Bon ... dernier chapitre ... j'ai du mal à me dire que ça y est, cette fanfiction se termine. Quand on écrit chapitre après chapitre on ne voit pas vraiment arriver la fin, jusqu'à ce que se soit le dernier chapitre qu'on écrive. Et ça fait bizarre. Dans ce chapitre il y a une conclusion sur tous les autres ships que j'ai laissé en suspens durant l'histoire, et WARNING pour du smut, un lémon léger, mon premier donc soyez indulgents ^^'

J'ai adoré écrire cette fic et adoré voir qu'elle plaisait et qu'elle était pas mal lu, et j'espère qu'elle le sera encore plus par la suite ! Merci à tous ceux qui l'ont suivi depuis le premier chapitre, et aussi à ceux qui sont arrivés en cour de route,

Je poste en même temps mais pas dans le même chapitre un épilogue, assez court, mais qui peut potentiellement ouvrir sur une deuxième "saison" si je peux l'appeler comme ça, mais cela dépendra beaucoup de ce que vous en pensez, et de si vous voudriez voir cette deuxième saison ou pas, donc n'hésitez pas à me laisser des commentaires ça serait la bienvenue !

Je vous souhaite une bonne lecture et une bonne fin de fic !

ps : s'il y a des termes dont la majorité d'entre vous n'ont sûrement jamais entendu parler, les notes à la fin vous éclairerons.

chapitre 16

Elle ne ressentait plus rien. Ce qui était normal, considéré qu'elle était morte. Mais alors comment arrivait-elle à être consciente qu'elle ne ressentait rien ?

Elle voulut ouvrir les yeux, mais ils étaient déjà ouverts. Elle ne voyait pourtant que l'obscurité, alors qu'elle savait Gin à ses côtés. De nouveau, comment pouvait-elle le savoir ? Tous ses sens étaient éteints. Tous.

Sauf son esprit. Et c'est dans son esprit que résonnait cette mélodie qu'elle avait déjà entendu si souvent dans son enfance. Une mélodie qui lui promettait souffrances et horreurs … Sa mélodie.

Elle l'entourait comme un linge entour un nouveau-né. Elle la berçait. Elle savait parfaitement de qui venait celle mélodie, mais elle ne pouvait rien faire contre.

Malgré son absence de sens, intérieurement, elle eut une sensation de vide. Comme si quelque chose manquait. Et c'était plus profond que les battements de son cœur ou sa respiration faisant gonfler ses poumons … tous ça lui manquait mais ce n'était pas ce qu'elle cherchait. Elle ne le sentait plus lui. Le démon. Celui qu'elle avait porté pendant si longtemps, semblait avoir disparu. Mais ça n'était pas concevable. Cette chose avait besoin d'un hôte.

Chuuya.

Non ! Arahabai utilisait déjà Chuuya comme hôte !

Mais elle lui avait donné le démon lorsqu'elle l'avait recouvert de son sang. Elle lui avait donné pour le soigner. Était-il possible que Arahabaki et Zagan cohabitent à l'intérieur du mafieux ? Les deux allaient s'entre-tuer et le corps de Chuuya ne pourrait supporter une telle charge.

Elle devait faire quelque chose.

Tu es morte. Que comptes-tu faire ? Le hanter ?

Son esprit était pourtant toujours là, mais son corps non. Du moins elle ne le sentait pas. Elle se sentait toujours dedans – ce qui devait être plutôt bon signe – mais ne se sentait pas elle.

Tout autour d'elle, le chaos n'avait pas prit fin. Fukuzawa et Mori luttaient toujours contre Verlaine qui malgré son état, donnait du fil à retordre aux deux chefs d'organisations.

Yosano était tombée à genoux devant Joanne, ses mains gantées sur ses yeux, ne supportant pas la vue des yeux vides de la blanche. Elle se sentait si impuissante. Son pouvoir était celui qui faisait tenir l'Agence, leur faisait prendre les plus gros risques, comme lorsqu'ils avaient affrontés les Anges. Mais là il ne servait à rien. Elle avait l'impression de se retrouver au temps de Mori, lorsque le frère de Tachihara avait fini par se suicider, las d'être ressusciter sans cesse. Elle enleva sa broche papillon de ses cheveux et la serra contre sa poitrine, ses larmes coulant abondamment.

« J'ai failli, de nouveau … pardonne-moi, » pleura-t-elle.

Kenji pleurait également. Kunikida faisait tout pour ne pas suivre la même pente que ses camarades, en vain. Même Tachihara et Kaiji avaient les poings serrés, essayant de centraliser la douleur qu'ils ressentaient ailleurs qu'à un endroit qui les rendait si vulnérable. Akutagawa semblait ne pas réagir, encore trop sonné par tout les événements qui venait de se passer, et c'est mécaniquement qu'il frottait le dos d'Atsushi, qui serrait si fort des dents que celles-ci grinçaient. En y regardant de plus près, Akutagawa agrippait également le détective pour l'empêcher de se jeter sur Verlaine et d'y laisser la vie lui aussi. La mafieux regarda sa sœur désespéramment. Gin avait son front collé sur celui de Joanne, et tenait dans ses mains celles de la blanche. Elle murmurait en vain des mots à la jeune femme qui en resta sourde.

Elle ne s'en remettrait pas. Il le savait. Et le fait de ne pouvoir rien faire le tuait. Il avait été celui qui l'a protégea de tout lorsqu'ils vivaient dans la rue. Il aurait préféré trouver meilleure vie pour elle, mais la Mafia avait été une famille qui les avait accueillit comme sienne.

Mais après ça, il savait qu'il perdrait sa sœur. Gin ne pourrait jamais rester dans un endroit qui avait connu la mort et la souffrance de quelqu'un qu'elle avait aimé.

Le même phénomène s'était produit à la mort de leur parent. Gin et Ryunnosuke n'étaient originaire de Yokohama. Ils venaient de Tokyo. Mais c'est à la demande de sa sœur que Ryunnosuke les avait amené dans cette ville portuaire, si loin et pourtant si près du drame qui changea leur vie.

Elle repartirait. Où ? Aucun ne savait encore. Mais elle repartirait.

Akutagawa et Yosano n'étaient pas les seuls à se sentir impuissants. Tous partageaient ce ressenti. Même Mori et Fukuzawa qui pourtant se battaient, n'oubliaient pas qu'à quelques mètres d'eux, gisait une de leur fille, qu'ils n'avaient pu sauver.

Dazai la fixait. Elle était morte pour Chuuya. Elle avait choisi de mourir, pour Chuuya.

« Pourquoi ceux qui méritent le moins la mort, sont ceux qu'elle accueille si facilement ? » Il avait une fois posé cette question à Chuuya, lorsqu'ils avaient 16 ans.

Le roux ne l'avait pas envoyer chier, mais avait réellement réfléchit à la question.

« Peut-être que de son point de vue à elle, ils ont fait suffisamment. »

« Elle les récupère parce qu'ils n'ont plus rien à faire sur terre ? Ça ne tient pas debout ! Et les jeunes enfants ? Ceux qui tombent malades alors qu'ils avaient toute la vie devant eux ? Les morts-nés ? »

« Je ne sais pas Dazai. Tu la veux tant mais quand elle sera là ? Seras-tu vraiment prêt à l'accueillir comme elle t'accueillera ? La mort ne s'explique pas. Sinon toi comme moi serions déjà immortel. La mort est une éternelle question rhétorique. Elle n'attend pas de réponse. »

« Ce n'est pas juste … j'ai toujours haïs les questions rhétoriques, » murmura-t-il.

Son regard tomba sur Chuuya. Il ne s'était toujours pas réveillé, mais Dazai ne s'attendait pas à ce qu'il le fasse immédiatement. Le brun observa le roux. Les couleurs étaient revenues à son visage et ses cheveux avaient repris de l'éclat. Sa respiration était lente et calme.

