Hey !
Alors, ce chapitre est pas mal en retard mais j'avoue qu'avec les fêtes et le calendrier, j'ai préféré attendre une semaine de plus avant de le poster. Parce que ça fait beaucoup à publier d'un coup mine de rien, et que d'une part je veux pas griller mes cartouches trop vite (même si là, y m'en reste plus des masses) d'autre part, le ratio review est toujours plus bas quand on publie masse, et c'est toujours plus motivant de poster quand on a des retours ? Bref, voilà.
Là on a un chapitre un peu calme, mais il lance pas mal de trucs que je vais utiliser plus tard, donc il est quand même bien utile.
Merci à Ima pour sa review sous le dernier chapitre !
Bonne lecture !
« - Oh. D'accord. »
Dem n'a jamais été aussi peu convaincant. Van peut lire en gros sur sa figure Attention déçu, comme s'il l'avait écrit au marqueur sur son front. Ses yeux verts cherchent le sol sous ses pieds. Il fait mine de se concentrer sur ses cordes et joue quelques accords pour occuper ses mains. Tout est bon pour distraire son esprit. Il est flag.
« - Et samedi prochain ?
- J'vais voir, mais normalement j'ai rien d'prévu. »
Là, le sourire du musicien revient doucement. Tant mieux. Vanitas n'aime pas le voir tout peiné. Un type qu'a autant la forme, ça déchire le cœur de lui trouver cette mine dépitée sur sa trogne, affalé sur sa guitare, à essayer de tromper sa déception. C'est comme de se retrouver face à un gamin qui pleure parce qu'il vient de casser son jouet préféré. Et autant le gamin, il s'en fout, autant Dem, c'est quand même son pote.
« - Et tu fais quoi du coup avec Ax, ce soir ? »
"Que je sache pourquoi t'annules notre soirée shoot devant La grande aventure Lego" , Vanitas peut presque entendre. Pour peu, il se sentirait coupable de le lâcher comme ça.
« - Resto, et c'est lui qui paie.
- Ah bah tout de suite, quand t'as rien à débourser …
- T'as tout compris. »
Ça, et Axel doit partir demain pour son boulot. Déplacement d'une semaine, aucune possibilité de se revoir avant qu'Avril ne commence. Et quoi que Vanitas ne trouve pas cette absence de sept jours si longue, il n'a pas envie de l'allonger en refusant l'invitation que le renard lui a fait. Ils se voient quasi tous les jours, vu le temps que la teigne passe chez son mec. Ça va lui faire bizarre de tenir une semaine sans découvrir sa sale tête au réveil. Il dirait même que ça va lui manquer. Mais il ne l'avouera pas devant l'allumé.
« - Va falloir demander un rendez-vous trois mois à l'avance pour passer la journée avec toi, bientôt. » Demyx dit en plaisantant.
« - Déconne pas, on s'voit tout le temps à la fac.
- C'est pas comme si t'y allais encore beaucoup.
- J'vais pas finir l'année de toute façon. Pas envie d'me faire chier en cours.
- C'est mieux d'te faire chier avec Axel ?
- Au moins on baise.
- Ah ouais, sûr que c'est plus risqué de faire ça en cours. »
Encore quelques notes. Vanitas termine la cannette qu'il s'est pris au foyer tout en jetant un coup d'œil à ses messages, guettant secrètement ceux du rouquin. Il attend le moment où il va lui dire qu'il a hâte de le retrouver, et les sous-entendus sous la ceinture quant à ce qu'il a prévu après le repas. Ces messages qui le font orgueilleusement sourire.
« - N'empêche, on te voit plus des masses en dehors de la fac, depuis que t'es avec Axel. »
Ah ? Le noiraud n'avait pas vraiment fait attention. Il agit comme il l'a toujours fait, en suivant ses envies. Et ce dont il a envie, en ce moment, c'est de passer du temps avec Axel. Avec les autres, il s'emmerde. Les gens l'intéressent moins. S'il peut s'envoyer en l'air avec un type cultivé qui sait tenir une conversation quand ils ne sont pas en train de se rouler des pelles – son mec, de surcroît – pourquoi s'en priver ?
