Bien le bonjour à toutes et à tous !

Aujourd'hui, nous allons plonger en eau profonde ! Dans les abysses des vies antérieures et de la magie supérieure ! oui, oui, je me mets à la poésie ! ce chapitre sera en 2 parties, alors ne vous inquiétez pas si vous ne comprenez pas pourquoi la fin du chapitre vous semble nébuleuse !

Ce chapitre complet (partie 1 et 2) fait en tout 50 pages, alors je vous avoue que le couper me paraissait être une bien meilleure idée que de vous envoyer ce pavé …

Je remercie les 300 personnes qui ont lu le précèdent chapitre, ainsi que Rosalie Cullen 03 et Christou pour leur reviews, vous avez éclairé ma semaine !


*** bonne lecture ! ***


Chapitre 15 : nos destins mêlés

POV Bella

Deux semaines se sont écoulées, depuis que Charlie est rentré à Forks, nous laissant tous dans l'incertitude de ce qu'il compte faire, de ce qu'il va décider, en ce qui concerne l'assemblée des peuples, et, plus que tout, Angela.

Certes, le laisser dans l'ignorance de sa nature, de nos natures, n'a pas jour en sa faveur, ce jour-là, mais jamais, de toute ma vie, je ne me serais attendue à ce qu'il parte, en pleine nuit, ne lui laissant qu'un simple mot, sur l'oreiller, marqué « désolé ».

Depuis ce jour-là, Angela est un zombie, errant, parce qu'il le faut, et vivant parce qu'elle le doit. Tout, pour elle n'est que pur automatisme, et je m'en veux, de ne pas savoir être l'amie qu'elle a été, pour moi, quand la même situation s'est présentée, il y a dix mois de cela.

— Bella ? m'appelle la voix de Char, à travers la porte. Si tu veux profiter de ton samedi dans la piscine, je te conseille de te lever maintenant, ma belle.

— J'arrive soupiré-je.

Si, moi, je m'en veux pour Char, la situation est pire encore. Après un premier contact assez rigide, entre elles deux par un moyen qui m'est encore totalement inconnu, elles sont devenues extrêmement proches, presque autant qu'Elena et moi.

Elle aussi, dans une moindre mesure, s'inquiète énormément pour elle, à l'image de Rosalie. Même si cette dernière masque ses inquiétudes par un simple plaid posé sur ses épaules, lorsque la chaleur journalière tombe, ou par un chocolat chaud déposé sur sa table de nuit, avant qu'elle aille se coucher chacune de nous est affectée par l'état d'Angela.

Peut-être que cette amitié, entre Charlotte et Angela est née, ce jour-là, en début de semaine, quand, en plein cours, Angie a finalement craqué, et qu'elle l'a emmenée dehors, pour pouvoir discuter.

Peut-être que leur amitié est née il y a deux jours quand, ayant atteint le summum de ce qu'elle pouvait supporter, de la part d'Emmett et Peter, en tant que blagues grivoises elle les a envoyés au tapis, les imaginant hurler de douleur et se tordre sur le sol ?

Je n'en sais pas laquelle des deux raisons est la bonne, et, sincèrement, dans le fond, je me fiche de savoir si j'ai raison. Tout ce que je veux, c'est retrouver cette Angela combative, rayonnante, impulsive, qu'elle a été, depuis son arrivée à Salem.

Soupirant lourdement sous ce constat, je me redresse péniblement dans notre lit, à Jasper et moi, avant d'aller prendre une douche, puis passer une robe de plage, sur mon bikini noir, ce bikini qui lui donne tant d'idées lubriques.

Certes, au début, je me sentais mal à l'aise, de devoir exposer mon gros ventre, aux vus et aux sus de tous mais, après une semaine à supporter cette chaleur étouffante de fin de mois de mai, j'ai préféré remiser mon ego au placard, et aller faire les boutiques pour femmes enceintes.

Faire du shopping avec Rose, Charlotte et Elena est sûrement l'une de ces expériences que je ne retenterai jamais, et encore moins dans ce genre de boutiques.

Les cris d'extase, devant les bodys et les robes, les yeux brillants de venin de Rose quand je suis sortie des cabines d'essayage, ou même les remarques typiquement volées à son mari, de la part de Char je refuse de recommencer une journée comme celle-là, et ce, jusqu'à ce que je m'éteigne définitivement !

De la chambre, je peux entendre la voix profonde, et grave de Jasper, dans la piscine, qui s'amuse, visiblement, comme un petit fou, à entendre les commentaires qu'il fait à la seule humaine de notre joyeuse famille ce qui me fait presser le pas jusqu'à ma coiffeuse, pour buter totalement contre le fauteuil, lorsque je l'atteins.

Posé contre le miroir de celle-ci, bien en évidence, un carnet assez conséquent, en cuir relié, un lien l'enserrant plusieurs fois, un cygne ouvragé, en argent, dont l'œil est remplacé par un lapis lazulis m'attend bien sagement.

— Jazz soufflé-je, sachant qu'il m'entend parfaitement c'est toi qui as déposé ce carnet sur la coiffeuse ?

En un temps record, il n'est plus dans la piscine, mais sur le pas de la porte, son short de bain dégoulinant d'eau sur le parquet, cette même eau ruisselant sur sa peau de marbre, les cheveux humides.

— Que se passe-t-il, darling ?

Fronçant les sourcils, par cet accueil, je délaisse, durant quelques secondes, le carnet des yeux pour faire les quelques enjambées qu'il me manque, pour pouvoir me coller à son corps, maugréant intérieurement contre ce ventre proéminant qui m'empêche de me serrer plus encore contre lui.

Serait-ce trop demander, que de pouvoir profiter de lui, sans avoir l'impression d'être une montgolfière, et avoir le poids d'un éléphanteau adolescent ?

— Quand on est poli ; fais-je, me mettant sur la pointe des pieds, mes bras se nouant autour de son cou on salue convenablement sa compagne, à son réveil.

— Veuillez m'excuser, milady susurre-t-il, jouant de ses lèvres à quelques millimètres à peine des miennes. Je suis impardonnable. Que puis-je faire, pour expier mes fautes ?

Comment, par quelques mots à peine, parvient-il à m'insuffler une puissante envie de lui, cette luxure débordante, ce besoin impérieux de lui, de son corps, de ses mains, de sa bouche sur moi ?

— J'ai quelques petites idées, chaton susurré-je, à mon tour, mutine mais, pour le moment, je voudrais savoir si tu es celui qui a déposé cela, pour moi, cette nuit ?

Je me détache à regret de son corps, pour retourner devant la coiffeuse, et prendre le carnet entre mes mains, pour le lui tendre. Immédiatement, un frisson puissant de reconnaissance, une sorte de lien d'appartenance me submerge. Comme si ce carnet était à moi.

— Ce n'est pas moi, darling fronce-t-il les sourcils. Ce n'est aucun de nous, à vrai dire.

— Il serait apparu par magie, cette nuit ? haussé-je les yeux au ciel, prise, cependant, d'un doute.

— Le seul moyen d'en être sûr, est de demander à Angela soupire-t-il. De nous tous, elle est celle qui s'y connait le mieux, en ce qui concerne le surnaturel, ou, tout du moins, ce genre ci, de surnaturel.

Il n'a pas tort, malheureusement mais le montrer à Angela, me forcerai à ressentir cette angoisse croissante, ce malheur et, paradoxalement, ce vide profond, qu'elle ressent en elle, depuis le départ de Charlie.

Hochant distraitement la tête, je m'accroche à son bras, tandis qu'il me conduit à l'extérieur, où le soleil est déjà bien haut, dans le ciel tandis que mes pensées sont tournées vers d'autres horizons, bien plus incertains.

Depuis que nous sommes au courant, pour ce bébé, l'empathie, dont elle me parlait, lorsqu'il était question de lui, dans mes anciennes vies, semble s'être remis en marche, à mon plus grand malheur.

Ressentir le bonheur constant des autres, est une véritable bénédiction, en revanche, leur peur latente, leur peine, quand ils nous regardent, Jasper, Angie ou moi, me brise le cœur. Certes, je n'ai toujours pas accepté le fait que je sois obligée de mourir, pour que Jasper puisse triompher de Maria mais je garde toujours l'espoir de pouvoir, un jour, le retrouver, encore.

