Crystal était sur le balcon et regardait une partie de la ville d'Orchidia. Elle pouvait voir dans la nuit la lumière de quelques fenêtres et l'épais brouillard qui entourait la cité depuis toujours. Quand vont-ils comprendre que l'arbre souffre? pensa-t-elle. Et cette odeur, je n'en peux plus même si elle est moins forte que vers les raffineries.
Elle n'avait pas osé assister à l'interrogatoire de Jadina parce qu'elle ne voulait pas voir l'état actuel de son amie et en plus la voir souffrir. L'Ailusienne savait au plus d'elle que c'était la vraie Jadina même si elle avait un nouveau corps.
Soudain,un bruit venant de la porte se produisit. La fille capuchonnée entendit hurler Ténébris. J'ai envie d'être tranquille, se dit la fille de Darkhell. Laissez-moi alors!
Finalement la noiraude se leva, alla ouvrir la porte.
Quant à Crystal, elle se dirigea vers la porte et vit tout comme son amie le professeur Vangelis. Celui-ci entra, alluma la lumière de la chambre et demanda aux deux Légendaires de s'asseoir. Ténébris alla dans la salle de bain et en ressortit quelques minutes plus tard. Elle avait les mêmes habits que d'habitudes mais sans ses lames. La demi-soeur de la leader du groupe s'installa à côté de l'Ailusienne qui demanda:
- Pourquoi voulez-vous nous parler, professeur?
- Je dois vous parler de la succession de la reine Adeyrid, répondit-il. Comme Jadina et Kasino ne sont plus de ce monde et que ta mère est gravement malade, donc, toi Ténébris, tu deviendras la souveraine d'Orchidia.
- Et moi dans tout cela?! questionna la fille capuchonnée énervée. Cela ne sert à rien que je sois là alors! Bon, je m'en vais.
- Crystal, écoute-le, la résonna Ténébris. Il parle d'abord de moi et après c'est peut-être à toi.
- Je parie qu'il va m'oublier, murmura-t-elle.
- Crystal, tu seras sa dame de compagnie, fit le médecin de la famille royale.
La concernée faillit s'étouffer de surprise. Quoi?! pensa Crystal. Je suis en train de rêver. Pourquoi il me donne ce poste au juste?
La future souveraine fut obligée d'agiter la main devant son amie pour la faire sortir de ses pensées. Les deux filles se levèrent et suivirent le professeur qui les emmena dans une autre chambre. Elle était beaucoup plus spacieuse que la précédente et elle se trouvait juste à côté de celle de Vangelis. Il y avait deux lits l'un en face de l'autre, deux armoires et une porte qui menait vers la salle de bain.
Vangelis les quitta en leur souhaitant une bonne nuit.
L'Ailusienne s'installa sur un des lit puis elle discutait avec la fille de Darkhell qui n'était pas trop bavarde avant de s'endormir.
Le lendemain, la fille capuchonnée s'étira et se leva. La lumière du jour entrait dans la chambre laissant voir des murs vert émeraude. Un bureau était disposé juste à quelques mètres du lit de la noiraude qui dormait toujours.
La Légendaire se dirigea vers la table, qui se trouvait à côté de son lit, regarda et vis un papier. Elle le prit, le déplia et le lit. Ce papier était écrit par Vangelis qui l'autorisait à voir Jadina, ce qui rassura celle-ci. Elle alla dans le couloir, fit apparaître le faucon pèlerin en plasma qui lui avait servie pour savoir où se trouvait Jadina et observer l'interrogatoire. Pendant que l'oiseau volait, Crystal le suivait tout en courant même si elle s'essoufflait très vite.
Trente minutes plus tard, le faucon pèlerin s'arrêta devant une porte et disparut. Il y avait des gardes qui la surveillait. En voyant la fille capuchonnée, ils lui hurlèrent dessus:
- Halte! Que faites-vous ici?
- Je viens rendre visite à Jadina, répondit l'Ailusienne tout en gardant son calme.
- Vous voulez dire l'usurpatrice, dit un des gardes. Avez-vous une autorisation?
- Bien sûr, fit-elle en donnant le papier au garde. La voici.
- Toi là-bas! cria-t-il à un de ses collègue qui marchait par là. Emmène la dame de compagnie de sa majesté Ténébris dans la cellule de celle qui se fait passer pour la princesse Jadina!
Celui, qui avait été interpellé, les rejoignit, attendit un peu avec Crystal et entra dans la prison d'Orchidia avant de se retourner et de faire signe à la dame de compagnie de la reine pour que celle-ci le suivît.
Après dix minutes de marche dans les sombres couloirs de la prison, ils s'arrêtèrent enfin devant une porte. Le garde ouvrit la porte en utilisant une des clés d'un énorme trousseau et laissa passer l'Ailusienne. Celle-ci entra dans une prison circulaire: au centre de la prison, il y avait Jadina tenue par des chaînes. Elle avait les cheveux gris, des habits de prisonnière et des boules métalliques cachant ses mains et ses pieds. De plus, celle-ci regardait un cylindre se trouvant à quelques mètres en-dessous de ses pieds. Qui vient me rendre visite? se dit la prisonnière. J'espère que ce n'est pas le type avec sa seringue rempli d'antimag…
La leader des Légendaires regarda en direction de la porte, vit Crystal et lui demanda:
- Pourquoi n'étais-tu pas avec Shimy, Gryf, Razzia et mon père?
- Je ne voulais pas assister à ta souffrance, répondit la Légendaire. En plus, c'est ton père qui te donne des coups de fouets juste pour que tu répondes à ses questions. C'est grâce à mon discret faucon en plasma que j'ai pu observé la scène. C'est vraiment dommage que personne sauf moi ne croie que tu aies la vraie Jadina.
- Je sais, dit Jadina d'une voix triste. C'est vraiment gentille de ta part de me rendre visite. Tu as des nouvelles de Ténébris?
- Oui, fit l'Ailusienne. Elle est devenue reine d'Orchidia. En ce qui concerne Vangelis, il est devenu son chancelier. Quant à moi, je suis sa dame de compagnie. Il faut que j'y aille parce que si Ténébris ne me voit pas, elle va me tuer. À plus!
La fille capuchonnée sortit de la prison et alla le plus rapidement possible dans la chambre. Quand elle arriva, elle fut ravie de voir que la fille de Darkhell était assise sur son lit. Celle-ci, accompagnée de deux servantes, se dirigea vers la salle de bain pour se changer et revint quelques minutes plus tard habillée d'une robe verte, bleue et jaune avec une cape violette aux bords blancs. Elle portait sur sa tête une sorte de coiffe blanche avec des bords bleu foncé et tenait dans sa main un bâton qui ressemblait un peu près au bâton-aigle.
Quand les deux jeunes filles sortirent de la chambre, elles virent Vangelis dans le couloir. Celui-ci les mena jusqu'à la salle du trône, une salle spacieuse et lumineuse où les murs étaient d'un vert émeraude.
Le chancelier allait dire quelque chose à l'Ailusienne et à Ténébris quand soudain quelqu'un toqua. Qui ose nous déranger? se demanda-t-il.
