Chapitre 17 Intervention au pays des Yankees

Ospicus avait envoyé un hibou express à tous les Aurors disponibles. Gwenvael avait été prévenu directement chez lui – et était en route, selon Klein – et un autre message avait été envoyé au Ministre de la Magie et aux Directeurs du Département de la coopération magique internationale et du Département des Transports Magiques.

Ron attendait dans la salle où il s'était rendu une fois son EABA obtenu – transformée pour l'occasion en salle de réunion –, accompagné de Moore, Goodlight, Dean et des Aurors qui n'étaient pas affectés à la lutte contre les Vampires. Soit une quinzaine de personnes tout au plus. Ospicus discutait avec Gwenvael dans le bureau de ce dernier, lui présentant plus précisément la découverte du jeune sorcier.

De son côté, celui-ci avait reçu les félicitations de tout le Bureau, y compris des plus anciens, pour son idée de génie et son étonnante perspicacité. Il avait su éviter de prendre la grosse tête, de par ses années aux côtés d'Hermione, comme il avait l'habitude de le faire à Poudlard.

La bataille contre les troupes de Voldemort, à laquelle il avait participé activement et avait été décoré de l'Ordre de Merlin première classe, lui avait appris à découvrir le sorcier qui se cachait en lui. Désormais, mis à part quelques maladresses récurrentes – qu'Hermione définissait comme « la preuve qu'il s'agit bien de Ron » –, il avait plusieurs fois prouvé son talent.

Comme frère, tout d'abord, en s'occupant de George à la mort de Fred. Il avait su partager la douleur de ce deuil avec son aîné tout en réussissant à lui rendre goût à la vie. Il s'était au fur et à mesure imposé comme le nouveau blagueur de la famille et George avait petit à petit décidé de reprendre son titre.

Comme petit-ami également, en témoignant maintes fois à Hermione son amour, parfois de manière si spectaculaire que La Gazette en faisait les gros titres, comme la fois où il avait écrit dans le ciel de Londres « Hermione, veux-tu m'épouser ? » lors du mariage de Harry et Ginny. L'inscription avait été visible de jour comme de nuit durant une semaine entière et le Secret n'avait, heureusement, pas été éventé grâce à la tendance des Moldus à croire en l'existence d'une vie ailleurs que sur Terre.

Ron avait aussi appris à changer, à être moins piquant dans ses propos et, surtout, il avait gagné beaucoup en maturité auprès d'Hermione, la complimentant plus souvent qu'il ne lui faisait de reproches. Leurs disputes se faisaient de plus en plus rares, et se terminaient généralement toujours sur un fou rire commun.

Il avait aussi montré ses talents en tant que meneur, prenant en main les Sorciers Facétieux – « Cette boutique ne fermera pas tant qu'une seule goutte de mon sang coulera sur cette Terre ! » avait-il déclaré à sa mère – et dirigeant plusieurs employés, décidant des stratégies à adopter.

Et enfin, en tant que sorcier, en entrant à Poudlard au début du second trimestre – McGonagall avait failli le tuer ce jour-là – et réussissant avec brio ses ASPIC pour entrer à l'Académie d'Apprentissage des Aurors. Il avait montré, tout au long des cinq années d'apprentissage, ses capacités à réagir face à une situation d'urgence, à adopter un comportement moins solitaire et à savoir sauter les repas – détail sur lequel Harry avait le plus insisté après le retour d'une mission sous couverture.

Ron s'était transformé en six années, mais il était resté au fond de lui-même le sorcier loyal et fidèle à ses amis, maladroit par moments, toujours prompt à la rigolade et à la paresse, et surtout, fin stratège. Il avait même réussi à remporter le tournoi d'échecs annuel organisé par le Ministère. Et c'était grâce à toutes ses qualités que Ron avait pu mettre le doigt sur un point oublié de tous.

La porte de la salle s'ouvrit, laissant entrer Ospicus suivi de très près par Gwenvael. C'était un homme d'une soixantaine d'années dont les cheveux bruns et bouclés commençaient à grisonner. Il avait une silhouette très longiligne, le faisant paraître plus grand qu'il ne l'était réellement – même s'il était déjà plus grand que Ron.

Avant d'être à la tête du Département de la Justice Magique, il avait servi au sein du Service des usages abusifs de la Magie avant de devenir Juge-mage au Magenmagot, puis Président-sorcier. Malgré ces emplois très bureaucratiques, il n'en restait pas moins un sorcier accompli, et les Mangemorts l'avaient bien compris.

Un accident dramatique, dans lequel sa femme avait péri, lui avait causé de graves blessures physiques : une de ses jambes était paralysée – expliquant sa démarche claudicante –, tandis qu'on avait dû lui retirer plusieurs côtes devenues trop fragiles pour tenir. Il avait mené l'assaut du Ministère pendant la Bataille de Poudlard grâce auquel la victoire de Harry avait pu être immédiate.

« Je viens d'informer Mr Gwenvael de la découverte de Mr Weasley et des conséquences que cela implique, entonna Ospicus. Nous venons de recevoir un message du Département de la coopération magique internationale nous informant que les États-Unis refusent de nous livrer eux-mêmes les Mangemorts se cachant sur leur territoire, n'ayant pas réussi à les localiser. Ils acceptent toutefois que nous nous y rendions afin de poursuivre nos recherches.

— En gros, ils veulent nous laisser faire le sale boulot ? maugréa Moore.

— Voilà qui est très bien résumé, approuva le Directeur. Je viens de demander à Mr Gwenvael l'autorisation de procéder à une mission sur le territoire américain dans le cadre de nos recherches sur les Mangemorts et le sceptre de Mulcahy », expliqua Ospicus en désignant d'une main Gwenvael qui était assis au fond de la pièce.

« Autorisation qu'il m'a, bien entendu donnée, mais qui ne sera officielle qu'après l'aval du Ministre de la Magie. Ce dernier a reçu notre message et doit être à présent en route. Mais je doute fort que Mr Shacklebolt nous refuse cette opportunité.

— Comment allons-nous procéder ? s'enquit Doubt.

— Très simplement, assura Ospicus. Mr Weasley coordonnera une opération de capture composée de plusieurs équipes, chacune étant dirigée par un chef. Tous les membres présents y participeront. Je laisse le soin à Mr Weasley de nous expliquer son plan… »

Le Directeur du Bureau des Aurors se retira de l'estrade et fit signe au jeune sorcier de s'approcher. Celui-ci ne bougea pas, pétrifié par ce qu'il venait d'entendre. Ospicus lui donnait le feu vert et carte blanche pour l'opération, alors qu'il n'était Auror que depuis à peine deux mois. Et de plus, Ospicus laissait entendre que Ron avait un plan tout préparé sous la main, ce qui n'était, bien sûr, pas le cas.

Pourquoi le Directeur du Bureau des Aurors se montrait-il si sournois ? Ron sentit quelqu'un le pousser. Il fit quelques pas en avant, puis quelques autres et, finalement, se dirigea jusqu'au bout de la pièce, face à tous les autres Aurors. Il jeta un coup d'œil à son directeur qui l'invita à commencer. Il s'éclaircit la gorge plusieurs fois avant de se lancer :

« Bon… Comme vous le savez tous, je suis à l'origine de la découverte de la planque des Aurors. Ce que nous savons, c'est qu'ils ont transplané en Irlande et c'est là que nous perdons leur trace.