— Angie ? demandé-je, m'interposant entre elle et le soleil, sur son transat de bain.

— Oui ? répond-elle, d'une voix morne.

Bien, au moins, aujourd'hui semble être un bon jour, puisque, déjà, elle parle, lorsque l'un de nous lui pose une question. En soit, c'est déjà un grand pas vers sa guérison.

— As-tu déjà vu cela ?

Se redressant doucement, elle enlève ses lunettes de soleil de son nez, lentement, pour poser les yeux sur le carnet de cuir relié, et, instantanément, une étincelle de vie s'allume en eux. Tiens donc ! Il semblerait que Jasper a vu juste, encore une fois !

— Quand est-il apparu ? me presse-t-elle, d'une voix bien plus vivante que ces derniers jours.

— Cette nuit sursauté-je, sous l'appellation « apparu ». Je ne l'ai trouvé que ce matin, à mon réveil. Pourquoi ?

— Alors tu es prête souffle-t-elle, souriant doucement. Et l'assemblée devient concrète.

Je suis totalement perdue, mais, à force, je me suis faite à l'idée de ne jamais vraiment comprendre quoi que ce soit, en ce qui concerne la sorcellerie. Elle, en revanche, parait avoir totalement délaissée son blues pour quelques temps, et je compte bien en profiter pour passer du temps avec elle.

— Je ne comprends pas grimacé-je.

— La dague apparait toujours en premier, parce qu'elle est ce qui conduit Jasper à toi, à chaque fois commence-t-elle, s'asseyant calmement. Le carnet, lui, n'arrive que quand la fin commence.

— La fin ? gronde Jasper.

— Du calme major soupire-t-elle. La fin signifie seulement que, dans moins d'un an, chacun de vous vas mourir, pour, soit renaitre plus tard, soit s'éteindre, tout simplement.

— Bella ne mourra pas siffle-t-il.

— Elle meurt à chaque fois, Jasper sourit-elle, désolée, alors que les bras de Jazz se referment autour de moi. Je suis désolée, mais les choses doivent se passer, pour que vous puissiez triompher. En revanche, je n'en comprends pas pourquoi aujourd'hui.

Sa dernière phrase a été un simple murmure, mais chacun de nous, Elena mise à part, a pu l'entendre.

— Peut-être que je dois faire quelque chose d'important supposé-je.

Elle hoche la tête, perdue dans ses pensées. Quand ais-je arrêter de la regarder dans les yeux, de peur d'y voir apparaitre le reflet de sa douleur face au départ de Charlie ? Quand ai-je accepter que leur relation soit autre chose que purement amoral ?

Ces questions ont, vraisemblablement la même réponse. Depuis que je l'ai vue s'effondrer, le lendemain de nos révélations à mon père.

— Vos vies antérieures souffle-t-elle, prise, visiblement, d'une illumination subite. Je pense que, si le carnet t'est apparu, c'est parce que tu dois subir tes anciennes vies, pour savoir comment vaincre, cette fois ci.

— Hors de question ! s'exclament, en même temps, Rose et Jasper, nous faisant sursauter.

— Pourquoi ? froncé-je les sourcils, sentant la colère monter.

— La dernière fois que tu as revécue une de tes vies antérieures, tu en es morte, et si je ne t'avais pas revendiquée une première fois, en t'insufflant un peu de venin, nous t'aurions déjà enterré depuis cinq mois ! Je refuse Isabella.

C'est surement la première fois que je le vois utiliser sa grosse voix, tout comme il s'agit de la première fois que je sens l'effet du lien de compagnonnage. Cette force intérieure, qui semble me pousser à accepter l'ordre, est forte, très forte, même.

— Arrête cela, major grimacé-je, me postant devant lui, fermement ancrée sur mes jambes. Tu n'as pas besoin du lien, pour me contraindre, et je croyais que tu me laisserais toujours le choix, que j'aurais toujours mon mot à dire, dans une discussion.

— Mais tu n'es plus seule Isabella ! gronde-t-il, amoindrissant, tout de même, le lien. J'ai besoin de ce bébé dans ma vie autant que de toi. S'il te plait, réfléchis.

L'entendre plaider sa cause, en utilisant ces termes est surement la chose la plus proche d'une déclaration d'amour que je pourrais recevoir, de sa part, et c'est surement ce qui me fait flancher, légèrement avant de retrouver mes esprits.

— Angie, décris-moi le rituel demandé-je, mes yeux visés dans ceux de Jasper. A quoi cela ressemblerait il ?

— Tu vas le faire ? souffle-t-il, blessé. Après ce que je viens de te dire ?

— Je ne vais rien faire, en cet instant, Jazz soupiré-je. Je veux juste savoir dans quoi je m'engagerais, si je dois le faire. Si, par une simple incantation, je peux avoir l'équivalent de tout ce que je devrais mettre des années à apprendre, pour te sauver, pour sauver le bébé, alors je le ferai, mais pas sans conditions.

— Quelles conditions ? renifle-t-il, dédaigneux. La dernière fois, tu es morte ! Tu pourrais perdre le bébé, rien qu'en lisant cette incantation.

— Elle ne le pourrait pas.

Cette déclaration, de la part d'Angela, me fait dévier le regard, durant quelques secondes, vers elle, échappant ainsi à l'étau de ses prunelles émeraudes.

— Comment cela ? demandé-je.

— Durant une réminiscence professe-t-elle, se mettant debout, pour faire les cent pas tu es protégée, dans une sorte de bulle de protection, générée grâce au sel.

— Le sel, franchement ? hausse un sourcil Jasper. Et pourquoi pas un cercle de pierre, tant que tu y es.

— Le sel est un protecteur, dans la culture sorcière, major nie-t-elle, gardant un calme olympien, face au dédain de Jasper. En temps normal, j'aurai préconisé un cercle de feu, en plus de celui de sel, pour être sûr de garder Bella en sécurité, mais puisque cette maison est truffée de vampire, je pense que je pourrais m'en passer.

Etonnement, savoir que toute cette famille sera mise en danger, pour moi, me fait du bien alors que, l'an passé, savoir que les Cullen mettaient leur vie dans la balance m'a fait l'effet d'une pierre dans le cœur.

— Tu es rassuré ? demandé-je, tout de même, à Jasper.

— Je ne le serais que lorsque je saurais, dans son intégralité, ce à quoi ressemble ce rituel grogne-t-il.

Je comprends sa peur tout comme, je le sens, il comprend mon envie de me battre pour lui, pour le bébé, et pour moi, de même que pour notre famille. Alors, lentement, laissant à Angela le soin de s'éclipser, je m'approche, pour venir l'enlacer, ses bras me serrant fortement.

— Je veux y aller avec toi déclare-t-il, implacable.

— Ce sont nos vies antérieures Jasper souris-je. Nos vies à tous les deux. Je ne comptais pas partir visiter le passé sans toi.

Ses lèvres entrent brutalement en contact avec les miennes, dans un baiser passionné, et, instantanément, toute forme de protestation s'évanouit de mon esprit, lorsque ses mains passent sous le tissu fin de ma robe, pour venir toucher mes hanches.

— Tu n'as pas intérêt de mourir Swan siffle-t-il, à quelques centimètres de mes lèvres.

— Tout humain se doit de mourir Jazz, c'est dans l'ordre des choses souris-je, douloureusement.

— Mais tu n'es plus une humaine gronde-t-il.

— Et je ne suis pas, non plus, un vampire, ni même une sorcière soupiré-je, lasse de ce débat que nous avons, depuis des jours. Je ne sais pas ce que je suis, parce que je ne sais pas d'où je viens, et j'ai besoin de savoir cela, pour devenir qui je dois être.

— Tu es ma compagne sourit-il doucement. C'est la seule chose qui soit importante, dans l'équation.

Un amour, une joie et un soulagement sans borne m'arrivent, en différés, alors que je le ressentais déjà et c'est à ce moment-là, que je comprends, enfin, comment fait le bébé pour communiquer avec nous.

