Auteure : Kamishiro Rio (qui n'arrête pas de créer des articles, qu'elle ne finit jamais).
Disclaimer : Aucun personnage de cette fanfiction ne m'appartient.
Pairings confirmés, pour l'instant : Ute/Ruri, puis d'autres et un peu de Yaoi.

Coucou ~

J'ai regardé pleins d'animes depuis les deux derniers chapitres, je pense que cela risque de se ressentir dans mes prochains écrits car j'ai eu de nouvelles idées entre-temps : entre Erased, les Enfants de la Baleine et Saint Seiya : Lost Canvas dont je parlais déjà la dernière fois, suivis de Psycho-Pass 3, Ghost Hound, 7 Deadly Sins et Banana Fish (de grosses larmes, pour un personnage T_T), elles ont extra-fusé ! X)

Puis il y a le fameux Yu-Gi-Oh ! Sevens, dont on a eu des informations aussi. Ha ha...

Bonne lecture ;) !


Vérités et Conséquences - Chapitre 16

C'était le samedi matin...

Et comme chaque matin, Ute devait se lever à une heure bien trop matinale pour éviter de croiser ses parents. Qu'à cela ne tienne, il avait commencé à prendre le coup de main pour se préparer un bento rapide plutôt que de manger ces cochonneries achetées au supermarché, avec les restes de la veille : onigris aux légumes, fritures et quelques baies que sa grand-mère avait récupéré d'une amie proche...

Une fois terminés et rangés soigneusement dans sa boite à bento, il essayait de nettoyer la cuisine au mieux tout en laissant sur le coin du plan de travail, tout ce dont sa grand-mère avait besoin pour le petit-déjeuner.

Il aurait aimé pouvoir échapper à cela le samedi aussi, mais le Président du Conseil en avait décidé autrement. Tant pis. En rangeant quelques gâteaux supplémentaires dans son sac, il se demandait s'il allait encore croiser la petite Roboppy au parc s'il s'y rendait aussi les week-ends. Il y avait peut-être une chance...

Ute n'aimait pas la laisser toute seule dans la rue ainsi et se demandait parfois où était son fameux "Aniki". Un frisson le parcouru, lorsqu'il entendit une personne descendre les escaliers dans son dos.

Mince, ce n'était jamais arrivé auparavant !

"Où vas-tu ?" lui demanda la voix sévère de sa mère, qui croisa les bras en le regardant.

"Ah euh..." il balbutia. "J'ai des heures supplémentaires à faire et...

- Cela ne m'étonne pas. Ah ! Mais peu importe..." la femme secoua la tête, serrant son pyjama blanc entre ses doigts. "Tâches de ne pas te faire remarquer. Akari a du te le dire plus d'une fois, j'imagine ?

- Oui. Je suis désolé pour ça." il s'excusa, un sourcil légèrement froncé. Elle ne l'avait même pas salué...

- Akari est trop coulante, mais je ne suis pas de ce bord et tu devrais le savoir !" elle ajouta, avant de s'asseoir sur une chaise. Alors voilà, après tant d'années de silence et une semaine à l'éviter, elle venait enfin lui faire son petit discours. Pas que cela étonnait Ute, cela dit : "À propos de ton psychologue...

- Je n'y vais plus." il avoua de but en blanc, en repensant à la vieille antiquité qui avait osé lui dire que ses parents étaient des moins que rien et qu'ils influençaient sur son comportement de "petit merdeux, gothique".

Ute n'oublierait jamais la tête de cet homme, ni ce moment où il avait attrapé sa tasse de café pour la lui jeter en pleine figure sous les yeux ahuris de son assistante. Mais ce vieux croûton l'avait bien cherché !

"Et je n'y retournerai pas non-plus ! Celui-ci était trop old-school...

- Je te demande pardon ?" Mirai feignit un rire, cassée. Si la tension pouvait être plus électrique encore, alors les cheveux de la mère de la maison auraient défié les lois de la gravité !

