Me revoilà, après deux semaines d'absence, avec un chapitre qui fut particulièrement long à écrire et avec lequel j'ai bizarrement eu du mal ! Mais en tout cas, j'espère qu'il va vous plaire !
Bonne lecture !
Chapitre 15.
Dans la forêt.
Faire comme si de rien était. Voilà le plan que Dashar avait choisit pour se faire la plus discrète possible parmi ses comparses. Elle ne partit pas dans l'heure qui suivit son entretien avec le frère et la sœur, le fait qu'elle se soit absenté aussi longtemps était déjà assez suspect comme ça. Comme chaque soirée lorsqu'ils ne devaient pas partir en mission pour le compte de Lirimë, la jeune femme se rendit à la cantine où des dizaines d'autres haradrims se tassaient. La montagne dans laquelle ils s'étaient installés pour le moment étaient très vastes, trop même, mais ils n'en occupaient qu'une seule partie, à cause de trop nombreux squelettes présents dans les salles ou bien à cause de l'odeur nauséabonde de renfermé. Dashar s'installa à une table, avec les autres. Ils n'étaient pas particulièrement proches, leur maîtresse préférant qu'ils soient en constante compétition entre eux. En mangeant silencieusement, la jeune femme aux cheveux noirs sera les poings, essayant de chasser de ses pensées les souvenirs de son enfance. À chaque fois qu'elle était seule, ce qui arrivait bien trop souvent, ces derniers revenaient en force. Ils étaient flous, mais Dashar se souvenait d'avoir eu une enfance dès plus heureuse, dans la sécheresse particulière du désert. Elle se souvenait avoir des frères et sœurs, mais leurs noms lui étaient désormais inconnus, après toutes ces années, tout comme l'apparence de ses parents. Ce forçant à garder un visage impassible, la noiraude termina de manger son repas avant de se retirer dans les dortoirs communs qu'elle partageait avec quelques autres jeunes femmes. Lorsqu'elle pénétra dans la pièce, ses camarades l'ignorèrent et elle en fit de même, peu désireuse d'entretenir une conversation avec ces dernières, ayant trop de ressentiment avec elles, se souvenait qu'une de ces quatre femmes avait un jour tenté de lui briser la clavicule lors d'un entraînement. Après avoir fait une rapide toilette, Dashar s'allongea dans sa couchette et ferma les yeux, espérant que le sommeil l'entraîne rapidement.
Au petit matin, alors que le soleil commençait à peine à se lever sur la Terre du Milieu, la montagne était déjà en effervescence. Dashar fut l'une des premières arrivées à l'armurerie provisoire qu'ils avaient emportée avec eux. Elle prit une simple épée avant de revêtir son armure. Il fallait qu'elle soit l'une des premières à atteindre la salle du trône que Lirimë avait revendiqué pour pouvoir intégrer l'escouade qui allait partir pour la forêt elfique. Heureusement pour elle, la jeune femme était assez mince pour pouvoir se glisser entre les orcs et les autres haradrims qui s'activaient dans les couloirs et elle arriva rapidement à destination. Trois autres de ses camarades étaient déjà présents, deux hommes et une autre jeune femme que Dashar se garda bien de saluer.
- Que fais-tu ici, Dashar ? Tu ne devrais pas être en train d'entraîner les nouveaux ?
- Je viens pour intégrer le groupe qui part pour la forêt, répondit la noiraude. Je n'en peux plus de rester enfermée dans cette montagne.
L'un des deux hommes allait lui rétorquer quelque chose, sans doute un commentaire méchant en vue de son expression, mais Dashar se détourna de lui, rapportant son attention sur Lirimë qui venait d'entrer pour s'asseoir sur le trône qu'elle avait pris pour sien. Leur maîtresse les inspecta, s'assurant qu'ils étaient bien armés et elle les laissa partir, sans leur souhaiter de réussir dans leur quête. Dashar s'en soulagea, puisque de toute façon, elle ne rentrerait pas. Ils marchèrent dans les couloirs de la montagne durant un long moment, avant de finalement atteindre la sortie. Sentir le soleil sur sa peau, bien que l'air soit froid, fit le plus grand bien à la haradrim qui après quelques secondes à respirer l'air frais, rejoignit les autres qui ne l'avaient pas attendu.
