Bonjour à toutes et à tous !
Bienvenu pour ce chapitre 16 !
Avant tout, je vous souhaite à tous une très bonne année 2020! Je vous souhaite amour, joie, prospérité et beaucoup de lecture aussi!
Avant de répondre aux reviews, je voulais faire une annonce importante: à partir de ce chapitre, je publierais désormais toutes les deux semaines, le jeudi à 17h. Je me retrouve, comme beaucoup d'auteurs dans mon cas, à être rattrapée par la vie courante, et je n'ai plus autant de temps que je l'aurais souhaiter pour me consacrer pleinement à ma fiction. Je vous promet que je la terminerais parce que je déteste commencer des fics qui finissent par être abandonnées, mais cela mettra juste plus de temps que ce que j'avais penser… De plus, à partit du chapitre 19, nous entrerons dans le 3eme et dernier act, donc je comptais prendre quelques semaines pour vous faire des chapitres bétons avant de les poster...
cette mise au point terminée, passons au programme de ce soir: des quileutes, un peu plus d'explications sur les originels, une réunion extraordinaire, et un Edward nouveau! prêtes pour la suite jeunes gens? C'est par ici!
Réponses aux reviews anonymes :
aurelie355 : bonjour aurélie! comment vas tu? Je te souhaite une très bonne année, et tous mes vœux de bonheur, richesse, etc...
j'ai passer de tes bonnes fêtes, je te remercie! et toi? As tu été gâtée? je te le souhaite en tout cas!
comme je l'ai dit plus haut, oui, oui, je compte bien mener à terme cette fiction qui me tiens vraiment à cœur, et j'espère qu'à toi aussi lol. en revanche, je en publierais plus qu'un jeudi sur deux, parce que je n'ai plus assez de chapitres d'avance, et avec mon travail à coté, je ne peux plus vraiment consacrer assez de temps à cette fic pour qu'elle ait la même qualité qu'avant si je veux publier tous les jeudis.
je te souhaite une très bonne lecture,
bisou
Mya
*** Bonne lecture ! ***
Chapitre 16 : la tribu d'une seule
POV Bella
Le moins que l'on puisse dire, après trois très longues heures en voiture, aux côtés d'Angela ce n'est qu'aucune de nous deux n'est prête pour la confrontation qui aura, inévitablement, lieu demain et plus encore, laquelle de nous deux est la plus stressée par ce fait.
Peter et Jazz ont eu la délicatesse de nous mener jusqu'à Washington en courant, dernier rempart où aucun des loups ne peut venir, sous peine de sortir de sa zone de « travail » avant de devoir nous laisser prendre une voiture de location, afin de rejoindre Forks.
A seulement dix minutes de voir le panneau d'entrée dans la ville, la voiture ralentit un peu plus, m'offrant, encore une fois, la preuve qu'il me fallait : Angie n'est absolument pas prête à revoir Charlie, et le soulagement sans bornes que je ressens me prouve que moi non plus.
— Je pense qu'il serait préférable que nous allions passer la nuit chez mes parents déclare-t-elle, tendue, ses mains serrant le volant.
— D'accord soufflé-je, dans le même état. Nous pourrons toujours prévenir Charlie demain matin, avant d'aller le voir.
Elle ne me répond pas, mais son corps se tend d'autant plus, et sa bouche se crispe de colère. Je ne saurais dire si la raison en est la manière déplorable avec laquelle mon père l'a quittée, dans son lit, il y a trois semaines, ou bien la peur de ce qu'il pourrait faire, en la revoyant.
Je connais assez Charlie, maintenant, pour pouvoir dire qu'il ne s'en prendrait pas physiquement à elle ni même en cherchant à attenter à sa réputation, puisque lui a eu beaucoup de mal à se défaire de celle du père divorcé et épleuré.
Mon malaise grandit un peu plus encore, comme à chaque fois que je suis loin de mon compagnon, et lorsque nous nous garons devant le domicile des Webber, toutes lumières éteintes, donnant à leur maison un air hanté, je ne peux retenir le frisson désagréable qui me secoue.
— Dépêchons-nous de rentrer souffle-t-elle, regardant de tous côtés, en prenant son sac de voyage. Je n'aime pas être dehors en pleine nuit, ici.
— A croire que Forks est le repère des créatures surnaturelles tenté-je de retenir un bâillement en souriant.
— Toutes les petites villes cachent leurs grand secrets Bella rit-elle, amère, en récupérant sa clef sous un pot de fleurs. Les vampires et les loups ne sont qu'une part de ces secrets, ils sont la face émergée de l'iceberg.
Je hoche la tête, parfaitement en accord avec elle, alors qu'elle me fait signe de ne faire aucun bruit, pour rejoindre l'étage, où je peux, enfin, déposer mon sac, et me laisser tomber dans son lit mais, même là, l'impression d'être observée ne s'évanouit pas.
— Angie ? soufflé-je, souhaitant faire s'enfuir cette sensation. Tu ne te sens pas observée ?
— Non fronce-t-elle les sourcils. Pourquoi ?
— Depuis que nous sommes partis de Salem, j'ai l'impression que quelqu'un nous regarde, suit nos déplacements. Je ne me sens vraiment pas à l'aise Angela.
Alors que je pensais ne pas être prise au sérieux, ou, au pire, qu'elle aurait fait diversion elle s'élance jusqu'à la fenêtre, l'ouvrant vivement pour tenter d'apercevoir quelqu'un puis revient vers moi, un grimoire à la main.
— Que fais-tu ? murmuré-je. A quoi va te servir ce livre ?
— Je me servais de ce dispositif, quand les Cullen habitaient encore Forks m'explique-t-elle. Il y a une formule, pour protéger des personnes, en les nommant. C'est très efficace.
Perplexe, je la regarde exécuter le rituel, tentant de me concentrer sur ses mots et ses gestes mais la fatigue, de même que la faim, pour le bébé, commencent doucement à me faire divaguer, et ma vision se trouble, se teintant doucement de rouge. Un rouge carmin. Un rouge de sang.
Lentement, je commence à entendre le son des battements de cœur d'Angela se faire plus précis, le bruit que fait son sang, en naviguant dans ses veines, et mes yeux ne parviennent pas à se détacher de sa carotide, ou celui-ci pulse bien plus fortement, comme une musique si douce et chantante à mon oreille.
— Bella ? demande Angela, incertaine, m'arrachant à ma contemplation. Que se passe-t-il ?
— Faim.
Ce gémissement plaintif qui sort de ma bouche est si bas, si grave, que moi-même, je peux en entendre l'urgence. La peur doit suinter de tout mon corps, et, pourtant, inexorablement, ma main continue à avancer, pour venir enlacer la taille de mon amie, ma tête raccourcissant la distance entre mes lèvres et son cou.
Par pitié gémis-je inlassablement dans ma tête je ne veux pas tuer Angie, s'il te plait, ne me la fait pas tuer. Mais l'instinct est très fort, trop fort, même et malgré toute ma combativité, je parviens rapidement à lover ma tête dans son cou.
— Bella, il faut que tu reprennes le contrôle halète-t-elle, sa peur prenant le dessus, elle aussi. Je sais que le bébé a faim, mais tu dois te contrôler.
— Pitié soufflé-je, alors que je sens le charme des vampires se mettre en action. J'ai tellement faim.
Je la sens à deux doigts de se laisser convaincre, sa résistance faiblissant à grand pas, alors que je pensais que cela n'était pas possible, pas sur une sorcière aguerrie. Cependant, dans un sursaut de conscience, elle se détache de moi, se reculant jusqu'à la porte.
— Je vais appeler le major soupire-t-elle, le souffle saccadé par la peur. Lui, saura quoi faire.
Les yeux emplis de gratitude pour sa réaction, je me laisse retomber sur le lit, alors qu'elle sort son portable et compose furieusement le numéro de mon compagnon, un compagnon au sang si doux, à l'odeur si enivrante….
— Quoi ? grogne-t-il, à peine a-t-il décroché.
— Nous avons un problème major soupire-t-elle.
— Bella ?
L'inquiétude est perceptible dans sa voix, et je suis certaine de l'entendre enfiler des vêtements, à travers le combiné. C'est surement la première fois que je sens les capacités sur développées des vampires agir sur moi, et cette sensation est grisante. Plus jamais personne ne pourra me cacher quoi que ce soit.
— Pour reprendre ses mots grimace-t-elle elle a très faim.
— Le bébé ? Demande-t-il confirmation.
— Je pense hoche-t-elle la tête. Elle a ses crocs de sortie, mais elle parvient à rester assez sagement sur le lit, donc cela devrait pouvoir attendre, mais fait vite, je n'ai pas prévu de devenir un bon vin.
— Je suis là dans moins de trente minutes raccroche-t-il.
Les minutes s'égrènent difficilement, et mon emprise sur la soif du bébé s'amenuise de plus en plus, ma peur prenant le dessus.
Que ce soit celle de faire du mal à Angie, celle de devoir, encore une fois, boire du sang, ou bien celle de me sentir encore observée tout cela joue contre moi, et le peu de résistance que je possède.
La porte de la chambre de mon amie pivote violemment, nous faisant toutes les deux sursauter, mais je me fiche royalement du fait que ce bruit pourrait bien réveiller ses parents. Non, tout ce que je vois, c'est le corps de mon compagnon, et la mélodie enivrante de son sang.
— Angela, sors de cette chambre gronde-t-il dans sa direction, avant de placer ses yeux noirs dans les miens. Alors, darling, on joue avec le feu ?
En moins d'une seconde, le sourire en coin satisfait qu'il arbore s'évanouit, alors que je le plaque violemment contre le mur, mon corps se moulant parfaitement contre le sien, ma tête nichée contre son cou, ma langue jouant sur sa peau.
— Sois mignonne, et évite de me mordre là, darling susurre-t-il, sa main se plaquant contre mes reins, me pressant contre son érection grandissante. Je ne suis pas là pour jouer au docteur.
— Mien feulé-je. Je veux ton sang major.
— Tu vas l'avoir rit-il, sa voix grave m'entourant. Mais dans le lit.
Je fronce les sourcils, mécontente de devoir attendre, mais la promesse d'avoir bientôt le droit de goûter à ce liquide si enivrant, cette saveur si douce, me fait puiser dans mes dernières forces, en matière de résistance.
L'attrapant vivement par le poignet, je le tire derrière moi jusqu'au lit, avant de l'y allonger, montant à califourchon sur ses cuisses. Pendant une simple seconde, je me demande comment puis-je parvenir à le maitriser de la sorte, alors qu'en temps normal, pas même un séisme n'y arriverait.
— Satisfait ? grondé-je, n'ayant pas conscience de mon bassin qui ondule contre le sien.
— Non, darling soupire-t-il. Mais, toi, tu le seras bientôt.
Aussi patiente que je le puisse, je le laisse porter son poignet à sa bouche, avant de le mordre doucement, son sang perlant faiblement contre sa peau, m'hypnotisant. Dans un état second, je n'ai pas réellement conscience d'en faire de même avant que nous échangions nos membres, et un mélange d'enfer et de paradis se déversent en moi.