"Tu m'as bien entendu. Tu sais quoi ? Ton psychologue a dit que tu étais une mauvais mère et je t'ai défendu." Voilà ce que Ute aurait voulu répondre à sa mère à cet instant précis, mais il préféra garder le silence en observant sa réaction. Parce que quoi qu'il dise à cette femme si attentionnée envers Akari et Yuma, elle ne le croirait sans doute jamais et penserait qu'il raconte encore des mensonges...

Comme il y a des années, où elle l'avait giflé étant enfant...

"Non, mais est-ce que tu sais à qui tu parles ? Tu crois que cela nous amuse ton père et moi, de te voir te balader partout dans la maison comme tu le fais ! Ou te voir faire des allers-retours, sans savoir où tu vas ?!

- Je vous remercie de vous être occupés du monstre que je suis, tout en me tenant à l'écart pour éviter le danger. C'est ça que tu veux m'entendre dire ? Alors, oui, je t'en suis reconnaissant. Mais Père s'en fiche."

Et la gifle n'attendit pas pour partir ! Aïe, mais il s'y attendait. Il l'avait cherché celle-là aussi...

Comme il l'a dit, Ute est vraiment reconnaissant envers sa mère qui l'a élevé les premières années de sa vie et lui a permis de garder un maigre contact avec sa famille paternelle, malgré tout. Du moins en apparence, car il était certain que cela était plutôt due à l'influence d'Akari ou de sa grand-mère, qu'autre chose.

Parce que ce qui était certain, c'était que Mirai aimait ses enfants. Mais qu'elle ne le considérait plus comme le sien depuis des lustres ! Il n'avait même pas de vrai souvenir où elle l'avait chéri et aimé. Il s'était même demandé plusieurs fois s'il était vraiment son enfant : mais si ce n'était pas le cas, alors pourquoi avoir veillé sur lui tout ce temps, s'il n'était qu'une gène ? Ute n'était pas un enfant adoptif, il était simplement indésiré parce qu'à cause de sa maladie il avait semé le malheur autour de lui et avait jeté la honte, sur sa famille...

C'était ce qu'il pensait...

"Je peux te poser une question ?" il demanda à sa mère comme si elle ne lui avait rien fait, juste en posant une main sur sa joue pour atténuer la douleur. Sa génitrice, outrée, le toisait droit dans les yeux en retenant la main tremblante qui venait de blesser l'enfant qui se tenait devant elle, à nouveau...

Comment ce petit merdeux osait la regarder ainsi ?

Son regard noir d'encre était posée sur elle. Ce regard noir dénué d'émotion, qu'elle avait essayé d'oublier encore et encore, comme si rien ne pouvait l'atteindre ! Son fils, son Ute... n'avait pas ce regard ! Pas ce regard qui avait fait souffrir tant de personnes autour de lui ! Ce regard, qui aurait du mourir il y a bien des années ! Ses traits se confondaient de plus en plus avec ceux d'une autre personne, dans son esprit...

Non, non... Misut était mort et enterré ! Misut n'était pas Ute...

Ce Ute n'en était que les restes... l'affreuse malédiction...

"Disparais !" elle s'emporta hystérique, le visage déformée par un excès de rage !

Ute ouvrit grands les yeux, surpris et attrapa son sac, avant qu'elle le frappe à nouveau. Il crut qu'elle allait lui lancer un objet, lorsqu'il fonça vers la porte et la claqua violemment derrière lui. "Dé... désolé, Mère !"

Non, ce n'était pas aujourd'hui que Ute pourrait savoir de qui il tenait ce fichu gène de ou pourrait en savoir plus sur la famille de sa mère, dont elle s'efforçait de les tenir à l'écart. Si Ute arrivait à trouver son nom de famille, cela lui arrangerait les choses. Mais il avait trop de fierté pour le demander aux autres...