« C'est en examinant le kidnapping de Harry que je me suis demandé si les Mangemorts n'avaient pas, eux aussi, agi d'une façon similaire, partagea Ron. Je me suis donc rendu dans un des bâtiments où les policiers moldus travaillent. Je me suis fait passer pour l'un des leurs et un sortilège de Confusion m'a permis d'accéder à leurs dossiers.

« Leur système de recherche est très performant, exposa-t-il. Il suffit d'entrer un nom et, si le nom est contenu dans leurs dossiers, on l'affiche sur des crans. Ça fonctionne comme nos photos à nous, sauf que l'on peut choisir ce qui bouge…

« Bref, j'ai entré les noms des principaux Mangemorts connus et j'ai alors trouvé plusieurs billets d'avion pour les États-Unis. Ils se sont rendus dans plusieurs villes américaines, chacun sur un vol différent. C'est là où j'ai perdu leur trace chez les Moldus, concéda-t-il, puisqu'ils n'ont pas accès aux dossiers des autres pays.

« Je suis donc revenu ici et j'ai demandé l'aide aux américains pour faire les recherches. Ceux-ci ont pu déterminer que les Mangemorts se sont tous regroupés dans un des quartiers de Chicago et qu'ils limitent leurs déplacements au minimum. C'est là où ils les ont perdus à leur tour, la population de la ville étant trop dense, ils ont réussi à se mêler à la foule. »

Un long silence suivit l'exposé de Ron, qui se sentait nerveux. Ospicus lui lançait toujours un regard bienveillant, mais très inquiétant, et Gwenvael n'avait montré aucun signe qu'il avait écouté. Quant aux autres Aurors, le jeune rouquin vit à leurs regards qu'il en avait perdus la moitié dans ses explications, la plupart étant des sang-purs.

« Quel plan proposez-vous ? » demanda alors une voix grave venant de la porte de la salle.

Tout le monde se tourna et découvrit Kingsley, se tenant dans l'encadrement de la porte, appuyé sur le chambranle. Il avait un sourire satisfait sur le visage et Ron y décela même de la fierté. Cela éclipsa tout le reste et lui donna le courage de continuer.

« Nous sommes dix-sept Aurors mobilisables, dix-huit si vous participez Monsieur le Directeur…

— Je me ferai un plaisir d'être sur place pour coincer ces gnomes !

— Dix-huit, donc… je propose de constituer six équipes de trois, avança Ron. Les américains nous ont fourni le lieu où se situait la cachette des Mangemorts, qui devrait être par ici », montra-t-il sur une carte qu'il fit apparaître d'un coup de baguette. « Selon la carte, nous pouvons constater qu'il s'agit d'une zone densément peuplée.

« Le parc que vous voyez là se trouve assez proche pour offrir un point de fuite : c'est l'entrée de Magic Street. De plus, le parc est suffisamment vaste pour qu'ils puissent s'y cacher si nous posons un sortilège d'antitransplanage.

« Beaucoup de Moldus vivent dans cette zone, rappela le jeune Auror, ce qui implique que nous devrons agir le plus discrètement possible. Et cela peut aussi offrir autant d'otages et de victimes potentielles, les Mangemorts ne se priveront pas d'en tuer quelques-uns si c'est pour s'enfuir.

« Nous procéderons par un encerclement tridimensionnel, expliqua Ron. Quatre équipes agiront à partir de leur niveau, en arrivant par les quatre points cardinaux. Une autre arrivera par le dessus et la dernière par le dessous.

— Votre plan implique que les trois équipes devront agir ensemble, signala Ospicus.

— C'est exact.

— Nous aurons donc besoin d'une coordination précise et minutieuse. L'attaque devra être rapide et efficace.

— Vous avez totalement raison, approuva Ron. Les Mangemorts s'attendent sûrement à ce que nous finissions par les découvrir tôt ou trad. Il est donc probable qu'ils aient mis en place un réseau de surveillance d'utilisation de la magie dans leur périmètre. Nous devrons contourner ce périmètre. Comme nous n'en connaissons ni la puissance, ni la portée, je recommande à ce que nous arrivions à Chicago de la façon la plus Moldue possible : par balais ou par transports Moldus.

« Si nous utilisons les balais, il faudra agir de nuit, en notant que les lumières de la ville permettent de voir dans les rues comme en plein jour. Agir de nuit, c'est également augmenter le risque de les perdre plus facilement dans le parc. Cependant, la foule devrait être plus dispersée qu'en journée, ce qui nous permettra de les poursuivre plus facilement, mais également augmentera le risque de nous faire repérer.

« C'est pour cela que je recommande une approche en trois étapes : nous arriverons à Washington par Portoloin – il est peu probable que le périmètre des Mangemorts s'étende jusqu'à là – puis, nous nous rendrons de nuit en périphérie de Chicago. Nous emprunterons les transports Moldus, en vagues successives pour ne pas attirer l'attention, et nous frapperons peu après l'aube.

« L'obscurité devrait protéger notre approche, la foule sera suffisamment dense pour nous dissimuler, et le nombre de Moldus sera assez faible pour éviter trop de victimes. Lors de l'attaque, nous utiliserons les nouvelles radios portatives du Département des Mystères pour communiquer. Une fois que nous aurons agi, nous rentrerons à Londres directement en Portoloin. »

Un nouveau silence retomba sur la salle. Les Aurors s'échangèrent des signes tandis que Kingsley, qui avait rejoint Gwenvael au fond de la salle, discutait avec ce dernier à voix basse. Le Directeur de la Justice Magique opina du chef à plusieurs reprises.

« Ce plan me paraît parfaitement opérationnel ! s'exclama le Ministre de la Magie. Très bonne idée, Weasley. Je vous donne mon aval pour mettre en place cette opération de récupération. Vous pouvez agir quand bon vous semblera, mais le plus vite sera le mieux.

— Merci, Monsieur le Ministre.

— Weasley, continua Gwenvael, votre plan est très ingénieux. Les chances de réussite doivent être suffisamment élevées pour que je puisse parier contre Verpey. Cependant, quel est votre objectif de mission ? Car toute mission doit en avoir un pour avoir un intérêt.

— Euh », hésita Ron, pris au dépourvu. « Je pensais que seuls vous ou Mr Ospicus pouviez décider de nos ordres de missions.

— C'est vous l'élaborateur du plan, c'est à vous de décider.

— Et bien… Je suppose que nous devons nous concentrer d'abord sur le sceptre de Mulcahy. Cela permettra de mettre fin à la guerre contre les Vampires. Les Mangemorts peuvent attendre avant d'être capturés. Bien sûr, si nous avons l'occasion d'en attraper un ou deux, il ne faudrait pas s'en priver… Mais la priorité doit être le sceptre, raffermit-il.

— Parfait ! opina Ospicus. Dans ce cas, nous partirons dans deux jours, le temps de créer les équipes et à chacun de se préparer. Avez-vous quelque chose à ajouter ?

— Oui », déclara alors Kingsley en se levant. « Il est fort peu probable que les américains interviennent pour nous aider lors de cette opération. Cependant, vous devez tous partir du principe que, si elle se transforme en succès, ils s'en attribueront le mérite et que si elle se transforme en échec, ils rejetteront la faute sur nous. Sachez que si la mission est un succès, je vous récompenserai personnellement et ferai en sorte que votre rôle soit mis en avant.

