Chapitre 18 Promotion et escapade

C'était Dean qui avait aidé Ron à sortir du lac Michigan. Ils avaient ensuite récupéré le sceptre de Mulcahy et sa baguette, qui avaient miraculeusement survécu à l'impact, ainsi que son balai, qui n'avait pas eu la même chance. Quand il réalisa l'état de son balai, Ron se sentit dans un autre monde, dans une autre dimension. Ses entrailles se tordirent à en crier le martyr, le rythme de son cœur s'accéléra. Des larmes perlèrent sur ses joues…

Ron réalisa alors qu'il avait perdu son balai, celui que sa mère lui avait offert pour avoir été nommé préfet, celui avec lequel il avait fait gagner deux années de suite la Coupe de Quidditch à Gryffondor. Il sentit une part de lui-même partir, s'éloigner petit à petit de son corps. Ce même balai avec lequel lui et Harry avaient appris à Teddy à voler – Andromeda ne voulant pas le voir sur le nouvel Éclair de Feu de son parrain. Il se revit sur ce balai, lors de sa septième année, protégeant les buts de Gryffondor comme aucun gardien ne l'avait fait depuis des années : pas un seul tir n'était passé.

Ce ne fut qu'à ce moment qu'il réalisa à quel point il tenait à ce balai, sur lequel il avait amené Hermione faire une virée nocturne avant de lui demander sa main de façon plus formelle. Ron comprit que c'est lorsqu'on les a perdues, qu'on saisit la réelle valeur des choses.

Les Américains essayaient de faire oublier aux Moldus ce qu'ils avaient vu, tandis que les Aurors s'occupaient du transfert des Mangemorts vers la Grande-Bretagne. Désormais, une immense colonne de fumée et de poussière s'élevait dans le ciel matinal tandis que les sirènes de pompiers convergeaient vers le cratère qui remplaçait la tour – une partie était tombée dans la rivière toute proche – et que les Men in Black, l'équivalent des Oubliators, essayaient de trouver une explication plausible à ce drame.

Ron était assis sur un banc, à proximité du lac, enveloppé dans une couverture chauffante. Bien qu'elle lui permît de ne pas attraper froid, elle ne remplaçait pas les flammes bleues qu'Hermione arrivait à faire apparaître n'importe où. Son bras était encore endolori, mais la douleur était moins vive à présent. Il se demandait pourquoi son bras l'avait trahi à ce moment précis, alors qu'il n'avait jamais eu ce problème avant.

Alors que Dean essayait de le réchauffer, Ospicus, Doubt et Moore étudiaient le sceptre de Mulcahy. Ron n'y avait prêté qu'une courte attention, concentré sur la capture de Dolohov. Personne ne lui avait fait de commentaires pour le moment et seuls Dean et Goodlight l'avaient chaudement félicité. Mais il savait qu'il avait échoué. Il aurait pu attraper Dolohov, il aurait dû le coincer. Il avait quasiment pu le toucher. Harry l'aurait sûrement capturé en un tour de baguette magique, sans même forcer.

Le jeune Auror réalisa qu'il s'était jusqu'à présent essentiellement reposé sur son ami, lui faisant confiance dans les décisions à prendre quand il fallait prendre les devants. Tout ce que lui avait réussi à faire, c'était d'avoir enfin pu trouver le courage de dire à Hermione qu'il l'aimait.

Alors que Ron se morfondait sur son impuissance, Moore s'approcha alors de lui.

« Bien joué Weasley ! le congratula-t-il. Vous avez réussi à récupérer le sceptre de Mulcahy. Nous pourrons le rendre aux Vampires avant que ceux-ci ne nous exterminent.

— Dolohov s'est échappé, tout comme Bletchley, maugréa le jeune sorcier.

— Bletchley n'était pas présent, rappela Moore. Quant à Dolohov, on finira bien par l'attraper.

— Mais nous avons perdu six hommes !

— Les pertes sont malheureusement le prix à payer pour la réussite d'une mission, intervint Ospicus. Les missions sans pertes sont extrêmement rares, d'autant plus lorsqu'il s'agit d'une première opération, qui plus est, montée à l'étranger.

— Nous parlons de centaines de personnes…

— Calmez-vous, Mr Weasley, intima le Directeur. Votre mission a été un succès : nous avons réussi à récupérer le sceptre de Mulcahy, qui était l'objectif principal. Je suis certain que le Ministre vous récompensera. Et s'il ne le fait pas, je le ferai !

« Comme première opération, vous vous êtes admirablement comporté, su vous montrer incisif, ingénieux et culotté ! Sauter d'une hauteur de soixante mètres sans balai était de la pure folie, commenta Ospicus. Nous avons subi de lourdes pertes, les Moldus également. Mais il faut retenir la réussite de votre mission.

« Dites-vous que ça aurait pu être bien pire. Moore, je vous laisse gérer les relations avec les Américains. Je rentre à Londres avec le sceptre. Soyez rentrés d'ici ce soir. »

Puis il transplana, laissant ses hommes seuls. Ron se leva, retira sa serviette et suivit les deux autres Aurors vers la tour.

« Qu'est-ce qui lui prend ? s'exaspéra Ron. Cette opération est un fiasco ! J'ai échoué à capturer un Mangemort et plusieurs de nos hommes sont morts.

— Oui, mais nous avons réussi à prendre le sceptre et à sauver les trois quart de nos effectifs, tempéra Moore. Ce n'est pas un moindre mal. Nos pertes ont été beaucoup plus lourdes le soir du 2 Mai…

— Oui, mais Harry a vaincu Vous-Savez-Qui ! coupa le jeune sorcier.

— Weasley, il faut que tu comprennes que…

— Ospicus ne connaît pas l'échec, termina Ron. Je sais, vous me l'avez déjà dit.

— Ce n'est pas ça que je veux dire, argua son chef d'équipe. Il faut aussi savoir se montrer optimiste. C'est comme voir la chope de Bièraubeurre à moitié vide ou à moitié pleine.

« Ton opération n'était pas parfaite, mais elle a été très efficace et globalement positive. Tu n'imagines pas le nombre de vies que tu as sauvées en ramenant le sceptre aux Vampires ! Et cela vaut bien laisser cette bouse de dragon s'enfuir. Venez, nous devons rejoindre les autres. »

Ils marchèrent ainsi en silence quelques minutes avant de retrouver le groupe des Aurors restés sur place. Ron aperçut les huit sacs contenant des sorciers, posés derrière eux. Klein les vit arriver et alla à leur rencontre.

« Félicitation Weasley ! J'ai appris que nous avions récupéré le…

— Oui, oui, trancha Moore. Qu'en est-il ici ?

— Nous avons capturé une dizaine de Mangemorts, dont certains étaient dans les rangs de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Nous estimons qu'une quinzaine a réussi à nous échapper.

« Les Moldus ont récupéré tous les corps qui se trouvaient dans les décombres – avec l'aide des sorciers américains – et nous comptabilisons un mort : Franklin Nott, tué visiblement par le Sortilège de la Mort de l'un de ses camarades.

« Chez nous, nous restons à six Aurors : Jackson, Corbridge père et fille, Pinkerton, Wermerling et Rhydderch…

— Alfred, Buchanan, Kristen et Dana sont morts ? s'interloqua Dean, la voix brisée.

