Hello tout le monde !

Je reviens à vous avec ce qui pourrait bien être, cette fois, un dernier bonus ! Il est en réponse au défi de madilizzie, qui souhaitait lire dans les pensées de Lizzie quand elle était seule sur le pont, le jour du mariage de Jane et Charlie... Et qui se disait qu'un bonus sur un autre mariage pourrait être intéressant. Pour ce dernier point, je n'ai pas eu l'inspiration nécessaire, mais presque... Je vous laisse découvrir une suite de l'histoire de nos amis Will et Lizzie !

Jane : Merci beaucoup pour tes voeux ! Ils me vont très bien :D. Je me doute que tu as attendu longtemps ce bonus, le voici :D

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Bonus 6 Les Bennet sont des casse-c...

POV Lizzie

"Non, vraiment, c'est bon, ça va mieux, maintenant."

Jane, assise très raide sur une chaise, appuyée sur la table de sa cuisine, fit un sourire froid à Charlie.

Je fronçai les sourcils, et ce fut Will qui reprit la parole.

"Jane, tu devrais vraiment écouter ton mari, cette fois.

- Fous-moi la paix, Will, je ne t'ai pas sonné les cloches."

Elle eut à peine de finir sa réplique acerbe qu'elle se courba de nouveau en deux, le souffle coupé.

Je jetai un œil à ma montre, et attendis calmement que la crise passe. Charlie, paniqué, se précipita vers Jane, mais elle le fusilla du regard, le faisant reculer de trois pas.

Quand elle se redressa en soufflant, j'intervins enfin.

"Jane, ça fait deux minutes entre deux contractions. Ce n'est pas parce que tu restes le cul planté sur cette chaise que tu vas retarder l'échéance.

- Oh non, sérieux, Lizzie, t'y mets pas toi aussi ! Je peux attendre encore un peu.

- Peut-être mais tu serais mieux installée à l'hôpital.

- Ah non ça j'en doute. Je ne veux pas y aller, ok ?"

Je soupirai, alors que les deux hommes grimaçaient.

"Jane, tu ne peux pas accoucher là.

- Et pourquoi pas, hein ?

- Tu vois un médecin dans les parages ? S'agaça Charlie.

- Lizzie n'a qu'à le faire, elle n'en sera pas à sa première mise bas !." Répliqua Jane en hurlant, juste avant de se tordre de nouveau en deux.

Je jetai un regard à Will, qui était devenu tout pâle et me fixait d'un air perdu. Ok, lui, il n'allait plus nous être d'une grande aide.

Je soupirai et reportai mon attention sur ma sœur.

"Je suis flattée de ta confiance, Jane, mais tu n'as pas tout à fait la morphologie d'une vache ou d'une chienne. Je ne me sens pas de gérer ton fœtus.

- Pitié, Lizzie, je ne veux pas aller là-bas. Geignit-elle, toujours pliée de douleur.

- Ok, c'est bon, Charlie, cette fois tu vas démarrer la voiture, ça urge.

- Lizzie ! Foutez-moi la paix, je veux rester ici !.

- Tu vas accoucher, Jane, c'est pas une fausse alerte.

- Je sais bien, mais j'ai décidé, je veux faire ça ici.

- Oh que non, tu ne veux pas faire ça ici.

- Qu'est-ce que t'en sais, toi ? On en reparlera quand tu seras enceinte. Cracha-t-elle, de plus en plus agitée.

- Je peux te donner un paquet de bonnes raisons pour que tu n'accouches pas ici.

- Me parle pas de l'absence de médecin, t'as qu'à en appeler et qu'ils se pointent, pourquoi c'est jamais eux qui se bougent le cul putain ?"

Ok, pour que ma sœur devienne aussi vulgaire, c'est que ça devenait critique. Charlie courait partout, allant chercher la valise de maternité de Jane, sortant la voiture du garage, puis remontant récupérer la valise du bébé. Will, lui, restait statufié. Agacée, je me déplaçai jusqu'à lui et lui pressai les épaules pour le faire s'asseoir sur une chaise.

"Déjà que j'ai la trouille de voir le bébé pointer son nez ici, j'ai pas envie de gérer un malaise vagal, marmonnai-je.

