Bonjour à toutes et à tous !
Bienvenu pour cette seconde partie du chapitre 15 !
Avant tout, je vous souhaite à tous un très joyeux noël ! j'espère que vous avez tous étés gâtés, parce que vous le méritez toutes !
Nous nous retrouvons aujourd'hui pour la seconde partie de ce chapitre 15 qui, rappelons-le, était vraiment trop long pour n'être qu'un seul chapitre… 50 page c'est beaucoup, oui, oui…
Au programme de ce soir : un tri POV, une Elena perdue, un choix de prénom, et la fin des visites de souvenirs des vies antérieures ! prêtes ? ?
Réponses aux reviews anonymes :
aurelie355 : hey ! coucou aurélie ! comment vas-tu ? je vais répondre à ta reviews de UBSS et celle de UQDT dans celle-là, comme ça je fais un tir groupé lol
tout d'abord, merci beaucoup ! j'ai passé un très bon noël, même si je crois bien que mon corps ne supportera pas une autre semaine comme celle la mdr heureusement que ce n'est qu'une fois par ans…
j'ai été gâtée, et toi ?
je suis désolée de jouer avec tes nerfs lol, ce n'était pas forcement fait exprès, mais ca me fit quand même plaisir mdr
la suite arrive chaque semaine, le jeudi, entre 17h et 20h, mais j'essaye de me conformer à tous les jeudi 17h…
ah.. un blond sous le sapin est devenu presque viral dis-moi mdr ! j'ai bien conscience que UQDT est plus sombre, plus compliqué à suivre et tout, mais l'histoire me tenait vraiment à cœur et j'avais envie de vous la faire partager, parce que je pense qu'elle mérite de voir le jour lol et surtout je n'aime pas garder une idée en tête sans la mettre sur papier (ou sur Word dans ce cas lol)
si tu as toujours des problèmes pour comprendre certains points, n'hésite pas à me demander, je me ferais un plaisir de te répondre !
je te souhaite un très bon chapitre,
bisou
Mya
disclaimer : l'univers ne m'appartient pas mais à S Meyer
Beta : Sochic88
*** bonne lecture ! ***
Chapitre 15 : nos destins mêlés (part 2)
POV Elena
— Tu crois qu'ils font quoi, là-dedans ? me demande Emmett, soucieux.
Jasper et Bella sont déjà partis depuis une bonne heure, dans leur petite exploration de leurs vies antérieures, et l'atmosphère, autour de nous, est très électrique. Je n'aurais jamais cru dire cela un jour…
Rencontrer Bella, il y a trois ans, a été une bénédiction la ramener, après tant de temps, chez moi, après l'avoir vue en aussi mauvais état, à Forks, fut la meilleure chose que j'ai faite, de toute ma vie. Mais il semblerait que le prix à payer, pour cette amitié, soit assez élevé.
Qui aurait pu croire qu'une petite bourgade, perdue au milieu de nulle part, comportant à peine mille habitants pouvait être le lieu de retrouvailles des vampires et des loups garous ? Pas moi, en tout cas !
— Tu me demandes vraiment cela à moi ? réponds-je, incrédule, levant un sourcil. Tu demandes vraiment à la fille qui pensait, jusqu'à il y a encore six mois, que les vampires dormaient dans des cercueils, brulaient au soleil, vivaient la nuit ? Tu me le demandes à moi, alors que je pensais que les sorcières et les loups garous appartenaient au folklore raconté aux enfants, avant d'aller dormir, pour laisser aux parents quelques heures de tranquillité, après la mise au lit ?
C'est surement très mal, de ma part, de passer ma frustration sur lui surtout qu'il est, avec Rose, Bella étant mise à part la personne dont je suis le plus proche. Mais je ne maitrise rien, depuis que j'ai emménagé ici, et avoir le dessus, même sur un sujet aussi stupide, me fait du bien.
— Tu as l'air d'être la seule à ne pas être sur les dents hausse-t-il les épaules.
— Peut-être parce que je ne sais absolument pas ce qu'il se passe levé-je les yeux au ciel. Demande à Angela, elle, peut-être qu'elle pourra te donner des explications.
Il soupire doucement, se rasseyant, avec moi, contre la table de salon de jardin, les yeux rivés sur l'attroupement réuni autour de nos amis.
J'aurais cru que le fait de savoir qu'ils étaient tous différents de moi, et, pour la plupart, déjà morts, m'aurait effrayée, m'aurait forcée à abandonner Bella dans ses problèmes mais ce fut tout l'inverse, qui se produisit.
D'une manière assez étonnante, leur construction est réellement incroyable. Jasper et Bella, ayant le rôle de chefs, presque de parents, dans certains cas puis viennent Char et Peter, de même que Rose et Emmett, qui agissent un peu comme les frère et sœur de ceux-ci puis vient Angela, la cousine éloignée, qui a sa place, parmi tout cela. Et puis, il y a moi.
Dans cette équation, je pensais ne jamais parvenir à trouver ma place, ni même à me faire entendre, en tant que simple humaine, face à des êtres surnaturels et pourtant, chacun d'eux s'est fait un devoir de me considérer au même rang qu'eux, m'offrant, de ce fait, une place dans leur monde, une place à durée déterminée.
— Tu n'as jamais essayé de retrouver ta famille ? demandé-je à Emmett, préférant m'éloigner de mes propres pensées.
— Tu les as là, devant toi sourit-il. Ils sont tous ma famille, même si les Cullen le sont, eux aussi.
— Je te parlais de ta famille biologique ris-je, comprenant qu'il ait pu se méprendre sur ma question.
Pourtant, alors que je pensais qu'il allait rire plus fortement que moi, peut-être même me mettre une de ses claques dans le dos qui m'envoie, à chaque fois, au sol il n'en fait rien. Il se mure dans un silence profond, le visage de marbre, et je comprends que j'ai, encore une fois, fais une erreur.
J'ai compris, avec les semaines, que les vampires sont extrêmement sensibles, en ce qui concerne leurs vies humaines, presque autant que moi-même je le suis, lorsqu'il est question de ma famille. Peut-être, d'ailleurs, est-ce la raison pour laquelle je lui ai demandé cela.
— Je n'aurais pas dû te demander ceci, excuse-moi Em soupiré-je.
Propulsant mon corps pour lui laisser de l'espace et retourner vers les autres je n'ai le temps que de faire trois pas, avant que sa main ne se place doucement sur mon avant-bras, me retenant pour me faire me tourner vers lui.
— J'y suis retourné tous les ans, jusqu'il y a environ vingt ans souffle-t-il. Les Cullen ne l'ont jamais su, nous y allions à chacun de nos retours de lune de miel, avec Rose.
Ainsi donc, leur petit rituel, de partir entre deux semaines, et trois mois, en voyage de noce, tous les ans, prend donc tout son sens.
— J'ai eu un petit garçon, quand j'étais humain m'apprend-il, un léger sourire amer, au coin des lèvres. Je ne le savais pas, à l'époque, bien sûr, mais je l'ai appris, la première fois que j'y suis retourné. Gabe Emmett McCarthy.
— J'aurais pensé que la maladie du contrôle de Jasper vous aurait empêchés de garder les mêmes noms et prénoms que dans vos vies humaines souris-je doucement.
— Nous ne connaissions pas Jazz à l'époque, il est arrivé une trentaine d'années plus tard, dans la famille, et nous avions déjà nos identités m'apprend-il. C'est lui, qui nous as mis en relation avec son privé, pour nous obtenir nos nouveaux papiers, nos nouvelles identités, et tout le reste.
— Es-tu déçu de ne pas les voir plus souvent ? froncé-je les sourcils.
— Pourquoi me poses tu ces questions ?
Il devient suspicieux, et, malgré moi, malgré tout l'entrainement que je me donne, je me retrouve à détourner les yeux, incapable de supporter son regard doré plein de questionnements à mon intention.
— Pourquoi veux-tu savoir toutes ces choses ? redemande-t-il, resserrant lentement sa poigne.
— Parce que je voulais savoir comment l'on peut vivre, en se sachant seul au monde, sans plus personne de son sang soufflé-je, mes yeux se baignant de larmes, sans que je puisse les en empêcher.