Lorsqu'ils atteignirent enfin l'orée de la forêt, ils se divisèrent en deux groupes. Sans grande surprise, Dashar se retrouva avec sa camarade de dortoir, à qui elle n'adresse pas la parole, se contentant de se tenir à sa gauche, le plus prêt possible des arbres. Elle avait un plan relativement simple, s'écarter peu à peu de l'autre femme pour finalement disparaître dans la forêt. Dans la foulée, elle abandonnerait son épée avant de s'enfuir, donnant l'impression qu'elle s'était faite attraper par l'elfe rodant dans les bois. Lirimë leur ayant interdit de pénétrer dans la forêt, ils n'allaient pas chercher à la retrouver. Une fois qu'elles se furent assez éloignées de l'autre groupe, Dashar commença à mettre en œuvre son plan. Son ralentissement était infime, et l'autre haradrim ne le remarqua pas, se contentant d'avancer en ligne droite tout en inspectant de tant à autre les profondeurs de la forêt. Lorsque environs cinq cent mètre commença à les séparer l'une de l'autre, la noiraude tira son épée et la déposa silencieusement au sol. Craignant d'avoir attiré l'attention de l'autre jeune femme, Dashar releva la tête, mais son homologue féminin avait continué à avancer, inconscience de ce que la noiraude était en train de faire. Calmant les battements un peu trop effrénés de son cœur qui s'apprêtait à sortir de sa cage thoracique, Dashar s'éloigna discrètement vers la forêt. Quand le couvert des arbres l'eût totalement recouverte et qu'elle fut caché dans l'ombre des arbres, la jeune femme se mit à courir. Elle savait que cela était dangereux, que l'elfe se cachant dans les bois aurait pu facilement la tuer d'une seule flèche, mais il fallait qu'elle s'éloigne du bord le plus rapidement possible pour que les orcs ou les autres haradrims ne puissent pas la voir.
Dashar couru un long moment dans la forêt et les arbres étaient assez espacés les uns des autres pour qu'elle n'ait pas à slalomer entre eux au risque de se perdre. Au bout d'un moment néanmoins, la jeune femme due finalement s'arrêter et s'appuyer sur le tronc d'un arbre le temps de reprendre sa respiration. Même si elle avait une très bonne condition physique, subissant un entraînement intensif depuis environs ses sept ans, courir aussi longtemps l'épuisait et son endurance n'était pas illimité. Prenant quelques minutes pour reprendre son souffle, Dashar ferma brièvement les yeux, le temps de se calmer totalement. Ce fut une belle erreur. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, la noiraude eut un léger mouvement de recul avant de presque loucher sur la pointe de flèche qui se trouvait à quelques centimètres de son visage. Les yeux écarquillés, Dashar releva les yeux vers l'elfe qui se tenait debout devant elle. Il était beau, indéniablement, comme tous ceux de sa race, mais il n'était pas aux goûts de la jeune femme. Ses cheveux blonds, qui étaient décoiffés, tombaient dans son dos et il était vêtu d'une tenue grise qui lui permettait de se fondre dans les branches des arbres, les feuilles de ces derniers étant de couleur argent ou dorée. Dashar plongea ses yeux noirs dans ceux, bleus marines, de l'elfe et elle pu y lire une haine qui la fit frissonner. D'une main légèrement tremblante, elle tira sur la chaîne en argent qui pendait désormais à son cou. L'immortel qui la tenait en joue resserra sa prise sur son arc, avant de baisser les yeux sur ce que la jeune femme venait de sortir de sous sa tunique. Il se figea en reconnaissant le fin bijou mêlant or et argent qu'il avait passé au doigt d'Elërinna une centaine d'années plutôt. Le désarroi s'installa dans son regard, avant d'être brusquement remplacé par la fureur. Dashar le vit jeter son arc pour empoigner son épée et par réflexe, elle ferma les yeux.
