Coucou à toutes ! Merci à Nanoulaet, Kaname20, Niagara et apfeltorte pour leur commentaire sur le précédent chapitre !
Niagara : Tu verras que la « bagarre » va te surprendre ! Et même si vous devez être plusieurs à vouloir qu'Emmett venge sa cousine, Bella est parfaitement capable de se défendre toute seule. Pour la relation entre Edward et Charlie, il va falloir être patiente pour avoir les réponses parce que ce n'est pas pour tout de suite !
Pour celles qui ont des partiels ou des concours, comme ça peut arriver à la mi décembre, je vous dis MERDE et je vous souhaite bon courage !
Merci à crazybells pour sa correction et sa relecture !
Bonne lecture.
Depuis jeudi, je fais tout mon possible pour ne pas prendre Edward et l'emmener de force sur le tatami pour lui donner une leçon. D'un côté, je sais que si je le faisais, je pourrais gagner mais seulement parce que j'ai l'habitude de le faire avec ma prothèse et pas lui. De l'autre, je me doute que si nous avions tous les deux nos deux jambes, je ne suis pas sûre de faire long feu.
En tant que membre du corps médical, ma formation en arts martiaux et en moyens de défenses est plus rudimentaires que d'autres corps de l'armée. Mais j'aimais ça, je veux dire, pouvoir me défendre et surtout, c'était avant tout un moyen de me défouler lorsque j'étais sur la base et que je ne travaillais pas. Ma seule véritable amie sur la base était Rosalie, je parlais et j'échangeais avec des collègues, mais c'est un peu compliqué pour moi de me lier d'amitié avec des personnes qui étaient susceptibles d'être ensuite mes supérieurs. Alors j'allais à la salle de sport, combattant contre des personnes avec un grade plus élevé ou plus bas, mais sur un tatami, le grade et notre place importaient peu, c'était deux personnes l'une en face de l'autre.
Heureusement, hier on était dimanche et j'ai passé une bonne journée à me promener (à pied) avec mes parents et ma mère est restée pendant un moment à peindre le paysage pendant que nous jouions avec les chiens, mon père et moi.
Le pire dans l'histoire, c'est que je n'ai toujours pas pu demander à ma mère si elle savait quelque chose concernant mon père et Edward et même si la curiosité me consume littéralement de l'intérieur, je ne pense pas que je demanderai, parce que ça sonne plus commère de bas étage que directrice d'un centre de rééducation. Donc c'est difficilement que je ravale ma curiosité et que mes journées se passent.
Vendredi, j'ai cru que j'allais tuer Edward après qu'il m'ait lancé de nombreuses piques toute la journée et mon père a fait celui qui n'a rien vu et rien entendu. Alors pour me défouler, samedi, j'ai assisté au cours de Victoria qui comme promis, ne m'a pas loupée pendant notre face à face. Je ne me souvenais même pas de l'existence de certains de mes muscles avant que je n'en souffre à cause de la rousse.
Aujourd'hui débute la dernière semaine de Seth au centre, il a bien progressé et d'un point de vue physique, il a tout récupéré et d'un point de vue psychologique, Rosalie pense que c'est okay.
Après la réunion hebdomadaire qui a été rapide cette semaine, je retourne dans mon bureau pour lire les dossiers des deux personnes susceptibles de rentrer au centre dès la semaine prochaine, je déteste cette partie là de mon travail, devoir choisir qui a le plus besoin de venir ici et j'aimerais bien que le centre s'agrandisse un peu, cependant, ce qui fait que notre centre est différent des autres est sa taille humaine, qui permet de prendre des repas tous ensemble et surtout de permettre aux soignants de prendre le temps nécessaire pour nous occuper de nos pensionnaires.
Je lis les deux dossiers, les deux personnes sont actuellement dans le même hôpital ce qui veut dire que je n'ai qu'un numéro à composer pour rendre ma décision. Les deux ont besoin de venir au centre et les deux sont des anciens militaires. Une femme et un homme. Lorsque je prends mon téléphone et que je compose le numéro du médecin en charge des deux patients, je sais qui le centre accueillera dès lundi prochain. Je sais qu'un des deux patients sera l'un des nôtre et pas l'autre et ça m'enrage ! Bien évidemment, nous avions discuté des deux cas avec Carlisle et Rosalie, c'est d'ailleurs pour ça que le médecin voulait que j'aille le voir à son cabinet, notre choix est effectif depuis la réunion. Cependant, je voulais prendre le temps de relire les deux dossiers pour être certaine de faire le bon choix.