La saveur acre et fruitée de son sang, mélangé à son venin est digne de l'ambroisie des dieux, mes gémissements de contentement ne faisant que s'échapper de ma gorge à intervalle régulier, alors que ma bouche suce toujours plus fort sa peau, se délectant de ce divin nectar.
Néanmoins, dans ma tête, le fait de devoir, encore une fois, boire son sang, me répugne. Comment ai-je pu, décemment, vouloir devenir ce genre de personne ? Le genre de personne à devoir aller à l'encontre de ses propres principes ?
Jamais, de toute ma vie, je n'ai voulu faire de mal à quiconque mais, depuis que ce bébé vit en moi, chaque jour est un nouveau combat que ce soit contre la peur, qui engendre la soif, l'envie, qui décuple mes forces, ou la haine qui devient trop forte, écrasant tous mes sentiments au passage.
Une légère vague de regret, et ce que j'estime être des excuses, de la part de celui-ci, me ramène au présent, et à la raison pour laquelle j'ai eu ce besoin de me nourrir, ce besoin qui a fait hurler tout mon sang. Pour lui. Pour ce bébé. Pour notre bébé.
Ce petit jeu dure, peut-être, une demi-heure, avant qu'il ne soit rassasié puis des lumières blanches se mettent à clignoter devant mes yeux, et toutes l'assurance que j'avais, toute cette super force qui était en moi s'évanouit.
Lourdement, je me sens retomber contre le torse du major, alors que celui-ci finit de lécher la plaie pour l'aider à cicatriser plus rapidement puis il me fait lentement basculer dans le lit, m'entourant de son bras, tandis que la fatigue s'abat violemment sur moi.
— Tu devrais te reposer darling, je vais y retourner soupire-t-il, commençant à se relever.
— Tu retournes à Salem ? demande-je, la peur de le voir s'en aller revenant.
Il est assez ironique de voir que Forks à ce pouvoir sur moi. A chaque fois que nous sommes réunis, tous les deux, dans cette ville, il finit toujours par s'en aller, et je reste toujours, seule, derrière lui. Cette constante finira elle par s'en aller, un jour ?
— Je devais rester à Seattle pour la nuit m'apprend-il, en se rasseyant mais Peter m'a dit que nous devions prévenir les Cullen dès demain de l'imminence du combat, et de l'arrivée prochaine des loups.
— A Salem ? m'exclamé-je, ahurie. Que diable viendraient ils faire chez nous ?
— Je ne sais pas hausse-t-il les épaules mais je fais confiance à Peter, et j'ai foi en son don. S'il dit que les loups vont venir, je préfère, moi aussi, aplanir les choses avec eux, avant qu'ils ne débarquent.
— Mais, ils ne pourront pas s'en prendre à la famille, si ? demandé-je, d'une toute petite voix.
— Salem est une enclave, certes hoche-t-il la tête mais cela n'empêchera pas Edward de s'en prendre à un des loups, s'il estime que ce qu'il voit dans leur tête ne lui plait pas. De même, si Alice ne parvient plus à voir notre futur, à cause de cela, alors il y a fort à parier qu'il fera tout pour la défendre, même si, dans le fond, elle n'est pas en danger.
Je ne comprendrais surement jamais ce lien profond qui les uni, Edward et elle mais je sais que Jazz a raison. S'il sent que sa sœur est en danger, il fera tout pour protéger sa famille, coute que coute, et peut importer pour le reste du monde.
— D'accord hoché-je la tête, à mon tour. Retournes-y, et dit à Peter de faire attention à Elena.
— Pourquoi ? fronce-t-il les sourcils.
— Parce que les Cullen ne savent pas qu'elle est au courant pour vous, pour nous tous, et encore moins pour les loups. Alors elle pourrait devenir une monnaie d'échange contre leur vie, si les Volturis viennent à être au courant que j'étais, moi-même, déjà informée de la vérité sur leur nature.
— Tu n'as pas tort…
Après un baiser bien trop rapide à mes yeux, il s'enfuit encore, me laissant seule dans le lit d'Angela avant que celle-ci ne revienne avec deux parts de gâteau au chocolat, un seau de glace à la menthe, et deux grosses cuillères.
— Je me suis dit que le bébé ne devait pas être le seul à avoir faim rit-elle, en restant sur le pas de la porte.
— Tu n'as pas tort ris-je à mon tour. Je suis affamée.
— Tu peux baisser ton bouclier maintenant Bella.
Un instant déconcerté par ses mots, c'est en voyant la douce lumière iridescente bleue, sur les murs, que je prends conscience, qu'encore une fois, j'ai eu ce besoin instinctif de me protéger, en nous entourant de notre bulle, Jazz et moi, pour avoir de l'intimité.
— J'ai pris menthe fait-elle, en venant s'asseoir à mes côtés je me suis dit que cela aiderait à faire passer le gout du sang.
— Ne parle pas de sang grimacé-je. J'ai l'impression d'en avoir encore dans la bouche.
— Techniquement, tu en as encore sur les lèvres, mais je peux comprendre ce que tu veux dire rit-elle, me tendant une lingette.
— Quand est-ce que cela va se terminer soupiré-je. Je ne pourrais jamais chasser de proies, je déteste l'idée de blesser quelqu'un !
— Pourtant, ce soir, et même samedi dernier, tu n'as blessé personne réfute-t-elle, me donnant une cuillère.
— Si soufflé-je j'ai blessé Jazz.
Ce sentiment grandissant de l'avoir meurtri, de lui avoir ajouter une cicatrice, lui qui en a déjà tant, me révulse totalement. Il a survécu à des guerres aux cotés de cette folle de Maria, a réussi à éviter les Volturis, et Aro mais il a fallu qu'il me rencontre moi, pour accepter d'avoir de nouvelles cicatrices.
— Il y a une chose que tu n'as pas compris, visiblement secoue-t-elle la tête, retenant un soupire. C'est dans l'instinct des originels, de vouloir marquer leur compagne, d'échanger leur sang, comme vous venez de le faire.
— Je ne te crois pas soufflé-je, le cœur battant.
Se pourrait-il que ce que nous ayons fait, lui et moi, il y a moins de dix minutes, soit aussi naturel que de respirer, ou même de cligner des yeux ?
— Si tu ne me crois pas hausse-t-elle les épaules, avant d'enfourner une nouvelle cuillérée tu n'auras qu'à demander à Peter et Charlotte comment se passe chaque nuit après un combat.
— Mais nous ne nous sommes pas battus réfuté-je.
— Cela importe peu, Bella soupire-t-elle. La montée d'adrénaline que tu as eue, dû à la peur de te sentir observée, c'était un combat, contre une force extérieure. Ta volonté de ne pas me mordre, c'était un combat personnel.
Je hoche la tête dans le vague, notant, cependant qu'elle a l'air profondément ancrée dans ses pensées, alors qu'elle apporte lentement sa cuillère à sa bouche, dans un geste purement automatique.
— Tu devrais lire le traité sur les originels qu'a écrit Didyme, tu sais déclare-t-elle, d'un ton absent. Je pense que cela t'aiderait beaucoup à voir les choses sous un autre angle.
— Un traité ? m'exclamé-je, ne comprenant plus. Mais je croyais que Didyme n'avait eu qu'une vision de la bataille finale entre Maria et le Phoenix.
— Elle a eu plusieurs autres visions, auparavant, mais celles sur votre race ont été assez fréquentes, à la fin. C'est pour cela, qu'elle a écrit un traité dessus, et je pense qu'il s'agit de la raison pour laquelle Aro souhaite, à ce point s'entourer de vampires doués.
Un long frisson me remonte l'échine, à la mention de ce nom. Je ne compte plus le nombre de fois où, cette semaine, je me suis réveillée en sueur, désorientée, et tremblant de peur, après avoir revécue le souvenir de ma mort, par ses crocs.
Aucune de nous deux ne cherche à relancer la conversation à ce sujet, après cette discussion puis, lentement, les brumes du sommeil viennent m'entourer, me portant, doucement, dans un monde où rien ne peut m'atteindre, celui de l'inconscience.
Mon réveil, le lendemain matin, est digne d'un de ceux que me promettent, très souvent, Rose et Emmett.
Le son étouffé des voix de Charlie et Angie me parviennent, malgré la porte de la salle de bain entrouverte et le moins que l'on puisse dire, c'est que mon père n'est, réellement, pas très heureux de la tournure que prend la discussion.
— … elle est ma fille ! s'énerve-t-il franchement. J'ai le droit de vouloir la protéger, non ?
— Bien sûr Charlie soupire mon amie. Mais tu dois aussi comprendre qu'elle est le sauveur de leur race, le sauveur de toutes les créatures surnaturelles, ainsi que des humains.
— Allons bon ricane-t-il maintenant, tu vas rajouter mes semblables à ta liste ? Qui seront les prochains ? Les leprechauns ?
Si Charlie commence à perdre patience de cette façon, j'espère très sincèrement qu'Angie saura dénouer cette situation, parce que, moi, je ne compte pas me mêler de cette affaire, et encore moins affronter mon père, au réveil.
— Qui crois-tu que Maria prendra, comme victime, si Bella ne la tue pas ?
J'ai beau ne pas être dans la même pièce qu'eux, je pourrais jurer entendre dans sa voix qu'elle est entrain de lever les yeux au ciel, tant sa lassitude est grande.
— Tu joues sur les mots grimace-t-il.
— Non Charlie ricane-t-elle, à son tour. Le pro des petits mots, c'est toi, pas moi.
— Je ne veux pas revenir là-dessus !
— Pourtant, il faudra bien qu'un jour, tu assumes ce qu'il s'est passé ! s'énerve-t-elle. Tu peux te répéter tous les mensonges que tu veux, essayer de te convaincre que ce que nous avons fait était mal, pour finir, il n'en reste pas moins que tu as fini par tomber amoureux de moi, de la même manière que, moi, je l'ai fait.
— Tu es en plein délire.
Sa voix est un ton plus bas, son emprise sur ses mots est moins assurée, et tout son être suinte la peur d'être percé à jour mais il tient bon, campant fermement sur ses décisions.
— Donc, tu vas me dire que, le matin, quand tu te réveilles, tu ne penses pas à moi, n'est-ce pas ? susurre-t-elle, s'approchant de lui.
— Non ment-il.
— Et tu vas me dire, aussi, que lorsque tu es sous la douche, tu ne penses pas à moi, ni à mon corps, ni même à mes doigts ou ma bouche, je me trompe ?
Mon envie de vomir, en entendant cette conversation se bat avec la fascination de sentir la puissance que dégage Angie, de même que ce sentiment d'être acculé, que ressent mon père, en cet instant.
— Je ne suis plus un adolescent souffle-t-il.
— Pourtant, tu réagis, en ce moment même, comme un adolescent chuchote-t-elle, plaçant sa main sur son entrejambe.
Comment puis-je entendre tout cela, savoir avec précision ce qu'il se passe dans cette salle de bain, alors qu'elle est à plusieurs mètres de moi ?
— Angie, s'il te plait soupire-t-il, alors que la luxure suite de tous ses ports. Ma fille est à côté.
— Et elle est bien réveillée, si vous vous posez la question crié-je.
Immédiatement, je sens toute la détermination d'Angela fondre comme neige au soleil et le malaise grandissant de Charlie m'assaillir.