Il réfléchit à la question jusqu'à passer le parc sans s'en rendre compte, pour se diriger vers le collège d'un pas lent. Oh, la réaction de sa mère n'était vraiment pas surprenante ! Mais il pensait que les choses se seraient un peu arrangés après son voyage et le fait qu'elle ne l'ait pas revu depuis des années. Quant à son père, hum... il se demandait sincèrement ce qu'il se serait passé s'il était descendu, à la place de sa mère.

À ce stade, Ute aurait déjà de la chance s'ils se souciaient de savoir s'il mangeait à sa faim...

Bon, ok, cela suffit les plaintes et les mauvais songes ! Il avait tout un groupe de racailles bien habillés à affronter aujourd'hui ! Même si avant ça, il allait encore devoir se confronter à cette starlette du dimanche.

Les couloirs étaient longs et tristement déserts en ce samedi, cela aurait pu être une journée si reposante : hélas, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même pour ses heures de colle, qui promettaient d'être joyeuses !

"Oh ! Tu es bien matinal ! Je ne t'attendais pas si tôt !" lui clama ladite starlette, lorsqu'il pénétra dans son antre démoniaque. Ute grimaça, ne sachant pas vraiment quoi lui répondre, ni comment réagir...

"Bonjour, Monsieur Arclight." l'autre fie la moue et allait répliquer quelque chose à ce surnom, quand Ute prit les devants. "Si vous ne m'attendiez pas, alors pourquoi êtes-vous déjà dans ce bureau à cette heure-ci ?

- ... Touché !" il dit en pliant ses jambes sur le bureau de proviseur, comme s'il s'agissait du sien. Ute referma la porte derrière lui quand Thomas l'invita à s'asseoir en face, ce qu'il déclina. Il préférait rester debout et défier le jeune homme du regard, pour avoir enfin une vraie conversation avec lui :

"Où est le Directeur ?

- Lui ?" Thomas haussa les épaules. "Quelque part entre Hawaii et Okinawa, peut-être ? Je n'en sais rien.

- Toute l'école est à toi, maintenant. Tu as l'air à ton aise." Ute ajouta, joueur. Oh ? Est-ce que le petit merdeux commençait enfin à se rebeller et à nous monter son vrai visage ?

- Exactement !" le blond-auburn affirma, ravi, avant de virer la pile de paperasse qui le gênait avec son pied droit. "Enfin, heureusement que les secrétaires sont là. Si elles tiennent à leurs boulot, elles ramasseront."

Ute se sentit à la fois triste et compatissant pour ces pauvres femmes, qui n'avaient rien demandé.

"C'est un abus de pouvoir. Cela vous enchante ?

- Ah ? Et qu'est-ce qu'un gamin comme toi y connait, au monde du travail ? C'est la loi du plus fort : celui qui est en bas de l'échelle doit obéir à son supérieur, s'il ne tient pas se faire bouffer !

- Vous m'en direz tant !" Ute siffla, en tirant la chaise à revers pour s'asseoir grossièrement en face de son adversaire du jour. Il était souriant en apparence, mais le garçon voyait bien que ce n'était qu'une façade. Ce jeune homme avait des choses à lui dire et cette fois-ci, Ute ne comptait pas le laisser se défiler...

"Pourquoi vous m'avez convoqué ? Vous vouliez me parler de quelque chose, avant de m'envoyer vers les singes.

- En effet." l'autre redevint un peu sérieux. "Mais, je te prierai de me parler autrement gamin. Sinon, je suis certain que ta mère apprécierai la nouvelle : que tu fréquentes une belle jeune fille, dans son dos."

Ute lu la menace silencieuse mais à dire vrai, après la discussion qu'il venait d'avoir avec sa génitrice il s'en fichait complètement. "Ok, alors faîtes-vous plaisir. Mais elle s'en fiche de toute façon...

- Ce n'est pas ce que me dit la marque sur ta joue. À moins qu'elle te vienne d'Akari, je me trompe ?