- Attendez ! s'exclama-t-elle. Je ne suis pas votre ennemie !
- Ah oui ? murmura furieusement le Galadhrim. Alors explique-moi ce qui va me retenir de te trancher la tête ?
- C'est votre femme qui m'a confié son alliance ! Elle avait prévu que vous me trouveriez en premier si je pénétrais dans la forêt et pour que vous ne me tuiez pas avant que je vous explique la raison de ma présence, elle m'a donné le bijou.
Tout en disant cela, la jeune femme passa la longue chaîne par-dessus sa tête et elle la tendit à l'elfe qui plissa les yeux, méfiant, avant de la prendre. Sans arrêter de la menacer de son épée, il prit l'anneau dans ses doigts et l'observa attentivement, cherchant à voir un détail qui pourrait lui prouver que la femme qui se tenait contre l'arbre était une ennemie. Mais il dû se résoudre à admettre que l'alliance était bel et bien celle de sa femme, identique à celle qu'il portait lui-même.
- Elle est toujours en vie, se sentit obligée de commenter Dashar. Et son frère aussi.
- Où sont-ils ? Que leur avez-vous fait ?
- Moi ? Rien, répondit la jeune femme. Mais je sais que Lenwë a été torturé et que votre femme a été considéré comme un animal pendant un certain - temps, elle a finalement été mise en cellule en face de son frère, c'est à ce moment-là qu'elle m'a donné son alliance.
Serrant l'alliance entre ses doigts, l'elfe passa la chaîne autour de son cou, dissimulant l'alliance sous ses vêtements, sûrement contre son cœur, devina Dashar. Il s'écoula encore quelques secondes, avant que le blond ne baisse finalement son épée, reconnaissant que n'étant pas armée et lui ayant rapporté cela, elle n'était peut-être pas une ennemie lui voulant du mal. Une fois qu'elle n'eut plus la pointe de la lame sous la gorge, la jeune femme s'autorisa à respirer.
- Vous allez tout m'expliquer, ici même, ordonna Haldir. Et en premier, pourquoi une ennemie viens en aide à ceux qu'elle retient prisonnière.
- Ce n'est pas moi ! s'exclama Dashar avec véhémence. Si cela n'était que de moi, votre femme et tous les autres seraient libres ! Les orcs n'existeraient plus et je serais dans le désert du Harad ! Avec ma famille ! Je n'ai jamais demandé à être sous les ordres de Lirimë ! Elle ne nous apprend même pas la géographie de la Terre du Milieu, sinon ça ferait bien longtemps que je lui aurait fait faux bond pour rentrer !
Elle-même fut surprise de la violence avec laquelle elle clama le fond de sa pensée, mais pour autant, Dashar ne se dégonfla pas, bien déterminée à faire comprendre à cet elfe, et même à tous les autres peuples libres de la Terre du Milieu qu'elle n'avait pas choisi ce qui lui était arrivé. Haldir la regarda avec une certaine surprise, ne montrant pas si le prénom de « Lirimë » l'avait troublé comme cela pouvait être le cas pour les Prodiges, avant de reprendre une expression dure et impassible. Voyant qu'il attendait toujours une réponse à sa question, la noiraude soupira et consentit à lui expliquer la raison de sa présence ici.
Cela dura un long moment, car Dashar, pour que l'elfe comprenne bien ses attentions, dû lui raconter tout depuis le début de l'arrivée des Jackser dans la montagne. La noiraude n'y avait pas assisté personnellement, mais peu de temps après, on lui avait montré l'une des séances de torture du Prodige d'Estë, pour, selon les dires des orcs « les endurcir ». C'est à ce moment-là que Dashar avait fait le choix de venir en aide à Lenwë et Elërinna, ne pouvant pas se résoudre à les laisser pourrir ici. Elle avait également choisi de prendre son destin en main, et de trouver un moyen de s'en aller.
