Bonsoir et...

Bonne année à tous ! Meilleurs vœux, et parce que je suis certaine qu'on vous a déjà souhaité mille fois la santé, le bonheur et tout ça, je vous souhaiterai simplement du fun, du love et du rock (et de bonnes lectures, parce que c'est cool) !

Sur challenge de dorlote, je vous retrouve en ce début d'année avec un bonus réveillonique (c'est vrai ça, nos amoureux avaient déjà passé 2 réveillons à s'engueuler dans cette fic, alors vous êtes en droit de vous demander si le troisième répondra à cette loi !). Merci donc à dorlote pour l'idée, parce que je me suis bien amusée en l'écrivant !

Jane : Merci beaucoup, et je te souhaite tous mes meilleurs vœux !

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Bonus 5 Bonne année !

POV Will

"Au fait, tu voudrais qu'on fasse quoi, pour le réveillon ?" Demandai-je d'un ton distrait en regardant le reflet des flammes danser sur le visage de ma compagne.

Ma compagne. Cela me faisait toujours aussi chaud au cœur de me dire ça.

Lizzie releva son visage vers moi, un sourcil levé.

Assise devant la cheminée, dans un grand pull noir passé sur un legging, elle contemplait le feu dans la cheminée alors que je terminais de répondre à des mails pour lesquels j'avais accumulé du retard.

"Le 31, tu veux dire ?

- Eh bien, oui. Je pensais qu'on était fixés, pour Noël."

Par conscience professionnelle, le cabinet vétérinaire de Lizzie ne fermait pas totalement pendant les fêtes. Lizzie prenait la garde du soir de Noël, tandis qu'un de ses collègues se chargeait de celle du Nouvel an. Pour autant, elle ne serait évidemment pas bloquée au cabinet, mais elle devait rester dans le coin avec son portable allumé et très peu de chances d'être dérangée ; si bien que nous avions décidé de faire ce réveillon chez moi, avec Anna et un peu de famille.

En revanche, nous n'avions pas encore discuté de celui du Nouvel An.

- Parce qu'on le fait ensemble ?"

Je me raidis en la regardant, choqué ; son air surpris me scia.

Est-elle sérieuse ?

La seconde d'après, Lizzie éclatait de rire, et je soufflai, soulagé.

Je devais devenir particulièrement naïf, voire idiot, à son contact, car elle arrivait toujours à m'avoir.

"Tu verrais ta tête, Will.

- Tu ne te lasseras jamais de me tourmenter, hein ? Grommelai-je.

- Te tourmenter, carrément. Hé, si tu avais envie d'une fille dénuée de tout esprit taquin, tu aurais dû choisir Caro.

- Ma foi, je suis en train de m'en rendre compte."

Sa moue vexée me fit sourire, et je me levai pour aller m'installer à côté d'elle, près de la cheminée.

" Tu ne serais pas mieux sur le canapé ? Soufflai-je.

- Il est trop loin de la cheminée.

- Tu sais que tu as parfaitement le droit de changer la disposition des meubles, si tu le souhaites."

Lizzie sourit, vaguement gênée mais l'air heureux.

Il y avait deux semaines, elle avait fini par céder à mes insistantes demandes et résilié son bail de location. Elle avait déjà commencé à rapatrier ses affaires, et habiterait officiellement chez moi - chez nous - dans deux semaines. J'avais remporté cette bataille bien plus facilement que je ne m'y étais attendu, de prime abord... Bien que fidèle à son caractère, Lizzie avait longuement pesé le pour et le contre de ce changement de situation.

"On va se retrouver ensemble en permanence, Will, tu ne vas plus me supporter.

- Déjà, nous avons chacun des horaires de travail assez étendus pour que nous ne soyons pas fourrés ensemble H24, et ensuite... On vit déjà ensemble, Lizzie ! Tu n'es quasiment jamais chez toi.

- Quand je ferai des gardes, tu risques d'être réveillé si je suis appelée en pleine nuit.

- On dort déjà ensemble même pendant tes nuits de garde, ça ne m'a jamais gêné.

- Mais tu n'auras plus la possibilité de me demander de dormir ailleurs si un soir tu es crevé.

- J'ai des chambres d'ami. Avais-je rétorqué en levant les yeux au ciel.

- Mmh...

- Ça ne sert à rien que tu paies un loyer supplémentaire, Lizzie. Ça ne fait que compliquer les choses, puisque tu vis ici mais que tes affaires sont ailleurs.

- Parce qu'en plus tu ne vas pas vouloir que je te paie un loyer ?

- Ça, c'est carrément insultant.

