Bonjour à tous,
Petit chapitre gentillet avant le repas de Noël et la confrontation avec Ron ^^. J'espère que l'histoire vous plait toujours autant !
Bonne lecture !
Chapitre 15 - Montre-moi !
Le 06 décembre 1998
De Ronald Weasley à Hermione Granger,
Chère Hermione,
J'ai réfléchi plusieurs jours sur ta signature… en quoi m'es-tu reconnaissante ? Qu'as-tu découvert pour m'écrire cela ? Honnêtement, tu aurais pu être un peu plus précise car là tu as attisé ma curiosité ! J'ai hâte d'être au 25 pour que tu me racontes tout ça !
Bon courage !
Ciao
Signé : Un mec perplexe
PS : On ne reçoit jamais assez de cadeaux ! Ne t'inquiète pas pour mon estomac, il se portera à merveille ! Je te remercie quand même de t'en soucier !
Le mois de décembre fila à toute vitesse. Hermione et Théodore avait terminé les trois interviews de leur projet de Métamorphoses et commençaient déjà à rédiger leur mémoire. Le professeur Crimson suivait consciencieusement l'avancée de leur mémoire et les conseillait dès qu'il le pouvait.
Les professeurs des cinquièmes et septièmes années avaient mis la pression sur leurs étudiants en leur donnant de plus en plus de devoirs et tous, sans exception, passaient tout leur temps libre dans la Bibliothèque. La salle était principalement remplie d'élèves travaillant pour leurs BUSE ou leurs ASPIC.
Le couple n'avait donc pas beaucoup de temps pour se voir dans l'intimité, même s'ils passaient le plus clair de leur temps ensemble pour étudier. Ils n'étaient jamais seuls toutefois. Daphné, Luna et Ginny les accompagnaient quasiment tout le temps. Et devant la Serdaigle et sa meilleure amie, Hermione ne pouvait pas se permettre d'être trop proche avec le Serpentard.
Alors, elle avait trouvé un moyen ingénieux de pouvoir communiquer avec lui en toute discrétion. Elle avait ensorcelé deux bouts de parchemin et elle en avait remis un à son petit-ami en lui expliquant qu'ils pourraient échanger des messages privés grâce à ces papiers. Théodore avait haussé les sourcils mais avait accepté.
D'ailleurs, en cette dernière semaine de décembre, à quelques jours des vacances, Hermione écrivit discrètement sur le parchemin. Daphné, qui était à sa gauche et qui avait depuis longtemps remarqué les échanges de mots doux que s'échangeaient les deux jeunes gens, eut un sourire amusé. Elle les trouvait mignon. Elle replongea la tête dans son devoir d'Arithmancie.
"J'ai faim !" écrivit Hermione.
La réponse vint tardivement. Théodore qui n'avait pas le bout de parchemin sous les yeux ne remarqua que quelques minutes plus tard le mot. En fait, il s'en était rendu compte devant le regard insistant de sa petite amie à l'autre bout de la table.
"Tu veux que j'appelle un elfe de maison ?" lui répondit-il.
Hermione sourit.
"On mange ensemble ce midi ?"
"Comment ?"
"Pas juste tous les deux, on peut manger avec les filles aussi… j'en ai marre de manger à vingt mètres loin de toi…"
Hermione sentit qu'il relisait plusieurs fois le mot avant de lui répondre car il resta pensif à regarder le parchemin.
"Tu ne veux pas ?" écrivit-elle à nouveau.
"Si, bien sûr… mais et les autres ?"
"Quoi, les autres ?"
"Bah tu sais bien…"
"On sera avec les filles !"
Et sur ces derniers mots, Hermione se racla la gorge pour s'éclaircir la voix.
"Cela vous dit qu'on mange ensemble ce midi ?" lança-t-elle à la ronde.
Les trois jeunes filles qui étaient assises à leurs côtés relevèrent immédiatement la tête de leur parchemin. Avaient-elles bien entendu ? La Gryffondor ne se démonta pas et leur fit un grand sourire.
