- Merci à Ma-chan pour sa review ! rolalala notre adjoin a.k.a un paquet de Kleenex ambulant (pour les larmes ou le sang) a eu du taff avec ton si joli commentaire! on fait ce qu'on peut pour que cette histoire soit divertissante et aussi vous transmettre cet attachement qu'on a pour les poulettes * coucou Lilly et Akiki* donc merci vraiment, ton retour nous a vraiment touché. Et hahaha pour la fixation de Lilly pour le chiffre 3, hum hum ... disons qu'elle a squatté ses parents en mode glue (le stade au-dessus de "Lilly-koala") et donc elle a vu le monde "à 3" avec ses deux parents (c'est siiii rare). OMAGAD, le couple de Sabo est un réel danger pour nos narines, mais comme on aime souffrir, ils reviendront ;P Niarf, si tu savais combien cette fin m'a coûté * Klee Klee ! vient viiiiiiiiite* mais c'est un passage oublié pour eux, et d'ailleurs, on a choisi de posté ce chapitre BONUS (oui toujours en majuscules^^) à ce moment parce qu'il va (en plus de vous faire saigner du nez hein) vous donner des petites pistes concernant les sentiments des garçons et notamment, comme Luffy va gérer ce que lui a dit Lilly.

Voilà j'espère que la réponse a été à la hauteur de ta charmante review ! En tout cas merci encore de nous suivre, ça compté énormément pour nous. !

N'hésitez pas à nous faire un retour sur vos impressions / cris de paniques / hémorragies nasales (on prend tout) ! Plus ont est de fous, plus on rit !.

Pour ce qui est du traditionnel commentaire de début de chapitre, c'est moi LCDAH qui m'y colle ! Pour autant, petite modification, ce n'est pas un chapitre du PV des filles mais bien des garçons ! Mouhahahha ! comme c'est un BONUS on s'est permis de sortir un peu des rangs et de remonter dans le temps. On a remarqué que le chapitre sur le Cinéma vous avez bien plus donc on s'est dit qu'on allait faire la suite de ce chapitre du point de vue des garçons. ça a été pour eux un moment charnière, comme un début de prise de conscience ou une affirmation de leurs sentiments, chacun à leur manière.

Donc pour ce petit bonus vous retrouverez les filles mais du point de vue des garçons ! C'était assez émouvant de nous mettre dans leurs jolies têtes ! J'espère que ça vous plaira ! Je vous laisse donc dans les bons soins de notre Luffy international !

Bonne lecture, merci de continuer de nous suivre et vous retrouverez notre Tartine préférée en fin de chapitre !

Prenez soin de vous !


Chapitre BONUS :

Le cinéma (2)

Point de Vue de Luffy :

- Tu aurais pu raccompagner Lilly !

Je sens le poing de Nami sur mon épaule. J'ai mal au ventre.

- Gnom ! Trop bon !

La nourriture glisse dans ma gorge et j'ai l'envie furieuse de me remplir la panse pour écraser ce poids qui pèse de plus en plus lourd. J'englouti encore plus, ça devrait passer, ça passe toujours.

- Gyaaaa… !

- Luffy, t'es un vrai goinfre, buark.

Ace et Akira sont déjà partis.

Je me vautre dans le sable frais, le vent marin vient couvrir ma peau de frissons. J'ai le ventre plein, c'est le pied.

J'enfouie mes orteils dans le sable et quelques crabes viennent courir sur le rivage. La mer vient et s'en va, un jour je m'en irai aussi. Au-delà des côtes, au-delà des falaises, là où aucun autre n'a encore posé son regard. J'irai voir des centaines de couchers de soleils, et deux fois plus de levés du jour.

- Shishishiii.

Tout va bien.

Mes amis sont là et j'aperçois les contours de mon rêve.

Tout va bien.

Alors pourquoi j'ai toujours ce poids en moi, cette boule qui me pèse sur le ventre ou qui m'enserre la gorge ? J'ai tout pourtant.

