BONNE ANNEE 2020 ! Puisse cette année vous apporter joie et santé, les deux choses les plus importantes dans la vie.
Coucou à toutes, merci à Kaname20, HardwickBella, Pims10 et Nanoulaet pour leur commentaire sur le précédent chapitre.
Merci à crazybells pour sa correction.
Bonne lecture.
Après le déjeuner et après qu'une bonne partie des pensionnaires fut retourné dans leur maisonnette ou partie faire les activités de l'après midi, je me retrouve avec mes parents et Rosalie dans mon bureau. Cela fait très formelle mais seule cette pièce est totalement interdite à quiconque, bien que les pensionnaires ne soient pas autorisés à monter à l'étage. Mes parents et Rose se demandent pourquoi je ne reçoit une médaille que maintenant, normalement, je ne devrais pas puisque je ne suis plus en service actif et que je ne fais pas partie de l'armée de réserve mais je pense que ma nomination pour cette récompense date de mon service actif, avant l'opération qui a coûté la vie de deux de mes collègues et ma jambe droite. Cependant, elle a dû être retardée à cause de l'enquête qui me visait.
Est- ce que je dois leur dire ? Je ne leur ai jamais parlé, à aucun d'entre eux, de peur d'être jugée, même si au fond de moi, je sais qu'ils ne l'auraient jamais fait. De peur de les décevoir et d'autant que ce n'était pas une période simple Rosalie avait autre chose à penser et mes parents… Mes parents, je ne voulais pas les inquiéter.
-Un soucis ? Me demande Rosalie après avoir fermé la porte du bureau.
-Pas vraiment, je pense que je partirais du 14 au 16 mai, j'aurais besoin que tu assures l'intérim, tu sais déjà le faire pendant que je serais à D.C, je lui dis.
-Pas de soucis, mais je suis d'accord avec Edward, pourquoi maintenant ?
-Chérie, je ne connais pas bien les mœurs et les usages de l'armée mais à moi aussi, ça me paraît étrange, tu n'as pas ta petite idée ? Parce que je ne pense pas que ce soit quelqu'un qui s'amuse à te faire une blague vu la mise en scène très militaire.
-Si, je pense savoir pourquoi, mais ce n'est pas grave, je dis pour éviter de tout raconter, j'ai quand même le droit d'avoir mon jardin secret !
-Tu sais si Allison et Matt seront aussi présents ? M'interroge Rose.
-Pas la moindre idée, sans doute ton père puisqu'il était mon colonel et probablement le général Smith mais sinon, il y aura aussi des Marines et des militaires de l'armée de Terre. Le reste, je suppose que je ne le saurais qu'une fois sur place.
-En tout cas, nous sommes fiers de toi, me dit mon père avec émotion.
-Nous l'étions déjà, mais nous le sommes encore plus maintenant, renchérit ma mère. Bon nous allons te laisser avec ton amie pour que vous régliez les questions concernant le centre. Charlie, tu m'accompagnes jusqu'à un coin sympa pour peindre ? Demande ma mère.
-Allons y, répond Charlie. Travaillez bien les filles, dit mon père en sortant du bureau.
Mes parents sortent du bureau, refermant derrière eux la porte, nous laissant Rosalie et moi. Rosalie s'installe sur une chaise en face de mon fauteuil, et pour éviter l'impression d'une convocation chez le principal, je m'assois sur la chaise à côté de la sienne. Pendant quelques minutes, ni elle ni moi ne parlons, savourant le silence avant que ce dernier ne devienne lourd.
-Qu'est ce que tu sais et que tu n'as pas dit devant tes parents ? Me demande gentiment Rosalie.
-Qu'est ce qui te fait croire que je sais quelque chose et que je l'ai caché ? Je lui rétorque sans être méchante.
-Bella, je te connais depuis presque 10 ans et je sais quand tu caches ou que tu gardes quelque chose pour toi. Explique toi, tu sais que je ne te jugerai pas.
-Rose, comprends que ce n'est pas de la psy dont j'ai besoin, mais de mon amie et que celle ci, malgré toute sa bonne volonté aura tendance à me juger. Ce que je garde pour moi, concerne mon amie, ma collègue et ma sœur d'arme, pas la psychiatre et psychologue.