"On peut bien se mettre sur un coin de table tous ensemble et manger les uns à côté des autres. J'en ai un peu marre de cette séparation entre maisons ! Les filles, vous faites partie de mes meilleurs amies et puis, toi, Théo, ben euh... je t'aime bien quand même… alors…"
Daphné ne put s'empêcher de glousser. Hermione lui lança un regard noir. Elle allait faire foirer sa proposition. La Serpentard se recomposa un visage et fit comme si elle avait avalé de travers et toussa fortement.
"D'accord !" dit subitement Ginny.
Hermione la regarda surprise. Elle ne pensait pas que la rousse serait la première à accepter. Ginny n'avait jamais vu d'un très bon oeil ses relations avec les Serpentard, bien que ces derniers temps, elle ne disait plus rien et osait même parler à Théodore et Daphné sans plus aucune animosité dans la voix.
Hermione la remercia du regard et regarda les deux Serpentard. Ces derniers échangèrent un regard significatif et Daphné prit la parole.
"Pour nous, c'est ok !"
"Et Luna ?"
Cette dernière était en train d'enrouler une de ses longues mèches de cheveux autour d'une de ses plumes roses.
"Pourquoi ne l'a-t-on fait plus tôt ? C'est ma seule question !"
Hermione sourit et lança un regard plein de sous-entendus à Théodore qui se renfrogna. Elle fit un sourire encore plus grand.
Dès que l'heure de midi sonna, ils se rendirent tous dans la Grande Salle. Et sans demander la permission à personne, ils décidèrent de s'installer au bout de la table des Serdaigle. Les élèves des quatre maisons les regardèrent tous avec étonnement. Il était rare que des maisons mangent ensemble, surtout deux Gryffondor et une Serdaigle avec deux Serpentard. Finalement, le repas se déroula sans aucun problème et ils se promirent de recommencer les jours suivants, ce qu'ils firent jusqu'à la fin de l'année, en changeant de table à chaque fois. Ils allèrent même s'installer sur la table des Poufsouffle. Justin et Hannah les rejoignirent cette fois, sans leur ami Wayne Hopkins, qui gardait une forte rancune contre les Serpentard.
La veille des vacances de Noël, Hermione retrouva Théodore dans une salle vide. Elle avait ensorcelé le lieu pour que personne ne vienne les déranger. Malheureusement, comme Ginny le lui avait dit, la Salle sur Demande était fréquemment occupée. Avec une séparation de deux semaines sans se voir, les élèves de Poudlard à la libido surdéveloppée en profitaient.
Hermione avait placé une couverture sur le sol, contre un mur, et avait fait apparaître quelques coussins pour qu'ils soient un peu plus à leur aise. Au moins, ils n'avaient pas froid et étaient confortablement installés.
Ce moment d'intimité était très rare et ils en profitèrent pour s'embrasser et se caresser, bien que pour l'instant, leurs gestes étaient encore très chastes. La Gryffondor n'avait pas envie d'aller trop vite. De plus, n'ayant jamais eu de relation sérieuse avec qui que ce soit, elle ne savait pas quand serait le bon moment pour passer à l'étape supérieure. Théodore ne semblait pas pressé non plus. Néanmoins, cela ne la dérangeait pas, elle aimait juste être avec lui et cela lui suffisait… pour l'instant…
"Tu ne vas pas t'ennuyer ici, pendant les vacances ?" lui demanda-t-elle après qu'ils se soient séparés de leur dernier baiser.
"Non, j'ai tellement de devoirs à faire !"
"Tu ne vas quand même pas travailler pendant tout Noël !"
Il haussa les épaules. Hermione le regarda.
"Tu crois que je pourrai venir te voir ?"
Théodore fut surpris de sa demande.
"Tu veux venir, ici, à Poudlard ?"
"On pourrait se retrouver à Pré-au-Lard ? J'imagine que tu n'es pas obligé de passer toutes tes vacances enfermé !"
"Hum… pourquoi pas ! Cela me ferait plaisir de te voir !"
Il lui sourit et dans un élan, l'embrassa fougueusement sans qu'elle ne s'y attende pas. Elle en eut le souffle coupé mais accepta son baiser passionné. Elle ne sut vraiment comment mais sa chemise était désormais ouverte et Théodore lui caressait la poitrine. Il voulut lui enlever son vêtement mais Hermione, prise de panique, le repoussa et remit sa chemise sur ses épaules et la referma.
