DISCLAIMER : Attention, ce chapitre contient des propos racistes à propos de l'un de mes personnages, Maxence.

Ma fanfic a pour projet d'aborder des sujets sensibles comme l'homophobie, le harcèlement ou encore, comme je viens de le dire, le racisme. JE N'APPROUVE AUCUN DE CES COMPORTEMENTS qui sont de véritables fléaux dans notre société et dans le monde en général. Je ne les utilise ici que pour une situation précise à un moment précis mais en aucun cas je ne cautionne de tels propos ou actions à l'encontre de qui que ce soit.

Respectez-vous les uns les autres, dans la vie, sur internet, n'importe où et n'importe quand, c'est le simple message que je veux faire passer. Nous sommes tous pareils, peu importe notre couleur de peau, nos envies, nos passions.

Maintenant que les choses sont clarifiées, je vous souhaite une bonne lecture !


De retour chez lui, Félix fila dans sa chambre. Mimant le naturel, il expliqua à Nathalie qu'il allait étudier les livres qu'il avait ramené et qu'il souhaitait ne pas être dérangé. L'assistante se contenta d'un léger hochement de tête sans même relever les yeux de sa tablette.

Ses arrières assurés, le jeune homme referma la porte derrière lui, tournant la clé dans la serrure. Plagg sorti de sa veste tandis qu'il posait la pile de livres empruntés sur son bureau.

D'un pas peu assuré il s'approcha de sa fenêtre pour en ouvrir un des pans. Félix ne savait pas exactement ce qu'il était en train de faire, poussé par un sentiment inconnu dans sa poitrine. Depuis qu'il avait quitté la bibliothèque, il agissait bizarrement, guidé par une petite voix dans sa tête qui lui murmurait de désobéir et d'arrêter d'avoir peur. Il senti le souffle du vent d'automne s'engouffrer dans la pièce, passant dans ses cheveux et longeant les murs de sa chambre, tourbillonnant encore et encore. Plagg vint se poser sur son épaule alors qu'il regardait le ciel par-dessus les toits.

-« Qu'est-ce que je m'apprête à faire… ? » murmura-t-il sans quitter les nuages des yeux.

-« Ce que tu aurais dû faire depuis longtemps. » assura Plagg en hochant la tête.

-« Je ne comprends pas ce qui t'incite à faire ça, souffla-t-il en regardant son kwami. Pourquoi te sens-tu aussi concerné par mon état d'esprit ? »

-« Parce que Chat Noir se doit d'être disponible à tout moment. Et rester ici indéfiniment va finir par te rendre malade, ou fou. Et si Chat Noir peut te permettre d'obtenir ce que tu ne peux pas avoir en restant ici, qu'est-ce qui te retient ? Tu as beaucoup plus à y gagner qu'à y perdre. » assura Plagg.

Mais voyant que le jeune homme hésitait encore, il reprit la parole.

-« En plus, personne ne connait Chat Noir. Il n'a pas à supporter les Camille, les pères trop stricts, les règles à respecter. Il peut faire ce qu'il veut, sans avoir à se soucier de ça. Il est lui-même… »

Félix hocha légèrement la tête. Regardant derrière lui, il serra les poings. Il baissa son regard vers sa montre avant d'inspirer une bouffée d'air.

-« On sort dix minutes. Pas plus de dix minutes pour commencer. » murmura-t-il en retirant la montre de son poignet.

Plagg se contenta de hausser les épaules, agréant silencieusement. Il savait que Félix allait avoir du mal à lâcher prise, encore trop inquiet de ce qui pourrait lui arriver. Mais cette sortie improvisée était une bonne chose. Il fallait simplement lui laisser du temps.

Et même si Plagg était pourtant du genre fainéant, il ne pouvait pas laisser son porteur dépérir ainsi. En tant que kwami, il se devait de veiller tout de même sur lui.

-« Bien… murmura Félix en fermant les yeux. Allons-y. »

« Plagg, transforme-moi ! »

Sans perdre un instant, de nouveau habillé de son costume noir, le jeune homme glissa la montre dans sa poche puis sauta par la fenêtre, non sans avoir vérifié au préalable qu'il ne risquait pas de se faire surprendre par les passants.

Sautant maintenant de toits en toits, le jeune héros ne savait pas vraiment où diriger ses pas. C'était la première fois qu'il se retrouvait seul dehors, sans but particulier.

Un sentiment de plénitude envahit soudain la poitrine de Chat Noir.

Sans comprendre ce qui lui arrivait, il se mit à courir aussi vite que ses jambes lui permettaient sur les tuiles, sautant par-dessus les cheminées ou les rues en contrebas, toujours guidé par cette petite voix qui murmurait et qui résonnait partout dans son corps. De nouveau, un sentiment de puissance envahit le jeune homme, un flux d'adrénaline se propageant partout en lui, de son cœur jusqu'au bout de ses membres. Ses muscles semblaient se diriger d'eux-mêmes, se coordonnant tous ensemble dans une harmonie parfaite.

Tout était décuplé : sa respiration était plus puissante, les battements de son cœur sous ses tempes étaient bien plus forts qu'à leur habitude, les frissons dans les jambes du jeune homme lui donnaient une envie folle de sauter partout.

Un sourire se dessina rapidement sur ses lèvres, enfin totalement conscient de ce qu'il était en train de faire et du vent qui fouettait son visage.