— Déjà puissant, alors qu'il ne fait que dormir et manger rit Jasper, bien plus détendu.

Le voir se préparer à devenir père est, en soit, une expérience en elle-même. Je ne compte plus le nombre de fois où, en trois semaines, je me suis réveillée, en pleine nuit, uniquement pour le voir porter un regard adorateur sur mon ventre, sa main fermement calée contre celui-ci.

Pourtant, il n'en perd pas ses caractéristiques de guerrier, au contraire même, puisqu'il affirme, maintenant, dans sa puissance, sa volonté, sa nécessité à me protéger, et redouble d'ardeur, dans les combats quotidiens, au grand damne des autres vampires recevant ses coups.

— Son père est un dieu souris-je il ne pouvait être que puissant.

— Et sa mère est ma déesse chuchote-t-il, ses yeux m'hypnotisant totalement.

— Vous pourriez arrêter de vous tripoter à longueur de journée soupire Elena. Il y a des gens qui aimeraient ne pas avoir à subir vos humeurs sexuelles en étant célibataires.

— Char et moi serions très heureux que tu nous rejoignes, poupée susurre Peter, s'approchant d'elle, dans la piscine. Tu sais bien que nous sommes pour le partage.

— Oui, merci grimace telle. Je te rappelle que ma chambre est juste à côté de la vôtre, donc, niveau partage, je sais que vous êtes très haut placés, dans la chaine alimentaire.

Angie revient de la maison, tenant un sac plastique, une boite, et un flacon entre les mains se fige quelques secondes, en voyant Peter dans le dos d'Elena, la tenant fermement contre lui avant de nous rejoindre en soupirant.

— Laisse-moi deviner, je suis partie cinq minutes, et il a eu le temps de lui proposer une orgie romaine ?

— Tu peux te joindre à nous, beauté lui fait-il, tout sourire. J'accueille toutes les âmes égarées, qui veulent rentrer dans le droit chemin.

— Le chemin de ton lit n'est pas forcément celui auquel chaque fille aspire, Peter soupire Elena.

— Vraiment ? sourit-il, l'éblouissant grâce à son sourire.

— Je… balbutie-t-elle.

— Oui ? accentue-t-il son sourire, fier de son effet. Que veux-tu ?

Je suis confuse. La première fois qu'elle a rencontré Jasper, elle n'a pas été éblouie, tout comme tante Gemma. Alors pourquoi, aujourd'hui, le charme semble-t-il opérer ?

— Elle est perdue, et elle ne sait plus qui elle est me souffle Jasper, répondant ma question. Son charme ne pourrait pas faire effet, si elle avait ses protections mentales.

— Comment cela ? froncé-je les sourcils, me tournant vers lui. Comment le fait de ne plus avoir de protections mentales, la fasse être réceptive au charme de ton copain pervers ?

— A cause de notre venin hausse-t-il les épaules, comme si cela coulait de source.

Ce qui n'est, réellement, pas le cas…

— Explique-toi, s'il te plait soupiré-je.

Vais-je, un jour, arrêter de me sentir si ignorante, sur le monde du surnaturel ?

— Notre venin est comme notre ADN fait-il, m'aidant à m'asseoir sur un transat, tandis qu'Angela commence à dessiner sur le sol. En règle générale, le venin d'un vampire, qu'il soit venimeux ou non, se décompose en trois essences.

— Comme toi qui sens la pomme, le caramel et le café ? supposé-je, m'attendant à enfin avoir une réponse.

— Correct hoche-t-il la tête. Il agit sur les humains, de la même manière que, pour vous, un parfum vous attire.

— Un parfum ? m'exclamé-je, totalement incrédule.

Nous ayant rejoint, après avoir déposé Elena sur un transat, appuyée contre Char, qui lui frotte le dos, en même temps que les cheveux Peter s'assoit sur le sol, prenant le relai de Jasper, dans son explication.

— Le parfum se décompose, généralement, en trois grandes notes commence-t-il. La première, la note de tête, est la plus volatile. Dans le cas de Jasper, par exemple, c'est celle du caramel. Elle représente son « surmoi », selon la théorie de Freud.

— Pour être plus précis rit Emmett, depuis la piscine elle représente surtout son côté coulant. Surtout avec toi, d'ailleurs.

— Dois-je te rappeler que tu ne fais pas le poids contre moi, Emmett ? susurre-t-il, s'amusant beaucoup de la situation.

— Pas vraiment, non secoue-t-il la tête.

— C'est bien ce que je me disais sourit-il, narquois.

Est-ce tous les hommes, ou bien simplement le mien, qui apprécie d'avoir cette supériorité, sur les autres ?

— La seconde ? demandé-je. Je dirais qu'il s'agit du café.

— Encore correct hoche Peter, la tête. Elle est la note de cœur, qui prouve ses origines. A quoi te fait elle penser ?

Il s'agit, surement, de la première fois que je me pose tant de questions, sur un sujet qui, en temps normal, ne m'attire pas. Cependant, je me prends au jeu, sortant la dague, pour avoir l'odeur à portée de senteur.

— Elle me fait penser aux terres arides du Texas soupiré-je, niaise, j'en suis sure. Elle me fait penser aux vieux saloon, et aux cow boys.

— Jasper est un cow boy, et il est texan, poupée rit-il. Tu as donc tout juste.

— Donc, si je comprends bien me remettant dans l'instant présent, et me redressant légèrement contre le major le café représente ce qu'il était dans le passé, à savoir, un cow boy, et le caramel représente son présent, c'est cela ?

L'idée même d'avoir un Jasper, tartiné au caramel, uniquement présent pour que je puisse le lécher fait un bien fous à mes hormones pré natales.

— Tu t'enflammes darling me souffle jasper, la voix basse et étouffée, voilée de désir.

— Pardon rougis-je, ramenant ma température corporelle à un degré acceptable. Nous parlions donc du café, n'est-ce pas ?

— Plutôt de la pomme, puisqu'il s'agit du dernier à t'expliquer offre Peter, feignant de ne pas avoir entendu notre échange.

Autant, lorsqu'il tient un sujet de plaisanterie, il ne lâche jamais l'affaire autant, quand il est question de nous laisser un minimum d'intimité, en mettant un mouchoir sur sa curiosité et son besoin de rire il est bien le seul à le faire.

— La pomme est la note de fond, dans le venin du major, elle renforce la note de cœur et la fixe, afin de faire durer le parfum. Pour Freud, c'est la partie la plus obscure, la plus impénétrable de notre personnalité. Sais-tu pourquoi ?

— Parce qu'il aime la compote ? balbutié-je, ne sachant, réellement, pas quoi dire.

Parfois, j'aimerais me souvenir de toutes mes vies antérieures, uniquement pour avoir la même somme de connaissance que tous ces vampires autour de moi, et surtout les ex-Cullen, qui, eux, ont eu droit à plus de cinquante ans de cours en université.

Un peu plus loin, à l'abri du hêtre, Angela appose sa dernière touche à son œuvre, me faisant me languir de ce que j'y trouverais, lorsque je pourrais enfin voir ce qu'elle fait alors que Rose, Emmett, Jasper et Peter rient sous cape.

— Je ne sais pas ce que vous faites, durant vos petits jeux sexuels, poupée rit plus fort Peter mais je ne verrais plus jamais le major de la même manière.

— Je suis ton créateur persifle Jasper, feignant la colère tu me dois le respect.

— Tu rigoles ? s'insurge-t-il. J'ai les moyens de te faire chanter pour le reste de tes jours, et toi tu me joues la carte du créateur ? Même pas en rêve major.

— Continue donc d'expliquer à ma compagne ta théorie sur le venin lève-t-il les yeux au ciel.

Cette ignorance va finir par me tuer, j'en suis sure. Coûte que coûte, il va véritablement falloir que je me plonge dans ces souvenirs, pour avoir une connaissance plus accrue de ce qui m'est encore inconnu.

— J'en déduis que tu n'as aucune idée ? demande Peter.

