Comme promis, on reprend un rythme élevé de publication, et on quitte les flashbacks pour en revenir là où l'on s'était arrêté ^^ Et ça y est, l'intrigue se lance (ENFIN) vraiment !

J'espère que vous avez passé un joyeux Noël (j'ai trop envie de vous montrer mon nouveau mug BB-8 ^^) et que vous n'avez pas trop pleuré pour Ben Solo...

En tout cas, chaque personne à qui j'ai pu faire passer un bon moment avec cette fanfic est un super cadeau pour moi :D

Merci à toundra95 d'avoir commencé à suivre, bienvenue dans l'aventure :)

Le temple d'Ossus était pour tous les individus extérieurs à celui-ci considéré comme un lieu sacré, infranchissable, aussi important – voire davantage – que les principales places dirigeantes de la planète. Ceux qui y vivaient, les moines Jedi, étaient alors par corrélation induit de la même aura lorsqu'ils en sortaient pour aller à la rencontre du monde. Ils le faisaient rarement, cela dit. Ils vivaient avec leur époque, n'ignorait pas les problèmes temporaires du monde, mais leur vie était tout de même dû à la méditation. Et quel meilleur endroit pour prier que celui-ci, où avaient vécu et trépassé toutes les générations précédentes de Jedi depuis des lustres.

De l'extérieur, le temple paraissait gigantesque. C'était une imprenable forteresse en pierre jaunie, haute de plusieurs centaines de mètres grâce à quatre tours qui formaient chacun des angles.

A l'intérieur, le lieu était étonnement sobre, très loin de donner la même impression de puissance. Aussi, le lieu était impersonnel, comme si personne n'était vraiment destiné à y habiter, alors que pourtant une dizaine de maîtres et une cinquantaine d'apprentis occupaient les lieux.

Et encore, le nombre de ces derniers a été bien plus élevé il n'y a pas si longtemps. Mais les plus jeunes ont été renvoyés il y a des mois de cela, en prévision d'un évènement tragique.

Aujourd'hui était une journée comme toutes les autres. Une journée de prière, d'attente, de méditation, et peut-être de crainte.

Mais pour le Grand prêtre du temple, Luke Skywalker, il n'était pas question de renoncer à sa passion favorite :

- A ton tour, ma jeune élève.

Le Maître Jedi était dans la grande salle où se déroulaient les prières de groupe, lieu dont l'immensité paraissait ridicule à cet instant, alors que le vieil homme était seul, accompagné de l'une de ses apprentis. Les deux se faisaient face, assis devant une table en bois simple où se trouvait un jeu de dames.

La jeune femme qui faisait face à Luke réfléchit un instant, puis bougea à son tour un pion. Immédiatement, la réaction embarrassée de son maître lui confirma ce qu'elle pensait :

- Bien joué, admit Luke.

- Merci, fit la jeune femme avec un sourire non dissimulé.

- Mais tu ne devrais pas être si confiante, la prévint le Grand prêtre, ce n'est pas…

Le vieil homme n'eut pas le loisir d'achever sa phrase. Un puissant gong venait de naître et commençait à se propager dans toutes les directions. Le son de la grande cloche du temple remplissait soudain le lieu aussi sûrement que l'air.

La jeune femme comprit tout de suite ce qu'il se passait :

- Ils attaquent, maître, fit-elle en se levant.

- En effet, fit Luke tout en restant assis, le moment semble venu.

- Grand prêtre, fit la jeune femme sur le qui-vive, quels sont vos ordres ?

La cloche continuait de résonner. La panique c'était maintenant tout à fait emparée de la jeune femme. La guerre, la vraie, allait commencer. Qu'allaient-ils pouvoir faire maintenant ?

- Habigail, dit moi où se trouve ton sabre.

- Mon sabre ?

La jeune femme paniqua, pensant déjà l'avoir perdu. Fort heureusement…

- Il est sur moi, maître, fit-elle en montrant le fourreau attaché à sa ceinture.