— Pas la peine d'être gêné papa ris-je, depuis le lit d'Angie, maintenant sûre de ne rien entendre. Elle est très forte pour persuader les gens, et leur faire avouer ce qu'ils préfèrent garder cacher.
— Tu as bien dormi ? fait-elle, en entrant dans la chambre, tirant un Charlie, tout blanc, dans son dos. Tu n'as pas arrêté de te retourner dans le lit, et d'appeler Jazz.
— J'ai hâte de rentrer à la maison, c'est tout soupiré-je, désolée de percevoir le sentiment d'abandon de Charlie. Je déteste être dans l'attente, comme en ce moment. Bonjour Charlie.
— J'ai réussi à t'organiser un rendez-vous avec le conseil, dans une heure lance-t-il, hochant la tête en guise de salutation. C'est Billy qui vous recevra Bells.
— Je croyais que nous devrions faire face à tout le conseil souris-je, apaisée.
— J'ai convaincu Billy qu'en petit comité, ce serait mieux ronchonne-t-il.
Encore une fois, son sentiment d'abandon revient, mais je n'en comprends pas la signification. Je pensais, pourtant, qu'il était déjà au courant, pour les loups, alors pourquoi ressentir cela, s'il sait déjà que son ami lui a menti ?
— Je suppose que je n'aurais pas le droit de dire qui sera le représentant humain, si ? demandé-je confirmation à Angie.
— Tu as le droit de le faire, mais Jazz à raison, ce serait mieux de les laisser dans le flou, au moins jusqu'à l'assemblée des peuples. Ils pourraient chercher à lui faire changer son vote, et tout serait annulé.
— Pourquoi ? fronce-t-il les sourcils. Elle pourra toujours retenter sa chance, non ?
— Elle ne le pourra pas secoue-t-elle la tête, désolée. Une demande, une seule fois, c'est une des règles de l'assemblée.
— C'est pour cela, que vous m'avez choisi moi, n'est-ce pas ?
— Oui Charlie souris-je, peinée. Je sais que nous te mettons beaucoup de pression sur les épaules, mais aucun de nous ne voyait qui, mieux que toi, pouvait nous défendre, face aux Quileutes.
Il secoue doucement la tête, se perdant dans ses réflexions, alors que son regard se perd par la fenêtre, en direction de la forêt.
— D'accord, j'accepte soupire-t-il. Je vous donnerai mon vote, durant cette assemblée. Mais, si j'étais vous, je me méfierais du changement qui a été apporté, dans la meute.
— Quel changement ? s'affole Angie. Sam n'est plus l'alfa ?
— Il l'est toujours hoche-t-il la tête, peiné mais Billy est mourant, et Jacob est son seul descendant male. Si Billy vient à mourir avant l'assemblée, alors il faudra faire avec Jake.
— C'est une bonne chose rit Angie il est amoureux de Bella depuis la maternelle, il ne pourra pas lui dire non !
J'ai beau adorer l'entrain et l'enthousiasme de mon amie, sur ce coup-ci, je peine réellement à la suivre dans son envie de rire. Qu'il ait été amoureux de moi, ou qu'il le soit toujours, va poser un problème, lorsqu'il apprendra que je suis enceinte de son ennemi naturel.
Pourtant, elle ne se défait pas de son enthousiasme débordant toute la durée qui nous sépare de la Push, elle et moi, m'en donnant même le tournis. Comment cette fille si réservée, peut-elle être si vive, dans un cas comme celui-ci, ou, pour ma part, seule la peur prédomine.
Me faisant sursauter violemment, un loup déboule des sous-bois, alors que nous venons à peine d'atteindre les limites de la réserve Quileute, nous menaçant de ses crocs aiguisés, les yeux brulant d'une rage pure.
— Pour la discrétion, nous repasserons soupiré-je, défaitiste.
— De toute façon, nous devions être escortées jusqu'aux terres tribales hausse-t-elle les épaules, pas le moins du monde effrayée. Cela ne change pas vraiment nos plans.
— Il n'a pas l'air réellement enjoué de nous y conduire Angie fais-je, le montrant de la main.
— Paul est un poil tatillon, et il n'aime vraiment pas les vampires.
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle a le sens de l'euphémisme ! Les grondements sourds qu'il pousse semblent avoir ameuter le reste des troupes, et, devant nous, se dressent douze loups furieux avant que l'un d'eux ne file dans les sous-bois, pour revenir, changé en homme. Nu.
— C'est une blague j'espère ! m'écrié-je, protégeant mes yeux de la vue de Jacob dans le plus simple appareil. Le nudisme fait partie de leurs coutumes ?
— En général, lorsqu'ils reprennent forme humaine dans les sous-bois, ils reviennent habillés m'apprend-elle, l'air distraite. Je ne vois pas vraiment pourquoi, cette fois ci, il a préféré faire l'impasse dessus.
— Il va me tuer gémis-je.
— Ou bien il va « marquer son territoire » quand tu rentreras éclate-t-elle de rire.
Je suis bien loin de partager son amusement, malgré toutes les vagues puissantes qu'elle m'envoie ! Après cette incursion dans nos souvenirs, et la réaction de Jazz, en voyant l'une de mes vies antérieures serrer un des loups dans ses bras, je doute sincèrement qu'il apprécie que je lui raconte ce petit passage.
— Nous allons vous conduire jusqu'aux terres du conseil nous apprend jacob. Vous devez sortir de la voiture.
Il est déjà à la portière alors que je n'ai toujours pas fini de déboucler ma ceinture, l'ouvrant rapidement, avant de se figer, les yeux exorbités.
— C'est quoi, ça ? siffle-t-il, pointant son doigt sur mon ventre.
— Un bébé levé-je les yeux au ciel, décontenancée par la colère qui émane de lui.
— Je le sais bien gronde-t-il mais pourquoi sent-il la sangsue ?
— Peut-être parce que son père en est une ? soupiré-je, déjà fatiguée de cette entrevue.
— Es-tu venue demander la protection de la meute ? demande Sam, ayant eu le temps de se changer, durant ma « conversation » avec jacob.
— En quelque sorte ; répond-je, mystérieusement.
— Je veux des réponses ! s'exclame-t-il. Nous ne te conduirons sur les terres tribales que si tu nous dis ce que tu es venue chercher.
Voilà une autre de ces choses que je ne regrette pas, depuis que je suis partie de Forks : le fait de devoir, tout le temps, me justifier. Mais qu'importe, cette fois, je suis venue « armée ».
— Je me fiche pas mal de ce que tu veux, Sam répond-je, sifflant doucement. Je suis attendue par Billy, et je compte bien ne pas le faire attendre.
— Très bien feinte-t-il, attrapant le bras d'Angela. Dans ce cas, elle reste avec nous.
— Si j'étais toi, mon grand sourit Angie j'enlèverais très vite mes grandes pattes de moi.
— Et pourquoi cela, sorcière ? ricane la seule femme du groupe.
— Parce que, Leah rit-elle si Charlie apprend que ton alpha nous a touché, il risque de venir, et armé.
— Ses armes ne peuvent rien nous faire se vante le plus jeune.
— Libre à toi de le croire, Seth. Mais, si j'étais toi fait-elle, se dégageant de la poigne de Sam je me méfierais de la petite sorcière que je suis.
— Que se passe-t-il, ici ? tonne la voix de Billy.
Revoir cet homme, en fauteuil roulant, qui m'a tant manqué m'inonde de joie. Je me souviens avoir passer des journées entières, ainsi que des soirées, à préparer et à assister à des feux de camp le tout sous son œil vigilant. Je ne me doutais pas, cependant, à l'époque, d'à quel point ce fait était un privilège, et à quel point les légendes étaient vraies.
— Bonjour Billy fais-je, allant l'étreindre, gênée quelques secondes par mon ventre de femme enceinte. Merci de nous recevoir, Angie et moi.
— Je ne pouvais pas refuser cela à ton père rit-il, avant de redevenir sérieux et puis, l'on ne doit pas ignorer la venue d'un ambassadeur, même s'il est ennemi de notre race.
— Est-ce la raison pour laquelle ton ancêtre à signer ce traité avec les Cullen ? souris-je, lui emboitant le pas, tandis que Jacob pousse son fauteuil, maintenant habillé.
— Nous faisons tous des sacrifices pour nos peuples Bella, tu en sais quelque chose me lance-t-il un clin d'œil.
Définitivement, cet homme n'est pas à prendre à la légère, et la masse de ses connaissances non plus ! Moi qui croyais que je devrais lui expliquer les tenants et les aboutissants de cette prophétie, il semblerait que je me sois réellement fourvoyée.
— Parfois, les sacrifices valent le coup soufflé-je, lorsque nous atteignons les terres tribales.
— Et quelques fois, demander de l'aide évite une situation catastrophique clôt-il le débat.
Devant nous, réunis sur le sol, une femme, que j'identifie comme étant Sue, la mère de Leah et Seth est assise aux côtés du vieux Quil Altéra, l'un des anciens de la réserve.
— Bienvenue en terre tribale, jeunes femmes sourit-il, nous faisant signe de nous asseoir.
— Merci de nous recevoir grimacé-je, alors qu'Angie m'aide à prendre place. Je pensais que nous ne rencontrerions que Billy.
— Dans un cas comme celui-ci, c'est le conseil tout entier, que vous êtes dans l'obligation de rencontrer déclare doucement Sue.
— Nous attendons le dernier membre de ce conseil sourit-elle, mystérieuse, à son tour.
Dans l'attente, il faut bien dix minutes, à Sam et Jacob, pour se décider, avant que ce premier ne s'avance faisant signe aux autres de retourner patrouiller, prenne place aux cotés de Quil, et grimace dans ma direction.
— Je pensais que Jacob saurait s'affirmer plus soupire, déçu, Billy.
— Il est encore jeune le réconforte Sue. Il arrivera à prendre sa place.
— Pas tant que je serais là pour les encadrer gronde Sam, frissonnant légèrement.
— Tu m'en diras tant siffle méchamment Angela, cependant trop bas pour être entendue. Ce mec n'attend de ses troupes qu'un mauvais pas, pour pouvoir réaffirmer sa position de leader.
— Pourquoi Billy est-il déçu ? fais-je, de la même manière ?
— Parce que son fils est celui qui devrait être l'alpha de la meute, mais il n'a muté qu'il y a peu, et ne maitrise pas encore totalement ses capacités.
— Mais il aurait pu nous aider ? froncé-je les sourcils, alors que le conseil discute toujours.
— Avec Jake, rien n'est jamais acquis, malheureusement soupire-t-elle. Il hait les vampires presque autant que Caius maudit les enfants de la lune.
— Je me fiche bien de ton opinion, Sam ! s'écrie, excédé, Billy. Vous êtes encore tous sous ma responsabilité, donc, si je le souhaite, je peux très bien t'envoyer, toi aussi, à Salem !
Visiblement, nous aurions dû nous concentrer plus sur la conversation. Sam, pour une raison que je présume facilement, tremble de fureur, m'en faisant presque gémir de douleur alors que Quil et Sue restent parfaitement droits, accordant leur soutien à Billy.
— Tu nous envoies tous à la mort, Billy ! Notre territoire restera sans protection durant tout le temps où ils seront là-bas.
— J'ai parlé d'en envoyer six, pas la totalité soupire-t-il, levant les yeux au ciel.