- Mêlez-vous de vos affaires !" Ute répondit. "J'en ai assez d'être votre bouc émissaire, alors arrêtez de tourner autour du pot ou de me prendre pour un abruti !" il s'emporta, avant d'ajouter : "Et dîtes-moi ENFIN, pourquoi c'est vous qui avez signé ma décharge pour sortir de Spartan City et non mes parents !"

Thomas allait sortir quelque chose, mais écarquilla les yeux en laissant tomber le stylo plume avec lequel il triturait ses doigts. Alors, comme ça, il était au courant ? Mais quand a t-il... et comment... ?!

Ute sourit narquoisement. Il n'avait jamais pu accéder librement aux ordinateurs et c'est pour ça que sa compagne de passage lui avait appris quelques trucs, pour pirater un logiciel et accéder aux informations qu'il désirait. Il était peut-être trop gentil et naïf, mais au moins il apprenait très vite et il savait où chercher.

Et il avait eu toute une semaine sans domicile fixe avec Roboppy, pour accéder aux réseaux de la ville...

"Que sais-tu exactement ?

- Des choses et d'autres." il répondit au tac au tac. "Je sais par exemple que c'est votre frère qui a en vérité signé ma décharge, ce qui fait de lui mon tuteur légal et celui qui a les pleins droits sur mon éducation.

Je sais aussi que la famille Arclight et en particulier vous-même, n'aviez pas le droit de m'approcher à cause de l'incident et que vous avez étouffé cette procédure, sans doute avec un billet ici et là. Auquel cas, aucun juge n'aurait pu lui confier ma garde. De plus, mes parents n'auraient jamais donné leur accord autrement.

Et pour couronner le tout, j'ai appris pourquoi nos deux familles se haïssent autant depuis des années !"

Cette fois-ci, Ute regarda Thomas en essayant de décrypter son regard. Celui-ci ne souriait plus et se refermait comme une huître de seconde en seconde, bien loin du Thomas habituel en apparence. Le garçon crut qu'il allait lui dire quelque chose, mais il n'ajouta rien de plus. Il poursuivit ainsi, sur un ton plus calme :

"Je ne me souviens pas de lui. Je l'ai oublié, comme beaucoup de choses à vrai dire. Yuma s'en souvient certainement mieux que moi. Alors, je n'ai peut-être pas le droit de dire ceci : mais je suis désolé, Thomas.

Pour ton visage et aussi... pour ce qui est arrivé à Tron. Je n'ai pas voulu ça..." il baissa les yeux un instant, avant que la poigne de l'homme en face de lui ne l'attrape par le col de la chemise et lui décoche une droite qui l'envoya valser sur le sol en une fraction de seconde ! Ute cracha du sang, tandis que Thomas se rapprochait de lui dangereusement en grinçant des dents.

Il se mit à genoux, pour l'attraper par la tignasse : et le releva pour lui décocher cette fois, un coup dans le ventre. Satisfait, il s'esclaffa...

Le jeune homme riait comme jamais et à gorge déployée. Mais Ute était trop sonné, pour s'en rendre compte.

"Tu es désolé, hein ?" sa voix était déformée par son rictus, il resserra sa prise. "Mais t'excuser de quoi, enfin ?! Pour l'avoir laissé brûler vif ? Ha ha..." son regard était de braise. "Aucun d'entre nous n'aurait pu l'aider et tu sais pourquoi ?" la colère du blond explosa lorsqu'il rejeta le pauvre adolescent au sol, qui peinait à respirer. Il s'assit à califourchon sur lui et retint son visage, pour le forcer à le regarder dans les yeux :

"Parce que les Tsukumo nous ont détruit !"

Oui...

Après l'incident, Byron Arclight avait dépensé toute sa fortune pour sauver Thomas et redonner un souffle de vie, à son visage. Mais ce traumatisme avait laissé des traces dans l'esprit des autres enfants de la fratrie.