— Malheureusement oui, déplora Klein. Tout ce qu'on a retrouvé de Rhydderch, ce sont ses pieds et une de ses mains, tenant encore sa baguette. Les Corbridge ont été tué par une arme Moldu, sans doute la même. Pinkerton et Wermerling par l'Avada Kedavra. Quant à Jackson, il est mort lorsque la tour s'est effondrée. On l'a retrouvé sous un immense bloc de béton. Il laisse une femme et une fille de neuf ans.

— Du côté des blessés ? demanda Ron.

— Seulement des légers. Monaghan est encore sous le choc – elle a vu Wermerling et Rhydderch mourir – et O'Shaughnessy a une vilaine coupure sur le bras.

— Et chez les Moldus ?

— Nous en avons sauvé seulement treize », concéda tristement Klein. « Sept de plus ont survécu à l'effondrement de la tour, mais sont dans un état critique. Neeson vient de nous dire que le bilan est très lourd : au moins trois cent victimes.

« La plupart dormaient encore lorsque la tour s'est effondrée. Il est en train de voir avec ses supérieurs pour trouver une explication plausible aux Moldus. La tour sera reconstruite dans la nuit prochaine. D'après ce qu'il m'a dit, c'est leur plus grosse manipulation de la mémoire des Moldus depuis que Mario De Vinci a fait écraser son château volant dans leur désert. Le Président du Congrès a, bien entendu, prévenu Mr Shacklebolt.

— J'ai toujours voulu me reconvertir, grommela Ron.

— Détrompe-toi, Weasley ! objecta Klein. Shacklebolt a pris ta défense et a assuré qu'il endossait toute la responsabilité de tes actes et des éventuelles poursuites qui pourraient être menées contre toi.

— Kingsley m'a… couvert ? s'étonna le jeune homme.

— D'après ce que j'ai entendu dire », précisa l'Auror.

Ron laissa son regard divaguer vers les débris encore fumants de l'ancienne tour. Des camions de journalistes arrivaient par les différentes rues, mais étaient aussitôt renvoyés par les sorciers des Men in Black. Les pompiers étaient très étroitement surveillés et la police avait été chargée de créer un périmètre sur plusieurs pâtés de maisons.

Kingsley l'avait protégé, lui, l'éternel second, l'ami fidèle de Harry Potter. Cela voulait-il dire qu'il le considérait à présent comme un Auror à part entière ? Ou l'avait-il toujours considéré ainsi ?

Ron se souvint de la fois où il avait sauvé Harry du lac gelé. Ce dernier lui avait confié la lourde tâche de détruire un des Horcruxes de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Ils n'avaient jamais parlé de cet épisode à Hermione, ni à Ginny, mais Ron en faisait encore des cauchemars, mais moins souvent que ceux sur la bataille de Poudlard.

Lorsqu'ils étaient revenus au campement, Harry lui avait affirmé que Dumbledore ne savait pas que Ron allait abandonner ses amis, mais qu'il aurait toujours eu envie de les retrouver. Harry aurait-il considéré Ron comme bien plus qu'un ami ? Hermione lui parlait également de la confiance qu'il avait en lui-même, de son indépendance. Ospicus l'avait félicité, tout le monde le félicitait pour son opération.

Suis-je le seul à penser encore que je ne suis qu'une assistance ? Que je dois rester toujours en retrait parce que c'est ma place ?

Ron se tourna à nouveau vers Moore, qui discutait avec Klein et Doubt. Le jeune sorcier devait s'avouer qu'il n'avait jamais vu de sorcière – pas même Fleur Delacour – aussi magnifique que la chef d'équipe, à l'exception d'Hermione, bien entendu. Il aimait Hermione plus que tout, mais Doubt avait ce quelque chose dans sa façon de vous regarder, de vous parler, que votre cœur ne pouvait que fondre en sa présence.

Les trois Aurors se mettaient d'accord sur la version de l'attaque, essayant de coller tous les morceaux entre eux, d'établir une chronologie.

« Qui est-ce qui a pulvérisé Rhydderch ? interrogea Moore.

— Je crois que c'était Montague, ou peut-être Flint. Nous avons pu établir le nombre précis de Mangemorts ? questionna la magnifique Aurore.

— Vu le décompte de nos prisonniers, des morts et nos estimations de ceux qui ont fui, probablement deux douzaines, énuméra Klein.

— Nous étions donc en infériorité numérique, nota le chef d'équipe de Ron.

— L'effet de surprise a dû être décisif, concéda Doubt. Nous avons réussi à en neutraliser plus de la moitié en mois de deux minutes. C'est lorsqu'ils ont fait s'effondrer le couloir que nous avons perdu le contrôle de la situation.

— Sans parler des Moldus qui sont intervenus.

— Leur armes sont redoutables de par leur vitesse, maugréa Klein. Je me demande même si elles ne sont pas plus efficaces que l'Avada Kedavra.

— Pas exactement, intervint alors Ron. Elles ne sont pas mortelles à tous les coups, il faut viser des zones bien particulières du corps : la tête, le cœur ou un autre organe vital. Le Sortilège de la Mort vous tue, même s'il vous touche au petit orteil.

— Quel vacarme elles produisent ! se plaignit Doubt. J'en avais les oreilles qui bourdonnaient. Je n'entendais presque plus rien.

— Weasley, pourquoi et comment, êtes-vous remonté ? » questionna alors Moore.

Le jeune Auror expliqua l'opération de son point de vue, quand il avait vu Rhydderch disparaître, quand il avait trouvé les corps mutilés des petites filles, sa course-poursuite entre les tours de la ville puis sa chute dans le lac. Son chef d'équipe nota chacune des informations.

« En tout cas, ça explique pourquoi certains Moldus se sont trouvés sur le toit de ces immeubles, ou pourquoi des voitures sont encastrées dans leurs façades. Je comprends Neeson, avoua Klein. Il est fou furieux.

— Au fait, j'ai une question à propos de Neeson, avança Ron

— C'est un homme plein de mystères, ironisa Moore. Que voulez-vous savoir ?

— Vous le connaissez ? » interrogea-t-il.

Moore resta quelques secondes sans rien dire. Il avait rangé son calepin ainsi que sa plume de colibri. Ron n'avait pas besoin d'être legilimens pour savoir qu'il avait visé juste.

« Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? s'enquit prudemment le chef d'équipe.

— Son comportement vis-à-vis de Goodlight, expliqua le jeune Auror. On aurait dit qu'ils se connaissaient. Et comme vous êtes celui qui connaît le mieux Goodlight, je me suis dit…

— Disons que nous sommes des connaissances », interrompit Moore d'un ton abrupt. « Et disons que… Lex et Neeson ont un passé commun, pas des plus plaisants.

— Quel genre de passé ?

— Cela ne vous regarde pas, Weasley. C'est une affaire qui les concerne tous les deux. Mais pour vous donner une idée », ajouta Moore en le voyant ouvrir la bouche, « c'est un passé qu'on peut rapprocher à celui qui vous lie avec Severus Rogue. »

Il se retourna sans ajouter un mot et alla rejoindre Ospicus. Ron resta seul avec ses pensées, essayant de comprendre. Goodlight et Neeson ne semblaient pas avoir tant de différence d'âge pour que l'un soit l'élève de l'autre. Ron se demandait bien ce qu'il pouvait y avoir entre les deux sorciers, mais Moore avait semblé insistant sur le fait de ne pas s'en occuper.