Mes doigts frôlent la surface granuleuse du sable, je les effleure à peine et les caresse, mais ce n'est pas aussi doux. Je m'assoie face à l'océan qui renferme toutes mes espérances et pourtant, il faut l'admettre, le seul espoir qui me vient à l'esprit n'a rien à voir avec lui. Derrière ses remous salés, ce sont d'autres ondulations que je cherche. Désespérément.

L'amertume s'écoule à nouveau dans ma bouche et je sens mon cœur devenir fébrile, comme si le moindre battement, lui était douloureux.

- Rhaaaaa … j'vous laisse les gars, je vais aller marcher.

Les mains dans les poches j'avance dans ma ville, là où je connais chaque recoin, j'ai tellement couru et dévalé ces pavés, avec mes frères ou mes amis. Tous ceux qui ont toujours été proches de moi, tous ceux qui ne me quitteront jamais. Avec tant de visages que je ne connais pas mais qui se ravissent de l'idée de partage ensemble un petit moment. Tout est si évident. Les gens se rallient à ma cause, inévitablement, mon rêve est si grand qu'il peut englober tout le monde.

Il est tard, les gosses sont déjà couchés. A leurs âges, nous serions encore en train de pêcher ou de consolider la cabane perchée dans mes arbres, celle dont on avait rêvé et qu'on s'était juré de terminer. Un refuge pour la famille qu'on s'est composé. Aujourd'hui, j'ai toujours mes frères mais j'ai un rêve, à moi, seul. Alors pourquoi j'ai tant envie de le partager ? Pourquoi il me semble presque insuffisant pour me faire frissonner.

Parce que j'ai connu d'autres frissons ?

Pourtant j'en ai touché des peaux, autres que les miennes. J'ai donné des frissons faciles. Tout était évident, acquis. Peu importe comment elles s'appelaient, c'était presque toujours le même schéma que je consommais, sans saveur particulière.

Adossé au mur de notre dernier baiser, de la fin de ma dernière histoire, je me demande si pour toi aussi c'était si facile. Pour moi ça l'était, notre histoire était si facile qu'elle ne m'a rien fait, elle m'a juste m'occupé. A passer le temps avant que je prenne le large. Je pensais que tu serais ma dernière petite amie.

Mais maintenant… tout est différent.

Adossé au même mur, c'est moi qui suis largué. J'ai mal au ventre et la gorge nouée quand elle n'est pas là, et j'ai le cœur serré quand elle est là. Après toutes ces histoires, j'apprends seulement que l'amour peut être difficile. Je me demande si ces autres filles étaient comme je le suis aujourd'hui : le cœur lié.

Pour la première fois j'ai des envies frénétiques d'être avec quelqu'un, de la voir, de la toucher. Je ne supporte aucun rejet, comme si j'avais besoin qu'elle soit à moi tout en sachant très bien qu'elle refuserait de prendre ma main tendue.

Impossible de la laisser seule, parce que c'est sans doute à moi qu'elle manque le plus. C'est moi qui suis comme un con en bas de sa fenêtre, de sa chambre éteinte à prier pour qu'elle fasse de beaux rêves. Et à espérer en faire partie.

- Shishishi.

Ce monde est rempli de promesses, de lendemains nouveaux et de frissons, d'aventures.

Mes doigts glissent sur le clavier de mon téléphone et je tape un énième message que je n'enverrai pas :

« Dors bien, ma Lilly. »

« Est-ce que tu rêves de moi ? »

« Tu étais si jolie ce soir. »

« Comment ta peau peut être aussi douce ? »

« Tu m'as bavé dessus. »

Mais je supprime systématiquement les messages avant de les envoy…

HEIN ?

La touche « effacer » ne fonctionne pas, et pourtant je vois mon message… dans le fil de conversation… IL S'EST ENVOYE ?

Une petite lumière s'allume dans la chambre de Lilly, probablement l'éclairage de son téléphone. Elle ne dort pas.

Merde, c'est quoi le message qui est parti ? « Tu m'as bavé dessus ». Mon téléphone glisse de mes doigts et vient s'écraser sur le sol. Elle l'a lu. Dans sa chambre, la petite lumière est toujours allumée, un flash lumineux illumine sa chambre. Je vais enterrer mon téléphone, au pire, si elle me demande, je dirai que je me le suis fait volé, ou alors que je l'ai perdu.