Il était dehors, sans autorisation, juché à plusieurs mètres du sol et enfin tranquille.

Chat Noir tourna sur lui-même pour regarder autour de lui. Perché sur le toit du Grand Rex, le jeune homme admirait la ville s'étaler à ses pieds. Il fut alors pris d'un fou rire, sa poitrine se soulevant dans des soubresauts incontrôlables. N'importe qui aurait pu le prendre pour un fou mais pour la première fois depuis longtemps, il se sentait bien.

Vraiment bien.

Le jeune homme prit enfin conscience de tout ce que son miraculous avait à lui offrir. Jamais il n'aurait pu imaginer que le rôle de Chat Noir puisse lui apporter autre chose que des contrariétés supplémentaires. Mais pourtant, il était là, pris d'un élan de félicité qui lui réchauffait le cœur malgré le vent qui se faisait de plus en plus insistant. Il tourna sur lui-même plus vite encore, laissant échapper un cri de joie avant qu'un nouveau rire ne lézarde de nouveau sur ses côtes. Tant pis pour la discrétion.

Est-ce que quelqu'un l'avait entendu ? Peu importe, cela ne l'inquiétait pas. Ce n'était pas ce qui comptait pour le moment. Félix se sentait hors de son corps, capable de faire n'importe quoi, loin, tellement loin de qui il était dans son identité civile. Mais cela n'avait plus d'importance.

Chat Noir n'avait pas à justifier son comportement. À cet instant précis, Félix n'existait plus.

Il n'avait plus à se retenir, Chat Noir vivrait désormais sans se soucier de ce qu'on pouvait bien penser de lui. Ce sentiment de liberté et de plénitude était puissant, presqu'effrayant mais pour rien au monde le jeune homme voulait qu'il ne s'arrête. C'était un véritable aphrodisiaque, une drogue dont il était maintenant dépendant.

Terminées la peur, la frustration, la colère. Tout. Tout était tellement loin à cet instant précis.

Presque hors d'haleine à cause de ce rire qui ne semblait plus vouloir le quitter, le héros s'assit sur le bord du bâtiment, les pieds dans le vide, pour tenter de se calmer. Avec un grand sourire qui lui fendait totalement le visage, ce qui était absolument inhabituel chez lui, Chat Noir regardait d'un œil bienveillant les citoyens vivre en contrebas. Les gens qui couraient, parlaient, discutaient, roulaient dans leur voiture, tout cela vu d'un angle totalement nouveau pour lui.

Tout allait très vite dans sa tête. Il n'arrivait pas à croire que Plagg ait pu le convaincre de faire ça, de désobéir de cette façon. Mais bon sang, qu'il avait eu raison, même si cela lui coûtait un peu de l'admettre.

Ce coup de folie lui faisait affreusement du bien.

Tout ce que Félix ne pouvait pas faire, toute la frustration accumulée dans cette vie trop limitée, tout cela s'envolait une fois que Chat Noir sautait sur les hauteurs de Paris, dès qu'il se retrouvait libre, même pour quelques minutes. Le héros avait tout de même bien conscience qu'il ne devait pas en abuser, et qu'il devait se montrer prudent.

Le Papillon rôdait toujours et il devait savoir se maîtriser, rester sur ses gardes, surtout sous cette forme. Mais Chat Noir n'avait pas peur et se sentait plus puissant que jamais, prêt à défier le Papillon ou n'importe quelle autre personne qui viendrait se dresser sur son chemin.

Revenant peu à peu à la raison et retrouvant son sérieux, Chat Noir sorti sa montre de son costume.

Les dix minutes étaient presque écoulées. Fidèle à sa propre promesse, le jeune héros tourna les talons pour prendre le chemin de la maison, quelque peu à contre-cœur. Ralentissant en arrivant près de chez lui, il hésita un instant à repartir.

Mais le héros savait qu'il ne devait pas trop abuser des bonnes choses. Bien qu'il avait désormais moins de scrupule à quitter secrètement la maison, le problème restait le même. Si on surprenait son absence, il allait au-devant de gros ennuis, et même Chat Noir ne pourrait pas arranger les choses. Docile, le jeune homme regarda dans la rue pour s'assurer que personne ne pouvait le surprendre et sauta vers sa fenêtre.

Une fois sur le sol de sa chambre, il demanda sa détransformation avant de se laisser tomber sur le canapé. Plagg réapparu aussitôt, venant se poser sur l'accoudoir.

-« Alors ? » demanda-t-il pour la forme, un petit sourire sur le visage.

-« Tu avais raison, admit Félix en se redressant. Tu avais raison, le rôle de Chat Noir n'apporte pas que des inconvénients. »

-« Héhé, je te l'avais dit. Il fallait simplement du temps pour que tu t'en rendes comptes. Mais n'oublies pas, tu te dois de rester prudent surtout. L'entrainement c'est bien, l'abus, non. »

-« Je sais, je sais. Je ne compte pas faire ça tout le temps de toute façon. Simplement quand j'en sentirai le besoin. Mais c'est une sensation agréable, je l'admets. »

-« Agréable… ? » railla Plagg avec un petit sourire satisfait.

-« … Plus que ça, céda le porteur avec un petit sourire. C'était fantastique même. Je n'avais jamais ressenti ça. »

-« C'est une bonne chose. Bon, j'ai faim maintenant ! »

Félix perdit aussitôt son sourire en levant les yeux au ciel.