- La voiture est prête, je fais quoi ? Paniquait Charlie.

- Eh bien tu fous ta femme dedans !

- Non, c'est hors de... AAAARGH !"

Je soupirai alors que Charlie restait les bras ballants, et allai passer mon bras sous les épaules de Jane pour la lever.

"C'est quoi tes foutues raisons pour que j'aille à l'hosto ? Haleta-t-elle.

- Un, la péridurale.

- Je sais pas si ils auront le temps, souffla-t-elle.

- Deux, si t'accouches ici, tu vas foutre de l'eau et du sang partout. Ça va être une merde monumentale pour nettoyer votre parquet."

Ses yeux s'écarquillèrent, et elle hoqueta.

"PUTAIN Charlie, MAGNE-TOI, je ne VEUX PAS perdre les eaux ici !"

J'en restai coite, puis secouai la tête, tiraillée entre la stupéfaction et le soulagement. Cela faisait une heure qu'on essayait de convaincre Jane d'aller à l'hôpital si j'avais su qu'il suffirait de lui parler de son parquet, on aurait pu gagner un temps précieux.

Je l'accompagnai jusqu'à la voiture et aidai Charlie à l'installer sur le siège, alors qu'elle se mettait à souffler rapidement.

"T'aurais dû protéger tes sièges, ne pus-je m'empêcher de ricaner.

- Quoi ? Tu crois qu'elle pourrait..."

Charlie s'était figé, une moue dégoûtée sur le visage alors qu'il fixait sa caisse. Cette fois, je m'énervai pour de bon.

"T'es quand même pas en train d'envisager de la sortir de là pour rajouter une bâche ?!

- Euh...

- PUTAIN Charlie, tu viens conduire ou il faut que je le fasse moi-même ? Se mit à hurler Jane.

- Bon tant pis, au pire elle ira à la casse." Souffla Charlie

J'écartai les mains dans un geste ébahi, le regardant faire le tour de la voiture en courant pour enfin aller s'installer au volant et démarrer dans un crissement de pneu.

"Il était vraiment en train de penser à sa caisse ? Ne pus-je m'empêcher de souffler.

- C'est chiant à nettoyer, la sellerie."

Je me retournai vers Will, qui venait de me rejoindre.

"Ah tiens, tu as survécu, toi ? Le raillai-je.

- Désolé de ne pas avoir ton sang-froid de psychopathe, fit-il en levant les yeux au ciel.

- Au moins, ça va calmer tes envies de bébé pour un moment, soupirai-je.

- Je confirme. Si ça fait cet effet à Jane, je n'imagine même pas comment toi tu réagiras, caractérielle comme tu peux être."

Je fusillai Will du regard, alors qu'il m'envoyait un sourire moqueur.

"Bon, tu as retrouvé des couleurs. Commentai-je.

- Mouais. J'ai fermé la maison de Jane et Charlie. On va faire un tour ?"

J'acquiesçai en silence et attrapai sa main, plutôt heureuse de cette proposition de promenade.

Ma sœur s'apprêtait à devenir maman... J'avais vraiment besoin de m'aérer l'esprit.

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Assise sur le pont en pierre, je regardais l'eau couler en contrebas. On était dans un autre lieu, dans un autre temps, mais ce pont me rappelait vaguement celui auprès duquel Will et moi avions cessé de nous tourner autour pour nous avouer nos sentiments.

Nostalgique, je jetai un regard à Will, qui parlait au téléphone un peu plus loin. J'en revins à l'eau qui coulait à mes pieds, et me souvins de l'état dans lequel je me trouvais cette nuit-là, après le mariage de Jane et Charlie.

Pour la première fois de cette longue journée, je m'étais enfin retrouvée seule quelques minutes. Je m'étais éclipsée comme une voleuse, entre deux danses, pour aller prendre un peu l'air la journée avait été intense. En passant, j'avais échangé quelques mots avec Fred, qui m'avait élégamment prêté sa veste, puis j'étais sortie et avais marché dans le parc à la lueur douce des lampadaires. Rapidement, j'étais tombée sur le petit pont enjambant un mince ruisseau, et m'étais assise dessus.

Sur ce pont, j'avais enfin fait la paix avec moi-même. Et j'en avais presque pleuré.

