Clause de non responsabilité. Les personnages appartiennent à Shonda Rhimes. Les différentes références, citations utilisées dans ce document ne m'appartiennent pas. Ce travail est à but non lucratif juste pour m'amuser. Merci de lire et donner votre avis


Chapitre 16 « Je sais quand tu fais semblant de dormir »

La soirée d'Arizona fut entièrement occupée par Sofia, elle ressent le besoin de la serrer dans ses bras, de faire un long câlin avant de

la coucher, elle pressent que la trêve est déjà finie. Décidément le bonheur est de courte durée pour Arizona Robbins.

Elle s'allonge dans son lit incapable de trouver le sommeil. Elle est inquiète pour Callie qui n'est toujours pas rentrée, elle regrette d'y

être allée un peu fort. Il faut bien admettre qu'elles n'ont toujours pas changé, elles se sont affrontées comme avant, incapables de

s'écouter, de se calmer et de trouver un terrain d'entente. Elles s'étaient rejetées les fautes, reprochées les choses, comme au pire

moment de leur relation. Arizona était d'autant plus déroutée qu'elle n'avait jamais ce mode de fonctionnement avec personne d'autre.

C'était logique personne d'autre ne pouvait la blesser autant que Callie, car on ne peut être blessé que par les gens qu'on aime et si

c'est proportionnel à l'amour, alors il fallait se rendre à l'évidence, elle aimait Callie plus que tout. Cette pensée qui n'était pourtant pas

une révélation pour elle, la fait sourire. Peut-on vraiment échapper à un tel amour ? A-t-on le droit de le laisser s'échapper simplement

par peur de souffrir ? Personne n'a dit que le bonheur c'était facile et elle, Arizona Robbins, la fille du colonel elle voulait déserter sans

se battre.

Elle en était à ce stade dans son raisonnement, quand elle entend la porte d'entrée se refermer et les pas de Callie s'arrêter devant la

porte de sa chambre. Elle se sent incapable d'assumer une nouvelle bagarre, elle décide donc de tourner le dos à la porte, de fermer

les yeux, de se mettre en position fœtale comme pour se protéger d'un nouveau conflit. Mais la porte s'ouvre et Callie rentre

doucement.

-Arizona, tu dors ?

Devant le silence d'Arizona elle se rapproche, s'allonge à ses côtés, colle son torse contre le dos de la blonde immobile et passe son

bras autour de sa taille. Arizona retient un frisson à ce geste autre fois familier.

-Je sais quand tu ne dors pas, tu oublies que j'ai dormi des années avec toi et je sais parfaitement quand tu fais semblant de dormir. Je l'ai toujours su, si tu vois ce que je veux dire.

Elle fait allusion aux nombreux mois durant lesquels, Arizona traumatisée, n'acceptant pas son corps et ne pouvant l'offrir à Callie, avait abusé de ce subterfuge. Elle poursuit à voix basse tendrement

-Bon si tu n'as pas envie de me parler ce n'est pas grave, je voulais justement que tu m'écoutes sans m'interrompre, et sans bouger, tu sais, comme moi je l'ai fait l'autre jour.

Arizona rassurée par le ton apaisé, rétorque sans bouger de sa position

-Ok, mais premièrement sache que je ne pourrai jamais, jamais oublié une seule minute des années durant lesquelles tu as dormi avec moi, deuxièmement toi tu pouvais bouger l'autre jour !

-Hum ! tu es assez réactive pour une personne endormie

-Je croyais qu'on était partie du principe que tu savais quand je ne dormais pas vraiment réplique Arizona en souriant

Callie reprend gravement, cherchant ses mots pour qu'ils soient justes

-Je comprends que tu aies des doutes, je comprends également que tu n'aies plus confiance en moi, en mes sentiments et que tu aies peur. J'en suis d'autant plus désolée, que l'amour n'est vraiment pas en cause là-dedans. Je sais qu'il te faudra probablement du temps pour croire ça, Arizona, je n'ai jamais aimé quelqu'un comme je t'ai aimé, comme je t'aime.