-« Évidemment, tu sais où te servir. » répondit-il en haussant les épaules.

Tandis que Plagg s'éloignait vers le petit réfrigérateur, le jeune homme se releva en s'approchant de son bureau. En posant son regard sur la pile de livre, il serra les poings.

La sensation de liberté qui l'avait envahi quelques instants auparavant de faiblissait pas. Elle était là, bien vivante dans sa poitrine Il posa sa main sur son torse. Le rôle de Chat Noir était définitivement plein de surprise et le jeune homme se trouva soudain un peu idiot d'avoir tant rechigné au début.

Mais le garçon refusait de perdre de vue son objectif. Le Papillon était leur cible, à Ladybug et lui, et jamais il ne devait oublier ça.

Et si sauter de toits en toits était une sensation grisante qui manquait déjà à Félix, il n'oubliait pas que son miraculous était avant tout un outil de travail, qui lui permettait de mener à bien une mission qui lui avait été confiée.


Le lendemain, les cours se terminèrent à l'heure du déjeuner.

Alors que Bridgette discutait tranquillement avec Andréa tout en rangeant ses affaires, Jehan se tourna vers ses deux amis, son sac sur le dos tandis que la salle se vidait des autres camarades.

-« Hey les filles, ça vous dit d'aller manger à la petite sandwicherie de l'autre jour ? Je rêve tous les soirs de la texture de leur pain depuis que j'ai croqué dedans ! » fit-il avec une voix pensive.

-« C'est vrai qu'ils font d'excellents déjeuners ! Moi ça me va ! » rit Bridgette en refermant son sac.

-« Tu viens avec nous Félix ? » demanda Andréa en se tournant vers le jeune homme.

L'adolescent, surpris, tressaillit en entendant son prénom. Il se retourna vers le trio qui lui adressait un grand sourire.

-« Hmm… J'avais prévu d'aller à la salle d'étude… » confia-t-il en passant une main dans sa nuque.

-« On ne peut pas travailler le ventre vide, protesta Bridgette en secouant la tête. On y ira tous après, qu'est-ce que tu en dis ? »

Félix la dévisagea un instant avant de baisser les yeux.

Jehan, le voyant hésiter, s'avança vers lui pour passer son bras autour de ses épaules.

-« Allez viens, c'est pas toi qu'on va manger. Tu vas voir, c'est une tuerie ce snack. »

Félix hésita encore quelques instants.

Il savait que son chauffeur ne reviendrait le prendre que dans l'après-midi. Son planning prévoyait d'aller directement en salle d'étude, mais faire un détour puis y revenait finalement au même, n'est-ce pas ?

De toute façon, l'adolescent n'avait pas envie de se replonger dans ses livres immédiatement.

Son débat intérieur fut vite réglé.

-« Bon d'accord, finit-il par murmurer. Ça ne serait pas très raisonnable de sauter le déjeuner. »

-« Super ! s'exclama Jehan en tapant gentiment sur son épaule. Et comme c'est moi qui ai proposé d'y aller, je vous invite ! »

-« Quoi ?! » s'exclamèrent les trois autres avec des yeux ronds.

-« Tu nous as déjà payé le déjeuner de l'autre jour, protesta Andréa. On ne peut pas te laisser faire ça ! » poursuivit-elle avec Bridgette qui hochait la tête en signe d'approbation.

-« Je suis un gentleman, que voulez-vous… C'est plus fort que moi ! » déclara théâtralement Jehan, une main sur la poitrine.

-« Et quelle est ton excuse pour moi dans ce cas ? » demanda Félix en croisant les bras, un sourire en coin.

-« Oh mais je peux aussi être gentleman avec les garçons. » répondit Jehan avec un petit clin d'œil.

Félix écarquilla les yeux avant de secouer la tête afin de montrer sa consternation avec un petit sourire.

-« Bon allez, pas la peine de discuter ! Je l'ai dit et je le ferai. Maintenant en route ! » clama Jehan en attrapant Andréa par la main pour la pousser vers la sortie avant de faire la même chose avec Bridgette.

Passant devant, les deux filles continuaient d'argumenter sur le fait que Jehan ne devait pas payer leur sandwich tandis que le grand métis faisait mine de ne pas les entendre en chantant pour couvrir le son de leur voix.

Juste derrière, Félix les suivait, amusé.

La cohésion de ce petit groupe pouvait donner envie à n'importe qui et le jeune homme se sentit soudain content d'en faire en quelque sorte partie, sans vraiment pouvoir l'expliquer. Cela lui faisait passer un agréable moment, et c'était suffisant pour lui. Bridgette, par-dessus son épaule, lui adressa un petit sourire auquel il répondit par un léger hochement de tête et un sourire timide.


Une fois le déjeuner récupéré, se soldant finalement par un compromis entre les jeunes gens, à savoir les garçons payant les sandwichs et les filles les desserts allant avec. Les quatre adolescents se retrouvèrent à discuter joyeusement ensemble, installés à une des tables mises à disposition devant le commerce, Bridgette et Andréa côtes à côtes, et les deux garçons en face d'elles.

-« Ah le devoir de physique, quel enfer ! gémit Jehan en avalant sa dernière bouchée de flan. Moi qui pensais que Newton était un philosophe ! »

-« Tu es un inculte. » soupira faussement Andréa en calant son menton sur sa main.