« - Bah ça devient sérieux. C'est normal.
- Ça j'avais remarqué. »
Il doit vouloir dire autre chose, le petit punk, parce qu'il ne referme pas tout de suite la bouche. Mais il change d'avis. Van n'insiste pas pour savoir. Il hausse les épaules et il repose son récipient vide avant de s'affaler sur le canapé désormais vide du foyer presque aussi vide sur la fin d'année universitaire.
xoxoxox
J 94
Un appel. Ça lui prendrait quoi, dix minutes ? Même pas. Juste le temps de demander comment ça va. Ou même un texto. Enfin non, pas un texto. Quoi que Vanitas aime flirter avec la limite du foutage de gueule, si c'est pour faire un coup pareil, autant ne pas les contacter du tout. Ça ne l'avancera pas. Un mail ? Oui, pas bête. C'est plus officiel qu'un message, moins instantané. Et puis il pourra toujours retarder la lecture de la réponse qu'il recevra – encore faut-il qu'il en reçoive une – s'il ne se sent pas de l'affronter sur le tas. C'est moins risqué qu'un appel. Moins surprenant. Ou une lettre ? C'est plutôt une bonne surprise, non ? Mais il a une écriture dégueulasse, et il ne fait pas entièrement confiance à la Poste pour la livrer. Et puis, sérieusement, c'est-ce qu'il va bien pouvoir leur dire dans une lettre ? Ou dans un mail ? Un message ? Même au téléphone ? Il serait foutu de raccrocher sur le coup, dans un moment de panique.
Il peut aussi aller directement chez eux et sonner à la porte. Mais si jamais ils refusent de lui ouvrir, il aura fait le trajet pour rien. Et puis il préfère de loin se faire engueuler au téléphone, au moins, il pourra leur raccrocher au nez.
18h 47 – Larxene :
On fait ça vendredi si ça te tente.
Au Coin-G normalement mais Zack proposait le 7 O'clock
18h 50 - Vanitas :
D'acc, j'vais voir
Quoi que, au moins, une carte postale, ça ferait plaisir à Xion. Il prendrait de jolis petits chats, ou des fleurs bien roses comme elle les aime. Les aimait. Elle a six ans maintenant, ses goûts ont dû changer. Et puis, ce sont ses parents qui vont trouver la carte. Ils vont prendre ça pour une sacrée blague s'il leur envoie un truc pareil.
18h 52 - Yuyu-pi :
Au final c'est bon de mon côté, je viens aussi !
Brusquement, il lui vient l'idée que sa sœur pourrait le détester, après le gros silence radio qu'il a laissé. Peut-être qu'elle n'a plus envie de le voir. Ou qu'elle l'a oublié. Qu'elle ne le reconnaitra pas. L'angoisse le prend comme un poisson dans un filet de pêcheur. Il n'aurait pas pensé que ça pouvait faire aussi mal. Alors il fait comme toujours quand un sentiment lui est trop désagréable, il le chasse et pense à autre chose. En vérifiant compulsivement ses convo Messenger, par exemple. Heureusement pour lui, la populace répond vite.
18h 54 - Larxene :
Y aura l'avoir de ta vie, au passage
* l'amour
(A Van)
18h 57 - Vanitas :
la dernière fois que j'ai entendu quelqu'un utiliser cette expression, c'était en sixième de la part de mon prof.
Et ça faisait vraiment pitié
18h 58 - Larxene :
T'as cinq secondes pour retirer ce que t'as dit
19h 00 - Vanitas :
J'peux pas taper un message aussi vite.
Et même si je pouvais, je le ferais pas.