Ou plutôt catégorique, et ce pour la première fois.

Ron avait dû faire un nouveau rapport à Neeson avant d'être autorisé à rentrer à Londres, avec les derniers Aurors présents. Il avait fait un rapide séjour à Ste-Mangouste à propos de son bras et il avait été établi que la douleur était due à un effort trop intense qui avait fragilisé les muscles et les os, qui n'avaient pas complètement cicatrisé. On lui avait donné à nouveau du dictame et du Poussos et la douleur était passée peu à peu.

Hermione expliqua plus tard qu'elle avait agi dans la précipitation et n'avait plus pensé à cela après tous les évènements qui s'étaient déroulés. Le bras avait tenu jusqu'à là, c'était l'essentiel. Les corps de Nott père et des Aurors décédés lors de l'opération avaient été rapatriés et le sceptre avait été enfermé à Gringotts, dans un coffre tenu secret. Hormis les sorciers qui avaient participé à l'opération, seuls Kingsley et Grispec, le gobelin directeur de la banque, étaient au courant de la réussite.

Depuis leur retour, Ron et tous les Aurors étant allés aux États-Unis avaient dû rester au Bureau, écrire leur rapport et signer un parchemin les conviant au secret concernant cette mission. Le Ministre ne voulait pas que l'affaire s'ébruite ni que les Vampires sachent que le sceptre n'était plus aux mains des Mangemorts, de peur de leur réaction.

Certains des Mages Noirs avaient accepté de coopérer et avaient fourni plusieurs informations, dans l'espoir de voir leur peine assouplie. Ron réussissait à rester calme, mais il sentait que la pression allait bientôt atteindre un point de non-retour. Il ne savait pas combien de fois il avait raconté sa version des faits, mais il était sûr qu'il aurait pu en écrire un livre plus épais que L'Histoire de Poudlard. Il n'avait plus autant écrit depuis sa septième année et son poignet commençait à manifester son besoin de se reposer.

Ce fut alors qu'il entendit un raclement de gorge, juste au-dessus de sa tête. Il leva les yeux et vit que Moore le regardait avec une expression si étrange que Ron ne sut la décrire. Était-ce de la compassion ? De la fierté ? De la crainte ?

« Vous avez fait un très bon travail à Chicago », lui répéta son chef d'équipe. « J'en suis très fier et je suis certain que Potter serait aussi impressionné que moi par votre opération.

— Merci, mais la seule personne qui comprenne Harry est Harry, affirma Ron. Moi-même, qui le connais depuis le plus longtemps, je serai bien incapable de dire ce qu'il dirait de cette opération. Mais ce dont je suis sûr, c'est qu'il ne serait pas impressionné.

— Ah bon ? s'étonna son chef d'équipe.

— Non, Harry sait parfaitement ce dont je suis capable et il sait comment je réagis en fonction de la situation. Et il en est de même pour moi à son sujet. Et je sais que s'il ne s'est toujours pas échappé de l'antre des Vampires, c'est pour trois raisons : soit il va être utilisé comme monnaie d'échange contre le sceptre, soit il leur est une précieuse source d'information. Dans les deux cas, il ne peut pas s'enfuir et est probablement immobilisé.

— Quelle est la troisième solution ? pressa Moore.

— Je vous laisse la deviner. Et ne comptez pas sur moi pour l'annoncer à ma sœur.

— Je vois. Vous allez avoir l'occasion de vérifier vous-même vos hypothèses.

— Que voulez-vous dire ? s'intrigua le jeune sorcier.

— Le Directeur de la Justice Magique et Ospicus veulent vous voir. Tout de suite. »

Ron resta de marbre quelques instants avant de s'activer fébrilement. Il renversa par mégarde sa bouteille d'encre sur son rapport, fit tomber une pile de parchemin et se cogna à sa lampe de bureau. Le tout accompagné de jurons plus ou moins crus, mais le chef d'équipe ne les releva pas. Il attendit patiemment que son élève ait terminé de se préparer pour le conduire vers le bureau de Gwenvael.

Moore entra dans l'antichambre du bureau, passa devant la secrétaire sans s'annoncer et toqua à la porte. On l'invita à entrer. Il ouvrit, laissa entrer Ron puis referma derrière en restant dans l'antichambre. Le jeune Auror se retrouvait à présent seul, devant ses deux supérieurs directs. L'intimidation le gagna rapidement, mais il parvint à contrôler ses réactions. Il avança mécaniquement vers le bureau, sous le regard flamboyant des sorciers. Gwenvael semblait intrigué et Ospicus, calculateur.

« Bonjour Weasley.

— Bonjour, Monsieur le Directeur. Vous m'avez demandé ?

— C'est exact, approuva Gwenvael. Si j'ai demandé à Joe de vous faire venir, c'est en raison de votre récent exploit.

« Comme vous devez déjà le savoir, les États-Unis ont été littéralement surpassés par les évènements. Votre opération est loin d'être passée inaperçue. Je sais que l'une des règles était de rester le plus discret possible, il était cependant bien difficile de la respecter face à une vingtaine de Mangemorts prêts à tuer. Et visiblement, les américains n'ont jamais eu à faire face à ce genre de Mage Noir. Je ne vais donc pas vous blâmer.

« Le Ministre endosse intégralement la responsabilité de vos actes et s'arrangera personnellement avec le Président du Congrès de la Magie. Cependant, j'ai bien peur que cela ne suffise pas. Je dois donc faire un geste qui prouverait la confiance absolue du Ministre envers vous.

— J'avoue de ne pas très bien saisir.

— Ronald Weasley… Votre famille est une grande famille de sorciers. Et une famille nombreuse également. Pourtant, vous êtes le premier à rejoindre les rangs des Aurors », constata le Directeur du Département de la Justice Magique sans lâcher Ron des yeux. « Je me suis longtemps demandé si c'était pour suivre Potter ou si c'est parce que vous aviez vraiment envie d'intégrer ce groupe d'élite.

« J'ai suivi vos cinq années d'apprentissage à tous les deux, je les ai suivies de très près. Et plus particulièrement les vôtres. Il était évident que Potter allait réussir, qu'il intégrerait le Bureau. Même s'il le nierait probablement, il est formaté pour ce métier. Quant à vous, j'avais plus de doutes.

« En effet, qu'est-ce que Ron Weasley faisait chez les Aurors, alors que son plus grand talent était celui de gardien au Quidditch à Poudlard et celui de rigoler ?

— Je suis parfaitement adapté pour devenir un Auror, plaida Ron. J'ai aidé Harry à maintes reprises ! Je suis venu au Ministère, j'ai participé à… Je l'ai suivi durant notre fuite ! J'étais à la Bataille de Poudlard !