— Moi j'en ai une dit doucement Emmett, comme pris en faute. C'est un peu tiré par les cheveux, je te l'accorde, mais je me lance. Jasper est plus qu'un vampire, il est le premier vampire crée par Bella, le premier originel. En un sens, il représente son péché à elle.

— Je crois que je vois ce que tu veux dire souffle Rose. Il serait, en quelque sorte, la pomme qu'a mordue Eve, quand le serpent lui a tendue, dans la bible ?

— Je pense que oui hoche la tête Emmett. Je pense que Jasper est, certes, le dieu de la guerre, mais, selon la prophétie, il est aussi un dieu, tout court. Donc je ne trouve pas incohérent que la partie la plus sombre de sa personne, ce qui le définisse le plus profondément, ce soit cela. Le péché originel, la raison pour laquelle les Originels ont été créés.

Parfois, à cause de son attitude enfantine, et de ses blagues d'adolescent contrôlé par les hormones j'en oublie qu'Emmett est plus qu'un simple ado, et qu'il a surement suivi, lui-même, des cours avec ledit Freud.

— C'est très exactement cela, Em approuve Peter. Tout du moins, il s'agit de ma théorie, et elle expliquerait pourquoi Bella sent le vieux livre, la fraise et le freesia.

— Je sens le vieux livre ? m'insurgé-je, le vent se levant doucement. Vraiment Peter ? Je sens le vieux livre ?

— Poupée, tu es vieille de trois cents ans soupire-t-il. Même si tu es admirablement conservée, je dois bien l'avouer, tu n'en reste pas moins une femme de l'époque de mon arrière, arrière, arrière-grand-mère.

— Je pensais que le venin était un moyen de reconnaissance, entre deux vampires ? demande Angela, nous rejoignant, et évitant à Peter d'aller faire un vol plané.

— C'est le cas, Angie hoche-t-il la tête sinon, une humaine comme Bella, à ce moment-là, n'aurait pas pu en reconnaitre les notes.

Elle hoche la tête, son index tapotant furieusement contre son menton avant de hocher la tête, et nous emmener, Jasper et moi, vers le dessin qu'elle faisait au sol, tout à l'heure, à l'aide d'une craie blanche.

Le dessin s'est étoffé, avec les minutes qu'elle y a passée, et un pentagramme est désormais inscrit sur l'herbe, fait de pétales de fleurs rose pale, alors qu'une pierre est posée, dans chaque branche et qu'un cercle de sel entoure le tout.

— De la fleur de cerisier japonais ? l'interroge Jasper.

— C'est exact approuve-t-elle. Dans la culture japonaise, ces fleurs représentent le fait qu'il faille profiter de la vie, car celle-ci ne durera pas toujours. Je l'ai utilisée, tout comme Bella, la première fois, parce que vos vies suivent un cycle, et que, pour vous, elle continue à vous remettre sur le chemin, l'un de l'autre.

— Je croyais qu'elles représentaient la féminité et la fertilité froncé-je les sourcils.

— Une signification est un tout hausse-t-elle les épaules. Dans le cas présent, étant enceinte, elle t'aidera à vous protéger, toit et le bébé, de même que le sel qui est, je te le rappelle, un protecteur. Les fleurs de Sakura seront, elles le conducteur, pour tout dire.

— Donc, nous avons le sel protecteur, les fleurs conductrices, mais à quoi servent les pierres ?

Lesdites pierres sont au nombres de cinq, chacune dans une branche, et chacune d'une couleur différente.

— Les pierres sont le vecteur sourit-elle. A la pointe, tu as le rubis, pour le feu. Vient ensuite le lapis lazulis, pour l'eau, puis l'opale, pour le vent, le saphir jaune pour l'électricité, et, enfin l'améthyste, pour l'empathie.

— Chaque pierre a, elle aussi, une signification ? froncé-je les sourcils.

— Pas dans ce cas précis, non secoue-t-elle la tête. Ce sont juste des pierres, qui ont des vertus, parce que tu les leur as insufflées, au cours de tes vies.

— Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir, aussi, placée une pierre pour le bouclier ? demande Jasper.

— Parce qu'il s'agit d'une contraction de deux de ses pouvoirs, et que, de ce fait, vous visionnerez, tous les deux, le souvenir qui leur est associé.

— Explique-toi la somme le major.

Je dois bien lui accorder cela, elle est courageuse. Moi, à sa place, j'aurais surement détalé, sous la puissance que dégage la voix de Jasper, lorsqu'il lui fait cette demande.

— Pour insuffler un souvenir, et créer une pierre, il faut que la personne soit déjà morte une fois, et renaisse de ses cendres.

— Donc je ne pourrais voir que les souvenirs de cinq de mes vies antérieures ? soufflé-je, incertaine.

— Non nie-t-elle. La lame de ta dague est faite en aigue marine, recouverte d'argent. Lorsque vous avez échangé vos sangs, dans votre dernière vie, tu y as en a mis un, mais je ne sais pas lesquels vous allez visiter.

C'est logique, je suppose, comme raisonnement, mais je peine réellement à croire qu'il soit si simple de voyager dans le temps. Que se passera-t-il, si nous voulons interférer ? Que se passera-t-il, si nous intégrons nos corps de l'époque, comme lorsque j'ai fait ma première transe ?

— Lorsque vous entrerez dans le cercle, vos caractéristiques d'originels et de vampires disparaitrons. Vous ne serez plus que de simples humains.

— Sans aucun moyen de nous de défendre ? gronde Jasper.

— Vous ne visiterez vos souvenirs que sous forme de fantôme approuve-t-elle. Vous ne pourrez, ni interagir avec vos vous passés, ni sortir du souvenir. En revanche, en ce qui concerne le bébé, je ne sais pas ce qu'il fera.

— Pardon ? s'étouffe Jazz.

— Il ne peut pas être touché par le rituel, puisque son sang n'entre pas dans l'équation, alors va-t-il garder ses pouvoirs ? Va-t-il, lui aussi, être un humain normal ? Je n'en sais rien. Il s'agit de la seule inconnue.

— Darling, c'est trop dangereux soupire-t-il, en se tournant vers moi. Autant pour nous que pour lui.

Il n'a pas tort… Ce projet est trop nébuleux pour être réalisé sans filet mais, d'un autre côté, c'est là moi du passé, qui était, elle aussi, enceinte, qui l'a fait, alors pourquoi devrais-je avoir peur ? Le bébé me « répond » en m'insufflant une vague de confiance, que Jasper doit, lui aussi ressentir, puisqu'il gémit de dépit.

— Je suppose que je n'ai pas mon mot à dire déclare-t-il, amer.

— Bien sûr que si, tu en as le droit, tout comme moi soupiré-je, déjà fatiguée, alors que midi n'a pas sonné mais le bébé à plus de trois cents ans, et il a, lui aussi, son mot à dire. Merde jasper Il est plus vieux que nous !

— C'est une façon de voir les choses rit Angela.

Mon regard plongé dans celui de Jasper, je peux le voir lutter contre lui-même, se battre contre son instinct qui lui dit qu'il s'agit d'une très mauvaise idée puis, lentement, il rend les armes, soupirant, vaincu.

— D'accord.

Une double vague de gratitude l'atteint, provenant du bébé et de moi, lui arrachant un léger sourire, à peine visible, sur son visage baissé au sol.

— Que devons-nous faire ? soupire-t-il.

— Mettez-vous au centre du pentagramme, avec le carnet nous dit Angela, nous laissant le temps de faire tout ce qu'elle nous annonce. Ouvre le grimoire à la première page, tu y trouveras l'incantation.

Croit-elle réellement que je sache décrypter le latin ? Surtout un vieux latin, presque effacé, sur du papier jaunis par le temps ? Est-elle folle ?

— « Par ce sang j'en appelle, passés oubliés par le sommeil éternel, le Phoenix à renaître de ses cendres, laissez-moi voir ces souvenirs, pour que ne meurt jamais décembre » récite jasper, la tête penchée légèrement sur le côté. Un petit côté poète, darling ?

— Je ne pouvais pas être que jolie, à l'époque souris-je, levant les yeux au ciel.