- J'ai parlé deux fois à Lenwë et une seule fois à votre femme, mais ils ne perdent pas espoir de s'en sortir et ils m'ont fait confiance pour vous mettre au courant. D'ailleurs, votre femme, en lui donnant seulement une description basique de la personne aperçu dans la forêt, à tout de suite sût que c'était vous.
- Comment vont-ils ? Il y a-t-il un moyen d'entrer dans cette montagne ? la pressa Haldir, un peu plus agité.
- Ils survivent, répondit simplement Dashar avant de continuer. Vous ne pourrez pas entrer seul, l'entrée découverte par les gobelins est aussi bien gardé que la Porte Noire ! Mais je pense savoir...
- Il y a une autre entrée...
- Oui, mais je vous déconseille fortement de vous y rendre, ils vont tuerons sans se poser de question. Cependant, je connais beaucoup de choses au sujet de cette montagne, mais aussi au sujet des plans de votre ennemi...
Une lueur intéressée brilla dans les yeux du Galadhrim, et la noiraude se sentit un peu plus rassurée. Au moins, désormais, elle était sûre que l'elfe n'allait pas la tuer sans aucune once d'hésitation. Finalement, le blond rengaina son épée et il sembla soudainement beaucoup plus enclin à lui faire confiance.
- Je ne vais pas vous tuer, pas tout de suite, mais je vous garde à l'œil, déclara l'immortel avant de se tourner vers la gauche. Marchez devant moi, l'endroit n'est pas assez sûr. Les vôtres auront peut-être un semblant de courage pour venir vous chercher.
- Ça m'étonnerais... marmonna Dashar.
Cependant, elle fit ce que le blond lui demanda, passant devant lui.
Le roi Elessar Telcontar, appelé plus couramment Aragorn par ses amis, était en train de lire un rapport des récoltes qui avaient été récoltés durant les derniers mois, lorsqu'il entendit quelqu'un toquer à la porte. Légèrement surpris, il sursauta un peu avant de se reprendre et de donner l'accord à la personne derrière la porte d'entrée. Une fois à l'intérieur de la pièce, le garde s'inclina respectivement devant lui, tenant dans ses mains un parchemin roulé et scellé par un cachet de cire où il discerna le sceau d'Erebor.
- Je vous remercie, fit le dunedain en prenant la missive. Vous pouvez retourner à votre poste.
Le garde le salua de nouveau avant de repartir de là où il était venu. À peine la porte se fut-elle refermée sur l'homme qu'Aragorn se hâta de briser le sceau de cire et de dérouler le parchemin. Ce dernier n'était pas bien long, mais assez pour le faire pâlir. Dessus y figurer la réponse de Daïn, roi d'Erebor, qui lui confirmait sans l'ombre d'un doute que les anciens membres de la compagnie de Thorin Écu-de-chêne, Balïn, Ori et Nori avaient bel et bien trouvé une nouvelle entrée pour pouvoir pénétrer dans la montagne quand ils avaient voulu reprendre l'ancien royaume des mains des gobelins. À l'époque, l'entrée près du lac où se trouvait le kraken et celle du pont de Kazâd-Dum étant trop dangereuses pour être envisagées. Dans sa réponse, Daïn lui faisait également par du fait que des groupes d'orcs avaient été vu dans la région proche d'Erebor et d'Eryn Lasgalen, mais que les nains et les hommes s'y trouvant les avaient rapidement mit en déroute. Le roi sous la montagne lui avait aussi écrit qu'en raison de cela, un groupe de nains avaient pris la route pour Minas Tirith, dans le but de faire une rapide surveillance des routes commerciales entre les deux royaumes. En lisant ces lignes, Aragorn se massa le front, sentant une migraine pointer le bout de son nez. Lui qui avait cru que la menace des orcs était terminée depuis longtemps, voilà que le peu qu'il en restait commencer à semer le trouble dans le Rhovanion, en attaquant et en enlevant des personnes. Avec un