— Pardon ?
— J'ai été adoptée, il y a des années, au moment de ma naissance, environ soupiré-je, m'asseyant au sol et depuis que je le sais, je ne sais plus qui je suis, ni même ou j'en suis, dans ma vie.
— Quelqu'un est-il au courant, hormis moi ? demande-t-il, desserrant doucement sa poigne, pour m'offrir un sourire désolé.
— Jasper hoché-je la tête, souriant doucement. Il a mis quelqu'un sur le coup, un dénommé Jenks, si je me souviens bien.
— Si Jenks est de la partie, tu peux être sûre que tu obtiendras tes réponses éclate-t-il de rire, en se passant un main dans ses cheveux courts. Ce mec aime plus le fric qu'un banquier de Wall Street, c'est dire !
Peut-être est-ce la raison pour laquelle je me suis si vite rapproché d'Emmett mais cette façon de toujours faire en sorte de dédramatiser une situation, parfois même en racontant des blagues salaces, a le don de me faire un bien fou.
Cependant, et même si je le remercie de me faire penser à autre chose il comprend que le moment est mal choisi, puisqu'il s'assoit à mes côtés, jouant distraitement avec les brins d'herbe du bout de ses doigts.
— Parfois, tu sais reprend-il lentement, au bout de quelques minutes de silence les gens sont obligés de laisser leurs enfants. Parfois, ils ne le veulent pas, et cela leur déchire le cœur, mais ils y sont obligés.
— Parce que tu crois réellement que si tu n'avais pas été transformé par Rose, tu aurais pu abandonner Gabe ? levé-je un sourcil clairement sceptique. Tu as plus de droiture dans ton simple petit doigt, que n'importe quel humain que je connaisse, et crois moi, je sais de quoi je parle.
— Si j'avais été sûr que mon fils soit plus heureux et ait une meilleure vie, en étant loin de moi, alors oui, je l'aurais laissé vivre sa vie ailleurs finit-il par soupirer, prenant le temps de réfléchir posément à la question. Mais Cynthia, la femme avec qui j'étais en couple, à l'époque, s'est occupé de lui de la meilleure des façon qu'il soit, et nos parents se sont relayés, pour pouvoir lui permettre d'aller faire ses études, et qu'il reste entouré de sa famille.
Qu'est-ce que je disais… Plus de droiture qu'un juge, et un cœur gros comme l'univers ! Cet homme est réellement une perle.
— Mon fils est allé à l'université m'apprend-il, fièrement, bombant le torse. C'est, d'ailleurs, là que je l'ai rencontré, avec Rose. C'était notre première rentrée universitaire, et j'avais peur de ne pas avoir un assez bon contrôle mais il était l'une des seules personnes dont le sang ne m'attirait pas du tout, et c'était vraiment agréable. J'ai pu le voir devenir un homme, se mettre en couple, et se marier.
Un léger sourire se dessine sur mes lèvres, en voyant toute la fierté qu'il exprime, en parlant de lui. Mes propres parents auraient-ils eu le même air, s'ils avaient parlé de moi ?
— J'ai été son témoin, à son mariage, parce qu'il me considérait comme son meilleur ami de fac poursuit-il, les yeux posés sur Rose, de l'autre côté du jardin. J'ai été nommé le parrain d'une de ses petites jumelles, et je crois n'avoir jamais vu Rose autant détester le fait de ne plus pouvoir pleurer, que lorsqu'elle l'a eu entre ses bras.
— Tu as eu de la chance soufflé-je, prise dans son récit, et par sa joie.
— Je n'ai pas revu ma famille depuis vingt ans.
Sa déclaration sonne le glas dans cette conversation, et un nombre incalculable de questions jaillissent dans ma tête la principale étant : pourquoi ? Pourquoi a-t-il arrêté de les voir ? Pourquoi n'en a-t-il jamais parlé ?
— Kat, ma filleule, et ma petite fille rit-il, amère est, plus ou moins, tombée amoureuse de moi, quand elle a eu une quinzaine d'années. Rose prenait vraiment sur elle, en se disant qu'il en s'agissait que d'un amour d'adolescente, mais étant ma compagne, sa jalousie était assez exceptionnelle, et je peux la comprendre, puisque dès qu'un homme pose les yeux sur elle, j'ai, presque immédiatement, une centaine d'idées pour dépecer la personne en question.
Son sourire mauvais, toutes dents dehors, me ferait presque frissonner de peur, si je ne le savais pas capable d'avoir la douceur d'un bébé, et l'instinct de protection pour sa famille.
— Elle a mis sa jalousie entre parenthèse pour toi durant combien d'années ? demandé-je, curieuse de savoir où commence leur relation, et où celle-ci se termine.
— Deux ans sourit-il. Ma femme, « la garce », comme elle aime être appelée, a mis tout ce qui fait d'elle la femme qu'elle est, par amour pour moi. Ce n'est pas beau, cela ?
— Nous sommes déjà tous tombés d'accord pour dire que tu étais un petit chanceux, Em souris-je en coin la vraie question, est de savoir à quel point Rose est malchanceuse d'être tombée sur toi !
Il éclate de rire, et je finis par le suivre, moi aussi, appréciant la vague de plaisir qui m'inonde, durant ce moment que j'estime, encore une fois, familial. Emmett, pour moi, est ce qui se rapproche le plus d'un frère, en quelque sorte.
— Safia et Kat sont décédées il y a vingt ans souffle-t-il, après avoir repris son sérieux. A leur mort, et parce que mon fils l'était, lui aussi, ma famille s'est éteinte totalement.
— Je suis désolé, Em chuchoté-je, posant ma main sur son bras. Excuse-moi de t'avoir posé toutes ces questions.
Et désolée, je le suis vraiment… Par ma volonté de pouvoir apprendre comment font les vampires, pour se détacher totalement de leur vie passée, de leur vie humaine je sais que je l'ai blessé, en rouvrant des cicatrices qui peinent à se refermer.
— Tu sais Elena soupire-t-il ta famille n'a pas besoin d'être de ton sang, pour t'aimer. Regarde, Jazz et Rose n'ont aucun lien de parenté, et, pourtant, ils s'aiment réellement comme s'ils étaient jumeaux, comme s'ils avaient toujours vécu ensemble.
— Ils ont passé cinquante ans à vivre ensemble, c'est normal ! haussé-je les épaules, retenant mes yeux d'en faire de même, en direction du ciel.
— Ce n'est pas pour cela secoue-t-il la tête. Ils ont les mêmes blessures, les mêmes fêlures, les mêmes handicapes. C'est grâce à ceci, qu'ils ont pu passer pour frère et sœur, bien plus que parce qu'ils sont blonds, tous les deux.
Vraiment ? Jasper, le dieu de la guerre, possède la moindre faiblesse ? Je peine réellement à le croire ! Et Rose, la fille si sure d'elle, si sexy, aurait des insécurités ? Il faut vraiment me dire lesquelles, parce que, là, pour moi, c'est incompréhensible.
— Il ne faut jamais s'arrêter à la couverture, quand tu dois lire un livre, joli cœur sourit-il tendrement, plaçant son bras sur mes épaules.
Je hoche la tête, comprenant ce qu'il souhaite me faire passer, comme message, avant de me replonger profondément dans mes pensées, les yeux rivés sur les deux corps enchevêtrés que forment Bella et Jasper, dans leur bulle.
— Cela me manquera soupiré-je.
— Qu'est ce qui te manquera ? fronce-t-il les sourcils. Mes phrases pleines de profondeur ?
— Non secoué-je la tête en riant. Tout. Vous tous, vos pitreries, vos gamineries, même vos entrainements géniaux à regarder, me manqueront.
— Pourquoi dis-tu cela ?
C'est à mon tour de froncer les sourcils, en soupirant de lassitude. Ne comprend-il pas ce qu'il se passe, ce que je ressens pour eux tous ?
— Parce que je ne suis pas assez bête pour croire que vous allez rester ici toute votre vie, ni même toute la mienne. Vous vous entrainez tous pour un combat, et même le plus stupide des humain pourrait le comprendre, s'il passait une seule minute dans cette maison.