— Tu réduis de moitié la meute, pour ces putains de sangsues ! gronde-t-il. Que crois-tu obtenir, cette fois ci ? Une trêve totale ? Tu peux toujours rêver !
Eh bien, les négociations ne risquent pas de se faire moins tendues… Pourquoi Peter croit-il que tout se passera sans embuches ? J'aimerai bien le savoir, parce que, en ce moment, tout ce que je peux voir, c'est qu'encore une fois, je déchire une famille.
UQDT - J/B - B/J - UQDT
POV Charlotte
Cette situation ne sent pas bon, vraiment pas bon ! A vrai dire, je crois que c'est cette histoire, dans son ensemble, qui ne sent vraiment pas bon !
Comment toute cette chose a-t-elle pu tourner à ce point au drame, en aussi peu de temps ?
Nous étions tellement heureux, avec Peter, quand nous avons appris que Jazz avait enfin trouvé sa compagne, tellement heureux quand il nous a dit que celle-ci n'était pas Sainte Alice Cullen, reine des garces, tellement fiers de lui, quand il nous a présenté Bella.
Et aujourd'hui, nous en sommes là… A travailler avec un des membres Volturis, même si je dois avouer qu'il est sûrement le plus « sain » de tous, à prévoir de nous entrainer avec nos ennemis mortels en la personne des métamorphes : et à paniquer totalement, tout comme le major, à chaque fois qu'il se passe quelque chose de nouveau, avec sa compagne.
Je sais pertinemment, tout comme les autres, que nous jouons avec le feu, en réunissant tant de races qui se détestent, mais je crois que, de nous tous, c'est bien lui, qui a le plus peur.
Peur de perdre sa compagne peur de la voir retomber, malgré leur lien, dans les bras de son « frère », peur de perdre notre famille, peur de faire la moindre chose qui fasse que Maria nous tombe dessus plus rapidement que prévu et, maintenant, peur de perdre son bébé, ce bébé qu'il n'avait même pas conscience de vouloir, jusqu'à maintenant. Mais je le comprends.
A leur manière, chacune la leur, les quatre femmes qui ont rejoint notre famille ont apporté ce vent de douceur, et de liberté qui nous manquaient tant.
Bella, par sa douceur et son abnégation sans borne, nous a appris à arrêter de nous considérer comme des monstres, comme des êtres sans âmes et juste bonnes à détruire mais, surtout, elle a rendu au major l'espoir d'être heureux, et, pour cela, elle aura ma gratitude éternelle.
Rosalie, même si, d'une certaine manière fait partie de notre famille depuis des années, depuis que Jazz l'a revendiquée comme sœur apporte ce côté maternel qu'aucune de nous n'a, de même que son aptitude innée pour dire les choses de manière franche, peu importe si ceux en face d'elle n'aiment pas ce qu'ils entendent.
Angela, c'est par son coté frondeur, caché par sa timidité, qu'elle nous a tous séduits. Certes, elle est puissante, mais depuis qu'elle fait partie de cette famille, je crois bien ne jamais l'avoir vue, une seule fois, s'en prendre physiquement à l'un des nôtres qui ne le méritait pas.
Et enfin Elena. Sûrement le petit bout de femme le plus antithétique que je connaisse, mais aussi l'une des filles les plus courageuse qu'il m'ait été de rencontrer. Apprendre qu'elle avait été adoptée aurait pu la détruire, et pourtant, chaque jour, je la vois se relever un peu plus, s'affirmant encore et encore, imposant même une sorte de domination sur des vampires centenaires tels que Peter, Jazz ou moi.
— Major, tu es où là ?
La voix de Peter, grondant profondément dans son portable me ramène au présent, et je cesse de fixer ce petit groupe que nous sommes, dans le jardin.
Depuis hier soir qu'il est rentré, je le vois faire les cent pas à longueur de temps, s'arrêter, puis repartir de plus belle, arrachant furieusement des touffes d'herbe, lorsqu'il sent la frustration augmenter.
— J'arrive dans une vingtaine de minutes soupire Jazz, le sifflement du vent me parvenant, même à plusieurs mètres de Peter.
— Dépêche-toi s'énerve-t-il. Les Cullen arrivent dans cinq minutes, et je n'ai pas vraiment envie e devoir me coltiner ton ex et ta famille plus que cela.
— Je serai là avant qu'ils n'arrivent promet-il, avant de raccrocher.
Je sais parfaitement pourquoi Peter est à ce point tendu, pourquoi, depuis hier il semble presque pris de folie et à vrai dire, je n'en pense pas moins…
Chacun de nous sait que le combat final, contre Maria, se rapproche inexorablement et même si, chacun à notre manière, nous faisons tout pour ne pas y penser la plupart du temps nous savons tous que, le jour où nous l'aurons enfin devant nous, c'est parce qu'elle l'aura voulu.
Nous avons, mon compagnon et moi-même, plus ou moins toujours su que la compagne du major serait spéciale, qu'elle défierait les lois de notre monde mais nous n'avions jamais compris qu'elle serait la mère de nôtres espèce, et que nous n'étions pas des parias pour notre peuple. Nous sommes juste des vampires différents, grâce à elle.
Jazz n'a jamais réussi à se souvenir vraiment de son ancienne vie, hormis certaines images plus fortes que d'autres, certains sons, ou même certaines odeurs plus persistantes que d'autres mais il savait déjà, au fond de lui, que sa compagne serait spéciale.
— A quoi penses-tu, Lovely ? susurre Peter, m'enlaçant par le dos dans la piscine.
— A Jazz soupiré-je.
— Rappelle-moi de ne plus jamais te poser cette question grimace-t-il.
Il a beau adoré notre créateur, tout comme moi, il n'en reste pas moins qu'il préfère être le centre de l'attention, le centre de mon univers, et j'aime cela.
— Pas de cette manière-là, Pete ris-je doucement, avant de redevenir sérieuse. Pourquoi crois-tu que Jazz ne se soit jamais souvenu de Bella, celle de sa vie humaine ?
— Je pense que d'une certaine manière, il s'en souvenait déjà, mais qu'il avait besoin d'une piqûre de rappel, pour faire table rase du passé.
— Pourtant, il avait déjà qu'il avait une compagne, quand il a été transformé, il savait qu'elle reviendrait, alors pourquoi Maria ? Pourquoi avoir entretenu cette relation malsaine avec elle ?
Je sens son corps se tendre, dans mon dos, avant qu'il ne soupire doucement, faisant voler mes cheveux contre la peau de ma nuque.
— Maria commence-t-il prudemment est son créateur la personne dont il se sentira toujours responsable, pour laquelle il aura toujours l'instinct de servir de bouclier.
— D'accord, mais pourquoi avoir coucher avec elle ? m'entêté-je. Je veux bien comprendre tout ce que tu viens de me dire, mais ce qu'il faisait avec elle était malsain.
— Pas vraiment soupire-t-il. Le major est un empathe, et un empathe très puissant, de surcroît. Or, quand il est devenu un vampire, tout était exacerbé, toutes les émotions, les sentiments qu'il percevait, tout était présent, mais démultiplié par mille.
Je lui accorde cela, il n'a pas tort. Je me souviens de ma « venue au monde », dans un foret ou je m'étais perdue, il y a des décennies, avec Jazz au-dessus de moi, qui a pris le temps de m'enseigner tout ce que je devais comprendre sur notre nouvelle vie.
Il ne m'a jamais caché que j'étais la deuxième personne qu'il mordait, et que je serais sûrement une sorte de paria, pour notre monde mais il m'a aussi prévenu que je ne me souviendrais probablement de rien de mon ancienne vie, avant un très long moment.
— Il avait connu l'amour, le vrai, le puissant, avec Jane, en étant encore humain reprend-il, caressant doucement mon ventre et il reconnaissait les sensations qu'il procurait. Or, Maria aimait tellement le pouvoir que lui conférait Jazz, qu'il a cru que c'était cela, qu'il avait enfin trouvé sa compagne.
— Alors pourquoi avoir quitter ses rangs, s'il la pensait son âme sœur ?
Je n'ai jamais réellement réfléchi à la question, puisque, pour moi, cela coulait de source qu'elle n'avait été qu'une distraction pourtant, ce jour-là, lorsque nous avons rencontré Bella pour la première fois, j'ai reconnu la gêne qu'il émettait. Il n'était pas gêné d'avoir couché avec sa créatrice, mais d'avoir trompé sa compagne.
— A cause de nous Lovely rit-il doucement. Tu crois qu'il n'a pas ressenti notre lien, notre amour, quand je lui ai demandé de t'épargner, ou même quand nous nous sommes enfuis ? C'est à ce moment-là, qu'il a compris qu'il s'était trompé, et qu'il s'était basé sur des faits erronés.
— Alors pourquoi Alice, dans ce cas ? m'énervé-je.
Cinquante ans à essayer de le persuader qu'elle n'était pas celle qu'il lui fallait, à lui démontrer avec tout ce que nous disposions, qu'il refaisait la même chose qu'avec Maria mais il n'a jamais voulu rien entendre.
Non, dès le début, il a cru aux paroles de la voyante, se fiant aux émotions qu'il ressentait venant d'elle, et a pris pour argent comptant tout ce qu'elle pouvait lui dire, ou même leur maudite famille.
— Parce qu'Alice était amoureuse de lui, et je pense qu'elle l'est toujours, d'ailleurs rit-il, amer.
Je sais qu'il déteste blesser les gens, même elle, mais le bonheur de notre créateur passera toujours avant celui d'un autre vampire, peu importe s'il s'agit de notre compagnon ou non.
— J'aimerais vraiment comprendre pourquoi il a mis tant de temps à comprendre que Bella était sa compagne, et pourquoi il ne l'a pas sentie naitre soupiré-je. Il aurait dû reconnaitre les signes, pourtant !
— Mais le major n'a jamais parlé avec nous de ces choses-là, et que la première fois où il l'a fait, c'est lorsqu'il est venu avec Alice au Texas pour son divorce. C'était la première fois qu'il me parlait des flashs qu'il avait d'une belle brune, qui ressemblait à Bella trait pour trait, et qui suintait la magie aussi forte que le freesia.
Tant de temps ? Cent quarante ans à errer en tant que vampire sur cette terre, et c'est simplement lorsqu'il a commencé à avoir des flashs qu'il a compris ? Pourtant, n'importe quel vampire l'aurait compris !
— Je t'arrête tout de suite, Lovely secoue-t-il la tête il n'aurait jamais pu comprendre, même en ayant déjà connaissance de la prophétie, et nous devrions être heureux qu'il l'ait partagé avec nous, plutôt qu'avec sa famille. Imagine ce qu'ils en auraient fait ?
Oh, je me doute parfaitement de ce qu'ils en auraient fait ! Ils s'en seraient servi comme moyen de pression contre lui, ou bien auraient utilisé celle-ci pour sauver leurs culs devant les Volturis !
Je dois reconnaitre à Carlisle sa faculté à savoir s'entourer de vampire talentueux, et à leur offrir la paix et la sérénité que nous n'avons jamais eue, dans l'armée de Maria mais je pense sincèrement que la confiance aveugle qu'il place en Alice et Edward, pour leur don, est sûrement ce qui le perdra, à la fin.