soupir, le roi du Gondor déposa la missive sur son bureau et se réinstalla à son bureau, prenant déjà un parchemin et une plume pour rédiger une réponse à Daïn et lui faire part de leur propre découverte, notamment en celles faites en cherchant une piste dans le Val de l'Anduin. Cela fait, il roula le parchemin et le scella avec un cachet de cire avant de se rendre lui-même au perchoir. Les oiseaux étaient rarement utilisés pour délivrer des messages, mais dans leur situation, se servir des corbeaux d'Erebor étaient le moyen le plus rapide pour pouvoir faire parvenir une réponse à la montagne. En redescendant du perchoir, il put voir un point noir s'éloigner en direction du nord dans un croassement qui le fit frissonner. Bien que très bon messager, il ne pouvait pas s'empêcher de voir en ce corbeau un mauvais présage. Après tout, en plus de l'enlèvement d'Elërinna et de Lenwë, de la transformation en arbre d'Aldaron qu'ils n'avaient toujours pas réussi à ramener à la normale ainsi que du départ précipité d'Haldir, l'absence des rôdeurs et de Legolas l'inquiétait un peu plus. Il avait donné comme consigne à son vieil ami de ne pas prendre de risque inconsidéré, même s'il était urgent de retrouver les deux Jackser. Cependant, il avait peur que le blond ne tienne pas rigueur de sa demande.
Alors qu'il se tenait au milieu des marches, il pu voir les jardins de la citadelle, ainsi que le groupe de personnes qui se tenaient à l'intérieur. Il reconnut sans difficulté son fils, ainsi que les enfants des Jackser et Elior qui tenait dans ses mains une boîte ouverte dans laquelle il se trouvait encore quelque chose. Malgré l'agitation de la cité en contre-bas, Aragorn pu clairement entendre l'éclat de rire qui secoua le groupe d'un seul coup et cela eu le don de le faire sourire. Arwen et lui s'étaient inquiétés pour eux ces derniers jours, mais à les voir ainsi, le brun était rassuré. Le cœur un peu plus apaisé, bien que cela n'ai pas totalement calmé ses craintes, Aragorn se rendit dans les jardins, curieux de savoir ce que son fils et les autres étaient en train de trafiquer. Après tout, lorsque Eldarion, Elior et Nastriel étaient enfants, une fois que la blonde soit venue vivre en Ithilien, ils avaient régulièrement eu l'occasion de faire les quatre cent coups ensemble. Comme lui, plus jeune, avec Elladan et Elrohir. Quelques minutes plus tard, il put voir que le groupe était en train de déguster des pâtisseries tout en discutant avec animation.
- Eh bien, vous semblez bien agiter, fit le roi en arrivant à leur hauteur.
Nastriel, Elior, Jenna, Andoneus et Nyrn se levèrent pour la saluer tandis qu'Eldarion se contentait de lui sourire. Sans faire attention aux regards que lui jetaient les cinq autres jeunes gens, Aragorn s'installa sur le banc à côté d'Andoneus, posant un regard paternel sur les six amis. En dehors d'Elior, il les avait tous vu grandir et il ressentait une certaine fierté en voyant ce qu'ils étaient devenus, même s'ils étaient encore jeunes.
- Une tarte aux fraises, votre majesté ? proposa l'elfe sylvain.
- Volontiers, accepta Aragorn.
- Que venez-vous faire ici, père ? Je vous croyez dans votre bureau, fit Eldarion, réellement curieux.
- Je devais envoyer un message en toute une urgence à Erebor.
En entendant cela, Nastriel et tous les autres se concentrèrent sur Aragorn, ne le lâchant pas des yeux. Leur réaction, assez attendue par le dunedain, le fit sourire, mais avant de répondre, il profita un peu de la pâtisserie proposée par Elior.
- J'ai reçu une réponse de Daïn, et sa réponse est plutôt... Inquiétante, finit-il par commencer à expliquer.
- Inquiétante à quel point, votre Majesté ? demanda Nyrn.