Peut-être un peu trop même. Dazai s'approcha. Chuuya ne semblait pas dormir. Ni être évanoui comme ça lui arrivait souvent. Ça semblait plus profond. Un coma.

Dazai posa une main sur le front du mafieux et une sur son cœur. La peur le saisit de nouveau. Quelque chose n'allait pas. Il le sentait à travers son pouvoir. Il annulait quelque chose. Mais il n'aurait pas dû, Chuuya n'ayant pas activer son pouvoir !

« Quelque chose ne va pas, » dit-il à voix haute.

Tous portèrent momentanément leur attention sur lui.

« Je sens quelque chose différent de son pouvoir et de Arahabaki. »

« Dazai ! »

Le pouvoir de Dazai venait de s'activer et une lumière bleue l'entourait lui et le roux. Comme lorsqu'il touchait Chuuya et annulait son pouvoir avant que celui-ci n'arrive à l'activer. Sauf que Chuuya n'était pas en état de faire quoique ce soit ! Alors comment ?

Ce qui était en Chuuya grandissait et Dazai eut le choc de constater que son pouvoir ne contiendrait pas cette chose. Il leva son regard vers Ranpo qui le regardait les sourcils froncés. Le détective ouvrit ses yeux émeraudes et Dazai comprit le message. Ranpo était le seul à ne pas être affecté par tout ce qui se passait, et il y avait une raison à ça.

Dazai s'écarta de Chuuya et désactiva son pouvoir.

« Mais qu'est-ce que tu fais ? ! » cria Kunikida.

Les yeux de Chuuya s'ouvrirent brusquement, mais ce n'était pas le regard du mafieux que tous virent. Mais celui de Joanne lorsqu'elle était possédée par le démon. Les yeux du roux étaient rouges sang, et ses pupilles aussi noires que l'encre. Ranpo avait raison.

Les deux créatures qui se servaient de Chuuya et Joanne comme hôtes résidaient actuellement toutes deux en Chuuya. Sentant la mort de son hôte arriver, le démon de Joanne avait dû s'accrocher à la personne la plus proche de lui, autrement dit le Capitaine. C'est ça qui se battait pour sortir et que Dazai n'aurait pu retenir.

La tête de Chuuya se tourna, de façon à regarder le combat des trois hommes. De là ou il était, Dazai vit bien qu'il ne quittait pas du regard Verlaine, mais le reste de son corps restait inerte. Le détective, malgré son envie, n'osa pas appeler son amant. Il sentait que quelque chose d'important se passait.

Et en effet quelques secondes plus tard, la main de Chuuya qui gisait à côté de Joanne se glissa entre les mains de Gin pour saisir celle de la blanche. La brune sursauta et rouvrit les yeux pour à son tour, assister à ce spectacle étrange.

L'autre main de Chuuya se détacha de celle de Dazai et il étendit son bras sur le sol, paume vers le ciel, en direction de Verlaine. Ses veines devinrent violacées sur toute la largeur de son corps, en partant de la main qui tenait celle de la jeune femme à l'autre, tendue sur le sol. Ses doigts crépitaient légèrement, et lorsqu'eux aussi se couvrirent de violets, Dazai sentit une puissance immense être canalisée la même que celle de Joanne.

« Directeur ! Mori-san ! Ecartez-vous ! Maintenant ! » cria-t-il.

Les deux hommes se tournèrent vers lui, épaule contre épaule face à Verlaine, et sautèrent sur le côté au moment où le français fendit l'air violemment avec un sourire carnassier. Son pied creusa un trou dans le sol, mais il ne se départit de son sourire qu'en voyant ce qu'il se passait avec Chuuya. Il ne le vit que trop tard : un soubresaut secoua le corps du mafieux et une vague noir passa sous sa peau avant de sortir de sa paume telle une vague d'encre. Elle se dirigea immédiatement vers Verlaine, et telle Joanne avait recouvert Chuuya plus tôt, la vague recouvrit Verlaine entièrement. Le français tentait de s'en débarrasser, mais n'arrivait qu'à donner des coups dans le vent.

Frapper dans l'eau ne sert à rien. L'eau se sépare mais se reforme presque instantanément. Le même phénomène se produisait. Le liquide qui couvrait Verlaine semblait ne pas s'arrêter. Mais en observant mieux, Dazai vit que si, le liquide avait ses limites : il restait accrocher à Chuuya.

Le démon de la même manière qu'Arahabaki, avait besoin d'un hôte pour ne pas devenir une bombe nucléaire géante Il se retenait donc à son nouvel hôte volontairement pour ne pas perdre le contrôle et causer une destruction massive. Alors si même le démon était limité dans ses mouvements, ça voulait dire que Verlaine ne tarderait pas à reprendre le dessus !

Le français commençait déjà. Sans réellement comprendre comment son pouvoir fonctionnait, Dazai avait comprit qu'une musique accompagnait Verlaine dans ses moindres mouvements, comme pour son discours à la salle des ventes, où il avait hypnotisé tous les non-détenteurs de pouvoir. La musique qu'il produisait était plus forte en intensité selon s'il attaquait, ou se défendait. En défense, elle était souvent basse, et ne montait en pics assourdissants que lorsqu'il encaissait un coup.

Mais là, la musique était stridente. Atsushi avait déjà gémit de douleur et du sang était visible entre les doigts qui couvraient ses oreilles, et tous ceux de l'Agence et la Mafia ne tardèrent pas à eux aussi couvrir les leurs. Le son était strident, pire que tous ce qu'ils avaient pu entendre. Les lunettes de Kunikida se brisèrent, et Akutagawa n'arrivait pas à ordonner à Rashômon d'agir, la créature elle-même sonnée par les sons.

Dazai ne pouvait pas s'approcher au risque de perdre son ouïe, mais se força à rejoindre Fukuzawa et Mori. Il cria pour couvrir le bruit du mieux possible :

« Ce sont les agissements du démon ! Il ne tiendra pas longtemps il faut finir Verlaine maintenant ! »

Elise ne semblait pas apprécier non plus le son et se lança sans l'accord de Mori sur Verlaine. Fukuzawa la suivit peu après. Ils savaient que ça ne serait pas aussi simple, tant que le démon couvrait Verlaine, celui-ci était « immunisé », ce qui était assez ironique.

Dazai entendit un cri derrière lui et vit le corps de Joanne secoué par des spasmes. Gin avait été écarté de force par son frère et regardait terrifiée la blanche. Dazai coula son regard vers Chuuya et vit que lui aussi commençait à trembler. Le démon arrivait aux maximum de ses capacités et s'il poussait encore, risquait de tuer les deux inconscients.

Dazai venait d'en avoir la preuve, sa sœur adoptive n'était pas morte. Elle était encore là quelque part et sur la tombe d'Odasaku, il jura de la ramener.

« Yosano ! » cria-t-il aussi fort que possible.

La médecin sembla l'entendre.

« Tiens-toi prête ! »

« Prête à quoi ?! »

Koyo la releva et l'amena près de Joanne.

Tout allait se jouer maintenant. Elise et Fukuzawa étaient en position et n'attendaient plus que Dazai. La vague d'encre semblait s'effacer de Verlaine, et le brun courut vers lui.

Sa fenêtre d'action serait très courte : dès que chaque partie du démon aura quitter la peau de Verlaine, il aurait moins d'une seconde pour activer son pouvoir et empêcher Verlaine d'agir.

La français le voyait déjà arriver. Il accéléra pour se débarrasser de l'encre et augmenta encore le son. Dazai grinça des dents sous la douleur et ignora la flèche qui sembla lui traverser le crâne et qui aurait pu paralyser n'importe qui inhabitué à la douleur.

Ses tympans venaient d'éclater.

