Chapitre 18 : Études, enceintes et enfants

Elle rit et m'embrasse la joue avant d'aller nous préparer du jus d'orange frais. Je retourne à ma poêle. Le bacon, c'est bon mais les œufs ont pris un coup de chaud. Tant pis. Ça valait le coup.

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Tout était parfait. Sauf peut-être le fait que je ne sois pas enceinte. Bien sûr ce n'était pas le genre de chose qu'une étudiante en L1 de Droit pouvait dire sans avoir un tas de question… Mais j'étais vraiment heureuse de ma vie sauf que je n'étais pas enceinte... Sauf le fait que je ne porte pas l'enfant de mon alpha. Et ça me donnait envie de pleurer.

Regina affirmait que c'était normal. Qu'après plusieurs années de pilule, mon corps devait réapprendre à être fécond. J'étais à deux doigts d'arrêter les inhibiteurs pour avoir mes chaleurs pour que je sois plus fertile. Mais Gina avait dit d'être patiente. Le docteur avait dit d'être patiente.

Mon oméga était légèrement dépressif alors je le faisais taire à coup de travail. Je voulais, je me devais d'être dans les meilleurs. Je savais que ce n'était que la première année mais je voulais que les Mills soient fières de moi. Je voulais être dans les premiers, la première de ma classe.

Je m'étais fait quelques amis, mais je voulais surtout rester concentrer.

Regina, Lili et Ruby s'étaient liguées contre moi à ce propos. Elles (les filles) m'invitaient à un tas de soirée et Regina m'incitait fortement à y aller. Elle avait insisté que c'était important. Qu'elle s'était bien amusée pendant ses années de fac et son regard rêveur sans doute à propos de quelques anciennes conquêtes l'avaient presque fait dormir sur le canapé. Non mais !

J'y étais allée et j'avais consciencieusement dansé avec un tas de gens pour lui apprendre. Regina avait été toute penaude et son alpha avait demandé pardon en gémissant et en se frottant à moi pour que je sente de nouveau comme elle et pas comme les trois odorants alphas avec qui j'avais dansé. Après ça, elle avait été un peu moins enthousiaste à m'encourager à sortir et elle avait soigneusement fait en sorte de me faire l'amour et de se frotter à moi tous les matins pendant presque deux semaines pour que je sente comme elle. Non mais sérieusement, penser à ses conquêtes alors que je suis là… là juste pour elle. Pff !

Quand j'avais raconté ça à Zéléna, elle avait été tout à fait d'accord avec moi et Ruby comme Lili avaient bien rigolé alors que j'arrivais à la fac en sentant discrètement le sexe et beaucoup moins discrètement mon alpha. Ça avait au moins eu le mérite de faire reculer les alphas dragueurs de ma classe.

La vie était vraiment bien.

Henry était trop trop trop heureux, sa vie était trop trop cool. Il m'aimait trop beaucoup et il aimait trop trop troooop sa mama. Il adorait trop l'école et il adorait trop passer du temps avec ses amis. Il aimait trop aller voir notre famille et passer du temps avec ses cousins était trop bien.

Regina avait, quant à elle, beaucoup trop de travail, à mon goût. Elle rentrait maintenant assez tard et avec la fac, Granny avait réussi à obtenir le droit de récupérer Henry trois fois par semaine et de passer deux mercredi sur quatre avec lui. Je m'étonnais toujours de sa capacité à tenir tête à Cora et à Henry. Ingrid avait obtenu un mercredi qu'elle partageait volontiers avec Belle quand cette dernière ne travaillait pas. Zéléna profitait souvent de l'occasion pour offrir Robin et Roland au plus offrant. Zéléna était de plus en plus occupée avec ses trucs associatifs. Elle en parlait assez peu mais elle semblait un peu épuisée. Elle ne me harcelait plus que très peu pour aller faire du shopping et ne débarquait plus trop à la maison sans prévenir le samedi. C'était suspect. Mais Gina avait haussé les épaules et Cora et Henry avaient changé de sujet. Comme je le disais suspect.

Gina rentrait vers 19h30-20h maintenant, et parfois elle ne rentrait que bien plus tard. Elle avait de plus en plus de responsabilité et même si elle adorait, j'avais peur qu'elle se perde dans le travail. Elle travaillait presque tous les samedis, presque toute la journée et certains dimanches elle quittait le lit beaucoup trop tôt. Elle quittait la maison juste après le réveil d'Henry et elle revenait au mieux pour dîner ou pour le coucher au pire après. J'avais essayé de lui parler mais elle disait que c'était juste le temps de s'habituer à ses nouvelles responsabilités mais ça faisait presque deux mois.