— Merci, Monsieur le Ministre, salua Ospicus.

— Je voudrai rajouter une dernière chose : vous allez agir dans un pays allié, mais étranger. Il serait donc préférable que vous incorporiez dans vos équipes, des Aurors affectés là-bas.

— Cela sera pris en compte Monsieur le Ministre, assura le Directeur du Bureau des Aurors.

— Et je souhaiterais que vous évitiez au maximum les pertes humaines, d'un côté ou de l'autre, sorcier ou Moldu. Chicago est une grande ville, les habitants sont nombreux et les bâtiments sont bien plus immenses que chez nous.

« Il faudra vous adapter très vite à ce nouvel environnement. Je souhaite que les dégâts matériels soient réduits à la seule planque de nos Mangemorts. Aucune destruction au-delà. »

Le Ministre sortit sans ajouter un mot, laissant les Aurors sur place. Gwenvael l'imita et Ospicus les suivit quelques secondes plus tard. Comprenant que la réunion était finie, chacun des Aurors quitta la salle et rentra chez lui. Les équipes seraient faites le lendemain, à tête reposée.

Ron se demandait, sur le chemin du retour, comment il allait pouvoir expliquer à Hermione qu'il s'absenterait deux jours – peut-être trois – pour partir à l'autre bout de l'océan. Le jeune sorcier n'avait quitté qu'une fois l'Angleterre, et c'était pour aller en France, puis en Allemagne. Hermione avait bien accepté la chose, elle-même s'étant déjà rendue en France, car il s'agissait d'un voyage sans grands dangers et c'était encore assez proche pour rentrer rapidement.

Là, c'était une tout autre histoire : il était le commandant d'une opération visant à capturer les derniers Mangemorts dans une ville atteignable en cinq minutes, même par les moyens magiques.

« La nuit est sombre avant que n'apparaisse l'aube ». Ron pouvait vérifier cet adage en volant dans le ciel de l'Indiana. La lune s'était couchée depuis quelques heures et les étoiles s'éteignaient les unes après les autres, ne laissant au-dessus de sa tête qu'un ciel noir. Le sol sous son balai était tout aussi noir, parsemé de temps à autres par une lumière isolée ou alors une petite ville. Il avait dépassé depuis longtemps la lumière d'Indianapolis et, depuis, se trouvait dans la plus parfaite obscurité. Au loin, à l'est, il voyait une très étroite bande de lumière rouge, symbolisant l'aube, mais elle n'était encore que très diffuse.

L'air frais fouettait son visage et il se mit à remercier quelques secondes les Mangemorts de ne pas avoir volé le sceptre en Janvier. Il était presque six heures du matin – l'aube se faisait de plus en plus proche et Ron put enfin distinguer le sol de l'Illinois –, lorsqu'il aperçut les lumières des buildings de Chicago, trônant fièrement dans le ciel bleu nuit. Il ralentit légèrement et amorça sa descente vers un point qu'il avait prédéfini quelques heures plus tôt seulement. Autour de lui, ceux de son groupe de voyage le suivirent en saluant avec joie la fin de ce vol frigorifique.

Il contourna les immenses buildings, puis suivit une ligne de chemin de fer qui le mena vers une ville du nom d'Elmhurst, située dans la banlieue. Il évita soigneusement l'autoroute et le centre-ville et se posa délicatement, dans l'aube naissante, au milieu un parc légèrement au Nord-Est. Il descendit de son balai, vérifia que personne ne l'avait repéré, puis rangea son moyen de transport dans un sac sur lequel il avait appliqué un sortilège d'extension. Puis il se mit en direction du centre-ville, où se situait la gare.

Il mit moins de dix minutes pour arriver. Le centre-ville était composé essentiellement de bâtiments de cinq étages maximum et aux toits plats, rendant les avenues encore plus larges que ce qu'elles n'étaient. Il passa devant un cinéma en face duquel se trouvait un fast-food. Il continua et vit le passage à niveau un peu plus loin. Il tourna à droite, alla jusqu'à la petite gare – qui ne constituait qu'en un petit bâtiment dans lequel se trouvaient le guichet et quelques bancs – et rejoignit le groupe qui s'était déjà formé.

« Bonjour, Weasley !

— Bonjour, Mr Moore…

— Combien de fois t'ai-je dis de ne pas m'appeler comme ça? réprimanda le chef d'équipe. Le voyage s'est bien passé de votre côté ?

— Un peu froid et sombre…, avoua Ron. Encore heureux qu'on ne l'ait pas fait en hiver. Il paraît qu'il fait encore plus froid ici qu'à Londres. Les autres sont déjà arrivés ? s'enquit-il en regardant à l'intérieur de la station au travers des fenêtres.

— Nous attendons encore trois équipes, dont celle d'Ospicus. La vôtre est arrivée il y a seulement quelques minutes. »

Ron hocha la tête, puis alla prendre son billet. La vendeuse Moldue rayonnait de mille feux : visiblement, elle n'avait jamais vu autant de personnes prendre le train si tôt. Ron lui donna les cinq dollars que lui coûtait le ticket, puis alla attendre avec les autres.

Ospicus arriva dix minutes plus tard – c'était le dernier –, juste à temps pour prendre le train. Ron n'en avait jamais vu de si long : il devait y avoir une vingtaine de wagons, bien plus que le Poudlard Express ou le métro que lui faisait prendre Hermione de temps en temps. Le véhicule s'immobilisa et les Aurors purent monter. Seuls les travailleurs les plus matinaux occupaient les fauteuils, mais il en restait suffisamment pour tout le monde.

Le voyage dura un peu plus d'une demi-heure, mais fut bien plus inconfortable que celui menant à Poudlard. Le passage sur les rails faisait énormément de bruit, si bien qu'il était presque impossible de pouvoir entendre une conversation distinctement – Goodlight souligna que si eux ne pouvaient rien entendre, les autres passagers non plus – et cela sans parler des incessantes secousses qui parcouraient tout le train. Certains des Aurors avaient préféré rester debout – pour des raisons de « sécurité » selon eux –, mais il ne leur fallut qu'un seul arrêt pour comprendre qu'il valait mieux rester assis.

Ron se demandait comment des milliers de personnes pouvaient emprunter ce moyen de transport pour aller d'un point à un autre. Cependant, au cours du trajet, il comprit que ce train ne traversait pas le pays, mais avait pour principal but de desservir la banlieue de Chicago. C'était une sorte de métro, mais qui circulait à la surface, allait bien plus loin et pouvait transporter bien plus de monde.

Une dizaine de minutes après le départ, un des Aurors avait poussé une exclamation de ravissement – attirant au passage le regard des autres usagers – en voyant apparaître au loin, sur le côté droit du train, les hautes silhouettes des constructions de la Cité des nuages. Celles-ci se rapprochèrent de plus en plus, tandis que, derrière elles, se dessinaient les premières lueurs du jour. Le soleil projetait ses rayons ardents à travers les immeubles, se reflétant sur les vitres. Puis, le train fut plongé dans l'ombre des édifices et le soleil disparut de leur champ de vision momentanément.