-« Peut-être, n'empêche que je ne l'aime pas lui, contra le jeune homme en croisant les bras. Avec ses lois beaucoup trop compliquées, je ne comprends rien du tout. »

-« Ne m'en parle pas, geint à son tour Bridgette en tapant son front contre la table. Deux jours que je suis sur les exercices, que je refais mes calculs et je ne trouve jamais le même résultat ! »

-« Je ne trouve pas ces exercices particulièrement compliqués. » souffla Félix en haussant les épaules.

Bridgette et Jehan lui jetèrent un regard outré, ce qui fit rire Andréa.

-« Tout le monde n'a pas la chance d'être doué comme toi, expliqua-t-elle avec un regard à Félix. Tu as bien de la chance de savoir te dépêtrer de ces exercices facilement. Mais tu sais, la vie n'est pas simple quand on a le cerveau étroit ! »

-« Tu parles de moi là ? » demanda Jehan en se penchant vers elle.

-« Pourquoi, tu te sens visé ? » répondit-elle aussitôt avec un petit sourire.

Le jeune homme se contenta de hausser les épaules avec un sourire insolent.

Bridgette, détournant un instant les yeux de ses amis, remarqua Maxence qui filait droit devant lui. Il ne semblait pas les avoir remarqués. La jeune fille se leva pour venir à sa rencontre, sous le regard surpris de ses amis.

-« Hey Maxence ! Où cours-tu comme ça ? » demanda-t-elle en le rattrapant.

-« Ah Bridgette ! Désolé, je n'ai pas le temps, je dois aller à l'atelier. Tu sais, à la bibliothèque… »

-« Oh oui bien sûr ! dit-elle en continuant de marcher à ses côtés. J'ai juste été surprise de te voir passer aussi vite. »

-« Je ne voulais pas vous ignorer, je suis juste en retard, répondit Maxence en montrant son livre. Kilian m'a retenu et j'ai dû manger en quatrième vitesse. Je dois encore récupérer mon badge, enfin bref… »

-« Oui, plein de choses à faire. Je te laisse tranquille dans ce cas. À plus tard ! » conclut Bridgette avec un petit signe de main.

Maxence répondit par un autre signe de main, puis par un second à Jehan et Andréa qui lui faisait un salut depuis la table où ils étaient le jeune homme tourna les talons pour continuer sa marche tandis que Bridgette retournait vers ses amis.

-« Il va à l'atelier. » expliqua-t-elle en arrivant à leur hauteur avec un petit regard à Félix qui se contenta de hocher la tête.

-« Son atelier ? » répéta Jehan en fronçant les sourcils.

-« Ah, alors toi non plus tu n'étais pas au courant ! » s'exclama-t-elle avec un sourire.

Avec ferveur, Bridgette raconta à Jehan et Andréa les évènements survenus la veille à la bibliothèque, l'incident des livres, la rencontre de Félix et Maxence et ce que leur avait expliquer le jeune homme vis-à-vis de cet atelier qu'il tenait depuis l'été.

Tandis qu'elle racontait tout cela, Félix se tassait un peu plus de sa chaise afin de ne pas avoir l'air mal à l'aise. Ce qu'elle racontait était juste mais ce n'était pas la stricte vérité et cela le faisait tiquer, même si elle ne pouvait pas savoir qu'un kwami facétieux était à l'origine de la fissure dans le plafond du bâtiment.

-« Maxence est vraiment quelqu'un de très appliqué, murmura Andréa avec un petit sourire. Faire découvrir la grande littérature aux plus jeunes, c'est une très bonne activité. »

-« Et je suis sûr que c'est très intéressant, affirma Jehan en hochant la tête. Les exposés de Maxence sont toujours très complets et c'est un bon orateur. »

-« Espérons juste qu'il ne se perdre pas dans des méandres de détails… » rit Bridgette.

-« C'est vrai qu'il a tendance à faire ça, affirma Jehan en répondant d'un sourire. Mais s'il reste dans le sujet du bouquin, ça peut-être une très bonne chose. »

Tandis que le trio discutait, Félix baissa les yeux pour regarder sa montre à son poignet.

Presqu'une heure qu'ils étaient partis et l'heure qui défilait mettait de plus en plus mal à l'aise le jeune homme.

Le voyant faire, Bridgette regarda l'heure à son tour avant de se remettre à sourire.

-« Bon et si on retournait au lycée ? Ces exercices de physique ne vont pas se faire tout seul ! Et si on veut profiter du savoir de Félix, on a intérêt à ne pas trop tarder. » dit-elle en faisant un clin d'œil au concerné.

Félix, d'abord surpris par cette initiative, hocha la tête avant de se lever.

-« Bonne idée, j'aimerais bien ne pas y passer mon après-midi ! » soupira Jehan en imitant le geste du jeune homme, suivi d'Andréa.

-« Alors, allons-y, souffla Andréa en terminant sa boisson. Plus vite ça sera fait, plus vite on sera débarrassé. »

-« Sachez que j'ai horreur du travail bâclé, murmura Félix en croisant les bras. Rien n'est plus important que l'ordre et l'application dans les études. »

Jehan et Bridgette tournèrent les yeux vers lui, surpris, avant qu'Andréa ne hoche une nouvelle fois la tête en signe d'approbation. Avec un petit sourire insolent après cet instant de flottement, Jehan se mit théâtralement à genou devant Félix, les mains en prière.