— Tu n'auras qu'à réciter les mêmes mots que Jasper m'informe Angela. Pour débuter le rituel, vous devez vous entailler l'annulaire gauche.

Voilà pourquoi l'idée même d'être une sorcière est stupide ! A chaque fois, il faut se trancher le doigt, et adieu toute dignité, une fois que l'on s'est évanouie, à la vue du sang…

Pourtant, lorsque je le fais, une soif qui, jusqu'alors, m'étais inconnue, me prend aux tripes, et je me retiens à grand peine, de ne pas porter mon doigt à mes lèvres, pour en sucer ce liquide carmin si tentateur.

— Inspire, et expire darling murmure Jazz, sa main sur ma joue. C'est la partie vampire du bébé, qui parle.

— Je ne veux pas boire de sang Jasper soufflé-je horrifiée, alors que ma main arrive à ma bouche. Ma tête refuse de me faire faire cela, mais mon corps ne veut pas écouter Jazz.

Il n'a pas le temps de dire quoi que ce soit, malheureusement. Comme au ralenti, mon doigt entre en collision avec mes lèvres, et un puissant gémissement de bonheur m'échappe, alors que mes dents appuient fermement sur les bords de la blessure, pour la faire suinter encore plus.

J'aspire le plus possible de liquide, m'abreuvant comme si je n'avais jamais bu de ma vie, avant que Jasper ne tire ma main jusque lui, et me tende son bras. Alors, instinctivement, je plante mes dents dans son poignet, reproduisant, encore une fois, la même action, sentant des larmes de désespoir rouler sur mes joues.

— Arête toi, darling souffle Jasper, sa main dans mes cheveux, alors que le bout des doigts de l'autre caresse ma joue.

— Mien grondé-je, guidée par un instinct que je ne connais pas, toutes dents sorties.

— Je sais sourit-il, un peu plus blanc que d'habitude. Je suis à toi, pour toute l'éternité, mais j'ai besoin que tu reprennes le contrôle.

— Soif gémis-je, pitoyablement.

— Penses- tu pouvoir te contrôler, le temps de la transe, si je m'arrête de te nourrir tout de suite ? fronce-t-il les sourcils, réfléchissant rapidement.

J'en fais de même, pensant très fortement à oublier cette soif dévorante, qui me broie la gorge, mais je n'y parviens pas totalement. Il me reste encore le gout acre et fruité de son sang, sur la langue, et la saveur en est divine.

— Je crois déclaré-je, après quelques minutes de concentration, pour retrouver un calme apparent.

— C'est incroyable souffle-t-il. Pour un nouveau-né, tu as un contrôle véritablement bluffant.

— Elle n'est pas réellement un nouveau-né, major lui rappelle Char.

— Elle le devient secoue-t-il la tête. Elle gagne, petit à petit, en beauté, encore plus qu'avant, elle se déplace plus vite, et elle réfléchit plus vite.

— C'est vrai lui accorde-t-elle. Mais je crois que c'est le bébé, qui parle, quand elle a cette soif de sang.

— Mais ce sont ses crocs à elle, qui ont bu mon sang.

Prise de remord, je baisse mes yeux sur son poignet encore fraichement marqué par la silhouette de mes dents profondément enfoncées dans sa peau, et les larmes se remettent à couler.

Dans un geste vain d'apaiser sa plaie, je porte sa main à ma bouche, sortant ma langue, pour la faire serpenter sur la cicatrice, sentant mon venin venir fermer la plaie, à mesure que je gagne du terrain.

— C'est le mieux que je puisse faire m'excusé-je. Je ne sais pas comment m'y prendre.

— C'était parfait darling susurre-t-il, de sa voix si basse et si sensuelle. Tu es parfaite.

Un léger sourire fier s'épanouit sur mon visage, puis je préfère détourner mon regard de ses prunelles émeraudes, de peur de m'y noyer trop profondément, pour pouvoir, un jour, en ressortir, et finir ce putain de rituel.

— Nous reprenons ? soufflé-je, reprenant ma respiration.

Hochant la tête, il reprend sa position, face à la mienne, assis en tailleur, le livre ouvert devant lui, sa main enserrant la dague, alors qu'il en fait glisser la pointe sur la pulpe de son doigt, le faisant perler de sang puis me le passe, pour que je m'entaille un peu plus, détournant, cette fois ci, le regard. Hors de question de recommencer cette petite scène avant un moment.

— Vos sangs doivent entrer en contact nous apprend Angela.

Ce ne sera pas bien compliqué, puisque nos deux paumes ruissellent, et commencent même à couler sur nos poignets… Avec résistance, je place ma main gauche sur son avant-bras, et lorsque nos deux sangs entrent en contact, je sens une sorte de liaison s'établir, entre nous.

— « Par ce sang j'en appelle, passés oubliés par le sommeil éternel, le Phoenix à renaitre de ses cendres, laissez-moi voir ces souvenirs, pour que ne meurt jamais décembre » dit-il, de sa voix chantante, faisant assez de pauses pour que je puisse répéter en même temps.

Alors, se produit le même phénomène que lorsque j'étais sur la tombe de la comtesse. Je me sens aspirée de l'intérieur, comme si une force invisible me tirait vers le bas, dans la terre, jusqu'à ce que je comprenne que non, ce n'est pas dans la terre, mais vers les pierres, qu'elle se dirige.

Pourtant, j'ai une conscience accrue de ce qui m'entourent. Je sens le vent et la chaleur du soleil j'entends les voix des autres, autour de nous, assourdies, comme au travers d'une vitre et puis, dans tout cela, je sens la conscience de Jasper me rejoindre, et s'arrimer à moi, tandis que nous « tombons », enfin sur le sol.

— Darling ? souffle la voix de Jasper, à mes côtés. Où es-tu ?

— Ici l'appelé-je doucement, touchant l'emplacement où je pense se trouver son bras.

Immédiatement, comme si nous avions été baigner dans un bain de fumée blanche, le monde autour de nous, qui, à notre arrivée, était fait de noir et blanc, nous apparait en couleur, et les sons se joignent à celles-ci.

Tous les deux assis à même le sol, comme lorsque nous avons prononcés l'incantation, j'essaye de me relever le plus vivement possible, échouant, cela dit, lamentablement, jusqu'à ce que la main de Jasper se tende dans ma direction.

Alors que je m'attendais à rencontrer une surface vaporeuse, comme si nous étions des fantômes, comme nous avait prévenu Angela la main de Jasper est ferme, dure, et chaude à la fois, sous mon toucher.

— Sais-tu ou nous sommes ? me demande-t-il, une fois que je suis debout, à ses côtés.

— Malheureusement oui soupiré-je, sachant, par avance, ce que je vais voir. Nous sommes dans la foret derrière le plateau des buchers, à Salem, à environ quatre kilomètres.

Je me souviens bien de ce jour où, après une nuit blanche, à refuser de revivre encore une fois, un de ces rêves étranges, où Jasper m'apparaissait je suis partie me promener dans les bois pour trouver un endroit qui me fasse penser à mon rêve, une façon d'être proche de lui.

— Est-ce dont tu te souviens ? me demande-t-il, touchant le bas de mon dos pour me ramener à ce qu'il se passe devant nous.

— Non soufflé-je, hypnotisée par ce que je vois. Je n'ai vu que la seconde partie.

Devant nous, le Jasper de l'époque est debout, devant la comtesse, tenant ses mains, alors qu'un sourire extrêmement doux barre ses traits, et que ses yeux brillent de plaisir. Mais c'est surtout le visage de là moi du passé, qui me stupéfie sur place.

Pas une once de peur, pas une once de regret, de doute, pas la moindre trace de suspicion sur ce qu'il va advenir d'elle, avant la fin de la nuit. Non, tout ce qu'elle voit, c'est qu'elle est en train de se marier avec l'homme qu'elle aime, l'homme que j'aime, moi aussi.

— Comment fait-elle ? soufflé-je. Comment fait-elle pour ne pas avoir peur ? Comment parvient-elle à être si sure d'elle, alors qu'elle va s'enchainer à un homme pour le restant de ses jours ?

— Le restant de ses jours s'achève ce soir darling me répond -il, son humour noir me faisant frissonner. Tu n'aimerais pas être à sa place ?

