erci pour vos avis. Je constate que la majorité s'est prononcé pour un avis peu favorable à propos de Wattpad et en effet, il n'y a pas beaucoup d'échanges sur cette plateforme qui plus est. Je vais donc davantage rester sur ff, ou éventuellement faire les deux. Je n'ai pas envie de perdre la proximité que j'ai avec vous ici ! En tout cas, merci de vous être prononcé, ça m'a aidé à faire mon choix.
Chapitre 15.
Les mots de Harry ne cessaient de la hanter.
« Vous devez coucher ensemble. »
Cela lui avait été balancé à la figure lorsque son groupe d'amis avait découvert les racontards des 5éme années sur « l'altercation » à laquelle ils avaient assisté durant leur cours de Défense Contre Les Forces Du Mal. Cette histoire était en train de rendre fou le survivant, qui n'en pouvait plus de ne pas parvenir à ce qu'ils concluent. Cela était si… évident aux yeux de tous.
Lupin quant à lui, avait prit la suite de Minerva afin de bombarder Snape de questions sans grande innocence, évidemment.
« C'était pourtant si étrange. Es-tu sur de la détester comme tu le prétend ?
_ Bien sûr que je la déteste, grogna Snape. Je déteste ses cheveux volumineux, ses yeux noisettes, sa peau, et son sourire. »
Le regard de Snape s'égara sur la jeune Gryffondor attablée tandis que Lupin restait silencieux, les lèvres retroussés.
« Et la façon dont ses boucles lui tombent sur le visage lorsqu'elle boit son thé. »
Le sorcier à ses côtés haussa un sourcil, perplexe. Hermione se redressa et, avec timidité, lui jeta un coup d'oeil avant de rougir.
« Et cette fossette sur sa joue lorsqu'elle sourit devant le passage interessant d'un manuel. Oui… Je la déteste vraiment.
_ Oh, ça se voit, ricana Lupin en prenant une gorge de son café fumant. »
Snape se contenta d'un regard haineux avant de sortir de table. Il n'avait rien pu mangé de toute façon, trop obnubilé par ce rendez-vous qu'il lui avait posé. Il reprit le chemin de sa salle de classe, plus perturbé encore.
« Je ne peux pas faire ça, murmura-t-il pour lui-même. On n'est pas supposé… faire ça. »
Enfin seul, il se mit à tourner en rond comme un lion en cage.
« On ne peut pas. Impossible, impossible, impossible. »
Enfin, le sorcier se fit interrompre par plusieurs coup tapé sur le bois de sa porte.
« Entrez. »
Son souffle se coupa l'espace d'une seconde en voyant Hermione. Bien entendu, elle était en avance…
La jeune femme ferma précautionneusement la porte avant de se planter devant son bureau, les bras croisés dans son dos. Puis, un long silence se fit ressentir, pesant et pensif à la fois. Hermione comme Snape évitait le regard de l'un ou de l'autre, et on ne pouvait entendre que quelques gouttes d'humidité couler depuis la fissure d'une pierre de la salle de classe, vide. Il leur semblait que l'heure était grave.
« On peut… entama-t-elle avec hésitation. On peut toujours être… amis. Non ? »
Snape secoua lentement sa tête de gauche à droite, encore songeur. Il se passa un index sur la commissure de sa lèvre inférieure avant de plonger ses pupilles noires vers les traits de la jeune femme.
Il s'approcha de nouveau d'elle, d'un pas plus lent. Plus patient, aussi.
« Sans doute. »
Hermione laissa enfin passer l'expiration qu'elle avait retenu depuis tout ce temps.
« Mais... »
Mais quoi, paniqua-t-elle intérieurement.
Hermione tourna vivement la tête vers le maître des potions, qui venait de se retrouver miraculeusement à côté d'elle.
« Je ne peux m'empêcher de penser, murmura-t-il tout près de son épaule. »
La Gryffondor frissonna à la sensation de ses expirations sur sa peau tandis qu'il se glissa derrière elle.
« Oui ? Souffla-t-elle.
_ Pourquoi ? »
Hermione fronça les sourcils, puis tourna son visage vers lui d'un air interrogatif.
« Si c'est juste parce que nous avons « grandit » ensemble, je ne peux tolérer que…
_ Ce n'est pas que pour ça, souffla-t-elle.
_ Alors comment ? Gronda-t-il.
_ Cela se compte en années, d'accord ? s'agaça-t-elle. »
Soudain, Snape se figea. Il se recula d'un pas, comme sous le choc. Hermione se fustigea. Elle n'arriverait sans doute jamais à fermer son fichu clapet !