Il n'entendait plus rien. Mais ça ne l'arrêta pas. Il tendit sa main et sentit le tissus de la veste de Verlaine, pile au moment où la dernière goutte d'encre quitta Verlaine, caressant le doigt de Dazai au passe. Le détective sauta sur le français et cria sans s'entendre :

« No longer human ! »

Une lumière bleue les aveugla tous les deux mais Dazai vit clairement les yeux de Verlaine s'écarquiller. La seconde d'après, un sabre et une seringue sortaient de son torse et frôlèrent Dazai qui se propulsa en arrière. Fukuzawa en position derrière était soutenu par Mori, tandis qu'Elise ressemblait à l'enfant psychopathe bien connu des mafieux.

Verlaine avait son regard toujours fixé sur Dazai, du sang au bord des lèvres. La musique s'était arrêtée nette, mais le détective n'entendait toujours rien. Pire, sa tête sonnait, et des vertiges le prenaient.

Heureusement, il avait appris à lire sur les lèvres. Et ses yeux s'écarquillèrent lorsque Verlaine, conscient de sa condition, parla sans un son pour ceux encore capable d'entendre.

« Merci … Je savais que cela devait arriver. Mais je ne voulais pas la perdre. Elle est plus importante encore que vous ne le pensez. Je n'était qu'un pion. Elle viendra pour Joanne. Elle viendra pour la récupérer elle et son démon, et ça en sera fini de Yokohama. Ce qui est arrivé durant la pomme de la mort se reproduira … »

Et Verlaine cessa de respirer. Dazai était non seulement choqué, mais assommé également. Fukuzawa et Mori l'avaient approché, encore ignorant de l'état du jeune homme, et ils se tournèrent tous les trois vers Chuuya et Joanne.

Seulement, la lumière violette caractéristique du pouvoir de Yosano les empêcha de bien voir. Dazai se leva tant bien que mal et s'approcha en titubant. Akiko semblait utiliser Thou shall not die depuis un moment déjà, et était couverte de sueur. Son visage était déformé par la détermination et la concentration tandis qu'elle s'affairait sur Joanne, Koyo à ses côtés, qui lui faisait de l'air avec son éventail.

« Aller Joanne, aller, accroches-toi et reviens, tu peux le faire et je peux t'aider mais j'ai besoin de toi ! » semblait dire la médecin.

Gin était toujours figée dans les bras de son frère. Ils avaient tous été surpris quand les doigts de Joanne s'était mis à bouger, et qu'une respiration unique avait fait son chemin entre ses lèvres, laborieuse et rauque, mais bien présente. Yosano avait tous de suite comprit de quoi avait parlé Dazai et s'était mise au travail.

Joanna avait l'impression que quelque chose de grand venait de se produire : depuis qu'elle était consciente de son état, elle n'avait été entouré que de bruit. Mais maintenant, le silence résonnait.

Enfin presque. La mélodie en elle jouait plus fortement en intensité. Comme si elle essayait de se caler sur un autre son, une autre fréquence. Et la douleur qui se réveilla dans Joanne là où se trouvait son cœur lui fit comprendre : la mélodie cherchait ses battements. Maintenant qu'elle les avait retrouvé, elle se calquait à eux et les poussait à accélérer.

Non, ça fait mal, je ne veux pas, stop !

Ses poumons se gonflèrent d'oxygène de nouveau et la douleur ne fit que croître, montant le long de sa gorge jusqu'à son crâne. La mélodie ne s'arrêtait pas, et à elle se joignit une vague de pouvoir qui accompagna l'effort fait pour relancer ses organes vitaux. Une voix fit son chemin jusqu'à la conscience lointaine de Joanne :

« Aller Joanne, aller, accroches-toi et reviens, tu peux le faire et je peux t'aider mais j'ai besoin de toi ! »

Yosano ! C'était le pouvoir de la médecin qu'elle sentait en elle.

Elle voulait s'y accrocher, elle le voulait vraiment ! Mais la douleur était insoutenable ! Tout son corps réagissait ! Elle sentait son sang passer dans chaque veines de son corps et les dilater de nouveaux, chaque muscle se contracter, chaque articulations craquer. Et tout ça lui montait au crâne ! Dans sa tête des centaines de basses étaient à pleins sons. Pour finir, des centaines d'aiguilles semblaient percer ses yeux avant qu'elle ne les fasse cligner, pleurant pour les humidifier et chasser la poussière et la saleté.

Mourir était tellement plus rapide et sans douleur que vivre.

Mais pour rien au monde elle ne souhaitait retenter l'expérience de la mort.

Elle prit quelques inspirations laborieuses, toussant du sang le temps que son système respiratoire ne se purge, et resta inspirer quelques secondes, sentant une âme familière reprendre sa place en elle.

Il est là.

Oui, et je ne compte pas partir, alors prend plus soin de toi à l'avenir.

Elle ne réalisa qu'après quelques jours que c'est le démon qui lui avait parlé.

Joanne n'eut que le temps de voir Gin se libérer d'Akutagawa et se précipiter sur elle, notant du coin de l'œil une Yosano au bord du malaise qui s'effondra sur Koyo, avant qu'elle ne ferme les yeux pour elle-même se laisser bercer dans le sommeil réparateur.

Gin n'en croyait pas ses yeux. Elle était vivante ! Elle avait bougé et respiré ! Elle était là ! Bouche-bée, elle regarda Yosano s'effondrer dans les bras de Koyo qui la réceptionna et passa un bout de son kimono sur elle.

« Reposez-vous Yosano-sensei, vous avez fait votre travail. »

Tachihara s'agenouilla près d'elle, le visage caché par ses cheveux et dit :

« Mon frère serait fière de vous. »

Yosano sourit et partit elle aussi au royaume de Morphée.

Chuuya n'était toujours pas réveillé, mais Dazai le savait hors de danger. Il avait observé tout ce qui venait de se passer, en faisait un tour périphérique de tous ceux présent, ignorant Ranpo qui le regardait choqué.

Dazai savait qu'on commençait à lui parler. Kunikida commençait à l'engueuler, Akutagwa le fit taire en appelant Dazai à propos d'Atsushi qui n'avait pas supporter les sons produits par Verlaine, et les deux chefs s'approchèrent de lui.

Dazai n'y tint plus. Au moment où Fukuzawa remarqua le sang qui coulait encore abondamment de ses oreilles, il ferma les yeux. Il ne se sentit même pas tomber. Il était déjà trop loin partit.

Lorsqu'il fut de nouveau conscient, il savait que son ouïe était revenue. Il grimaça en sentant que Yosano n'y était pas allée de main morte pour le soigner, mais sourit. Il prit le temps d'écouter : il était à l'infirmerie de l'Agence, très calme donc, et avait des bandages autour de la tête qui couvraient ses oreilles et une partie des sons. Il entendit néanmoins très bien les bruits étouffés qui lui parvenait de l'autre côté de la porte.

Un frisson le prit soudain et il mit un moment avant de réaliser d'où venait le souffle qui lui avait causer cette réaction. Il se tourna et vit Chuuya, lui aussi couvert de bandages – mais bien moins que Dazai – dormir sur un lit très rapproché du sien. Si rapproché qu'il dormait sur les deux. Dazai en étouffa un rire. En tournant sa tête de l'autre côté, il vit trois autres lits. Sur l'un deux se trouvait Joanne, reliée à une machine cardiaque et une poche de sang. De ce qu'il voyait ses bras portaient de sérieux hématomes. Sur le lit plus proche de lui se trouvait Atsushi, lui aussi bandés aux oreilles. Dazai dut se redresser pour voir qui occupait le troisième lit, positionné pile entre celui de Joanne et celui d'Atsushi. Il aurait dû s'en douter, mais le voir de ses yeux lui fit chaud au cœur : Gin et Ryunnosuke se partageait un lit à deux, dormant dos l'un à l'autre, une main chacun tenant celle de leur moitié, et celles de libre entremêlés.

Il se sentait comme un père et un grand frère fière et heureux. Il se recoucha, et prit une des mains de Chuuya, lui aussi souhaitant sentir sa moitié près de lui.

À l'extérieur de l'infirmerie, le bureau de l'Agence était vide. La nuit était tombée depuis quelques heures et tous étaient partis. Oui, tous, sauf deux personnes.