Mais la thérapie de couple n'a rien réglé, elle a juste fait ressortir tous nos problèmes, c'était violent Arizona. Tu disais que je prenais toutes les décisions pour toi, que je te donnais des choses que tu ne demandais pas, que je t'avais imposé Sofia. Tu avais proposé une pause de 6 mois ! J'ai vraiment eu l'impression que je m'étais battue en vain depuis des années, que je ne t'apportais rien de ce que tu voulais et que quoique je fasse ça n'irait pas. Je me suis sentie encore une fois, comme le jour de ton amputation, comme le jour où on a perdu le bébé, ou encore le jour où j'ai appris que je ne pourrai plus porter d'enfants : impuissante, inutile, incompétente, insuffisante. Et c'est ce sentiment qui m'étouffait, qui me tuait à petit feu.

De ton côté, tu désirais tellement faire ta certification en chirurgie fœtale et je savais qu'il fallait que tu réussisses quelque chose, sans moi, que tu te réalises sans moi. Tu avais besoin de ce truc pour avoir une chance de te reconstruire vraiment, de t'aimer à nouveau, tu avais vraiment besoin d'être à nouveau fière de toi, mais il était vital que je me retrouve aussi.

Elle prit une profonde respiration avant de continuer

Il faut se l'avouer Arizona, ensemble on n'y arrivait plus, il y avait toujours quelque chose pour nous tirer en arrière. L'une d'entre nous devait avoir le courage d'assumer l'échec et je l'ai fait, autant pour toi que pour moi.

Je t'accorde que concernant la manière, ça n'a pas été mon meilleur moment, mais y a-t-il une bonne façon pour quitter quelqu'un qu'on aime ?

Je sais que je t'ai blessée Arizona, mais tu n'as pas idée du mal que j'ai eu. J'aurai peut-être dû me battre encore, mais je ne crois pas qu'on y serait arrivée. Comment deux personnes qui portent chacune tant de malheur en elle, pourraient arriver à être heureuse ensemble? Ce n'était pas possible il fallait guérir.

Maintenant que j'ai compris tout ça, je veux te prouver que je ne suis pas immature, que ce n'est pas une lubie, que tu peux me faire confiance. Je ne renoncerai pas, j'attendrai patiemment que tes doutes disparaissent, que tu n'aies plus peur, on fera à ton rythme, mais je veux que tu saches que je t'attends. Parce que j'ai guéri, parce que je vois dans ton sourire qui va jusqu'à tes yeux, que toi aussi tu as guéri et parce que je sais très bien ce que tu es pour moi et surtout je sais clairement ce que je veux que tu redeviennes.

Elle dépose un baiser dans le cou d'Arizona, relâche son étreinte et se lève pour quitter la pièce avant d'ajouter

-Sans toi, ma vie non plus n'a aucun sens, Arizona

Arizona ne bouge pas, recroquevillée dans son lit, elle pleure en silence, tout était dit. Elle n'avait rien à ajouter. Callie avait analysé

leur histoire, leur douleur, leur situation avec une telle justesse qu'elle imaginait qu'elle avait dû beaucoup y réfléchir. Si elle l'avait fait

c'est que leur relation était importante pour elle, cela comptait pour elle.

Elle ne l'avait jamais envisagé sous cet angle, elle avait fini par se persuader que Callie avait balayé leur amour d'un revers de

manche, que la fameuse passion n'avait été qu'unilatérale, et que Calliope Torres avait un cœur d'artichaut dont elle distribuait des

feuilles à qui en voulait.

Pourtant ce que Callie avait dit ce soir était tout sauf immature, elle était toujours celle qu'elle avait aimé, qu'elle aimait et qu'elle

aimerait toujours : Forte - Attentionnée et Honorable.

Après de longues minutes de méditation, tentant de surmonter l'émoi qui la bouleversait Arizona se lève de son lit, sans vraiment

l'avoir décidé elle se retrouve devant la porte entrouverte de la chambre de Callie, la lumière est éteinte. Elle se dirige lentement vers

le fond du lit, soulève doucement les couvertures pour se faufiler à l'intérieur et remonte doucement contre le corps de Callie, ses

lèvres s'arrêtant sur les endroits sensibles, provoquant les frissons de la brune.

Callie murmure d'une voix tremblante :

-Arizona ? Qu'est-ce que tu fais ?

Arizona murmure tendrement un sourire aux lèvres

-Chut ! ne m'interrompt pas et ne bouges pas

-Hum mais …j'ai envie de bouger

Souriant à la remarque, elle pose ses lèvres sur celles de la brune la faisant taire dans un baiser langoureux, et lui fait l'amour

tendrement, sans un mot, à l'écoute du désir et du plaisir de Callie. Quand celle-ci laisse échapper un dernier

gémissement, elle la garde dans ses bras le temps qu'elle reprenne sa respiration et lui chuchote espiègle

-Je ne sais pas si j'ai bien fait, mon rythme est peut-être un peu trop rapide pour toi ?

