125 points

10. Sally-Ann Perks – 105 points

Éloïse Migden – Éliminée/Forfait – 0 points

Padma Patil – Éliminée/Forfait - 0 points

Susan Bones - Éliminée/Forfait - 0 points


Hermione fut ravie de constater qu'elle se trouvait désormais en sixième position. Le soir même, elle ne put s'empêcher de partager son excitation avec Sirius. Le visage de ce dernier s'étira en un sourire amusé, tandis qu'il écoutait Hermione.

« Tu es spéciale, Hermione. Tu as quelque chose que le reste n'a pas. » lui assura-t-il.

Jamais quelqu'un d'autre ne lui avait assuré avec autant de vigueur qu'elle était spéciale. Il était tellement agréable d'être appréciée pour sa vraie personnalité. Elle n'avait pas besoin de jouer un rôle quand elle se trouvait en sa présence.

Elle était parfois surprise de la facilité avec laquelle elle était devenue à l'aise en sa compagnie, malgré cette relation que leur entourage aurait probablement qualifié d'inappropriée. Elle n'en avait que faire. Sirius lui procurait des sentiments nouveaux et palpitants et elle n'était pas disposée à y renoncer.

Un tapement contre la porte fit sursauter Hermione et elle se figea sur place, jetant un regard paniqué à Sirius. Que dirait-on si on la voyait à une heure aussi tardive dans le bureau d'un professeur ? Sirius posa un doigt sur ses propres lèvres, lui intimant de rester silencieuse. Sans perdre son sang-froid, il désigna la porte attenante, donnant accès à ses appartements privés.

Hermione s'empressa de rejoindre la chambre à coucher d'un pas silencieux et referma doucement la porte sur elle. Elle se mordit la lèvre nerveusement, s'efforçant d'écouter les sons provenant du bureau.

Elle entendit les pas de Sirius résonner sur le vieux parquet, puis le son d'une porte qu'on ouvrait. Une voix lui parvint aux oreilles – celle d'un homme. Elle ne réussit pas à en distinguer les paroles. Quelques instants plus tard, Sirius apparut dans la chambre.

« Rogue. » indiqua-t-il en levant les yeux au ciel.

Hermione hocha la tête, soulagée. Même si la relation qu'ils entretenaient était excitante - l'idée d'être découverts était terrifiante. Elle savait que les conséquences seraient graves si on les surprenait ensemble.

« Je ne devrais pas venir aussi régulièrement. » dit-elle finalement, tracassée. « Quelqu'un va finir par se douter de quelque chose. »

« Personne ne se doute de rien. Après tout, tout le monde est au courant que tu m'assistes pour le club de DFCM. C'est un excellent prétexte. » assura-t-il d'une voix confiante.

Encore une fois, Hermione sentit sa nervosité disparaître en un clin d'œil. Sirius avait cette facilité inhérente à la rassurer. Elle perdait toutes ses appréhensions en sa présence.

Il s'approcha d'elle, réduisant la distance entre eux. Lorsqu'il prit sa main dans la sienne et qu'il l'attira dans une étreinte, Hermione se laissa faire.

Elle frissonna lorsqu'il écarta son épaisse chevelure afin de dégager sa nuque. Elle retint son souffle lorsque ses lèvres chaudes posèrent des baisers humides le long de son cou. Les mains de Sirius caressèrent lentement son dos, puis disparurent sous son chemisier, parcourant sa peau nue. Elle ferma les yeux, laissant échapper un soupir de contentement tandis que ses lèvres moites traçait des baisers sur sa clavicule, puis à la naissance de sa poitrine, laissée découverte par son chemisier ouvert.

Il remonta ensuite vers son visage et leurs lèvres se rencontrèrent pour un baiser fiévreux. Il ne quitta pas ses lèvres tandis qu'il attirait Hermione sur le grand lit à baldaquin se dressant au milieu de la pièce.

Hermione retint son soupir lorsqu'il retira totalement son chemisier, laissant des baisers sur sa peau nue. Le reste de ses vêtements fut ôté rapidement et Sirius couvrit sa nuque, sa poitrine et son abdomen de baisers. Hermione laissa échapper un hoquet de surprise lorsque la tête se retrouvant entre ses cuisses. Elle sentit ses joues se réchauffer. Pourtant, sa gêne fut de courte durée lorsque la langue de Sirius commença à la caresser.