- Rhaaaaa …

Quelle connerie.

Faut que je me tire, les voisins vont finir par m'entendre et je…. ELLE M'A REPONDU.

Je repêche mon téléphone à toute vitesse pour le déverrouiller et lire sa réponse.

« Et toi tu m'as fait des nœuds »

Sous ces mots je reçois une photo, celle de la tresse de je lui ai fait dans les cheveux pendant qu'elle dormait contre moi au cinéma. Je vois ses cheveux déposés sur son oreiller.

- Shishishiiiii !

Je suis pas peu fier de moi, elle est particulièrement réussie.

« En plus elle est moche. »

- Quoi ? N'importe quoi !

Je pianote à toute allure.

« Garde la et ne l'enlève jamais ! »

Les yeux levés vers sa fenêtre, une lumière plus forte dure plusieurs secondes puis je reçois un nouveau message. Une vidéo.

Je lance et je vois la nuque de Lilly, je vois ses doigts fins qui glissent sur la mèche de cheveux et qui défont petit à petit la tresse. Puis je vois ses yeux scintillants et ses lèvres qui sourient avec toute la provocation et le piquant qui la caractérisent. Impossible de rester impassible, mon sang boue et je fais un gros effort pour ne pas commencer à escalade sa façade. En pleine nuit comme ça, je pense que ça ne se fait pas, à la place je décide de l'appeler.

La tonalité résonne et je vois la petite lumière luire dans sa chambre. Inconsciemment je me suis rapproché du bâtiment et je sursaute quand j'entends sa fenêtre s'ouvrir.

Elle décroche et j'ai tout juste le temps de reculer et me planquer derrière un buisson un peu plus loin avant de répondre.

- Oï !

Elle referme la fenêtre derrière elle et s'assoie sur le rebord de sa fenêtre, elle est si petite. Sa longue chemise de nuit blanche luit à la lumière de la lune, et ses cheveux scintillent comme s'ils étaient constellés d'étoiles, comme un ciel nocturne.

- Elle était pas belle.

J'entends sa voix tout contre mon oreille et je la vois de mes yeux. Mes sens entrent en ébullition et j'écrase des feuilles dans mon poing.

- Je t'en referai d'autres.

Je chuchote pour qu'elle ne m'entende pas. Un sourire se dessine sur son visage. Elle penche sa tête sur son épaule.

- Pas question.

Elle dit ces mots en souriant.

- Je t'apprendrai à en faire avant. Histoire que tu ne me bousille pas les cheveux.

Elle détend ses jambes dans le vide et sa chemise de nuit glisse sur sa peau au gré de la brise nocturne. Mes yeux dévorent chaque partie de cette vulnérabilité qu'elle ne m'a jamais dévoilé, de cette douceur secrète qu'elle cache aux autres. Quelque part je suis ravi qu'elle n'affiche pas ce visage à tout le monde, j'aimerais être le seul à pouvoir la voir ainsi. Mais je voudrais la voir de plus près encore.

- Pourquoi tu ne dors pas, t'as dit que tu étais fatiguée.

- J'étais fatiguée, c'est toi qui m'a réveillé.

- Viens dormir contre moi.

Mon cœur tambourine dans ma poitrine, mais j'ai besoin de savoir. J'avais, depuis le début, le sentiment que son hostilité n'était que de façade. Les simples mots balancés le jour de son arrivée n'allaient pas avec les peluches alignées et la bienveillance qui se dégageait de sa chambre. Comme si elle bluffait, qu'elle était toujours prête à tout perdre.

Assise sur le rebord de sa chambre, elle se mord les lèvres et lèves les yeux au ciel, s'en remettant aux étoiles pour trouver la force de repousser encore. Je sais qu'elle me dira non, elle ne dit que ça.

- J'ai fait une erreur, ça ne se reproduira plus.

C'était prévisible.

Sa voix sort de sa bouche mais pas de son cœur.

- Pourquoi ? T'étais pas bien ?

Je la vois soupirer et faire courir ses doigts sur son épaule, là où j'avais posé ma main.

Qu'elle me mente encore, je n'y croirai plus.