-« Oh Félix Sensei, enseignez-nous tout ce que vous savez, je vous en conjure. Apprenez-nous à faire face à Newton et la physique d'un lancer de pomme, pitié ! »

Bridgette éclata de rire tandis qu'Andréa se passait une main sur le visage en soupirant. Félix croisa les bras en haussant les sourcils tandis que Jehan se relevait, les mains sur les hanches.

-« Ne te moque pas trop de moi, ou tu vas devoir faire seul tes exercices de physique. » protesta-t-il en toisant le grand métis.

-« Je blague, c'est sympa de bien vouloir nous aider, répondit le jeune homme en récupérant son sac. Allons-y. »


C'est essoufflé que Maxence passa enfin la grande double porte vitrée de la bibliothèque. Le jeune homme poursuivit sa route en passant dans le grand hall, ses pas résonnant sur le marbre du sol. Il attrapa la poignée de la porte d'une pièce réservée au personnel puis la referma derrière lui.

Dans la petite pièce éclairée par une ampoule blanche se trouvait une grande rangée de casiers portant les noms des employés. Le garçon s'avança vers le sien tout en posant son livre. Il fit tourner une petite clé argentée dans la serrure. Le casier ouvert, Maxence récupéra son badge qu'il avait laissé là la veille et y glissa son sac de cours après avoir récupéré son petit carnet et un stylo.

Récupérant son ouvrage, le jeune homme ressorti de la pièce avoir glissé son trousseau de clé dans sa poche. Il retraversa le hall dans l'autre sens mais alors qu'il se dirigeait vers la pièce assignée pour son atelier, Mme Hédelin, une des bibliothécaires que le jeune homme supportait mal, lui coupa le chemin.

Cette grande femme maigre aux petites lunettes déambulait dans la bibliothèque, un air toujours mauvais dessiné sur le visage. Sa peau très pâle lui donnait presque un air maladif. Surpris, le jeune homme trébucha mais se reprit avant de tomber.

-« Bonjour Maxime, tonna-t-elle les mains dans son dos. Vous êtes en retard. »

-« Je m'appelle Maxence, répondit-il, sourcils froncés. J'allais à l'atelier figurez-vous. Si vous voulez bien m'excuser. »

-« Ça ne sera pas la peine, reprit-elle retenant le jeune homme par l'épaule. Nous allons devoir nous passer de vous désormais. »

Maxence eut soudain l'impression de recevoir un énorme coup sur la tête tant les mots que la bibliothécaire venait de prononcer l'avaient surpris.

-« Excusez-moi ? » reprit-il, abasourdi.

-« Vous m'avez entendu, vous êtes renvoyé. » répéta Mme Hédelin sur un ton grave.

-« Mais pourquoi ? J'ai toujours respecté la politique de cet établissement et je n'ai jamais manqué une seule fois l'atelier ! »

-« Vous êtes trop jeune pour tenir une telle activité, et bien trop inexpérimenté ! tonna la méchante femme en croisant les bras. C'est moi qui vais rependre l'atelier, vous pouvez rentrer chez vous ! »

Maxence resta un instant interdit puis serra les poings. Il était hors de question qu'il se laisse faire aussi facilement.

-« C'est Mme Cristiani qui m'a engagé, je veux lui parler ! » cria presque Maxence.

Le jeune homme savait que la responsable de cet établissement serait sûrement plus encline à discuter avec lui, voire à dissiper ce malentendu, étant beaucoup plus compréhensive et surtout plus gentille que cette insupportable de Mme Hédelin.

-« Mme Cristiani n'est pas là pour le moment, et je n'ai pas besoin de son accord pour vous renvoyer, je suis responsable des lieux pendant son absence. »

-« Et donc vous profitez qu'elle ne vous surveille pas pour virer les employés qui vous déplaisent, c'est ça ? »

La bibliothécaire vira au rouge, son visage tordu par la colère.

-« Comment osez-vous ? gronda-t-elle en faisant un pas vers lui. Je savais que vous ne créeriez que des problèmes, vous êtes tous pareils ! Rentrez donc dans votre pays ! »

La mâchoire de Maxence se décrocha, ainsi que celles d'autres témoins de la scène. Le jeune homme eut l'impression de se recevoir un coup dans l'estomac. Une grande douleur venait de lui transpercer le cœur. Jamais encore, et c'était bien heureux, on ne lui avait fait de remarques sur sa couleur de peau. Jamais il n'avait été sujet de brimades à l'école et le garçon avait toujours porté sa mixité avec fierté. Et jamais le jeune homme aurait cru qu'on pourrait lui retirer un poste qu'il affectionnait particulièrement juste à cause de sa couleur de peau.

Mais la réalité le rattrapait durement. Le sang de Maxence ne fit qu'un tour tandis qu'il raffermissait sa poigne sur son livre, toujours dans sa main droite.

-« Alors c'est donc ça que vous me reprochez… ? murmura Maxence, les dents serrées. Vous me reprochez de « ne pas être comme vous », c'est cela ? Vous avez peur que je sois meilleur peut-être ? C'est parce que tout le monde vous déteste que vous êtes si aigrie ? »

Mme Hédelin écarquilla les yeux avant de lever la main vers Maxence. Elle l'attrapa par le col de son t-shirt, lui griffant la peau du cou au passage avec ses ongles longs. D'autres personnes s'approchèrent rapidement pour tenter de calmer le différend.

