18 décembre
Mots utilisés : Couverture - Chaleur du radiateur - Manteau
Fandom : Yu-Gi-Oh ! Zexal
Alito et Girag - léger Girag x Scarlet Starling
Amitié - Romance légère
Le vent agitait les vitres du bar et la pluie frappait contre les carreaux. C'était toujours agréable de se trouver dans une pièce chaude et abritée des éléments, où flottait une bonne odeur de nourriture. Pourtant, à ce moment précis, Girag était loin de mesurer sa chance. Ramassé sur son tabouret haut, les épaules basses, il touillait les pommes de terre rôties qui accompagnaient sa grande entrecôte, mais il n'avait visiblement pas beaucoup d'appétit. Déjà, n'avoir commandé que le petit plat du soir au lieu de la moitié de la carte en était déjà une indication. Alito, compatissant, lui tapota le dos pour le consoler.
"Allons, mon vieux. Tu finiras bien par la revoir. Ce n'est que partie remise.
-Mais c'était une rencontre exclusive ! Ses fans pouvaient l'approcher et même faire un Duel contre elle ! T'imagines, j'aurais pu lui montrer à quel point mes monstres Mains étaient forts... Ensuite, je l'aurais laissée gagner par galanterie, et elle m'aurait peut-être dédicacé son nouveau disque !"
Plus son meilleur ami en parlait, plus Alito se sentait triste pour lui. Effectivement, ils avaient eu l'intention d'aller voir la célèbre Scarlet Starling, qui avait organisé une rencontre avec ses fans au parc d'Heartland. Girag était l'un de ses plus fervents admirateurs -Alito ne comptait plus le nombre de fois où il l'avait entendu fredonner ses chansons sous la douche ou devant la télé. Malheureusement, ils avaient été retenus au local qu'ils occupaient par Mizar, et quand ils avaient enfin pu prendre congé de leur congénère Barian, c'était trop tard. La chanteuse et son équipe avaient déjà plié leur matériel et étaient partis. Alito n'avait pu que voir, désolé, un air de d'horrible déception et de tristesse se peindre sur le visage de son ami.
"Allez, Girag, c'est trop tard maintenant, avait-il murmuré en posant une main dans le dos du Barian. Rentrons au gymnase. Je te paye un repas au restaurant ?"
Ils avaient marché sans un mot jusqu'au bar-restaurant qu'ils fréquentaient d'habitude, mais son ami n'avait plus envie de rien. Il avait posé par terre toutes les affaires qu'il comptait faire dédicacer à la chanteuse, CDs, revues spécialisées, photos, et s'était assis en soupirant tristement. Compatissant, Alito n'avait même pas essayé de lui changer les idées - il se doutait que son ami n'avait pas le coeur à penser à autre chose. Alors, il avait simplement essayé de le réconforter, en regardant sur la table du bar son repas qui refroidissait.
Et puis, un petit miracle s'était produit. Alors que la tempête à l'extérieur battait les carreaux, la porte s'était soudain ouverte à la volée, comme poussée par une bourrasque. En fait, elle l'était par deux hommes portant un costard et des lunettes de soleil (malgré l'absence de lumière au-dehors), qui jetèrent un regard circulaire dans la salle avant de lancer :
"Veuillez nous excuser pour cette entrée fracassante, mais nous avons été surpris par la tempête à l'extérieur. Nous permettriez-vous de rester ici le temps que la pluie et le vent se calment ? Nous avons l'intention de consommer, bien évidemment."
Le barman, qui n'était jamais surpris de rien, hocha la tête sans lâcher les verres qu'il essuyait. Les deux gardes du corps et la personne qu'ils accompagnaient s'avancèrent dans la salle de restaurant, trempés et frissonnants. Surtout la jeune fille au milieu, qui paraissait transie de froid dans sa robe rose à volants blancs et ses cheveux remontés sur les côtés de sa tête. Son maquillage avait un peu coulé, surtout le coeur sur sa joue. Pour autant, sa présence foudroya directement Girag en plein coeur. Les yeux écarquillés, figé sur place, Alito s'attendait à le voir tomber de son tabouret à tout instant. Et pour cause ! C'était Scarlet Starling qui venait de pénétrer dans le bar.
"Heu... heu... heu..., bégaya Girag, faisant un geste dans sa direction, heu..."
Mais, toute frissonnante, elle passa à côté de lui sans le voir, trop absorbée par ses frissons de froid. Girag la suivit du regard, estomaqué. Alito avait du mal à croire, lui aussi, à une telle coïncidence, mais c'était une opportunité en or !
"Qu'est-ce que tu attends ? murmura-t-il à l'oreille de son ami, qui n'en revenait toujours pas. Va donc lui parler !
-Attends, tu es fou ou quoi ? Je n'oserai jamais lui adresser la parole !
-Heu, c'était pas pour ça qu'on était allés la voir ?"