Un jour, le plus jeune d'entre eux, Tron, s'est mis en tête de reproduire la scène à laquelle il avait assisté. Il ne cessait d'en parler à son père. De répéter que les flammes de Ute étaient si jolies, si belles : qu'il aimerait les voir briller de nouveau, telle un mantra ou une obsession malsaine...

Mais comme Ute ne revenait pas, il a cherché à les revoir par un autre moyen. Ce jour là, les Arclight ont perdu leur maison, leurs biens, leur chien domestique, mais avant tout un membre de leur famille. Si Thomas avait pu abandonner sa vie pour sauver celle de son frère à ce moment précis, il l'aurait fait sans hésiter. Et la suite ne fût que cauchemars ! Son père est tombé malade, Christopher s'est séparé de sa bien-aimée et Michael dût être placé en famille d'accueil pendant quelques années. Tandis que Thomas avait fugué...

Il a sué sang et eaux, pour s'induire dans le Duel clandestin et gravir les échelons de cette société pourrie, qui les avait vu grandir ! Satisfaisant les aTTenTes de Ce StuPIDE pUblic encOre... et encore...

Et les Tsukumo alors ? Comment s'en étaient-ils sortis, dans cette histoire ?

Les parents sont partis en voyage, en abandonnant tout le reste à leurs sort et sans les aider pour un sou ! Puis ils se sont enfuis, alors qu'ils auraient pu avoir la chance de rester en famille avec leurs enfants : les laissant ainsi au soin d'une grand-mère aux bras frêles et de leur fille aînée, trop jeune pour s'en occuper !

Surtout que ladite aînée, forcée d'oublier Christopher, s'est éprise d'un explorateur qui l'a laissé tomber du jour au lendemain ! Et a maintenant le culot d'essayer de revenir vers Christ, souffrant d'être le numéro 2.

Le cadet a été abandonné, isolé dans un centre pour Duellistes instables. La seule victime du lot finalement.

Et le benjamin ? Il mène la belle la vie, loin de toutes ces tragédies, tel l'enfant insouciant qu'il est !

Pourtant...

"Tu sais, Ute." le plus âgé reprit son calme, en relâchant un peu sa prise sur les cheveux du garçon qu'il malmenait depuis le début. "Je ne suis pas ton frère. Je n'ai rien à te donner, surtout après ce qu'il s'est passé. Et je t'ai menti en te faisant croire que mon jeune frère se portait bien...

Mais il y a une chose sur laquelle, je ne peux pas te mentir :

Si je dois désigner une cible à abattre parmi les Tsukumo, alors tu es mon arme. Et les autres, je les abats. Surtout qu'à l'époque, c'était toi mon meilleur ami. Les temps ont bien changé, mais c'est ainsi..."

Ute qui reprit un peu ses esprits, tenta de se redresser et lui lança un regard noir."Lâche-moi ! Je me fiche que tu m'ais menti, ou pas ! J'en ai juste assez que l'on me cache des choses, ou que l'on me traite comme la bizarrerie des Tsukumo, sortie de nulle part ! Je vais faire ces stupides heures de colle et ensuite...

"Et ensuite, quoi ?" Thomas le toisa de haut, en se relevant à moitié. "Tu n'as nulle part où aller, avorton ! La liberté, c'est moi qui te l'ai donné ! Et je peux aussi te la reprendre, en glissant un mot à mon frère !

- Alors quoi ?! Je dois faire quoi ?! Vivre à tes crochets ?!" Ute se mit à rire, vide. "Plutôt crever !"

Il se prit cette fois-ci un coup de pied dans le torse et crut un instant, que quelque chose avait craqué. Ute toussa de plus belle, mais ne renonçait pas à se relever malgré tout. Il le fallait...