— Je ne dis pas que vous êtes bête, loin de là, concéda Gwenvael. Vos résultats scolaires montrent que vous travaillez si nécessaire. Mais vous êtes loin d'être le modèle d'un Auror. Je sais que vous êtes allé au Département des Mystères, que vous avez suivi Potter lorsque Vous-Savez-Qui était au pouvoir. Cependant, personne à part vous trois ne peut témoigner de ce qu'il s'est passé. Et je sais que Potter ne veut pas que cela se sache. Je respecte son choix. »

Ron s'apprêtait à répondre, mais il préféra se retenir. Harry avait été très clair concernant les Horcruxes : personne ne devait connaître leur existence et personne ne devait savoir ce qu'ils avaient fait durant leur fuite.

« Et puis, vous avez passé votre EABA, que vous avez réussi avec succès en finissant quatrième », releva le deuxième homme le plus puissant du Ministère. « J'ai alors compris votre réelle valeur.

« Votre premier affrontement face aux Vampires, puis le sauvetage in extremis du Ministre ont confirmé mon opinion. Et enfin cette opération qui vient couronner vos exploits et ajouter une ligne supplémentaire à votre légende.

« Bien que le choix que nous ayons pris, le Ministre, Mr Ospicus et moi-même, soit un choix politique, il m'apparaît qu'il est grandement mérité. Vous n'indiquerez à personne les raisons de ce choix et vous vous contenterez de la version officielle, est-ce bien clair ?

— Parfaitement, Mr Gwenvael. Cependant, ignorant de quoi il s'agit, je ne comprends pas pourquoi tout ce secret est nécessaire, confessa Ron.

— Mr Weasley, intervint pour la première fois Ospicus, dans de pareilles conditions, vous auriez été décoré de l'Ordre Merlin seconde classe. Cependant, vous disposez déjà de l'Ordre Merlin, première classe. Il a donc été décidé de vous récompenser d'une autre façon.

« Nous sommes tous les trois d'accord et le Ministre, de sa chambre, approuve totalement ma décision. Weasley, lorsque vous sortirez de ce bureau, vous serez chef d'équipe du Bureau des Aurors. Vous aurez la possibilité d'avoir quatre Aurors de votre choix et de grade inférieur sous vos ordres.

— Chef… d'équipe ? s'interloqua le jeune promu. Vous voulez dire que…

— Oui, vous aurez un grade équivalent à celui de Moore. »

Ron faillit s'évanouir. Il n'en revenait pas, il croyait avoir mal entendu. Mais lorsqu'il vit le parchemin que lui tendit Ospicus, avec les signatures de Kingsley, Gwenvael et lui-même, il dut se faire à l'évidence. Il était propulsé à la tête d'une équipe, même pas trois mois après l'obtention de son diplôme. Cela devait être un record. Puis lentement, une idée germa en lui puis éclata.

Il était désormais le supérieur hiérarchique de Harry.

Cependant, Ron réalisa très vite qu'il ne pourrait jamais diriger son ami. Non pas qu'il ne disposait pas de l'autorité nécessaire, mais parce qu'il savait que leur amitié ne reposait pas sur la supériorité de l'un, mais sur l'entraide et la confiance. Harry avait endossé le rôle du meneur parce qu'il avait été celui qui reliait Ron et Hermione pendant bien longtemps, puis à cause de cette stupide prophétie qui avait gâché l'enfance de son meilleur ami.

Mais depuis, jamais Harry n'avait pris une position de dominance face à Ron – sauf dans l'équipe de Quidditch. En y réfléchissant, Ron réalisa que c'était même Hermione qui avait pris les devants – « Vous devez obtenir vos ASPIC », disait-elle – mais ce n'était pas pour les mêmes raisons.

Ospicus s'éclaircit la gorge, le ramenant à la réalité.

« Maintenant que votre promotion a été officialisée, nous devons parler de votre première mission, expliqua le Directeur du Bureau des Aurors.

— Et quelle est cette mission ? s'enquit le jeune chef d'équipe.

— Le Ministre a décidé que vous serez celui qui ramènera le sceptre de Mulcahy aux Vampires. Votre mission est de choisir deux hommes de confiance, de vous rendre en Transylvanie, remettre l'artefact et ramener Potter. Vous devez impérativement agir dans la discrétion et l'anonymat, insista Ospicus. Les Vampires ne doivent découvrir votre présence qu'une fois au pas de leur porte. Avez-vous bien compris ?

— Oui, assura Ron. J'ai cependant un doute à émettre : je suis tout jeune diplômé de l'Académie et je viens de recevoir ma promotion. Je ne pense pas être celui qui soit le mieux placé pour mener cette mission. Vous devriez choisir quelqu'un de plus expérimenté.

— Mr Weasley, vous êtes un héros, confia Gwenvael après une légère hésitation. Vous avez participé directement à la défaite de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Votre aura est bien plus importante que vous ne vouliez le croire.

« Je ne vais pas dire que tous les Aurors ici vous suivront aveuglément, ou même vous portent dans leurs cœurs. Certains ont supporté le régime de Vous-Savez-Qui. Sa chute est pour eux une défaite et la perte de protection. Je ne peux pas encore les remercier – je n'ai ni les preuves suffisantes, ni l'effectif pour compenser ces départs – et je dois faire avec. Il en est de même pour vous.

« J'ose cependant croire qu'en cinq ans que vous êtes ici, vous avez pu distinguer les Aurors qui vous suivraient sans problème et ceux qui ne peuvent pas vous voir en photo, n'est-ce pas ?

— Vous avez raison, Monsieur le Directeur.

— Bien. Vous pouvez choisir vos deux coéquipiers en sortant de ce bureau. Le sceptre se trouve actuellement au Département des Mystères. La mission doit être lancée dès ce soir ! »

Sans plus un mot, Ron fut invité à sortir et il s'exécuta. Il alla rejoindre Moore dans l'antichambre et ce dernier ne posa aucune question sur l'entretien qui venait d'avoir eu lieu. Il était peut-être au courant, mais le jeune sorcier jugea plus crédible que son ancien supérieur aie deviné tout seul de quoi il retournait.

Ils rejoignirent le Bureau des Aurors si rapidement qu'il crut avoir transplané. Une activité calme mais intense régnait à chaque table, devant chaque affiche. Moore laissa Ron sur le pas de la porte et regagna son bureau. Celui-ci resta quelques instants à juger la salle devant lui.

Il devait choisir deux personnes de confiance. Cependant, la seule personne présente en qui il avait vraiment confiance, était Dean Thomas. Il connaissait plusieurs Aurors pour avoir été avec eux à Poudlard, mais se souvenait à peine de les avoir croisés. Il repéra les quelques aînés présents, cependant il ne vit pas ceux dont parlait Gwenvael.

Son esprit fonctionna à toute vitesse. Il ne pouvait décemment pas prendre Dean et Harry dans son équipe. D'une part l'un des deux n'était pas là, et d'autre part, il risquait grandement de déséquilibrer l'équipe de Moore qui se retrouverait alors avec deux Aurors seulement. Il préféra donc se concentrer sur ses anciens condisciples de Poudlard.

Il y avait quelques rares Serpentard parmi eux, mais Ron ne les comptabilisa pas – plutôt mourir que de faire équipe avec l'un d'eux. Il devait impérativement prendre un Gryffondor dans son équipe, car cela instaurerait une supériorité idéologique, quel que soit le dernier membre de l'équipe : en effet, Ron était certain que tous les Gryffondor présents étaient dignes de confiance, de par l'aura qu'il dégageait en tant que Celui-Qui-Mange-Des-Acromentules-Au-P'tit-Déj'.