Sans même y réfléchir, Habigail commença à retirer sa grande toge beige qui était l'habit des apprentis. En dessous, la jeune femme portait une courte robe blanche attachée par une ceinture autour de la taille, qui laissait ses cuisses et ses avant-bras à nu :

- Maître, répéta-t-elle alors à nouveau (tandis que Luke Skywalker était toujours assis et semblait-il concentré sur le jeu !), quels sont vos ordres.

- Suis-je un grand sage militaire, jeune élève ?

Brusquement, le peu d'assurance que venait de se construire la jeune femme en se mettant en tenue pour combattre venait de s'évader :

- Vous… vous êtes un grand manieur du sabre.

- Et cela fait-il de moi, ou de n'importe lequel d'entre nous ici un guerrier ?

- Je… je…

Non. La réponse était non. Elle avait appris cela aussi fermement que le ciel était bleu.

Et pendant ce temps ce gong qui n'arrêtait pas de retentir…

- Notre ennemi arrive, Habigail, et très certainement en nombre. Nous avons tous déjà discuté d'où nous devions nous réunir lorsque cet évènement arriverait.

Dans la grande salle de prière.

Ici.

- Maî… Maître, est-ce pour cela que nous jouons ici depuis tout ce temps ?

Luke Skywalker se mit à rire :

- Non, non. J'ai toujours joué dans ce lieu depuis ma plus tendre enfance, même lorsque j'avais ton âge et que les prêtres venaient me sermonner pour avoir osé « violer » ce sanctuaire… C'est un petit peu, gloussa-t-il encore, ma victoire sur eux maintenant qu'ils nous regardent d'en haut !

Habigail en était bouche bée. Elle connaissait l'attitude étrange du Grand prêtre, mais les circonstances rendaient tout cela irréel.

Pendant qu'ils discutaient, des confrères et sœurs du temple étaient en train d'arriver.

- Habigail, fit Luke pour récupérer l'attention de la jeune femme, assieds-toi. Tu as toutes les armes qu'il te faut pour la bataille, t'inquiéter ne te rendra pas meilleure, et nous avons une partie à terminer.

Choquée par le surréalisme de la scène, l'esprit confus à cause de l'adrénaline qui montait et du bruit de la cloche qui retentissait toujours, la jeune femme n'en écouta pas moins son maître :

- Dans tous les cas, Grand prêtre, je crois que la partie est finie. Je ne vois pas comment vous pouvez l'emporter.

En effet, un rapide coup d'œil de sa part lui confirmait qu'elle avait davantage de pion que son adversaire et était sur le point de faire une dame.

- Tu es une bonne joueuse désormais Habigail, mais n'oublie pas que c'est moi qui t'es appris tous tes coups. Ne te sous-estime pas, mais n'oublie pas que ce n'est pas au vieux singe que l'on apprend à faire la grimace. (Luke sourit encore) Et surtout…

« Non ! s'exclama Habigail alors que maître Luke prenait l'un de ses pions pour gober quatre de ceux de la jeune femme, et finir sur une dame. Comment ais-je pu me faire avoir ? »

- N'oublie jamais, acheva Luke Skywalker, qu'une bataille désespérée n'est pas encore perdue.

Et pendant que le Grand prêtre achevait la partie et sa leçon, une trentaine d'individus s'approchaient du temple, un sabre à la main. On les entendait hurler de rage, courir telle des bêtes affamées. Mais ce qui effrayait déjà les gens du temple avant même qu'ils ne les voient, c'était le blanc de leurs yeux…


« Et deuxième strike pour les Alligators !.. »

La nuit était en train de tombée au dehors, et Rey (ou Alia) avait passé toute la journée allongée ainsi, avec désinvolture sur le grand canapé en cuir du salon. Lorsque la faim s'était fait ressentir, elle était simplement allée chercher de quoi manger immédiatement sans avoir à cuisiner. Des plats tout préparés, ou des restes du frigo, accompagné cela du fait que la jeune femme ne se soit ni maquillée ni habillée depuis le matin et cela donnait un tableau assez pathétique à voir.