Callie la retourne brusquement en riant, de sorte qu'elle se retrouve au-dessus d'elle et elles s'unirent à nouveau passionnément. Elles

étaient en train de s'assoupir dans les bras l'une de l'autre épuisées par cette nuit émotionnellement chargée lorsque Arizona déclare

-Callie !

-Humm

-Je voulais vraiment un autre enfant avec toi, je voulais vraiment te donner ce que tu voulais

-Je sais mon amour, je suis désolée

Comme revigorée par la réaction de cette dernière, Arizona se soulève dans le lit, se positionne sur Callie appuyée sur ses deux coudes de part et d'autre de la femme de sa vie, plongeant dans le regard noir et avec un immense sourire, elle se jette à l'eau.

-Alors là tu vas trouver que je vais super, super, super, trop vite, mais …euh Je voudrai qu'on ait un autre enfant.

-Quoi ?

-Je veux un bébé avec toi, je t'avais promis 10 enfants, y a plus de temps à perdre on a pris vachement de retard

Callie pouffe de rire

-Arizona pour les dix enfants je te relève volontiers de ta promesse, commençons par un de plus déjà.

-Alors c'est oui ? Tu es d'accord ? Tu voudrais bien un bébé avec moi ? s'exclame la blonde comblée de joie

-Bien sûr que oui !

Elles s'enlacent en riant, s'embrassent éperdument. Le moment d'euphorie passé Arizona annonce fermement.

-Je veux porter notre enfant

-Arizona tu es sure ? Tu n'en n'as jamais eu envie, tu n'es pas obligée

-Hey je suis certaine et puis en réalité j'en avais envie.

Callie interloquée ne cache pas une moue dubitative

-Tu t'étais occupée de moi tant de temps, j'aurai voulu que ce soit un peu l'inverse que tu sois ma princesse pendant 9 mois, et puis tout s'est enchaîné, rien n'a fonctionné comme j'aurai voulu…

-Chut, chut oublions ça Callie s'empresse de mettre fin à ses pensées qui pouvait bien finir par un de ses célèbres marathon verbal

-Mais tu voudrais bien que je le porte ?

-Si toi tu en as envie, alors, j'en serai heureuse

-Mais toi ça ira quand même ? Comme tu ne peux pas …tu sais

-Arizona, j'ai porté Sofia et c'était super et franchement, j'ai bien abusé de toi pendant cette période, à ton tour de profiter. Waow, j'ai tellement hâte de te voir enceinte ! et j'avoue de profiter aussi un peu de l'effet hormones appuyant ses paroles d'un clin d'œil coquin

-Oui moi aussi ! je crois que je vais aimer ça ! Être enceinte je veux dire, quoique, l'effet hormones me tente bien aussi

Puis se ravisant, le visage inquiet elle réfléchit et annonce

-Il ne faut rien dire à Sofia

- Au sujet des hormones ? Oui je suis d'accord elle me parait un peu jeune pour avoir ce type de conversation

Arizona étouffe un rire

- Callie ! je veux dire, tant qu'on n'est pas certaine, euh voyons pas avant la … 16ième semaine, tu vois au cas où. Pour qu'elle ne soit pas déçue tu vois ?

- Euh Arizona du calme ! tu n'es pas encore enceinte. Au sujet de Sofia il faudrait d'abord lui parler de nous. Tu veux faire comment ? Tu veux attendre ? A moins que tu veuilles parler d'un autre appartement dans lequel elle vivrait à mi-temps ?

Arizona frappant son bras en riant annonce comme si c'était une évidence.

- Un appartement ? Quel appartement ? Calliope ! On va avoir un autre enfant, il n'est plus temps de tergiverser, on lui parle demain.

- Ah OK !

L'espace d'une seconde une expression de doute passe sur le visage de Callie, ça lui parait trop beau pour être vrai, Arizona a

tellement changé elle a retrouvé cet enthousiasme contagieux, ce gout de la vie. Est-ce bien réel ? Cela n'échappe pas à l'autre femme

qui connait par cœur toute la palette des émotions de son ex.