— Mourir ne fait pas partie de mes résolutions pour la nouvelle année, Jazz soupiré-je, levant les yeux au ciel.

— Je te parlais du mariage, darling.

Je hausse un sourcil, dans sa direction, ne comprenant pas pourquoi il me pose cette question, jusqu'à ce que je le sente.

Au début, ce n'est qu'un lien tenu, à peine plus fort que lorsque le bébé tente de communiquer avec moi et puis, d'un coup, comme si le bouton du son était tourné à fond, je ressens toutes les émotions de Jasper.

L'amour et la confiance se battent la première place, puis, à peine cachée sous tout le reste, sous la peur latente, le désir toujours présent, et l'instinct de protection il y a cet espoir, un espoir que, lui-même, semble avoir du mal à contrôler.

— Tu veux te marier ? demandé-je, parfaitement incrédule. Mais je n'ai que dix-huit ans Jasper !

— Techniquement, nous en avons, tous les deux, plus de trois cents, Darling sourit-il, cachant admirablement son espoir qui s'épuise peu à peu. Mais, oui, je voudrais me marier avec toi, un jour. Je voudrais que tu m'appartiennes corps et âme, je voudrais être à toi de toutes les manières possibles, de la même manière que tu m'appartiens. Être compagnons ne me donne aucun droit légal, que ce soit sur notre enfant, ou même sur nous.

Sa demande, – d'ailleurs, est-ce bien une demande ? –, me fait l'effet d'un coup de massue en plein crane. Jamais, entre nous, il n'a été question d'officialiser quoi que ce soit, alors pourquoi maintenant ?

— Je ressens ta confusion, c'est extrêmement étrange, je trouve rit-il, légèrement amer.

— Je crois qu'Angela avait raison, de ne pas s'avancer, en ce qui le concernait acquiescé-je. Je peux te sentir, je peux sentir le Jasper d'antan, mais, là moi de l'époque me reste parfaitement impassible.

— Tu le sens aussi ? s'exclame-t-il, détournant les yeux vers la scène entre les arbres, son visage souriant de manière nostalgique. Pour moi, c'est l'inverse. Je sens tes émotions, et celle de la comtesse, mais celles de mon moi de l'époque me sont inatteignables.

— Penses-tu qu'il y ait une raison à cela ? froncé-je les sourcils.

— Je crois que seul le bébé pourrait nous répondre, et, malheureusement, personne ne nous a fourni de manuel sur comment communiquer avec un embryon empathe lance-t-il désabusé.

Je hoche la tête, un léger sourire m'échappant, alors que ses bras viennent s'enrouler autour de mon ventre, ses mains se posant sur celui-ci, pour le caresser doucement, au travers du tissu.

Pendant ce temps, devant nous, cet amour si profond que ressent le Jasper d'antan me donne l'impression de planer totalement, comme si j'étais sous drogue, et j'adore cette sensation. Serait-ce réellement comme cela, qu'il se sentirait, si nous devions nous marier ? Aurait-il, lui aussi, l'impression de voler ?

— C'est hallucinant de voir une version précédente de toi, qui se sent parfaitement comblée, alors qu'elle est sur le point de se marier soupire-t-il de bonheur tandis que la version 2.0 de toi est totalement pétrifiée, lorsque le mot est avancé.

— Je ne suis pas pétrifiée, quand le mot est avancé sifflé-je, de mauvaise humeur.

— Darling rit-il la dernière fois qu'un homme te l'a proposé, tu as offert un buffet chaud à tout un clan de vampire assoiffé, qui ne se contrôlait pas vraiment.

Il n'a pas tort, malheureusement. Pourtant, depuis ce jour, j'ai appris de mes erreurs, j'ai compris à quel point, avec la bonne personne, un amour inconditionnel pouvait être beau, pouvait, même, être tout ce que je désirais. Alors pourquoi pas le mariage ? Après tout, je suis déjà enceinte, alors que pourrait-il m'arriver de pire ?

Pourtant, le pire arrive devant nos yeux quand, sortant de partout et de nulle part en même temps, des villageois, armés de fourche et de faux, arrêtent la cérémonie, les entourant, tous les deux de liens étroitement serrés, avant de les tirer sur la place.

— Comment fais-tu ? grimace Jazz. Comment fais-tu pour ressentir tellement d'amour, alors qu'ils te prennent ton bonheur, et que tu vas mourir ?

Sa main dans la mienne, trébuchant, en se tenant l'emplacement de son cœur, tandis que des larmes perlent dans ses yeux il peine à garder le rythme, pendant que nous suivons le cortège jusqu'en place publique.

— Parce qu'en se sacrifiant, elle lui assure une protection soufflé-je, émue malgré moi. Elle lui offre, en donnant sa vie, la possibilité de vivre la sienne, en honorant son vécu.

Je ne sais s'il s'agit d'une prouesse du bébé, ou même d'une action de mon bouclier mais le désespoir abyssal du Jasper retenu par des cordes me parvient en différé, amoindrissant le choc qu'il subit, de voir sa fiancée être attachée, pieds et poings liés, contre un pilon, alors que lui ne peut rien faire.

— Tu n'as même pas peur souffle-t-il, les yeux rivés sur la comtesse. Tout ce que tu ressens, c'est ce putain d'amour, à chaque fois que tu me regarde.

— C'est fascinant, l'être humain, n'est-ce pas ? murmuré-je, le regard fermement ancré sur celui de l'ancien Jasper. Tu as tellement mal Jazz…

Cette dernière phrase est une supplique que je lui lance, comme s'il pouvait faire quoi que ce soit, pour lui empêcher de ressentir cette douleur lancinante, ce désespoir croissant, alors que les villageois se mettent à crier.

— A mort la sorcière ! crie une femme, avant d'être reprise par la foule.

Je la ressens encore, dans tout mon corps, cette chaleur résiduelle, cette douleur crée par le feu léchant ma peau, l'odeur de cheveux qui brule. Cependant, impitoyable, sa bible à la main, le prêtre reprend la parole, après ses prières.

— Comtesse Cigno, vous êtes accusée de sorcellerie, d'avoir pervertie un homme bon, mon apprenti, et de l'avoir détourné du droit chemin s'exclame-t-il. Avez-vous quelque chose à dire, pour votre défense ?

— Sans deconner ? grimace Jasper. De tous les métiers que j'aurais pu faire, il a fallu que je devienne prêtre ?

— Ne t'en fais pas, chaton parviens-je à me dérider, durant quelques secondes je t'ai détourné du droit chemin.

— Finalement, c'est peut-être toi, ma tentation originelle rit-il, à demi.

— Je refuse de manger de la compote jusqu'à la fin de ma vie.

Sachant parfaitement ce qu'il va se passer, je détourne la tête, la plongeant contre le torse de Jasper, refusant d'assister, encore une fois, à la mort de la comtesse. Une vie à se sacrifier, pour sa famille, pour sa ville, puis pour finir, pour l'homme qu'elle aime, pour quoi ? La mort, et uniquement la mort…

— Je souhaite que, par ma mort, vous trouviez tous le repos éternel fait Isabella, cachant à quel point la situation la faisait souffrir. Et toi, mon amour, je te promets que je te retrouverai, où que tu sois, sur cette terre, je te retrouverai. Je t'aimerai pour l'éternité.

A l'instant où ses mots résonnent dans le silence de la place, l'odeur des brindilles commençant doucement à brûler se repend dans les airs, puis arrive l'insurmontable, ce qui me met à genoux, entrainant Jazz dans ma chute.

La douleur de Jasper, des deux Jasper, est intolérable. Ressentir ce désespoir si profond, cette abyme de haine, de colère et de souffrance est parfaitement insupportable, tandis que des cris d'animaux blessés me parviennent.

Ce n'est que lorsque je sens la chaleur du feu augmenter, et l'emprise de Jasper se resserrer sur moi, plongeant sa tête dans mon cou, et des larmes couler sur la peau de celui-ci que je comprends que ces cris, ce ne sont pas ceux de l'un des deux Jasper, ni même ceux d'un villageois.