Ranpo et Yosano se faisaient face, l'un et l'autre incapable de dormir. L'un à cause de sa culpabilité de n'avoir pas été capable de voir venir ce qui était arrivé, et l'autre à cause de son devoir de médecin. Cela faisait trois jours que tous étaient dans une sorte de coma. Chuuya semblait être celui le plus atteint, bougeant comme si il dormait mais ne se réveillant jamais. Atsushi s'était déjà réveillé, mais était encore victime de malaises et de vertiges, alors Yosano avait préféré le garder à l'infirmerie. Dazai était plus grièvement blessé qu'Atsushi. Le tigre avait fait une bonne partie du boulot pour le dernier, mais pour le premier, Yosano avait dut massacrer une nouvelle fois son collègue plusieurs fois avant de réussir à ramener son ouïe. Cela l'avait épuisée. Quant à Joanne, elle semblait avoir besoin de plus de temps. Son esprit et son corps avaient été gravement touchés, mais Yosano avait réussi à la stabiliser le jour d'avant.

Seulement. Cela ne fait même pas 24h qu'elle est stable. Elle peut rechuter à tout moment.

« Elle ne rechutera pas. »

La voix de Ranpo la vit sursauter. Elle frotta ses yeux endormis et secoua la tête.

« Tu n'es pas médecin, tu n'en sais rien. »

Ranpo pressa ses lèvres mais ne dit rien. Yosano se sentait aussi un devoir maternelle envers Atsushi et Joanne. D'autant plus qu'avec ses deux là, les Akutagawa suivaient forcément. Elle n'avait pas été très à l'aise avec l'idée de laisser les mafieux dans son infirmerie, mais Joanne était aussi leur famille.

« Pourquoi es-tu encore ici ? Retourner le problème en long en large et en travers ne te serviras à rien, » fit remarquer la jeune femme.

« J'aurai dû tout voir venir. Pourquoi est-ce que je n'ai rien vu ? »

« Tu ne peux pas tout voir- »

« Si ! Ça à toujours été comme ça, j'ai toujours tout vu ! Je t'ai vu en détresse, je t'ai vu arriver, j'ai vu Fukuzawa-dono et Mori se battre pour toi et c'est parce que j'ai vu qu'il allait gagner que Fukuzawa à laisser tomber la diplomatie ! J'ai vu la mort de l'ami de Dazai, j'ai vu la Guilde, les Rats, et même quand j'ai pensé que Fyodor m'avait doublé j'ai vu à travers lui aussi ! »

Yosano resta calme. Ranpo était peut-être son aîné, mais elle était bien la grande sœur entre eux.

« Tu n'as pas toujours tout vu. Lorsque tu es allé résoudre cette enquête, avec Poe-kun ? Tu t'es retrouvé en détresse, » Yosano prit note de la réaction de Ranpo au nom de l'américain.

« Mais j'ai réussi à voir ce qu'il me manquait. »

« Sauf que là il ne te manque rien. »

Ranpo ne semblait pas d'accord, mais étonnement ne partagea pas sa pensée haut et fort. Yosano soupira longuement et sourit. Poe n'était pas la seul à avoir du mal à approcher son camarade.

« Où est Poe-kun justement ? »

« Je ne sais pas. »

« Tu ne sais pas ?! Je croyais que tu savais tout ! »

« Visiblement non ! »

« Edogawa ! » claqua Yosano agacée.

Ranpo sursauta. Seul deux personnes avaient le droit de l'appeler ainsi. Fukuzawa, et elle. Mais quand ils le faisaient, ce n'était généralement pas une bonne nouvelle.

« Tu devrais passer le voir. Depuis la réunion il y a quatre jours il n'a pas osé se montrer. Tu sais comment il est, il tient à toi mais ne fera pas le premier pas, de peur de déranger. Toi au contraire, le dérangement c'est ta spécialité. »

Elle souriait. Ranpo se mit à bouder comme un enfant, et elle retint un fou rire de justesse. Il eut soudain un sourire machiavélique, et tout en se dirigeant vers la porte dit :

« Très bien j'y vais ! Mais dans ce cas, toi tu invites la samouraï de la Mafia à boire un café ! »

« Que ?! »

Elle se leva d'un coup, rouge tomate.

« Ranpo ! Reviens ici ! »

Il avait déjà ouvert la porte et la médecin se stoppa net en voyant la dite samouraï, un sourire amusée au visage, les observer tous les deux. Ranpo se tourna vers Yosano et une envie de l'étrangler la prit : il allait parler !

« Elle est là ! Parfait ! Bon, moi j'ai à faire, à demain ! »

Et il s'en alla.

Les deux femmes furent face à face, et dans la légère lumière tamisée de l'Agence, prirent le temps de se détailler. Yosano avait sa blouse de médecin et un pantalon léger à la place de sa jupe, ses escarpins rouges toujours au pied. Elle avait relevé ses cheveux dans un chignon dont s'échappait des dizaines de mèches, retenus par son épingle papillon. Ses gants manquaient aussi à l'appel, laissant ses avant-bras nus.

Koyo à l'inverse, avait les cheveux détachés, et Yosano déglutit avec difficulté en voyant la mafieuse encore plus belle. Seulement la moitié de ses cheveux roux étaient relevés et maintenus par des baguettes rouges et or, dont pendaient des petits papillons. La Capitaine portait aussi un yukata, et non son kimono habituel, ce qui l'entourait de moins de volumes. L'habit était dans des teintes coucher de soleil, couvert par une fine dentelle blanche sur le bas du tissus et les manches. Le col et la ceinture étaient fait avec un épais tissus bordeaux.

« Koyo-san. »

« Yosano-sensei, » salua la rousse en retour.

« Oh je vous en prie, appelez moi Yosano. »

« Dans ce cas appelez moi Koyo, et s'il vous plaît, pouvons-nous passer au tutoiement ? Je n'ai pour habitude d'être vouvoyer que par ceux que je méprise, où ceux qui sont sous mes ordres. »

Yosano apprécia.

« Pourtant Mori te vouvoie ? »

« Je réitère ma réponse précédente. »

Yosano eut un petit rire qui arracha un sourire à Koyo. La médecin invita l'autre femme à passer dans le petit salon, lui indiquant au passage que l'infirmerie était occupée.

« Comment vont-ils ? »

« Bien. Joanne est stabilisée, Atsushi et Dazai ne devraient pas avoir trop de mal à s'en remettre et Chuuya … »

Elle serra les dents, sachant le rapport frère/sœur qui s'opérait entre eux.

« Il est lui aussi stable. Mais il ne semble pas se réveiller. Il bouge, vit … mais reste inconscient. »

Koyo serra sa prise autour de son ombrelle.

« Penses-tu que … Qu'il se réveillera ? »

« Bien sûr ! Chuuya n'es pas en danger de mort, ne t'en fais pas. Mes avis qu'il sent Dazai à ses côtés et attend que celui-ci revienne pour revenir à son tour. Atsushi a agit de la même manière. Dès qu'Akutagawa est rentré dans la pièce, il montrait les premiers signes de réveils. »

Yosano avait un ton léger qui fit oublier à Koyo ses soucis. Sauf Chuuya. Elle ne pourrait jamais oublier Chuuya.

« Ses enfants seront notre mort, » dit-elle en riant.

La médecin la rejoint.

« Ça ne m'étonnerait même pas. »

« Tu as fait un travail remarquable Yosano. »

« Non, je n'ai fait que mon travail. »

« Il y a l'art et la manière. Tu as su joindre les deux. Ton pouvoir n'est pas ce qui les a sauvé. »

Koyo mit une main sur celles de Yosano.

« C'est toi, Akiko. »

Trop proche trop proche, paniqua la brune.

C'était bien le moment d'avoir une gay panic. Koyo se recula.