Le portable de Rose sonne quelque part dans la maison, et lorsqu'elle débarque, intriguée, vers nous, je peux voir qu'elle ne sait pas, elle non plus comment réagir avant de le tendre à Peter.
— Carlisle ? fronce-t-il les sourcils. Que se passe-t-il ?
— Pardon de te déranger alors que nous devrions déjà être chez vous, Peter s'excuse-t-il. Je voulais juste vous prévenir que nous aurions encore un peu de retard, Edward et Esmé sont partis chasser cette nuit des ours, on pensait qu'Emmett serait heureux d'entendre cela.
— Des ours, vraiment ? rit-il, resserrant sa poigne contre mon corps. Je parie qu'ils ne s'attendaient pas à devoir faire des kilomètres pour en trouver.
— Si tu voyais l'état dans lequel ils sont en ce moment, tu saurais à quel point tu as raison soupire-t-il.
Maman Cullen ? Partie à la chasse au gros gibier ? J'aurais donné tout ma fortune pour voir cela ! Elle qui est si distinguée en toute occasion, a dû se sentir très seule, face à ce type de bête !
— Ce n'est rien Carlisle, je comprends, ne t'en fais pas lui affirme Pete. Jazz ne revient que dans dix minutes, donc vous avez encore le temps de vous préparer.
— Merci Peter, à tout à l'heure raccroche-t-il, soupirant de soulagement.
Je n'avais jamais vu ce côté diplomate, chez mon mari mais je me doute qu'il s'agit sûrement là de la raison pour laquelle, depuis près d'une semaine, notre lit conjugal s'est transformé en chambre d'accueil pour petite humaine abandonnée.
Mon regard dérive sur Elena, allongée sur son transat, tandis que mes pensées s'échappent. Je n'aurais jamais cru pouvoir dire cela un jour, mais cette humaine m'épate. Elle passe ses journées entourées de sorcières et de vampires, dort avec deux de ces derniers et elle continue encore à être persuadée que tout est normal.
— Tu sais qu'elle finira par s'en aller, n'est-ce pas ? soupire Peter, posant sa tête dans mon cou après avoir vu la direction de mon regard. Les humains ont cette fâcheuse tendance à mourir.
— Je voudrais juste qu'elle comprenne qu'elle n'est pas seule, que nous sommes là pour elle soufflé je, me raccrochant à lui. Elle est si perdue Peter.
La première nuit où elle a débarquée, tremblante, en nuisette, à la porte de notre chambre je me suis demandé ce qu'elle faisait là avant qu'il ne lui montre l'espace entre nos eux corps, pour qu'elle vienne nous rejoindre.
Les nuits qui ont suivi depuis, elle n'a même pas cherché à rejoindre son propre lit, avant de venir. Elle s'est simplement installée avec nous, sa tête sur ma poitrine, sa main sur la fesse de mon homme, pour qu'il vienne nous enlacer.
Je connais assez Peter pour savoir qu'il se bat contre lui-même, et contre son envie de dominer et posséder Elena, toutes les nuits, et ce malgré ce qu'il me jure mais je sais aussi qu'il ne lui fera rien de mal, tant qu'elle ne le lui demandera pas.
— Un jour elle comprendra soupire-t-il, sortant de l'eau, après avoir déposé un baiser sur mon épaule, pour se tourner vers elle. Elena ?
— Quoi ? grogne-t-elle, se réveillant de son sommeil. Je dormais Peter.
— Il est l'heure de retourner chez Gemma s'excuse-t-il. Ordre du major.
— Très bien.
Je suis étonnée de voir qu'elle réagisse si bien à un ordre, alors qu'en temps normal, nous devons tous lutter contre elle, pour qu'elle accepte même de quitter cette maison, de peur de ne plus jamais avoir le droit d'y revenir.
Emmett l'enlace par les épaules, lui plaquant un baiser sur les cheveux, avant de la conduire à l'intérieur pour qu'elle récupère ses vêtements, afin de pouvoir vagabonder sur les deux rues qui séparent nos deux foyers.
Nous aurions dû la renvoyer chez elle bien plus tôt, lorsque nous avons reçu le message de Jazz, cette nuit, mais aucun de nous n'avait le cœur à lui enlever son sourire, et malgré moi, je regrette encore de la voir partir, même si Jazz nous a assuré qu'il en allait de sa sécurité.
— Vous étiez censés la mettre en sécurité bien plus tôt que cela gronde, d'ailleurs, Jazz en sortant du sous-bois.
Il s'empresse de sortir la petite télécommande de sa poche, pour pouvoir déverrouiller le champ magnétique autour de la maison, rentre dans le périmètre sécurisé, puis le réenclenche, avant de venir nous rejoindre, n'échappant pas à l'étreinte de sa sœur.
— Comment va Bella ? s'inquiète-t-elle.
— Elle allait mieux, quand je l'ai quitté, cette nuit, maintenant j'attends des nouvelles d'Angela, concernant la rencontre avec le conseil tribal lui apprend -il.
Sa tension est à son comble, à tel point que, pour la première fois depuis des mois, il laisse son don déborder, nous aspergeant avec son sentiment, sans que personne ne trouve rien à y redire. Le voir dans cet état pour sa compagne est devenu une habitude, depuis quelques temps….
— Je t'ai dit de ne pas t'inquiéter pour cela soupire Peter. Elle va revenir, et elle sera accompagnée.
— Je préfèrerais qu'elle revienne seule gronde-t-il, s'asseyant sur le transat d'anciennement Elena. Je n'aime pas l'idée que ces chiots soient à proximité de ma compagne.
— Aucun de nous n'a envie de les rencontrer, et encore moins de travailler avec eux grimace Rose, s'asseyant vers lui mais plus nous serons contre Maria, et mieux ce sera.
Il grogne quelques mots incompréhensibles pour chacun de nous avant d'être brusquement interrompu par la sonnette de l'entrée, et l'odeur des quatre représentants du clan Cullen.
— Que la partie commence soupire-t-il, nous faisant signe de nous rhabiller. N'oubliez pas, aucun faux pas, et nous devons rester ferme.
— Sois déjà ferme toi-même grimacé-je, recevant son regard glacial. Ce n'est pas la peine de jouer au grand méchant loup Jazz, je te connais par cœur. Tu n'as pas envie de les voir ici, tout comme tu n'as pas envie de voir les loups envahir notre quotidien et cela se ressent sur ton don.
Son emprise sur celui-ci se raffermit immédiatement, et comme s'il avait abaissé un interrupteur, la tension qui émane de son corps dans les nôtres se coupe brusquement, nous permettant à tous de pouvoir mieux respirer. Bien, une bonne chose de faite.
Les voir interagir entre eux est toujours une expérience, en soi.
Le premier contact est toujours le même : une poignée de main entre Carlisle et Jazz, suivie de quelques mots légers puis un échange de civilité avec Esmé, suivi d'une insulte voilée à Edward, et un peu plus de tension entre mon créateur et son ex-femme.
Autant je peux dire que je n'aime clairement pas les deux derniers pour tout le mal qu'ils lui ont causé autant je sais que les deux « parents » de ce clan ont été une source de paix pour Jazz, durant un temps.
Cependant, maintenant, je sens la tension en Jazz, à chaque fois qu'il est proche d'Esmé, et la peine qu'il ressent, à chaque fois qu'il l'entend dire du mal de lui.
Les dix premières années où il a vécu avec eux, il nous parlait très souvent de la douceur et de la gentillesse de cette femme, de la délicatesse de sa voix, et du repos dans ses émotions en arrivant à la considérer, au même titre que Carlisle, comme une amie, une égale.
Pourtant, maintenant, elle n'est plus rien de tout cela, avec lui, et je sais qu'il en est très déçu. Comprendre qu'elle ne l'a accepté comme membre entier du clan, uniquement parce qu'il était le conjoint d'Alice l'a blessé, et continue de le faire.
Mais, malgré moi, je comprends cette femme. Sa famille, tout comme la mienne l'est pour moi est ce qui compte le plus au monde, et elle fera tout ce qui est en son pouvoir, pour que tous ses enfants soient heureux. Peut-être est-ce la raison pour laquelle elle n'en veut pas à Rose et Emmett d'avoir déserter leur vie depuis près d'un an.
— Asseyez-vous soupire Jazz, prenant sur lui pour ne pas céder à la colère d'être loin de sa compagne nous allons avoir beaucoup à parler.
Intrigués, dans un premier temps, par cette entrée en matière ils acceptent, pourtant, d'aller prendre place à la table de la salle à manger, lui-même et Carlisle présidant, chacun d'un côté de celle-ci.
— Pourquoi tant de mystères sur cette réunion, Jazz ? attaque d'emblée le patriarche. Bella est-elle en danger ?
— Que pouvons-nous faire ? s'inquiète Esmé, portant sa main à son cœur, le visage défiguré par la peur. Comment pouvons-nous lui apporter notre aide ?
C'est une chose fascinante qu'est ce vampire. Elle en veut à Jazz d'avoir obtenu le divorce d'Alice, mais elle continue à considérer Bella comme sa fille, alors qu'elle a, elle-même, quitté Edward. C'est à n'y rien comprendre.
Ou bien est-ce simplement le fait que, en se séparant d'Alice, il l'ait réellement plus blessée qu'il ne le pensait ? Ce serait une raison valable, surtout lorsque l'on peut apercevoir ce regard voilé de colère que la petite brune pétillante place sur lui.
— Tu lui as encore attiré des ennuis, n'est-ce pas ? grogne-t-elle, d'ailleurs, déversant toute sa colère en un seul regard. Je t'avais pourtant prévenu que tu ne lui offriras que des problèmes, en poursuivant ta chimère, comme quoi ma meilleure amie, la compagne d'Edward, serait la tienne, en fait.
Je ne comprends pas ce point, en revanche. Chacun de nous, dans cette maison, sait que le lien de Jazz et Bella est profond, qu'il vient du fond des âges, et a traversé le temps alors pourquoi se sent elle obligée, à chaque fois, de remettre sur le tapis ses certitudes.
— Elle est ma compagne Alice, fin de la discussion ! ordonne-t-il, d'une voix implacable.
— Tu sais très bien que ce n'est pas le cas soupire-t-elle, lasse. Je l'ai vue comme je te vois en ce moment Jazz : dans le futur, elle sera la femme d'Edward, que tu le veuilles ou non.
— Alice… gronde-t-il, se mettant en position d'attaque, tous crocs sortis.
— Et si tu nous disais plutôt où est Bella ?
Cette intervention de la part de Saint Cullen me laisse sur le cul. Jamais je ne me serais attendue à ce qu'il soit celui qui prenne la défense de Jazz, et encore moins à ce qu'il s'impose entre les deux ex-époux et pourtant, il le fait, ce qui choque profondément chacun des membres de notre famille.
— Elle est à Forks, en ce moment déclare prudemment Jazz, se rasseyant lentement, mais gardant un regard calculateur sur Edward. Elle est partie hier avec Angela, pour rencontrer le conseil tribal.
— Pardon ? s'étouffe-t-il, furieux, se redressant. Tu l'as laissée aller seule voir ces chiots alors qu'ils pourraient l'attaquer au moindre faux pas ? Es-tu devenu à ce point fou que tu n'as pas pris en considération le fait qu'elle soit enceinte d'un vampire ? Ils vont la déchiqueter en petits morceaux, et ce sera ta faute ! Ta putain de faute !