Le Serpentard la regarda avec incompréhension, puis, il se renfrogna.
"Je suis désolé !" lui dit-il.
"Non, c'est moi," dit-elle d'une voix faible.
Elle peinait à se remettre de ses émotions. En réalité, elle aurait voulu aller plus loin avec Théodore mais dès qu'il avait tenté de lui retirer sa chemise, elle avait ressenti une petite douleur sur son avant-bras gauche, à l'endroit même où les mots "Sang-de-bourbe" avait été gravés à jamais. Sa cicatrice ne lui faisait pas mal d'une manière générale et elle en oubliait son existence la plupart du temps. Mais parfois, la marque la rappelait à elle en la picotant. Elle se tint l'avant-bras gauche de son autre main et massa légèrement l'ancienne blessure.
Théodore remarqua son mouvement et Hermione, percevant son regard, se lâcha le bras brusquement.
"Tu as mal ?" lui demanda-t-il, la voix inquiète.
"Non, pas du tout !" souffla-t-elle.
"Pourtant, tu te massais le bras ! Tu as mal, n'est-ce pas ?"
"Non, non !"
"Montre-moi !"
"NON !" s'écria-t-elle d'un air irrité.
Il la dévisagea. Hermione ne se mettait jamais en colère de cette manière. Cela signifiait que quelque chose n'allait pas. Il commençait à la connaître de mieux en mieux. Il se rapprocha d'elle et lui posa une main sur son épaule.
"Montre-moi, s'il te plait, Hermione !" lui demanda-t-il d'une voix douce.
Hermione frissonna. Elle n'avait jamais montré à personne sa marque, même pas à ses meilleurs amis. Elle en avait honte. De plus, malgré toutes ses connaissances en sortilèges, elle n'avait jamais réussi à s'en débarrasser. Elle lui lança un regard perdu. Devant son air, Théodore lui caressa la joue.
"Laisse-moi voir !"
Et doucement, il lui releva la manche de sa chemise. Les mots gravés "SANG-DE-BOURBE" apparurent très clairement sur son avant-bras. Théodore regarda longuement la marque. Hermione n'osait plus rien dire et retenait sa respiration. Qu'allait-il penser ?
Il releva finalement la tête et la regarda dans les yeux. Il était bouleversé et sans dire un mot, la prit dans ses bras. Hermione l'étreignit, appréciant la chaleur de son corps, la puissance de son embrassade, le réconfort de ses bras. Elle se sentait en sécurité. Elle ne put s'empêcher de pleurer. Elle retenait depuis trop longtemps ses larmes.
"Je suis vraiment désolée !" lui dit-il finalement, en s'écartant d'elle.
Cette fois, elle sentit que sa voix vibrait de colère.
"Qui ?" demanda-t-il.
"Bellatrix Lestrange," répondit-elle simplement.
Elle sentit une tension meurtrière émanée de lui.
"Heureusement pour elle qu'elle soit déjà morte, sinon…"
Hermione posa sa tête contre son épaule, il se calma alors et se cala sur un des coussins, contre le mur.
"C'est du passé, maintenant," dit-elle avec fatalité.
"C'est vraiment horrible ! Et ça, ce n'est certainement qu'une des nombreuses ignominies qu'elle a perpétrées !"
"Oui, elle a déjà fait bien pire ! Quelque part, j'ai eu de la chance car je ne suis pas restée longtemps entre ses mains. Autrement, elle aurait fait bien pire..."
Théodore se tourna subitement vers elle et la regarda avec sérieux.
"Sache que je ne cautionne pas ce genre de pratique !" s'écria-t-il. "Je… enfin… même si mon père est un Mangemort, jamais je n'aurai accepté ça ! Je ne suis pas comme lui, comme eux !"
"Tu n'as pas à te justifier, Théodore ! Je le sais très bien !"
Elle lui sourit.
"Non, tu n'es vraiment pas comme eux ! Et par Merlin, merci !" lui dit-elle avec soulagement.
Elle l'embrassa.