« Je tenais aussi à te dire que j'ai été impressionné de te voir te battre dans la forêt. Tu as une force physique cachée des plus surprenantes. Je vais être honnête, je ne m'attendais pas à ça. »

« Si nous sommes dans les confessions c'est mon tour, et je te retourne le compliment. Ta réputation te précède Koyo, mais voir que tu ne te reposait pas sur ta Reine Démoniaque et savait te battre à mains nues était aussi une surprise. »

Les deux se scrutèrent du regard, se jaugeant, s'analysant. Elles s'appréciaient déjà tant.

« Peut-être accepterai-tu de venir t'entraîner avec moi au dojo de Port Mafia, si l'envie de prend. Tu seras toujours la bienvenue. »

« J'y réfléchirais, merci. »

Yosano laissa la fatigue reprendre le dessus sur les bonnes manières et bascula sa tête en arrière. Elle était en train de discuter avec une des personnalités les plus dangereuse de la Mafia, celle même qui pourrait reprendre le post de Mori si celui-ci venait à mourir maintenant.

Un long soupir lui échappa et la voix qui la hantait depuis qu'elle l'avait bercé quatre jours auparavant reprit :

« Je partage ton train de pensée. Tu es un des piliers de cette Agence. Une des trois pierres fondatrices, je connais ton histoire. Tu es autant mauvaise pour moi que je le suis pour toi. Mais pourquoi ? Parce que nos patrons ont couché ensemble par le passé et incapable d'en discuter autour d'une tasse de thé, ont décidé de se faire la guerre ? »

Yosano redressa vivement la tête et chercha un moment avant de remarquer que Koyo était à côté d'elle. Toujours choquée, elle demanda :

« Ils ont quoi ?! »

« C'est une histoire aussi vieille qu'eux et que ça t'étonne me surprenne. Ils étaient tous deux les élèves d'un même professeur, qui à la manière de Dazai et Mori, a réuni un duo aussi fonctionnel que chaotique, de vrais aimants. »

A la manière de Dazai et Mori. Elle voulait parler de Soukoku et Shin Soukoku. Depuis Fukuzawa et Mori, chaque duo semblait en effet s'attirer et se rejeter à la manière d'aimants. Cette constatation fit lever les yeux au ciel de Yosano.

« Les hommes, pas vrai ? » demanda Koyo innocemment, mais très proche de la brune.

Celle-ci n'avait pas besoin d'être Ranpo pour savoir ce qui suivrait sous peu. Mais Koyo n'était pas la seule à en savoir sur l'autre. Histoire de confirmer sur quoi se baserait ce qui suivrait, elle demanda :

« Tu en as pourtant eut un dans ta vie, un pour qui tu aurais fait le tour du monde. »

De la tristesse, de la mélancolie et un voile de souvenir couvrit le regard de la mafieuse. Yosano eut peur d'être allée trop loin, mais la rousse ne recula pas.

« Nier est inutile. J'ai en effet eut un homme dans ma vie qui m'a promis la lune. Mais il n'a pas su tenir ses promesses. »

« Il a été assassiné par Mori. »

« Il était faible. Je ne l'ai compris qu'après, mais dans ce métier, si je veux quelqu'un dans ma vie, cette personne doit être capable de s'en sortir face à mon boss. »

Koyo s'était levée avait jeté son ombrelle à travers la pièce. Elle se tenait en face de Yosano qui faillit s'étouffer avec sa salive en voyant la rousse défaire la ceinture de son yukata.

« J'ai besoin de quelqu'un qui n'a pas besoin de ma protection, que Mori n'osera pas toucher. »

Elle fit glisser la ceinture et le vêtement s'ouvrit, laissant apparaître son corps fin mais musclé, immaculé, seulement couvert d'une lingerie en dentelle rouge, qui plut énormément à Yosano. La brune leva son regard vers la rousse, demanda une dernière fois silencieusement si elles étaient dans le même wagon, et l'attrapa pas la taille pour la mettre sur ses genoux. La peau de Koyo était déjà brûlante, et Yosano laissa cette chaleur l'envahir.

Elles se caressèrent de leurs lèvres, jouant l'une avec l'autre, avant que dans un même mouvement, ne s'embrassent. Les langues restèrent gentiment dans leur coin, laissant la scène aux mains. Celles de Yosano s'étaient fixées sur les hanches de la rousse, la rapprochant à chaque fois un peu plus, tandis que celle de Koyo s'affairaient à déboutonner la chemise de la brune. Une fois fait d'un accord commun elles détachèrent leurs cheveux, et Yosano quitta pour la première fois sa broche, que Koyo prit soin de poser sur la table basse avec ses baguettes traditionnelles.

WARNING smut

L'attention charma la médecin qui posa sa bouche sur la mâchoire de la mafieuse, déposant des baiser sur sa gorge, jusqu'à arriver à une bretelle, qui fut vite chassée pour lui laisser place. Elle s'était légèrement avancée sur le canapé, Koyo toujours bien sur les genoux, pour laisser à cette dernière l'espace pour lui enlever veste et chemise. Elle s'attaqua juste après au pantalon, qu'elle dézippa très vite, laissant apparaître une lingerie bleue nuit.

« Akiko, » gémit Koyo en sentant la langue de la brune tracer un chemin de sa clavicule à sa mâchoire.

« Mh, » l'autre passa sa main dans ses cheveux et l'embrassa de nouveau, plus pressée cette fois.

Koyo appuya sur ses épaules et la manœuvra pour la faire tomber dos sur le canapé. Elle se débarrassa du pantalon, Yosano levant le basin pour l'aider, et se plaça entre ses jambes. Se fut à son tour de s'amuser avec le cou de sa partenaire, et de lui faire comprendre que c'était elle qui tiendrait les rênes.

Elle profita de sa diversion pour glisser une main entre les cuisses fermes de la brune.

« O-ozaki, mh- »

« Oui ? Tu as une demande ? »

Koyo avait sa main sur l'intimité de Yosano mais sur sa culotte, et la brune en voulait plus, bougeant ses hanches pour prendre ce qu'elle voulait. Koyo la maintint fixe sous elle, arrachant un autre gémissement à Yosano.

« Non non non ma Reine, tu vas rester sage, et je te donnerai ce que tu mérites, ça te va ? »

« Ozaki, » réussit à dire Yosano, « tu n'es pas obligée- ».

Elle fut coupée par l'intrusion d'un doigt dans son intimité. Elle planta son regard améthyste dans celui quartz de son amante.

« Tu es magnifique, » dit-elle dans un souffle.

Ses poings avaient agrippé les coins du canapé et elle était sûr de laisser des traces demain mais elle n'en avait que faire.

« J'en ai envie Akiko. Tu le mérites, et je veux te faire plaisir. »

« Tu me laisseras te rendre l'appareil, » dit la médecin en glissant ses mains dans le dos de la rousse pour dégrafer son soutien-gorge.

Koyo frissonna et se pencha pour embrasser Yosano. Elle ajouta un deuxième doigt et prit un rythme lent, arrachant autant de sons possible à Yosano, les étouffants avec ses baisers. Les langues rejoignirent la danse, et entre la bouche de la rousse et ses doigts se mouvants en elle, Yosano ne savait plus où donner de la tête. Elle se couvrit la bouche lorsqu'un son particulièrement fort résonna dans les bureaux vides. Koyo rit et mordilla son poignet.