Son visage est déformé par la rage, à la fin de son petit discours et je comprends enfin pourquoi il s'est interposé, plus tôt. Il n'a pas abandonné les délires de sa sœur, et encore moins l'idée de retourner avec mon amie.
— Je fais confiance à Bella gronde le major.
— Pour l'envoyer à sa propre mort ? ricane le rouquin. Belle preuve d'amour, mon frère. Tu me diras quand est prévu son enterrement.
— Je ne la vois plus ! s'horrifie Alice, les yeux vitreux. Elle n'apparait plus dans le futur !
Réellement, c'est toujours une expérience en soi, que de voir cette fille se soumettre totalement à son don alors qu'elle pourrait tout simplement réfléchir avec son propre cerveau, comme le fait Rosalie, alors que son mari rentre dans la maison.
— Evidemment que tu ne la vois plus siffle-t-elle. Elle est avec les loups.
— A moins qu'elle ne compte y rester toute sa vie, je devrais la voir rentrer, pourtant, Rosalie cingle-t-elle.
— On se calme les filles soupire Emmett, venant prendre place aux cotés de sa femme. Vous n'êtes arrivés que depuis cinq minutes, et elles sont déjà en train de se crêper le chignon ! Je vais finir par être assigné à résidence, avec vos conneries, à toutes les deux.
Au moins, avec la présence réconfortante de son mari près d'elle, je sais que Rose sera moins susceptible ce qui, en soit, est déjà un grand pas…
— Jazz, explique-nous quel est le danger encouru par Bella, s'il te plait le rappelle doucement à l'ordre Carlisle. Je t'ai promis que nous serions présents à tes côtés, laisse-nous t'aider.
— Maria grimace t'il. C'est elle le danger.
— Maria ? Ta Maria ? sursaute Esmé, ahurie. Comment diable peut-elle vouloir s'en prendre à Bella ? Victoria, je peux comprendre, ou, à la limite, les Volturis, mais pourquoi Maria ?
Nous sommes à la croisée des chemins, et chacun de nous autour de la table en a conscience. Soit Jazz est parfaitement transparent avec eux, et la position de Bella, la prophétie, et tous ses pouvoirs leur sont révélés, au risque que les Volturis l'apprennent ou bien il biaise, et ne leur donne que les plus strictes informations, ce qui nous garderaient tous en sécurité.
— Je n'entrerai pas dans les détails soupire-t-il, après de très longues minutes de réflexion, nous faisant, nous, soupirer de soulagement mais Maria à un très gros contentieux à régler avec elle, depuis des années.
— Parce qu'elle est ta compagne ? déduit Carlisle.
— Entre autres hoche la tête le major.
Bien, au moins, l'un d'eux a compris que les fables que leur racontent leurs deux petits prodiges ne sont que cela : de bien belles paroles, tirés de leurs esprits tortueux en manque d'amour, si j'en juge la force avec laquelle Edward se raccroche à cette idée.
— Que pouvons-nous faire ? demande-t-il, affirmant, pour une fois, sa position de leader. De quoi as-tu besoin ?
— D'information, et de votre coopération pour ne pas envenimer les choses.
Que la phrase est bien tournée ! m'amusé-je pour moi-même. Tant de diplomatie de la part de celui qui a détruit des armées, mis à genoux des légions, fait plier des seigneurs de guerre vampirique cela m'étonne franchement. Mais la vie de sa compagne est en jeu…
— De coopération ? fronce le nez Edward, amer. De quel genre de coopération veux-tu ? Je te rappelle que nous n'avons même pas le droit de pouvoir approcher Bella, nous n'avons pas, non plus, le droit de venir ici sans vous avoir prévenus, et vous nous bloquez vos pensées et même vos avenirs. N'est-ce pas à nous, de demander de la coopération ?
Il n'a pas tort, en un sens. Chacun de nous s'est découvert un farouche coté protecteur, en ce qui concerne sa vie privée, depuis que nous vivons tous ici mais savoir que nous avons la possibilité de garder nos pensées, de même que nos avenirs pour nous est une bénédiction.
— Pas pour ce que j'ai à vous demander, non siffle-t-il, repassant en mode « major ». Bella est parti à Forks pour essayer de nous dégoter quelques loups de la meute pour que nous apprenions à coopérer, et d'après Peter, ils devraient arriver ce soir.
— Tu te fous de nous ? s'énerve-t-il, furieux. Tu vas faire venir ces monstres dans cette ville, dans l'intention de leur apprendre à se battre ? Tu vas les laisser être proche de Bella ? Es-tu devenu dingue, putain ?
— La vie de Bella est en jeu réplique-t-il, implacable. A choisir entre ta vie, ma tranquillité d'esprit, ou bien la sienne, elle gagnera toujours.
Le combat débute avant même que l'un d'entre nous ait pu ne serait-ce qu'y penser. La rage décuple les forces d'Edward, le rendant plus dangereux et plus rapide mais Jazz a des années de maitrise et de combat derrière lui, et sans même utiliser son don, il finit par l'acculer au mur, pressant son bras dans son dos, lui sifflant des promesses de mort lente et douloureuses.
— Jazz, lâche-le, s'il te plait sanglote Esmé, la plus touchée d'entre nous. Il s'inquiète simplement pour Bella, tout comme toi.
— Elle est ma compagne siffle-t-il dans sa direction, la dardant d'un regard glacial.
— D'accord, très bien, elle est ta compagne s'exclame-t-elle rapidement, quand nous pouvons entendre le craquement d'un des os d'Edward. Dis-nous simplement ce que tu attends de nous Jazz.
Ce qu'il doit ressentir dans ses émotions le détend, parce qu'il dessert doucement son étreinte sur son bras, avant de venir reprendre sa place à nos côtés, inspirant profondément pour retrouver son calme.
— J'ai besoin de toutes les informations que vous pourrez collecter sur elle, de même que son armée. Je veux savoir ses mouvements de troupe, et le nombre de celle-ci. Le lieu où ils sont, et quand ils attaqueront.
— Et comment veux-tu que nous fassions ? fronce-t-elle les sourcils. Tu es celui qui la connait le mieux.
— Je comptais sur Alice et son don, à vrai dire hausse-t-il les épaules.
— Et pourquoi pas sur celui de Peter, vu qu'il est tellement plus fiable que le mien ricane-t-elle, mesquine.
— Parce que, toi, tu peux voir, alors que Peter ne le peut pas.
Le silence tarde en longueur, dans la salle à manger, alors que l'échange de regard entre les deux anciens amants continuent de se jauger du regard : volonté de fer de défendre sa compagne, contre rancune tenace envers son ex. oui, définitivement, Alice n'a pas, elle non plus, renoncé à Jazz.
— Je vais le faire.
Cette déclaration déclenche un hoquet de la part de chacun de nous, alors que nous tournons des yeux incroyablement ahuris en direction d'Edward. Ce gars aurait-il, finalement, des couilles sous toutes ses manières d'un autre temps ?
— Non Edward ! s'exclame Alice, tremblant violemment, les yeux injectés de venin. Ne fais pas cela, s'il te plait ! Tu vas te faire tuer !
— Mais Jazz a raison sourit-il, profondément amer : la vie de Bella est en jeu, et je dois la protéger, même si elle ne croit plus en notre amour. Moi j'y crois, et je le ferais pour deux, en attendant qu'elle me revienne.
— Non, Edward, non !
Le cri désespéré d'Alice nous ébranle tous, alors qu'elle tremble plus violemment encore, et qu'il vient l'enlacer doucement, la berçant contre lui, durant un très long moment.
— Que devrais-je faire, une fois là-haut ? demande-t-il à Jazz, après avoir partiellement calmé sa sœur.
Le major est tout autant secoué que nous par la scène à laquelle nous venons d'assister, et même les yeux de Rosalie, qui, pourtant, restent résolument secs en toute occasion, en ce qui concerne sa « sœur », sont embués de larmes.
— La partie ne sera pas aussi facile que tu le penses Edward secoue-t-il la tête, montrant une marque de respect dans sa voix, en s'adressant à lui. Tu vas devoir t'infiltrer dans l'armée de Maria, et elle n'accepte que les buveurs de sang humain. Aucune exception.
— Ne fais pas cela Edward ! s'exclame Carlisle, épouvanté. Nous trouverons un autre moyen de trouver les informations, mais ne tombe pas dans le sang humain, tu sais à quel point se fut compliqué, pour toi, d'en décrocher, la première fois.
Ainsi donc, le si parfait docteur Cullen préférerait sauver son fils de venin, plutôt qu'une humaine qu'il dit considérer comme sa propre fille ? Qui a dit que le serment d'Hippocrate tenait encore lieu de code, pour lui ?
— C'est pour Bella, Carlisle sourit-il doucement. Je peux bien faire cela pour elle, et je sais que vous serez là pour m'en désintoxiquer, lorsque je reviendrais. Quoi d'autre Jazz ?
— Tu vas devoir te faire discret, une fois là-bas. Surtout, si tu sens que la situation échappe à ton contrôle, ou que tu t'es fait démasquer, tu fonce ventre à terre, et tu reviens ici.
— D'accord hoche-t-il la tête, les sourcils froncés de concentration. Comment je fais, pour vous communiquer ce que j'aurais appris ?
— Tu nous fais un rapport deux fois par semaine, et si tu sens que tu ne pourras pas échapper à la vigilance de Maria, tu t'abstiens, ou tu essayes de contacter Alice par son don.
— Nous allons te fournir des poches de sang humain, pour que tes yeux deviennent rouges, pendant le trajet lui souris-je doucement. Quand tu arriveras là-bas, ils devraient avoir la bonne couleur.
— Surtout, si tu le peux, évites de te mêler aux orgies de fin de combat le prévient Peter.
Je grimace profondément en l'entendant. Je me souviens parfaitement de ce dont il s'agit, et j'aurais préféré ne jamais m'en rappeler. Du sang, du sexe, et des corps humains tombant, sans vie, à chacun de nos pas. Pour un végétarien comme lui, ce sera sûrement comme plonger un alcoolique dans une distillerie de Whiskey…
Rosalie et Emmett partent dans la cave, pour lui chercher un sac isotherme dans lequel ils placent de nombreuses poches de sang et nous, de notre côté, nous pouvons assister aux déchirants au revoir d'Edward à sa famille.
— Surtout, n'oublie pas fait Jazz, en serrant la main du rouquin contacte-nous toutes les semaines, et fait attention à toi. Au moindre soucis, appelle-nous, et nous viendrons te récupérer.
— Ne te fais pas tant de soucis sourit-il, crispé. Ce sera une balade de santé !
— Jusqu'au Mexique, en effet, cela va être une longue balade rit-il, tendu. Mais, au moins, tu auras le temps de monter un plan, pour ne pas te faire repérer. Si tu as le moindre doute, appelle-moi, ou appelle Peter ou Char. Nous aurons tous nos portables à portée de main, et nous pourrons te donner un coup de main.