- Non pardon, je m'enflamme hein ? tu préfères attendre, je comprends. On va …

- Non, non Arizona ce n'est pas ça ! je suis ravie, mais c'est que quelque fois, tu es un peu difficile à suivre… Mais j'adore ça, cette partie de toi m'a tellement manqué. On parlera à notre fille demain soir, on va avoir un autre bébé parce qu'on est sûre de nous et que cette fois c'est le dernier nouveau départ

- Ouai le dernier nouveau départ.

Répète Arizona son super magic smile collé sur son visage

- Tu crois que je peux rester dormir avec toi ? demande t'elle affichant sa mimique d'enfant charmeur qu'elle sait irrésistible

- Mais tu dois ! rester dormir avec moi exige Callie en l'emprisonnant dans ses bras, et demain matin tu vas te cacher dans ton lit. Tu ne voudrais pas traumatiser ta pauvre petite fille !

Arizona hausse les épaules à la taquinerie de Callie qui l'a toujours trouvée hyper protectrice envers Sofia. Elle se cale contre le dos de Callie, le nez dans son cou,dans la position de la grosse cuillère mais s'agite sans cesse. Au bout de quelques instants elle marmonne

-Tu dors ?

-J'aimerai bien, mais j'ai comme un petit ver à côté de moi qui n'arrête pas de gesticuler

-Je suis désolée de t'empêcher de dormir, mais tu sais j'ai encore un truc à te dire

-Quoi ? Callie, se retourne d'un geste vif pour faire face à la blonde Tu as changé d'avis ?

- Mais non comment peux-tu ... ? Enfin bref. En fait je voudrais porter ton enfant

- Oui on vient d'en parler, je suis ok Arizona, tu porteras notre enfant

- Non tu ne comprends pas. Sofia est merveilleuse elle a tes yeux, tes cheveux elle est entêtée, passionnée comme toi, j'adorerai avoir une mini Sofia ou une mini toi dans mon ventre

Callie ne voyant pas où elle veut en venir s'esclaffe.

- Je crains que même mini ! on ne puisse pas rentrer, il va manquer de la place là ?

Arizona ignore les objections et persiste

-J'ai fait des recherches et ça peut marcher ! Ecoute, bon tu ne peux pas porter un enfant, ok mais tu peux ovuler. Devant le regard perplexe de Callie elle explique légèrement embarrassée

- Euh oui j'ai un peu regardé ton dossier médical à Seattle

Elle balaie d'un geste la réprobation de Callie qu'elle pressent.

- Tu as été ma femme, et je suis médecin je n'ai pas vraiment violé le secret médical ! Donc, je disais que je serai en quelque sorte ta mère porteuse sauf que ce sera un peu de toute les deux, ton ADN, mon utérus.

Callie parait sceptique et un peu déçue, mais un sourire idiot ne quitte pas son visage devant l'engouement d'Arizona

- Mais moi, j'imaginais déjà un mini toi dans mes bras, j'aimerai tellement qu'il ait tes yeux et tes petites fossettes qui me font craquer.

Arizona se gratte la tête l'espace d'une minute et subitement annonce

- Ok alors F.I.V. avec un ovule Torres et un ovule Robbins

Callie explose de rire

- N'importe quoi ! Tu crois que c'est possible ?

- Vous vous moquez Dr Torres vous avez dans vos bras, l'étoile montante de la chirurgie fœtale

- Ouai, nue en plus…

Callie joue la fierté, elles rient mais une question traverse l'esprit de la latine.

- Mais ces recherches tu les as faites quand exactement ?

- Je te rappelle que j'ai passé plusieurs mois seule, à Seattle, alors j'ai eu un peu de temps

Elle prononce ses mots dans un soupir pour faire disparaître définitivement cette période noire de sa vie, et ajoute à voix basse

- Et aussi j'avais besoin d'un peu d'espoir et de beaucoup de rêves pour m'aider à tenir

Callie l'embrasse passionnément, à la réflexion elles ne pouvaient que se retrouver. Sa place n'était nulle part ailleurs que dans les bras

de cette femme blonde, à qui rien, ni personne ne semblait pouvoir résister. Son Arizona était de retour. En s'endormant elle lui

murmure à l'oreille.

- Ça va marcher et on va être une famille géniale

Arizona qui ne s'était pas départie de son sourire répète

- Ça va marcher et on va être une famille géniale.

Elle ressent comme un besoin impérieux d'ajouter à la femme qui dort déjà à ses côtés

- Je t'aime, je t'aime tellement Calliope


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