« Pas si fort chérie, tu ne voudrais pas réveiller les blessés ? »

« Ozaki, » gémit Yosano haletante. « Cesse de t'amuser et donne moi ce que je veux ! »

La brune saisit la nuque de Koyo pour la pencher vers elle et l'embrasser, prenant bien soin de frôler ses ongles sur le cuir chevelu roux. Un frisson violent pris Ozaki, qui entraîna un gémissement chez Yosano. La brune en eut assez et décida de jouer elle aussi, passant ses mains froides le long du corps de la rousse, redessinant la courbure de ses seins et se frayant un chemin vers l'intimité de son amante. Elle commença à la titiller aussi, prenant confiance quand Koyo eut son premier halètement. Elles continuèrent de jouer ainsi l'une avec l'autre, et quelques secondes après la brune atteint la jouissance, suivit de peu par la rousse.

fin du smut

Environ une heure plus tard, après avoir fait jouir l'autre plusieurs fois, elles avaient toutes deux remis leur sous-vêtements et Yosano avait déplié l'un des canapés qui faisait aussi lit. Comme elle dormait à l'Agence depuis l'incident, elle alla récupérer oreillers et couverture sous son bureau, et elle et Koyo firent vite leur nid. Cela amusa beaucoup la brune de voir comme la rousse pouvait se montrer autoritaire pendant le sexe, mais très câline après.

Elles étaient toutes deux de côtés, et c'est Yosano qui était en grande cuillère, un bas passé autour de Koyo, qui dessinait des formes quelconques sur son bras avec ses doigts.

« Tu penses vraiment que ça peut marcher ? » demanda la médecin.

Koyo attendit avant de répondre.

« Es-ce que tu as envie que ça marche ? »

« Oui. »

« Alors ça marchera. »

Et Yosano, un sourire aux lèvres, s'endormit avec l'une des femmes les plus dangereuses de Yokohama à ses côtés.

Ranpo se tenait depuis dix minutes devant la porte du manoir de Poe. Il ne comprenait pas pourquoi entrer lui semblait si difficile. Il ne comprenait pas non plus pourquoi il essayait de rentrer par la porte, alors qu'il avait passé ses dernières semaines à entrer par les fenêtres, peu importe l'étage, donnant des crises cardiaques à Poe plus d'une fois.

En y repensant, le détective eut un sourire. Poe se contenait autour de lui, mais dès qu'il était en danger, l'américain oubliait sa timidité et prenait cet instinct protecteur que Ranpo adorait. Il se souvenait encore du grand brun le prenant dans ses bras avant l'explosion. Avant que Ranpo ne se décide à aller sur le terrain lui-même, Poe avait été très présent, aidant, et compréhensif des pensées de Ranpo.

Et ça, ça l'aurait presque déconcentré.

Il ne serait pas le meilleur détective de la planète si il n'avait pas déjà deviné les sentiments de l'homme à son égard. Il avait mis plus de temps à comprendre les siens en revanche. Et maintenant qu'il en était arrivé à cette conclusion de réciprocité évidente, il ne savait pas quoi en faire.

En venant, il avait vu par une des fenêtre que Poe écrivait. Poe écrivait toujours, et toujours en recommençant deux ou trois fois, entouré de boules de papiers et de tâches d'encres. Pour son anniversaire, Ranpo lui avait offert un ordinateur. Poe s'en servait peu, seulement lorsqu'il était sûr du fil de son histoire. Mais il s'en servait.

Poe lui, avait offert un simple recueil de poème à Ranpo. Le détective – qui n'attendait rien de son ami – en avait été agréablement surpris, quoique déçu de ne pas avoir droit à un roman d'enquêtes. Seulement, en commençant la lecture, Ranpo comprit vite qui était l'auteur de ses poèmes. L'un en particulier avait marqué Ranpo : « une énigme. »

Il remarqua qu'entre deux poèmes classiques, certains poèmes se faisaient suite. Et c'est à travers des sonnets que Poe avait écrit son enquête. Ranpo en fut si perturbé qu'il mit du temps à trouver la solution. Mais ce fut le meilleur livre qu'il eut jamais lu.

L'anniversaire de Ranpo étant en octobre, celui de Poe en janvier, étant actuellement en été, celui de Ranpo était venu avant. Mais il n'avait résolu le crime qu'après celui de Poe. Et c'était depuis que Ranpo ressentait des choses bizarres aux côtés de Poe.

Il allait lui dire ! Il ne pouvait pas se dégonfler maintenant. Pas après avoir vu ses amis être à deux doigts de perdre celui/celle qu'ils aimaient.

Il frappa à la porte.

Il entendit un vacarme venir de l'intérieur, et sourit en sachant qu'il venait de prendre de court Poe. Il sut que l'homme jetait un regard par le judas, eut un moment d'arrêt, et sans surprise, la porte s'ouvrit avec fracas. Poe terrifié, inquiet, attentif et plein d'espoir de l'autre côté.

« Ranpo-kun ? »

« Poe-kun ! » Ranpo ne tarda pas à agir comme si de rien était.

Il poussa Poe et entra dans la maison sans attendre d'invitation, prit le chemin familier du salon, récupéra Karl qui se trouvait sur un des nombreux arbres à chat (/raton-laveur) de la pièce et se laissa tomber sur le canapé, l'animal sur le ventre. Poe ferma la porte et le suivit. Attentif, il observa Ranpo agir, et sut tout de suite que quelque chose n'allait pas.

Une personne extérieur à leur duo n'aurait rien remarqué, Ranpo agissait exactement comme d'habitude. Mais Poe n'était pas n'importe qui.

« Ranpo-kun ? »

« Mh ? »

« Pourquoi es-tu passé par la porte ? »

Ranpo ne laissa rien paraître, mais il avait marqué un temps d'arrêt dans la fourrure de Karl.

« Je n'ai pas le droit de passer la porte ? »

« Tu as frappé ? »

« Je n'ai pas le droit de frapper ? »

« Tu ne le fais jamais ? »

Ranpo se redressa soudainement, et Poe sursauta en faisait un petit bruit. Ils restèrent se fixer l'un l'autre, puis Ranpo se rallongea.

« Pourquoi n'es-tu pas venu à l'Agence ces derniers jours ? »

Poe soupira. Il parla avec une voix posée :

« Ma place n'était pas à l'Agence. Tes camarades avaient besoin de toi. »

« Moi j'avais besoin de toi. »

Poe eut un accro dans sa respiration. Ranpo avait cessé les caresses et Karl décida de s'éclipser, permettant à Ranpo de s'asseoir, en tailleur tel un enfant. Il fut surpris de voir une nouvelle assurance chez Poe. Il n'avait pas non plus la tête de quelqu'un prêt à changer le monde, mais il aurait pensé le voir plus gêné et mal à l'aise. L'américain avait peut-être comprit l'objectif de la visite du détective.

« Tu n'as pas besoin de moi Ranpo. Tu te débrouilles parfaitement seul- »

« Et si j'en ai marre d'être seul. »

« Heu ... »

Poe ne sut quoi répondre alors il continua :

« Moi je voulais que tu sois là. Parce que ce qui est arrivé, je ne l'ai pas vu venir. Je n'ai pas su l'arrêter, pas entièrement et- »

La voix de Ranpo s'étrangla dans sa gorge. Poe s'était figé.

Oh non, pas ça. Qu'est-ce que je suis censé faire si il se met à pleurer ?!

Heureusement pour lui Ranpo se reprit.

« Je veux que tu sois là. Tout le temps. Partout où je vais, je te veux à mes côtés. »

Les couleurs montèrent si vite au visage de Poe que Ranpo cru qu'il allait exploser. Il commença à bégayer :

« M-mais je ne suis personne ? J-je dérangerais ! Pourquoi m-moi ? »

Le plus petit en eut assez et alla se planter juste devant le plus grand. Poe était plaqué contre son mur et regardait Ranpo avec un mélange de peur et d'admiration. Ce dernier posa ses mains sur ses hanches et ouvrit ses grands yeux verts. Ses émeraudes allèrent chercher les onyx cachés derrières les longues mèches brunes.

« Arrête ! Je t'ai déjà dis que ce n'est pas en te sous-estimant que tu vas réussir à faire quoique ce soit. Tu n'es pas personne. Tu es Edgar Allan Poe ! Un grand écrivain, et un grand poète. »

Ranpo qui le complimentait ? Ça devait être la fin du monde, il n'y avait que cette explication possible.