Je ne m'en étais pas vraiment rendu compte, mais cela faisait alors un an et demi que j'étais en lutte intérieure constante. Un an et demi que je me battais contre des sentiments contradictoires. L'attirance que j'éprouvais pour William se dressait contre la colère qu'il avait éveillée en moi. La honte que j'éprouvais concernant l'épisode Wickham rentrait en conflit avec ma propre fierté. Il ne fallait pas chercher plus loin pour expliquer ma fuite vers la Nouvelle-Zélande. Fuite inutile parcourir des milliers de kilomètres ne permet pas de s'éloigner de soi-même.

Alors ce soir-là, alors que ma sœur venait de s'unir avec Charlie, je m'étais enfin abandonnée et j'avais réalisé le bilan que j'aurais dû faire bien plus tôt.

Ma fierté avait vaincu ma honte, et l'attirance que je ressentais pour Will, cette attirance qui n'avait fait que grandir au cours des dernières semaines, était devenue plus forte que tout. Elle avait tout effacé, me remplissant entièrement et m'apportant la paix qui m'avait manquée pendant si longtemps.

Alors que j'étais là, sur ce pont, tout était devenu plus limpide que du cristal.

Tu es amoureuse, Lizzie.

Et j'avais à la fois ri et pleuré en me rendant compte que durant tout ce temps, j'avais fait exactement ce que j'avais reproché à Will le jour où il m'avait fait sa première déclaration : j'avais lutté de toutes mes forces contre mes sentiments pour lui.

Grands Dieux, quelle idiote.

L'ironie voulait que moi aussi, j'avais fini par tomber amoureuse de lui... A contrecœur.

Et j'en étais là de mes réflexions, quand il s'était matérialisé derrière moi, me faisant sursauter tellement fort que j'en étais presque tombée de mon pont.

La sensation de deux bras m'enlaçant me ramena au présent, et je me calai contre le torse de Will.

"Charlie et Jane sont bien arrivés. Elle a eu sa péridurale, mais ils ne sont pas sûrs que ça agisse à temps.

- Dommage pour eux. Jane gère très mal la douleur.

- J'espère qu'ils l'auront mise sous morphine quand on ira la voir à la maternité, alors.

- En théorie, elle n'est plus censée souffrir tant que ça une fois qu'elle aura tout éjecté... Surtout qu'elle aura fait le plein d'hormones du bonheur.

- En théorie. Mais je suis d'un naturel méfiant."

Je souris en continuant de fixer le ruisseau, et il soupira en enfouissant son nez dans mon cou. Une décharge désormais familière me parcourut la nuque.

"C'est marrant, ce pont me rappelle celui auprès duquel tu es enfin devenue ma petite amie."

Je penchai la tête en arrière, contre son épaule, et me mis à rire.

"Je me faisais exactement la même réflexion.

- Épouse-moi."

Surprise par sa demande, directe et lancée d'un ton neutre, je me dégageai de son étreinte pour me tourner vers lui.

Je croisai son regard déterminé, et restai stupéfaite un instant.

"Je te demande pardon ?

- Si tu le souhaites. Mais ça ne répond pas à ma question."

Je le repoussai d'un coup léger sur son épaule, et descendis du pont. Croisant les bras sur ma poitrine, je levai le menton pour soutenir son regard.

"En fait, tu ne m'as pas posé de question."

Il leva les yeux au ciel.

"Certes. Accepterais-tu de m'épouser ?"

- Sois sérieux, un peu.

- Je le suis, Lizzie.

- Attends, vraiment ? Toi, Fitzwilliam Darcy, le mec le plus traditionaliste que je connaisse, tu me sors ça comme ça, de but en blanc... Sans raison ?

- Pas sans raison."

Je ne sus que répondre, sur l'instant. Je secouai la tête, toujours incrédule.

"Mais qu'avez-vous donc fait de l'homme que je connais ?

- Bon, tu t'attendais à ce que je fasse ça au cours d'un dîner aux chandelles, au son des violons, bague dans la coupe de Champagne et genou à terre, c'est ça ? Soupira-t-il.

- Tu sais parfaitement que je déteste le Champagne, mais oui, j'imaginais un tableau de ce style. Note bien que je n'ai pas dit que j'aurais préféré."