-Qu'est ce que c'est pour que tu me le caches comme ça ? Me questionne Rosalie en passant une main sur son visage, soudainement plus fatiguée.
-Rien de grave enfin pour toi, je lui réponds avec un sourire et en avançant ma main droite pour exercer une légère pression sur son bras.
-Donc ça l'est pour toi ? Réagit Rosalie. Pour que ça intervienne aussi longtemps après ton départ, ça a un rapport avec ta dernière mission ?
-Oui, tu ne le sais pas, parce que je ne te l'ai jamais dit mais je suis sortie avec un médecin local pendant ma dernière mission, Amun. Personne ne le savait ni dans l'unité ni à l'hôpital ou dans les villages que nous visitions mais après l'attaque qu'a subi notre convoi, l'armée l'a découvert. Quand j'étais en Allemagne et lors de mon rapatriement, des policiers militaires sont venus me voir pour me poser des questions.
-Ils t'ont soupçonné d'avoir donner des informations à l'ennemi sous couvert que tu couchais avec un non membre de l'armée américaine et qui en plus de ça travaillait en étroite collaboration avec ton unité ? Demande Rosalie.
-Oui, enfin bien sûr, ce n'est pas de cette façon qu'ils m'ont présenté la chose mais oui. J'ai failli passé en Cour Martiale à cause de cette histoire.
-Mais c'est ridicule ! Tu n'aurais jamais fait ça ! Tu n'as pas fait ça ? Me questionne cette fois ci Rose. Et je ne lui en veux pas d'avoir des doutes.
-Bien sûr que non ! Tu me prends pour qui ? Avec Amun, nous nous entendions bien, il était gentil et avait besoin de se détendre, j'en avais besoin aussi. Plus qu'une relation c'était une sorte d'amitié améliorée, nous nous cachions beaucoup parce que c'était mal vu les relations hors mariage dans son pays et aussi parce que l'armée n'était pas d'accord. Nous n'étions pas liés pas des sentiments amoureux et je n'aurais pas mis ma vie et la vie de mes collègues en danger pour une partie de jambe en l'air !
-Mais pourquoi je ne l'ai jamais su ? Tu le sais que j'ai demandé des renseignements à mon père quant à cette histoire et que c'est de cette façon que j'ai su que tu étais dans un hôpital avec une jambe en moins. Pourquoi ce n'était pas écrit dans le rapport que j'ai lu ?
-Sans doute que tu as eu la première version du rapport, encore une fois, je ne sais pas et puis c'est probable que ton père ne voulait pas que tu le saches.
-Et tu penses que Matt et Allison étaient au courant de cette enquête qui te visait ? M'interroge Rosalie, puis après un instant de réflexion. C'est possible, eux aussi ont dû être interrogés pour être certain que ce n'était pas de ta faute ou rien que pour savoir si ils étaient au courant pour ta relation avec le médecin. Mais pourquoi ils ne te l'ont jamais dit ?
-Parce qu'après ça, après que les deux militaires sont venus m'interroger, je me sentais encore plus coupable, je le pensais déjà avant ça, mais c'était encore pire par la suite. Alors, j'ai coupé les ponts avec eux et puisque nous n'étions pas vraiment des supers amis, oui nous nous entendions bien mais ils n'étaient pas toi et eux aussi devaient se remettre de leur blessures, ça va faire trois ans que je n'ai plus eu de contact avec eux.
-D'accord, mais pourquoi tu vas recevoir la médaille maintenant ? La Distinguished Service Cross n'est décernée qu'aux militaires en service actif.
-Je le sais, mais l'enquête a dû retarder la remise, dire que j'aurais pu rencontrer le Président Obama et qu'à la place, c'est Trump dont je vais serrer la main.
-Mais si tu la reçois, ça signifie que tu as été totalement mise hors de cause et tu la mérites cette médaille.
-Merci, je dis en serrant Rose dans mes bras. Après ça, ma meilleure amie me laisse seule dans mon bureau où je commande via internet mon billet d'avion et je réserve mon hôtel. Je ne compte emmener personne avec moi, pas que je ne le veuille pas mais c'est assez long et ennuyeux ce genre de cérémonie et d'autant plus que mes parents vont retourner chez eux et que tout le monde a un travail à effectuer au ranch.