La ville se réveillait petit à petit, les premières voitures circulaient sur les plus larges avenues moldues que Ron n'ait jamais vues. Le train passa alors aux pieds des immeubles et tous les Aurors purent se rendre compte de leur taille démesurée : le plus petit d'entre eux devait pouvoir dépasser sans peine la plus importante construction de Londres. Pour la première fois, Ron put voir des constructions encore plus imposantes que Poudlard. Il était persuadé que même Hagrid se serait senti petit.

Ici, tout semblait gigantesque, comme si les américains étaient des êtres deux fois plus grands que la normale. Les immeubles disparurent de leur champ de vision lorsqu'ils entrèrent dans la gare. Le jeune Auror remarqua alors que plusieurs voies convergeaient, puis se divisaient, le long d'un tunnel. Il crut un instant se trouver dans un métro, mais cette impression disparut très vite lorsqu'il vit le quai arriver et longer le wagon sous les fenêtres.

Après un temps qui lui parut interminable, le train s'immobilisa et des chefs de gare ouvrirent les portes. Les passagers se levèrent, prirent leurs affaires et descendirent les marches argentées. Ron s'écarta de la porte, allant de l'autre côté de la voie, et regarda des deux côtés du quai. La sortie se situait à une bonne centaine de mètres sur sa gauche.

Il suivit la foule de gens, essayant de repérer les Aurors dans la cohue de passagers qui se pressaient vers les portes tambours au-dessus desquelles se trouvait un panneau indiquant Union Station. Il passa de l'autre côté de la cloison et arriva dans un lieu totalement différent. Les quais étaient en construction de bêton brut, sans recherche réelle d'esthétisme, alors que la gare éblouissait par son architecture recherchée.

Le sol était recouvert de bandes noires et blanches – sans doute en granit, supposa-t-il – et le plafond était immense… Encore plus grand que celui du Hall de Poudlard. Les murs étaient recouverts soit par des enseignes, soit par des fenêtres. Seuls de petits espaces montraient une structure en bêton, mais là aussi, tout était fait dans une architecture raffinée.

Ron était resté immobile, pétrifié par la grandeur des lieux. Plusieurs passagers lui lancèrent des regards intéressés, le prenant sans doute pour un touriste, avant de continuer leur chemin. Ce ne fut que lorsque Moore lui donna une légère tape sur l'épaule qu'il sortit de sa contemplation. Il constata alors qu'il n'était pas le seul dans son cas.

Lorsque tous les Aurors furent sortis de leurs rêveries, ils suivirent le flot incessant de voyageurs qui se dirigeaient vers la sortie. Le Hall principal de la gare était constitué d'un immense centre commercial et, de nouveau, le jeune sorcier fut impressionné par les lieux. Ils empruntèrent des « escaladeurs » – des escaliers qui descendaient, ou montaient, sans qu'on n'ait besoin de bouger – et il fut l'un des rares à y aller confiant, grâce à Hermione. Puis ils se dirigèrent vers d'autres portes tambours, plus grandes que les précédentes, derrière lesquelles on distinguait une avenue. Ron franchit les portes et fut, une nouvelle fois, assommé. Et cette fois-ci, tous les Aurors ne purent que laisser tomber leur mâchoire au sol.

Qu'importe où ils regardaient, il n'y avait que des tours encore plus grandes que celles vues depuis le train. Il leur était impossible de regarder à hauteur d'homme : tout était vertical. Le bâtiment duquel ils venaient de sortir semblait plus moderne que ses proches voisins, et sa façade était recouverte de verre qui reflétait les autres immeubles.

Ron réussit à décrocher le regard du sommet des immeubles et constata qu'à sa droite, les bâtiments avaient des proportions plus humaines, mais à gauche, ils semblaient être taillés pour les frères de Graup. Sur la rue devant eux, des voitures, des bus, des taxis, des camions, des cyclistes passaient sans se soucier qu'un groupe d'une vingtaine d'individus, sans bagages apparents, regardait leur ville avec un air d'ahuris.

Ce fut alors qu'il vit un homme s'approcher vers eux et il sut tout de suite que cet homme était différent des passants : d'une part, il les regardait fixement, mais d'autre part, il se dirigeait droit vers eux dans le but évident de venir à leur rencontre. Plusieurs Aurors l'avaient aussi remarqué et portèrent leurs mains à la baguette.

« Du calme, temporisa l'homme. Je m'appelle Samuel Neeson. Je suis membre des Magic Services, les…

— Aurors américains, termina Ospicus. Je suis le Directeur du Bureau des Aurors du Ministère de la Magie de Grande-Bretagne. Je souhaite savoir ce que vous faites ici ! Vos supérieurs nous ont affirmé qu'ils ne souhaitaient pas intervenir…

— Et ils n'ont pas bougé de leur position, je vous rassure. Vos Mangemorts seront à vous et rien qu'à vous ! assura l'Américain.

« Non, si je suis ici, c'est pour vous guider jusqu'à la cachette qu'ils occupent actuellement. Chicago est une grande ville et vu vos réactions, je crois qu'il s'agit d'une bonne idée. Êtes-vous déjà venus sur le sol américain avant aujourd'hui ?

— Seulement Washington, répondit Ospicus.

— Ah, D-C ? Il serait temps que j'y retourne un de ces jours, confia le dénommé Neeson. Vous constaterez que cette ville est bien différente… et bien plus belle ! Enfin bref, je crois que nous n'avons pas le temps de faire les présentations. Et je vais vous conduire jusqu'au Lake Point Tower… Nous en avons pour au moins une bonne demi-heure de marche, si ce n'est plus.

— Dans ce cas, mettons-nous en route tout de suite ! » décréta Ron.

Le groupe se mit en route, partant vers la gauche. Ron lut un panneau lui indiquant qu'ils se trouvaient sur Madison Street. Il n'avait aucune idée d'où cela se situait précisément dans la ville et réalisa soudain l'utilité de Neeson. Ce dernier les fit traverser une autre rue et ils franchirent un pâté de maison. Beaucoup d'Aurors continuaient de regarder en l'air, tout en avançant, et Neeson comprit très vite qu'il allait devoir également surveiller à ce que chacun reste sur le trottoir, ce qui ralentit leur allure.

Soudain, une sirène retentit, comme celle d'un passage à niveau, et l'agent des Magic Services leur fit signe de s'arrêter. Puis, à la stupéfaction de Ron, la route se mit à se soulever devant eux, devenant de plus en plus verticale. Il se demanda si c'était un test de la part des américains, mais lorsqu'il vit que les Aurors n'étaient pas les seuls à regarder la route s'élever, il comprit que c'était un phénomène normal. Il perçut alors un léger grondement au milieu des klaxons et le bruit des roues sur l'asphalte.

« C'est un de nos nombreux ponts, expliqua Neeson. Rien que dans le centre-ville, on en compte une bonne quinzaine.

— Tous sont des ponts-levis ? s'enquit Howard Corbridge.

— Sans exception ! certifia leur hôte. C'est nécessaire pour laisser naviguer les navires Moldus. Vous avez de la chance, cela n'arrive qu'une à deux fois par jour généralement. Une frégate annuelle a lieu tous les ans et ils doivent soulever tous les ponts de la ville en même temps. C'est très beau. »

Le pont finit par se rabaisser et la sirène stoppa. La circulation des véhicules put de nouveau reprendre, ainsi que celle des piétons. Mais à peine Ron avait-il mis un pied sur le trottoir, que plusieurs Aurors poussèrent des exclamations d'émerveillement. Il se retourna et vit qu'ils pointaient quelque chose situé sur la rive opposée, sur le côté droit du pont. Il suivit leurs regards et remarqua alors une immense tour noire, surmontée de deux antennes.