- Eh bien, il existe bien une troisième entrée dans la Moria et, dans sa lettre, il indique que des orcs ont été vus et tués près d'Erebor et de Dale. Un groupe de nains sont d'ailleurs en route pour la cité.
- Il y a une autre entrée... répéta Andoneus avec à la fois peur et espoir.
- Oui, mais il ne précise pas dans sa lettre où cette dernière peut se trouver, rétorqua instantanément Aragorn. Nous allons donc attendre l'arrivée des nains avant de décider de quoique se soit.
Ils hochèrent tous la tête, en dehors de Nastriel, qui ne bougea pas. Aragorn et les autres se tournèrent vers la jeune elfe, inquiet de se manque de réaction, avant de voir que la blonde était plongée en pleine réflexion. Un duel intérieur se jouait à l'intérieur de la métamorphe. Elle avait dit à son père que si au bout de quinze jours, ce dernier n'était toujours pas de retour, elle partirait à sa recherche. Mais désormais, cette date limite était passé et maintenant, le roi leur annoncé que des nains, qui seraient d'une aide précieuse, aller arriver à Minas Tirith. La jeune immortelle n'allait donc pas pouvoir suivre les traces de son père alors qu'elle était maintenant inquiète pour lui, comme elle était inquiète pour sa mère. Quelqu'un lui secoua doucement l'épaule pour la ramener sur terre.
- Nastriel, est-ce que tout va bien ? lui demanda Elior, soucieux.
- Hum, oui, je réfléchissais...
- À propos d'Haldir, compris Aragorn en voyant le regard de la blonde. Ne t'en fais pas pour ton père, il est plein de ressource et si c'est pour retrouver ta mère, je doute que les orcs soient suffisants pour l'arrêter.
- Je sais, reconnu Nastriel avec un faible sourire pour les rassurer. Mais je m'inquiète pour lui, c'est comme ça. J'espère que Legolas et les rôdeurs l'ont retrouvé avant qu'il ne lui soit arrivée quelque chose.
Pour réconforter la jeune elfe aux yeux vairons, Elior passa un bras autour de ses épaules pour l'attirer contre lui dans une étreinte rassurante. À ce stade-là, personne n'en fut vraiment surpris et Nastriel se laissa aller contre son meilleur ami. Aragorn resta encore un peu avec eux, discutant de tout autre chose pour leur changer les idées, avant de retourner à ses obligations royales.
Haldir les fit marcher à travers la forêt durant un long moment. Ici, tout comme à l'intérieur de la montagne, tout se ressemblait et Dashar était complètement perdue. Les arbres étaient identiques, les buissons également et à chaque fois qu'elle trouvait un détail différent du reste, qui aurait pu lui venir en aide pour retrouver son chemin, elle le perdait presque immédiatement après. Au bout d'interminables heures, qui lui semblèrent être des jours, l'elfe aux cheveux blonds s'arrêta devant un arbre qui ressemblait à tous les autres. Cependant, en y regardant à deux fois, la jeune haradrim distingua une échelle faite de corde. Dans d'autres circonstances, elle serait sans doute passée à côté sans la voir, tant l'échelle se confondait avec le tronc de l'arbre. Une légère pression du pommeau d'une épée dans son dos fit comprendre à la jeune femme qu'elle devait y monter. Avec une légère réticence, car elle ne savait pas ce qu'elle allait trouver en haut, Dashar monta. Ses appréhensions s'envolèrent en voyant que rien de dangereux ne l'attendait sur la plate-forme à laquelle l'échelle était accrochée. En fait, il n'y avait presque rien, en dehors de sacs de selle ouvert et au contenu un peu éparpillé autour. Perplexe de ne pas voir l'elfe arriver derrière elle, la noiraude sursauta presque en entendant un long sifflement résonner dans la forêt. Désormais curieuse, elle se pencha en avant pour voir un cheval approcher l'elfe. L'équidé n'était pas dans un très bon état, ne parvenant même plus à poser l'un de ses membres arrières sur le sol alors que de multiples plaies étaient présentes sur son corps. Le blond lui parla en elfique, vérifiant ces blessures pour voir si elles étaient en bonne voie de guérison. Bien qu'étonnée de trouver un cheval blessé dans cet endroit, Dashar décida de reculer, préférant observer la plate-forme sur laquelle elle se trouvait. Cette dernière était construite autour du tronc de l'arbre, se fondant complètement dans le décor aussi bien que d'en bas, il était presque impossible de la voir. Par souci pour sa survie en cet endroit, Dashar s'éloigna le plus possible du bord. Haldir arriva quelques minutes plus tard, se hissant sans difficulté sur la plate-forme comme s'il avait fait ça toute sa vie... Ce qui, après réflexion, devait être le cas.