Cela laissait le choix entre deux personnes : Kenneth Towler et Patricia Stimpson. Il s'agissait de deux élèves de la promotion de Fred et George. Ils avaient été les seuls élèves de Gryffondor à poster une candidature chez les Aurors après la Deuxième Guerre. Towler était connu pour être facilement irritable, mais très efficace sur le terrain. Il était plus grand que Ron et bien plus massif. Cependant, il avait participé à l'opération à Chicago et venait donc de rentrer.

Stimpson avait été connue à Poudlard pour avoir fait une dépression avant les BUSE, selon les jumeaux Weasley. Mais depuis, elle avait réussi à garder un contrôle de ses nerfs remarquable si bien qu'elle avait à peine tressailli lorsqu'elle avait reçu son diplôme. Elle venait de rentrer d'une mission en Écosse et n'avait pas participé à des combats éprouvants depuis l'attaque de Plymouth.

Le choix de Ron se porta donc sur Stimpson. Le choix du second partenaire s'avéra plus difficile. Ron fut tenté de prendre Towler, mais il savait que s'il prenait deux anciens Gryffondor dans son équipe, il risquait de perdre toute crédibilité face aux autres. Il décida donc de prendre un Serdaigle ou un Poufsouffle.

Le seul Serdaigle dans son champ de vision était Alexandre Chambers, de la promotion précédente. Il était réputé pour être très vif, mais Ron l'élimina tout de suite : Chambers n'était pas à proprement parler un Auror, mais avait été attaché au Bureau de par ses connaissances en langues et cultures étrangères. C'était une affectation seulement temporaire et, une fois l'affaire du sceptre définitivement close, il rejoindrait la Salle des Archives.

Ron se tourna alors vers les Poufsouffle, où il en repéra trois : Windham Summerby et Gaëlle Summers, tous deux âgés de trois ans de plus que lui, et Adelhaidis Keogh, qui avait participé à l'évacuation du Ministre lors de l'attaque des loups-garous. Il avait déjà une femme dans son équipe et, par un souci d'équité, il préféra donc Summerby. Il était connu pour ses réflexes très rapides qui lui avaient permis de rattraper Diggory au poste d'Attrapeur, malgré son large gabarit.

« Vous avez choisi ? questionna Ospicus derrière lui.

— Euh… oui, Mr Ospicus. Je… je pense prendre Stimpson et Summerby. »

Ospicus le regarda avec un air surpris, mais il se contenta de hausser les épaules.

« Si vous pensez pouvoir leur faire confiance, je leur fais confiance. Stimpson ! Summerby ! Dans mon bureau, s'il vous plait ! »

Les deux intéressés levèrent la tête, étonnés d'être ainsi dérangés sans raisons apparentes par Ospicus. Mais celui-ci, suivi de Ron, avait déjà pris la direction de son bureau et y était entré lorsque les deux Aurors se décidèrent à le rejoindre. Stimpson ferma la porte derrière eux. Ron se mit de côté, pour laisser ses deux futurs coéquipiers seuls face à leur Directeur.

« Bonjour à vous deux. Si je vous demande de me rejoindre ici, c'est parce que j'ai une nouvelle affectation pour vous, révéla-t-il

— Mais, Mr Ospicus, je travaille déjà avec Doubt, intervint Stimpson.

— Plus maintenant, trancha le Directeur. Suite aux pertes récentes que nous avons subies, le Bureau va être légèrement réorganisé. Vous êtes tous les deux réaffectés dans une nouvelle équipe.

— Laquelle ? s'enquit Summerby.

— Sous les ordres de Mr Weasley, ici présent. »

Les deux Aurors se retournèrent d'un même mouvement pour mieux voir leur nouveau chef d'équipe, qui les salua d'un signe timide de la main. Summerby semblait méfiant, mais prêt à changer de chef d'équipe. Aussi grand et plus massif que Ron, son visage rectangulaire et ses yeux noirs ne laissaient rien transparaître, à part une curiosité méfiante. Il passa nerveusement une main dans ses boucles noir ébène. Quant à Stimpson, son visage en cœur et ses yeux vert bouteille témoignaient de sa joie d'être placée sous ses ordres. Ses cheveux acajou coupé en carré étaient agités de léger tremblement.

« Votre nouvelle équipe prend corps dès aujourd'hui, décréta Ospicus. Je laisse Weasley vous expliquer les tenants de votre prochaine mission à son bureau. Bonne fin de journée. »

Les trois Aurors sortirent et se dirigèrent tous vers le bureau de Ron. Les regards les suivirent sur le trajet et des murmures s'élevèrent ici ou là. Du coin de l'œil, Ron vit Dean légèrement déçu et Moore lui adresser un bref signe de la tête. Il s'assit et invita ses coéquipiers à en faire de même.

« Bon, explique-nous ce charabia Weasley ! exigea Summerby.

— Le Ministre a décidé de me nommer chef d'équipe suite à notre opération à Chicago, avoua l'intéressé. Puis Gwenvael et Ospicus m'ont demandé de former une équipe composée de deux autres Aurors. Je vous ai choisis car vous m'êtes apparus comme le meilleur choix.

— Quelle est notre mission, Ron ? s'enquit Stimpson qui avait du mal à concilier son excitation et son professionnalisme.

— Ramener le sceptre de Mulcahy aux Vampires dans la plus grande discrétion et récupérer Harry au passage, expliqua Ron

— Potter est donc détenu par les Vampires. C'est une mission suicide ? Dois-je prévenir ma femme ? railla Summerby.

— Ne sois pas si négatif, Wind ! réprimanda Stimpson.

— Non, ce n'est pas une mission suicide, confirma le jeune chef d'équipe. La discrétion sera notre meilleur atout et le plus vital. Moins les Vampires nous sentiront approcher, mieux ce sera. Je doute qu'ils nous tuent si on leur ramène le sceptre nous-même. Et il nous rendront probablement Harry, car celui-ci ne pourra alors plus être considéré comme un prisonnier de guerre. Nous partons dès que vous êtes prêts. Des questions ?

— Oui. Je peux avoir un autographe ? » demanda Stimpson avec un sourire radieux.

Ron la regarda, les yeux grands ouverts pendant quelques instants, ne sachant pas trop si c'était une blague ou si la jeune femme était sérieuse. Devant l'absence de réaction de celle-ci, il prit finalement une feuille de parchemin et y écrivit son nom. Puis il la tendit à Stimpson qui alla la ranger dans l'un des tiroirs de son bureau.

« Je suis prête ! » annonça-t-elle à son retour.

Ron se leva, imité par Summerby, et sortit du Bureau. Il nota qu'Ospicus les observait par l'une des fenêtres de son bureau. Il prit le dossier sur le sceptre, afin d'avoir toutes les informations disponibles. La nouvelle équipe se dirigea vers les ascenseurs et put en prendre un, complètement vide.

Ils montèrent jusqu'au Département des Mystères et traversèrent le couloir permettant de s'y rendre. À la grande surprise de Ron, la porte s'ouvrit avant qu'il n'arrive. Saul Funestar en personne, le Directeur du Département des Mystères, vêtu d'une longue robe blanche, vint à sa rencontre et lui tendit le sceptre sans un seul mot. Ron le prit, quelque peu décontenancé par la vitesse à laquelle se passait les choses, l'absolue similarité des évènements actuels avec ceux d'avant sa promotion.