Ce sont les miens. Ce sont des cris de détresse, des cris de douleur atroce, en réponse à celles que ressentent les deux hommes de ma vie. Comment peut-on, en étant toujours humain, ressentir une souffrance aussi puissante, et parvenir, malgré tout, à se relever.

— C'est terminé me chuchote la voix de Jasper dans mon cou, après ce qui me semble être des heures. Tu es partie.

Sa voix se casse, sur ce dernier mot, sur lequel il a buté. La douleur ne part pas de son corps, et sa détresse est toujours aussi flagrante, mais il parvient à garder la tête haute, alors que des sillons de larmes marquent toujours ses joues.

Je n'aurais jamais cru voir ce dieu, le dieu de la guerre, perdre ses moyens devant ma mort, devant l'une de mes morts, pour être plus exacte, mais c'est ce qu'il vient de se passer, et le voir dans cet état me chamboule plus que je ne l'aurais prévu.

— Mais je reviendrai tenté-je de sourire, ravalant mes sanglots, alors que je perçois toujours la douleur de l'autre Jasper. Je reviens toujours, je reviendrai toujours, je te l'ai promis.

J'ai essayé, de mettre toute ma persuasion, dans ces mots, mais même lui a bien compris que je cherche surtout à me convaincre moi-même, plus que lui parce qu'il faut être réaliste, j'ai très peu de chances de finir en vie à la fin de ce combat, et cette perspective me tétanise.

— Je refuse de te voir, encore une fois, mourir, darling déclare-t-il, d'une voix bien plus assurée, mais marquant, tout de même, une certaine fêlure.

— Je suis le Phoenix, bébé souris-je amère. C'est mon boulot, de mourir, pour mieux te revenir.

L'action se passe en quelques secondes, mais il parvient à me renverser sur le dos, ses mains de chaque côté de ma tête, ses yeux pleins d'une détermination froide fermement plantés dans les miens. Malgré tout ce qu'a bien pu nous dire Angie, même dans ce monde étrange, je parviens à sentir le major, sous le ton de sa voix, ou dans les inflexions de ses mots.

— Tu as tout un intérêt à le faire, ma belle susurre-t-il, implacable parce que, sinon, je me ferais une joie de venir te retrouver en enfer, et te tuer de mes mains.

— Tu n'en fais pas un peu trop ? soufflé-je.

Ses poings se referment sur la terre du site, ce qui, pour moi, me paraissait impossible, improbable, même mais, lentement, une simple nostalgie remonte à la surface, pour que l'émeraude de ses prunelles se voilent, l'espace d'un instant.

— J'ai traversé l'enfer pour toi, alors que je ne me souvenais même plus de ce qui nous liait, darling soupire-t-il, plaçant sa tête dans mon cou, durant quelques secondes. Je suis prêt à recommencer autant de fois qu'il le faut, juste pour toi. Parce que c'est toi.

La sensation d'aspiration, comme lorsque nous avons prononcé la formule, revient, m'empêchant, ainsi, de devoir lui répondre mais, de toute façon, j'en aurais bien été incapable. Sentir son amour pour moi, sans aucune barrière, m'a mis à fleur de peau.

UQDT * J/B * UQDT

POV Jasper

La voir bruler sur ce putain de bucher, se tordre dans ces putain de flammes, et garder, quand même son air si confiant, si doux, a été une véritable torture. Comment peut-elle ressentir tant d'amour, tant de dévotion, pour une personne, alors que sa fin est sur le point d'arriver ?

Je ne parviendrais, surement, jamais à percer à jour le mystère qu'est Isabella Swan, sur ce point, j'en ai déjà tiré mes conclusions mais pouvoir ressentir cette même émotion, chez ma Bella, cela a eu l'effet d'annihiler toute forme de protection, dans mon être.

Je n'avais pas prévu de lui apprendre, textuellement, ce que j'avais ressenti, après ma transformation, mes années de loyauté à Maria, ma fuite avec Peter et Char, ma rencontre avec Alice et ma vie avec les Cullen pourtant, je n'en regrette pas un seul mot.

Elle est surement la seule personne à m'avoir vue pleurer, depuis ma petite sœur, lorsque j'étais encore humain et, en un sens, mon besoin de la protéger, de l'enfermer dans une cage de verre s'est accru. J'avais simplement oublié un point : Bella Swan n'est pas le genre de femme que l'on peut se permettre de mettre en cage.

Cette envie de me marier, celle dont je lui ai fait part, au début de ce périple dans nos souvenirs n'est pas nouvelle. Depuis des semaines, à vrai dire, depuis que Rose m'a rendu la bague de ma mère, je pèse le pour et le contre, pour la lui donner.

Pourtant, j'aurais pensé, après près de cinquante ans à être marié au lutin trop pétillant qu'est Alice que cette folie, ce besoin typiquement humain, me serait passer. Mais je me voilais la face, encore une fois.

L'idée même de la voir remonter l'allée, dans une petite robe blanche, toute simple, ses cheveux lâchés au vent, et, peut-être même, son ventre rond, voilà ce qui finirait de me rendre parfaitement heureux.

— Jazz ? m'appelle-t-elle. Tu es toujours avec moi ?

Je peux percevoir une note d'humour, derrière sa question, et ce simple fait me réchauffe de l'intérieur, après ses cris de souffrance inhumains, qu'elle a poussé, tout à l'heure, quand nous étions encore sur le plateau de Salem.

Là, autour de nous, un château de pierre brut à remplacer les buchers, et un nombre incalculable de personnes portant des couleurs bien trop chatoyantes nous entourent.

— Où sommes-nous, d'après toi ? froncé-je les sourcils.

Cette manière de porter un justaucorps et des bas des soie, une veste longue et un jabot blanc je me souviens parfaitement d'avoir entendu mon ex-femme en parler. Le XVIIIème siècle.

— Aux environs de 1720, je dirais, si mes souvenirs sont bons tapote-t-elle son menton avec son index. Je n'ai plus trop souvenir de cette partie des carnets de mes vies antérieures.

Si, l'an passé, à la même époque, l'on m'avait dit que je serais entrain de voyager dans le passé, accompagné de ma compagne, la vraie, et non cette invention que m'a sorti Alice je n'y aurais pas cru.

Et pourtant, je me retrouve ici, en tant que « fantôme », à regarder les paysans tenter de se mêler à la foule des nobles, tout en gardant le retrait et la dévotion qu'ils doivent à leurs seigneurs.

— L'époque du rococo grimacé-je, retenant sa main dans la mienne. L'une des pires périodes pour les hommes, si tu veux mon avis.

— C'est sûr que les collants et les culottes, c'est tout de suite moins viril que la tenue de soldat approuve-t-elle, retenant un rire.

— Je suppose que tu ne me permettras jamais de l'oublier, je me trompe ?

Lorsqu'elle secoue la tête, fronçant son petit nez, les yeux pétillants de malice je sais que toutes les cartes dont pensaient disposer Peter et Emmett, pour me faire chanter ad vitam aeternam, viennent d'augmenter.

— Tu es là ! s'exclame-t-elle, tendant son doigt devant elle. Je ne te reconnais pas, mais je peux sentir tes émotions.

Intrigué, je regarde la personne qu'elle me montre, et, franchement, si je n'avais pas eu sa certitude, qui émane de son corps je n'aurais jamais cru que ce grand brun, à l'air patibulaire, mais aux yeux doux, soit mon moi passé.

— Tu es pas mal, dans le genre glaçon approuve-t-elle.

— Toi, en revanche soufflé-je, éberlué tu es magnifique.

Et elle l'est… Vêtue d'une longue jupe de satin ressemblant à une grosse cloche, d'un rouge tirant sur le noir, un bustier en velours et taffetas brodé des mêmes couleurs, ses cheveux relevés en un chignon complexe dont des fleurs rouges viennent parachever le tout elle est tout simplement divine.

Elle siffle, appréciatrice de la vision, tandis que, de mon côté, je continue de contempler la perfection incarnée qui navigue entre les invités, sa peau d'albâtre contrastant avec la noirceur de son ombrelle, elle-même ayant de nombreux nœuds de soie rouge piquetés dedans.