Will leva les yeux au ciel, et se rapprocha de moi pour saisir mes hanches et plonger son regard dans le mien.

"Je vais être honnête, c'est effectivement ce que je prévoyais. Et c'est pour ça que, comme un con, je n'ai pas, sur moi, de bague à te présenter."

Je souris en secouant la tête, commençant à reprendre pied dans la réalité. Même si il y avait un détail – une demande – que je n'arrivais pas encore tout à fait à réaliser.

"Ok. Bon, je te retrouve un peu... Et donc, ces raisons ?

- Je te demande pardon ?

- Si tu le souhaites. Mais ça ne répond pas à ma question." Me moquai-je.

Will plissa les yeux avec une moue agacée.

"Tu plaisantes, là ?

- Pas du tout. Tu m'as dit que tu avais des raisons de faire ta demande, alors je suis toute ouïe.

- Tu es incroyablement chiante.

- Sois donc soulagé que je ne t'aie pas encore répondu, tu peux toujours te désister.

- En fait, c'est ma première raison.

- Tu veux m'épouser parce que je suis chiante ?

- Je veux t'épouser parce que tu es la seule à me défier en permanence. Tu m'as appris que rien n'est jamais acquis, me le rappelles chaque jour, et me fais sentir vivant.

- Je continuerai à le faire même sans être ta femme."

Il leva les yeux au ciel, mais un sourire étira ses lèvres.

"Ok, alors parce que aujourd'hui, c'est l'anniversaire de ton débarquement chez moi."

Je fis rapidement le calcul dans ma tête, et souris.

"C'est vrai. Cependant, ce n'est pas une raison pour qu'on se marie. A la rigueur, c'est un contexte pas trop mauvais pour une demande."

Will soupira, à mi-chemin entre le rire et le sérieux.

"Bon, une bonne raison alors, c'est que ça nous permettrait de réduire nos impôts.

- Oh non, pas l'excuse des impôts. Tu me l'as déjà faite pour mon emménagement chez toi ! M'amusai-je.

- Ça ferait plaisir à Anna.

- Ahaha, ça, c'était ton excuse d'il y a un an, pour m'inviter à rester dîner ou dormir chez toi.

- Pas excuse. Raison.

- Au temps pour moi, me moquai-je.

- D'accord, alors raison supplémentaire : je suis très possessif, et j'ai envie que tu deviennes ma femme."

Ma bouche s'arrondit de surprise, et je lui donnai une tape sur le bras.

"Sérieux, Will ? C'est quoi cette mentalité du 18ème siècle ? Je ne t'appartiendrai pas plus après notre mariage !

- Et si je te dis que j'aimerais t'épouser simplement parce que je suis amoureux de toi ?"

Sa déclaration me fit monter les larmes aux yeux, et je passai mes bras autour de son cou en me rapprochant de lui.

"Oh.

- Oh ?

- Amoureux, genre... Papillons dans le ventre et tout ?

- Papillons dans le ventre ? Un peu comme lors d'une bonne gastro ?

- Oh oui, parle-moi encore de gastro. C'est d'accord." Susurrai-je.

Il leva les sourcils, interdit.

"Comment ça ?

- De quoi ?

- Qu'est-ce qui est d'accord ?

- Pour le mariage. J'accepte. On n'a qu'à faire ça, ça paraît chouette.

- … Ça paraît chouette ?"

Son air interloqué me fit rire, et je posai mes lèvres contre les siennes.

"Tu penseras à créer un Doodle pour la date ?

- Préviens-moi plutôt de tes disponibilités de week-end dans l'année à venir, on essaiera de se caler ça un samedi." Répliqua Will avec un sourire en coin.

Se penchant sur moi, il encadra ma taille de ses bras et me rendit mon baiser avec toute la ferveur du monde.

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Et voilà ! Peut-être que cette fois, je vous dis vraiment adieu pour cette fic. Ou peut-être que vous aurez d'autres défis... Quoiqu'il en soit, il n'est pas à exclure que l'on se retrouve pour une nouvelle histoire Lizzie/Darcy... Et peut-être même que cela arrivera très vite !

Merci encore pour m'avoir suivie, et pour tous vos adorables commentaires. A bientôt, j'espère !