Il observa l'artefact quelques instants, réalisant qu'il ne lui avait pas paru si lourd dans le ciel de Chicago. Il passa ses doigts sur le manche en platine pur, sentant la perfection du travail. Il posa sa main gauche sur le rubis qui surmontait le sceptre et ferma les yeux quelques secondes, ressentant la très faible pulsation de la pierre, comme si elle était vivante. Summerby s'éclaircit la gorge et Ron rouvrit les yeux. Funestar avait disparu.

« Quelle est la prochaine étape ? interrogea Stimpson.

— Nous nous rendons en Transylvanie. Notre destination finale est le Château de Csáky. Nous transplanerons directement à Almaşu. De là, nous nous rendrons jusqu'au château. »

Les deux Aurors acquiescèrent et suivirent Ron vers les ascenseurs. Ils arrivèrent à l'Atrium, rempli d'employés. L'attaque des loups-garous avait laissé de profondes marques dans les murs, le sol et le plafond, et Ron vit que plusieurs équipes du Service de la Maintenance Magique avaient été réquisitionnées pour effacer ces cicatrices. Les nombreuses zones de travaux rendaient l'espace encore plus étroit et les sorciers étaient encore plus serrés.

Le jeune sorcier dissimula le sceptre sous sa robe et préféra sortir par l'entrée principale du Ministère plutôt que de se rendre vers la zone de transplanage, bondée, ou prendre un Portoloin, trop compliqué. Ils arrivèrent à la surface et vérifièrent qu'aucun Moldu n'était présent avant de transplaner. Il se concentra sur la photo que leur avaient fourni les Mangemorts et représentant, selon eux, le lieu où vivaient les Vampires. Ospicus avait fait vérifier sur une carte le lieu en question et il correspondait à l'un des châteaux suspectés d'abriter les Vampires.

Ron tint fermement le sceptre dans sa main, ne voulant pas le perdre en route, et s'assura qu'il était toujours en sa possession lorsqu'il sentit le sol se matérialiser sous ses pieds. Après une rapide vérification, il ne s'était pas désartibulé et Summerby et Stimpson étaient eux aussi arrivés sans encombre.

Ce ne fut qu'à ce moment qu'il jeta un coup d'œil autour de lui. Ils se trouvaient dans une ruelle passant entre deux maisons de style ancien et aux toits pentus. Ron sortit de la ruelle après avoir usé d'un Sortilège de Réduction sur le sceptre et l'avoir rangé dans sa cape, suivi par les deux Aurors, et ils arrivèrent sur ce qui semblait être le centre d'un village.

Deux routes importantes s'y croisaient perpendiculairement à un carrefour. Le soleil avait déjà bien décliné et était à présent bas sur l'horizon, ce qui perturba Ron, jusqu'à ce qu'il se souvienne que l'horloge roumaine avançait de deux heures par rapport à l'horloge britannique.

Peu de voitures circulaient donc, les lampadaires avaient été allumés pour pallier déjà au manque de lumière, les commerces commençaient à fermer – sauf l'auberge et la brasserie que le chef d'équipe repéra à quelques dizaines de mètres à sa gauche – et les gens rentraient chez eux après une bonne journée de travail. Il y avait peu de jeunes parmi eux et beaucoup de personnes âgées.

Toutes les maisons se ressemblaient dans leur style ancien et moyenâgeux, mais la technologie avait réussi à passer par là et le jeune Auror constata que les fenêtres étaient aussi isolantes que chez lui, que l'électricité parcourait chacune de ces maisons, comme dans la rue où il habitait, à Londres. Les toits avaient la même couleur, ou du moins la même teinte, orangée et étaient conçus de sorte à ce que la neige ne s'y accumule pas trop.

On aurait dit un paysage de carte postale, si la pauvreté n'était pas si présente. Tout semblait la dissimuler, mais Ron avait vécu assez longtemps dedans pour la remarquer n'importe où. Ces murs qui se décrêpaient ici ou là, ces petites lézardes qui mériteraient d'être rembourrées, ces vitrines qui proposaient un choix d'articles convenables mais de moyenne qualité, ces personnes qui se cachaient dans l'ombre en faisant la manche, portant des vêtements de seconde main.

Mais ce qui le frappa le plus, c'était les regards des habitants : pleins de force et vie, mais terriblement malheureux et se contentant de vivre avec le peu dont ils disposaient. Ron se revit dans le Poudlard Express, la première fois qu'il avait rencontré Harry. Au passage du chariot de friandise, son futur meilleur ami avait sorti de sa poche plus d'argent que lui-même n'en avait jamais vu. Et il avait dû se contenter du roastbeef que sa mère lui avait amoureusement préparé. À la surprise totale de Ron, Harry lui avait alors proposé de partager ses victuailles.

Le jeune garçon s'était alors juré de pouvoir partager lui aussi quelque chose avec Harry. Celui-ci avait toujours refusé d'être remboursé, assurant que leur amitié valait bien plus que cela. Mais il acceptait que Ron paye à chaque fois l'addition de leurs achats communs car il savait que rien ne lui faisait plus plaisir.

Un éclat de voix le fit sursauter. Il se retourna en direction de l'origine du bruit, près de l'auberge. C'était un groupe de touristes qui venait de rentrer visiblement d'une excursion. Ron se mit en route vers le Nord, là où le château devait se trouver, à en croire les Mangemorts. Les trois sorciers étaient aux aguets, s'assurant qu'aucun Vampire ne les avait repéré. Il semblait étrange au jeune sorcier que ceux-ci n'aient pas laissé de guetteurs dans la ville jouxtant leur demeure.

Ils sortirent rapidement du village, mais ils n'avaient pas fait cinquante mètres qu'une voix poussa un cri derrière eux. Ils se retournèrent instinctivement, leurs mains sur les baguettes. Un vieil homme courait vers eux, en faisant de grand geste et s'exprimant dans une langue qu'aucun d'eux ne comprit. Mais vu le ton de sa voix, il devait être en train de leur déconseiller de continuer.

« Nu te duceacolo! Aceasta estePadureaBlestemat! Dacă te duciatunci cândse întunecă, vei muri. Staidevinelumina, un ghidte va duceacolo!1

— Nous ne sommes pas d'ici, s'excusa poliment Stimpson. Nous sommes anglais. Que voulez-vous dire ?

— Ah ! Anglais ! Suivre moi ! » s'exclama le vieil homme.

Intrigués, les trois sorciers suivirent le vieillard après l'approbation de Ron. Il les conduisit jusqu'à l'auberge du village et s'entretint rapidement avec la jeune femme à l'accueil. Le jeune chef d'équipe ne comprit absolument rien de la conversation, mais il était évident qu'ils en étaient le sujet. Trois étrangers portant de longues capes noires ne pouvaient qu'attirer l'attention. D'ailleurs, le groupe de touristes de tout à l'heure les regardait avec un air désinvolte.

« Bonsoir, messieurs dame », entonna alors la jeune femme dans un anglais parfait, avec cependant un léger accent. « Puis-je vous renseigner ? Mr Laptar vient de m'informer que vous comptiez vous rendre vers la Forêt d'Almaşu, est-ce exact ?