C'était la première fois de sa vie qu'on la touchait ainsi et Hermione ne put retenir ses gémissements bruyants. Quelques minutes plus tard, elle fut parcourue de spasmes incontrôlables, tandis qu'un plaisir indescriptible envahissait toutes les parcelles de son corps. Lorsque Sirius s'écarta, l'observant avec intensité, Hermione resta figée quelques secondes, les jambes tremblantes et la respiration haletante.

La tête toujours enfouie dans l'oreiller, son cerveau tentait de poser des mots sur les sensations intenses qu'elle venait de ressentir. Elle avait déjà eu des orgasmes – seule. Cette fois, cela avait été différent.

Cet entrelacement de sensations physiques et d'excitation mentale était

indescriptible, totalement inconnu pour elle. Finalement, elle ouvrit de nouveau les yeux, croisant les prunelles sombres de Sirius.

« Tu as aimé ça, Hermione ? » demanda-t-il, avec un sourire en coin.

Elle hocha la tête timidement.

« C'était…époustouflant. » dit-elle avec sincérité, ne trouvant pas un meilleur mot pour décrire la sensation.

Un sourire se dessina sur le visage séduisant de Sirius et encore une fois, elle se perdit dans son regard intense. La convoitise qu'elle décelait dans son regard éveillait de nouveau son propre désir.

Sirius l'attira de nouveau à lui pour un baiser torride. Il l'invita à s'installer à califourchon sur lui et Hermione s'exécuta, non sans gêne. Cette position était nouvelle pour elle et elle se sentait clairement exposée face à lui.

Encore une fois, Sirius n'eut pas de difficulté à la mettre en confiance, lui murmurant des paroles sensuelles à l'oreille et la complimentant sans cesse.

Bien plus tard, tandis qu'elle reposait sa tête sur son torse dévêtu et en sueur, elle fut forcée d'admettre qu'il n'avait pas eu tort. Il avait beaucoup de choses à lui apprendre. Et elle était plus que ravie de parfaire son éducation avec lui.


Destinatrices : ''Ils nous envient tous''


Daphné écrit :

Finalement, j'ai acheté un nouveau journal – je n'ai pas réussi à retrouver l'ancien.

Pansy écrit :

C'est bizarre que tu ne le retrouves pas. J'espère qu'il n'est pas tombé dans des mains mal intentionnées !

Tracey écrit :

Ça n'a pas d'importance – il est bloqué avec un sort. Ne t'en fait pas !

Millicent écrit :

Encore cinq heures de retenue avec McGonagall. Si je trouve le petit plaisantin qui nous a envoyées dans cette forêt, je l'étripe à mains nues.


Daphné Greengrass ferma son nouveau journal avec frustration. Elle passait une semaine détestable. Tout d'abord, cette vieille peau de McGonagall lui avait retiré un nombre incalculable de points, et elle avait perdu sa première place au classement de Miss Fondatrice. Elle était désormais en deuxième position derrière Mandy Brocklehurst qui se pavanait dans les couloirs comme si elle avait déjà remporté la compétition.

L'irritation de Daphné augmenta davantage lorsqu'elle aperçut sa demi-sœur Astoria dans le Hall de l'école, entourée par une bande de sixième année qui l'écoutait avec attention, comme si elle partageait un message divin.

Depuis son arrivée à Poudlard, Astoria s'était attirée un club de fans. Elle semblait causer la curiosité de tous les élèves, intéressés par l'arrivée de cette nouvelle étrangère. Astoria se plaisait à raconter sa vie en Amérique à qui voulait l'entendre. Ses pairs semblaient particulièrement passionnés par ses histoires à Ilvermorny, l'école de sorcellerie.

« Nous avions aussi une élection, mais elle était différente. D'ailleurs, j'ai été élue Reine du bal l'année dernière. Tout le monde voulait que je sois élue alors personne d'autre ne s'est présenté. » indiqua-t-elle, provoquant les « whoa » admiratifs d'une bande de Poufsouffle stupide.

Daphné avait levé les yeux au ciel. Comme d'habitude, Astoria avait réussi à se mettre tout le monde dans la poche. Personne ne savait à quel point elle était fausse. Ce qui agaçait le plus Daphné était sans doute le fait d'être constamment comparée à sa demi-sœur. Certains semblaient même choqués qu'elles soient de la même famille.

« Je ne la supporte plus. » déclara Daphné entre ses dents, ses yeux jetant des éclairs au feu crépitant dans la cheminée.

