Chapitre 18 :

Privilèges et corruption

Ginny Weasley et Colin Crivey se retrouvèrent très vite bloqués par la foule. Pourquoi tout le château était si pressé de découvrir les inventions de la bande serpendaiglondor au point de boucher les couloirs ? Ne pouvaient-ils pas attendre quelques heures pour éviter d'engorger le passage ?

"Poussez-vous. Laissez passer. On a un pass prioritaire !!!" hurla Ginny.

"Photographe à terre ! Photographe à terre !" criait Colin, combattant digne mais qui avait été touché et s'était effondré, à moitié conscient.

"Nooon ! Colin !!!" gémit son amie. "Surtout ne te dirige pas vers la lumière."

"Mais je croyais qu'on allait justement…"

"NOOON ! Que ferais-je sans toi ??? COOOLIN !!!"

"T'as pas l'impression d'exagérer ?"

Au même moment, la foule s'écarta en deux, les élèves furent écrasé de part et d'autre du couloir et Harry Black marcha comme un prophète (en l'occurrence Moïse) vers les deux jeunes gryffondors.

"Mes frères, qu'avez-vous fait ?" gronda Harry. "Dans votre égoïsme sanguinaire, vous n'avez pas respecté notre règlement : ils avaient un pass prioritaire, une carte de presse !!! Qu'y a-t-il de plus prestigieux que la carte de presse ? Coupe-file, privilèges et corruption. Comment avez-vous pu OSER bousculer nos deux journalistes, ici présents, sacrifiant leur vie pour vous ? Bande de babouins braillards et empotés, vous ne méritez pas notre clémence."

"MOURREZ PAR LE VENIN DE NOTRE MASCOTTE : ZIG-ZAGUONS !!!" hurla Max, les bras levés en signe de victoire (ou crise psychotique).

Zig-zaguons (un costume de serpent en peluche) rampait sur le sol et provoqua un vent de panique très peu noble, même les gryffondors hurlaient comme des princesses en détresse.

"Hé, attendez !" s'écria Lee Jordan, commentateur sportif officiel de l'école. "C'est MA mascotte, ça !"

"On n'allait tout de même pas payer une mascotte nous-même." répondit Michael avec dédain.

Les élèves commencèrent un peu à se calmer, sauf ceux qui étaient tombé au sol, eux... bah… paix à leur âme, peut-être ne survivront-ils pas.

"M… Mais… Si toi, tu es là. Qui est dans la mascotte ?!"

Harry et Max échangèrent un regard. C'est vrai, ça, Michael avait même été payé très honnêtement (avec de l'or farfadet) alors qu'est-ce qu'il fichait encore dehors et surtout… qui dirigeait la mascotte ?!

"Ne vous inquiétez pas, j'ai tout prévu." dit-il en montrant sa manette arduino, bricolée pendant la nuit. "Le serpent est par-fai-te-ment sous contrôle. Il suffit d'appuyer sur ce petit bouton pour..."

Paf ! Les câblages cédèrent et le serpent… devient fou. Pour un robot, ça signifie surtout qu'il était hors de contrôle.

"Oups. J'aurai peut-être dû le tester avant..."

"Tu crois ?!"

Colin Crivey était remis sur pieds et il s'empressa d'appuyer sur la détente pour immortaliser ce moment de pure panique et pétage de plomb légendaire. Les hurlements étaient tels qu'ils attirèrent toute l'équipe professoral au grand complet... alors qu'ils étaient au 3ème étage.

"CRIVEY ESPÈCE D'INGRÂT !!! QUI A CRÉÉ LE JOURNAL DE L'ÉCOLE SPÉCIALEMENT POUR TOI ???"

"Je croyais que c'était surtout une vitrine pour exposer vos exploits…"

"Ah, oui. C'est vrai."

"Ton job c'est de prendre des photos à notre gloire, pas de refléter la réalité." expliqua Harry. "Si tu continue sur cette voie, nous serons dans l'obligation de t'enlever ta carte de presse... et tous les avantages qui vont avec."

"C'est pas la définition d'une dictature ?"

