Bonsoir à toutes et à tous.

Voici le dix-septième texte de cet Inktober.

Merci encore de tout cœur à celles qui me lisent et me font part de leurs encouragements, c'est inestimable. J'ai été très touchée par tous vos retours sur "Wild", sincèrement!

Disclaimer: Tous les personnages présents et cités appartiennent à Masami Kurumada.

Jour 17: Ornement.

Rating: T.

379 mots.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture.


Jour 17 : Ornament (Ornement)

Il n'entendait plus rien. Ne pouvait plus rien sentir, se trouvait incapable de toucher. Et sa parole lui avait été enlevée. Par l'homme même qu'il venait de contribuer à assassiner en commettant le péché suprême, comme une ultime trahison envers la Déesse qu'ils adoraient pourtant. Dans l'écho ravagé de leur cosmos teinté, Saga percevait la détresse de ses camarades, forcés de poursuivre leur quête à ses côtés.

L'aîné des Gémeaux serra les dents en quittant les jardins, avant de se sentir glacé jusqu'aux os en voyant Mû s'avancer vers lui parmi les décombres du sixième temple. Il ne lui restait que la vue pour constater l'horreur à peine contenue dans les yeux troubles du premier Chevalier, et les larmes évidentes cachées dans le regard émeraude.

Mû qui savait. Qui avait senti, et avait parfaitement compris. Refusant pourtant de leur accorder le moindre mot alors que ses yeux ne quittaient pas Saga lorsque ce dernier combla la distance entre eux et tendit le bras, lentement, à regret.

Laissant pendre le chapelet divin de l'être qu'ils venaient de sacrifier.

Mû observait les perles assombries, écoutant sans doute le chant qu'elles émettaient. Cet ornement si précieux dans lequel Shaka avait déversé sa force et son âme, des années durant, le rendant plus apte à sa mission cruciale. Le Chevalier du Bélier serra les doigts face à lui, la mâchoire crispée, et Saga eut le cœur fendu de ne pas pouvoir lui exprimer ce qu'il aurait aimé. En l'espace de quelques heures, Mû avait tout perdu, de son maître à ses deux amis les plus proches, sacrifiés sur l'autel d'Hadès et des déités.

Et lorsqu'il tendit la main pour récupérer le dernier souvenir de son amitié, Saga plongea son regard dans le sien, espérant un pardon impossible. Cherchant, du plus profond de son cœur, à partager la sincérité de son propre dégoût pour ce qu'ils venaient d'accomplir. Laissant des condoléances muettes se répandre entre eux à l'instant où il osa frôler de ses doigts ceux du Tibétain, seul baume qu'il était capable d'offrir sous peine de se trahir.

Et malgré la peine, la colère et les larmes, quelque part, il vit que Mû comprenait. Et qu'il était encore bien plus désolé qu'eux en sachant combien ils devaient souffrir.