Titre : Transcendantal

Rating : K (de plus en plus de chance pour qu'il change à l'avenir...)

Genre : aventure, mystère

Temporalité : l'histoire se situe juste après le film "Le dernier Jedi".

Note de l'auteur : Hello tout le monde ! Non, rassurez-vous, je n'ai pas oublié cette fic, ni abandonnée. Mais j'ai été très prise par mes examens pour en écrire la suite. Pour me rattraper, le chapitre d'aujourd'hui est très long !

Concernant son contenu, il est clé. Il est d'une certaine façon (avec celui du chapitre 16) l'aboutissement de tout un pan de mon histoire.

Et passé le chapitre 16 (que je vais essayer d'écrire le plus vite possible), un nouveau pan de l'histoire devrait s'ouvrir. Mais celui-ci mettra beaucoup plus de temps à être publié ( le temps que je le pense et le consolide).

Bon, ça peut paraitre confus tout ça, donc je ne vous embête pas plus. Bonne lecture ! :-D

Réponse aux reviews :

x-Beautiful Blass-x : Je suis ultra heureuse de voir que ça t'a plu ! C'était l'une des idées pivots de mon histoire et je suis ravie qu'elle ait portée ses fruits. Merci B-Blass ! Et dans le présent chapitre, encore beaucoup d'autres révélations ! J'espère de tout cœur qu'il te plaira (*croise les doigts en tremblant*)

emilinette : Coucou ! Trop contente et super excitée d'avoir une nouvelle lectrice ! J'espère que la suite restera à la hauteur de tes attentes ! :-D

...


...

« Le temps est écoulé Ren. »

La lame en argent s'éleva, plongea dans la nuque offerte mais s'arrêta à mi-parcours. Son détenteur, le général Armitage Hux, venait d'être traversé par une secousse. Il observa son environnement et s'aperçut que la pièce tremblait frénétiquement. Un battement de cil plus tard, l'homme était éjecté hors de la pièce par un jet d'eau tout droit sorti du mur.

Le Supreme Leader profita de la diversion pour jouer du talon et basculer dans le vide. Il s'empara de Rey au cours de la chute et inversa leurs positions.

Le sol les accueillit brutalement.

Il rouvrit les paupières, la tête bourdonnante, la vision brumeuse. Ses pupilles glissèrent lentement sur Rey reposant sur son torse.

Rangeant sa douleur dans un coin de sa tête, il se redressa, allongea la jeune femme sur le sol et lui confectionna un garrot d'infortune. Il leva ensuite les yeux vers l'allée en verre.

La bonne nouvelle c'était que Hux et ses hommes n'étaient plus là. La mauvaise, c'était que Rey et lui n'avaient aucun moyen de sortir de la fosse ténébreuse dans laquelle ils se trouvaient. Il glissa un regard pensif vers la jeune femme évanouie.

L'explosion de tout à l'heure n'avait rien de miraculeux. Quelqu'un l'avait provoquée et avait centré l'arrivée d'eau sur Hux. Et une seule personne aurait été en mesure de le faire.

Rey.

Elle avait utilisé ses dernières forces pour augmenter la pression de l'eau et l'expulser des murs. Elle avait crée cette diversion pour les sauver.

« Bip bip bip ? »

Ben redressa la tête et vit un droïde penché vers eux depuis la passerelle. L'instant d'après, un câble glissa, et le droïde était à leur niveau. Ben Solo plissa des yeux en le reconnaissant.

« Tu es ce droïde n'est-ce pas ? Celui qui connait la localisation de Luke Skywalker. »

Le robot acquiesça, plongeant l'homme dans une réflexion profonde.

Dire qu'il avait passé sept ans de sa vie à rechercher l'emplacement du premier site Jedi. Et dire qu'au moment où cela n'avait plus aucune importance, celui-ci se présentait à lui.

La vie était une drôle d'ironie.

« Bip bip biip. »

Ben émergea de ses pensées et observa le droïde pour essayer de comprendre ses propos.

« Tu veux que je te suive ? »

L'unité BB acquiesça et s'enfonça à dans la pénombre. Ben souleva Rey et marcha sur ses traces. La fosse dans laquelle ils se trouvaient étaient une vraie fourmilière. Mais guidés par le droïde, ils arrivèrent aux abords d'un cargo.

Et ce fut comme se recevoir un coup de massue dans le ventre.

Le Faucon Millénium. Le vaisseau de son père. Ce vaisseau qui avait été l'objet de tellement de chagrin et de désillusions...