« Je… soupira-t-elle en fermant les paupières. Je suis désolée. Vraiment. Dire que c'est arrivé « comme ça », ce n'est pas… entièrement vrai.
_ Alors c'était prémédité, conclut-il avec suspicion.
_ Non ! s'empressa de répondre la jeune femme. Je l'ai juste réalisé, un peu tard… »
Hermione cligna plusieurs fois des paupières vers le visage contrit du maître des cachots. Alors qu'il se trouvait dans son « périmètre de sécurité », elle sentit ses larmes monter jusqu'à l'orée de ses yeux. Elle se concentra de toutes ses forces pour ne pas les laisser couler et fit ce qu'elle faisait habituellement lorsque cela arrivait : elle baissa la tête afin de se réfugier derrière sa masse de cheveux hirsute.
« J'ai… tout gâché, murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour lui. Je n'avais pas prévu ça.
_ Moi non plus, laissa échapper Snape, encore un peu effaré.
_ Je m'en doute bien, souffla Hermione en un rire sans joie. »
Cette fois, des sillons humides commençaient à se former sur ses joues, et elle ne put empêcher ce mouvement réflexe de renifler, afin de tenter de les contenir un peu, juste histoire de ne pas fondre en sanglot.
Snape l'entendit, et fronça les sourcils en tentant d'observer ses traits. En vain.
« J'ai encore dit quelque chose, murmura-t-il, pour conclure.
_ Quoi ? Renifla de nouveau la Gryffondor en relevant la tête. »
Pour la première fois, Hermione montra son visage humidifié par les larmes. Lorsqu'elle le réalisa, il était déjà trop tard… Elle s'empressa de le baisser, vite avant que Snape ne l'en empêche en glissant son index sous son menton.
« Ne faites pas ça, je ne… vous mérite pas. »
Hermione eut toutes les peines du monde à croire à ce qu'elle venait d'entendre. Elle nia de la tête. Tout cela était trop étrange.
« Ne dites pas de pareilles choses.
_ Vous pleurez, souleva-t-il en séchant ses larmes à l'aide de son pouce. Je ne sais pas encore pourquoi, mais je déteste vous voir ainsi. Ce visage là, désigna-t-il. Merlin, vous auriez pu faire fondre le coeur de Voldemort en personne avec vos pleurs, vous m'aviez caché ce pouvoir. »
De nouveau, Hermione rit, cette fois d'amusement. Son sourire contrastait avec ses traits encore fatigués et mélancoliques.
« Alors, pourquoi vous sentez-vous si triste ?
_ J'ai peur d'avoir cassé quelque chose. »
Snape prit le visage de la jeune femme entre ses mains et prit une profonde inspiration.
« Si vous saviez. C'est tout le contraire, lui souffla-t-il, se voulant le plus convainquant possible.
_ Mais je vous aime, avoua-t-elle sans détour, un nœud de plus en plus oppressant bloqué dans la gorge. Je vous aime vraiment, Severus. »
Sans détour, il entoura son corps frêle contre le sien et la serra, avec tant de force. Snape plongea son nez dans le cou de la jeune femme qui s'approcha à sa nuque avec désespoir. Elle se laissa porter ainsi, encore partagée entre amour et regret.
« Je ne te mérite pas mon Hermione. »
De nouveau, la jeune femme ne sut si elle se trouvait en plein rêve ou dans un délire passager. Cela ne pouvait être vrai, et pourtant… Il l'avait appelé « mon » Hermione. C'était énorme pour lui, elle le savait.
« Tout ça, c'est… C'est trop, murmura-t-il, l'émotion étreignant sa poitrine. Je suis… maudit.
_ Non, lui souffla-t-elle.
_ Lily est morte, tous les gens que j'aime sont morts. Vous ne comprenez donc pas ? Gronda-t-il. »
Hermione releva son visage pour faire face à celui du maître des potions. Il cachait tant bien que mal son désespoir, et sa ruine, mais cela ne faisait aucun doute. Il semblait perdu, et éprouvé, tout autant qu'elle, voire même davantage.
« Vous avez peur… de me perdre ? Demanda enfin Hermione, au comble de la surprise. »
Snape se pinça les lèvres, sans répondre. Et ce mutisme face à sa question ne mettait en avant que son approbation.
« La guerre est terminée vous savez, lâcha-t-elle en un murmure.