Au téléphone, le médecin en charge des deux patients me dit qu'il les préviendra de ma décision et nous échangeons quelques banalités. Je raccroche au bout de dix minutes et même si je fais confiance au médecin pour prévenir les deux patients, je prends sur moi de composer le premier numéro pour annoncer que malheureusement, ce n'est pas lui qui est retenu pour venir dès lundi.
Puis j'appelle la seconde patiente, elle est ravie de pouvoir venir et guérir, je suis obligée de lui rappeler que si le centre obtient de bons résultats c'est pas seulement grâce à un personnel compétent mais aussi parce que les personnes qui viennent ont à cœur de guérir et qu'elles mettent de la bonne volonté. Nous ne faisons pas des miracles.
Puisque je dispose d'un peu de temps avant le repas, je m'avance dans la paperasse de cette après midi, espérant ainsi pouvoir me reposer un peu. Je suis vite déconcentrée et détournée de mon travail en pensant encore et toujours à Edward et ça me gonfle, je ne comprends pas pourquoi je fais une fixette sur lui depuis qu'il est arrivé. Au début, j'avais peur qu'il découvre que je lui ai menti et maintenant que c'est fait, pourquoi je pense encore à lui ? Pourquoi, il ne sort pas de ma tête ? L'idéal serait que je sorte, il faudrait que je sorte, que je rencontre de nouvelles personnes et pourquoi pas un homme pour me sortir Edward du crâne.
Maintenant, les questions sont : sortir où ? Et quand ? Le seul jour pendant lequel je ne « travaille » pas est le dimanche, même si c'est moi qui prépare le repas. Le samedi, il y a des activités et je travaille aussi. Je pourrais me libérer pendant une journée, ce serait possible mais il n'y a pas grand-chose à Melstone et je connais tous les habitants, il faudrait que j'aille dans une ville plus grande mais ce n'est pas la porte à côté et ça entraîne des frais, surtout que maintenant, je vais aller à Billings tous les trois mois, en plus de devoir aller chercher les pensionnaires à l'aéroport, même si ce n'est pas souvent que nous allons tous les chercher.
C'est presque une demi heure que je perds à être dans mes pensées avant que je ne me concentre et que j'arrive enfin à terminer les formulaires que je dois envoyer aux administrations de l'état pour continuer à recevoir des subventions afin d'encore améliorer le centre avec de nouveaux équipements. En début d'après midi, je me rendrais au bureau de poste de Melstone pour les administrations en reçoit une copie papier même si j'ai rempli exactement les mêmes formulaires sur l'ordinateur et je leur ai tout envoyé par mail.
Le repas se passe dans un calme relatif, Edward continue à m'envoyer des piques dès que l'occasion se présente et j'ai l'impression que quoique je dise ou fasse, il en trouve alors j'abandonne et si mon cerveau me crie, voire me hurle de lui répondre, ma partie adulte et mature me répond que si je me lance dans cette voie, j'emprunte l'autoroute de l'enfer, merci papa qui écoute ça sous la douche, je vous promets que ce n'est pas une blague, mon père écoute du AC/DC sous la douche et ce depuis samedi. Quand je lui ai demandé pourquoi il faisait ça, parce qu'il l'écoute fort le bougre, il m'a répondu que ça lui permettait de se réveiller en plein, comme si le footing et le café n'étaient pas suffisant !
Ma mère de son côté me ravie les oreilles avec sa musique traditionnelle sud américaine. C'est pas si mal, c'est même joyeux et beau mais pas pendant plusieurs heures. Pour le coup, le métal est plus à mon goût.
Après manger, je demande à Rachel si ça lui dirait de m'accompagner en ville pour aller à la poste et pour faire un tour à la quincaillerie, afin d'acheter quelques petites choses. Alice s'invite, n'ayant pas envie de monter cet après midi et bien sûr, Edward trouve quelque chose à dire et plus il parle, moins j'ai l'impression de le connaître.