C'était comme rentrer à la maison après un long voyage. Un très long voyage...

Ben rangea dans un coin de sa tête tous ses mauvais souvenirs et se concentra sur leur survie.

Il installa Rey sur le siège du copilote et démarra le vaisseau. Il activa le pilotage automatique mais n'avait aucune destination sûre en tête. Ce qui n'était pas le cas du droïde qui l'inséra pour lui dans la console.

« Ahch To ? » lut-il difficilement.

...

...

Détendue. C'était l'état dans lequel elle se trouvait. Détendue, parfaitement reposée et enveloppée dans une délicieuse chaleur.

Rey ouvrit les yeux et, lentement, se redressa. La première chose qu'elle vit fut l'homme dans un coin de la pièce qui refusait obstinément de regarder dans sa direction. Ce qui l'amena au deuxième point.

Elle était torse-nu. En grande partie du moins. Seules sa poitrine et son épaule droite étaient recouvertes d'un bandage clair.

Rouge de gêne, elle ramena la couverture vers elle.

« Où sommes-nous ? demanda-t-elle.

— Ahch To. »

L'information abasourdit la jeune femme mais il ne lui laissa pas le temps de la digérer.

« Je n'ai rien fait. Ce sont ces créatures qui t'ont soignée. »

À la grimace qui ponctua le mot créature, Rey comprit aussitôt la référence.

Les gardiennes de l'île.

Très strictes, plutôt râleuses et s'exprimant en une langue criarde et insupportable, le premier contact avec elles n'était jamais évident . Mais une fois cette étape passée, toute leur bienveillance.

En parlant du loup...

La porte s'ouvrit et deux d'entre elles apparurent. La première se dirigea vers l'homme et le chassa à coup de tapes sévères dans le dos tandis que la seconde vint vers elle pour inspecter son bandage.

Très vite, la confusion revint à la charge et Rey s'évanouit.

À son nouveau réveil, il faisait nuit noire. La chambre baignait dans le silence et la lumière lunaire. Elle balaya la pièce du regard et son attention se posa sur Kylo Ren, endormi.

Ben Solo, rectifia-t-elle mentalement, tout en s'installant en tailleurs près de lui.

On lui avait changé ses vêtements, nota-t-elle. Exit la tunique noire boutonnée jusqu'au cou, bonjour le kimono bleu nuit qui révélait jusqu'à son torse.

Elle se demanda l'espace d'un instant si lui aussi l'avait déjà observée de la sorte. Puis elle réalisa qu'elle connaissait la réponse à cette question.

Oui.

Il l'avait déjà fait. Lors de son interrogatoire. Il l'avait observée longuement et attendu patiemment qu'elle se réveille.

« Où suis-je ?

— Tu es mon invitée.

— Où sont les autres ?

— Les voleurs, les meurtriers et les traîtres en tout genre que tu te plais à appeler "amis" ? Tu seras soulagée d'apprendre que je n'en ai aucune idée.

— ...

— Tu as toujours envie de me tuer ?

— C'est ce qui arrive lorsqu'on est pourchassé par une créature masquée. »

La suite des évènements l'avaient alors surprise. Et ce n'était pas tant le fait qu'il retire aussi rapidement son masque ou le fait de tomber sur un être humain qui l'avaient interdite.

Non, c'était la pâleur de son visage.

Blafard, laiteux, presque apaisant...

Et aujourd'hui, baignant dans les rayons lunaires, l'homme semblait opalescent.

Presque irréel...

Alors comme pour vouloir s'assurer de sa tangibilité, elle tendit le revers de ses doigts vers son front et effleura une mèche de cheveux noire. Celle-ci finit entourée autour de son index et Rey se surprit à aimer la sensation, amusée.

Puis les doigts effleurèrent la peau.

L'effet fut fulgurant.

Il ne dura que quelques secondes, mais à la fin de celui-ci, Rey baigna dans le choc.

Elle ne put que regarder Ben Solo se redresser et l'interroger du regard. Un nœud dans la gorge, elle secoua la tête .

« Rey. »

Elle se figea.

« Qu'est-ce que tu as vu ? »

Elle cligna lentement des yeux, puis répondit.

« Tout. »

...


...

Du haut de ses cent trente centimètres, Ben Solo, sept ans, contemplait la buée qui se formait sur la vitre. Il espérait que cette distraction suffirait à dissiper sa tristesse.