— J'ai de plus en plus de mal à comprendre les humaines, c'est officiel ! rit-il.
Mais moi, je n'en ris pas. Je me suis attachée à chacun d'entre eux à la douceur dont fait preuve Rose avec moi, à la chaleur de Charlotte, à l'autorité douce de Jasper, et aux enfantillages d'Emmett, de même qu'à la constante vigueur d'Angela. A vrai dire, le seul dont je ne m'habitue pas à la présence, c'est Peter.
— Ce que je vis avec vous, en ce moment, n'est qu'une parenthèse expliqué-je, calmement, repoussant ma tristesse profondément. C'est une très jolie parenthèse, et j'aime vraiment vous avoir à mes côtés, mais je sais que vous allez partir bientôt. Je sens que Bella est de plus en plus à cran, et que chacun de vous devient un peu plus morose, à mesure que les jours passent. Vous partez en guerre bientôt, et vous n'avez pas besoin de vous encombrer d'une humaine.
— Elena… commence-t-il, mais je l'arrête.
— Je comprends, ce que vous devez faire, et je comprends pour qui vous le faites souris-je tendrement. Tout ce que je te demande, c'est de bien veiller sur eux, d'accord ?
Le doré de son regard plonge dans le cobalt du mien assez longtemps pour qu'il accepte ce que je viens de lui dire, même si, aussi bien pour lui, que pour moi, la pilule est difficile à avaler. Se pourrait-il que des vampires se soient attachés à moi ?
Plus rapidement que mes yeux ne peuvent le voir, il est déjà de retour, mon portable à la main, entrain de pianoter dessus, avant de me le tendre, un sourire fendant son visage de part en part. quelle est donc sa nouvelle blague ?
— Qu'est-ce que c'est ? demandé-je, les sourcils froncés, en agitant mon portable devant lui.
— Une adresse mail dont seul Rose, Jasper et moi nous servons rit-il. Elle m'a permis de continuer à dialoguer avec Gabe, quand nous avons dû le quitter la dernière fois. Seul nous trois avons les mots de passe, donc, si tu le souhaites, le jour où nous partirons, tu auras un moyen de nous joindre.
— Vous ne connaissez pas le téléphone ? haussé-je un sourcil, ironique.
— Je ne sais pas combien de temps nous pourrons continuer à les utiliser, une fois que nous partirons, alors je préfère assurer mes arrières, et te donner mon adresse mail. En dessous, tu as une adresse postale, où nous faisons livrer tous les colis et les lettres que nous recevons, de la part des personnes que nous avons rencontrées, au cours de nos vies. Tu pourras nous envoyer ton faire part de mariage, celui de naissance de tous tes enfants, et si tu veux simplement prendre de nos nouvelles.
Un élan de gratitude sans bornes me submerge. Jamais je n'aurais cru que, lorsque la parenthèse se refermerait, je pourrais, tout de même, avoir la possibilité de garder un pied dans cette vie folle dans laquelle j'ai été plongée, en allant chercher Bella à Forks.
Spontanément, et faisant fi de toute prudence, je me jette dans ses bras, refermant très fortement mes bras autour de son cou, tandis que je plonge ma tête dans le sien, respirant son odeur, celle de la maison, comme chacun des vampires ici.
— Merci Em, merci infiniment continué-je de bafouiller, ne retenant pas une de mes larmes, qui va s'échouer contre sa peau.
— De rien, joli cœur rit-il. Mais si j'étais toi, je partirais vite de là, avant que ma femme ne vienne t'envoyer dans le décors.
— Elle m'aime trop pour cela ris-je, moi aussi.
Rien de plus n'a besoin d'être dit, alors, lentement, le prenant par la main, je le raccompagne vers sa compagne, qu'il sert fortement contre lui, mes yeux se posant partout ailleurs que sur leur bonheur qui me rend nostalgique.
— On peut parler ? souffle une voix dans mon dos.
Je me tends imperceptiblement, en l'entendant, mais je suis persuadée qu'il l'a très bien vu, avec sa putain d'acuité visuelle vampirique.
— Cela me parait être une très mauvaise idée retorqué-je, instinctivement.
— Je n'en aurais pas pour très longtemps, je te le promets.
Je retiens un lourd soupir, en entendant la persuasion dans la voix de Peter. Comment ai-je pu croire qu'il me laisserait tranquille, après ce qu'il s'est passé, dans la piscine, tout à l'heure ? Ce serait bien trop beau pour être vrai, de toute façon.
Devant nous, toujours fermement enlacés, allongés à même le sol, la dague de Bella solidement enfermée entre leurs deux mains jointes je fais tout mon possible pour me concentrer uniquement sur les trois premières pierres totalement noires, et sur la quatrième brillant d'un jaune puissant.
Au début de leur transe, Angela nous a expliqués que, en fonction de la vie qu'ils étaient en train d'explorer, la pierre y correspondant se mettrait à luire fortement, alors que, celles déjà visionnées deviendraient inertes.
— Il leur reste encore deux souvenirs à voir reprend-il, posant sa main dans le bas de mon dos. Je te promets que nous serons revenus avant qu'ils n'aient terminés.
— D'accord soupiré-je, lui emboitant le pas.
C'est surement l'idée la plus stupide que j'ai eu de toute ma vie et plus mes pas me rapprochent du bureau de Jasper, direction que prend Peter je sens mon rythme cardiaque s'emballer. Dans quelle galère vais-je encore me fourrer ?
— Pourquoi ? attaque-t-il, à peine a-t-il refermé la porte, et me suis-je appuyée contre le bureau.
— Il va falloir être un peu plus précis Peter, parce que je ne sais pas lire dans les esprits soupiré-je. Je n'ai aucun foutu pouvoirs magiques.
Et pourtant, dieu sait que j'aimerais réellement en avoir, juste pour ne plus avoir l'impression d'être la petite humaine chétive du groupe… Bella ressentait elle la même chose, lorsqu'elle vivait entourée des Cullen ?
— Même si tu te sens perdue, depuis que tu sais que tu as été adoptée, je n'adhère pas à la théorie de Jasper grogne-t-il. Tu es peut-être chamboulée, mais tu es assez équilibrée pour savoir qui tu es. Alors ma question c'est pourquoi ai-je réussi à t'éblouir, alors qu'en temps normal, tu es aussi blindée que Bella, à ce petit jeu-là ?
— Je ne sais pas nié-je, gardant une maitrise parfaite sur ma voix, ce qui m'impressionne.
Sa léger colère, qu'elle soit dirigée contre moi, ou contre lui, s'évanouit, au profit d'un petit sourire en coin, alors qu'il avance d'une démarche féline vers moi, me bloquant de ses bras contre le bureau, son visage descendant à quelques dizaines de centimètres du mien.
— Tu sais que, si je le souhaite, je peux te faire avouer tous tes moindres petits secrets, juste en t'éblouissant, une nouvelle fois.
Je ne le laisse pas terminer sa phrase, préférant poser ma main sur ses lèvres, pour le faire cesser de parler, tandis que je détourne les yeux, mes joues rougissant fortement, alors que mon rythme cardiaque s'affole fortement.
A mon toucher, alors que la pulpe de mes doigts entre en contact avec ses dents il s'est totalement figé, me rendant nerveuse par son inaction.
Lentement, sa main qui, jusqu'à présent, se trouvait sur le bureau, remonte ma cuisse, puis ma hanche, serpente sur mon ventre su bout des doigts, frôlant à peine ma poitrine avant de venir se poser dans mon cou, et s'en servir pour faire se tourner mon visage vers le sien.
— Tu sais que je possède une partie des pouvoirs de Jasper, n'est-ce pas ? chuchote-t-il.
— Très heureuse pour toi tenté-je de me dégager.
— Tu sais aussi que Jasper est empathe, je suppose ? sourit-il lentement.
— Cela me fait une belle jambe.
Tant que je me bats, je reste en vie voilà, à peu près, tout ce que j'ai retenu de ce qu'enseigne Jasper à Emmett, le soir, lorsque je suis censée me concentrer très fortement sur mes cours, pour réussir les examens du secondaire.