— Oui, confirma Ron. Cela pose-t-il un problème ?

— Cette Forêt à la réputation d'être sinistre…

— Comme toutes les forêts, nota Summerby.

— Non, je voulais dire maléfique, emplie de créatures dangereuses et magiques.

— Que voulez-vous dire ? » s'intrigua le jeune promu, soudain intéressé.

En effet, la Forêt d'Almaşu n'était pas connue pour renfermer des créatures au-dessus du niveau trois dans la classification du Ministère de la Magie, mis à part les Vampires et les loups-garous locaux qui s'y rendaient à chaque pleine lune pour ne pas blesser les leurs, ou qui y vivaient carrément.

« Toutes les personnes qui s'y sont aventurées la nuit s'y sont perdues et ne sont jamais revenues, prévint l'aubergiste. Tenez, une dizaine d'entre elles ont disparu il n'y a pas trois mois ! Il s'agissait aussi d'étrangers britanniques, maintenant que j'y pense. Ils portaient de longues robes noires qui dissimulaient leurs visages. Ils sont passés au milieu de la nuit, sans s'arrêter.

— Vous voulez dire qu'ils sont allés dans cette forêt, en pleine nuit, il y a trois mois ? interrogea Stimpson.

— C'est exact », approuva la jeune femme.

Ron sut, en regardant ces deux coéquipiers, qu'il ne pouvait s'agir que des Mangemorts. Ce qui leur indiqua qu'ils étaient sur la bonne voie. Il fallait désormais trouver un moyen pour sortir de cette auberge et que la population les laisse tranquille. La nuit commençait à tomber et il aurait bien aimé trouver le château avant que l'obscurité ne soit totale.

« Nous sommes de Scotland Yard ! » dévoila alors Ron, sous le coup d'une inspiration. « Nous venons ici pour enquêter justement sur la disparition de ces citoyens britanniques. Il s'agit… il s'agit de criminels recherchés pour… pour un braquage de banque », inventa-t-il en essayant de se souvenir des films moldus qu'Hermione lui avait montrés depuis qu'ils étaient ensemble. « Ils sont recherchés par tout le pays.

— Ah… la police… puis-je voir vos… papiers ? » sollicita la tavernière, soudainement plus alerte et suspicieuse.

Ron réfléchit en un quart de seconde à la marche à suivre. Il n'avait évidemment pas les papiers qu'il portait habituellement quand il se déguisait en policier moldu et le temps de métamorphoser les siens, les doutes de la jeune femme seraient encore plus grand.

Ce fut alors qu'il sentit un léger courant d'air lui frôler l'épaule et Ron suivit son instinct. Il sortit un bout de parchemin d'une des poches de sa cape et le tendit à l'hôtesse. Celle-ci le prit, le regarda quelques secondes, puis le lui rendit sans rien ajouter. Summerby avait donc bien jeté un Sortilège de Confusion.

« Eh bien, dans ce cas, je vous laisse poursuivre votre enquête. Bonne chance.

— Merci bien, mademoiselle. »

Ron sortit de l'auberge, suivi par les deux autres. Ils longèrent une nouvelle fois la rue jusqu'à la sortie du village. Cette fois-ci, personne ne les arrêta.

« Tu es trop impulsif, Weasley ! reprocha alors Summerby. Des policiers moldus, non mais vraiment ! Où avais-tu la tête ? Il ne t'est jamais venu à l'idée que la police britannique n'a pas le droit d'agir en dehors du territoire britannique ? Ou alors, avec l'aide de la police locale.

« Encore heureux qu'il n'y avait personne autour de nous, sinon nous aurions eu à lancer un sortilège à tous les témoins !

— Du calme Windham ! intervint Stimpson. Si Ron ne l'avait pas questionnée, on n'aurait pas eu la confirmation que les Mangemorts étaient effectivement passés par ici.

— C'est elle qui nous l'a quasiment livré sur un plateau ! On n'a même pas eu besoin de poser la question réellement.

— Il fallait bien que Ron explique pourquoi on tenait tant à aller dans cette forêt. Et il est plus qu'évident que nous ne sommes pas des locaux.

— Il aurait pu imaginer autre chose que la police…, argua Summerby. Lui dire que c'était un secret national ou un truc dans le genre.

— On dit secret défense, rectifia Ron. Et la police n'est pas habilitée à ce genre de secret. De plus, nous n'aurions pas pu nous faire passer pour des agents secrets car ces-derniers n'ont aucune raison d'enquêter sur un braquage de banque.

— Fallait inventer autre chose.

— Cette autre chose aurait posé bien plus de problème, crois-moi. Maintenant taisez-vous ! Nous approchons de la Forêt et il est probable que des Vampires y soient présents. Je ne veux pas être repéré avant d'être arrivé devant le château. »

En effet, moins de deux minutes plus tard, les trois Aurors pénétrèrent dans la Forêt, baguettes brandies et prêtes à riposter. Chacun était sur ses gardes et chacun scrutait méticuleusement les bois aux alentours. Les Vampires avaient montré leur puissance à de nombreuses reprises et aucun d'eux ne voulait être pris par surprise.

Il ne leur fallut parcourir qu'une vingtaine de mètres pour comprendre les mises en garde des villageois : une atmosphère sombre pesait sur cette forêt, une odeur sauvage régnait en maître et les bruits de pas semblaient étouffés par l'air lui-même : Ron sentait les brindilles craquer sous ses pieds, mais cela ne provoquait qu'un léger bruit.

De temps à autre, un craquement de branche ou le hululement d'une chouette se faisait entendre, ou le martellement du sol par un animal volumineux. Le jeune chef d'équipe jugea que tout ce qui était plus gros qu'un chat pouvait passer totalement inaperçu dans cette forêt… Et beaucoup de créatures de cette taille s'avéraient dangereuses.

Cela faisait une demi-heure que les trois Aurors étaient entrés dans la forêt et, mis à part les animaux et la végétation peuplant habituellement ces lieux, ils n'avaient rien rencontré de vivant. La nuit était désormais totalement tombée et le feuillage des arbres étaient suffisamment touffu pour obscurcir la lune.

Ron savait que s'il y avait des Vampires, ceux-ci les avaient sans doute déjà repérés. C'était pour cela qu'il avait réprimandé Summerby lorsqu'il avait allumé sa baguette : les lueurs des baguettes n'éclairaient qu'à une dizaine de mètres, mais étaient visibles depuis l'autre bout de la forêt. Si leurs ennemis ne les avaient pas encore repérés, inutile de leur faciliter la tâche. Et si cela était déjà fait – et c'était sans doute le cas –, inutile alors de s'éblouir avec une baguette, car un Vampire à dix mètres était aussi mortel qu'à portée de main.

Autant donc rester dans le noir, s'accommoder de l'obscurité et tenter de repérer les mouvements le plus loin possible. Et puis, en restant dans le noir, il leur serait possible de repérer le château de beaucoup plus loin. Les baguettes ne devaient être utilisées que pour défendre.