Mais l'effet escompté ne fut pas au rendez-vous. Alors il quitta le canapé et le salon, se dirigea vers la chambre de ses parents et, timidement, entra.

La pièce était ronde et chaleureuse. À son centre, Leia Solo, en robe de chambre, était installée à sa coiffeuse. Dos à lui, elle peignait ses longs cheveux châtains et souriait pensivement. Ses gestes étaient lents et appliqués, et chaque passage ne laissait plus que des ondes soyeuses. Une odeur de karité flottait dans la pièce, signe qu'elle s'était déjà enduie le visage et les bras de crèmes parfumées...

À la fin de son rituel, elle quitta sa coiffeuse et se mit au chaud dans son lit.

Ce fut à ce moment qu'elle le remarqua.

Le temps se suspendit.

Elle le dévisagea longuement d'un air soupçonneux, puis brusquement, lui sourit de toutes ses dents. C'était le signe !

Ben quitta son poste d'observation, grimpa sur le lit et se lova dans les bras tendus vers lui. La douce poitrine et l'odeur chaude et sucrée l'accueillirent. Bercé ainsi, il se détendit et se laissa aller aux confessions.

« Je crois que papa ne m'aime pas. »

Elle se figea, puis le dévisagea d'un drôle d'air.

« Pourquoi tu penses ça ?

— Parce que je l'ai déçu aujourd'hui, répondit le petit garçon. Encore une fois... »

Il n'avait pas réussi à retenir la différence entre la batterie et le moteur ! Il n'était pas parvenu à se concentrer sur l'enseignement de son père alors que- Il fut interrompu dans ses pensées par sa mère, qui posa longuement son front contre le sien et, yeux dans les yeux, souffla :

« Ne dis pas ça Ben, ton père t'aime. Plus que tout au monde !

— Mais-

« Mais » ? Comment ça « mais » ? Oserais-tu prétendre que la princesse Leia ment ? »

Elle se redressa franchement, les poing sur les hanches, et fit mine de s'outrager. Et avant qu'il ne puisse répliquer, elle laissa échapper un sourire malicieux et ajouta: « Un tel affront mérite un châtiment adéquat, tu ne crois pas ? »

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Elle le saisit par le ventre et le couvrit de chatouilles. Il rit et rit, jusqu'à ne plus en respirer. Et elle aussi.

Et la quiétude revint comme à son habitude dans le rire éclatant de la princesse Leia.

Le rire qui soignait son cœur et effaçait ses doutes. Le rire qui comblait ses peurs et le rassurait.

Le plus beau rire de la Galaxie.

...


...

« J'ai vu Leia, celle que tu aimais plus que tout au monde. La belle et courageuse princesse dont tu t'imaginais devenir le chevalier servant. »

...


...

« Allez Ben tu peux le faire ! »

Il jeta un rapide coup d'œil à ses parents avant d'en revenir à l'épreuve qui lui était soumise. Tous les autres enfants l'avait passée et réussie, sans encombres, ni incidents : grimper une échelle, traverser une large poutre et caresser le crâne d'un convor.

L'épreuve n'avait rien de dangereux : l'échelle était à crinolines, empêchant toute chute vers l'arrière ; la poutre était très large ; des coussins avaient été posé en prévision des chutes quasi inexistantes et le convor, oiseau de nature inoffensif, était endormi.

Mais Ben Solo, neuf ans, n'arrivait pas à saisir l'échelle.

Il jeta un nouveau regard à ses parents. Sa mère le regardait avec espoir et continuait à l'encourager avec dévotion. Son père lui avait un visage plus fermé, moins confiant, mais lui lança cependant un regard pénétrant. Au fond, lui aussi voulait le voir réussir.

Alors Ben se décida et attrapa l'échelle d'une main. Il s'arrêta de respirer aussitôt.

Une terreur sourde le pénétra jusqu'au os et le paralysa. Il ne sût combien de temps il demeura ainsi, la seule main droite sur l'échelle. En revanche, il se vit très nettement la retirer et s'éloigner.

Il put voir la déception sur le visage de ses parents avant de se dérober à leur vue.

Encore une fois la peur avait triomphé de lui...

Le soir, de retour chez eux, son père s'était isolé dans son atelier. Il le rejoignit quelques heures plus tard.

« Je suis désolé. »

Dos à lui, son père poursuivit imperturbablement son ouvrage, à savoir bricoler des renforcements pour le Faucon Millénium.