Une élève venait de se renseigner sur la couleur préférée de sa demi-sœur afin de lui tricoter une écharpe en laine.

« Elle me pourrit mon air et mon existence. » poursuivit-elle d'une voix agacée.

Étonnée de ne pas obtenir de réponse à ses complaintes, elle se tourna vers sa meilleure amie, les sourcils froncés. Tracey semblait plongée dans ses pensées et n'écoutait visiblement pas ses paroles. Pour une raison obscure, Tracey lui paraissait étrangement distante ces derniers jours.

« Tu m'écoutes ? » insista Daphné.

L'attention de Tracey se reporta sur elle et elle sembla quitter sa léthargie. Elle hocha la tête, esquissant un sourire peu convaincant.

« Oui, oui. » assura Tracey. « Qu'est-ce que tu disais à propos d'Affreuse ? »

« Je dois lui donner une bonne leçon. Je ne peux pas la laisser se pavaner comme si c'était son école. » déclara Daphné d'un ton résolu, en croisant les bras. « Mais je dois rester discrète. Papa me tuerait s'il savait que j'ai touché à un seul cheveu sur son précieux petit crâne. »

L'idée de Pansy lui revint soudain en tête. Raser les longues boucles blondes de sa demi-sœur pendant son sommeil n'était pas une mauvaise idée. Malheureusement, Astoria avait intégré Poufsouffle et entrer dans le dortoir sans être remarquée serait compliqué. Peut-être qu'elle pourrait soudoyer un condisciple d'Astoria pour faire le sale boulot à sa place ? Non, pensa-t-elle. Ces imbéciles de Poufsouffle étaient bien trop loyaux. Aucun d'entre eux n'accepterait de s'en prendre à l'un des leurs. Elle devait trouver une autre idée.

Elle décida finalement de quitter la salle commune, lassée de ne trouver aucun réconfort de la part de ses amies. Tracey semblait préoccupée par des problèmes inconnus et Pansy Parkinson était constamment accrochée au bras de son nouveau petit-ami. Quant à Millicent, elle était introuvable, probablement occupée à consommer des drogues en tout genre avec ses amis camés.

Elle jeta un rapide coup d'œil vers l'horloge. Dix heures du soir, affichait celle-ci. A cette heure-ci, Blaise était probablement dans les couloirs de l'école pour sa ronde, comme l'exigeaient ses devoirs de Préfet-en-Chef. En temps normal, elle aurait simplement attendu son retour dans la salle commune. Aujourd'hui toutefois, Daphné était contrariée et elle avait besoin d'une présence réconfortante.

Elle passa le trou du portrait et s'engagea dans les couloirs. Blaise effectuait toujours ses rondes dans un ordre précis. Elle grimpa les escaliers et se dirigea vers le cinquième étage. Comme d'habitude, les escaliers n'en firent qu'à leur tête, et elle se retrouva du côté opposé de l'étage. Daphné laissa échapper un soupir ennuyé.

Elle longea le couloir d'un pas lent. L'endroit était désert – les élèves n'étaient pas autorisés à errer dans les couloirs à cette heure-ci sans raison valable. Elle savait toutefois qu'elle ne risquait pas de retenue si elle croisait Blaise.

Elle entendit soudainement des voix à quelques mètres et elle s'arrêta. Elle distingua d'abord une voix masculine puis une voix féminine qui lui parut familière. Les paroles étaient étouffées mais les intonations indiquaient qu'il s'agissait d'une discussion houleuse.

Poussée par la curiosité, elle se rapprocha de l'angle et jeta un regard discret vers le couloir adjacent. Elle reconnut Millicent, les bras croisés, parlant avec animation à quelqu'un d'autre. Elle paraissait irritée.

Après quelques minutes, Daphné vit l'expression du visage de son amie s'adoucir. Cette dernière s'avança vers l'autre personne et Daphné put clairement voir qu'ils échangeaient un baiser. Daphné esquissa un sourire. Il s'agissait probablement de l'amoureux secret de Millicent dont avait parlé Pansy. Soudainement, Millicent s'écarta, et le visage de son amoureux apparut dans le champ de vision de Daphné.

Elle perdit immédiatement son sourire en voyant de qui il s'agissait.

Elle recula, éberluée. Des bruits de pas la firent revenir à la réalité et elle s'empressa de faire marche arrière, pour s'éloigner, craignant d'être remarquée. La situation aurait été des plus embarrassantes.