-Mais vous conduisez ? Me demande Edward.
-Et à votre avis comment j'ai ramené mes parents depuis Billings la semaine dernière ?
-J'ai supposé que votre père ou votre mère avaient conduit.
-Dans ce cas, il va falloir que vous m'expliquiez votre logique, comment j'aurais fait pour aller jusqu'à Billings ?
-Je dois dire, que je n'en sais rien, admet Edward avec un ricanement de la part d'Alice.
J'ai vraiment l'impression qu'Alice, Jasper et Edward sont d'un côté, ils passent tous pas mal de temps ensemble, avec les cours de James notamment et que Rachel, Seth et Tanya, les non militaires restent plus entre eux, ça me désole un peu mais ce n'est pas mon rôle d'intervenir pour leur affinités.
-Vous voulez venir ou vous restez ici ? Je me force à demander.
-Je ne voudrais pas mourir dans un accident, répond Edward.
Il est méchant et il le sait, je le vois dans ses yeux. Il veut passer à la vitesse supérieure ? D'accord je lui ai menti, mais ce n'est pas moi qui lui ai coupé la jambe, je ne mérite sans doute pas la gentillesse mais un minimum de respect n'est pas interdit.
-Très bien, je dis. A mon retour, nous aurons une discussion vous et moi, je le préviens avant de prendre le courrier que je dois poster et que les deux jeunes femmes m'accompagnent jusqu'à la voiture.
Alice s'installe à l'arrière, de même que Rachel et ça m'amuse un peu de constater qu'aucune des deux jeunes femmes ne veut venir à l'avant et je les comprends, on ne veut pas froisser l'autre et au final elles finissent toutes les deux derrière. Je sors du ranch et nous arrivons rapidement en ville et au bureau de poste. Je gare la voiture devant et nous sortons. Nous entrons toutes les trois dans le bureau de poste et malheureusement, devant nous se trouve Robbie Mallory avec ses cheveux gras et sa condescendance.
-Mais qui voilà ? Demande Mallory en se retournant et nous voyant. Si ce n'est pas la belle et charmante Bella et son échantillon du musée des horreurs. Tu n'as pas honte de venir salir notre beau paysage ?
-Pas quand je vois ta tête dans mon champ de vision, je rétorque mauvaise.
-Tu pourrais avoir un peu plus de respect pour moi, je suis le seul homme qui t'accorderait la moindre importance.
-Dans ce cas là, je préfère encore rester célibataire, je réponds. Avance, c'est ton tours et je n'ai pas toute la journée.
-Pourquoi, tes horreurs personnelles ont besoin d'attention ?
-Attention, j'ai été gentille jusqu'à présent, mais insulte encore mes patients et je peux te promettre que même avec une jambe en moins je suis capable de bien t'amocher, nous sommes d'accord ?
-Tu crois que tu me fais peur ? Tu n'es qu'une femme, se moque l'imbécile.
-Ne me cherche pas, parce que je vais te prouver qu'une femme et qu'une handicapée par dessus le marché va pouvoir te péter le nez. Avance !
-J'attends de voir ça, renifle dédaigneusement Robbie. En plus, tu ne peux pas faire ça, je porterais plainte.
-Ne te gène pas, j'ai trois flics et une ancienne policière en ce moment même au ranch. Alors poste ton courrier et va voir ailleurs si j'y suis.
-Un problème ? Demande Rachel en s'avançant.
-Retourne d'où tu viens la mutilée ! Lui lance Mallory.
-Ne vous en faites pas Rachel, le monsieur a un peu trop bu, il va s'excuser.
-Tu m'accuses d'être un alcoolique en plus ? Comprend l'homme.
-Excuse toi auprès de la dame et on en parle plus et pour l'amour du ciel poste ton putain courrier pour que je puisse poster le mien !
-T'es qu'une salope ! Et il n'est pas question que je m'excuse auprès de cette chose, crache Mallory.
Avant que quiconque ne puisse réagir, je balance mon poing à travers la figure de l'alcoolique notoire, lui cassant le nez au passage vu le saignement qui s'en écoule. A ma défense, je l'avais prévenu.
-Bon sang, je m'étonne que personne ne l'ait fait plus tôt ! S'exclame Madame Johnson, la postière.