« Je suis... »

Le marteau continuait à battre ; il ignorait sa présence. Ben se mordit la lèvre inférieure : il n'était pas le bienvenu. Alors il tourna les talons.

« Pourquoi tu n'as pas essayé ? »

Ben se figea. Son père avait posé son marteau mais continuait de fixer son travail.

«Tu aurais pu faire un essai et échouer, ça n'aurait pas grave, j'aurais été fier ! Mais toi tu...tu n'as même pas essayé...

— Je suis-

— Je me fiche de tes excuses ! gronda Han Solo en tapant du poings sur la table. Je veux savoir pourquoi ! Pourquoi tu n'as pas essayé ? Pourquoi tu as fui face à l'adversité ? Est-ce que c'est moi ? Est-ce que je t'ai élev... »

Il laissa la fin de sa phrase en suspens mais l'enfant en devinait aisément la fin.

« Pourquoi Ben ? Pourquoi est-ce que tu es comme ça ? »

Simple murmure. Au delà de la colère et du reproche.

Une supplique.

Han était désormais tourné vers lui, une lueur d'épuisement et de désespoir dans le regard.

Ben baissa les yeux et, cette fois, avec un trémolo dans la voix, souffla :

« Je suis désolé. »

Long silence. Aucun d'eux ne bougea. Le malaise s'installa. Ben Solo s'enfuit de la pièce.

Han fit un geste pour l'arrêter, mais ne chercha pas à le rattraper.

Le fils y verra du désintérêt. Le père, la volonté de ne plus intoxiquer la vie de son fils par des attentes égoïstes.

...


...

« J'ai vu Han Solo, celui dont tu croyais gâcher la vie et les rêves et qui, ironiquement, de son côté, ressentait la même chose vis-à-vis de toi. »

...


...

« Les pauvres, franchement je les plains : hériter d'un gosse pareil... Pas une once de courage !

— Faut croire que la bravoure n'est pas de famille...

— Et s'il avait été adopté ? Me regardez pas comme ça ! Je suis sûre que vous y avez déjà pensé vous aussi !

— Ben c'est vrai que ça expliquerait pas mal de choses...

— Comme quoi ?

— Sa lâcheté pour commencer. Et sa laideur. Quoi ? Ne me regardez pas comme ça ! Osez me dire que vous n'avez pas été déçus ! Osez me dire que vous ne vous êtes pas dit : « C'est ça le fils de Han et Leia ? C'est lui le nouveau visage des Skywalker ? »

— Eh bien... c'est que... Ok je ne vais pas me mentir : j'ai été déçue ! Je m'attendais à mieux.

— Han et Leia ont tous les deux des traits magnifiques ! Et je ne te parle même pas de leurs prestances ! Ils entrent dans une pièce et même la lumière s'éclipse... Comment ils ont fait pour avoir un enfant aussi laid ? Vous avez vu ses oreilles ? Et cette bouche énorme ? Et sa face écrabouillé à chaque qu'il s'apprête à pleurer ! Il a un visage tellement ingrat...

— C'est qu'un gosse !

— Peut-être, mais en attendant, il a visage tellement disgracieux que c'en est criminel.

— Ouais mais...

— C'est sûr : il a été adopté ! Il n'y a pas d'autres explications : ce garçon ne peut pas être un Skywalker ! »

Et tout ce beau monde se dispersa, sans savoir que plus loin, un petit garçon avait tout entendu de leur chuchotements, la main sur le cœur.

...


...

« J'ai vu ces jacasseurs, ceux dont les messes basses t'ont conduit à te sentir indigne de ton nom et de ta lignée. »

...


...

La porte grinça et s'ouvrit, doucement. Un trait de lumière éclaira un instant le dos de l'enfant, avant de disparaître. Le nouvel arrivant se posta devant le lit et bougea pas.

Et Ben Solo, les yeux grands ouverts, attendit.

Mais Han Solo, la main suspendue à quelques millimètre de la joue de son fils, n'alla pas au bout de son geste.

Il quitta les lieux, peu après.

Ben mit un certain temps avant de se retourner et de fixer la porte close.

Le lendemain, il apprenait le départ de son père. Et le souvenir défila en boucle dans sa tête, ne lui laissant que cette triste conclusion.

"Suis-je à ce point monstrueux ? Au point de ne même plus vouloir me toucher le visage ? Juste une dernière fois...?"

Puis le doute.

Ce dernier était né alors qu'il fouillait dans les affaires de son père.