19h 02 - Larxene :
T'es qu'un sale con
J'vais dire à Ienzo de se trouver quelqu'un d'autre.
Est-ce qu'il a vraiment besoin de les recontacter, au fond ? Qu'est-ce que ça lui apportera ? Des engueulades, des emmerdes, des regards tristes ou condescendants, des questions auxquelles il ne voudra pas répondre. Des remarques.
Pire. Des On t'avait prévenu.
Ça, Van ne veut pas entendre. Il sait que ses parents avaient raison. Pas comme ils le pensaient, bien sûr, ils sont encore loin de la vérité. Mais ils n'avaient pas tort, cette histoire était une mauvaise idée. Parce qu'Axel n'était pas digne de confiance. Parce que leur relation n'a pas tenu.
Mais le corbeau sait qu'ils n'auraient jamais pensé la même chose d'une jeune femme au caractère similaire, alors il enrage de devoir encaisser ces reproches qui l'attendent. La simple anticipation d'une possible conversation lui fait serrer les dents. La colère lui griffe les nerfs, se prépare une place dans son coeur.
Il le sait, qu'il a eu tort. Il n'a pas besoin de se l'entendre dire. Il doit déjà vivre avec ça tous les jours.
19h 04 - Vanitas :
Trop tard, il est fou de moi
19h 05 - Larxene :
Exagère pas non plus.
C'est juste le côté brun ténébreux qui lui plait. Il se lassera vite de la partie connard
19h - 05 Yuyu-pi :
(Vous savez qu'il peut les lire vos messages, hein ?)
19h 06 - Vanitas :
Il te supporte bien toi, pourtant. Ça doit pas le déranger tant que ça.
19h 07 - Larxene :
Il aurait dû finir avec Demyx. Lui il est cool.
19h 10 - Vanitas :
Tu dis ça parce qu'il te masse les pieds quand tu lui demandes.
19h 11 - Larxene :
Même pas. Tu vois le mal partout, a force d'en faire.
19h 11 - Demdem :
Grave
J'approuve Larx (Pour Ienzo)
Vas-y traite moi de soumis, je dirai rien !
19h 12 - Vanitas :
T'es mal placée pour parler.
Et de toute façon Dem est pas intéressé.
Ah, si ?
19h 14 - Larxene :
*Est plus
Leur inquiétude ou leur satisfaction, s'il ne récolte pas les deux. Il ne supportera ni l'un, ni l'autre.
Et pourtant il est là, avachi sur son canapé, à chercher un début de message acceptable pour le mail qu'il compte leur envoyer. Ou un début de conversation plausible à lancer, quand un de ses deux géniteurs décrochera le téléphone. Il pourra noter les premiers mots à lâcher sur une feuille pour contrer le stress. Mais aussitôt qu'une phrase se fait dans son esprit, il la chasse. Trop pauvre, trop banale. Il ne peut pas user de mots quotidiens pour une première approche, pas après tout ce qui s'est passé ces trois dernières années. Enfin, non, justement, il ne s'est rien passé, mais c'est bien là tout le problème. Ces messages qu'il a appris à ignorer au fils des mois, le téléphone qu'il laissait vibrer sur la table, ces visites promises qu'il n'a jamais pris la peine de faire, ces fêtes qu'il a passées loin d'eux. Et leurs cartes postales. Il n'y a jamais répondu, à leurs cartes postales. Pas envie de s'emmerder avec les timbres.
C'était tellement simple de les ignorer. Tellement plus facile d'anticiper la dispute, de la contourner, de zieuter l'écran du téléphone pour mieux s'en détourner.
Mais qu'est-ce qu'il est censé faire, maintenant ? Comment reprendre une conversation qu'il a étouffée depuis presque deux ans ? Plus de deux ans, même. Il ne sait pas vraiment à quand remonte la dernière fois qu'il leur a vraiment parlé.
19h 16 - Vanitas :
Lol, très drôle.