- Will...

- Si je voulais me lancer dans le locatif, je l'aurais déjà fait, Lizzie. Tiens, j'aurais racheté ton appart." Avais-je raillé. "Et je pense que je t'en aurais fait expulser pour le raser, d'ailleurs."

Elle m'avait tiré la langue.

"Tu ne te rends pas compte. Tu vas te retrouver avec des affaires de fille dans tes tiroirs, ta salle de bains...

- Je devrais m'y faire. Si c'est trop compliqué, je réfléchirai à devenir gay.

- Et je vais devoir intercaler mes livres de poche avec tes beaux livres anciens.

- Ok, ça, ça me parait insupportable. Avais-je soupiré.

- Pourquoi tiens-tu à ce que ça aille si vite ?" Avait-elle demandé, curieuse.

J'avais levé les yeux au ciel.

"Parce que si tu es encore dans ton appartement au 1er janvier prochain, tu vas devoir payer une taxe d'habitation supplémentaire. C'est ridicule.

- Il n'y a que les riches pour chercher à éviter autant les taxes, s'était-elle moquée.

- Si tu savais le fric que je peux laisser à l'état chaque année, Lizzie, je pense que j'entretiens le président et sa famille à moi seul."

Son rire s'était élevé, et j'avais fini par m'approcher d'elle pour l'étreindre, le cœur serré.

"Pourquoi gardes-tu tellement de distance ? J'aimerais vraiment habiter avec toi.

- On le fait déjà, Will. Comme tu l'as fait remarquer. On a dû dormir séparément grand max cinq fois depuis qu'on est en couple.

- Eh bien justement, où est le problème à ce que tu quittes ton appartement ?"

Elle avait soupiré, et enfoui son visage dans mon épaule.

"J'ai simplement peur.

- Mais peur de quoi ?

- Notre relation est parfaite. Je n'ai jamais été aussi heureuse. Et des fois, je me demande quand ça va merder ; à chaque fois que quelque chose change, j'ai peur que ce soit ça qui foute la merde. Je ne veux pas que tu me largues dans six mois parce qu'en fait tu ne supportes plus de trouver mes culottes dans le tiroir où avant, tu rangeais tes chaussettes."

Elle m'avait alors embrassée intensément, me coupant toute velléité de réplique.

"Pour autant, je serais au contraire ravie de rendre les clés de ce foutu appart et de m'installer chez toi." Avait-elle haleté.

Je l'avais serrée encore plus fort, la plaquant contre moi en l'embrassant comme si ma vie en dépendait.

"Demain, je donne mon préavis de fin de bail."

J'aurais presque pu dire que je n'avais jamais entendu plus belle déclaration. Cela aurait évidemment été faux ; j'aimais encore plus les moments où Lizzie me déclarait son amour, ce qu'elle faisait toujours quand je m'y attendais le moins. En épluchant des oignons. En terminant de lire un livre. En se limant les ongles.

"Tu auras des règles à me faire signer ? Avait-elle ajouté avec son sourire taquin.

- Mon avocat te transmettra un contrat." Avais-je répondu en soupirant.

Je revins au moment présent alors que Lizzie se déplaçait pour venir s'installer à califourchon sur mes jambes et passer ses bras autour de ma nuque.

"Jane et Charlie organisent un réveillon chez eux. Sans Caroline, qui parait-il a un nouveau mec et fait ça dans une boite à la mode sur Paris. Anna y va avec Alex, et il y aura... En fait à peu près les mêmes personnes qu'aux enterrements de vie. On est invités." M'apprit-elle.

Me sentant soudain peu intéressé par ce réveillon, je hochai simplement la tête.

Puis je couchai Lizzie sur le dos, lui arrachant un cri de surprise, et fondis sur ses lèvres.

Quoique le petit ami de ma sœur pouvait bien penser, non, Lizzie et moi ne faisions pas l'amour que dans un lit.

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31 décembre 2019, 19 h 27

"Santé !

- Mais pas des pieds !

- Pitié Fred, cette blague n'est plus drôle depuis une bonne centaine d'années.

- Charlie a souri, ça me suffit.

- Je crois qu'il n'existe pas une seule blague à laquelle Charlie est capable de résister, aussi ringarde soit-elle, grimaça Jane.

- Je confirme. C'est le mec qui s'esclaffe toujours quand son collègue arrive dans son bureau, le 31 à 17h, et sort "Et à l'année prochaine, hein !", m'amusai-je.

- Merci, Will, tu es comme un frère pour moi."