-« Les voyous comme toi n'ont rien à faire ici, murmura-t-elle. Je vais faire en sorte que tu ne puisses plus jamais remettre les pieds dans cet établissement. Disparais d'ici, ne reviens jamais ! La littérature n'est pas réservée aux personnes comme toi. C'est encore heureux que tu saches lire ! »

Sur ces mots, la bibliothécaire attrapa le badge qui pendait au cou de Maxence et tira un coup sec dessus. Le lacet qui le retenait céda sur le coup. Maxence, impuissant, la regarda s'éloigner avec son badge à la main.

D'autres personnes, outrées par le comportement de cette femme, la poursuivirent pour protester mais cela ne l'arrêta pas. Le jeune homme, passant une main dans sa nuque, ressenti soudain un puissant sentiment d'injustice nourrir la colère qui grandissait dans sa poitrine.


« Quelle colère je ressens à cet instant ! La frustration de l'injustice et de l'incompréhension.

Les jeunes adultes sont tellement émotifs, leur sens de la justice tellement aiguisé !

C'est la colère d'une personne profondément blessée que je ressens. Il serait dommage de ne pas en profiter, n'est-ce pas ? »

Satisfait, le Papillon ensorcela l'un de ses akumas avant de le laisser s'éloigner.

« Envole-toi maléfique akuma et aide ce jeune homme à se venger comme il se doit ! »


Maxence recula d'un pas, s'appuyant sur les tables hautes du hall, sonné par ce qu'il venait de se passer. Le garçon se sentait particulièrement mal, la colère lui tordant les boyaux dans tous les sens. Il détestait cette femme, du plus profond de son être.

Tentant de se calmer, le jeune garçon tremblait de tous ses membres, en proie à une violente vague d'animosité qui lui donnait envie de tout casser autour de lui. Il souffla pour essayer de se calmer mais quand une main vint se poser sur son épaule, Maxence explosa. Il serra son livre contre lui avant de se ruer vers la sortie de la bibliothèque, bousculant plusieurs personnes au passage.

Il dévala les escaliers du parvis puis s'arrêta pour regarder en arrière. Jamais il n'aurait pensé haïr ce lieu qu'il affectionnait tant auparavant. Il voulait tout faire disparaître, le jeune homme en voulait à la terre entière. Comment le monde pouvait être aussi mauvais ?

Maxence soupira en regardant la couverture de l'ouvrage qu'il tenait entre ses mains. Si seulement tout pouvait être comme dans les livres : orchestré, chaque personnage à sa place et remplissant un rôle bien défini.

Et pourtant une irrésistible envie de répandre le chaos partout, sur tous ces gens qui le méritaient.

Le jeune homme serra les dents quand tout à coup, un battement d'ailes se fit entendre. Maxence releva les yeux, juste à temps pour voir un papillon noir et violet entrer dans son livre. Aussitôt, une voix grave résonna dans la tête de l'adolescent.

« Odyssée, susurra le Papillon. Tu viens d'être victime de la plus grande des injustices. Personne ne saurait être pardonné dans cette situation, n'est-ce pas ?

Toi qui as travaillé dur, en véritable passionné, jeté de la sorte pour une raison aussi néfaste ?

Ils ne méritent pas ton pardon.

Et je vais t'aider à te venger. Je te donne le pouvoir te répandre le chaos sur la ville, en échange d'un petit service : rapporte-moi les miraculous de Ladybug et Chat Noir.

Sommes-nous d'accord ? »

-« Sans problème Papillon. Je vais leur montrer ce qu'un passionné de littérature peut faire ! »

En une fraction de seconde, Maxence fut recouvert d'une substance noirâtre, de la tête aux pieds. Les habits du jeune homme laissèrent place à une tunique antique et une cape rouge qui flottait sur ses épaules. Le jeune homme, avec un sourire mauvais, ouvrit son livre et s'arrêta sur une page bien précise.

-« Il est temps de prendre de la hauteur sur tous ces minables ! » ricana-t-il en posant sa main sur les lignes de l'ouvrage qui se mit à briller.


Installés dans la salle d'étude du lycée, les quatre adolescents avaient pris place autour d'une table ronde.

Penchés sur leurs livres et leurs exercices de physique, Félix reprenait les points du cours qui étaient obscurs pour ses trois amis qui l'écoutaient avec beaucoup d'attention.

-« Qui récite la première loi ? » demanda Félix en croisant les bras.

-« Moi ! s'exclama Bridgette. Hem… « Tout objet non soumis à des forces extérieures conserve son état de repos ou de mouvement rectiligne uniforme. »… ? »

-« Exactement, approuva le jeune homme. Qu'est-ce qu'un mouvement rectiligne uniforme ? »

-« C'est le mouvement d'un corps qui se déplace en ligne droite et à vitesse constante. » affirma Jehan avec un sourire.

-« Dans… ? » insista Félix avec un regard inquisiteur.

-« Dans un référentiel donné. » compléta Andréa avec un regard à Jehan.

-« C'est ça, affirma Félix avec un hochement de tête. Vous ne devez jamais oublier de préciser sur quel référentiel est basé votre raisonnement et vos calculs, sinon le tout pourrait se retrouver incorrect. »

-« C'est une suite de paramètres à régler finalement ! » déclara Bridgette en relevant ses yeux du livre dans lequel elle était plongée.