Elle continua à errer encore dans les couloirs, sans but apparent, les pensées toujours plongées vers la découverte choquante à laquelle elle venait d'assister. Quelques minutes plus tard, elle croisa Blaise qui finissait sa ronde.

« Tout va bien ? » demanda-t-il en apercevant la mine confuse de sa petite-amie.

Daphné acquiesça. Même si l'envie d'en parler à Blaise était pressante, elle la réprima. Elle devait d'abord avoir une discussion sérieuse Millicent afin de comprendre.

Heureusement, Blaise n'insista pas et elle resta silencieuse pendant qu'il lui relatait sa soirée. Apparement, il avait encore surpris Pansy et Ron Weasley dans un placard à balais après le couvre-feu. Pansy avait clamé à Blaise qu'il ne pouvait pas la mettre en retenue en raison de son amitié avec Daphné. Ce dernier avait levé les yeux au ciel, peu convaincu.

Pendant le restant de la soirée, Daphné resta distraite, répondant à Blaise par des paroles succinctes ou des hochements de la tête brefs.

« J'ai oublié de te le dire. » lança soudainement Blaise. « Ton père m'a écrit. »

Ces paroles furent suffisantes pour sortir Daphné de sa léthargie. Elle se redressa lentement sur le sofa où ils étaient installés et se tourna pour lui faire face.

« Vraiment ? » demanda-t-elle avec surprise. « Qu'a-t-il dit ? »

« Il m'a proposé d'assister à une course de murlap, le week-end prochain. Il veut en savoir plus sur le jeune homme dont sa fille est éperdument amoureuse. » déclara-t-il avec un rire. « J'espère en ressortir vivant. »

L'invitation de Blaise par son père la troublait. Il n'avait jamais eu cette attention avec ses ex petit-amis. Toutefois, c'était la première fois qu'il semblait apprécier l'un d'eux.

« J'imagine qu'il veut aussi savoir si ma mère est disposée à lui vendre son Manoir. » ajouta Blaise avec amusement.

Daphné hocha la tête, songeuse. Son père ne faisait jamais rien sans intentions cachées. Elle avait hérité cela de lui.

Elle avait remarqué l'intérêt que son père portait au Manoir de la mère de Blaise. Il voulait probablement s'assurer de pouvoir en devenir l'acheteur potentiel.

Elle trouvait toutefois étrange que l'invitation soit destinée à Blaise seulement et qu'il ne l'ait pas tenue au courant. Après tout, il s'agissait de son petit-ami et Daphné n'était pas certaine d'être à l'aise que les deux se rencontrent sans sa présence.

Elle décida de ne pas trop s'épancher sur le sujet. Elle avait d'autres choses plus pressantes à l'esprit. Le trou du portrait coulissa de nouveau et Daphné aperçut Millicent s'y glisser. Cette dernière paraissait de meilleure humeur et elle se dirigea vers le dortoir des filles, faisant un signe de la main à Daphné à son passage. Cette dernière s'enfonça dans le dos du fauteuil, hésitant à confronter son amie sur-le-champ.

L'arrivée de Pansy dans la salle commune parvint à lui changer les idées. Pansy s'installa sur le sofa face à Blaise et Daphné, laissant échapper l'un de ses longs soupirs à fendre l'âme.

« C'était assez dramatique ? » demanda Pansy en fronçant les sourcils.

Daphné éclata de rire et Blaise leva les yeux au ciel, comme il le faisait toujours devant les frasques de Pansy.

« Qu'est-ce qui te prend ? » demanda Daphné avec curiosité.

« Je ne comprends pas les garçons. » répondit Pansy, blasée. « Ronald n'a pas remarqué ma nouvelle coiffure ce matin. »

« Oh non. » commenta Daphné.

« Lorsque je lui ai fait la remarque, il a eu l'audace de me demander pourquoi j'avais payé autant pour une coiffure qui ressemblait à l'ancienne. Ce qui est totalement faux, pas vrai ? » demanda Pansy à l'attention de Daphné.

« Absolument. » répondit Daphné d'un ton machinal.

« Évidemment, j'étais verte toute la journée après son commentaire. Il m'a demandé si j'allais bien et quand je lui ai dit ''Oui'' il n'a même pas insisté ! Il m'a juste... crue. »

« L'imbécile. » dit Daphné en secouant la tête.

« Je veux dire… C'est évident que tout ne va pas bien ! » poursuivit Pansy avec irritation.