— Je ne peux utiliser l'empathie que lorsque ma peau entre en contact avec celle d'un autre m'apprend-il, souriant plus largement, de manière narquoise.
Touchée. Vainqueur par KO. Echec et mat. La partie s'arrête là. Finalement, ce secret honteux, que je renferme depuis des semaines, ce secret que je fais mon possible pour cacher à Bella et son bébé aux mêmes pouvoirs, ou même à Jasper vient d'être ébruité auprès de la seule personne dont je voulais, le plus au monde, qu'il en reste ignorant.
— C'est pour cela, n'est-ce pas, que j'ai réussi à t'éblouir, dans la piscine reprend-il, ayant retrouvé son sérieux. C'est parce que tu ne t'es pas battue, que le charme a pu opérer.
— Tu as tort, Peter réfuté-je, secouant la tête, en quittant ma position pour m'asseoir sur le bureau. Je me suis battue, tout à l'heure.
— Et c'est la raison pour laquelle tu tremblais comprend-il enfin. Pourquoi n'avoir rien dit ?
Serait-il, à ce point, versé dans le monde vampirique, qu'il n'ait pas vu ce qu'il se passe dans cette maison ?
— Peter, ici, c'est « amour, gloire et beauté », version créature surnaturelle soupiré-je, amère. Tu crois vraiment que, moi, la pauvre petite humaine en manque d'affection, j'avais de quoi me battre ? Vous êtes tous, soit en couple, soit des âmes sœurs, soit en passe de devenir parents !
— Tu as le droit d'être amoureuse, poupée sourit-il gentiment. Ce serait même du gâchis de ne pas l'être.
— Soyons réaliste deux petites secondes, Peter m'énervé-je lentement. Tu crois vraiment que je fais le poids, face à des vampires, ou à des sorcières, et face au Phoenix ?
— Vous ne jouez pas dans les mêmes catégories, poupée soupire-t-il. Angela préfère les hommes bien plus mûrs, Bella et le major sont un couple depuis trois cents ans, et Rose et Emmett sont compagnons depuis plus de soixante-dix ans.
— C'est bien ce que je dis grogné-je.
Le silence revient dans le bureau, alors que, lentement, ma colère retombe, pour ne devenir qu'une masse informe de fatigue et de lassitude mêlée. Que cette journée me parait longue…
— Je peux te poser une question ? me demande-t-il, après quelques minutes.
— Pose-la toujours, je verrais si je peux te répondre haussé-je les épaules.
— Pourquoi moi ? Je veux dire, tu es bien plus proche d'Emmett, voir, même, dans une moindre mesure, de Jasper, alors, pourquoi moi ?
Un léger sourire amer s'étend sur mon visage, face à sa question. Pourquoi lui ? Quel bien vaste programme, et, pourtant, une seule réponse me vient.
— Parce que tu es le seul à flirter avec moi avoué-je, en parfaite honnêteté. J'aime sentir que je ne te laisse pas indiffèrent, même si ce n'est que pour rire, c'est agréable, de se sentir désirée, c'est agréable, de savoir que l'on peut être élevé au rang d'une vampire de plus de cent ans.
— Je dois bien t'avouer que je n'avais pas prévu que cette conversation se déroulerait comme cela, en te la proposant soupire-t-il, se passant un main dans ses cheveux bruns.
— Tu avais bien dû le sentir, tout à l'heure, dans la piscine, non ? froncé-je les sourcils.
— Non, je n'ai rien senti sourit-il, penaud. Tout ce que je pouvais ressentir, c'est que tu te débattais, intérieurement, et j'ai cru que c'était parce que je te faisais peur, c'est pour cela, que je t'ai déposée dans les bras de Char, avant d'aller retrouver Bella et Jasper.
J'ai du mal à croire cela, mais il a l'air tellement en colère contre lui-même, de ne pas l'avoir compris plus tôt, de ne pas avoir fait les choses comme il fallait que je ne peux pas lui en vouloir, pas lorsqu'il s'appuie fortement contre la porte du bureau, les yeux dans le vague.
Insidieusement, une pensée totalement stupide, et, aussi, vraiment dérangeante, me remonte l'échine, alors que mes yeux parcourent sa silhouette. Putain, il est vraiment bien fait… Bati comme un fieu grec, des cheveux bruns jusqu'aux épaules, et des yeux bleus à en damner la sainte que je ne suis pas.
— Embrasse-moi soufflé-je tout doucement.
— Pardon ? s'exclame-t-il, se redressant d'un coup, contre la porte. Pourquoi voudrais-tu une chose comme celle-ci ?
— Parce que je voudrais me sentir vivante, encore une fois soupiré-je. Je sais que cela ne mènera à rien, j'en ai parfaitement conscience, ne t'en fais pas, mais juste une seule fois, j'aimerais savoir ce que cela fait, d'embrasser un vampire.
Son dilemme est parfaitement visible, dans ses yeux, et celui-ci parait durer des heures, alors que son regard ne quitte pas le mien puis, une fois sa résolution prise, il est face à moi, l'une de ses mains sur mon ventre, alors que l'autre et sur ma nuque.
— J'aime ma femme soupire-t-il, amusé.
Mon rire meurt contre ses lèvres, lorsqu'elles entrent en contact avec les miennes, d'abord dans un baiser doux et presque tendre, puis, lorsque mon gémissement de contentement m'échappe, il prend un autre tour.
De gentillet, il devient plus provoquant, ses mains se posant sur mes fesses, pour m'approcher de son corps, et je peine à assimiler le fait que, entre mes cuisses serrées autour de ses hanches, ce soit son érection, qui se presse.
Mes mains se perdent dans ses cheveux en les tirant légèrement, ne récoltant qu'un grondement animal tandis que les siennes partent à ma découverte de mes cuisses, mon ventre et mes fesses sa langue jouant un jeu sensuel contre la mienne.
— Putain je m'en veux vraiment d'aimer ma femme souffle-t-il, en se détachant de quelques millimètres de mes lèvres.
— J'aime ta femme, moi aussi ris-je. Si cela peut te rassurer, je ne vois aucun mal à l'embrasser comme tu viens de le faire.
Un léger gémissement étranglé lui échappe, avant que ses lèvres viennent parcourir une parcelle de mon cou, juste au niveau de ma jugulaire, faisant naitre le désir dans mon corps. Jouer avec le feu m'a toujours plu, mais à ce point, j'ai l'impression d'être en pleine combustion spontanée.
Puis, aussi vite que les choses ont commencées, il se détache de mon cou, secouant doucement la tête, avant de plonger son regard dans le mien.
— Tu le ferais vraiment ? demande-t-il, clairement dubitatif.
— Embrasser Char ? fais-je, pour être sûre de ne pas me tromper.
— Oui.
La question ne me demande que quelques secondes de réflexion, mais je n'ai aucun mal à plonger mes yeux dans les siens, un sourire narquois sur les lèvres. Qu'il est bon de se sentir vivant !
— Ta femme est sexy fais-je, me levant du bureau, pour atteindre la sortie, et ce n'est qu'une fois dans le couloir, que je reprends elle est même très sexy.
— J'ai très bon gout sourit-il, passant un bras dans mon dos, pour le serrer autour de ma taille.
— Peut-être as-tu raison secoué-je la tête mais je ne le saurais qu'en le faisant !
— Mais je t'en prie, très chère, fais donc !
Si seulement il savait que Bella est la première femme que j'ai embrassée, que j'ai déjà eu d'autres femmes dans mon lit, et que j'aime autant la compagnie d'un genre, que de l'autre il ne me lancerait certainement pas ce sourire de défi.
— Que se passe-t-il ? demande, d'ailleurs, ladite femme en question. Pourquoi parliez-vous de moi ?
Il ne me faut que quelques secondes, pour la rejoindre, la coinçant entre mon corps et le rebord de la piscine, ma main venant se poser en douceur contre sa joue, alors que sa jambe s'enroule automatiquement autour de mes hanches.
— Prête à offrir à ton mari un joli spectacle ? souris-je en coin.