À quelques pas d'eux, la jeune chanteuse s'était collée au radiateur pour profiter de sa chaleur. Comme elle continuait de frissonner, le barman lui apporta une couverture, dans laquelle elle s'enroula avec reconnaissance. Ses gardes du corps, pendant ce temps, lui avaient commandé un chocolat chaud pour la réchauffer. Elle les remercia et s'assit par terre, collée au radiateur. Ses gardes du corps s'assirent au bar et Girag continua de la dévisager discrètement. Enfin, autant que pouvait l'être un grand gaillard bardé de muscles au crâne rasé surmonté d'une crête vert foncé.
Alito coupa un morceau de son entrecôte, le sourire aux lèvres. Girag avait une chance incroyable ce soir ! Et il ne comptait pas le laisser tout gâcher par pure timidité -alors qu'il était loin de l'être en temps normal.
"Écoute, mon vieux, cette fille que tu admires tant est dans le même bar que toi, assise au pied d'un radiateur. Cette occasion ne se reproduira pas de sitôt, alors tu devrais tenter ta chance maintenant et aller lui parler.
-Mais... elle n'a peut-être pas envie de discuter ? objecta le géant en jouant avec ses doigts.
-Arrête, tu ne vois pas comme elle a l'air seule ? Si j'étais à ta place, je n'hésiterais pas.
-Excuse-moi de te dire ça, mais tout le monde n'est pas un beau gosse mystérieux, rétorqua Girag, sarcastique.
-Girag, voyons ! Je sais que je suis plutôt doué avec les filles, mais...
-La dernière fois que tu as abordé Tori, tu as failli te noyer dans la piscine.
-C'était un malheureux accident !"
Girag ricana franchement de son indignation, et ce rire suffit à la détendre un peu.
"Allez, va la voir ! ordonna Alito en lui donnant une grande claque dans le dos. Si tu le fais pas, je dirai à Dumon et Mizar que tu écoutes des chansons pour midinettes !
-Quoi ! J'adore sa voix, et ses chansons sont supers !"
Girag s'était même levé de son tabouret tant il était indigné. Il avait parlé tellement fort que Scarlet leva les yeux vers lui, étonnée. Alito ricana et fit signe à son ami, qui se trouvait dos à la jeune fille, qu'il avait attiré son attention. Girag se figea comme une statue, vira presque au gris, se retourna au ralenti et son regard croisa celui de la chanteuse.
"Heeeeeeu..., bégaya-t-il."
Quelques secondes de silence total s'écoulèrent, puis Alito poussa définitivement son ami en direction de la jeune fille.
"Heeeeeu... j'étais en train de parler de tes chansons à mon ami, expliqua Girag en rougissant de timidité. Je... je les trouve vraiment super !
-Oh ! Merci, c'est gentil, sourit Scarlet, et son sourire rayonnait comme un soleil. Ça me fait toujours plaisir de rencontrer des gens qui aiment mon travail ! Tu veux t'assoir ?"
Timide, Girag se laissa glisser à côté d'elle. C'était vrai que cette chaleur de radiateur était très agréable, réchauffant l'épiderme et dénouant même les muscles endoloris. Mais le Barian soupçonnait que c'était la présence de la jeune fille, bien davantage, qui lui réchauffait le coeur.
Tous deux parlèrent longtemps, assis par terre dans ce petit bar-restaurant, jusqu'à ce que la tempête cesse à l'extérieur. Quand le vent et la pluie arrêtèrent de cogner contre les vitres, les deux gardes du corps de la jeune fille se levèrent et lui proposèrent de partir. Un peu à regret, Scarlet se releva. Elle voulut rendre la couverture au barman, mais il lui fit signe de la garder. Alors, elle la tendit à Girag.
"Tiens. Tu n'as qu'à la prendre avec toi. Ça te fera un souvenir de cette soirée, dit-elle avec un sourire éblouissant."
Girag rougit comme une pivoine, acquiesça en bégayant et prit la couverture. Elle sentait encore le parfum de la chanteuse... Au dernier moment, il lui courut après pour la rattraper.
"A... attends ! s'écria-t-il. Maintenant que la nuit est tombée, il doit faire un froid de canard, dehors... Tiens, prends ça."
Il ôta son manteau qui se trouvait sur un des tabourets du bar et le lui mit sur les épaules. Cette fois, ce fut Scarlet qui rougit. Elle s'enroula à l'intérieur et se haussa spontanément sur la pointe des pieds pour poser un bisou sur la joue de Girag.
"Merci ! C'est très gentil. Je... je te le rendrai quand on se reverra. Alors, au revoir...
-Au... au revoir..."
Elle quitta le bar avec ses gardes du corps, et les joues de Girag ne dérougirent pas jusqu'à ce qu'Alito lui tape dans le dos.
"Alors, j'avais pas raison ?
-Merci, Alito ! Je... Je te revaudrai ça !"
Il prit son ami dans ses bras et l'emprisonna dans une éteinte à lui briser les os. Le jeune Barian rit et tapota, comme il put, ses grands bras puissants.
"N'en fais pas des caisses, voyons. C'est bien à ça que sert un meilleur ami, non ?"
Girag était, pour sa part, le meilleur qu'il ait jamais eu. Et quand son ami était heureux, il l'était, lui aussi.