Moi j'ai encore la sensation de son corps contre le mien, je me souviendrai toujours de son visage si détendu, on aurait dit une enfant aux joues rosies par la chaleur. Vulnérable et pourtant ses lèvres entrouvertes étaient la chose la plus désirable sur laquelle mes yeux ne s'étaient jamais posés. Ses mains si petites qui s'engouffraient sous mes vêtements et déclenchaient des frissons en chaîne à chaque contact avec ma peau. Son corps est un gouffre à dopamine et adrénaline tellement le mien réagit. J'ai passé la séance à apprendre son odeur, celle de sa peau et celle de ses cheveux. A l'abris des regards j'ai déposé un baiser sur son front, elle était tout contre moi, et j'en veux encore.

Les yeux fermés, la tête renversée contre la façade de sa maison, elle sourit en me répondant.

- Non.

J'aurai dû laisser ma marque sur sa peau pour l'empêcher de me mentir. Mais peu-importe, l'air qu'elle affiche cette nuit va à l'encontre de ce qu'elle veut bien laisser entendre. Je suis heureux de le savoir. La voie jusqu'à son cœur n'est ni évidente, ni facile mais je ne la laisserais à personne d'autre.

- Tu devrais rentrer, tu vas attraper froid.

Luisante comme une étoile, compte pas sur moi pour lâcher l'affaire.

- Ça va il fait bon…

Puis elle se redresse, les doigts agrippés à son téléphone elle balaye la rue des yeux mais ne me voit pas.

- Shishishiiii. Bonne nuit Lilly.

- Attend !

Je raccroche tandis qu'elle continue de me chercher des yeux, le téléphone toujours posé contre son oreille.

Tu as l'air d'avoir si peur qu'on te voit, telle que tu es sans ta muraille de défense. Je ne sais pas ce que tu protège mais ne t'arrêtes pas. Continue de te protéger des autres, qu'ils continuent de te croire, je préfère être le seul à savoir ce qu'il y a derrière tes défenses.

Je fais quelques pas pour quitter la rue de l'autre côté, les mains dans les poches je me sens plus léger. Le chemin jusqu'à la maison ne m'a jamais paru aussi court, j'ai hâte d'être demain et tous les jours qui vont suivre.

La lumière de la chambre d'Ace est éteinte et sa porte est fermée.

Je rentre dans la mienne et me lance sur le lit. Je sors mon téléphone de ma poche pour retrouver la photo prise par Akira un peu plus tôt.

Dors bien Lilly, repose-toi, parce qu'on vivra des aventures toi et moi, j'en suis certain.

La douleur dans ma poitrine a laissé place à l'excitation. J'enfonce ma tête dans mon oreiller et mon téléphone vibre à côté de moi. Un message de Lilly : « J'ai rêvé ou tu m'as raccroché au nez ?! J'espère pour toi que tu es bien chez toi ! à dormir, ou à manger (ne touche pas aux restes de curry, je suis pas certaine que ce soit bon réchauffé). »

Puis un autre message : « Bonne nuit, à demain. »

- Shishishiii, omoshire

Point de vue d'Ace :

Je louche sur ma glace en pot dépourvue de cuillère. Ah. Ça c'est un problème. Crimson-san me l'a empruntée pour pouvoir goûter à ma crème glacée et ne me l'a pas rendue. Je parcours notre groupe des yeux. Cette fille est visible à des kilomètres. Du coup il me faut une demie seconde pour saisir qu'aucune crinière rouge n'est dans les parages.

- Quelqu'un sait où s'est carapatée Crimson-san ?

- C'est maintenant que tu atterries, toi ? me rouspète Nami en soupirant. Elle raccompagne Lilly chez elle, elle revient après.

- Oh.

Newgate-san n'avait pas l'air dans son assiette avant de partir. Je ne sais pas si les autres l'ont senti mais moi j'ai reconnu cet air. Celui de se sentir étranger à un groupe, d'avoir l'impression de ne pas mériter la sympathie des autres. Je suis certain qu'elle s'est amusée durant cette soirée, son enjouement était flagrant. Toutefois, les vieux démons finissent toujours par refaire surface. Depuis le cours de Navigation de ce matin, je sais à présent que nous souffrons tous les deux d'un mal-être quasiment semblable. Ce qu'elle m'a dit m'a fait l'effet d'un électrochoc. Rarement je me suis senti aussi compris. Et malgré ça...