Le sien reflète le mien, lorsqu'elle comprend de quoi il est question. Doucement, ses mains remontrant mes bras, elle approche ses lèvres des miennes, avant de dévier lentement sur ma mâchoire, puis dans mon cou, la pointe de sa langue retraçant ma carotide. Putain ! ont-ils tous des super pouvoirs, pour faire monter mon désir de cette manière ?
Mes mains continuent leur chemin, sur son corps, prenant sa poitrine en coupe, alors qu'elle se laisse lentement couler, continuant d'embrasser ma peau puis elle fait le chemin inverse, venant, cette fois ci, poser ses lèvres sur les miennes, alors que je soupire de contentement.
Définitivement, cette après-midi ne s'est pas passée comme je l'aurais pensé mais je ne le regrette pas. Je ne m'étais pas sentie aussi vivante depuis des semaines, et grâce à ces deux vampires trois, si je compte Emmett j'entraperçois enfin le bout du tunnel.
POV Bella
— Non Jasper, nous n'appellerons pas notre enfant Grayson ! m'exclamé-je, outrée.
Une demi-heure, déjà, que nous débattons sur le choix du prénom du bébé, en même temps que nos nous du passé, et le moins que l'on puisse dire, c'est surement que les propositions faites, que ce soit par eux, ou bien par Jasper, qui semble approuver tous les noms les plus stupides ou surréalistes, sont en train de me mettre à bout de patience.
— Pourtant réfute-t-il, les bras croisé, boudant adorablement Grayson Withlock, je trouve que cela sonne très bien.
— Super ironisé-je et lorsqu'il ira à l'école, ses copains l'appellerons Gary ! Tu te vois avoir un enfant du nom de Gary ?
— Ce n'est pas commun continue-t-il, souriant fièrement.
Comment peut-il être fier, alors qu'il prévoit déjà la chute sociale d'un enfant qui n'a pas encore pointer le bout de son nez ?
— C'est surtout très moche ! levé-je les yeux au ciel.
— C'était très courant, à mon époque grogne-t-il.
— Au XIXème siècle Jasper ! m'écrié-je. Aujourd'hui, tu appelles un poisson rouge comme cela, ou, vraiment, si tu ne l'aimes pas, tu appelles ton chien avec ce nom !
La vague d'amusement, qui déferle de mon ventre, me laisse clairement présumer que le bébé s'amuse beaucoup, à nous voir nous prendre le nez pour lui trouver un nom digne de lui mais, après tout, cet enfant serra le produit du dieu de la guerre, et du Phoenix autant lui donner un nom à la hauteur de sa légende, non ?
— Très bien soupire-t-il, frustré. Tu as déjà éliminé Harrison, Brandon, Andrew et Mathew. Tu as posé un droit de véto sur Ethan, Eden et Luxus. Que faut-il pour te satisfaire putain !
— Que tu me propose des noms moins stupides !
Heureusement que nous nous trouvons à être simplement des fantômes, sinon, il y a des grandes chances que nos deux accompagnateurs, toujours allongés contre un rocher, depuis des heures, se seraient posés moults questions sur ma propension à partir dans les aigus.
— Nous retournerons en Angleterre dit doucement le Jasper d'antan, serrant délicatement ma version antérieure. Je te le promets.
— Et si nous ne parvenons jamais à y retourner ? soupire-t-elle. Que ferons-nous ? Comment notre enfant fera-t-il pour se souvenir d'où il vient ?
— Nous allons lui trouver un nom qui lui rappelle ses origines, je te le promets Amélia, cet enfant connaitra toute son histoire, et la nôtre, aussi.
— Je l'espère Henry soupire-t-elle, au moment où ledit Henry effleure sa tempe de ses lèvres.
Je ne sais réellement combien de temps s'est écoulé, dans notre réalité mais, en visitant ces souvenirs, j'ai l'impression qu'une bonne semaine est déjà passée, depuis que nous avons commencé ce voyage initiatique.
Si, au cœur de nos deux premières vies, nous avons pu assister à l'amour que nous nous portions, de même que le fait que nous ayons passés notre temps à « batifoler », surtout dans la seconde, visiblement pour les deux précédentes, ce ne fut pas le cas.
Ma troisième vie fut surement l'une des pires, pour Jasper puisqu'il s'est retrouvé obligé, dans la même heure, d'apprendre qu'il était père, encore une fois, et devoir me voir mourir, encore une fois. Même si, avec cynisme, je lui ai dit qu'il devrait y être habitué, à force, j'ai bien senti la colère gronder en lui, à ce moment-là.
Ce ne fut pas, tant, le fait de me voir mourir, je suppose, que devoir nous voir, le bébé et moi, allongés sur le sol, et lui, maintenu par quatre hommes, qui le forçaient à me regarder me vider de mon sang, en lui demandant pardon pour tout.
Ce fut, à mes yeux, la pire des morts que nous ayons pu voir. Sentir cette abysse au fond de son âme, son impression que plus jamais le soleil ne se lèverait, que plus jamais il ne pourrait respirer, en me voyant fermer les yeux, m'a broyé le cœur et j'ai senti cette envie de vengeance vouloir sortir de mon corps, cette énergie tellement noire, qu'elle semblait m'entourer totalement.
Venger le bébé, venger Jasper, me venger moi, venger le futur que nous n'aurions plus jamais, venger la mort que Jasper se donnerait fatalement, dans les semaines, voir, les mois à venir. Ce fut au son de ce mantra, que le souvenir s'est estompé, pour nous laisser tomber d'ans un autre, qui m'a glacé le sang.
Ma première rencontre avec un vampire. Le plus ironique, fut surement le fait qu'il s'agisse d'un des Volturis, d'Aro, d'après Jasper.
Pour lui, ce fut à partir de cette rencontre, qu'il a commencé à faire cette fixation sur les vampires doués, se rengorgeant à chaque fois que l'un d'eux se faisait piéger par Chelsea, lorsqu'elle créait des obligations entre vampire et Volturis.
La haine de Jasper a augmenté d'un cran encore, envers le vampire millénaire lorsqu'il l'a vu me convoiter, puis me tuer, lorsqu'il n'a pas pu m'obtenir. Mais, après tout, quelle idée ai-je eu, dans cette vie, de lui montrer mes pouvoirs ?
Alors, atterrir dans ce souvenir si paisible, nous voir couchés contre des rochers, une cascade s'écoulant à nos côtés, et la foret, sombre et mystique, en contre bas à vraiment été une agréable découverte.
Alors que je m'attendais, encore, à nous trouver en pleine partie de jambes en l'air, comme ce fut le cas, dans les deux derniers souvenirs, nous voir, simplement là, allongés, discutant du nom de notre bébé qui ne naitrait pas dans cette réalité, est un véritable moment de paix.
— Pardon, Jasper soupiré-je, venant m'asseoir entre ses jambes, ses bras entourant instinctivement mon ventre, et sa tête se calant dans mon cou. J'aimerais simplement que notre enfant, rien que par son nom, puisse raconter notre histoire, tu comprends ?
— Mais à moins de l'appeler Tempus, ce que, franchement, je ne me vois pas faire ironise-t-il je ne sais pas quel nom lui donner.
— Mais notre histoire ne se résume pas à une simple histoire de temps, jazz soupiré-je. Elle a traversé les âges, a connu des hauts, des bas, la mort, les larmes et le sang. Notre histoire est épique, le genre de celle que tous les poètes rêveraient de mettre sur papier.
Il rit doucement, ses lèvres effleurant ma tempe, alors que ses yeux, tout comme les miens, se reportent sur le couple tendrement enlacés, continuant de discuter doucement, échangeant, parfois, de légères caresses.
— Regarde ! souffle-t-il, tendant son doigt devant lui.
A l'orée de la forte, se confondant presque parfaitement avec les arbres, dans l'ombre laissée par la lune un énorme loup, d'un noir profond, sort lentement, criant faiblement à la lune, pour attirer l'attention d'Amélia.
— Qu'est-ce ? demande Henry, se redressant brusquement, l'entrainant dans son mouvement. Amélia, lève-toi !