Mais Rey s'ennuyait. Jaden était en train de travailler elle n'avait aucune idée de comment joindre ses amis de la dernière fois et elle ne réussissait pas à se rappeler de ce qu'elle était avant de devenir Alia. Alors après avoir passé la matinée à déambuler dans cette immense maison, qui devait à présent être la sienne, elle avait fini par allumer la télévision. Et à sa grande surprise, elle avait trouvé quelque chose qui l'intéressait.

- Alia ? Est-ce que tu vas bien ? Qu'est-ce que…

La jeune femme tourna la tête : Jaden venait d'entrer dans le salon et regardait avec étonnement la scène devant ses yeux. Soudain, la jeune femme prenait conscience de sa tenue (son short était très court, laissant quasiment toutes ses jambes à nues, et elle ne portait rien son sous T-shirt assez ample. Peut-être qu'en tournant bien la tête il aurait pu deviner la naissance de sa poitrine. Voir…

- Qu'est-ce que c'est que tout cela ? Tu es restée toute la journée ici ? Et… tu regardes du baseball ?

Ne sachant pas trop quoi répondre sans vouloir vexer le jeune homme (« Dois-je lui dire que l'autre moi aimait probablement ce sport ? ») Rey se contenta de se reconcentrer sur le match qui approchait de sa fin.

Face à son mutisme, Jaden décida de s'approcher du canapé. Son attitude semblait calme, voire prudente, et Rey replia ses jambes sur elle pour que le jeune homme puisse s'asseoir aussi :

- Comment tu te sens ? demanda-t-il une fois posé.

« Est-ce que j'ai récupéré la mémoire ? » pensa Rey.

- C'est toujours le flou dans ma tête… Mais en tombant sur ce match par hasard j'ai eut l'impression…

Elle hésita.

« Et puis merde, c'est lui qui a demandé ! »

- Je crois que Rey est fan de sport.

Jaden ne répondit pas tout de suite, se qui poussait la jeune femme à se tourner vers lui. Il l'a regardait l'air gêné. Ou déçu :

- En tout cas ce n'est pas un souvenir d'Alia. Ma femme déteste le sport.

Rey tenta de se concentrer :

- Elle aimerait plutôt… La peinture, non ?

Jaden se mit subitement à sourire :

- Oui.

Rey, soucieuse de ne pas lui donner de faux espoirs, corrigea instinctivement :

- Jaden, si je dois retrouver des souvenirs c'est en tant que Rey. Alia… elle n'est pas moi. J'ai une partie de ses souvenirs mais j'ai conscience que ce ne sont pas les miens.

Voyant le visage du jeune homme se faner, elle précisa encore :

- Ce n'est pas moi qui t'ai trompé, Jaden. Je ne suis allé dans un casino que parce que j'étais perdue, mais je n'ai jamais…

- Pourrais-tu te taire, s'il te plaît ?

Jaden s'était pris la tête entre les mains. Avec son ton Rey pensait qu'il allait être sur le point de lui crier dessus. Mais très vite elle comprit qu'il était seulement triste.

La jeune femme se terra alors dans son mutisme, ne sachant de toute façon pas quoi dire. Ce qu'il se passait dans sa tête était de toute façon trop brouillée pour qu'elle puisse répondre à une conversation correctement. Lorsque l'on ne sait même pas qui on est, ni si l'on est bien chez soi, que peut-on exiger de nous ?

- As-tu envie de m'embrasser ?

Le regard des deux jeunes gens se croisa à nouveau.

- Quoi ? fit la jeune femme.

- Tu dis que tu ne m'as pas trompée, mais si je voulais t'embrasser, maintenant, est-ce que tu me laisserais faire ?

C'était vraiment la prendre au dépourvu :

- Mais… Jaden… Je ne sais pas. Je… je ne suis pas Alia…

- Tu as passée ta journée ici et tu n'es pas Alia ? Tu restes sur mon canapé mais tu n'es pas Alia ? Tu m'appelles « Jaden, j'ai besoin de ton aide » dès l'instant où l'on se voit à l'hôpital mais tu n'es pas Alia ?!

Cette fois, il était réellement en colère.