Je fronce les sourcils et laisse mes yeux naviguer sur l'océan qui nous borde. Quelle merde... Partout où je vais et qu'importe l'heure, le visage de mon père sur son avis de recherche vient toujours me hanter. Je ne parviens pas à me défaire de ce lien de sang qui m'enchaîne à lui et à ce qu'il a fait. C'est comme un boulet accroché à mon cœur et à ma conscience que je traîne sans cesse. Je...

Une violente frappe dans mon dos menace de me faire basculer vers l'avant.

- Dis Ace, tu la manges ta glace ?

- Luffy ?!

Qu'est-ce qui lui prend ?! D'habitude il ne prend pas le peine de demander notre autorisation. J'arque un sourcil. A bien y regarder ses yeux manquent d'éclats. Je ris intérieurement. Quelle connerie de dire ça alors qu'il fait nuit ! Je sais pas mais... Y a quelque chose qui cloche chez lui. Mon attention se déporte vers ma glace en pot qui est toujours snobée par sa cuillère. J'aurais dû prendre un cornet de glace comme les autres. Je m'apprête à lui passer lorsqu'un souvenir m'assaille. Celui de Crimson-san qui goûte allègrement ma glace en utilisant ma cuillère. N'importe quelle fille aurait hésité avant de partager le même couvert qu'un garçon. Mais pas elle. C'est fou ce qu'elle m'étonne de jour en jour. Et son grand sourire, tel un croissant de lune, qui fait remonter ses pommettes. « C'est la meilleure glace que j'ai jamais mangée ! ». Il lui en faut peu à cette fille pour être ravie. Sur ce point elle égalise avec Luffy.

Je décale le pot de crème glacée que le frangin s'apprêtait à choper. Le voilà hors de sa portée. Je cligne des paupières. Qu'est-ce que je fous ? Je voudrais sortir n'importe quelle excuse qu'il pourrait gober facilement mais... Une torpeur qui est fatale à ma conscience vient me frapper de plein fouet.

/

- Alors la Belle aux bouclettes, on est encore dans les vapes ?

Le visage de Crimson-san est juste au-dessus du mien. Ses longues mèches écarlates caressent mes joues. Elle est proche. Trop proche. Ce genre de proximité qui ne la dérange pas. Je me redresse pour la forcer à garder ses distances. Elle ne paraît pas s'en offusquer et vient s'asseoir à côté de moi. Encore une fois. Attendez... Quoi ?!

- « La Belle aux bouclettes » ?! C'est censé être moi ?!

- Tout juste !

- C'est tellement flatteur, merci...

- Pas de quoi.

J'arque un sourcil, ne pouvant pas m'empêcher de pouffer. C'est vrai que cette fille ne connaît pas l'ironie. Je parcours les alentours du regard. Vivi et Nami papotent à voix basses, comme si elles ne voulaient pas qu'on les entende. Luffy est toujours là et n'arrête pas de manger tout ce qu'il a acheté.

- Tu ne finis pas ?

Mon attention est de nouveau captée par la voix de Crimson-san. Elle désigne le pot de glace qui a eu le temps de fondre complètement. Du menton je désigne la cuillère entre ses mains. Evidemment elle l'a mordillée dans tous les sens.

- C'est un peu galère sans ça.

- Sans mes doigts ? Tu voulais que je te donne la becquée ?

Je reste quelques secondes interdit. Qu... Quoi ?! Punaise, ses bêtises me font rougir en plus ! Pour cacher ma gêne – purée « ma gêne » quoi, pour une histoire de becquée ! - je lui refile le pot. Encore une fois elle parait folle de joie. Pour de la glace fondue, c'est dingue...

- Merci !

- Oh Akira, qu'est-ce que tu manges de bon ?