-« On peut dire cela comme ça, répondit Félix avec un léger haussement d'épaules. Le tout est de s'assurer de tout avoir mis à sa place avant de commencer les calculs. »

Les trois autres hochèrent la tête.

-« Bon maintenant que nous avons rappelé tout cela, vous pouvez peut-être essayer de faire ces exercices-là, suggéra Félix en pointant une page du livre. Ils ne sont pas trop complexes, ils vont sûrement pouvoir vous dire ce que vous n'arrivez pas à faire dans les autres travaux. »

-« Je vais chercher un autre livre. » déclara Bridgette en se levant.

La jeune fille se dirigea vers les rangées de livres dans le fond de la pièce.

Elle parcourra les rayonnages lentement, ses yeux se posant sur les tranches des ouvrages face à elle. Finalement, après quelques instants de recherche, elle mit la main sur celui qu'elle cherchait. Bridgette l'attrapa sur l'étagère mais au moment où elle posa ses doigts sur la couverture du livre, la jeune fille sentit une grande vibration secouer le sol.

Surprise, elle n'osa pas bouger pendant quelques secondes. La jeune fille regarda autour d'elle, tentant d'identifier d'où pouvait bien provenir cette vibration.

Mais elle n'eut pas le temps de se poser plus de questions qu'une seconde secousse, encore plus puissante, fit vibrer de nouveau la pièce. Bridgette, apeurée, s'écarta des rayonnages de livres pour rejoindre ses amis qui s'étaient levés, eux aussi interloqués.

-« Vous avez senti ? » demanda-t-elle en atteignant la table.

-« Qu'est-ce qui se passe encore… ? » murmura Jehan en fronçant les sourcils.

Soudain, une troisième vibration se fit sentir, décrochant du mur un des cadres exposés dans la salle et faisant tomber quelques livres de leur rayonnage.

Félix s'approcha des grandes vitres qui donnaient une vue sur la rue en contrebas. Le jeune homme sentait une grande pression dans sa poitrine. Les mains tremblantes, il s'arrêta juste devant la fenêtre, inquiet d'avoir deviné d'où pourrait provenir ces étranges vibrations.

-« Tu crois que c'est le même phénomène qu'hier ? demanda Bridgette en le rejoignant. C'est peut-être ça qui a fissuré le plafond de la bibliothèque. »

-« Non… murmura-t-il sans détourner son regard de la rue face à lui. C'est autre chose, c'est plus violent qu'hier. »

Bridgette n'eut rien le temps d'ajouter qu'une énième vibration se fit sentir, faisant presque perdre l'équilibre aux jeunes gens. Félix remarqua alors que chaque vibration s'accompagnait d'un bruit sourd qui résonnait jusqu'à eux. Des explosions peut-être se demanda le jeune homme. Un akumatisé se baladait en ville, il en était maintenant persuadé.

Il allait devoir s'éclipser, et vite.

Félix posa son regard sur Bridgette qui avait posé ses mains sur la vitre. Comment faire pour disparaître sans se faire remarquer ? Soudain, la jeune fille laissa échapper une exclamation de surprise, un air effaré peint sur le visage.

-« F-Félix, regarde ! » bredouilla-t-elle en pointant l'avenue du doigt.

Le jeune homme fronça les sourcils, sans prêter attention à Jehan et Andréa qui venaient d'accourir près d'eux. En bas, les passants s'étaient mis à courir, tous dans la même direction. Ils fuyaient quelque chose, une menace que les jeunes gens n'avaient pas encore identifiée.

Andréa recula d'un pas, posant une main sur sa bouche. Jehan se tourna vers ses deux autres amis, l'air grave.

-« Ça craint, on ne devrait pas rester ici, murmura-t-il en reculant à son tour. Il faut qu'on se mette à l'abris. »

Mais alors qu'il prononçait ses mots, une secousse ébranla le bâtiment, faisant chuter tout le monde dans la pièce.

La vitre se fissura, explosant même par endroit. Les autres occupants de la salle d'étude se mirent à courir en hurlant, sortant le plus vite possible de la pièce. Félix, qui avait caché ses yeux pour se protéger des éclats de verre, posa de nouveau son regard sur la rue en se relevant.

Mais cette fois, la vue avait complètement changé. Devant lui se tenait une jambe de plusieurs mètres de haut, appartenant à une créature humanoïde encore plus grande.

La mâchoire du jeune homme se décrocha alors que les trois autre jeunes gens laissaient échapper une exclamation de stupeur, mêlée d'une apparente panique.

Après quelques secondes où les quatre adolescents ne purent bouger, totalement figés par la surprise, la jambe se remit à bouger, se posant beaucoup plus loin dans la rue et émettant une nouvelle vibration, tout aussi violente. En bas, le bitume de la rue présentait maintenant un énorme cratère, celui-ci n'ayant pas supporté le poids du géant.

La gorge nouée, Félix se releva péniblement, jambes tremblantes. Si le costume de Chat Noir lui conférait une protection non négligeable en plein combat, assister à une attaque de cette envergure en étant sous son apparence civile relevait d'un autre genre de ressenti : celui de la vulnérabilité et de la fragilité de la condition humaine.

De nouveau debout, les quatre jeunes gens se dévisagèrent, perdus.

-« Q-Qu'est-ce qu'on fait ? » questionna Andréa en attrapant le bras de Bridgette.