Et depuis, il le rongeait. Comme une maladie de peau, comme une nécrose de l'âme

Alors un soir, Ben se présenta à sa mère, comme à chaque fois qu'il avait besoin d'être rassuré. Mais cette fois-ci, il n'attendit pas la fin de son rituel beauté.

« Han Solo... Papa... Est-ce qu'il est parti à cause de moi ? »

Il la vit à travers le miroir écarquiller les yeux et se tourner brusquement vers lui. N'y tenant plus, il explosa en sanglot et elle se précipita vers lui. Elle le prit dans ses bras, le serra fort contre elle en tombant à genoux.

« Non. Ton père n'est pas parti à cause de toi. Ton père t'aime. Plus que tout au monde... »

Deux photos. L'une où Han Solo flambait le bonheur, l'autre la lassitude. Et la seule variable dans ces deux photos, c'était...

Ben retira son front brûlant et ses yeux rougis de la douce poitrine et observa sa mère.

Et dans le regard de la princesse Leia, le doute se confirma.

Son père était parti à cause de lui.

...


...

« J'ai vu Le Départ, cet événement à l'origine de ta plus grande méprise. Mais également de ta plus grande souffrance... »

...


...

Ben Solo, neuf ans, se dirigea à pas feutrés vers Leia. Cette dernière reposait dans sa chambre, profondément endormie. Il ne voulait pas la réveiller.

Juste se rassurer.

Il la contempla un instant, la remerciant mentalement d'être encore là, puis lui attrapa la main.

Il gela sur place et, mollement, laissa retomber la main d'adulte.

Avant, le rire de Leia parvenait toujours à ses guérir ses blessures. Elle avait simplement à être pétillante et pleine de vie et il se sentait plus léger et à nouveau heureux.

Le rire baume au cœur.

Le rire éclatant de la princesse Leia.

Mais depuis le départ de Han Solo, le rire éclatant ne prenait plus.

La tristesse, le chagrin, demeurait.

Pire, il les augmentait

Et il venait enfin de comprendre pourquoi.

Leia Solo, la femme la plus forte, la plus belle et la plus pétillante de toute la Galaxie, était malheureuse.

Profondément malheureuse.

Ben sortit de la pièce et s'effondra dans le couloir.

Leia Solo, la princesse Leia au sourire éclatant, mourait à petit feu. De la même maladie qui frappait la perruche à laquelle on prenait sa moitié.

De la colère surgit dans le corps de l'enfant. Une colère dirigée contre Han Solo.

Tout ça c'était à cause lui, de cet époux indigne qui était parti sans se retourner !

La lèvre inférieure de l'enfant trembla nerveusement puis la réalisation parvint.

Non... Han Solo, ce n'était pas lui... le fautif. Le véritable fautif, c'était le motif du départ de Han Solo.

Le véritable fautif, c'était lui.

Ben Solo.

Sur cette pensée et à l'image d'un pantin désarticulé, il se redressa et se laissa choir sur son lit.

S'il avait pleuré toutes les larmes de son corps au départ de Han Solo, là, il ne le put. Parce qu'il n'était même plus légitime à pleurer et à s'apitoyer sur son sort.

Parce que la personne qu'il aimait et estimait le plus au monde, souffrait infiniment plus que lui.

Et tout ça, par sa faute.

Parce qu'il faisait parti de sa vie.

Parce qu'il existait.

"Pourquoi ne suis-je pas aussi fort et courageux que tous les autres Skywalker ? Pourquoi suis-je à ce point terrifié par la vie ? Pourquoi suis-je lâche et faible ? Pourquoi doivent-ils souffrir ce que je suis ? "

...


...

« Tout ce que tu voulais, c'était te rassurer, savoir qu'elle au moins ne partira pas... Mais quand tu as vu à quel point elle en souffrait, tu...tu t'es mis à prier qu'elle t'abandonne sur une planète perdue, parce que toi tu... »

...


...

Vivre était devenu intenable.

Depuis le départ de Han Solo, Leia avait décidé de toujours le garder près d'elle. Elle l'emmenait à tous ses déplacements diplomatiques, tout en s'efforçant de masquer sa peine.

Mais plus elle se forçait à sourire et plus il ressentait toute sa détresse.

Plus elle se donnait du mal pour paraitre heureuse, plus il en saignait.

Plus elle prétendait que tout allait bien, plus il se maudissait d'être né.

"J'aimerais disparaitre de ce monde pour te rendre ton bonheur. Mais..."

Il reposa le flacon de pastille rouge.

"...je suis bien trop peureux, même pour en finir."