_ Et si une potion vous tombait dessus ? s'exclama Snape en prenant la jeune femme par les épaules. Et si, demain, un ancien Mangemort vous retrouvait et vous tuait ? Vous pourriez tout aussi bien mourir bêtement dans un accident quelconque ! Parfois… Parfois, je déteste ce qu'il s'est passé ! s'agaça-t-il. »
Hermione haussa les sourcils face à son agacement. Snape soupira avant de la lâcher.
« Ce n'est pas ce que je voulais dire, grogna-t-il en se pinçant l'arête du nez.
_ C'était pourtant assez clair, marmonna la jeune femme.
_ Je regrette car je me suis attaché à vous. »
Il s'était senti obligé d'expliciter sa pensée, de peur qu'elle ne le fuit. Il n'aimait pas cela, mais il se sentait trop au pied du mur pour continuer à se taire. C'était ça, ou la laisser partir avec ses idées préconçues et fausses. Sa dernière exclamation était tombée sur elle tel un couperet, lequel arrêta toutes ses mauvaises pensées.
« Vous savez, continua de dire Hermione à voix basse. La vie comportera toujours sa part de risque.
_ C'est un risque que je refuse de considérer. Je crois que vous ne saisissez pas. »
De nouveau, il lui saisit les épaules avec toute la force de sa conviction, la forçant par la même de diriger son regard vers le sien. Alors, ce fut comme si tout son désespoir lui était jetait à la figure, telle une vague en pleine tempête l'emportant avec violence dans le tumulte de son siphon.
« Hermione, je ne peux pas vous perdre, insista-t-il. Si vous vous aventurez sur ce terrain, ça va vous bouffer. Je vais être infernal, lui adressa-t-il droit dans les yeux. »
Hermione fit un pas en avant jusqu'à ne se trouver qu'à quelques centimètres de son visage.
« Vous croyez que je n'étais pas au courant ? »
En un dernier mouvement, la Gryffondor se hissa sur la pointe de ses pieds afin d'adresser un baiser timide au maître des potions. Ce dernier ne bougea pas d'un iota, mais savoura malgré tout le contact de ses lèvres.
« Hermione arrêtez, murmura-t-il. »
Elle ne l'écouta pas, et l'embrassa de nouveau avec un peu plus de conviction. De nouveau, lorsqu'elle s'éloigna juste un peu, c'est avec les paupières fermées qu'il continua de chuchoter.
« Hermione, s'il vous plait… Vous ne m'aidez pas.
_ Je sais. »
Snape pencha sa tête afin de capturer sa bouche une nouvelle fois. Leurs deux corps ne bougeaient pourtant pas, envahit par une sorte de timidité et de retenu. Il suçota sa lèvre inférieure, puis supérieure, la savourant comme un bonbon sur le point d'être déballé. Hermione en perdit son souffle et dut s'éloigner pour ne pas suffoquer. Oh, elle avait l'impression de fondre.
Elle déglutit avec difficulté, prenant une grande inspiration teintée de son parfum.
« Oh Merlin je vous déteste, fichue sorcière, gronda-t-il. »
Snape prit en main sa mâchoire afin de l'embrasser avec toute cette passion contenue. Hermione recula d'un pas, surprise mais aussi envahie par son ardeur et cet élan emporté dont il avait fait preuve.
Elle s'accrocha à son cou afin de ne pas chuter. Hermione bouillonnait de l'intérieur et c'est avec tout autant de fièvre qu'elle répondit à son embrasement, envoutée par le contact de sa langue contre la sienne.
Elle en gémit de satisfaction, avant qu'il ne la lâche soudain et l'éloigne de lui.
« Partez.
_ Mais…
_ Ce n'est pas le moment de… s'emballer, répondit-il d'une voix hachée. »
Intérieurement, elle grondait. Son corps n'était plus devenu qu'un brasier géant qu'il lui serait impossible d'éteindre. Et pourtant, dans le fond… Il avait raison, elle en était bien consciente.
Snape continuait de l'observer avec un regard noir d'hésitation, partagé par Hermione et ce avec tant de force qu'elle mit une distance supplémentaire entre eux.
« D'accord, murmura-t-elle. »
La jeune femme sortit de la pièce, non sans un dernier regard sombre vers son professeur qui la déshabilla du regard avant qu'elle ne quitte son champ de vision.
Après plusieurs minutes, il laissa échapper une longue expiration trop longtemps contenu.
Ils ne tiendraient pas ainsi très longtemps. Le tout était de garder ce nouvel… élément privé… Et cela risquerait d'être un peu plus compliqué que prévu.