-« Je pense qu'on ne devrait pas rester là, confia Jehan en reculant des fenêtres. Si jamais il revient et que le bâtiment s'écroule, nous n'aurons aucun moyen de nous en sortir. Allons dans un endroit dégagé. »

Les quatre adolescents hochèrent la tête et se mirent aussitôt à courir en direction de la sortie, Jehan en tête et Félix fermant la marche. Mais une fois dans les couloirs, le jeune homme ralentit rapidement le pas afin de laisser le trio s'éloigner. Il devait trouver un endroit pour se transformer, et vite.

Arrivé aux escaliers qui les conduiraient à la sortie, Félix s'arrêta, regardant ses trois amis les dévaler sans se retourner. Puis, sans demander son reste, il tourna les talons.

Il savait que ces trois-là n'étaient pas idiots et qu'ils n'auraient aucun mal à trouver un abri sans son aide. Mais il savait cependant que sa disparition lui vaudrait quelques explications après l'attaque mais il avait tout le temps de réfléchir à ça plus tard.

-« Ce n'est pas très gentil de fausser compagnie à ses amis. » railla Plagg en sortant de la veste du jeune homme.

-« Je n'ai pas vraiment le choix malheureusement. » répondit Félix en poursuivant sa course.

De manière instinctive, il retourna dans la salle d'étude qu'il venait de quitter. S'assurant que celle-ci était bien vide, il referma la porte derrière lui et s'avança vers les rayonnages de livres afin de s'assurer le plus de discrétion possible.

-« Je ne sais pas trop à quoi m'attendre, confia Félix en dévisageant son kwami. Je ne pensais pas que les akumatisés pouvaient avoir de tels pouvoirs. Ce géant va détruire totalement la ville si nous n'intervenons pas rapidement. »

-« Alors il est temps de passer à l'action. » déclara Plagg avec un sourire.

Le jeune homme se contenta de hocher la tête. Reculant jusqu'au mur derrière lui afin que les rayonnages de livres puissent lui offrir un camouflage suffisant, Félix ferma les yeux quelques instants afin de se concentrer avant de prononcer sa formule.

« Plagg, transforme-moi ! »

Vêtu de son costume, le jeune héros s'avança vers la vitre à moitié explosée et se propulsa au dehors grâce à son bâton. Ne sachant où aller, Chat Noir décida de suivre les larges traces de pas laissées par le géant sur l'asphalte de la rue.


Bridgette, étonnée de ne plus entendre les pas de Félix derrière elle, se retourna pour se rendre compte que son ami avait disparu. La stupeur envahie la poitrine de la jeune fille qui ne savait plus quoi faire : elle devait à la fois se transformer pour arrêter cet akumatisé qui sévissait, mais elle voulait également s'assurer de la sécurité de ses camarades.

Et le fait que Félix ait disparu sans raison apparente ne faisait que renforcer le stress qui battait dans le cœur de Bridgette.

-« Félix n'est plus là ! » cria-t-elle à l'attention de Jehan et Andréa qui s'arrêtèrent aussitôt.

-« Je croyais qu'il te suivait ! » clama le jeune homme, essoufflé.

-« C'est ce que je pensais aussi ! »

-« Il a peut-être pris un autre chemin, suggéra Andréa. Il n'est pas stupide, il ne se mettrait pas en danger sans aucune raison. »

Une nouvelle vibration fit trembler le sol et craquela le plafond du couloir dans lequel le trio s'était arrêté.

-« On ne peut pas rester ici, soupira Jehan en examinant la fissure d'un regard mauvais. Je suis sûr qu'il va bien, on- »

-« Je vais le chercher ! clama Bridgette en tournant les talons. Continuez sans moi ! »

-« Non Bridgette, attends ! » cria Andréa en tentant de la retenir, en vain.

Sans s'arrêter, la jeune fille courue sans prendre en considération les cris de ses amis.

Elle savait qu'elle devait faire vite. Les victimes de cet akumatisé allait sûrement être nombreuses et elle ne pouvait se permettre de laisser Chat Noir seul face à ce monstre. Se retournant pour s'assurer qu'elle avait bien semé ses deux amis, Bridgette prit un virage serré et s'enferma dans une salle de cours, vide.

-« Tu as pris la bonne décision Bridgette, murmura Tikki en sortant de la sacoche de sa porteuse. Tout ira bien pour eux, j'en suis sûre. »

-« J'en suis persuadée aussi, répondit la jeune fille avec un hochement de tête. La mission passe avant tout, je ne peux pas laisser les citoyens à la merci de ce géant, nous devons faire quelque chose ! »

Tikki acquiesça avec un sourire et un air déterminé peint sur le visage. Bridgette regarda autour d'elle, jeta un rapide coup d'œil dans le couloir par la vitre posée sur la porte et après s'être assurée de sa solitude complète, prononça sa formule.

« Tikki ! Transforme-moi ! »

Une fois transformée, Ladybug s'approcha de la fenêtre pour en ouvrir un pan avant de sortir dans la rue en lançant son yoyo sur le toit d'en face.

Sans perdre plus de temps, elle se mit à courir sur les tuiles des toits, suivant les traces de pas laissées par le géant ainsi que les cris des citoyens apeurés qui le fuyaient.


C'est l'heure du combat ! J'espère que ce chapitre vous a plu !

Gardez en mémoire le petit message du prologue de cette partie, aimez-vous les uns les autres.

Peace et restez connectés pour un prochain chapitre qui arrive bientôt.