L'expression de Thomas avait radicalement changé depuis le début de cette conversation, il désormais froid et sans pitié ! Il attrapa alors le téléphone fixe du bureau d'une main et composa un numéro inconnu, tout en regardant Ute agoniser à ses pieds. Ah, mais quelle enfl*re...

"Yo ! Moru-chan ~ ! Tu peux venir le chercher dans mon bureau s'il-te-plaît ? Il est tout à toi ~ !"

Ah ? Donc, c'était ça ?! Ute se doutait qu'il allait être passé à tabac, mais seulement après ses heures de colle pour être honnête : et non par Thomas, puis ces abrutis du Conseil ensuite."Quel bel ami d'enfance tu fais !" il cracha. "Cela aussi, c'était des mensonges ?! Quoi que, je n'aurais même pas dû te le demander !"

Thomas l'ignora royalement et continuait de bavasser avec Mamoru, au téléphone.

Des pas commençaient à résonner venant du couloir et à s'agglutiner, même si une part de lui était certaine que d'autres élèves les écoutaient depuis le début, pour éviter toute tentative d'évasion : comme il s'était évadé auparavant, en sortant du toit. Bravo Président, tu es plus précautionneux que la dernière fois...

Bon, bon, bon et bien... qu'à cela ne tienne. Ce ne serait qu'un mauvais jour de plus à ajouter à sa liste !

Le jeune adulte raccrocha, sur un demi-sourire. Ute avait réussi à s'accroupir et s'il le pouvait, il cracherait bien à la figure du plus âgé. "Oh ? Tu t'inclines maintenant ? Tu regrettes de m'avoir défié ?

- Que je regrette de m'être défendu ?" il répondit, l'air indifférent. "Non. Mais tu n'as pas répondu à ma question alors avant de partir, je vais émettre une théorie. Pourquoi pas ?" il feinta de rire, en resserrant une main sur ses côtes. "Il paraît que je ne suis pas trop mauvais à ce jeu là, donc bon..."

Thomas éluda la question, avant d'acquiescer : "Hm ? Ok. Et je devrai t'offrir ma pitié, si tu as juste ?"

Le garçon ne prit pas la remarque en compte et poursuivit : "Tu souhaites m'utiliser, pour t'en prendre à Akari et à Yuma. Je me trompe ?" il ravala difficilement sa salive, en tentant de tenir sur ses jambes. Il était maintenant debout, devant un Thomas visiblement très amusé :

"Et à mes parents à travers eux. C'est ça ton plan. Tu m'as fait sortir, en pensant que je suis la faille !"

Le jeune adulte ne dit rien, puis commença à applaudir. Alors Ute avait visé juste ou tout du moins, c'est ce qu'il croyait. "Bravo ! Si tu m'avais dit ça il y a quelques années, c'était effectivement mon objectif de départ ! Entraîne-toi encore un peu pour les déductions, mais pour quelqu'un qui est dehors depuis deux mois je te félicite ! Tu es plutôt intelligent, plus que ton frère !" le jeune homme se moqua, avant d'ajouter :

"En vérité mon objectif n'a pas tant changé, mais comme je t'aime bien : je vais te faire un aveux qui risque grandement de t'intéresser !" Thomas se leva en même temps, pour s'approcher de l'oreille de son "ex-meilleur ami". Les élèves du Conseil venaient de toquer à la porte et entreraient d'un moment à l'autre...

Ute s'efforça de rester fier et neutre, lorsque Thomas l'attrapa par l'épaule pour lui murmurer à l'oreille :

"Il y a des gens qui voyagent un peu partout dans la ville. Ils ne sont pas d'ici, mais ils sont tous à la recherche de la même chose : un garçon en possession d'un Dragon, puis d'une fille munie d'un bracelet. Il les cherchent depuis longtemps maintenant, mais j'ai entendu dire que le précédent détenteur était décédé d'une curieuse infection... ou quelque chose du genre, qu'importe." le blond lâcha, sous l'incompréhension de Ute. Oui et alors ? Est-ce que cela avait un rapport avec son Dragon Xyz de la Rébellion des Ténèbres ?