« Donc si je comprends bien. » commença à résumer Blaise. « Tu es en colère contre lui parce qu'il t'a crue quand tu lui as dit que tu allais bien ? »

« Exactement. » répondit Pansy sur le ton de l'évidence, comme si cela coulait de source.

« Dans ce cas pourquoi ne pas lui avoir dit la vérité ? » interrogea Blaise en levant un sourcil.

« Parce que…Parce que ! » lança Pansy avec frustration. « Tu ne comprendrais pas, tu es un homme après tout. »

« Avouez-le, vous êtes compliquées. » lança Blaise, haussant les épaules.

Daphné se tourna vers lui, un sourcil levé.

« Nous sommes compliquées ? » répéta-t-elle avec morgue.

Blaise sembla réaliser qu'il s'aventurait sur un chemin sinueux car il leva les mains en signe de paix et changea rapidement de sujet.

/

Millicent froissa le morceau de parchemin qu'elle venait de lire, puis le jeta dans les flammes de la cheminée. Sa mère serait de passage à Pré-au-Lard le week-end suivant et elle insistait pour qu'elles déjeunent ensemble.

Aussi loin qu'elle s'en souvienne, la relation de Millicent avec sa mère avait toujours été tendue. Elle avait empiré après le divorce de ses parents. Voir sa mère se pavaner aux bras de son amant tandis que son père traversait une dépression sévère l'avait rendue acerbe.

De temps à autres, Jackie faisait mine de prendre des nouvelles pour donner l'impression d'être une mère aimante. Elle faisait cela pour les apparences, sans aucun doute. Jackie n'avait jamais eu une seule once d'amour et d'affection en elle.

Si elle avait écouté son instinct, Millicent aurait tout simplement décliné cette invitation. Elle voyait toutefois déjà le regard désapprobateur de son père et elle soupira avec résignation. Elle irait voir sa mère pour faire plaisir à ce dernier. Après ça, elle serait probablement tranquille pour les six prochains mois car Jackie ne donnerait aucun signe de vie.

Millicent se sentait mieux ces derniers temps. La pénurie de drogues à Poudlard s'était révélée moins difficile qu'elle ne l'aurait crue. Théodore Nott avait parlé de désintoxication involontaire. Millicent avait les idées plus claires. Elle était aussi heureuse d'avoir enfin trouvé quelqu'un d'attentionné, compréhensif et présent pour elle lorsqu'elle en avait besoin.

Ses pensées se tournèrent de nouveau vers lui et un sourire éclaira le visage de Millicent. Elle avait l'impression que des doxys surexcités jouaient une partie de Quidditch effrénée dans son ventre lorsqu'elle pensait à lui. Était-elle amoureuse ? Probablement, pensa-t-elle.

Lorsqu'elle arriva dans la salle où se déroulait son cours de Potions, elle croisa le regard de Terrence Higgs qui détourna les yeux, faisant mine de ne pas l'avoir vue. Toutes leurs interactions étaient désormais malaisantes.

Ils ne s'étaient pas adressés la parole depuis la rumeur dégradante qu'il avait lancé à son sujet. Millicent avait trouvé toute l'affaire particulièrement humiliante. Heureusement, elle pouvait compter sur ses amies pour lui venir en aide en toutes circonstances. Daphné avait probablement fait miroiter Terrence des menaces graves car il avait soudainement changé sa version des faits. Il prétendait désormais que ses accusations sur Millicent avaient été inventées de toutes pièces. Il disait vouloir lui rendre la monnaie de son gallion après qu'elle l'ait rejeté comme un malpropre. Cela avait suffi au reste de l'école pour arrêter de commérer au sujet de Millicent. On pouvait toujours compter sur Daphné pour amadouer les autres et les soumettre à ses quatre volontés.

Millicent n'avait pourtant pas pu s'empêcher de remarquer la soudaine distance de Daphné à son égard depuis quelques jours. Elle ne savait pas la raison derrière ce nouveau silence.

Le jour du déjeuner avec sa génitrice se profila plus rapidement que prévu. Avec un soupir de résignation, Millicent poussa la porte de Mi- Citrouille, Mi-Raisin, un restaurant huppé de Pré-au-Lard. Elle repéra sa mère déjà installée à une table – lui faisant de grands signes de la main.

Millicent réprima une grimace tandis qu'elle rejoignait sa mère à la table. Jackie Bulstrode, née Rosier, ne faisait pas ses quarante-sept ans. Des joggings quotidiens, un régime alimentaire militaire et des consultations régulières chez le chirurmage le plus célèbre de l'Essex l'avaient aidé à garder une jeunesse éphémère.