« Qu'essayes-tu de dire Ranpo ? »

Le petit souffla longuement, et sans prévenir, saisit Poe par le col et plaqua ses lèvres sur les siennes. Il avait conscience que le plus grand était plié en deux, lui ne faisant pas l'effort de se mettre sur la pointe des pieds, mais il n'en avait que faire.

Bon ça le gênait quand même. Il mit fin au baiser sans avoir réussit à arracher une réaction à Poe, mais vit que celui-ci semblait avoir planté. Comme un ordinateur.

Il échangea leur position et le fit reculer jusqu'à ce que ses genoux touche l'accoudoir du canapé et d'une poussée sur son torse, le fit chuter sur le meuble. Là il réagit. Il émit un son étouffé, l'air s'expulsant de ses poumons sous le choc, avant d'en faire un étrangler en voyant Ranpo lui grimper dessus …

Et s'allonger.

Le détective avait sa tête sur le haut du torse de l'américain, et ses tibias atteignaient l'accoudoir sur lequel reposait aussi les jambes de Poe. Un bras de chaque côté, leurs jambes entre-mêlés. Ranpo apprécia de sentir le cœur de Poe battre si fort il appréciait surtout de savoir qu'il en était la cause. Mais Poe avait aussi cessé de respirer.

« Respire Poe, » ordonna-t-il.

Et le plus grand expira longuement.

« Ranpo-kun ? J-je ne suis pas sûr de comprendre … »

Ranpo souffla et se redressa, posant ses mains sur le torse de Poe et son menton sur ses mains. Le brun avait un peu de mal à le regarder.

« Je vais le répéter une fois, alors sois attentif. »

Poe hocha vivement de la tête.

« Je veux que tu sois là. »

Même si tu me suis déjà partout, je veux que tu viennes me voir de toi-même, que je n'ai pas besoin de venir te chercher tout le temps. Que tu me montres que tu tiens à moi comme je tiens à toi. Je ne viendrai pas te voir si souvent si je ne voulais pas de ta présence.

« Tout le temps. »

Peu importe si je suis à l'Agence, si j'ai une enquête, si tu me croises dans la rue. Tu dois être là. Jamais tu ne me dérangeras, parce que ta présence sera mon oxygène.

« Partout où je vais, je te veux à mes côtés. »

Je veux te savoir en sécurité. Je veux savoir que tu es bien vivant, près de moi, pouvoir te regarder, te sentir, si la peur me prend. Je veux savoir quand tu es en danger, pour l'être avec toi. Parce que si tu pars, je partirai avec toi. Je ne vois pas les choses autrement, tu ne peux pas me laisser seul, je ne le supporterais plus. Alors sois-là.

Ranpo resta fixer Poe, qui ne cilla pas et resta avec un visage de marbre. Doucement, il monta une main dans les cheveux bruns du japonais, et la posa sur sa joue.

« Compris, » dit-il.

Et Ranpo sentit son cœur exploser. Il s'approcha de nouveau et cette fois ce fut Poe qui brisa l'espace entre eux et l'embrassa. C'était la plus merveilleuse sensation qu'ils n'avaient jamais ressenti. Avec chacun leur particularité, ils n'étaient pas très sociable, et se maintenaient à l'écart des autres. Ils ne recherchaient pas d'attention où d'amour. Avant qu'ils ne se trouvent. Et c'est la pureté de leurs sentiments qui les unissaient si fort. Il n'y avait pas de désir de la chair, seulement du désir amoureux. Ranpo avait deviné que Poe s'identifiait comme demi-sexuel et lui-même se voyait plutôt comme asexuel ou gray-sexuel. Ils ne seraient pas dans le plaisir charnel comme Soukoku et Shin Soukoku, dans le besoin de sentir l'autre vivant comme Joanne et Gin, Yosano et Koyo. Ils étaient juste dans le besoin d'amour, et c'est comme ça qu'ils le voyaient. Ils n'avaient pas besoin de plus.

Et ils n'étaient pas les seuls à fonctionner ainsi.

Un petit couinement les firent s'arrêter, et ils tournèrent la tête vers Karl, qui s'était mis sur le dossier du canapé et les regardait avec attention.

Ranpo s'en saisit et le mit entre eux deux (je ne sais pas comment c'est possible sans l'écraser).

« Avec tes deux papas ! »

« Edogawa, » rougit Poe.

L'appelé resta fixer son copain et celui-ci eut peur d'avoir dit une bêtise. Peut-être était-ce trop tôt.

Au contraire, il sourit et avec un sourire qui fit frissonner Poe dit :

« Oui, Edgar ? »

Causant au plus vieux de rougir encore plus intensément. Ranpo éclata de rire et reposa sa tête sur Poe, tombant à moitié endormi, enfin reposé. Poe sourit et posa une main sur la tête du détective avant de saisir la couverture qui traînait sur la table et de l'en couvrir.

Mori regardait la ville, assis devant sa grande baie vitrée. Il savait très bien où était chaque membre de son organisation, mais décida de ne pas réagir. Après ces événements, lui et Fukuzawa devrait rediscuter grandement d'un possible traité de paix entre Mafia et Agence. Si l'idée pouvait paraître ridicule il y a quelques mois, elle était désormais leur meilleure option.

En parlant du loup gris, la porte s'ouvrit sur le directeur, suivit par une dizaine d'hommes de main armés qui l'avaient en viseur mais ne tiraient pas.

« Boss ! » appela l'un d'eux.

Sans même tourner la tête, Mori leva son bras intacte et leur fit signe de se retirer. La porte se ferma et les deux hommes se retrouvèrent seuls.

Fukuzawa semblait incertain de quoi faire ensuite. Mori devinait l'objet de sa présence, mais attendait que l'autre commence la discussion.

« Mori-sensei- »

« Pitié, depuis combien de temps se connaît-on Yukichi ? Nous avons été assez intimes pour laissez tomber les sensei et dono. »

Le mafieux était fatigué de ce jeu entre eux. Jeu mis en place par le directeur, après cette fameuse nuit qui sonna comme un glas dans leur relation et commença la rivalité qui mêla toute la ville. Fukuzawa plissa les yeux mais abdiqua :

« Très bien, Mori. »

Il alla s'appuyer contre le bureau du boss, son sabre posé à ses côtés. Mori le suivit du regard et leva un sourcil en le voyant se désarmer.

« Quelle est la raison de ta présence ici ? »

« Je pense que tu le sais. Joanne fait peut-être partie de Port Mafia, mais elle fait aussi partie de l'Agence. Et ce qui s'est passé il y a quatre jours prouve que malgré nos idéaux diamétralement opposés, nous sommes capables de faire preuve de civilité, et de travailler ensemble. »

Il sortit de sa manche un document officiel qui ressemblait beaucoup à ceux que la mafia utilisait pour former des alliances dans le monde de l'ombre.

« Où as-tu eu ça ? »

« J'ai croisé la Capitaine Koyo en venant ici, et elle pensa que ça me serait utile. »

« A-t-elle dit où elle se rendait ? C'est la seule que je ne peux localiser. »

« Il y a sûrement une raison à ça. »

Fukuzawa vit que cette réponse ne satisfit pas au Mori, celui-ci se mettant à bouder avec un grincement de dents sonore. Le directeur leva les yeux au ciel et répondit :

« Je l'ai croisé non loin de l'Agence. »

Son sourire carnassier familier prit place sur les lèvres de Mori.

« Yosano, » siffla-t-il.

« Il se pourrait en effet que nos bras droits se soient elles aussi, rapprochées. Mais tu as l'habitude de voir tes enfants t'enticher des miens. »

Le directeur malgré son visage sans émotion, avait une voix joueuse. Il eut la réaction qu'il attendait et sut qu'il avait réussi à attirer l'attention de Mori la seconde où celui-ci tourna vers lui un regard meurtrier. Il ne pouvait pas le contredire.