"Je... je ne comprends pas ce que tu essaies de me dire." les autres garçons rigolaient derrière la porte.

"Tu n'as pas besoin de comprendre." le plus âgé insista, avant de se rapprocher de son oreille. "Saches juste que ces personnes t'ont trouvé et qu'elles attendent le feu vert pour t'attraper. Tout comme elles ont essayé de choppé ton oncle Misut, pour le forcer à faire des choses pas jolies, jolies. Demande à tes parents ~.

Au sujet de Misut Shingetsu et de la Légende des Dragons divins. De leurs pouvoirs qui sont tant recherchés."

Shingetsu... ? Comme le nom de famille de Rei ? Son oncle ?! Mais alors... ?!

"Ce qui serait dommage, c'est que cela arrive avant que j'ai pu faire ce que j'ai à faire avec toi, tu ne crois pas ? Alors ce qui serait sympa, c'est que tu restes prudent, plutôt que je t'enferme par précaution ?

Surtout si ne veux pas qu'il arrive malheur à la petite curieuse, qui te sert de petite amie. Pigé ?!" au même moment, la porte s'ouvrir en fracas sur Mamoru Jinguji et sa clique. La bande souriait comme jamais, tandis que Ute sursautait, suite à cette entrée en trombe...

"Emmenez-le !" Thomas ordonna. "Et faites-le donc affronter tous ces abrutis qui veulent intégrer une école privée ! Je suis sure qu'ils vont adorer son Dragon, il est exceptionnel ! N'est-ce-pas, Ute-kun ~ ?!"

- Avec joie !" commenta Mamoru lorsque deux pitbulls attrapèrent Ute par les épaules, peinant à se débattre.

"A... attendez ! N... non ! Vous ne pouvez pas me forcer à..."

Merde, fichu Thomas ! Il avait prévu son coup depuis le début ! Et Ute ne pouvait rien faire d'autres que de suivre ces types dans le couloir malgré ses blessures et protestations, s'il ne voulait pas être coupé du monde.

Surtout que s'il désobéissait, ces cinglés s'en prendraient à Ruri et certainement à Shun, par extension !

Mais s'il ne faisait rien, alors ce sera sa famille qui sera sous le joug des Arclight ! Ils voulaient leurs faire du mal, les humilier et probablement en utilisant son pouvoir, pour retourner les médias contre eux...

Non. Il soupira difficilement. Il s'était beaucoup entraîné avec Shun, le Maître Rokujuro et les autres. Et ils avaient foi en lui ! S'il y croyait à son tour, alors les choses pourraient peut-être bien se passer ?

Johan a dit un jour, que son Dragon n'était peut-être pas mauvais. C'était le moment de le vérifier dans un Duel, qui n'était ni amical, ni motivé par la colère ou la vengeance face à de parfaits inconnus...

Comme le dirait Yuma, c'était le moment où il fallait décoller ! Il devait tout donner, pour se dépasser !


Serena luttait pour ouvrir les yeux. À ses côtés, il y avait cette autre fille qui la sommait de se réveiller :

"Rin ! Rin réveilles-toi !" sauf que Rin n'était pas son prénom.

"... Où suis-je ?

- Tu es enfin debout ! Dieu merci !" l'autre fille s'écriait, plus que soulagée !

Serena l'ignora cependant et détailla la cellule dans laquelle elles étaient enfermées. Une cellule grise et sombre d'à peine 10 m² tout au plus, avec un WC et deux lits sans couvertures qui se faisaient face. Cependant il ne faisaient ni chaud ni froid dans la pièce : probablement climatisée, mais très peu éclairée !

En dehors de ces détails, la sortie était une grille automatique que Serena se ferait un plaisir de forcer.

"Tu devrais te reposer encore un peu." l'inconnue lui conseilla, attentionnée. "Tu as une belle bosse sur la tête !