Ils marchèrent ainsi une heure supplémentaire à travers les bois, sans croiser le Château de Csáky. Mais l'atmosphère devenait de plus en plus oppressante au fur et à mesure qu'ils avançaient, l'air semblant devenir plus solide à chaque pas. Une odeur de sang s'était ajoutée à l'odeur sauvage et elle fut bientôt rejointe par une odeur de putréfaction. Stimpson eu du mal à retenir ses entrailles et Ron aurait bien voulu l'imiter.

Il pensa qu'un cadavre devait pourrir à quelques mètres de leur route, mais lorsque l'odeur les eût suivis pendant une bonne demi-heure, il comprit que c'était l'atmosphère même qui en était imprégnée. Et il allait sans doute en être de même pour ses habits, sa peau. L'avancée devint de plus en plus pénible, la forêt devenant de plus en plus sauvage.

Summerby glissa sur une flaque de boue nauséabonde et fut retenu in extremis par sa coéquipière. Ron tenta de scruter le plus loin possible à travers les arbres, mais il lui sembla que son champ de vision avait diminué, comme si un épais brouillard était en suspension. Pourtant, il y avait très peu d'humidité dans l'air. De la poussière alors ? Il n'aurait su que dire.

Soudain, un craquement sinistre retentit sur leur gauche, si violent et spontané que Ron ne put s'empêcher de sursauter. Il entendit les deux autres en faire de même. L'origine était très proche. Moins de vingt mètres. Le craquement fut suivi par une plainte… la plainte du bois. Un bruit de branches cassées. Puis Ron sentit plus qu'il n'entendit, une immense masse s'effondrer et basculer dans le vide.

Les trois Aurors avaient stoppé lorsque, sans alerte, juste derrière eux, un immense chêne s'abattit dans un tourbillon de feuilles, de branches et de poussières. Summerby, qui était le plus proche, fut recouvert de sciure de bois et le chef d'équipe vit qu'il avait reçu une entaille sur la joue. Les trois sorciers restèrent immobiles à contempler le roi de la forêt déchu, lorsqu'une masse noire passa sur le tronc à une vitesse effarante, en profitant pour faire voler Summerby trois mètres en arrière.

« On se regroupe ! » ordonna Ron.

Stimpson s'exécuta, tandis que Summerby les rejoignait en claudiquant. Les trois Aurors se mirent dos à dos, leurs baguettes balayant leur champ de vision dans des gestes frénétiques. Le jeune rouquin sentit un déplacement à quelques mètres devant lui et lança un Stupefix pour dissuader la chose d'approcher, bien qu'il sût cela parfaitement inutile. Visiblement, Stimpson avait aussi vu quelque chose, car elle lança un Sortilège du Saucisson, tout aussi inutile.

Le chef d'équipe essaya de faire le vide en lui et prit le risque de fermer les yeux. Il inspira lentement, essayant de ressentir la forêt autour de lui. Il entendait distinctement plusieurs bruits de pas… Les créatures avançaient sur deux pattes… ou plutôt des jambes. Cela ne faisait qu'officialiser ses soupçons. Il sentit sa coéquipière trembler légèrement à sa droite et Summerby qui dissimulait difficilement sa panique : sa respiration était saccadée et sa tension nerveuse s'affolait.

Combien étaient-ils ? Deux ?

Non, plus. Sans doute cinq, peut-être six.

Ron sentait que les Vampires tournaient autour d'eux à des vitesses surhumaines pour les affoler, tenter de séparer leur groupe, que l'un d'eux s'échappe en courant et se retrouve alors isolé.

Il rouvrit les yeux. Ceux-ci s'étaient accoutumés à l'obscurité, mais les créatures magiques se déplaçaient bien trop vite pour être clairement visibles. Soudain, il sentit une nouvelle présence derrière lui… plus précisément, entre lui et ses deux coéquipiers. Visiblement, les deux autres l'avaient sentie eux aussi, car ils s'écartèrent tous d'un même geste et découvrirent un Vampire au milieu de leur triangle.

À peine Ron leva sa baguette qu'il comprit son erreur : deux bras puissants vinrent l'immobiliser et le maintenir en place. Ils avaient été pris comme des rats et exactement comme ils l'avaient prévu : en rompant leur formation. La créature qui était venue s'insinuer entre eux se releva et découvrit ses longues dents blanches et pointues. Il portait une robe sombre, mais Ron ne put en déterminer la couleur exacte, ni le tissu dans lequel elle avait été faite. Elle devait cependant être de très bonne qualité.

Malgré l'environnement de la forêt, il n'y avait aucune tâche dessus, ni aucune éraflure. On aurait dit que la robe était comme neuve. Le jeune chef d'équipe regarda alors ses partenaires : Summerby était aux prises avec un Vampire qui devait mesurer au moins deux mètres et dont la corpulence indiquait clairement que tout combat physique était vain, quand bien même il se serait agi d'un humain. Quant à Stimpson, c'était une femelle qui la tenait avec tout autant de fermeté.

« Que vois-je, que vois-je ? se délecta celui qui avait rompu la formation. Des humains ici, dans notre forêt et en pleine nuit. Et des sorciers qui plus est. Vous êtes anglais, de toute évidence, ce qui indique que vous venez ici dans un but précis. Vous n'êtes pas des Mangemorts, vous n'avez pas utilisé de votre Magie Noire, ce qui vous permet d'avoir un sursis de quelques minutes…

— Nous sommes des Aurors du Ministère de la Magie britannique ! s'exclama Summerby. Relâchez-nous ou…

— Oui, oui », lança le Vampire d'un ton las, « on connaît la rengaine. Cependant, nous savons que vous êtes seuls. Personne ne vous a suivi et personne ne viendra vous sauver avant plusieurs jours. Vous êtes Aurors ? demanda-t-il. Cela implique donc que mon devoir est de vous exécuter immédiatement. Il est hors de question que des Aurors découvrent notre repaire…

— Attendez ! » intervint Ron, avant que le Vampire ne plante ses dents dans le coup de Summerby. « Nous ne sommes pas ici en temps qu'ennemis ! Nous venons comme messagers !

— Des messagers qui se tiennent en permanence sur leurs gardes ? railla leur adversaire. Des messagers qui n'hésitent pas à rester dans le noir pour mieux observer leur environnement ? Des messagers qui répliquent de façon offensive dès qu'ils sont attaqués ?

« Je ne sais pas quelles sont les pratiques chez les sorciers, du moins, je ne le sais plus, mais dans le Clan des Vampires, ça ne marche pas comme cela.

— Si vous nous tuez, votre Roi vous tuera à votre retour, prévint alors Ron d'un ton mystérieux.

— Que veux-tu dire ? s'enquit le Vampire en s'approchant de Ron en un battement de cils.

— Je veux dire que nous portons bien plus qu'un message », affirma Ron avec tout le courage dont il disposait. « Nous portons également la résolution de la guerre entre nos deux peuples. Si vous nous tuez…

— Notre peuple vaincra, trancha la créature magique.

— Sans doute, concéda Ron sous le regard horrifié des deux autres Aurors, mais vous finirez par disparaître et, avec un peu de chance, ça sera avant votre victoire.

— Que veux-tu dire, Auror ?

— Nous vous ramenons le sceptre de Mulcahy. »

1 N'allez pas là-bas ! C'est la Forêt Maudite ! Si vous y allez alors qu'il fait nuit, vous allez mourir. Attendez qu'il fasse jour, un guide vous y conduira !