- Marinette…, commença Adrien. Tu serais prête à nous faire du mal à cause de ça ? De ta peur ?
Elle se concentra sur les lumières vives des gyrophares des camions de pompier. Elle les regardait tourner en rond, et y trouve un certain réconfort, une harmonie.
Quelque part, Marinette devait bien avouer qu'elle était lâche. Elle se demanda si c'était vraiment le fait qu'il soit Chat Noir, qui la faisait refuser les avances d'Adrien. En réalité, elle se disait toujours que c'était bien trop beau pour être vrai, qu'Adrien n'était pas pour elle, mais pour un beau mannequin italien, que Gabriel Agrest accepterait en tant que belle-fille, une femme qui parlerait huit langues, serait capable de faire plus de six pas sans trébucher, et serait irréprochable sous tous rapports… En bref, tout ce que Marinette n'était pas.
- Nous sommes trop différents.
- Ce n'est pas vrai.
Ils avaient tant de points communs. Ils aimaient passer leurs samedis après-midi sur le canapé, à jouer aux jeux-vidéos, emmitouflés dans des plaids. Ils aimaient discuter de tout et de rien, faire des batailles de farine dans la boulangerie des parents de Marinette, faire leurs devoirs en tailleur sur la table basse du salon de l'appartement des Dupain-Cheng….
Leur relation avait tellement évolué en quatre ans. Aujourd'hui, ils faisaient partie de la vie de l'un et de l'autre, s'y étaient fait une place … Marinette n'aurait changé ça pour rien au monde. Et ça lui suffisait, parce qu'enfin, elle parlait normalement à Adrien, lui confiait même ses chagrins, ses rêves, ses espoirs, ce qu'elle n'avait jamais été capable de faire quand elle était amoureuse de lui au collège. Elle avait peut-être grandis… Mais Marinette était toujours incapable de contrôler ses émotions et ça la dévorait, l'empêchait parfois d'être elle-même.
Avec Adrien, elle voulait toujours être elle-même, parce qu'elle savait qu'il l'aimait comme ça et pas autrement, avec ses deux pieds gauches, ses bafouillements, ses bêtises et ses grimaces.
- Marinette, tu me plais vraiment beaucoup, affirma Adrien.
- Je t'en prie, arrête.
Ça lui faisait si mal. Elle se blessait de le blesser. Mais elle n'avait pas le choix. Pour Paris, le Papillon, pour tout le monde…
Elle pleurait. De vraies larmes coulaient le long de ses joues et s'écraser sur son manteau. Elle était glacée et mordaient sa peau tant elles étaient froides.
- C'est parce que je suis Chat Noir, c'est ça ? Comprit soudainement Adrien. Tu sais que je ne te mettrais jamais en danger ?
- Non, ça n'a rien à voir ! Répondit aussitôt Marinette. Adrien, je te fais confiance !
- Alors pourquoi ?
- Adrien…
- Non. Je veux savoir !
Il était déterminé et dans ses yeux, brillait une lueur de défit.
- Je veux savoir, répéta-t-il.
- Laisse tomber s'il te plaît !
Elle le suppliait presque de se taire. Il se rapprocha d'elle. Depuis le début de la soirée, ils passaient leur temps à se rapprocher, à s'éloigner, à se toucher, à s'éviter, à se parler, à se taire …
« Amour chassé-croisé », c'était bien ça ?
Elle se tourna enfin vers lui et il constata qu'elle pleurait et il s'en voulu.
- Je suis désolé.
- Je le suis aussi.
- Je voudrais juste comprendre.
- Adrien, tu es Chat Noir…
- Peut-être plus pour longtemps, soupira-t-il.
Elle le rassura et posa une main sur sa joue, un peu mal rasée.
- Non. Tu es Chat Noir. Le meilleur Chat Noir que Paris puisse avoir… Ladybug le sait.
Ce simple contact apaisa Adrien.
- Tu n'en sais rien, murmura-t-il pourtant. Et je ne veux pas que le fait que je sois Chat Noir soit un obstacle.
- Ce n'est pas ça l'obstacle, grimaça Marinette.
- Alors c'est quoi ?
- C'est moi. Je ne veux pas mourir de peur chaque fois qu'un akhumatisé semera le chaos en ville !
- Marinette, je te connais. Tu mourras de peur pour moi, qu'on soit ensemble ou non.
Il ne se vantait pas en disant ça. Son ton n'était pas prétentieux. Il était sincère. Et il savait qu'il avait raison. Marinette avait toujours peur pour ses amis.
- Tu ne me dis pas tout !
- Je ne peux pas ! C'est tout !
- Pourquoi ?
La frustration montait en elle, et menaçait de déborder à tout moment. Elle sanglotait encore, ses épaules étaient secouées, son corps entier tremblait. Tout aurait pu être parfait…
- Marinette ! Insista-t-il.
- Parce que je suis ladybug ! Lâcha-t-elle enfin.
Oh oh oh !
J-9 avant Noël
Dans trés exactement 1H30 je serai en partiels mdrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr.
Souhaitez moi bon courage et donnez moi votre intelligence. Je vous la rendrai après, promis.
On se donne rendez-vous demain, pour la suite !
CacheCoeur :)