— Juste une fois soupiré-je, emmenant à voix haute, ce que je pense tout bas fais-moi l'amour une seule fois comme cela, et je te promets d'être entièrement à tes ordres. Totalement soumis à toi.

Moi-même, je ne sais pas ce qu'il m'a pris de lui faire cette demande, mais l'idée même que, lorsqu'elle sera, enfin, transformée totalement, elle ressemblera à cela me donne des envie de luxure inconsidérés.

— Le major se laisserait dominer si facilement par une femme ? hausse-t-elle un sourcil. Je ne le pensais pas ainsi.

Elle n'a pas idée à quel point la vague de jalousie qu'elle ressent ferait ronronner de plaisir le major, s'il était présent.

— Pour toi, darling, je suis prêt à tout susurré-je, lui attrapant la taille.

Et c'est un fait ! L'enfer est pavé de bonnes intentions, mais le paradis est truffé de femmes lui ressemblant, et rien que pour cela, je suis prêt à faire un nombre incalculable de bonnes actions, si elles me permettent d'avoir cette fille-là, pour l'éternité.

— Milady sourit doucement le moi d'avant. Vous êtes vraiment radieuse, ce soir.

— Je ne l'ai fait que pour vous plaire, mon cher rit-elle doucement, plaçant sa main sur son avant-bras.

— Le rouge est-il un rappel à mon intention ? hausse-t-il un sourcil.

— Je vous l'ai dit, très cher susurre-t-elle, joueuse je n'ai fait tout ceci que pour vous. Vous êtes le seul à savoir ce qu'il se cache sous la robe.

Est-ce moi, ou bien sont-ils en train de flirter allègrement, sous le regard de tout le monde, à grand réconfort de flatteries ? Visiblement oui, si j'en juge l'éclat de rire de Bella, à mes côtés.

— Même à l'époque, j'étais nulle pour te draguer rit-elle.

— J'ai souvenir que tu as su parfaitement le faire, pourtant susurré-je, à mon tour, mes mains passant sous sa petite robe d'été, une fois que je me suis mise devant elle.

— Tu m'as bien aidé souffle-t-elle, se perdant dans mes yeux.

Qu'il est grisant, de ressentir cette attraction avec elle, alors que je n'ai aucun moyen de la contrôler par mon don… Tout ce que je peux faire, c'est ressentir sa luxure, encore et encore, quand elle me touche ou me regarde, dans ce rêve éveiller, et je souhaite réellement ne jamais me réveiller.

— Nuance, très chère soufflé-je, à quelques centimètres de ses lèvres je t'ai charmé.

— Allumer serait plus exact ; rit-elle. Tu as passé des jours à me donner des orgasmes juste avec ton don Jasper !

— Dis-moi que tu n'as pas aimé la défié-je. Dis-moi que tu ne t'es pas demandé un nombre incalculable de fois, comment faire, pour m'arracher mes vêtements, et me laisser te prendre sauvagement contre la commode de ta chambre.

Ma conscience accrue de ce qu'il se passe, autour de nous, me permet, uniquement d'avoir conscience que, au XVIIIème siècle, ou maintenant, notre relation est toujours aussi fusionnelle, toujours aussi passionnée.

Lentement, autour de nous, le décor change, en même temps que nos deux nous s'échappent de la salle de bal, pour monter dans les étages mais les yeux de Bella sont toujours aussi perdus dans les miens.

— J'ai aimé souffle-t-elle, détournant le regard. J'ai aimé, tout comme j'aime chacun de nos moments à deux, même si, maintenant, nous avons quatre vampires pour nous tenir compagnie. Mais je ne regrette rien.

Comme, moi, je regrette de ne pas avoir ouvert les yeux plus tôt… Peut-être aurais-je réussi à lui éviter sa phobie du mariage, peut être aurais-je réussi à lui enlever ses insécurités… une liste longue comme le bras de « peut-être » me viennent, mais aucune n'est envisageable.

Même si j'avais accepté mes sentiments plus tôt, même si j'avais accepté notre lien plus tôt tout ce qu'il s'est passé, ces deux dernières années, a été important, parce qu'il l'a forgée, a fait d'elle la battante, la guerrière qu'elle est, et qu'elle va, encore, devenir.

— Que crois-tu que nous devions apprendre de ces voyages ? me demande-t-elle en soupirant, comprenant que je ne dirais rien. Pourquoi crois-tu que là moi d'avant ait inscrit cette formule ?

— Je n'en ai aucune idée grimacé-je, entendant, déjà, les soupirs de plaisirs de la-elle d'avant, comme elle s'appelle.

— Je pensais que cela nous permettrait de comprendre comment invoquer tous mes pouvoirs en même temps, mais je commence à en douter souffle-t-elle. Tout ce que je parviens à comprendre, c'est que, les nous d'avant, ont la même proportion que les nous de maintenant, à ne pas parvenir à garder leurs sous-vêtements en place.

Quelle bien jolie façon de la dire ! Je m'apprête à lui répondre, quand un phénomène étonnant se produit, autour de nous, dans le couloir.

Alors que les cris de plaisirs de Prudence, le nom de son ancienne vie, nous parviennent, augmentant crescendo l'eau des vases contenant les fleurs se met à bouillir, de même que les fleurs, elles même, se mettent à crépiter doucement.

— Qu'est-ce que c'est que cela ? bredouille-t-elle. Qu'est-ce qu'il se passe ?

— Je crois que c'est ton pouvoir qui se déclenche, darling souris-je.

— Ce n'est pas possible réfute-t-elle. Je ne suis censée parvenir à le contrôler que lorsque tu te noieras.

— Et pourtant, tu es la seule sorcière que je connaisse, à des kilomètres à la ronde.

Les cris augmentent, ajoutés à ceux, plus gutturaux de Terrence, dont je ne me souviens le nom qu'en l'entendant être crié par elle et lorsque son orgasme la submerge, les fleurs s'enflamment totalement, pour, ensuite, être douchées par les geysers d'eau qui sortent des vases.

La puissance de cette femme m'impressionne, et le fait qu'elle ne s'en rende pas compte me fascine. Comment peut avoir le monde au creux de sa main, et, pourtant, avoir l'air aussi chétive qu'une petite fille ?

— C'est moi qui ai fait cela ? souffle-t-elle, impressionnée. Comment ?

C'est une bonne question, d'après moi. Jusqu'à présent, elle est parvenue à s'enflammer, et maitriser le feu, de même que l'eau mais jamais, jusqu'à maintenant, elle n'avait réussi à faire de l'eau pétillante ! A moins que…

— Je pense qu'il s'agit d'une contraction de tes deux pouvoirs supposé-je. L'eau s'est mise à bouillir, quand tu as commencé à ressentir de la luxure, et ton besoin d'abandon.

— Ce serait donc de l'eau chaude ?

Elle joint le geste à la parole, mettant sa main dans le vase, pour la toucher et même si je doute sincèrement qu'elle parvienne à sentir quoi que ce soit elle sursaute violemment, tournant un visage pale dans ma direction.

— Elle est bouillante souffle-t-elle.

Qu'est-ce que je disais… Puissante, et elle n'en a aucune conscience…

Doucement, le décor se met, encore une fois, à se brouiller puis, très rapidement, la fumée blanche nous entoure, encore une fois, pour nous plonger dans les ténèbres prévenant le prochain visionnage.

— Courage soufflé-je pour moi-même. Plus que quatre.


A vos claviers mesdames ! je voudrais vraiment avoir vos avis ! dites-moi tout ! qu'avez-vous penser de ce chapitre ? ou plutôt de cette première partie de chapitre, puisque la suite arrivera la semaine prochaine ! comment avez-vous ressentit la première incursion dans le passé de Jasper et Bella ? et la seconde ? avez-vous envie d'en savoir un peu plus sur leurs autres vies antérieures ? que pensez vous qu'ils vont apprendre d'autre ? beaucoup de questions, je le sais, mais je ne vais pas vous embêter plus longtemps !

Je vous dis à la semaine prochaine, même heure, même endroit,

Je vous embrasse tous et toutes,

Mya