Ah oui, les souvenirs lui revenait à présent. Elle s'était enfuie face à Yuya et cachée pendant quelques jours, parmi les Commons. Serena avait fuie les Lancers qui essayaient de la retrouver avec acharnement et elle s'était cachée dans une maison abandonnée. Puis cet espèce de colosse l'avait agressé. Ah, quel déshonneur !

L'autre fille la regardait d'autant plus. Et d'un coup, elle eut comme un sursaut : elle s'était trompée !

"Oh, mais tu n'es pas Rin !" elle dit, en s'excusant. "Je t'ai prise pour mon amie. Je suis désolée !

- Je suis Serena ! Tâche de t'en souvenir !

- Ou...i ! Bien sûr." son interlocutrice s'excusa une fois de plus. "Je m'appelle Miyu. Miyu Sugisaki. Et euh...

- Peu importe !" Serena la coupa brusquement. "Qui tu es ne m'intéresse pas ! Qu'est-ce que tu fais ici ?!"

Miyu se pinça les lèvres nerveusement. Elle allait répondre quelque chose, lorsqu'elles entendirent une lourde porte s'ouvrir au loin. Parfait, quoi qu'il en coûte Serena devait s'échapper...

Et alors, aux yeux de tous : elle deviendrait l'héroïne qui a arrêté cette stupide guerre !

À suivre...


Vous vous souvenez de la discussion qu'avaient eu Thomas et Ute, juste devant la maison des Tsukumo ?

À ce moment précis, j'avais parlé de Tron mais c'est complètement passé à la trappe dans les chapitres suivants. Tout simplement, parce que j'avais déjà cette discussion en tête et je savais déjà quand développer.

En fait, je ne l'ai pas dit comme ça, mais les familles Tsukumo et Arclight sont pareils dans cette fanfiction. Malgré les problèmes ils pourraient reconstruire quelque chose, mais ne le font pas car ils ont les yeux rivés sur le passé. La différence : est que les Arclight ont fini par se réunir et sont soudés, tandis que la plupart des Tsukumo isolent Ute, alors qu'ils ne le devraient pas. C'est comme si les Tsukumo inconsciemment, exorcisaient leurs fardeaux sur Ute, parce qu'eux-même souffre et le rendent responsable de la souffrance qu'ils ont infligé aux autres (c'est aussi en partie lié à cette histoire sur Misut, mais j'en parlerai plus tard).

Et ça, c'est quelque chose que Thomas ne comprend pas justement : parce qu'ils ont eu plus d'occasions de se réunir en famille joyeuse et qu'ils n'ont pas saisie cette opportunité. C'est une situation très similaire à ce que Michael ressentait pour les Tsukumo au début de ZeXal, quand il a fait sa grosse crise contre Yuma...

Ici c'est une forme de jalousie, de haine aussi, mais pas envers Ute ou les Tenjo : c'est contre les Tsukumo. Et en soi peut-on considérer que Ute, le garçon des Tsukumo qu'ils font souffrir, doit souffrir davantage ?

Après, oui, j'ai dissocié Byron et Tron en deux personnages : mais c'était pour ne pas tuer Michael ! XD

À part ça, j'étais un peu mal-à-l'aise de reparler de Miyu ici, parce que j'ai dit que sa chambre avait été retournée de fond en comble dans le dernier chapitre. Or, depuis la dernière fois : ma cousine a été cambriolée de la même façon. Tout a été retourné chez elle, mais rien n'a été pris aux dernières nouvelles.

Bon c'est le hasard hein, mais cela m'a fait froid dans le dos quand j'ai remarqué la ressemblance...

Pour conclure : oui, Ute se révolte enfin, tandis qu'une phrase de Thomas est toute déformée : jusqu'ici, ce n'était arrivé qu'à Ute et à Joeri. Et cela n'est pas une coïncidence du tout, c'est voulu...

Avis ? :/