Pendant le reste de la semaine, je continue de travailler comme d'habitude, me partageant entre le travail administratif et celui au sein du ranch, essayant de trouver du temps pour rester un peu avec ma mère et avec mon père. Le samedi après midi, puisqu'Emmett était occupé avec les chevaux et le bétail, c'est moi qui ai reconduit Seth à Billings, et plus précisément à l'aéroport. Je suis ravie que le policier aille mieux et d'après ce que j'ai compris, il reprend bientôt le travail.
Avant de repartir pour le ranch, je fais un détour pour m'arrêter à Rimrock Mall, un centre commercial en plein centre de Billings. Je dépose mon uniforme au pressing, leur donnant un pourboire de 20$ pour qu'il soit prêt avant la fin d'après midi et pendant ce temps là, j'en profite pour me promener dans le centre commercial. Je passe une bonne partie de l'après midi dans la librairie du centre, cherchant de nouveaux livres. J'en choisis deux un policier pour mon père, ce qui fait très cliché et un livre sur la méditation pour ma mère.
Je suis contente lorsqu'à 17h30, je récupère mon uniforme et que je reprends la route, je suis moins contente de tomber à l'heure de sortie des bureaux, même si nous sommes samedi, et par conséquent à l'heure de pointe, je sais déjà que je ne serais pas à l'heure pour le dîner. Alors, chose que personne ne devrait faire, je prends mon téléphone et j'appelle Esme pour la prévenir de commencer le dîner sans m'attendre.
Sans me presser, je rentre au ranch et j'arrive vers 19h40, alors que tout le monde est déjà en train de débarrasser la table. N'ayant rien avalé depuis le repas du midi, juste avant de ramener Seth à l'aéroport, la faim commence à me tenir le ventre et je suis ravie de voir qu'il reste encore une bonne portion de ratatouille. Esme, Carlisle, James et Victoria partent peu de temps après et ma mère décide de monter dans sa chambre pour commencer le livre que je lui ai pris. Mon père reste un peu avec moi avant de s'installer dans le salon, pour regarder un match de sport quelconque à la télévision. Je suis surprise de constater qu'il ne reste plus qu'Edward qui patiente, debout à l'entrée de la cuisine. Je continue de manger sans rien dire, attendant qu'il fasse le premier pas.
Je finis mon assiette puis je me lève pour la mettre dans le lave vaisselle pour ensuite me prendre un yaourt dans le réfrigérateur. J'en profite aussi pour prendre le sucre et je me rassois, poursuivant mon repas, pendant qu'Edward attend toujours. Je termine le yaourt alors qu'Edward est toujours là, le regard dans le vide, je ne sais pas si je dois perdre patience et l'inciter à parler ou continuer de l'ignorer même si cette situation joue avec mes nerfs.
-Je voudrais m'excuser, commence Edward. Pour mon comportement avec toi, je sais que je n'ai pas été juste et je te demande pardon.
Dire que je suis surprise est un euphémisme. Je reste sur le cul comme on dit tellement je ne m'attendais pas à des excuses de sa part.
-Qu'est ce qui t'a fait changer d'avis ? Je lui demande, reprenant le tutoiement comme il vient de le faire.
-J'ai discuté avec Charlie, on ne peut pas dire qu'il appréciait ma manière de te parler et il m'a dit que tu lui avais demandé de ne pas intervenir, mais il a bien vu que je n'arrêtais pas et il en a eu marre.
-Donc, tu t'excuses seulement parce que mon père te l'a demandé ou ordonné ? Ou parce que pour une raison que j'ignore, il semble t'effrayer ? Je questionne Edward en prenant une pomme dans la panière à fruits avant de la passer sous l'eau du robinet et de croquer dedans.
-Non ! Se défend Edward. Bon, en partie parce que la discussion avec ton père m'a permis de réaliser que je n'étais pas objectif lorsque ça te concernait. Mais aussi parce qu'après la visite des militaires mercredi, j'ai fait des recherches sur toi, ce qui m'a aussi fait prendre conscience que je me trompais et que tu n'es pas aussi égoïste que je le pensais au départ.