...


...

« Alors tu as vécu dans le désespoir. Fautif, coupable d'être à l'origine de son chagrin. Tu l'aimais tellement... Et elle, elle ne se doutait de rien... »

...


...

Un petit jardin à la géométrie parfaite.

Le jardin du Sénat.

Assis sur des marches, en position fœtale, Ben Solo fermait les yeux pour ne pas voir le papillon qui voletait autour de lui.

« Alors c'est toi l'enfant de Leia Solo, l'héritier des Skywalker ? »

Ben décolla son front de ses rotules et dévisagea la personne qui venait de lui parler. Il semblait humain, comme lui, bien que sa peau semblait comme brûlée. Le papillon revint dans son champ de vision et il baissa la tête.

« Tu es effrayé, mon garçon ? Par ce lépidoptère ? »

Ben ne répondit pas. La question était suffisamment humiliante comme ça, pour qu'il n'y ajoute une réponse qui l'était encore plus. Mais le papillon revint à la charge et Ben ne put dissimuler plus longtemps sa terreur.

« Oui j'ai peur ! De ce papillon et de tout si vous voulez le savoir ! Alors chassez-le, je vous en prie ! »

Long silence. Ben Solo risqua un coup d'œil à travers ses doigts, surpris.

« Vous... Vous ne vous moquez pas de moi ?

— Me moquer ? s'amusa l'inconnu. Alors que tu viens à l'instant de me prouver ta sagesse ?

— Ma... sagesse ? »

De la surprise, l'enfant passa à la curiosité.

« Tu as raison mon enfant : ce papillon est effrayant. Il suffit de regarder la puissance avec laquelle il tranche l'air, la manière dont ses ailes distordent l'espace. Il crée de l'instabilité, un point de rupture dans l'équilibre. Et toute perturbation dans l'équilibre est dangereuse. Battements inoffensifs ici, tornades destructrices ailleurs... Alors oui, tu as toutes les raisons d'être terrifié par tout. Le monde, l'univers, le vivant, tout n'est régit que par un concept : la passion. Une passion effrayante, violente, dangereuse... Le monde est effrayant. Et toi, mon garçon...»

Ben Solo buvait les paroles de l'inconnu, fasciné.

« Tu le ressens. Tu ressens la tension qui existe entre les éléments, tu ressens la violence latente de ce monde, le danger permanent tout autour de toi, la prédation qui existe en chacun de nous... »

Ben leva inconsciemment la tête. Il croisa le regard de son interlocuteur : pénétrant, entendu.

« La paix est une illusion, le monde est passion. Et toi mon garçon, tu ressens cette vérité à travers tous les pores de ta peau. Et ça t'effraye. Mais ce danger, cette violence, cette Force : tu peux la contrôler.

— La contrôler ? hoqueta Ben.

— La contrôler, confirma l'inconnu. Et si tu y parviens, jamais plus tu n'auras à avoir peur... Jamais. »

Long silence. Ben Solo réfléchit longuement, puis plongea son regard dans celui de l'inconnu.

« Comment ? »

Il sourit.

« La peur est sagesse. Mais la sagesse n'est que la première étape au contrôle. Pour y accéder, il te faut arrêter de ressentir et apprendre à voir.

— Je ne comprends pas, souffla piteusement Ben.

— Laisse-moi te montrer. »

En fraction de seconde, et sans jamais quitter des yeux Ben Solo, une nuée de papillons se logea dans la main de l'inconnu. Ils s'agitèrent mais sans jamais sortir d'un certain espace, comme prisonniers de murs invisibles, avant d'être consumés par des flammes sorties de nulle part.

« À ton tour maintenant, lui lança l'inconnu d'un air entendu. Vois la tension et saisit là !

Amorphe, le jeune garçon ne répondit rien et s'exécuta. Après quelques minutes, une fleur beige et sa tige se logèrent entre son pouce et son index.

« Pas mal. Mais pourquoi une fleur ? »

"Parce que j'aime les fleurs", pensa Ben avant de quitter des yeux son trophée et de porter toute son attention sur l'inconnu.

Il ignorait pourquoi mais il se sentait en confiance avec lui.

Pour la première fois de sa vie, il n'était pas effrayé.

Ce ne fut pas le cas de Leia qui se précipita vers eux, alarmée.

L'inconnu s'en alla de lui-même.

...


...

« J'ai vu beaucoup de choses. Mais j'ai surtout vu l'origine de tout, de ton malheur, de ta peur. Quelque chose que seule deux personnes ont compris : Snoke et Luke Skywalker. »

...