-Ça ne devait pas être l'envie qui leur manquait, rigole Alice. Même moi qui suis non violente, je voulais faire la même chose, dit la jeune femme après que Mallory soit sorti, reprenant avec lui son courrier.
-Ne vous inquiétez pas ma petite, il ne s'amusera pas à aller voir la police mais si il le fait, nous sommes trois pour témoigner que vous ne faisiez que vous défendre après que l'approche diplomatique ait échouée, d'autant que vous défendiez aussi la jeune dame. Alors que puis je faire pour vous mes belles ?
Les mots gentils de madame Johnson permettent à Rachel de reprendre contenance mais j'ai bien vu que les paroles virulentes et méchantes de Robbie Mallory avaient blessé la pompière. Je regrette encore moins de lui avoir balancé mon poing dans la figure !
Je paye les timbres et l'envoi en recommandé avant de sortir du bureau de poste. Ce dernier n'est pas très loin de la quincaillerie, mais avant je voudrais m'assurer que Rachel va bien. Alice est déjà en train de lui parler et de la rassurer.
-Eh tu sais que ce que cet homme a dit est complètement faux.
-Il n'a pas tort, j'ai pleins de cicatrices de partout, ce n'est pas très esthétique.
-Rachel, on s'en fout de l'esthétisme, le plus important est que vous alliez bien et que vous vous sentiez bien dans votre corps. Robbie était sous l'emprise de l'alcool et plus important, c'est un idiot qui dirait n'importe quoi pour pouvoir blesser les personnes.
-Et puis, regarde comment il a parlé à Bella. Ce gars est clairement un crétin. Ne te laisse pas abattre et la dame de la poste a dit « mes belles », elle parlait de toi aussi, tu sais !
-C'est gentil à vous deux de me dire ça, mais je n'ai pas envie de m'appesantir là dessus. Ça vous dérange si on arrête d'en parler et qu'on va acheter ce dont Bella a besoin ?
-Bien dit ! S'exclame Alice. Je pense que lorsque je sortirais du centre, j'aurais besoin d'une copine de shopping, Rachel si je passe en Californie, tu en serais ? Demande la petite brune.
-Avec plaisir, même si le shopping n'est pas mon activité favorite, dit la pompière avec une grimace qui me fait sourire.
Nous nous rendons à pied à la quincaillerie puisqu'elle n'est qu'à un pâté de maison. Marcher nous fait du bien, et permet aussi de confronter Rachel à d'autres regards, bien que personne n'ose dire quoique ce soit. Je suis presque étonnée de ne pas voir débarquer la vieille Mallory pour m'engueuler d'avoir « abîmé » son fils, mais elle aussi, je saurais la recevoir, bien que la violence ne soit pas une option pour elle.
Après avoir terminé nos achats, il est encore tôt alors je propose aux deux jeunes de leur payer un café. Le bar et café de Melstone se trouvant à moins de 500 mètres du magasin, nous repassons par la voiture pour déposer nos achats dans le coffre et nous continuons à pied. L'endroit ne paye pas de mine mais ils ont de très bons gâteaux et je pense que nous méritons toutes une petite gourmandise.
Finalement, l'après midi en ville aura pris plus de temps que prévu mais ça m'a aussi permit d'être loin du ranch, de la paperasse et d'Edward et d'ainsi me concentrer sur d'autres pensionnaires.
Lorsque nous rentrons au ranch, Alice et Rachel se rendent dans leur petite maisonnette pendant que je me dirige vers la grande maison. Je pense à la conversation que je vais avoir avec Edward. Cette fois ci, il a été trop loin, je veux bien supporter ses piques sans rien dire, mais je suis contre la méchanceté gratuite. Je pose les achats sur la table dans le salon, discutant un peu avec Esme, cette dernière m'apprenant que ma mère est partie peindre et que mon père se ballade avec Seth et les chiens.
Je ressors et je me dirige d'un pas déterminé vers la maisonnette d'Edward, il est temps que les masques tombent et qu'une sérieuse discussion ait lieu !
Alors ? Que pensez vous de ce chapitre ? La semaine prochaine, la vraie discussion à coeur ouvert aura lieu et ça risque de faire des dégâts !