Vivi se penche par dessus l'épaule de l'écarlate. Je jette un regard derrière moi. Nami est à présent au téléphone, je crois entendre le prénom « Law ». C'est vrai que Trafalgar et la rouquine traînent parfois ensemble. J'ai jamais rien compris à leur histoire. Je me tourne vers Vivi qui s'est assise à côté de Crimson-san. Elle semble s'être totalement désintéressée du dessert de l'écarlate qu'elle ne doit pas trouver très alléchant. Les deux amies commencent à parler de choses et d'autres. J'en profite pour sortir mon portable de ma poche.

J'ai reçu un message de Marco et de Joz pendant que j'étais au cinéma. Aucun de Thatch.

Une boule d'angoisse s'immisce dans mon ventre. Je fronce les sourcils et me lève. Je vais encore essayer de le contacter. Ça fait des jours qu'il ne répond plus aux SMS et aux appels. Peut-être que je suis parano. Après tout Thatch est parfaitement capable d'oublier de recharger son portable pendant plusieurs jours lorsque celui-ci est déchargé.

- Tu te tires Ace ?

Je souris. Perspicace le frangin.

- Ouais je rentre.

- Ça marche à plus alors !

- Hep hep tu comptes aller où comme ça Ace ?

Nami vient de raccrocher et s'empresse d'attraper Crimson-san par les aisselles pour la forcer à se relever.

- Vivi et moi comptions bientôt partir de notre côté. Tu pourrais te montrer galant et raccompagner Akira ?

Je ne réponds pas tout de suite. Connaissant cette fourbe de haute catégorie qui n'agit jamais sans raison, elle a quelque chose derrière la tête. Voyant que je m'éternise, elle ajoute :

- Laisser une jeune fille innocente et fragile rentrer seule chez elle alors qu'il fait nuit ? Tu devrais avoir honte Ace !

Crimson-san innocente ? Ouais, totalement. Fragile ? La plus grosse blague de l'année.

- Nami, faudra que tu actualises tes informations concernant Crimson-san. Elle m'a tenu tête au bras de fer l'autre jour.

- Quoi ?!

- Que les balourds viennent m'embêter et je leur ferai tâter de mes poings ! s'exclame la concernée en se mettant en position de combat.

Bon sang, ce que son enthousiasme est contagieux. Nous rions tous de bon cœur excepté Luffy qui est bien trop occupé à s'empiffrer. D'ailleurs faut pas trop que je le regarde, c'est qu'il me donne faim le bougre ! Mon attention converge vers Crimson-san qui rassemble ses affaires pour probablement partir de son côté.

Je les sens alors distinctement en moi. Les deux voix. Cette voix obscure qui me suit depuis toujours et qui me souffle cruellement que je n'ai pas le droit à tout ça. C'est également elle qui m'incite à établir un mur entre les autres et moi. Et il y a cette voix, nettement plus timorée qui est reliée à mon cœur. Mon cœur qui fait beaucoup de cabrioles en ce moment avec une personne aussi imprévisible que Crimson-san dans mon entourage.

Et alors c'est la voix craintive qui me chuchote que ouais, pourquoi pas raccompagner cette fille aux cheveux fous ? Elle est marrante, non ?

/

C'est quand même hallucinant ça ! Crimson-san est partie dans un délire dont elle seule à le secret. Elle me raconte la fois où elle a vu une chenille battre à la course une fourmi. Si le narrateur de cette histoire avait été l'un de mes potes, ça ferait belle lurette que je l'aurais déjà chambré ! Cependant, là je n'ai pas à me forcer pour l'écouter attentivement.

Nous passons devant la vitrine d'un magasin éclairée par un lampadaire. Je croise mon propre regard dans le reflet. Attendez je souris là, comme un abruti ?! C'est vraiment en train de se passer ?! Je lève les yeux au ciel en remerciant je-ne-sais quelle divinité inexistante pour avoir empêché Sabo de nous accompagner à cette soirée cinéma. S'il était rentré avec nous, il se serait fait un malin plaisir de m'asséner des remarques bien gênantes comme il faut.

- Dis Ace.

- Hm ?

- Je t'indiffère ?