Elle était plus haute que toutes les autres tours. En réalité, le jeune sorcier n'avait jamais vu une construction si gigantesque. Il se souvint l'avoir vue en arrivant en train et il se souvint également qu'elle avait une forme particulière : plus on regardait haut, et plus elle paraissait étroite.

« Ah oui. Vous avez vu la fierté de notre ville », constata l'Américain, non sans un sourire blasé. « La Sears Tower ! Le plus haut gratte-ciel du monde, avec ses quatre-cent quarante-deux mètres de hauteur, sans les antennes.

— J'avais cru comprendre qu'il y avait des tours plus hautes en Asie », railla Goodlight.

Il n'obtint comme seule réponse qu'un regard assassin. Ron ne comprit pas très bien la réaction de Neeson. C'est vrai, la presse Moldue qu'Hermione recevait à la maison avait parlé, au début de l'année, d'une tour en Asie – Ron ne se souvenait plus où exactement – qui avait surpassé en hauteur d'autres tours américaines…

Cela ne pouvait que signifier que la Sears Tower devant eux était, au mieux, troisième. Hermione avait commenté cet article, mais Ron ne se souvenait plus exactement de ses termes… Elle avait parlé du fait que les américains étaient très attachés à leurs tours… quelque chose dans ce genre-là.

Neeson avait repris la route sans répondre à Goodlight et, bientôt, ils finirent de traverser le pont. La Sears Tower avait disparu derrière les autres tours. Ils franchirent le pâté de maison et arrivèrent sur Wacker Drive. Ron jeta un coup d'œil sur sa droite et vit que la fameuse tour était réapparue, son toit dépassant tout juste des autres. Ils continuèrent à avancer ainsi, passant au pied d'une immense tour de verre. Des arbres bordaient la route, et Ron apprécia cette première touche de verdure. Mais même si Chicago semblait dominer par le béton et l'acier, elle n'en restait pas moins une ville magnifique. Chacun des bâtiments était sujet d'une recherche architecturale et l'ensemble de ces différents styles rendait le résultat saisissant.

L'Américain restait terré dans son silence. Il continuait à lancer des regards étranges à Goodlight, comme s'il s'apprêtait à lui sauter dessus. Et, contre toute attente, Goodlight semblait jouer de ce comportement en arborant un sourire moqueur que Ron ne lui avait jamais vu. On aurait pu croire que les deux sorciers se connaissaient, mais rien d'autre ne le laissait penser.

Deux pâtés de maisons plus loin, ils traversèrent sous une passerelle, Neeson leur expliquant qu'il s'agissait d'une ligne de métro – celle du Loop en l'occurrence – qui faisait le tour du centre-ville. Lorsqu'ils atteignirent l'autre côté, une rame passa sur la passerelle, provoquant un bruit assourdissant qui couvrit complètement celui de la circulation. Ron, qui n'était pourtant qu'à deux mètres, ne vit que les lèvres de Neeson bouger, sans entendre ce qu'il disait.

Ils franchirent encore quatre autres blocs avant d'arriver sur une avenue nommée State Street, à en croire le panneau. Le jeune sorcier allait traverser, mais Neeson bifurqua à gauche. Plusieurs Aurors faillirent le perdre, le nez toujours perdu dans le sommet des immeubles. Ron vit une bouche de métro et se demanda si leur guide allait les y conduire. Plusieurs Moldus s'y engouffraient, ou en sortaient, mais Neeson continua tout droit.

Le jeune rouquin n'avait aucune idée depuis quand ils marchaient ainsi au milieu de ces tours, et il s'en moquait. La ville commençait à s'animer, tandis que le soleil s'était levé au-dessus de l'horizon. Les dernières étoiles s'étaient éteintes, tout comme les lumières de la ville. Le ciel passait progressivement du bleu nuit au bleu ciel, avec quelques nuages seulement. Ils franchirent deux nouveaux pâtés de maisons lorsque Ron remarqua l'enseigne rouge vif, aux lettres blanches bordées d'ampoules.

« Le Chicago Theatre ! informa Neeson. Il était l'un des lieux les plus importants du cinéma moldu dans la première partie du siècle. Maintenant, il est principalement utilisé pour des spectacles de moindre importance. Mais il accueille toujours autant de spectateurs. Et les sorciers l'utilisent également à l'occasion. En ce moment, ils passent une représentation de la bataille de Poudlard… Très réaliste. »

Un nouveau bruit assourdissant noya les dernières paroles de l'agent des Magic Services. Une autre passerelle se trouvait au bout de la rue. Ils continuèrent leur route, passèrent dessous et arrivèrent de l'autre côté. C'est alors qu'un spectacle surprenant s'offrit à Ron : deux tours jumelles se tenaient un petit peu plus loin, sur leur gauche, émergeant des autres immeubles. Ce qui le surprit, ce n'était pas tant le fait d'avoir une vue si dégagée, mais plutôt la forme des deux tours : en effet, chacune d'elles ressemblait à un épi de maïs. Il constata également que les premiers étages étaient occupés par des voitures.

Lorsqu'ils atteignirent le bout du bloc, Ron remarqua qu'ils étaient arrivés au bord d'une autre rive, que les tours « maïs » avaient les pieds dans l'eau et qu'elles possédaient une marina. Face à eux, se tenait un autre pont.

« Vous voyez la tour avec des arcs-boutants sur le sommet, derrière celle avec l'horloge ? C'est le siège du journal local. Nous y avons également notre antenne du Sorcerers Tribune. Aux pieds de ses murs se trouve des pierres venant de différents lieux célèbres de par le monde. Ce que les Moldus ne savent pas, c'est que plusieurs pierres leur sont invisibles…

— Car appartenant à des édifices magiques, termina Ospicus. J'ai entendu dire qu'il y avait une pierre de Poudlard.

— Provenant de votre grand escalier de marbre, précisa Neeson. Beauxbâtons et Durmstrang ont également la leur. Maintenant, si vous regardez à votre gauche, vous devriez voir un bâtiment en briques beiges avec un toit vert.

— Celui qui est sur l'autre rive ?

— Exactement. Vous serez surpris de savoir qu'il s'agit du plus grand bâtiment sorcier, en superficie, après Gringotts…

— Poudlard est bien plus grand que ce bâtiment, s'offusqua Dean.

— Et tout comme Poudlard, ce bâtiment est bien plus grand à l'intérieur que vu de l'extérieur. Je vous prie de me croire quand je vous dis qu'il est le plus grand, d'autant plus que nous devons en laisser une partie aux Moldus. »

Ils se remirent en route et franchirent le pont. Neeson les mena tout droit sur encore trois pâtés de maisons avant de tourner à droite sur Illinois Street. Ils passèrent sous un pont – routier cette fois-ci. Un peu plus loin, Ron distingua la fameuse tour avec une horloge sur sa droite, dissimulée par les tours avoisinantes. Il constata que de ce côté-ci, la ville semblait moins animée et légèrement plus pauvre. Le béton était maître dans cette rue. Ils avancèrent sur encore deux pâtés de maison, repassant sous un tunnel interminable.