Edward hoche une dernière fois la tête, récupère le sac que lui transmet Rose pour le mettre sur son dos puis, après un dernier au revoir à sa famille, il part de la maison, laissant un silence entrecoupé de sanglots de sa sœur et sa mère.
— S'il lui arrive quoi que ce soit, Jazz siffle Alice, à travers sa douleur je te promets que je trouverais le moyen de te tuer.
— Nous allons veiller sur lui promet mon mari, serrant son épaule. Il ne lui arrivera rien.
— J'espère pour toi que tu as raison gronde-t-elle, se mettant en position d'attaque. Sinon, je peux te promettre cela aussi : les Volturis fondront sur votre clan plus vite que n'importe quoi d'autre.
— Mais je n'ai pas peur de vos souverains sourit-il, retrouvant son cynisme. Je n'ai que faire d'eux, d'ailleurs.
— Tu devrais, pourtant ricane-t-elle, vicieuse. J'ai cru comprendre que vous vous étiez attachés à Bella, Angela et Elena, n'est-ce pas ? Comment crois-tu qu'ils réagiront, quand ils apprendront que le secret de Rose et Emmett s'est éventé ? Que notre monde est mis en danger parce que vous aimez vivre avec des humains ?
— Bella est au courant à cause de vous rit-il. C'est vous qui serez le plus dans les problèmes.
— Admet le Peter souffle Esmé vous aimez tout autant que nous être une famille, et vire avec des humains.
— Pas « des humains » rectifie-t-il. Ces humaines-là.
La dispute, qui n'en est pas réellement une, à vrai dire, entre eux se poursuit durant un bon moment assez pour que je finisse par comprendre ce que fait mon mari : il leur offre la possibilité de transformer leur peur pour leur fils ou frère, en une colère brute, pour qu'ils puissent l'évacuer plus facilement.
Cependant, au bout d'une bonne demi-heure, c'est le portable de Jazz qui sonne, et tous les efforts de Peter sont réduits à néant, quand nous l'entendons.
La tension est à son comble, chacun de nous s'attendant à recevoir, déjà, des nouvelles d'Edward mais, quand le sourire un peu moins tendu du major se fait chacun de nous se détend imperceptiblement.
— Darling ? appelle-t-il, la voix soyeuse. Alors ?
— Mission réussie ! rit-elle, nous faisant soupirer de plaisir et de dépit mêlés. Je rentre avec Angie ce soir, et Jacob, Seth, Leah, Quil, Jared et Embry nous accompagnent.
— Tout s'est bien passé ?
— Disons que Sam a vu sa position d'alpha remise en question élude-t-elle, consciente qu'elle doit jouer le jeu, et faire comme si Angie ne savait pas pour le surnaturel.
— D'accord hoche-t-il la tête. Je vais envoyer Rose et Peter voire la réserve la plus proche, pour qu'ils aient un point de chute.
— Merci chaton baille-t-elle, avant de soupirer. J'ai hâte de rentrer.
— Tu n'as plus longtemps à attendre, et nous serons là à ton retour.
— A tout à l'heure Jazz, et garde moi du gâteau au chocolat !
Il étouffe un rire en raccrochant, avant que sa mine ne se fige, les traits tirés, et les yeux clos. Que se passe-t-il encore ?
— Je n'ai pas besoin de ta colère en ce moment Alice soupire-t-il.
— Tu as raison ironise-t-elle. Tu as détruit notre famille et notre mariage, mon frère vient de partir à une mort certaine, et des loups, nos ennemis, vont venir dans cette ville. Mais tu as raison, c'est tellement déplacé de t'en vouloir !
— Tu peux avoir autant de haine envers moi que tu le souhaites, Alice s'adoucit, se tournant vers elle mais tu ne peux pas m'en vouloir de souhaiter que ma compagne reste en vie. Je sais que tu le comprendras parfaitement, lorsque tu auras trouvé ton propre compagnon.
Sa haine envers mon créateur semble augmenter encore plus, crevant des plafonds avant que, d'un coup, elle se fige, un doux sourire apparaissant sur ses lèvres. Un vampire peut-il être bipolaire ? Peut-être que Carlisle devrait l'examiner…
— Tu as raison, encore une fois rit-elle doucement. Tout ce qui devrait toujours compter, c'est notre compagnon. Dans la vie, et dans la mort.
— Tu le trouveras Alice, j'en suis convaincu sourit-il, avant de déposer une main sur son épaule, compatissant. Ce jour-là, je sais que je serais heureux pour toi, parce que tu m'as offert beaucoup, même si je n'en voulais pas. Tu as été une véritable amie, en plus d'être ma femme.
Cette vision de Jazz Hall est tellement éloignée du major, ou même du Jazz Withlock que nous côtoyons tous les jours que j'ai du mal à savoir qui est devant nous, et à qui elle adresse un sourire resplendissant, les yeux brillants.
Mais, lui, parait se détendre totalement, et je finis par me sentir heureuse pour mon créateur, tandis que Rose et mon mari s'éloignent dans le forêt, prêts à aller en découdre, s'il le faut, avec la meute de Salem.
Oui, cette fois ci, les choses sont vraiment enclenchées, et la bataille finale est sur le point de démarrer. Puissent les esprits supérieurs nous garder tous intacts, nos deux familles, après la fin de celle-ci…
UQDT - J/B - B/J - UQDT
POV Jasper
— Tu crois qu'elles vont bientôt arriver ?
Cette question d'Elena me fait encore une fois retomber dans mon énervement continuel, depuis que les Cullen sont repartis.
Il est déjà plus de vingt-deux heures trente, et si dans dix minutes Angela et Bella ne sont toujours pas rentrées, peu importe si je passe pour un faible, je compte bien aller les chercher par la peau du cul, et leur faire comprendre ma façon de penser !
— Je leur laisse encore dix minutes grimacé-je, refrénant ma mauvaise humeur.
Ce n'est pas tant le fait de m'être rendu compte qu'Edward n'est pas qu'une putain de trou de cul manipulateur, qui m'énerve c'est surtout le fait de savoir que, lorsqu'elle me le demandera, je ne pourrais pas mentir à Bella lorsqu'elle voudra savoir ce qu'aura donné notre réunion.
Je l'avoue bien humblement, et même si l'idée même me déchire les lèvres, sur ce coup-là, il m'a réellement impressionné.
Je m'attendais à ce qu'Alice accepte de m'aider, grâce à son don ou même qu'ils demanderaient à certains de leurs contacts d'aller espionner mais le voir se porter volontaire, là, je l'avoue franchement, je me suis retrouvé sur le cul.
— Jasper ? chuchote-t-elle, venant s'asseoir à mes côtés. Tu as eu des nouvelles de Jenks ?
Je loue son esprit pour avoir voulu détourner le mien de mes problèmes, mais je ne suis pas sûr que de ressentir sa déception, lorsque je lui répondrais, sera bien mieux.
Parce que, dans le fond, je dois bien avouer que je me suis attaché à cette petite humaine très futée, et à son humour douteux, quoique pas encore au niveau de Peter et Emmett, Satan nous protège de ce malheur !
— Il a beaucoup de pistes mais il n'a aucune réponse à nous fournir, pour le moment soupiré-je.
— Il t'a un peu parlé de ses pistes ?
Un léger amusement me prend, en repensant à la conversation que nous avons eu, Jenks et moi, il y a quelques jours. C'était sûrement la première fois que je l'entendais s'énerver, et refuser même que je le paye, tant qu'il n'aurait pas trouvé de réponses. Finalement, cet homme n'est peut-être pas aussi vénal que je l'ai toujours pensé.
La famille de Jenks à une dette de vie, envers celle des Withlock, puisque nous avons empêché l'arrière-grand-père de notre « fournisseur » de se faire tuer par Maria, il y a plus de cinquante ans.
— Pour le moment déclaré-je prudemment il a laissé de côté la famille des McKinnon, et il se concentre sur Marsden. Pour lui, c'est grâce à cette personne, qu'il parviendra à trouver des réponses.
— Tu crois qu'il en trouvera avant la remise des diplômes ?
J'en viendrais presque à haïr cette petite étincelle d'espoir qui luit en elle si je ne la connaissais pas, au moins par les autres résidents de cette maison.
Elle se raccroche à cette famille imaginaire pour arrêter de penser qu'elle est responsable de la mort de ses parents, ainsi que de l'engagement de son frère adoptif pour l'armée mais elle ne comprend pas que, s'ils sont morts, elle s'en voudra encore plus, malheureusement.
Mais un autre problème surgit dans mon esprit, à ce moment-là. La remise des diplômes… Dans deux semaines, les filles vont devoir s'enfermer copieusement dans leurs chambres, pour faire leurs dernières révisions avant leurs examens, ce qui fait que chacun de nous qui pouvons avoir accès à leurs émotions seront sur les nerfs, et je ne pense pas avoir besoin de cela pour être à deux doigts de l'explosion.
— Je ne peux pas te donner de réponses à cette question Elena soupiré-je. Tout ce que je peux te dire, c'est de garder espoir. Tant que Jenks ne nous dit pas qu'ils sont morts, tu n'as pas à t'en faire.
— Et s'ils sont morts, eux aussi ? souffle-t-elle, les yeux dans le vague.
— Alors tu auras toujours Gemma et ton frère pour te soutenir, et tu nous auras toujours nous, la famille dont tu fais partie.
Une légère pointe de gratitude explose dans ses émotions et c'est avec un léger sourire qu'elle se laisse glisser contre mon bras, attrapant ma main au passage, avant de poser sa tête contre mon épaule. Peut-être devrais-je en vouloir à Peter pour cela.
Depuis que nous avons fait notre excursion dans nos souvenirs, leur relation étrange, à tous les trois, a fait proliférer ces petites marques d'amitié, et je en doute pas que, si un jour l'un de nous vient à perdre le contrôle, elle en le verra même pas venir.
Chien mouillé, fraise, freesia, livre ancien. Mais bon dieu ! Ne peut-elle pas rester loin de ces putains de métamorphes ? Pourquoi faut-il que leurs odeurs soient toutes mêlées ?
En un instant, toute la famille est réunie dans le jardin, Elena placée en retrait derrière une ligne de cinq vampires en position d'attaque, jusqu'à ce que je sente l'amusement poindre, dans les sentiments de Bella. Evidemment ! Comment pourrait-il en être autrement, avec une femme qui aime tant s'attirer des problèmes ?
Mon grondement sort profondément de ma poitrine, lorsque je la vois avachie sur un des loups, le corps de celui-ci serré fermement entre les jambes de ma compagne, et ses doigts jouant négligemment dans la fourrure brun roux de celui-ci.
— Je vais descendre là, Jake rit-elle. Merci pour la balade !
— Seth fait Angie en descendant d'un autre de couleur sable c'était un plaisir, mais j'envisage de t'offrir une selle spéciale.
— Prends-en deux grimace Bella, se frottant les fesses. J'ai l'impression d'avoir chevaucher une poutre tant j'ai mal !
L'amusement du loup brun est presque aussi puissant que la fierté de celui sablé mais rien ne vient atteindre la colère qui émane du plus svelte, gris. Je ne sais pas qui est qui, mais je suis persuadé que celui-ci est Leah. Tant de haine et de colère, en présence de vampire ne peut venir que de cette fille-là.