OK Ace, ne pas paniquer, ne t'alarme pas pour cette question sortie tout droit de l'un des films à l'eau de rose qui te révulsent autant. « Je t'indiffère ». Raaaaah mais t'es sérieuse Crimson-san ?! Comment veux-tu que j'interprète ça ?! C'est beaucoup trop déconcertant ! Fiouuu calme-toi, à ses yeux cette question malaisante doit forcément posséder un sens qui lui est propre.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? je m'enquiers en invoquant tout mon self-control.

- Hmmm, je ne sais pas vraiment comment l'expliquer mais tu as tourné la tête depuis quelques secondes. Alors je me demandais si je t'indifférais...

QU'EST-CE QUE JE DISAIS ?!

- Non, tu ne m'indif... Tu ne m'ennuies pas.

Impossible d'utiliser le même verbe qu'elle, il est beaucoup trop explicite à mes yeux. Il ne faudrait pas qu'elle se fasse des idées. Nous poursuivons notre route en silence. Tout à coup, Crimson-san se met à chantonner d'une voix claire. Elle ne chante pas hyper juste mais elle possède cette candeur touchante dans son timbre. Le compliment que je lui ai fait tout à l'heure dans mon salon était sincère. Attendez, cette musique... C'est « Dadan », notre composition ! Luffy ne l'a partout jouée qu'une seule fois et elle s'en souvient ! Ce détail réchauffe une partie dans mon organisme. Cette partie qui se gèle lorsque je pense à Thatch. Cette fille... elle est magicienne, c'est ça ?!

Nous croisons deux autres personnes sur le trottoir d'en face. A la façon qu'ils ont de s'enlacer je pourrais parier qu'ils sont en couple. Crimson-san s'arrête nette et les observe sans aucune gêne. Lorsque nous les avons dépassées, elle se retourne même pour les analyser plus longtemps.

- Ils sont mignons, déclare-t-elle.

Les gens ont tendance à dire que ma fratrie n'est pas très discrète. Qu'est-ce qu'ils penseraient en voyant Akira ?

Oh la, je viens de l'appeler par son prénom là, non ? Je détourne la tête pour ne pas la regarder plus que nécessaire et mes yeux rencontrent nos deux ombres. L'éclairage de la rue les a forcé à se rapprocher. On dirait qu'elles ont fusionné. Et les gens... Qu'est-ce qu'ils diraient s'ils nous voyaient marcher côte à côte ? Nous prendraient-ils pour un couple ?

Impossible. Je ne peux pas le permettre.

- Avance Crimson-san, il se fait tard.

- Ah oui, pardon !

Nous reprenons la marche et elle continue de me conter mille et une histoires. Sauf que cette fois je ne l'écoute pas. Je suis bien trop occupée à arpenter la rue des yeux. Dites-moi que nous sommes bientôt arrivés, s'il vous pl...

Contact.

C'était presque imperceptible. Nos doigts se sont touchés. Et... Là, encore une fois ! A la dérobée j'observe notre proximité. C'est vrai que nos épaules sont proches, c'est normal que nos mains s'effleurent. Je constate du même coup qu'elle ne fait rien pour prendre ses distances. Elle ne l'a jamais fait, pas même quand j'ai tabassé ce fumier de Dellinger sous ses yeux. Pourquoi ? Qu'est-ce qui ne tourne pas rond dans sa tête ? Son petit doigt vient pour la troisième fois frôler le mien. Un souvenir récent remonte alors. Moi, dans la salle de cinéma, en train de glisser mon pouce sur sa bouche. Ça m'a pris comme ça sur le coup mais je... Quatrième contact. Là, c'est certain, ce n'est pas anodin. Ni pour elle, ni pour moins. Ma voix obscure s'époumone « Écarte-toi Ace ! Qu'es-tu en train de faire ?! Bordel, écarte-toi imbécile ! ».

J'obtempère enfin mais ne peux m'empêcher de lui jeter un regard pour voir si elle a remarqué quoi que ce soit. Et je me fige alors. Littéralement sur place. Elle me fixait déjà droit dans les yeux. Et comme toujours, bon sang, comme toujours elle ne détourne pas le regard. Mal à l'aise, je me frotte la nuque et retiens un hoquet de surprise lorsque je vois ses prunelles océan dévier pour suivre le geste de ma main. Je plonge aussitôt cette dernière dans mes poches et mes doigts rencontrent mon portable.