Avec ses longs cheveux d'un blond cendré lui tombant au milieu du dos, ses lèvres artificiellement pulpeuses, et ses pommettes trop ciselées pour être naturelles, elle se plaisait à prétendre qu'elle avait encore trente-deux ans. Selon Jackie, elle ressemblait à la sœur plus âgée de sa fille. Lorsque Millicent arriva à sa hauteur, Jackie se leva, lui adressant un sourire radieux. Elle esquissa un geste pour l'enlacer. Millicent se laissa faire mais elle ne rendit pas l'étreinte de sa mère.

« Mon bébé grandit tellement vite. » commenta Jackie avec émotion.

Millicent s'efforça de ne pas lever les yeux au plafond. Elle trouvait sa mère tellement agaçante, parfois. Rien ne semblait authentique chez elle.

« Comment tout se passe à l'école ? » demanda Jackie une fois que la serveuse eut terminé de prendre leur commande.

Millicent hocha les épaules.

« Bien. » répondit-elle d'une voix robotique.

« Tout se passe bien avec tes amies ? » continua Jackie avec enthousiasme.

« Hm hm. »

« Écoute Millie, j'essaie vraiment d'avoir une conversation avec toi, mais tu ne m'en laisses pas la possibilité. » déclara Jackie d'un ton blessé.

« Pourquoi maintenant ? » assena Millie d'un ton suspicieux. « Tu n'as jamais fait cet effort. »

« Je sais que tu m'en veux encore à cause de la séparation avec ton père mais tu dois comprendre… » commença Jackie.

« Je ne suis pas venue ici pour entendre tes justifications. Si c'est pour ça que tu voulais me voir, je préfère rentrer à Poudlard. » la coupa Millicent d'un ton sec.

Jackie parut choquée par sa réponse abrupte et elle garda le silence pendant de longues secondes. La serveuse s'approcha de nouveau de leur table pour apporter leurs entrées et les premières minutes du repas se firent dans un silence pesant.

« Tu as raison, ce n'est pas pour ça que je voulais te voir. » déclara soudainement Jackie, d'une voix plus contrôlée.

Millicent prit une gorgée de son verre d'hydromel, l'encourageant à continuer.

« Gonzalo et moi avons décidé d'avoir un enfant. » annonça sa mère avec un sourire.

Gonzalo était l'homme avec qui sa mère avait trompé son père. Après leur divorce, elle avait rapidement officialisé leur aventure.

« Il est plus jeune que moi et il veut avoir un enfant. Et je veux vraiment lui offrir cela. » continua-t-elle.

Millicent ouvrit la bouche, interdite. Elle savait pertinemment que sa mère ne voulait pas d'autres enfants. Elle n'avait jamais semblé apprécier la maternité. Elle était toutefois obsédée à l'idée de rester jeune. Millicent savait que pour Jackie, fréquenter un homme de quinze ans son cadet était une manière de garder son souffle. Ce dernier voulait toutefois un enfant, ce qui risquait d'être compliqué au vu de l'âge avancé de sa mère.

« Nous avons fait appel à un spécialiste car cela risque d'être problématique à mon âge. » continua Jackie, d'un air gêné.

Elle avait baissé la voix, comme si elle voulait s'assurer que personne n'entende ses mots. Grâce à ses artifices et son style de vie, elle parvenait facilement à paraître plus jeune qu'elle ne l'était réellement. Elle voulait probablement continuer à feindre cette réalité aux yeux des inconnus qui remplissaient ce restaurant.

Millicent resta silencieuse. Toute cette histoire lui paraissait ridicule. Sa mère n'était pas une bonne mère et avoir un enfant pour garder son compagnon lui paraissait douteux. Encore une fois, Jackie agissait par égoïsme pur et dur. Elle ne réalisait probablement pas ce que signifiait le fait de grandir avec une mère incapable dans son genre.

« Je veux vraiment qu'on soit une famille unie malgré nos différends du passé. » indiqua Jackie, qui semblait vaguement sincère. « J'étais sérieuse lorsque je t'ai dit que je veux arranger notre relation, Millie. Si j'ai un autre enfant, je veux être certaine que vous serez proches. »

« Je croirais en ta sincérité lorsque je verrais des actes, et pas seulement des paroles. » assura Millicent d'un ton venimeux.

Jackie acquiesça.