Nous entrechoquâmes nos verres, et je fixai Lizzie alors que, dubitative, elle portait sa coupe de champagne à ses lèvres.

Après en avoir avalé la moitié avec un soupir pour se donner du courage, elle grimaça.

"Non vraiment, je vois pas ce que vous trouvez à cette boisson. Lâcha-t-elle avec une moue dégoûtée.

- Merde, Lizzie, c'est un Dom Ruinart, j'ai payé cette bouteille 145 balles ! Protesta Alex.

- Ça ne rend pas son contenu buvable.

- Tu ne mérites pas d'être ma cousine.

- Je ne suis pas ta cousine. Répliqua-t-elle en lui tendant son reste de coupe.

- Tu regagnes le droit d'être ma cousine, conclut-il en sifflant le verre.

- Bon, quand est-ce qu'on passe à table ?" Cria Kitty, une cousine de Lizzie.

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21h36

"Allez, c'est pas si compliqué ! Tu fermes les yeux, tu glisses ça dans ta bouche, et tu avales d'un coup, tu sentiras même pas le goût." Lança Anna pour encourager Charlotte.

Nous fronçâmes tous les sourcils, gênés, et Anna s'interrompit pour jeter un regard à la ronde.

"Mais vous êtes tous des porcs !" Cria-t-elle alors que nous la fixions bizarrement.

La moitié de l'assemblée éclata de rire, et je secouai la tête, dépité.

"Bref. Tu vas voir, c'est bon les huîtres."

Charlotte fixait toujours le pauvre coquillage d'un air perplexe.

"Ça n'a pas l'air très bon.

- Mais non, t'inquiète, c'est... Salé. Ça a un peu le même goût que quand tu bois la tasse ! Commenta Fred.

- Tout en avalant un glaviot. Ajouta Lizzie, dégoûtée.

- Roh, Lizzie, si t'aimes pas les huîtres, n'en dégoûte pas les autres ! La disputa Jane.

- Hé ! T'en as même pas mangé, toi !

- Pas envie, ce soir. Je sors d'une gastro, je vais rester sur les trucs plus simples à digérer.

- C'est vrai ? Tu n'aimes pas les huîtres, Lizzie ? Demanda Anna.

- C'est pas tellement que j'aime pas. C'est que gober un animal vivant m'a toujours rebutée.

- Attends, elles sont vivantes, là ?" S'exclama Anna.

Lizzie hocha la tête, et Anna repoussa son assiette, dégoûtée.

"Tu viens de nous la traumatiser, commenta Alex.

- Désolée...

- Mais combien d'animaux vivants j'ai pu manger de toute ma vie ? Geignit Anna, les larmes aux yeux.

- On est partis pour dix ans de psychanalyse." Soupirai-je.

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23h24

"Alors, tu commences à comprendre qu'Alex n'est pas forcément un bon choix ?" Ne pus-je m'empêcher de railler.

Anna me fusilla du regard. Entouré d'elle et de Charlie, nous faisions face à la baie vitrée de la maison de ce dernier. De l'autre côté, sur le balcon, Alex et Lizzie se tenaient par l'épaule en chantant à tue-tête.

"...Sur la neige bleue / Fait un pas douteux... Chantait Lizzie.

- Et glisse sur la glace / On l'entend murmurer... Reprit Alex.

- Je veux m'en aller ! » Crièrent-ils de concert.

"Je ne sais pas ce qui est le pire, en fait. Que vos moitiés soient en train de brailler Le papa pingouin sur le balcon, à 23 heures... Commença Charlie.

- Ou qu'Elizabeth fasse ça sans être bourrée ?" Compléta Anna.

J'acquiesçai en silence, et je savais que nos visages devaient refléter la même expression ébahie.

Lizzie et Alex étaient sortis dix minutes plus tôt pour se joindre aux voisins, chantant sur le balcon de la maison d'à côté. Il devait bien y avoir 50 mètres de vide entre les deux balcons, mais en hurlant ils arrivaient à former une chorale presque juste. Dommage qu'en dix minutes, les chansons aient tourné autour de Vive le vent, un massacre de YMCA, et Le papa pingouin.

Et si les voisins de Jane et Charlie étaient manifestement aussi torchés* qu'Alex, ce n'était pas le cas de Lizzie, qui n'avait bu qu'une demi-coupe de Champagne quatre heures auparavant.

"Ta copine est cinglée. Commenta Charlie.

- Je sais." Soufflai-je.

A peine eus-je le temps de finir ma phrase, qu'Alex se pliait en deux et fonçait dans un coin du balcon, soutenu par Lizzie.