Mon portable qui me renvoie naturellement à la même personne.

Thatch.

Et c'est la douche froide. Toute cette chaleur qu'elle a insufflée en moi me quitte. Je m'écarte encore plus et proclame d'une voix un peu trop rude :

- Tu habites encore loin ?

- Euuuh...non, c'est la maison là-bas.

/

- Je suis rentré !

Je balance mes chaussures dans l'entrée et prends le temps de souffler. Bon sang quelle journée. C'est moi ou les mardis sont interminables ? Je lève les yeux et aperçois la seule lumière de la maison. Elle est tamisée et filtre de sous la porte de Sabo. OK, j'aurais même droit au lit qui grince ce soir, grande joie... !

J'allume les lumières du salon et de la cuisine adjacente. J'ouvre un placard, déniche du pain de mie, puis le frigo et sors la mayonnaise, des tranches de rôti froid et des cornichons. Y a rien de mieux qu'un petit casse-dalle avant d'aller dormir. Pendant que je déguste rapidement mon sandwich, je repense à la mine triste qu'arborait Akira en arrivant chez elle. M'est avis qu'elle n'avait pas envie de rentrer. Pourtant elle est riche, elle devrait se satisfaire de ce qu'elle a. Je lorgne sur mon portable allumé. Toujours aucun message. Je tente d'appeler Thatch mais tombe sur son répondeur. Bordel de me...

- Tiens, tiens, tiens. L'un des ogres de la maison vient dévaliser nos provisions !

Je souris malgré moi en apercevant Sabo presque à poil pénétrer dans la cuisine. J'exhibe mon sandwich dégoulinant de mayonnaise.

- T'en veux ?

- Non merci, tu sais bien que je suis team ketchup.

- C'est pas faux.

Il se confectionne son propre casse-dalle et vient s'asseoir en face de moi. Je le taquine :

- T'as des suçons partout. Laisse-moi deviner : je dois mettre mes boules quies cette nuit ?

- Ce serait plus raisonnable pour ton sommeil, en effet. Je vais faire un mot à Luffy pour qu'il fasse pareil.

Je ris. Ils en perdent pas une Izou et lui. De vraies bêtes insatiables. Nous mâchonnons en silence, silence que finit par briser mon frère :

- Alors c'était comment cette sortie ? Vous avez vu quel film ?

- Aucune idée, je ne sais même pas à quoi il ressemblait. Mais ouais, c'était chouette cette soirée.

- Et Crimson-san, comment va-t-elle ?

Je fronce les sourcils. Que veut-il dire par là ? Pourquoi elle ? Instinctivement, mon regard se porte vers mon portable, alias cet objet qui me permet de garder les pieds sur Terre. Comme je ne réponds rien, Sabo allonge son bras pour saisir le mien.

- Ace, t'es sûr que tu vas bien ? Tu sais que tu peux tout me dire. Nous sommes une famille.

J'acquiesce sans conviction puis finit par me lever en lui souhaitant une bonne nuit. Je monte les escaliers, rentre dans ma chambre et me jette sur mon lit sans allumer la lumière. Pardon Sabo, mais il est hors de question que je t'implique dans mes tourments. Je contemple mon portable déserté par la présence de Thatch. Je lève les yeux vers le plafond et crois discerner le visage malfaisant de Teach dans l'obscurité. J'ai un mauvais pressentiment...

Je me redresse vivement avec une conviction inextinguible en tête. Très bien, si Thatch ne veut pas me répondre je vais aller le voir. Il faut que je tire au clair cette histoire sinon je vais devenir dingue.


*essuie sa bave * C'est qu'il y a trop de beaux gosses dans le coin ! Hello les loulous ici Little Tartine ! Alors, surpris par cette surprise ? * se marre comme une folle * J'espère que ce BONUS (en majuscules s'iou plaît) vous aura plus, en tout cas nous on a adoré l'écrire ! Les sentiments des deux frères sont très différents. Ceux de Luffy sont beaucoup plus affirmés là où ceux d'Ace sont encore flous ou étouffés. On se retrouve la semaine prochaine pour le chapitre 16 et le début du voyage scolaire ! Ciaossuuuuu!