« Dans ce cas, que dirais-tu de fêter Noël, comme avant, tous ensemble ? » demanda avidement sa mère. « J'en ai déjà parlé à ton père, il est d'accord. Tous ensemble, avec Gonzalo, tes grands-parents, ton oncle Alfie et… »

Millicent se figea soudainement. Elle n'entendit même pas les paroles suivantes de sa mère. Ton oncle Alfie, entendait-elle inlassablement dans son esprit.

Immédiatement, elle sentit des sueurs froides lui parcourir l'échine. Ses mains commencèrent à trembler et une nausée intense lui tordit l'estomac.

« Millie, tout va bien ? Tu es toute pâle, chérie. » demanda soudainement sa mère.

Millicent ne répondit pas, incapable de sortir de l'état anxieux dans lequel elle se trouvait. Elle n'arrivait plus à respirer. Elle attrapa le verre d'eau que lui tendit sa mère et le but d'une traite, la gorge serrée.

Non, pensa-t-elle avec panique. Pas lui. Pas ce monstre.

« Millie, je commence vraiment à m'inquiéter, et ce qu'il faut que j'appelle quelqu'un ? » insista sa mère, les sourcils froncés.

« Non. » répondit Millicent d'une voix blanche, le visage blême.

« Tu es certaine que… »

« Non, il ne peut pas venir. » interrompit Millicent.

« De qui parles-tu, Millie ? »

« Oncle Alfie. » répondit-elle avec difficulté.

« Pourquoi donc ? » s'enquit sa mère, avec confusion. « Ça fait des années que tu ne l'as pas vu. Tu l'appréciais tellement quand tu étais plus jeune, tu te souviens ? »

Encore une fois, Millicent sentit son estomac se serrer et elle réprima son envie pressante de vomir. Sa main se posa sur son genou, triturant nerveusement le tissu de son pantalon. Ses jointures étaient désormais blanches.

« Je…je… » commença Millicent, sentant des larmes lui monter aux coins des yeux.

« Parle-moi, Millie. » plaida sa mère.

« Il…Il m'a fait des choses. Oncle Alfie. » articula-t-elle avec difficulté, comme si le fait de prononcer ces mots lui causait une douleur physique.

Sa mère fronça les sourcils.

« Je ne comprends pas. »

« Il…Il a abusé de moi. » dit Millicent dans un murmure, presque inaudible.

Le regard de sa mère lui prouva qu'elle avait entendu ses paroles. Les yeux de cette dernière étaient écarquillés, et une expression de choc extrême ornait désormais son visage. Un long silence s'installa, pendant lequel on entendait uniquement les conversations animées des clients autour d'eux et le bruit de vaisselle.

Millicent avait baissé les yeux – incapable de regarder sa mère dans les yeux. Tous les sentiments qu'elle avait essayé de dissimuler dans un coin de son esprit refirent surface. La honte, le dégoût, l'angoisse.

Finalement, après ce qui lui sembla une éternité, sa mère prit de nouveau la parole.

« Je n'arrive pas à y croire. » dit-elle d'une voix éteinte.

Prenant son courage à deux mains, Millicent leva finalement les yeux et croisa le regard de sa mère. Elle y lut un mélange d'incrédulité, de dégoût, et de choc.

« Je n'arrive pas à croire… » reprit-t-elle d'une voix plus audible. « …que tu inventerais de tels mensonges. »

A ces paroles, le visage de Millicent se décomposa et elle observa sa mère avec horreur.

« Pour une raison que je ne comprends pas, tu as toujours essayé de détruire notre famille. » continua-t-elle. « A toujours vouloir attirer l'attention sur toi et nous causer du souci à ton père et moi. Ton comportement détestable, tes crises constantes, ton addiction. »

Sa voix était accusatrice.

« Mais ça, Millicent ? » continua sa mère. « Allez jusqu'à ? C'est trop, même pour toi. »

Elle secoua la tête.

« Je refuse de continuer à te laisser détruire cette famille avec tes mensonges. » continua sa mère.

Millicent était tellement choquée par la réaction de sa mère qu'elle resta la bouche ouverte, figée. Elle avait toujours eu cette peur latente de parler de son viol à ses proches. Même dans ses pires cauchemars, elle n'avait pourtant jamais pensé une seule seconde qu'elle obtiendrait une réaction de la sorte. Qu'on ne la croirait pas. Son angoisse s'intensifia et cette fois, elle sentit ses larmes commencer à couler librement sur son visage.