Neeson leur expliqua qu'une grande partie de Chicago était construite sur de longs tunnels routiers qui formaient un vaste réseau sous-terrain. À mi-chemin, Ron surprit deux étranges Moldus qui lançaient des regards soupçonneux autour d'eux avant de… passer à travers une lourde double porte.

« C'est l'entrée du Sorcerers Tribune », expliqua Neeson lorsqu'il remarqua que plusieurs Aurors avaient levé leurs baguettes. « Rangez vos baguettes, nous approchons de la cachette de vos Mangemorts et il est fort probable que, s'ils ont un champ de détection magique, celui-ci porte jusqu'ici. »

Ospicus apaisa son bras lentement et fit signe aux autres d'en faire autant. Ron remarqua que Moore était l'un des rares à ne pas avoir bronché.

Sans doute qu'il avait compris de quoi il s'agissait sans l'aide de Neeson, pensa Ron.

Un peu plus loin, comme pour expliciter les propos de Neeson à propos du réseau sous-terrain, une route partait sur leur gauche, directement à ciel ouvert. C'était comme si un immense pont avait été construit au-dessus de leur tête et que les tours avaient été montées dessus. Puis ils sortirent enfin du tunnel, à la grande joie de beaucoup. Les tours étaient toujours là, mais beaucoup plus espacées, et des arbres poussaient en groupes bien ordonnés.

« Derrière vous, à droite, vous verrez la tour de la chaîne de télévision nationale NBC. C'est également là que nous allons installer la future Télévision Magique Internationale…

— Ce n'est qu'un projet chez nous, se plaignit Philomena Monaghan.

— Ne vous inquiétez pas, rassura Neeson. Elle ne devrait entrer en fonction que d'ici cinq ans. En tout cas, c'est dans ce bâtiment que nous avons établi nos centres de recherches. Le Président du Congrès de la Magie est allé voir le Président Moldu exclusivement pour ça. »

Ils traversèrent la rue face à eux et continuèrent. Chacun avait cessé à présent de scruter les tours et observait la foule – de plus en plus dense – à la recherche d'un visage connu. Ron avait une main en permanence dans sa poche, ses doigts crispés sur sa baguette. Il n'était Auror que depuis quelques mois et on l'avait bombardé responsable d'une opération d'une telle importance. Sentant sans doute sa tension, Moore vint lui poser une main amicale sur l'épaule. Cela relâcha légèrement la pression.

« Nous allons nous arrêter ici », déclara Neeson lorsqu'ils eurent franchi deux pâtés de maisons supplémentaires. « Vos Mangemorts résident dans la tour tout au fond, celle qui a une couleur marron. La Lake Point Tower. Ils sont au quarante-cinquième étage… Rassurez-vous, il y a des ascenseurs pour monter en haut », ajouta-t-il en voyant les mines déconfites des Britanniques. « Elle est résidentielle, principalement, ce qui fait que vous aurez encore beaucoup de Moldus dans leurs appartements respectifs. Elle est la dernière tour de la rue.

« Un peu plus loin, vous tombez sur le lac Michigan. Il se trouve derrière Lake Shore Drive, à l'ouest de la rue. Il doit y avoir un espace d'environ cinquante mètres entre les deux, un parc avec une piscine.

« Au nord et au sud de la tour, un parc également, au nord vous tombez sur Ohio Street Beach. Une centaine de mètres plus loin, au sud, c'est la Chicago River au pied de la tour, ou presque. À l'ouest de la tour, vous avez le Navy Pier.

« Il est encore tôt, mais les touristes vont bientôt affluer. Vous devez avoir un espace d'une centaine de mètres là aussi, un parc de nouveau…

— En gros, nous serons à découvert sur trois cent soixante degrés, résuma Ron.

— C'est vous qui l'avez dit. La circulation est encore fluide à cette heure, la foule peu dense. Ne pas vous faire repérer va être difficile, mais il est possible qu'ils dorment encore.

— Merci pour ces informations, intervint alors Ospicus. Maintenant, nous nous débrouillerons seuls. Nous vous demandons simplement de vous tenir prêt à contrer une panique des Moldus et, éventuellement, devoir préparer vos équipes de Men in Black1.

— Pas de problème. Si vous voulez encercler la tour, vous devrez prendre la prochaine à gauche, puis tourner sur Grand Avenue, informa Neeson. Nous avons posé un sortilège d'antitransplanage sur toute la ville, en prétextant la venue du Président Magique.

— Nous savons faire notre travail », trancha Ospicus.

Neeson fit un signe de tête puis repartit par là où ils étaient arrivés. Les équipes se formèrent et chacune prit la direction de la tour. À l'intersection indiquée par Neeson, la moitié d'entre elles tournèrent à gauche tandis que les autres continuèrent. Ron vit la tour se rapprocher au fur et à mesure qu'ils avançaient et, plus elle grandissait dans son champ de vision, plus ses tripes se faisaient lourdes.

Il ne leur fallut que quelques minutes pour rejoindre le pied de la tour. Le groupe d'Aurors entra sans déclencher une quelconque alerte. Ils trouvèrent rapidement les ascenseurs, sous le regard intrigué des occupants. Chacune des équipes put entrer, mais ce fut seulement grâce à Ron qu'ils purent monter – en effet, chez les Moldus, il fallait appuyer sur des boutons pour les faire fonctionner – et chacune des équipe descendit là où elle devait descendre. Quatre équipes se partagèrent le quarante-cinquième étage, une autre s'arrêta à l'étage précédent et une autre continua à l'étage suivant.

Le jeune Auror prit la tête de son groupe et se dirigea vers un des trois couloirs qui s'offraient à eux. Tous préparaient leurs baguettes et avançaient prudemment, à la recherche de la moindre trace de magie qui pourrait trahir les Mangemorts. Ron communiqua via son miroir communiquant son avancée aux autres équipes afin que toutes soient coordonnées. Ils arrivèrent au bout du couloir principal, moins de trente mètres plus loin. Aucun signe suspect.

Ils rebroussèrent chemin et s'engagèrent dans le couloir sur leur droite, mais ne repérèrent rien de plus. Sachant qu'il ne restait plus qu'un couloir, Ron se prépara au combat et s'avança. Une porte s'ouvrit. Tous les Aurors se raidirent lorsqu'ils virent un vieil homme sortir d'un appartement au bout du couloir. Celui-ci ferma sa porte puis remarqua soudain les Anglais lorsqu'il releva la tête.

Il devait avoir au moins quatre-vingts ans. Il portait une longue veste grise et un vieux chapeau marron. Le Moldu regarda, stupéfait, l'escouade face à lui, prête à l'immobiliser, avant de reprendre lentement son chemin, les mains dans les poches…

« C'est l'un d'eux ! » hurla Ron.

Sitôt, les sortilèges fusèrent sur le vieil homme, qui se jeta à terre pour les esquiver, et allèrent mourir contre la porte du fond. Le fracas sembla ameuter tous les occupants de l'étage : les Moldus sortirent en hurlant tandis que les Mangemorts vinrent prêter main forte à leur camarade. Ron reconnut les visages de Montague et de Parkinson.

Le duel qui s'en suivit fut dévastateur pour le couloir : en moins de deux minutes, toutes les portes avaient été éventrées et le couloir était jonché de corps inanimés. Plusieurs Aurors s'étaient effondrés sous le coup d'un sortilège de la Mort, ainsi que des Moldus. Cependant, la surprise de l'attaque eut raison des Mangemorts et ces derniers se replièrent dans leur appartement.