Dix secondes plus tard, il avait rendu tout son repas au pied d'un arbuste en pot.

"PUTAIN, ALEX ! MON CITRONNIER !" Hurla Jane.

Chacun d'entre nous grimaça, et je me rappelai l'histoire d'Alex vomissant dans un pot d'orchidée.

Il rentra dans la maison, pâle mais visiblement soulagé.

"Je t'en rachèterai un." Lâcha-t-il en s'approchant de Jane.

Il essaya de lui déposer un baiser sur la joue, mais elle le gifla, continuant à lui hurler dessus.

Lizzie l'avait suivi, et donna une tape dans le dos de Charlie.

"Tes voisins ont l'alcool guilleret.

- Le papa pingouin, Lizzie ? Tu m'expliques comment tu peux connaître les paroles par cœur ?"

Ma copine haussa les épaules en venant m'enlacer.

"Ça parle d'animaux."

Charlie et moi échangeâmes un regard blasé. Les justifications de Lizzie dans ce genre de situations me convainquaient rarement.

Je ne pus m'empêcher de glisser mon nez dans ses cheveux, et de respirer son parfum d'amande douce et de miel. Son corps serré contre le mien était frais, ce qui était bienvenu - il faisait très chaud chez Jane et Charlie.

"Tu ne devrais pas te mettre dans cet état, Jane." Finit par lâcher Lizzie en s'éloignant de mon étreinte pour aller calmer sa sœur, qui continuait de hurler sur Alex.

Alex, qui avait désormais visiblement décuvé - avait-il un foie particulièrement performant, ou juste l'habitude ? -, se marrait en laissant Jane lui frapper le bras à répétition.

"C'est bon, Lizzie, ça lui fait faire un peu de cardio.

- Je suis enceinte, idiot, et c'est pas bon le stress dans mon état !"

Le silence se fit dans l'assemblée ; choqué, je regardai Charlie, qui avait un air tellement ébahi que j'en restais scié.

"Euh... T'étais pas au courant, le futur papa ?" Lâcha Anna, qui visiblement se posait la même question que moi.

Charlie sembla reprendre pied, et leva les yeux au ciel.

"T'es le père, au moins ?" Ne put s'empêcher d'ajouter Alex.

"Si, je le savais, et oui, je suis le père évidemment. Mais on n'avait pas prévu de vous l'annoncer de cette manière. Ni si tôt."

Jane, instantanément calmée, haussa les épaules d'un air contrit.

"Oups. Désolée."

Je lançai un regard à Lizzie, qui était bien la seule à ne pas afficher un air surpris.

"Tu étais au courant ?" M'étonnai-je.

Son sourire m'apprit que oui.

"Et tu ne m'as rien dit !

- Du calme, Will. Jane ne m'en avait pas parlé, j'ai compris toute seule ce soir."

Jane lui lança un regard atterré.

"Quoi ? J'ai déjà du bide ?"

Elle plaqua sa robe sur son ventre plat en baissant la tête, tirant le tissu dans tous les sens pour essayer de trouver un renflement inexistant. Lizzie explosa de rire.

"Mais non, Jane, tu n'as pas l'air d'avoir pris le moindre gramme. Simplement, j'ai fait un paquet de réveillons avec toi, et c'est bien la première fois que je te vois refuser un kir royal pour un vulgaire jus d'ananas. Oh, et tu n'es pas trop foie gras, mais tu as également refusé le saumon et les huîtres. C'était évident."

Jane sourit de toutes ses dents.

"J'en suis à huit semaines, et j'ai déjà pris un kilo.

- Je me disais bien que tu avais pris des fesses." Lâcha Alex, avant de recevoir un coup derrière la tête de la part d'Anna. "Mais aïeuh !

- Je ne sais pas encore si c'est pour avoir osé sortir ça à Jane, ou pour avoir maté ses fesses.

- Mais ma chérie, tu sais bien que tu as le plus beau postérieur de toute...

- Argh, Alex, bordel, tais-toi !"

Dépité, je regardai Alex embrasser ma sœur, la coupant dans son élan de colère. J'avais du mal à me reconnaître ; à une époque, on m'aurait annoncé que je verrais Anna sortir avec un gars comme Alex, je me serais arraché les cheveux. Cependant, maintenant je devais bien admettre qu'ils allaient parfaitement ensemble. Alex, en tous cas quand il était sobre, la couvait comme une chose précieuse, et Anna était bien plus gaie et affirmée qu'elle ne l'avait été pendant longtemps.

Mon attention se reporta sur Charlie, qui enlaçait sa femme avec un sourire jusqu'aux oreilles.