« Je…ne mens pas… » dit-elle entre ses sanglots étouffés.

Mais sa mère ne la croyait pas. Son expression glacée et écœurée était assez parlante.

« Comment peux-tu croire que j'inventerais quelque chose d'aussi…horrible ? » demanda Millicent.

« Je ne sais plus de quoi tu es capable, Millicent. » cracha sa mère. « Tu essaies constamment d'attirer l'attention sur toi. Ton père accepte peut-être tes caprices mais je ne vais pas te laisser plus longtemps détruire cette famille. »

Millicent venait d'avouer l'un des moments les plus traumatisants de son existence. Elle n'avait jamais été plus vulnérable dans sa vie qu'à ce moment précis. Pourtant, sa mère avait choisi de lui enfoncer un poignard encore plus profondément. Ne supportant plus d'entendre ces accusations, Millicent se leva d'un bond, tentant de maîtriser ses sanglots en posant sa main sur sa bouche. Elle se rua en dehors du restaurant, le souffle haletant. Dehors, elle fut surprise par une pluie torrentielle mais elle l'ignora.

Elle continua de courir en direction du château et ne s'arrêta pas une seule fois avant d'en atteindre les larges portes. Elle croisa des gens sur son chemin qui lui jetèrent des regards curieux mais elle les ignora tous. La douleur était tellement insupportable.

Lorsqu'elle arriva finalement dans la salle commune, elle chercha Théodore Nott des yeux. Tous ses gestes étaient erratiques. Elle le trouva finalement dans un coin de la salle commune, occupé à faire une partie d'échecs version sorciers avec un autre étudiant.

« Je dois te parler. » dit-elle d'une voix tremblante.

« Ça ne peut pas attendre ? » demanda Théodore, sans lever les yeux de sa partie.

« S'il-te-plaît, c'est urgent. » plaida-t-elle, entre deux sanglots.

Il posa son attention sur elle et le visage ruisselant de larmes de Millicent fut probablement suffisant pour lui faire comprendre l'urgence de la situation. Il se releva et la suivit vers l'escalier menant aux dortoirs.

« J'ai besoin de quelque chose, maintenant. » dit-elle avec panique.

« Tu sais que c'est la pénurie depuis que… » commenca-t-il.

« Je t'en supplie - n'importe quoi. Je sais que tu as encore des réserves. » insista—t-elle en élevant la voix, hystérique. « Je t'en supplie. »

Théodore parut hésiter.

« Je pense qu'il doit me rester un scarabée pour les mauvais jours. Mais ça va te coûter une fortune. » fit-il remarquer.

« Tout ce que tu veux. » lança Millicent, soulagée.

Plusieurs minutes plus tard, il revint avec une bourse et la tendit à Millicent. Elle remonta immédiatement dans son dortoir, ignorant les appels de Daphné qui criait son nom dans la salle commune.

Elle se rua dans son dortoir, ferma la porte à clef à l'aide d'un sort et se jeta sur son lit. D'un geste fébrile, elle ouvrit la bourse et attrapa d'une main tremblante le scarabée avant de le porter à sa tempe. Immédiatement, la créature commença à se mouvoir et ses pinces agrippèrent la peau de la jeune fille. Elle sentit une douleur soudaine puis entendit un bruit de succion.

Elle ne pouvait pas faire face à la réalité à ce moment précis. La douleur et l'angoisse étaient bien trop intenses. Immédiatement, elle sentit que le scarabée commençait à faire effet. Elle se sentit plus décontractée au bout de quelques secondes seulement.

Elle entendit quelqu'un taper contre la porte du dortoir – mais elle ne répondit pas. Elle avait besoin d'être seule pour oublier. Alors que sa tête retombait sur l'oreiller, son esprit complètement vidé de ces souvenirs horribles, elle espéra secrètement ne plus avoir besoin de se réveiller.

Fin du chapitre


J'espère que vous avez apprécié ce chapitre ! Un peu plus "calme" que le précédent mais il en faut toujours un peu avant les tempêtes.

La relation entre Sirius et Hermione devient de plus en plus intense. Vont-ils parvenir à rester cachés encore longtemps ?

Qui est l'amoureux secret de Millie ? Quelles seront les conséquences de la réaction de sa mère ?

On saura tout ça très vite :p En attendant, n'hésitez pas à laisser un petit commentaire, c'est motivant pour l'auteure et ça me permet de savoir si ça plaît !

A bientôt -

Fearless