Même Luxord fait mieux quand il essaie d'embobiner les gens.
Comment est-ce qu'on s'adresse à quelqu'un qu'on a pas vu depuis si longtemps ? Comment est-ce qu'on fait, quand il s'agit de ses propres parents ? Est-ce qu'on pardonne ? Plutôt crever. Pas d'excuses de sa part tant qu'ils n'en auront pas d'abord présentées. Il s'est suffisamment aplati comme ça avec l'autre. Plier le genou, plus jamais.
19h 17 - Vanitas :
Puis sérieux, Dem s'intéresse toujours à des mecs plus âgés que lui.
Leur demander comment ils vont, comme s'il ne s'était jamais rien passé entre eux ? Ignorer le temps, la distance, les colères enterrées qui ont patiemment poussé ? Pas la peine. Si c'est pour faire semblant chaque fois qu'il ouvre la bouche, Vanitas préfère encore la garder fermée.
19h 21 - Vanitas :
Non mais vous étiez pas sérieux hein ?
19h 22 - Demdem :
J'ai du lait sur le feu, je vous laisse, la purée m'attend.
Et il s'arrêterait bien là, sur cette réflexion pleine de sens qui lui suffit largement. Pas la peine d'aller leur parler, si c'est pour se manger le même résultat. Juste de la déception, d'un côté comme de l'autre. Il ne trouvera pas ce dont il a besoin auprès de sa famille. Et ses parents ne verront jamais en lui l'enfant qu'ils auraient voulu. Ils ont Xion, de toute façon. Xion qui doit les rendre si fiers, en comparaison. Leur parler pour serrer les dents à chaque entrevue, toujours se ramasser les mêmes remarques, non merci.
Il préfère encore le froid et l'absence.
19h 22 - Vanitas :
Hein ?
19h 23 - Larxene :
C'est chiant de pas savoir, hein ?
19h 25 - Vanitas:
Ca me change pas, t'es chiante tout le temps.
Allez dit
Et Dem fait pas chier aussi, répond
19h 26 - Larxene :
Bah non. T'iras à la pêche aux infos tout seul.
19h 28 - Vanitas :
T'es pas drôle là. T'as commencé à parler, tu racontes
19h 30 - Larxene :
Toi tu crois encore au père Noël.
Alors pourquoi est-ce qu'il est là ? Pourquoi est-ce qu'il y réfléchit encore ? Pourquoi ça lui prend la tête comme ça, et puis le cœur aussi ? Pourquoi est-ce qu'il se sent paumé ? Pourquoi est-ce qu'il a envie, malgré tout, de lancer une maigre tentative à l'égard de ses parents ? Une bouteille à la mer.
Bon, parce que Xion lui manque. Ça, il le sait. Il l'a toujours su durant ces trois longues années passées loin d'elle.
19h 31 - Vanitas :
Nique-toi.
19h 32 - Larxene :
T'aura qu'à demander à Ienzo vendredi quand tu le verras.
Ou quand il lira
19h 33 - Vanitas :
Je viens pas tant que t'as pas répondu.
19h 35 - Larxene :
Bah dommage, parce que je te répondrais pas
Et ramène des meufs si tu peux, on a quasiment que des mecs d'inscrits et je compte pas passer la soirée mon verre à la main
19h 38 - Vanitas :
Va planter des radis.
Pour ne pas avoir mauvaise conscience, aussi. Parce que c'est lui qui a coupé le contact. Doucement, mais sûrement. Il a cessé de leur répondre, sans jamais initier la moindre conversation. Il laissé le tout pourrir dans un coin. Alors c'est à lui de faire le premier pas, maintenant. Il n'a pas le choix.
Mais est-ce qu'il en a vraiment envie ?
Alors, le chapitre vous à plu ? C'était le dernier de Décembre, on se retrouve la semaine prochaine et on attachera l'année avec un morceau plutôt joyeux, promis !
