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Nous passâmes plusieurs mois dans ce château à préparer le mariage. Quelques jours avant le jour-j, Pansy, Théodore, Blaise et Narcissa nous rejoignirent. J'étais étonnée que le père de Drago ne soit pas là, mais mon fiancé me fit comprendre qu'il serait malvenu de poser des questions. L'ambiance est à la fête, la grande table de la salle à manger est dressée et chacun s'y installe pour les repas.

Le vendredi après-midi, je me retrouvais avec Pansy derrière un paravent à enfiler une troisième robe en espérant que cette fois, elle plaise à ma mère et à ma belle-mère. Je soufflais fort derrière le paravent, j'avais peur de leur réaction après que Pansy m'ait fait enfilé la robe que je porterai pour la cérémonie. Mon amie me tint par les épaules et dit : « Ca va aller, elles vont te trouver magnifique, ne t'inquiète pas. » Je lui souris, puis baissais les yeux sur mes mains.

- « Crois-tu… Crois-tu que ce soit la bonne décision ? » Demandais-je tristement.

Elle me regardait un moment sans comprendre puis dit :

- « Bien sûr Adélaïde. Tu aimes cet homme. Peu importe qui était ton premier amour, il n'est pas là. Drago est présent et il prendra soin de toi. Même un aveugle sentirait que vous vous aimez. »

La conclusion de Pansy me surprit et me rassura à la fois. Elle avait raison : Drago avait tout fait pour me protéger, jusqu'à fuir avec moi, jusqu'à abandonner tout son monde à Londres pour se retrouver au fin fond de la campagne française, prêt à m'épouser. Après cette petite discussion, je me sentais enfin prête à paraitre en robe de mariée face à ma mère et ma belle-mère. Pansy me prit la main pour que je me dévoile aux regards des deux femmes. Quand les deux mères assises sur un grand canapé, une tasse de thé à la main, me virent apparaitre, elles sourirent et s'exclamèrent à l'unisson : « Tu es parfaite ! ». Je croisais alors mon reflet dans le grand miroir et je fus moi-même éberluée par la vision de ma robe. Je me rendis compte pour de bon que ce que je vivais était réel. Le soir de nouveaux invités se présentèrent. Je fus heureuse d'y trouver ma cousine, Fleur. Je passais un moment avec elle dans le jardin après le repas. J'essayais de lui demander des nouvelles des Weasley mais elle ne m'informa de rien. Son mari n'avait pas fait le déplacement en sa compagnie, mais son enfant, oui. Après l'avoir couché, elle me retrouvait dans ma chambre, sur le sofa qui faisait face à la cheminée dans laquelle brulait une buche.

- « Qu'est-ce qui t'arrive ? » Questionna-t-elle. « Je pensais que tu étais aux anges. Tu as l'air heureuse avec cet homme.

- Oui, mais parfois je me demande… Si Ron… J'ai du mal à tourner définitivement la page. Je ne sais pas pourquoi, cela fait quatre ans que nous ne nous sommes pas vus.

- Le mariage est souvent l'occasion d'une prise de conscience. C'est un engagement à vie. A partir de demain tu ne seras plus Adélaïde Delaunay mais Adélaïde Malfoy. »

Elle me laissait sur ces paroles, seule, plongée dans la contemplation des flammes. Je les fixais comme si j'allais y entrevoir une réponse.

Le jour tant attendu était arrivé. Je me levais et regardais par la fenêtre. Dehors, dans l'herbe du parc se trouvaient des chaises ainsi qu'une arche que je rejoindrais tout à l'heure. J'avais eu un sommeil agité. Cela faisait quatre ans jour pour jour que je m'étais séparée de Ron et deux ans que j'avais rencontré Drago.

Quelqu'un se présenta à ma porte, et je lui dis d'entrer. C'était ma mère. Elle ouvrit les fenêtres devant moi, puis une porte qui menait à une salle de bain. Un vent frai passa sur mon cou et me fit frissonner. J'entendis ma mère faire couler de l'eau chaude dans la baignoire, puis je la vis sortir la fameuse robe du placard.

- « Maman…

- Qu'y a-t-il ? »

Elle sembla surprise du ton de ma voix, et se précipita pour me faire face. Puis elle sembla comprendre intuitivement mon trouble.

- « C'est tout à fait normal ma chérie. Vous serez liés jusqu'à la mort à partir d'aujourd'hui. Ne t'inquiètes pas, tout va bien se passer, je vais m'occuper de ma petite fille une dernière fois. »

Elle embrassa mon front et me mena à la salle de bain, puis elle me lava le dos gentiment. Lorsque je me fus lavée, séchée et que j'eus mis mes sous-vêtements, elle revint avec la robe. Ensuite ce fut ma cousine et Pansy qui vinrent me coiffer et me maquiller. Une fois terminé, ma mère me donna le collier qu'elle portait à son mariage, et un bracelet qui avait appartenu à ma grand-mère. Puis elles déclarèrent en chœur « Tu es prête ! ». Et il me sembla que je l'étais.

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