...

« Bonjour Ben, je suis Luke Skywalker, ton oncle. »

Existait-il seulement un mot pour décrire toute l'admiration que Ben Solo portait à cet homme ? Du respect, de l'amour et une confiance absolue.

Avec lui, Ben avait enfin l'impression de s'être ancré quelque part. Et surtout, il avait fait renaître l'espoir.

« Tu as des affinités avec la Force. Si tu veux, je peux t'apprendre à comprendre ce lien et à l'apprivoiser. Qu'en dis-tu ? »

Jeune padawan, tout de blanc vêtu, porté par un seul rêve.

Gagner en courage et en vaillance.

Pour enfin faire la fierté de ses parents et reconstruire sa famille.

...


...

« Luke Skywalker, l'homme en qui tu avais une foi absolue. Celui qui te guidait et éclairait ton chemin. En suivant son enseignement, tu espérais enfin obtenir cette vaillance et ce courage qui te manquaient, mais... »

...


...

Ben Solo, dix-neuf ans révolus, était très fort.

Son adversaire, de petite taille, encapuchonné, agile et adepte du double sabre-laser, put s'en convaincre. Maitrisé par le jeune padawan, le guerrier retira sa capuche et se présenta.

« Je suis Tamal Vaa'Nan Le Glot et je suis ici à la demande du Seigneur Snoke.

— Snoke ? Le nouveau Leader de l'opposition ? Les rumeurs disent de lui qu'il est affilié au Côté Obscur.

— Il souhaiterait s'entretenir avec vous.

Qu'est-ce qui vous fait penser que j'accepterais une telle rencontre ?

— Il vous connaît. Et vous le connaissez aussi. Vous vous êtes déjà rencontrés. »

Et sans tenir compte de la stupeur du jeune homme, le Glot lui tandis une boule de communication qui projeta une image holographique. Ben écarquilla les yeux en le reconnaissant.

« C'est vous, souffla-t-il. L'homme de cette fois-là.

Oui mon enfant, je suis Snoke.

— Alors vous êtes un Seigneur Sith ?

Pas exactement. Un seigneur, oui. Adepte du Côté Obscur également. Mais pas un Sith. »

Ben plissa les yeux.

« Que voulez-vous ?

Te connaître. Les rumeurs disent de toi que tu es extrêmement fort. Bien plus fort que Luke Skywalker lui-même. Et pourtant...

— Quoi ?

Tu es toujours aussi terrifié. »

Ben se liquéfia sur place.

« Tellement fort, tellement puissant, poursuivit Snoke. Mais tellement terrifié... »

Comment le savait-il ?

« C'est parce que tu t'interdis certaines choses, répondit Snoke comme en lisant dans ses pensées. Des choses qui pourraient t'éclairer, te guider...

— Je ne recourrais pas au Côté Obscur ! rétorqua fermement Ben en anticipant ses propos.

Même s'il te permettait d'obtenir ce que ton cœur désire ardemment ? »

Le disciple Jedi tressaillit, Snoke poursuivit.

« Tu es fort car tu as appris à voir et manipuler la tension entre les éléments. L'enseignement Jedi t'a apporté ça. Mais tu es toujours aussi terrifié car il y a tout un pan qui t'échappe encore : l'esprit. La prédation qui sommeille en chacun de nous, tu continues à la ressentir mais tu t'interdis de la voir et de la contrôler. Parce que la voie du Jedi te l'interdit. Parce que l'enseignement Jedi est tronqué.

— Le Côté Obscur est le versant pervers de la Force. Il conduit ses utilisateurs à la folie et à la déraison. Je n'y recourrais jamais ! »

Snoke éclata de rire.

« C'est ce que ton oncle t'a appris ? Et tu continues à le croire ? Tu as vu la Force, la tension entre les éléments et la violence de ce monde et tu crois toujours à cette illusion qu'est la paix ? Il n'y a qu'une seule vérité : le monde est passion. Les adeptes du Côté Obscur sont les seuls à accepter cette réalité, là où le Jedi se voile du doux mensonge de la paix.

— Je ne vous crois pas...

Et tu n'as pas besoin : vois-le ! Avec tes propres yeux et ta propre force. Vois-le et forge-toi ta propre opinion. »

Long silence.