Certains avaient essayé de transplaner sans succès – l'un d'eux s'était même désartibulé –, tandis que d'autres avaient tenté de fuir par les étages d'au-dessus et d'en-dessous, en éventrant plafond et plancher. Mais ils étaient tombés sur les équipes d'Aurors. Ron, suivi de près par Ospicus et Moore, se précipita vers l'appartement.

Il entra en trombe à travers la porte pulvérisée et se jeta à terre juste à temps pour échapper à un jet de lumière verte qui alla se terminer contre un extincteur du couloir. Ce-dernier explosa et les recouvrit tous de mousse. Un autre Sortilège de la Mort loupa Moore et déclencha un incendie dans un appartement situé dans une autre branche de la tour. Ron se releva, mais fut projeté immédiatement à travers le mur et retomba dans le couloir.

Les Mangemorts lançaient salves de sortilèges sur salves, empêchant toute approche. Ils avaient pris position dans leur appartement et pouvaient couvrir l'entrée – et le trou que venait de creuser Ron – sans se découvrir. Les Aurors encadrèrent ces ouvertures, tentant d'atteindre leur cible, sans succès.

Soudain, un sortilège jaillit d'un autre appartement et le jeune Auror fut pris dans un feu croisé. Il commença à se replier vers les ascenseurs pour tenter d'être à couvert dans l'un des appartements.

« ARME MOLDUE ! ARME MOLDUE À DIX HEURES ! » hurla Goodlight lorsqu'un Moldu d'âge mûr sortit de chez lui avec un énorme fusil de chasse.

Il fit feu à plusieurs reprises sur les Aurors et l'un d'eux ne put parer assez vite le coup. Sa tête explosa en une gerbe de sang. Le Moldu, rechargeant son arme, s'avança dans le couloir, en évitant les sortilèges, et se mit à couvert derrière un bloc de pierre. Il fut rejoint par un autre Moldu, armé d'un fusil plus petit, tandis que deux autres tentaient de maîtriser l'incendie qui ravageait déjà trois appartements.

Le Moldu fit alors feu en direction de l'appartement où se terraient les Mangemorts. Il tenta une entrée mais à peine fut-il devant l'encadrement de la porte qu'il disparut dans une violente explosion qui secoua toute la tour. L'onde de choc balaya tout l'étage, recouvrant les Aurors de poussière. Ron s'était mis à couvert juste à temps derrière un mur, mais il sentit un projectile lui frôler la tempe. Il resta immobile quelques instants avant de s'avancer, suivi de Dean, dans le couloir, prêt à l'attaque

Il vit un autre rayon fuser droit vers lui à travers l'épais nuage de poussière et l'évita en se jetant sur le côté. Le rayon frappa le sol à quelques centimètres de Dean et soudain, Ron se sentit chuter. Il atterrit violemment et en eut le souffle coupé. Il avait essayé d'amortir sa chute avec ses bras, mais ceux-ci avaient fléchi. Pire, il sentit une vive douleur sur celui qui avait été désartibulé lors de la chasse aux Horcruxes. Le jeune sorcier se releva péniblement, essayant de reprendre sa respiration, tenant son bras près du corps. Il se mit à genoux et releva la tête.

Le plancher du couloir semblait avoir cédé sur près de la moitié de sa longueur, un des Aurors de l'équipe resté à l'étage inférieur vint l'aider à se relever. Le nuage était encore plus épais et seules les flammes de l'étage supérieur émettaient une source de lumière orangée, donnant un aspect rougeoyant aux couloirs. C'est alors que Ron vit des silhouettes se précipiter vers eux.

« Stupefix ! » lança-t-il.

Les Mangemorts lui répondirent et il se jeta derrière le mur d'un appartement, l'un des derniers relativement intact. Les autres Aurors ripostèrent à leur tour. Deux nouvelles silhouettes jaillirent du nuage, tentant de faire un passage en force. Le jeune rouquin en stupéfixa l'une d'elles, qu'il reconnut comme étant Augustus Rookwood. La deuxième réussit à passer au travers du mur des Aurors mais avant qu'elle ne franchisse la porte menant aux escaliers, Dean se jeta dessus et la plaqua au sol.

La silhouette fit un mouvement du poignet et projeta Dean à travers le couloir, mais avant qu'elle ne fasse un mouvement supplémentaire, pas moins de sept sortilèges de Stupéfixion la frappèrent en pleine poitrine. Ron s'approcha du corps inanimé et reconnut Blaise Zabini. Un appartement s'ouvrit alors sur sa droite et il vit un Moldu sortir, muni, lui aussi, d'une arme à feu. Il para instinctivement le projectile à l'aide d'un sortilège et immobilisa le Moldu avec un sortilège du Saucisson. Il entendit une personne hurler son nom, avant qu'une immense colonne d'eau ne s'abatte sur lui, le submergeant totalement.

Lorsqu'il réussit à ressortir de la masse d'eau, le combat avait gagné en intensité. Désormais, le couloir s'était effondré sur plus de trois étages par endroits et un immense incendie dévorait toute une branche de l'immeuble. Les hurlements de terreur des femmes et des enfants, de fureur de leurs maris et les ordres donnés par les deux factions, terminaient de plonger la tour dans le chaos le plus total.

Ron plongea sur le côté, glissant sur la flaque d'eau qui recouvrait à présent le plancher, pour éviter un sortilège lancé d'un des étages supérieurs. Son bras le lancinait toujours autant. Il jeta un rapide coup d'œil dans le couloir et vit que les Aurors s'étaient regroupés au fond de celui-ci, à l'abri de la pluie de sortilèges qui s'abattait sur eux.

Le jeune sorcier essaya de se mettre à couvert en se collant le plus possible contre un mur. Il ne pouvait plus bouger, de peur d'entrer dans une ligne de mire. Il vit un des Aurors se précipiter vers lui. Ron le regarda et reconnut Alfred Rhydderch, l'ancien binôme de Dean. Rhydderch était arrivé à la moitié du couloir lorsqu'un un sortilège le frappa en plein sur le crâne et il disparut dans une gerbe de sang et de chair, recouvrant les murs.

Il resta quelque secondes totalement horrifié par ce qu'il venait de voir, n'en croyant pas ses yeux. Tout ce qu'il restait de l'Auror, c'était ses pieds. Un éclat de rire sadique s'éleva d'un des étages supérieurs, tandis qu'un cri déchirant transperça ses tympans.

Une des filles de sa promotion, Kristen Corbridge, hurlait à mort devant le corps de son ami… ou de bien plus. Ron n'avait pas revu ses anciens camarades depuis l'obtention de son diplôme, mais de toute évidence, un couple s'était formé. Dans un appartement de l'autre côté du couloir, à l'étage supérieur, il crut discerner Dolohov s'y engouffrer, suivi de près par deux Mangemorts. Il pointa sa baguette face à lui et pulvérisa le mur.

Aussitôt les sortilèges s'abattirent tout autour de sa position. Prenant une grande inspiration, il se jeta au travers et déboula à l'intérieur de l'appartement. Il crut sentir un sortilège lui brûler le mollet. Il roula en boule et se releva, prêt à parer toute attaque. Mais l'appartement était vide. Il pointa alors sa baguette vers le plafond et le fit s'effondrer de façon à créer une rampe.