Elle est, elle aussi prise de peur, jusqu'à ce qu'elle regarde ce que son amant lui montre, et, à notre tour, nous pouvons voir le loup se transformer en homme, un homme grand, fort, duquel une puissance phénoménale se dégage.
— Un métamorphe ! s'exclame, stupéfait, Jasper. Pourtant, nous sommes en France ! Je pensais qu'il n'y avait plus de réserve, sur ces terres, à ce moment-là.
— Peut-être est-il le dernier de la sienne supposé-je.
La petite brune, en tout point semblable à moi, se lève, lui déposant un léger baiser sur les lèvres, avant d'aller rejoindre le grand brun à la peau tannée, le serrant brièvement contre elle, alors que je peux ressentir la jalousie poindre, dans les émotions de son Henry.
— Ne t'avise jamais de prendre un des loup de cette façon dans tes bras gronde mon Jasper, lui-même ressentant cette colère grandissante.
— Jaloux major ? m'amusé-je.
L'une des choses que je retiendrais, surement, de ce voyage ce sera vraisemblablement cette propension à vouloir « marquer son territoire » de Jasper, sa façon, parfaitement inconsciente, de me rapprocher de son corps, et de gronder doucement, même en ayant retrouvé son humanité.
— Tu n'as pas idée d'à quel point tu as raison, darling susurre-t-il à mon oreille, embrassant la marque de revendication qu'il m'a fait, il y a presque un an.
Lorsque j'y pense, cette année est passée si vite, les événements se sont enchainés de manière si inattendue, les personnes qui, jusqu'à présent, n'étaient que des personnages au second plan du tableau, sont passés en première ligne, et toutes les choses que je prenais pour acquises, se sont révélées faussées, ou, tout simplement, fausses.
Que ce soient les légendes Quileutes sur les loups protecteurs, les sorcières qui, d'après moi, n'existaient que dans le folklore, le mariage de Jasper et Alice, ou même l'assurance de celle-ci, Edward, Carlisle et Esmé, en ce qui concerne mon éternité avec le vampire aux cheveux de bronze.
Cependant, j'ai fini par accepter les faits. Que ce soit Esmé ou Carlisle, chacun d'eux a toujours fait tout ce qu'ils pensaient être bon, pour leurs « enfants », et voir leur premier fils, être enfin amoureux, a surement été la raison pour laquelle ils se sont laissé berner.
En ce qui concerne Alice, j'ai eu du mal, à me positionner, jusqu'à ce que je vois le regard nostalgique de celle-ci, quelques fois, lorsqu'elle le posait sur mon compagnon. Elle a eu peur de perdre tout ce qui faisait son monde, elle a eu peur de perdre son mari, et, de ce fait sa place dans la famille.
Néanmoins, et même si je pensais que ce serait envers celui-ci, que j'aurais le plus de griefs ce fut sur le cas d'Edward, que je me suis positionnée le plus facilement. Toute sa vie de vampire, il a été seul, entouré de vampires accouplés, ou simplement amoureux, et il a voulu, lui aussi partager un peu de cela et, pour ce fait, je ne peux lui en vouloir.
— Tu es encore partie loin, darling chuchote Jazz, me faisant frissonner doucement, lorsque son souffle fait bouger mes cheveux contre ma nuque.
— Pardon, je faisais un point murmuré-je, me serrant plus fortement dans ses bras.
— Tant que tu me reviens hausse-t-il les épaules.
— Toujours.
C'est une promesse que je lui fais assez souvent, surtout lorsqu'il se laisse submerger par sa peur ou son instinct de protection envers le bébé et moi-même mais je ne me lasse pas d'entendre son soupir de soulagement, lorsque je le fais.
— Ils ont beaucoup de respect pour elle m'apprend-il, en faisant un mouvement de tête vers Amélia. Elle semble faire, en quelque sorte, partie de leur clan.
— Peut-être est-ce le cas ? supposé-je.
— Non nie-t-il, ses bouclettes blondes fouettant ma joue. Les sorcières sont les ennemis des loups, pas au point des vampires, mais ils ne s'associent pas. Peut-être est-ce tout simplement toi.
Les volutes de fumée blanche nous entourent, encore une fois, nous baignant dans un monde de ténèbres durant de longues minutes, puis nous nous retrouvons dans une sorte de ranch, la lumière crue du soleil nous parvenant, par les fenêtres grandes ouvertes.
— C'est chez moi souffle jasper, se détachant légèrement de mon corps, pour venir frôler un cadre, sur une console. C'est ma petite sœur, Lily.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Jasper n'avait pas menti, en disant que Char ressemble presque trait pour trait à sa sœur. Hormis un nez un peu plus retroussé, pour mon amie, et une bouche plus charnue les deux files pourraient passer pour des jumelles.
— Elle était vraiment belle chuchoté-je, prenant la main de Jazz dans la mienne. Tu peux être très fier de ta petite sœur.
— Je ne sais même pas ce qu'elle est devenue soupire-t-il.
— Rien ne t'empêche de faire des recherches à notre retour haussé-je les épaules.
Il hoche la tête doucement, les yeux perdus dans la contemplation du cadre photo, alors que le dernier couple que nous devions rencontrer, aujourd'hui, entre dans la pièce.
Aussi étonnant que cela puisse paraitre, alors que Jasper a, lui, à chaque fois changer de visage, de même que de nom pour moi, ce fut différent. A chaque fois, mes traits sont restés les mêmes, uniquement la couleur de ma peau différait légèrement, en fonction de la nationalité endossée.
Cette fois ci ne fait pas défaut, cependant, pour le major, la seule chose qui le différencie du mien est le nombre incalculable de cicatrices zébrant son torse, alors qu'il se promène en simple pantalon, pieds nus, dans le salon.
— Je vais donc savoir ce qu'était la fameuse Jane, pour t'avoir laissé tant de souvenirs impérissables ris-je.
— Une femme qui m'a apporté énormément de joie sourit-il en coin, son étincelle de malice lui étant revenue.
— Pourquoi ai-je l'impression que tu parles à demi-mots ? froncé-je les sourcils.
Je trouve ma réponse à l'instant même. Projetant Jasper dans le fauteuil du bout des doigts, Jane s'avance, féline, jusque lui, sa main serpentant sur son torse, avant que les deux ne viennent brusquement déchirer le pantalon, au niveau des boutons de celui-ci, exposant la virilité fièrement dressée de celui-ci.
— Que fais-tu, darling feule-t-il, alors qu'elle se met à genoux, englobant la tête de son membre, et qu'il appose une main sur ses cheveux.
— Mon travail, chéri rit-elle, faisant un mouvement de va et viens sur sa hampe dressée. Tu m'as payée durant des mois, juste pour ce petit plaisir.
— Et maintenant, tu portes mon enfant siffle-t-il, retenant un grondement d'appréciation, alors qu'elle retourne à mon travail.
Totalement estomaquée, le regard incapable de se détacher du spectacle qui se joue devant moi il me faut plusieurs minutes, avant que l'information ne monte à mon cerveau, et qu'un cri d'indignation puissant m'échappe, le faisant rire.
— J'étais une… une… balbutié-je, ne trouvant le bon mot.
— Une fille de joie ? propose-t-il, arquant un sourcil, amusé.
— J'allais dire une prostituée grondé-je, mal à l'aise.
Comment, de cette femme, ai-je pu passer à la si timide et si prude Bella qu'il a connu, me dépasse totalement. Pourtant, dans ses yeux, brille cette nostalgie, celle qui me fait dire que Jane, même s'il l'a oubliée, ou, tout du moins, son visage, n'en reste pas moins une des personnes qu'il regrette le plus.
— Tu es mon plus beau souvenir, et celui qui m'a le plus manqué souffle-t-il, le coin de sa bouche se tordant amèrement.
— Je suis morte longtemps après cette scène ? demandé-je, incertaine d'avoir une réponse, cependant.
— Deux semaines plus tard soupire-t-il, me resserrant contre lui, dans un geste inconscient de protection.
Le couple, dans le fauteuil, continue leur jeu d'amant, où seule la tendresse et la délicatesse, s'oppose à la domination, certes, douce, de Jasper. Pourtant, au bout d'une petite heure, elle finit par se laisser retomber contre lui, le corps parcouru de frissons dus à sa jouissance, et il la rejoint, quelques minutes plus tard.