- Ja… Jaden… Je suis désolée, ce n'est pas ma faute.

- Parce que c'est la mienne, peut-être ? Je n'aurais pas dû tomber amoureux d'une putain ? Je n'aurais pas dû te ramener ici ? J'aurais dû te laisser à l'hôpital ? J'aurais dû foutre ma femme à la porte de chez moi depuis des lustres ? Sache que je n'ai jamais trompé ma femme, que j'ai été patient avec elle – tu te souviens de cela ? – et que qui que tu sois je suis patient avec toi aussi ! Alors, est-ce que c'est de ma faute ?

Pendant qu'il hurlait, les yeux de la jeune femme s'étaient remplis de larmes...

- Je… Pardon, Jaden… Pardon…

- Là je reconnais bien Alia. Tu sais combien de fois elle m'a dit cela : « pardon » ? Cela fait quatre ans que tu me sors cette excuse bidon : « je suis désolée. » Maintenant je me fiche que tu te désoles ou pas : je veux savoir si tu es la femme que j'ai épousé ou pas, et ce que tu fabriques ici !

Un bruit les interrompis tous les deux. A la télé, un son qui n'avait rien à voir avec celui d'un match de baseball venait de se déclencher, et dès que les deux jeunes gens observèrent l'écran ils se rendirent compte qu'en effet le match avait disparu, remplacé par un panneau fixe où sur fond rouge était écrit un texte en blanc : Flash Spécial.

« Que se passe-t-il ? » se demandait Rey, et Jaden sûrement tout autant.

Une voix monocorde commença alors à s'exprimer par-dessous l'écran d'avertissement, et avec la plus grande neutralité possible il annonçait qu'un incident avait eut lieu au temple d'Ossus.

Et pendant que Jaden s'exclamait d'un « Bon sang… » Rey fut interpellée par ce nom, Ossus. La partie Alia de son cerveau lui fit comprendre ce qu'était cet endroit, mais ses souvenirs flous lui faisaient comprendre que d'une façon où d'une autre, ce lieu lui était plus personnellement familier.

Et cet effet se répéta encore deux fois, de plus en plus fort, lorsqu'on annonça qu'on laissait la parole au « Grand prêtre Luke Skywalker » et que la voix de se dernier retentit.

« Je le connais… » réalisa simplement Rey.

« Bonsoir à tous, commença une voix âgée – presque ancienne – et semblait-il inquiète, le gouvernement m'a demandé de cacher cela pendant longtemps, tant que l'affaire était sous notre contrôle, mais nous devons à présent vous annoncer une nouvelle grave : Palpatine est de retour. »

- Non… Bordel, non…

Cette fois, Jaden s'était exclamé à haute voix.

« Palpatine. » Le nom résonnait dans la tête de Rey. Il lui semblait que c'était l'un des derniers mots qu'elle avait entendu avant de perdre la mémoire.

Mais aussi, la simple évocation de ce nom suffisait à faire comprendre à son cerveau malade la gravité de l'annonce. Même elle s'en souvenait : Palpatine était un nécromancien qui il y a quelques décennies avait failli dominer le monde avec une armée de pseudo-humains.

Qu'un tel individu soit de retour… C'était la pire chose imaginable.

« Aussi, continua la voix du Grand prêtre, je demande à tous ceux qui nous écoute votre aide pour retrouver cette jeune femme. Elle a disparu, mais j'ai le mince espoir de croire qu'elle est encore en vie. Et elle pourrait détenir une information capitale qui pourrait nous aider tous face à la catastrophe qui pourrait se préparer. Si vous la retrouvé, s'il vous plaît, n'essayez pas de la ramener de force à Ossus et contentez-vous de nous l'annoncez pour que… »

Rey n'écoutait plus ce que le Grand prêtre depuis quelques secondes. Jaden non plus d'ailleurs. Et comment pouvait-il en être autrement, tant leur surprise était hors norme ? Tétanisé, ils ne pouvaient que continuer à regarder la photo qui était apparue à l'écran, et reconstater secondes après secondes que c'était bien Rey que la télévision montrait.