— Tu nous ouvres beau blond ? crie Bella dans ma direction, un sourire aguicheur s'étalant sur ses lèvres.
Bien ! Elle se souvient encore à qui elle appartient ! Brave fille !
D'un geste rude, je déverrouille la barrière, de même que le champ magnétique, un grognement puissant cherchant à sortir de ma gorge, quand je vois mon jardin être envahis par ces chiots.
Je ne lui laisse pas le temps, à peine est-elle sur la propriété, pour lui offrir un baiser sulfureux, lui transmettant tout le manque que j'ai bien pu ressentir durant son absence, de même que la colère de l'avoir vu chevaucher un de ces putains de chiens.
— Je croyais t'avoir demandé de rester loin d'eux grondé-je, raffermissant ma poigne sur sa taille, la tête dans son cou.
— J'ai dû faire un choix Jazz rit-elle. C'était soit une balade à dos de loup, soit rentrer à pieds, et j'ai préféré faire passer le bébé avant tes foutues insécurités.
Elle ose ! Qui aurait cru, un an à peine plus tôt, qu'elle aurait eu assez de cran pour faire une chose de ce genre ? Sûrement aucun des Cullen, et vu le ricanement qu'émettent les deux McCarthy derrière moi, ils n'en pensent pas moins, malheureusement.
— Je n'ai aucune insécurité sifflé-je, retenant un grondement.
— Tant que tu y crois hausse-t-elle les épaules, retenant un rire.
Pendant nos retrouvailles, les six loups sont allés se transformer dans la forêt à tour de rôle, avant de revenir se placer en rangs serrés devant nous. Sont-ils stupides ? Croient-ils que nous allions les attaquer alors que nous leur demandons leur aide ? Que nous leurs proposons même une formation ?
— Détendez-vous lève les yeux au ciel Charlotte. Aucun de nous ne va vous manger.
— Vous puez de toute façon sourit Peter, méchamment.
— Vous devriez sentir la vôtre, d'odeur siffle la seule femme du groupe.
Je ne m'étais pas trompé, il s'agit bien de Leah Clearwater. Je ne peux pas lui reprocher sa rage, sa haine et sa colère, parce que, moi, à sa place, j'aurais sûrement mis en pièce ce petit con impertinent de Uley.
J'ai toujours regardé avec dédain leur imprégnation, mais le jour où j'ai appris que Sam s'était transformé, pour ensuite s'imprégné de la cousine de sa petite amie pour la première fois de ma vie, j'ai plaint un loup.
— Bienvenus sur nos terres déclaré-je, repassant en mode major, stoppant la lutte qui ne manquerait pas de venir si la discussion continue. Merci de nous apporter votre aide.
Mon dieu que cette simple phrase m'écorche la langue, et si j'en crois le léger sourire en coin de ma compagne, elle sait parfaitement que, en ce moment précis, je me retiens fortement d'être bien plus désagréable que la rudesse de mon ton le montre.
— Nous apportons notre aide à Bella, et non à vous siffle celui qui semble être l'alpha.
— Et qui es-tu ? hausse un sourcil Char.
— Jacob Black souris je en coin, narquois. Ainsi donc, tu as enfin des couilles ?
Sa transformation date de seulement un an, mais tout le conseil semblait tellement attendre qu'un nouveau Black prenne la relève, que je commençais, moi aussi, à désespérer pour eux. Enfin, si Billy et Ephraïm, d'après ce que m'en a dit Carlisle, étaient des chefs de meute ou des membres du conseil exemplaire, je doute sincèrement que le rejeton soit aussi simple à gérer.
D'une certaine manière, dans ses émotions, il me fait penser à Edward. La même fascination pour Bella, qu'il ne quitte pas du regard, depuis tout à l'heure, le même franc parlé sans savoir de quoi il est question, la même impertinence, et le même dégoût sans connaitre l'ennemi.
Certes, je n'aime pas les loups, et ce fait est assez connu mais, pour ma part, je pense avoir une assez bonne raison de le faire, et cette raison, c'est le fait d'avoir failli perdre Char et Peter, lorsqu'ils étaient encore seuls, avant qu'ils ne viennent me récupérer de chez Maria.
— Au moins, moi, je ne conduis pas une fille à sa mort prochaine par simple manque de distraction dans mon lit. D'ailleurs, comment va ta femme ? Toujours aussi frustrée ?
Je lutte réellement pour maintenir mon côté sanguinaire sous bonne garde, mais le môme à intérêt à ravaler toutes les prochaines paroles qu'il va dire, sous peine de perdre un membre, et sûrement la vie sous peu !
— Elle n'est plus ma femme sifflé-je entre mes dents.
— Elle s'est enfin rendu compte que tu étais un manche au pieu ? ricane-t-il, mauvais. Donne-lui mon numéro, je suis sûre que, même si son odeur est immonde, je pourrais bien mieux la satisfaire que toi.
Putain il va perdre un bras dans moins de trente secondes, s'il continue ce crétin, s'en rend il compte ?
— Pour y avoir goûter répond, bravache, Bella je peux t'assurer qu'il sait très bien s'y prendre !
— Reste en dehors de cela Bella grimace-t-il sous mon sourire narquois. C'est une affaire entre le balafré et moi.
— Le balafré ? ricané-je. Vraiment ? Tu n'as pas trouvé mieux ?
La colère monte doucement, en même temps que celle de ma compagne qui, depuis qu'elle a entendu le fait qu'Alice soit mon ex-femme, serre très fortement ma main. Ce que j'aimerais la revendiquer, là, juste devant eux, juste devant lui, pour qu'il cesse de la regarder comme une potentielle conquête… Ne voit-il pas qu'elle est enceinte de moi ? Est-il simplement con ?
— Si j'étais toi j'éviterais de provoquer le dieu de la guerre sourit méchamment Peter. Tu ne fais pas le poids contre lui, et tu ne le feras sûrement jamais. Chacune de ses marques représente un des vampires qu'il a tués, au cours de ses années avec Maria. Et toi, combien en as-tu eu ?
Il a le bon ton de ressentir de la gêne, malgré son visage qui rougit un peu plus de colère mais il garde enfin sa bouche close, ce dont je le remercie fortement.
— Vous logerez avec la meute de Salem, sur les terres tribales au fond de la forêt leur apprend Rose, jouant, pour une fois, le rôle de médiatrice. Nous nous sommes arrangés pour que vous puissiez rester avec les vôtres.
— Pourquoi ne pouvons-nous pas vivre ici, plutôt ? fonce les sourcils Seth.
— Tu veux vraiment vivre dans une maison qui regorge de vampires ? ricane Leah, grimaçant comme si l'un de nous l'avait profondément insultée. Es-tu devenu fou ?
— Mais ils ont une piscine ! s'écrit-il. Moi aussi je veux pouvoir me détendre au soleil !
Finalement, celui-ci, peut être que je l'aimerais bien. Tout, dans ses émotions, me fait penser à Emmett. Il n'a aucun filtre entre ce qu'il est et ce qu'il dit et visiblement, il se fiche profondément que nous soyons ses ennemis. Il reste un adolescent malgré tout.
— Vous vivrez dans la meute déclare jacob, et je peux sentir son pouvoir d'alpha entériner la décision. Moi je reste pour protéger les humaines.
Il est sérieux le blanc bec ? m'amusé-je. Il croit vraiment faire le poids contre cinq vampires entrainés, une sorcière qualifiée et membre des Volturis, ou même face au Phoenix ? J'aimerais vraiment voir cela !
— Oh non mon grand ! s'exclame Elena, nous dépassant pour venir se placer devant moi. Tu vas suivre bien gentiment tes petits camarades, et vous allez aller jouer dans la forêt comme les autres ! Chacun chez soi, et les moutons seront bien gardés !
Je ne saurais dire si c'est sa relation avec mes deux frères et sœur qui lui ont conféré cette autorité mais je suis vraiment amusé de la voir là, prenant la tête de notre petite famille, pour protéger nos intérêts. Ou bien est-ce les siens qu'elle protège ?
Il décroche enfin son regard de Bella, pour le plonger dans celui d'Elena et là, mon malheur se déclenche sous mes pieds.
Je la sens, pour la première fois. Cette sensation de planer totalement entre ciel et terre, cette sensation de perdre totalement ses points de repères pour ne rester qu'ancrer à elle, l'impression d'avoir trouvé son tout. Il s'est imprégné d'un des membres de notre famille, la seule humaine.
— Oh putain soupiré-je, me prenant la tête dans les mains. Tout mais pas cela.
— Que se passe-t-il ? fronce les sourcils Emmett.
— Il vient de s'imprégner d'Elena levé-je les yeux au ciel, ne cachant pas ma grimace de dégoût.
Le grondement profond d'Emmett, et, plus étonnement, celui de Char et Peter lui répondent, alors que le Quileute s'approche, l'air assez béat pour en devenir niais, la main tendue vers elle, un grand sourire aux lèvres.
Le premier à agir est le compagnon de Rose, se plaçant entre Elena qu'il considère comme une petite sœur, et la main de l'indien, le toisant avec un regard tellement haineux qu'il en recule d'un pas.
— Touche-la une seule fois siffle-t-il, menaçant et retenant un peu sa haine à son égard et je te promets de détruire chacune des moindres parcelles de ce petit corps de puceau que tu trimbales. Ma sœur n'est pas à vendre.
— Ta sœur ? fronce-t-il les sourcils, grimaçant, lui aussi. Elle est un vampire, elle aussi ?
— Cela changerait quoi, si j'en étais un ? gronde-t-elle. Tu m'aimerais moins, tout à coup ?
Je ne le devrais pas, mais je suis surpris par le ricanement moqueur qu'elle émet. En temps normal, même malgré son franc parlé, elle reste une des femmes les plus diplomates qu'il m'ait été donné de rencontrer, parfois même plus qu'Esmé, ce qui n'est pas peu dire.
Pourtant, là, devant lui, elle ne ressent rien de ce qui pourrait être même le début d'un amour, qu'il soit fraternel, amical ou amoureux. Non, tout ce qu'elle ressent, c'est de la suspicion à l'état brut, et je me sens peiné pour elle, en sentant cela. Va-t-elle se refermer à l'amour parce que nous l'avons conditionné ?
— Bien sûr que non, ma belle sourit-il, ayant retrouvé toute sa bonne humeur. Toi tu es spéciale, et même si tu étais un vampire, je ferais un trait dessus.
— Tu sais parler aux femmes toi grimace-t-elle, avant de se tourner vers nous, malicieuse. Je rentre, je vais me coucher. Peter, évite de prendre toute la place cette nuit, Char et moi avons besoin de nous étendre, nous aussi.
— Tu sais bien que nous sommes à tes ordres chérie sourit-il, narquois que ce soit dans la chambre à coucher, ou n'importe où ailleurs.
Elle leur adresse un clin d'œil, s'avance vers eux, embrasse Peter assez fougueusement, avant d'en faire de même avec sa femme, bien plus sensuellement, nous clouant tous sur place puis rentre et nous l'entendons tous claquer la porte de leur chambre.
Visiblement, l'idée d'une entraide pacifiste entre nos deux espèces risque de se passer moins bien que prévu, si Elena refuse une imprégnation avec l'alpha de la meute. Mais qui suis-je pour vouloir l'empêcher d'être libre ?