— J'ai encore envie soupire-t-elle, se retournant dans ses bras, reprenant ses mouvements de bassin sur son membre.
— Pardon darling rit-il, fatigué mais je suis en convalescence.
— Si je me souviens bien, j'avais été renvoyée à la maison, après une échauffourée, dans laquelle une très grosse partie de mes soldats ne sont jamais revenus déclare mon Jasper, d'une voix détachée, signe qu'il tente de maitriser sa douleur.
Retourner dans cet espace-temps, même si je ne doute pas que, sur le long terme, cela l'aide à guérir n'a fait que rouvrir d'anciennes blessures, que j'espérais, de manière utopique, refermées, depuis sa transformation.
— Il faut que tu dépenses ton énergie rit le Jasper de l'époque.
— C'est bien pour cela que je te propose de t'envoyer en l'air lève-t-elle les yeux au ciel.
— J'ai une idée soupire-t-il, après quelques minutes à profiter de sa compagne. Viens avec moi.
Lui offrant un simple hochement de sourcil, elle renfile sa robe mettant un soin tout particulier à recoiffer ses cheveux, avant de lui prendre la main, et le suivre dans la remise, ou ils montent, tous les deux, à cheval.
Au bout de deux vies revisitées seulement, nous avons bien compris qu'il ne servait à rien de leur courir après, et que nos corps fantomatiques les poursuivraient d'eux-mêmes, nous emmenant à notre prochaine destination sans que nous ayons besoin de bouger.
Leur course sauvage s'arrête dans une grande étendue de terre brulée, où des mustangs chevauchent en arrière-plan, seuls quelques arbres encerclent la clairière dans laquelle nous sommes, nous protégeant du reste du monde, comme perdus sur une île.
— Ici lui dit le Jasper de l'époque tu pourras déverser ton trop plein de magie, et, donc, d'énergie.
— Mais je vais effrayer les chevaux ! s'horrifie-t-elle.
— Tant que tu ne les touches pas, ils n'attaqueront pas lui assure-t-il.
Peu rassurée, elle commence, tout de même, par jouer avec le feu, durant quelques instants avant de se laisser emporter par le tourbillon de pouvoir que, même moi, au travers du lien avec le bébé, je peux sentir.
— Tu es réellement époustouflante, darling souffle Jasper, les yeux rivés sur le spectacle devant lui, de même que son double.
Je ne peux le contredire. Devant moi, cette Bella, ou, du moins, Jane, s'amuse avec la magie à un degré que je n'essaierais jamais d'atteindre.
Les jets de flammes se mêlent aux murs de feu des ailes d'ange, faites d'eau, lui apparaissent dans le dos, puis elle utilise sa maitrise de l'air, pour se surélever dans le ciel avant que des éclairs ne sortent de ses mains, lorsqu'elle les place devant elle.
Tout, du début à la fin de sa performance, n'est que grâce et joie jusqu'à ce que, comme mes deux compères, je ressente cette peur atroce, cette douleur infernale, abyssale, provenir, majoritairement, des deux hommes.
Puis, tout s'arrête. Immédiatement, Jane se laisse retomber au sol, alors qu'un halo bleu l'entoure, puis celui-ci s'opacifie, nous coupant toute vue de ce qu'il pourrait se passer à l'intérieur, et l'attente commence.
De deux minutes, celle-ci passe à dix, puis vingt, et, lorsque je commence réellement à m'inquiéter, une trentaine de minutes se sont écoulées, et le Jasper de l'époque se ronge les sangs, alors que le mien frissonne.
Et, enfin, elle réapparait, les vêtements calcinés, le corps épuisé, et ses cheveux en bataille, s'écroulant lentement dans les bras de son amant.
— Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, là-dedans frissonne, une nouvelle fois, mon compagnon mais c'était mauvais, c'était même très mauvais.
— A quel point ? déglutis-je, difficilement.
— Je n'ai jamais ressenti cela, même sur le champ de bataille, lorsque j'étais sous les ordres de Maria.
Son aveu me tire glapissement aigu ; mais c'est le soulagement perceptible de l'ancien Jasper, qui finit par me calmer.
— Je ne peux pas le faire soupire-t-elle, s'enfonçant plus profondément dans ses bras. Je ne pourrais jamais la tuer.
— De quoi parles tu ? fronce-t-il les sourcils.
— Elle est trop forte rit-elle, amère. Elle te tue à chaque fois, et, moi, je ne peux jamais rien faire. Alors je vais mourir, encore une fois.
— Tu ne mourras pas déclare-t-il avec force, resserrant sa prise.
— Et comment comptes-tu faire ? soupire-t-elle. Me pister et t'interposer entre nous, quand le moment final arrivera ? Je préfère te savoir en vie et heureux, que mort pour l'éternité.
Bien, au moins, que ce soit là moi d'avant, ou là moi de maintenant, nous sommes, toutes les deux, d'accord sur ce point : nous ne survivrons jamais à ce face à face qui sera, je n'en doute pas, sanglant…
— Mais tu es une sorcière ! s'écrie-t-il, véhément. Tu peux faire tout ce que tu veux !
— Sauf la réduire en cendre, et vivre ma vie avec toi l'amertume planant dans sa voix.
— Tu dois le faire, pour protéger le bébé.
— Il est puissant sourit-elle. Je le sens, il l'est.
— Pourquoi ne peux-tu pas la tuer, dans ce cas ? s'énerve-t-il, se relevant vivement.
— Parce que, pour cela, je dois ressentir des émotions bien trop noires, bien trop négatives, et je suis sûre de ne pas les supporter. J'en mourrais.
— Mais tu es le Phoenix, non ? souffle-t-il, s'accroupissant devant elle. Tu te relèveras de tes cendres ?
— Oui approuve-t-elle lentement mais je ne sais pas quand cela se produira, et tu seras surement déjà mort, à ce moment-là.
La douleur de son Jasper est si intense, qu'elle me fait tomber à genoux, ma respiration se bloquant dans ma gorge, alors que les deux hommes gardent un visage de marbre, et que Jane se recroqueville sur elle-même.
— Je veux pouvoir savoir où tu te trouves, à chaque instant ! déclare-t-il, enfin, sa voix vibrante d'autorité. Tu dois bien avoir un sort, pour me le faire savoir, non ?
— Cela ne marche pas ainsi, major soupire-t-elle, se redressant à son tour, pour se placer face à lui. Pour que cela marche, il faudrait que nous partagions notre sang, c'est un sort familial. Par le sang, et pour le sang.
— Mais nous sommes une famille réfute-t-il, les sourcils froncés. Toi, moi, et le bébé.
La détermination froide, dans les yeux de son Jasper ne flanche pas, au contraire même, elle se raffermit, à mesure que les certitudes de Jane fondent. Puis, lentement, s'avouant vaincue, elle lève la main, paume vers le ciel, et la dague, ma dague, apparait dans sa main.
— Tu es sûr de toi ? souffle-t-elle, refusant de croiser son regard.
— Plus sûr que je ne l'ai jamais été hoche-t-il la tête. C'est toi et moi, contre le monde entier, cela l'a toujours été.
Un faible sourire apparait sur le visage de mon double avant qu'elle ne se fasse une longue estafilade, sur son avant-bras, donnant, ensuite, la dague à son amant, vrillant un regard chocolat dans le sien. A sa décharge, même si la lame effilée doit le faire atrocement souffrir, il n'en montre rien.
— « Sang par le sang, d'esprit à esprit, sois ce lien qui nous unit, à travers tout temps. » ; récite-t-elle, ses yeux ne quittant pas les siens.
Une douce lueur émane de son corps, l'entourant totalement, avant que les couleurs rouges ne suivent le chemin que forment leurs deux bras accolés, et montent jusque lui, semblant le caresser de part en part, puis s'immerger totalement en lui, un doux sourire ornant ses lèvres.
— Où que je sois, sur cette terre laisse-t-elle échapper un soupir ; tu me retrouveras. Que ce soit maintenant, ou bien plus tard.