Une fois remonté à l'étage supérieur, Ron arriva derrière un groupe de Mangemorts qui ne l'avaient pas remarqué. Il réussit à en stupéfixer deux, mais le troisième se retourna et Ron se cacha juste à temps pour échapper au Sortilège de la Mort qui lui était destiné. En se relevant, il envoya un sortilège d'Expulsion en direction du Mangemort et il vit Nott fils traverser le couloir dans un magnifique vol plané.

Ron ne chercha pas à savoir s'il avait réussi à neutraliser son adversaire et sortit dans le couloir. Mais il regagna immédiatement l'appartement qu'il venait de quitter. Visiblement, les Aurors avaient pris position au niveau des ascenseurs et essayaient de forcer le barrage formé par les Mangemorts, juste devant leur appartement. Il réfléchit à la meilleure solution qui s'offrait à lui. Dolohov s'était retranché dans l'appartement du fond, sans doute en possession du sceptre. Bletchley devait se trouver avec lui, Ron ne l'avait toujours pas vu.

Passer par le couloir était impossible à moins d'avoir la taille d'un Billywig. Il ne restait qu'à traverser en passant par les appartements. Ron s'éloigna du couloir, puis pointa sa baguette contre la cloison face à lui. Il la fit voler en éclat et pénétra dans l'appartement. Il y découvrit une famille de Moldus affreusement mutilés… Les Mangemorts s'étaient acharnés sur les petites filles et le jeune Auror s'en éloigna le plus rapidement possible, en essayant d'oublier la vision de leurs troncs décapités et amputés. Il arriva à la cloison le séparant de l'appartement suivant. Il fit, là aussi, voler le mur en éclats.

Cette fois-ci, plusieurs Mangemorts avaient pris position dans l'appartement et tentèrent de le repousser à l'aide d'un Sortilège de la Mort. Mais la vision des petites filles, encore bien présente à l'esprit, Ron envoya un puissant sort d'explosion qui balaya l'intégralité de la pièce. Il vit un des Mangemort passer au travers de la fenêtre et tomber dans le vide dans un hurlement. Il traversa l'appartement et pulvérisa la cloison suivante.

Face à lui, se tenait alors Dolohov, entouré de Jugson et Selwyn. Ce-dernier tenait dans ses mains le sceptre de Mulcahy. Tous restèrent quelques secondes immobiles, se regardant dans les yeux. Ce fut alors que Harper et Goyle, entrèrent dans l'appartement avant d'être stupéfixés. Quelques instants plus tard, Ospicus, suivi de Klein et Doubt, entrèrent baguettes levées. Selwyn donna le sceptre à Dolohov puis lança une flopée de sortilèges. Jugson en fit de même tandis que Dolohov fit voler en éclat la fenêtre derrière lui, dans laquelle Ron eut un magnifique panorama de la ville, et sauta dans le vide.

Pris dans un élan de témérité, le jeune Auror se précipita à la suite du Mangemort en se jetant par la même fenêtre. Il vit Dolohov se redresser au ras de la surface de l'eau, sous le regard ébahi des passants. Alors qu'il tombait à toute vitesse, Ron dégaina son balai de sa hanse, lui redonna sa taille normale, l'enfourcha et réussit à éviter la catastrophe de quelques centimètres. Le choc de la manœuvre lui décocha une nouvelle grimace de douleur.

Le Mangemort lança un sortilège dans son dos, sans viser. Ron réussit à l'éviter largement, mais à peine s'était-il remis à la poursuite du Mangemort, qu'il entendit une violente explosion déchirer le sifflement de l'air dans ses oreilles. Il regarda derrière lui et vit avec horreur qu'une partie de la tour avait littéralement disparu. Il la vit s'ébranler puis commencer à basculer.

Comme dans une vision catastrophe, il contempla la tour s'effondrer sur elle-même, avec tous ses occupants. Seule une des branches de la tour resta en partie debout, mais le reste disparut dans un immense nuage de fumée et de gravats. Soudain, Ron sentit son balai faire une violente embardée et il perdit le contrôle quelques instants. Il réussit à éviter le crash à quelques centimètres – il sentit même ses genoux effleurer la surface du lac – et se reconcentra sur Dolohov qui s'éloignait de plus en plus.

Pour une raison inconnue, ce dernier se dirigeait, non pas vers le lac, mais vers la ville. Ron fit accélérer le balai du mieux qu'il pouvait et se faufila entre les tours, à la poursuite du Mangemort. Celui-ci lançait des sortilèges qui ratèrent largement sa cible, mais provoquèrent des dégâts importants dans les rues de la ville. Puis Dolohov prit un virage en tête d'épingle et fonça droit sur Ron, qui dévia le sortilège qui lui était destiné avant d'éviter la collision. Il fit demi-tour et se remit à la poursuite de son adversaire, qui se dirigeait à présent vers le lac Michigan. Il se rapprochait de plus en plus, il pouvait presque toucher les brindilles de son balai. Dolohov lança un sortilège qui passa à quelques millimètres de l'oreille gauche de Ron, qui dévia sa course pour s'éloigner du Mangemort, puis lança un sortilège de Stupéfiction. Il rata Dolohov, mais son sortilège atteignit le balai.

Ce dernier freina brusquement, projetant son utilisateur au sol. Le jeune Auror vit le sceptre s'échapper des mains de Dolohov, tandis que ce dernier tombait en direction d'un bâtiment de style romain. Le balai, quant à lui, resta suspendu en l'air.

Ron réussit à attraper l'artefact des Vampires avec sa main gauche, la droite maintenant le balai. Puis il se dirigea vers l'endroit ou Dolohov avait disparu. Apparemment, il s'était écrasé sur le toit du bâtiment romain. Mais à peine fut-il arrivé à une dizaine de mètres, qu'il perdit une nouvelle fois le contrôle de son balai. Mais cette fois-ci, il s'écrasa à la surface du lac.

Le choc l'éjecta du balai et il sentit sa baguette et le sceptre lui échapper des mains dans un hurlement de douleur. Il resta sous l'eau quelques secondes, son corps endolori, paralysé de toutes parts. Puis, il commença à manquer d'air et, dans un ultime effort, il regagna la surface. Il reprit son souffle, essayant de maintenir sa tête hors de l'eau. Il tenta de se repérer, essayant de reconnaître l'endroit où il se trouvait.

Des passants l'observaient avec un air intrigué, leurs regards à mi-chemin entre l'amusement et la peur. Ron repéra son balai et le sceptre qui flottaient négligemment au gré des vagues, à quelques brasses de lui, mais ne trouva pas sa baguette. Il repéra le bâtiment – qui était le Field Museum à en croire la gigantesque affiche sur sa façade – sur lequel se tenait auparavant Dolohov. Mais il n'y était plus.

Le jeune Auror chercha frénétiquement tout autour de lui, projetant de l'eau. Plusieurs passants pointèrent alors quelque chose vers le ciel, au large du lac. Ron suivit leurs regards et vit une petite silhouette s'éloigner rapidement de la ville. Puis elle disparut.

1 Équivalent américain des Oubliators. Les Hommes en noir (leur nom français) font parties de la culture américaine et ufologique. On les retrouve souvent dans les histoires de complots, où leur but est d'empêcher le grand public d'apprendre l'existence des extraterrestres (sur quoi joue justement les comics et les films qui s'en inspirent).