"Nooon, nous apportons aux élèves de cette école les richesses d'une culture qui les dépasse et nous façonnons un avenir meilleur."

"Ça ressemble vachement à une dictature."

"C'est moi qui décide comment on appelle ça et j'ai décidé que ce n'était PAS une dictature."

"C'est une dictature." répondit Ginny.

Colin hocha la tête, convaincu.

"Vos badges." ordonna Harry. "Je vous destitue de vos fonctions."

Ginny arracha son pins de journaliste, Colin arracha son pins de photographe et ils rendirent également leurs cartes de presse, la tête haute.

"Ça ne fait rien." répliqua Ginny. "On va créer notre propre journal concurrent et la vérité régnera !"

Il ne fallut pas plus d'un millième de seconde à Harry pour réfléchir à une tactique et étouffer la rébellion :

"Je vous offre une augmentation !" dit-il en passant sa baguette sur les deux pins. "Ginny, tu deviens Rédactrice en Chef et Colin, tu seras notre Grand Reporter. Des questions ?"

"On peut choisir le contenu de nos articles ?"

"Ouiii, bien sûr."

"Alors c'est d'accord."

Ginny et Colin récupérèrent leurs pins et leurs cartes de presse.

"Néanmoins, tout article devra être relu avant publication, nous ne pouvons pas nous permettre de laisser fuiter des erreurs…"

"Euh..."

Ginny voulut protester mais une brume envahit son esprit et sa bouche accepta avant qu'elle n'ait pu mieux y réfléchir. Son pins lui sembla être le plus beau privilège du monde et elle se demanda pourquoi elle avait voulut s'opposer à eux pour commencer. À onze ans, elle était déjà Rédactrice en Chef !

"Oui Harry, bien sûr Harry, Grand Harry Tout Puissant." dit-elle.

"Ginny !" s'indigna Ron. "Tu n'as quand même pas acheté un de leur bonbon ? Je t'avais dit que c'était du..."

"Oh Harry. Grand Harry. Harry Tout Puissant." répéta l'école.

"C… Comment vous faites ça ?!" hurla Ron dont l'esprit s'embrouillait aussi. "Personne n'a acheté vos bonbons, la seule chose qu'on a consommé venant de vous c'était..."

Il s'arrêta, honteux de s'être fait avoir comme tout le monde : c'était tellement évident, bon sang !

"… c'est dans l'eau." conclut-il avant de s'agenouiller. "Grand Harry. Harry Tout Puissant."

Peut-être y avaient-ils été un peu trop fort, cette année, avec le mélange persuasif qui rendait toute l'école beaucoup plus docile…

"Harry, pourquoi t'as rajouté une Prière et ton honneur dans notre potion ?!"

"Baaah… C'est cool. Nan ?" dit-il. "Et puis ce n'est pas comme si on allait pouvoir garder ce secret encore longtemps, autant s'amuser un peu avec le mélange."

"Je te déteste, pourquoi j'ai pas eu la même idée ?"

"Chère soeur, je suis meilleur que toi en tout. Tu ne peux pas lutter."

"Génial. Et comment on fait pour révolutionner le monde avec une armée de zombie au cerveau gélatineux ?!"

"J'ai pas pensé aussi loin, je me contente juste d'improviser ma vie : je saute de catastrophe en catastrophe en priant que quelque chose d'utile se passe pour m'en attribuer le mérite."

Les professeurs assistaient à la lobotomisation de leurs élèves sans pouvoir réagir. Ça expliquait beaucoup de choses... énormément même. Il ne restait plus qu'une seule interrogation, en fait.

"Pouvez-vous expliquer pourquoi on est ici ?" demanda le Professeur McGonagall.

"On change le monde." répondit Michael.

"Non, pas ça. Pourquoi on est venu jusqu'au 3ème étage alors que vous installez toujours vos stands au rez-de-chaussée dans un passage fréquenté."

"Ah çaaa…" dit Harry avec un sourire charmeur, l'école reprenait peu à peu ses esprits. "Bienvenue à tous dans... NOTRE PARC D'ATTRACTION !!!"

-Fin du 18ème chapitre-

…à suivre…