POV Angela
Six heures se sont écoulées, depuis que j'ai tracé le pentagramme sur le sol, et je crois ne jamais avoir, à ce point, eu peur pour la vie de quelqu'un.
Dans un premier temps, j'ai eu peur pour le bébé, m'attendant à tout et rien, mais, surtout, à ce qu'il ne supporte pas le fait que Bella perde ses pouvoirs. Puis elle a manifesté son envie de sang, et j'ai senti cette peur refluer.
Mais, quand ils se sont tous les deux avachis sur le sol, cette fois ci, j'ai laissé la panique totalement m'envahir, et ce ne sont pas les questions, tantôt douces, tantôt agressives de Rosalie, qui m'ont aidées à aller mieux.
Voilà pourquoi, après six heures d'attente, je n'ai presque plus d'ongle à mon pouce, et que mon taux de caféine crève le plafond.
— Ils bougent ! s'écrie Rose, m'agrippant la main.
Il faudrait réellement que quelqu'un lui apprenne que serrer la main d'une humaine, quand l'on est un vampire, même si c'est par peur, peut faire véritablement mal, mes larmes de douleur dévalant mes joues.
Mais je peux comprendre son impatience. De tous, je crois qu'elle est celle qui s'inquiète le plus, son frère et celle qu'elle considère comme sa sœur se retrouvant prisonniers d'une bulle similaire à celle de Bella, lorsqu'elle déclenche son bouclier.
Rejointe par le reste de la « joyeuse troupe », nous attendons tous que le major et le Phoenix se réveillent, pour pouvoir nous assurer que tout va bien, et qu'ils sont en parfaite santé.
Enfin, le bouclier s'abaisse lentement, les pierres devenues toutes inertes se transforment en cendres, et les fleurs de Sakura s'envolent, ne laissant, sur le sol, qu'eux deux, les yeux ouverts, regardant le ciel.
— Finalement, tu as raison soupire Jasper je n'aime pas Gary, moi non plus.
— Je te l'avais bien dit ! rit-elle.
Gary ? Mais qui est donc ce Gary ? Peu importe ! Doucement, Jasper se relève, présentant sa main à sa compagne, pour qu'elle puisse en faire de même, échangeant, avec lui, un sourire doux, avant de se jeter dans ses bras, restant, encore quelques instant, dans leur bulle de bonheur. Que je les envie…
— Je crois que nous sommes attendus rit-il, l'enserrant de ses bras.
Lentement, chacun d'eux se tourne vers nous, puis leurs regards voyagent rapidement vers Elena, et je m'attends au pire, ayant, malgré moi, assistée à ce qui sera, sûrement, la pire situation pouvant exister sous ce toit.
— Rien à dire, je suppose ? sourit en coin Jasper, plantant son regard émeraude tacheté de rouge, dans celui, bleu, de Peter.
— Disons simplement que mon don a du bon sourit-il largement, alors que Char et lui passent un bras dans le dos d'Elena.
— Tu m'en diras tant hausse les yeux au ciel le major. Qu'avons-nous manqué d'autre ?
— Un appel de Charlie souffle doucement Rose.
Vivement, moi-même, ainsi que les deux « rescapés du temps » nous tournons vers elle, les yeux plus interrogateurs que jamais, attendant qu'elle nous délivre l'annonce.
— Tu es attendue à Forks, avec Angie, la semaine prochaine reprend-elle, parlant lentement, mesurant son effet.
— Il n'a pas dit pourquoi ? retient son souffle Bella.
— Non, mais il a bien précisé que Jasper, de même que nous tous, devions rester à Salem, sous peine de te voir ne jamais repartir de cette petite bourgade bien pluvieuse.
— Et pourquoi, moi, suis-je invitée ?
Une seule idée me vient en tête, et je déglutis fortement à cela. Rien que la pensée que Charlie me conduise devant mes parents, pour aller s'expliquer avec eux, fait tomber mon cœur dans ma poitrine. Tout, mais pas cela.
— Tu pourras parler avec les Quileutes, dans ce cas sourit Elena.
— Tu restes très loin de ces loups aux mains baladeuses gronde le major.
— Excuse-moi ? s'étrangle-t-elle, le dardant d'un regard ahuri. Tu es réellement entrain de m'interdire quelque chose ?
Le vent qui se lève fortement, et fait claquer le tissus du hamac met chacun de nous mal à l'aise, et, pourtant, aucun de nous ne tente, même, de faire un pas, bien trop pris par le spectacle qui se déroule devant nos yeux. Le lien d'accouplement, face à la colère du Phoenix.
— Je ne te l'interdis pas sourit-il en coin je refuse simplement que tu touches un autre homme que moi, que tu puisses même effleurer l'idée d'un simple contact amical.
— Tu es sérieux, là ? rit-elle, amère. Tu viens de me voir mourir trois fois, et tout ce que tu trouves à dire, c'est que tu ne veux pas que je me fasse toucher par un autre ?
— Fait attention, où notre enfant s'appellera réellement Gary !
Cette conversation n'a ni queue ni tête, et ce ne sont pas les éclats de rire des quatre vampires, derrière moi, qui pourraient aider à faire retrouver son calme à Bella.
— Major reprend-elle, la voix suintant de colère comprenons-nous bien. Je vais aller chez les Quileutes, et je vais leur demander leur aide, parce que je refuse de devoir, encore une fois, te regarder, alors que je suis en train de mourir, quitte, même, à ce que j'aille serrer chacun des loups dans mes bras.
Elle avance d'un pas, mettant son index profondément enfoncé dans la poitrine de son compagnon, le visage d'une impassibilité à faire peur, alors que le vent fait voler ses cheveux tout autour d'elle, lui donnant un air d'ange vengeur.
— Je me fous que tu puisses me menacer de ce que tu veux, je ne reviendrais pas sur ma décision. Ils sont ma seule chance de te garder en vie, et je compte bien obtenir toute l'aide que je peux, quitte à ce que tu m'en veuilles pour l'éternité entière.
— Isabella gronde le major, enserrant doucement son poignet, mais elle l'arrête, levant son autre main devant son visage.
— Nous sommes d'accord ? siffle-t-elle.
A mes yeux, le combat est déjà perdu d'avance, pour Jasper. La peur de Bella se ressent chez tout le monde, même ceux qui n'ont aucun pouvoir empathique, et j'en viens même à me demander comment fait le major pour ne pas reculer, sous ce poids.
— Fais simplement attention à toi, s'il te plaît soupire-t-il, rendant les armes. Et reviens moi.
— Toujours, tu le sais sourit-elle, le vent se calmant immédiatement. C'est toi et moi contre le monde entier.
— Alors pense à ma proposition plante-t-il son regard dans le sien, mortellement sérieux. Que tu dises oui ou non, je veux simplement que tu y réfléchisses.
Je donnerais beaucoup, rien que pour savoir ce qui peut la rendre aussi tendue, en l'espace quelques secondes mais cette tension diminue drastiquement, lorsqu'il pose sa main sur sa joue, la rapprochant de lui pour l'étreindre.
— L'éternité est trop longue, pour la vivre seule souffle-t-il.
Même si, pour Elena et moi, cela ne fut qu'un souffle, pour le reste des vampires, autour de nous, la phrase a dû claquer comme un coup de fouet dans les airs, et vu la mine interloquée d'Emmett, ainsi que celle, ravie, des trois autres, ce doit être quelque chose qui touchera chacun de nous.
Encore faudrait-il que nous sachions ce dont il s'agit…
A vos claviers mesdames ! dites-moi tout ! Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? êtes-vous, vous aussi, folle à l'idée que Jasper et Bella appellent leur enfant Grayson ? quel nom donneriez-vous à ce bébé ? La bisexualité d'Elena vous met elle mal à l'aise ? qu'avez-vous penser de la vie d'Emmett depuis qu'il a été transformé ? Et cette Angela plus proche du début de l'histoire ? vous a-t-elle plus ?
Je vous souhaite encore un très joyeux noël,
Je vous dit à la semaine prochaine, jeudi 17 h pour la suite,
Je vous embrasse,
Mya