« Le monde est passion. Le monde est tension. Le monde est pouvoir. Cherche-le, trouve-le. Et enfin, la peur disparaîtra de ton cœur. Chasse l'incertitude et ce que tu recherches s'offrira à toi. »

Le courage. La vaillance.

Ben Solo redressa le front.

« Que dois-je faire ? »

Snole esquissa un sourire et répondit.

« Pénètre leurs pensées. Identifie leurs motivations, leurs peurs, leurs objectifs. Tu as un tel potentiel en toi... Entraîne-toi, maîtrise la Force dans toutes ses dimensions. Et comme pour ton grand-père avant toi, le Côté Obscur te sauvera. »

...


...

Rey ouvrit la bouche pour conclure mais fut devancée par son interlocuteur.

« Snoke m'a corrompu. Il m'a appâté par la promesse du courage et m'a fait recourir au versant obscur. J'ai goûté au contrôle absolu. Et j'ai arrêté de ressentir la peur. Avec le Côté Obscur, pour la première fois de ma vie, je me suis senti courageux. Enfin digne de la forte Leia, de l'intrépide Han Solo et du légendaire Luke... »

« Mais j'avais tort. »

« Parce que le courage n'a de place que dans l'incertitude et l'inconnu. Et le Côté Obscur...

Est la voie du contrôle absolu et de la prévision. »

Autrement dit, le Côté Obscur de la Force ne pourra jamais être la voie du courage.

Snoke l'avait berné.

« Le contrôle. Une capacité qui m'avait tellement échappé qu'elle est rapidement devenu une obsession une fois découverte. Je me suis plongée dans le Côté Obscur au point de ne même plus y voir de contradiction avec mes objectifs. Et Luke Skywalker l'a découvert. »

...


...

La nuit était noire, sans lune, ni étoiles.

Il errait sans but, perdu.

Pourquoi ? La question tournait encore et encore mais ne trouvait aucune réponse. Pourquoi son oncle avait essayé de le tuer ? Pourquoi sa vie était à ce point misérable ? Han, Leia et maintenant Luke...? Devait-il en finir ? Devait-il cesser d'exister ?

Il s'arrêta en apercevant un groupe de padawan devant lui, sabre-lasers dégainés.

Ils l'attaquèrent, il laissa ses réflexes prendre le contrôle.

Le combat s'allongeant, Ben réalisa que ses camarades ne voulaient pas simplement le neutraliser.

Ils voulaient le tuer.

La rage coula dans ses bras, la rage pénétra ses pensées.

"Pourquoi ce serait à moi de disparaître ?"

Le monde est passion. Le monde est tension. Le monde est pouvoir.

"Ils veulent me tuer parce qu'ils ont peur de moi. Parce que je suis passion, je suis tension."

Luke Skywalker a dû vouloir le tuer pour la même raison. Pour son potentiel.

Mais...

"Je suis le pouvoir. Je n'ai aucune raison de mourir !"

Et sur cette pensée, il planta son sabre-laser dans le cœur d'un des Jedi et l'observa froidement mourir.

Kylo Ren était né.

...


...

« Tout ce qui t'est arrivé, murmura faiblement Rey. C'est à cause de la Force. C'est la Force qui t'a conduit à avoir peur. Constamment peur. Tu ressentais tout : la tension entre les éléments, le danger et la violence intrinsèque au monde, la désillusion de ton père, la souffrance de ta mère, la déception des gens qui te rencontraient pour la première fois... L'univers entier te mentait et tu le sentais. Alors tu finissais terrifié et paralysé, ce qui entretenait la déception et la souffrance... »

Un cercle sans fin. Causé par la Force. Han Solo était parti pour revenir en meilleur père. Leia avait couvert son chagrin par un solide masque. Tout deux avaient agi dans l'intérêt de leur fils. Mais la sensibilité hors norme de leur fils, son lien avec la Force avait mis tous ses efforts en échec.

C'était tellement injuste...

« Tout ce que tu voulais c'était leur plaire. Mais à la fin...

— À la fin, ça n'avait plus d'importance. Car ce que je recherchais, ce n'était plus le courage, mais bien le contrôle. L'absolu qui terrasserait la peur. L'ordre, la maîtrise, le pouvoir. Un monde sans plus de place pour l'incertitude et le doute. Un nouvel-

— Un Nouvel Ordre. »

Le silence tomba.

Tellement de révélation. Le puzzle était plus clair désormais. Il y manquait encore plusieurs pièces cependant. Mais...

« Rey ?

— Hm ?

— Dors maintenant. »

Et d'un geste de la main, il l'endormit.