-Merci, je suppose, je lui réponds. Et où as tu eu ces informations ? Je veux bien qu'il y ai un certain prestige de faire partie du corps des Marines mais mon dossiers est classifié. Tu n'as pas pu avoir accès à ce dernier.
-J'ai mes sources, répond mystérieusement Edward.
-Qui sont ? Je demande. Ce n'est pas une blague, je voudrais savoir comment tu as pu avoir des informations sur moi. Et quelles sont la nature de celles ci.
-Si c'est ça qui t'inquiète, je sais pourquoi tu ne reçois ta médaille que maintenant.
-Est ce que tu as écouté la conversation que j'ai eue avec Rosalie ? Je lui demande, méfiante.
-Non, mais comme je te l'ai dit, j'ai mes sources et c'est tout ce que tu sauras, je ne peux rien te dire de plus. Ce n'est pas contre toi.
-Ce n'est pas contre moi, je ricane jaune. Si un peu quand même ! Tu n'étais pas vraiment dans la technologie, n'est ce pas ? Je finis par demander.
-Si, j'étais bien dans la technologies et même si tu me demandes ce à quoi tu penses, tu sais que je ne pourrais rien te dire, que c'est classé secret défense.
-Je sais, non ce qui m'étonne c'est que tu aies pu venir dans mon centre et que tu n'as pas fini dans un centre très proche du Pentagone.
-Faut croire que mes supérieurs me faisaient assez confiance pour me laisser aller au fin fond du Montana.
-Te fous pas de moi. Et puis la Cour Martiale pour haute trahison avec le risque de peine de mort, ça dissuade pas mal, n'est ce pas ? Je l'interroge.
-Et tu en sais quelque chose, me lance Edward. Ce n'est pas que je ne veux pas, c'est que je ne peux pas te le dire, ce qui est très différent. Toi même, tu es soumise au secret par ton métier.
-Ce n'est pas exactement la même chose et tu le sais, je réponds en le regardant dans les yeux et pour la première fois, c'est autre chose que de la haine ou de la colère que je vois dans ses iris verts.
-Si ça te convient de penser ça, consent Edward.
-Je suppose que tu ne me diras pas comment tu t'es retrouvé avec une prothèse dans ce cas ? Je me risque à demander.
-Tu n'as pas lu mon dossier ? Demande Edward avec un sourire ironique.
-Si, bien sûr que je l'ai fait. Mais je doute à présent d'avoir lu la vérité.
-Je ne suis pas si mystérieux, tu sais.
-Permets moi d'en douter, je rétorque avec un sourire. Tu caches des choses, j'en suis certaine et si il faut que je creuse pour que tu ailles mieux, crois moi, je le ferais.
-Ne creuse pas trop non plus, tu risquerais de t'y brûler les ailes.
-Serait ce une menace ?
-Je te préviens seulement, je ne voudrais pas que tu aies des problèmes, c'est tout. Contrairement aux apparences, je tiens un minimum à toi, ne serait ce que parce que nous venons du même endroit et que nous avons partagé une paillasse en cours de bio. Et ton père me tuerait si il t'arrivait quelque chose.
-On en revient toujours à mon père, hein ? Qu'est ce qu'il vous unit ? Pourquoi tu l'écoutes lui ? Et ne me sors pas l'excuse bidon qu'il est le shérif, je suis Capitaine de l'armée de l'air Américaine et tu ne m'écoutes pas pour autant.
-C'est compliqué, ça aussi. Je pourrais te le dire, seulement quand tu remettras les pieds à Forks, pas avant !
-C'est un défi ?
-Prend ça comme tu veux. Mais oui, c'est un défi et si je me souviens bien, tu ne résistes pas devant un défi, se moque Edward avant de quitter la cuisine, me laissant seule avec cette étrange conversation à ressasser.
Je trouverais ce qu'il cache et si pour ça, il faut que j'affronte le regard et le jugement des habitants de Forks, je le ferais. Je ne sais tout simplement pas quand, je trouverais le courage de le faire.
Beaucoup d'entre vous ont trouvé qu'Edward était un con agaçant et je ne peux pas vraiment vous donner tord, mais j'espère que vous allez l'apprécié un peu plus avec ce chapitre.
N'oubliez pas, une review fait toujours plaisir ! A la semaine prochaine.