"Félicitations, les amis. Je suis sincèrement ravi pour vous.

- Enfin, si c'était voulu. Sinon, tu dois encore avoir un mois pour régler ça." Lâcha la pragmatique Charlotte en frottant le dos d'une Jane choquée.

Lizzie s'agrippa à mon bras et partit dans un fou rire impressionnant, et je me demandai un instant si elle arrivait encore à respirer. Ce fut l'intervention de Charlotte qui la calma en une micro-seconde.

"Vous vous y mettez quand, vous ?"

Je haussai un sourcil, alors que Lizzie tressaillait.

"Wow, du calme. On vient seulement de s'installer ensemble, je te rappelle.

- Justement, ça commence comme ça, et puis...

- Roh, Charlotte ! On n'a pas encore rempli les étapes préalables."

Je fis la moue en attrapant ma compagne par la taille pour la retourner vers moi.

"Les étapes préalables, Lizzie ?"

Elle hoqueta et redressa la tête vers moi, vaguement troublée.

"Je commence à te connaître. Tu ne voudras pas te lancer là-dedans avant de m'avoir épousée."

Je souris. Touché. Pas que je n'avais pas envie d'avoir des enfants avec Lizzie, mais mon côté traditionaliste me poussait à préférer passer par la case mariage avant.

"Qui te dit que j'ai envie d'épouser une femme qui connaît par cœur Le papa pingouin ?" La taquinai-je.

Elle haussa les épaules.

"Eh bien je suppose que nous n'aurons pas d'enfants alors.

- Ok, peut-être que je saurai faire un effort.

- Qui te dit que j'ai envie d'épouser un homme qui ne connaît pas par cœur Le papa pingouin ?"

Je grimaçai.

"Il va falloir qu'on ait une discussion.

- Okay, mais pas avant l'année prochaine." Souffla Lizzie.

Sur le coup, je me raidis et me rembrunis, blessé que même par plaisanterie, elle repousse une conversation qui me tenait à cœur à un délai qui me paraissait bien trop lointain.

Puis je me calmai d'un coup en notant que nous étions le 31 décembre, et qu'il était 23h54.

Lizzie émit un rire léger en remarquant mon changement d'expression.

"Je viens d'échapper à une dispute, j'ai l'impression.

- Cela m'aurait bien ennuyé de terminer l'année ainsi.

- Troisième réveillon que l'on fait ensemble. Tu crois que cette fois, on réussira à s'entendre jusqu'à la fin de la soirée ?

- Tu comptes me traiter de trou du cul ?

- Pas prévu, à moins que tu ne m'annonces que tu m'aimes à contrecœur.

- Pas prévu."

Cinq minutes plus tard, nous criions le décompte en même temps que les voisins, que nous entendions hurler par la baie vitré restée entrouverte.

"TROIS !

- DEUX !

- UN...

- Attendez, j'ai 23h58 à ma mon...

- BONNE ANNEEEEEEEE !"

Je ne pris pas la peine d'aller sous le gui pour embrasser Lizzie passionnément, les mains dans ses cheveux et son corps entièrement collé au mien.

Quand notre baiser se termina, elle poussa un soupir d'aise en restant dans mes bras.

"Ma foi, je vais être la première femme au monde à partager ton lit cette année. Je n'en reviens pas de l'honneur que cela représente." Me murmura-t-elle à l'oreille.

Je grognai en sentant mon désir s'éveiller à cette idée ; j'embrassai la peau tendre sous son oreille, le cœur cognant avec force.

"Pour être entièrement honnête, c'était déjà le cas en 2019." Grognai-je.

Elle me regarda d'un air vaguement surpris, mais me fit un immense sourire.

"La réciproque est vraie. Bon, alors disons que j'espère être la seule de l'année.

- Ça devrait pouvoir se faire. Mais arrête de parler de ça, Lizzie, ou je te jure qu'on quitte cette fête sur le champ.

- Peut-être bien que je ne demande pas mieux..."

Nos lèvres se scellèrent de nouveau, mais nous fûmes bien trop rapidement interrompus par Anna.

"Oh, les amoureux ! Vous venez nous embrasser aussi, ou on ne mérite pas vos vœux ?"

Dépité, je regardai ma propre sœur arracher ma compagne de mes bras.

Finalement, il fallait encore que je décide si l'influence d'Alex était si bonne que ça.

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*L'abus d'alcool est encore, et toujours, dangereux pour la santé. Surtout quand il vous pousse à chanter Le papa pingouin sur un balcon en décembre. #DryJanuary

Encore bonne année, les loulous !