- C'est donc ici que vous vous cachez... commenta la jeune femme. Ça ne m'étonne pas que les autres n'aient pas réussi à vous trouver.
- Tu as prononcé le prénom de Lirimë tout à l'heure, qui est-elle ? demanda Haldir en ignorant sa remarque.
- Une elfe, répondit la noiraude. Je ne sais pas depuis combien de temps elle fait ça, mais lorsqu'elle m'a racheté au vendeur d'esclavage qui m'a enlevée, elle avait déjà l'air de faire ça depuis des années.
- Tu...
Haldir tourna un regard étonné vers elle, comme s'il n'avait pas pensé à envisager le fait que la jeune femme ai pu être de la marchandise avant d'être au service de Lirimë. Puis, il se détourna en secouant la tête, il ne pouvait pas baisser sa garde pour la simple raison qu'elle lui ai raconté quelque chose d'aussi triste. Le Galadhrim préféra se concentrer sur ses sacs de selle, d'où il sortit un bandage propre avant de s'asseoir en tailleur et de relever sa manche gauche. Dashar l'observa retirer un autre bandage, découvrant une plaie devant être ressente que l'elfe s'empressa de nettoyer.
- Les Prodiges connaissent Lirimë... Est-ce que vous aussi ?
- Si c'est bien l'elfe à laquelle je pense, ma femme et moi l'avons accueilli chez nous, fit simplement le blond qui lâcha un sifflement de douleur en posant un linge plein d'alcool sur sa blessure. Elle était seule et blessée, quand les gardes du Gondor l'on retrouvée. Elle nous a raconté avant survécu à une attaque d'orcs qui s'en étaient prit à sa famille alors qu'ils cherchaient à rejoindre les Havre Gris une trentaine d'années après la fin de la Guerre de l'Anneau. Ma famille et moi venions juste de déménager en Ithilien lorsque nous nous sommes proposé pour l'accueillir chez nous le temps qu'elle s'en remette.
Dashar ne le coupa pas, se contentant d'écouter ce qu'il était en train de lui dire. Elle ne se serait jamais attendue à ce que Lirimë soit aussi proche des Prodiges, elle qui le maudissait une bonne vingtaine de fois par jour. La jeune femme ne comprenait alors pas pourquoi la blonde en avait autant après ceux qui lui était venu en aide.
- Sais-tu pourquoi elle fait ça ?
- Non... dit la noiraude en secouant la tête. Elle se contente de nous élever dans un constant environnement plein de compétition et d'endoctrinement, expliqua-t-elle. Cependant, je n'ai jamais cru en ce qu'elle disait, comme quoi les peuples libres étaient des monstres à abattre.
- Et pourquoi ? Après tout, tu as grandi avec elle, lui fit remarquer le Galadhrim en rangeant sa petite trousse de soin.
- Parce que je me souviens de la joie que j'avais à vivre en toute liberté dans le désert avec ma famille... murmura Dashar avec un pincement au cœur. Laissez-moi vous aider, s'il vous plaît.
Haldir la fixa quelques secondes, avant de hocher la tête. Il devait reconnaître qu'avoir une alliée n'était pas une mauvaise idée, surtout si cette dernière pouvait lui être dès plus utile pour retrouver sa femme et son beau-frère.
Alors, qu'en avez-vous pensé ?
à la prochaine !