Dazai avait été celui attiré par Chuuya en premier, mais c'est Chuuya qui était ensuite allé le chercher, il y a quelque mois. Il ne voulait même pas parler d'Akutagawa, qui non seulement avait failli à sa mission plusieurs fois, mais qui en plus la protégeait au péril de sa vie maintenant. Gin et Joanne étaient plus simples, Joanne étant à moitié dans chaque organisation. Et donc maintenant venait Koyo et Yosano.

Cela ne le surprit pas plus que ça, au final. Les femmes avaient tant en commun, que ce qui l'avait surpris était qu'elles ne se rencontrent pas plus tôt.

Les deux femmes seraient un duo mortel pour tout homme. Mori se félicita d'être du côté de leurs alliés et non de leurs futurs ennemis.

Son regard – qui s'était perdu – se fixa de nouveau sur Fukuzawa qui l'observait attentivement.

Tu es aussi celui qui est venu à lui, lui rappela une voix, celle de sa jeunesse, et c'est bien ça qu'il sous-entendait.

Si c'est à ce jeu que l'homme aux cheveux argent voulait jouer alors il jouerait. C'était lui qui avait décidé d'arrêter leur relation, et maintenant il revenait ? Mori eut un rire cynique. Pour qui se prenait-il ? A jouer ainsi avec lui ? Le boss de la mafia n'était pas une poupée avec laquelle le directeur pouvait jouer, et il allait le lui faire comprendre.

« Que veux-tu ? » répéta-t-il, ignorant délibérément le papier.

« Ne fais pas l'enfant, » claqua le directeur. « ce que je veux c'est la paix entre nos organisations. À chaque coins de rue si les nôtre se rencontrent une bagarre éclate forcément. Nous avons le même objectif, ne l'oublie pas : protéger Yokohama. Vous dans la nuit et l'illégalité, nous dans le jour et avec les moyens du gouvernement. »

« Penses-tu réellement que nous pouvons travailler ensemble ? »

« Tu l'as vu par toi-même. La guilde, les rats, Verlaine. Nous sommes forts séparés mais ensemble nous sommes puissants Mori. »

« C'est l'impression que l'on donnait oui. Mais avec le temps, on se détruira … on l'a toujours fait. »

Fukuzawa eut un sursaut et observa mieux son vis-à-vis. Mori avait une mine fatiguée, les yeux cernés et pleins de mélancolie et de regrets. Le propre esprit du directeur fit flasher des centaines d'images de moments partagés avec l'homme assis en face de lui, et son cœur se serra. Il n'osa plus le regarder, et tourna son regard vers la ville.

« De qui parles-tu vraiment Ougai ? »

Mori eut un rire sans joie.

« Tu ne m'as pas appelé ainsi depuis la dernière fois que nous nous sommes retrouvés dans le même lit. »

Le directeur ferma les yeux. Il avait réussi à éviter cette conversation pendant une dizaine d'année, mais maintenant il ne pouvait plus fuir.

« Tu l'as dis toi-même Ougai, nous nous sommes détruit. »

Mori se leva d'un bond :

« Nous nous sommes détruits parce que tu as fui ! Tout allait bien jusqu'à ce que tu prennes peur, sans que je ne sache jamais pourquoi, et décide de mettre fin à notre relation comme si ce n'était que du vulgaire sexe ! »

La rage déformait les traits du mafieux, et son impulsivité aurait surpris n'importe qui. N'importe qui sauf Fukuzawa, seul à l'avoir vu tant au pire tant au mieux de sa personne. Et les crises de Mori n'étaient pas une nouveauté pour lui. Seul lui avait le droit de le voir dans cet état. Personne d'autre. En public, Mori était le contrôle incarné, jamais un mot plus haut que l'autre, jouant tout sur ses mots et son visage de marbre. Mais en privée il était plus vivant qu'il ne se l'avouerait jamais.

Le directeur ne savait pas répondre. Il n'avait pas souvent été en tord dans sa vie, mais les rares fois où il l'avait été, il l'avait toujours amèrement regretté. Comme aujourd'hui.

« Que veux-tu m'entendre dire ? Qu'attends-tu de moi ? »

Le visage du mafieux était impénétrable. Les questions de Fukuzawa restèrent dans l'air quelques minutes avant que Mori n'éclate de rire.

« Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne, » claqua-t-il. « Je n'ai rien à attendre de toi. Si tu n'as rien à me dire, alors pars, je signerai le contrat de paix qu'importe ton choix. Mais si tu franchis cette porte maintenant, n'espère jamais me revoir. Tu deviendras un étranger pour moi, et nos relations seront strictement professionnel. Plus d'entrer par effraction dans nos bureaux pour se rappeler le bon vieux temps. »

Il se tourna ensuite vers la fenêtre, ignorant le regard de douleur lancé par le directeur, et mit son bras valide dans son dos, s'approchant si près de la vitre que son front sentait la fraîcheur émaner de celle-ci. Dès que les bruits des geta résonnèrent dans la pièce vide, Mori ferma les paupières. Il entendit le bruit se déplacer derrière lui, d'un bout à l'autre de la pièce, et ignora la douleur qui vrilla son cœur quand il comprit que Fukuzawa se trouvait près de la porte. Puis il entendit celle-ci s'ouvrir, et jurant contre lui-même, se tourna, près à crier.

Mais il tomba nez à nez avec une paire d'yeux qui lui faisait tourner la tête. Le directeur posa pied à terre juste en face de lui, et la surprise fut tel chez le mafieux qu'il recula jusqu'à être dos à la vitre. Fukuzawa continua de se rapprocher, posa un bras son avant-bras à côté de Mori, et se pencha vers lui.

Le brun avait toujours la bouche ouverte, le prénom de l'homme encore sur les lèvres, tandis que ses yeux s'étaient écarquillés. Le bout de ses doigts caressait les bords de la veste de Yukichi. Il avait aussi tendu la main involontairement. Le directeur l'observa, et dit :

« Tu ne pouvait pas me laisser partir. Tu ne m'aurais jamais laisser passer cette porte, malgré tes mots. »

Mori eut un sourire en comprenant où il voulait en venir :

« Quant à toi, tu ne serais jamais parti sans vérifier que je ne me jouais pas de toi. Que j'étais sincère. »

Il marqua une pause.

« Satisfait ? »

« Je pourrais te retourner la question. »

Ougai n'y tint plus et attrapant les pans du kimono de Fukuzawa, le tira à lui pour l'embrasser. Ce dernier y répondit avec autant de fougue, la sensation retrouvée de ce qui lui avait tant manqué ces dernières années annihilant tout autres sens. Ils savaient que leur cœur battait en synchronisation, comme ils l'avaient toujours fait. Ils n'étaient pas un duo aussi létale pour rien. À bout de souffle ils finirent pas se séparer, mais gardèrent leur visage proche.

« C'est un jeu dangereux auquel nous avons joué, » dit Fukuzawa.

« Tu as toujours aimé ça, » répliqua Mori avec un sourire qui impliquait plus que ce qui était dit.

Le directeur leva les yeux au ciel et recula en emmenant Mori avec lui. Il butta contre le « trône » du boss de la mafia, et se laissa tomber dessus, plaçant son amant sur ses genoux.

« As-tu la moindre idée d'où tu es assis ? »

« J'en ai une petite oui, » rit le directeur.

Ce rire avait tant manqué à Mori qu'il ne put qu'embrasser de nouveau l'homme qu'il avait enfin retrouvé.

Tout était enfin rentré dans l'ordre. Pour l'instant. Car pendant que chacun se guérissait physiquement et mentalement de la précédente bataille, une guerre se préparait.

Une Britannique buvait son thé, assise au dernier étage de la tour la plus connue de Londres, un plan et une idée bien précise en tête : récupérer l'enfant qu'elle avait perdu.

demisexuel : qui ne ressent pas d'attirance sexuelle pour d'autres personnes à moins qu'un fort lien émotionnel ait été formé avec celles-ci
graysexuel : qui ressent peu d'attirance sexuelle ou n'en ressent que dans des circonstances particulières