Ça avait commencé juste après votre lune de miel… J'essaie de comprendre. Elle adorait son travail, vraiment. Elle adorait trouver des moyens de défendre tel ou tel cas. Elle adorait gérer et être le mentor des jeunes avocats. Mais elle travaillait beaucoup, arrivait tard. Et surtout je n'aimais pas qu'elle dîne avec ses protégées. Je n'aimais pas qu'elle rentre avec 22h, avec des odeurs d'inconnus sur elle. Je n'aimais pas ça du tout. Elle essaie de me rassurer mais mon oméga n'était pas vraiment rationnelle ses temps-ci. Et la pensée constante que je n'étais pas encore enceinte, que je n'étais même pas capable d'offrir un autre enfant à mon alpha, se couplait avec l'idée que mon alpha était moins présent. Moins là pour moi. Peut-être que Régina en avait marre d'attendre et qu'elle… Non ! Non, elle ne ferait pas ça. Non, elle ne le ferait pas. Mais… juste au cas où, j'allais être plus présente pour elle, pour le travail aussi.

Juste au cas où…

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J'étais tellement heureuse. Emma était heureuse, Henry était trop heureux. On travaillait très très dur à lui faire un frère ou une sœur. C'était merveilleux.

Le travail était stressant et fatiguant mais c'était vraiment gratifiant.

Surtout là, maintenant. J'avais mon Emma à mon bras. Je lui avais dit que ce n'était pas là peine, qu'elle pouvait rester tranquille à la maison se reposer, mais elle avait vraiment voulu venir. Elle disait que je devais avoir ma femme à mon bras. Avec ce genre d'argument, je ne pouvais pas dire non. Elle était parfaite. C'était la troisième fois qu'elle venait à ce genre de chose. D'abord une réception où elle avait été charmante et drôle, puis un dîner avec des investisseurs, mes parents étaient présents et Emma et Henry S avaient étaient parfaits. Comment font-ils pour être si emmerd- agaçants parfois et parfois être si parfaits ? Je me le demandais vraiment. Ma mère était elle aussi charmante et le dîner avait été une franche réussite.

Aujourd'hui c'était un gala de bienfaisance. Emma portait une robe que l'on pourrait appelé assez classique à cause de ses cicatrices, mais elle était à mes yeux la femme la plus sexy et la plus belle de la salle. Elle restait inlassablement à mon bras, elle parlait quand il fallait et elle charmait tout le monde à la ronde.

J'étais clairement la plus chanceuse des femmes du monde.

-Gina ? Je reviens au présent et regarde mon Emma dans ses magnifiques yeux verts.

-Oui, mon ange ?

-Tu viens danser ?

C'était nouveau pour moi. Danser durant ce genre de chose était une corvée sans nom, avant Emma. Maintenant, c'était un de mes plaisirs secrets. Avoir mon Emma tout contre moi durant quelques minutes était un rêve.

-Oui, mon ange.

Toute joueuse elle m'entraîne vers la piste de danse. Nous dansons deux slows et je voulais encore un peu danser mais Emma s'arrête et elle me tire vers mon père qui fait des gestes subtils.

Emma paraît amusée que moi, elle sourit à mon père et sans que je comprenne ce qu'il se passe, je me retrouve à parler de droit fiscal avec un de nos plus riches mais plus ennuyeux client alors que mon père danse avec Emma. Par les dieux, je me suis faite avoir en beauté.

Après la fin de la soirée, je commence alors que je m'engage dans les rues de la ville :

-Emma, la prochaine fois que tu le laisses en plan avec Fichter, je jure que…

Sa main se pose sur ma cuisse trop haut que cela soit innocent.

-Je suis désolée, alpha. Oh non je ne vais pas me faire avoir une autre fois, avec son doux sourire, elle m'avait jeté aux fauves… je ne vais pas me faire avoir, pas deux fois dans la même soirée. Nop !

-Emma, me chauffez à chaque fois ne… Sa main se pose brutalement sur mon entre-jambe. Je fais un assez brusque écart et je me mets sur le côté. Je coupe le moteur. Emma, c'était extrêmement dangereux et je ne veux plus que… Elle se détache et sans répondre, sa main défait mon bouton de pantalon de costard. Emma, j'ai dit non ! Tu… Elle attrape mon pénis et commence à le caresser doucement, c'est très agréable. On n'avait pas fait l'amour depuis un moment parce que… parce que j'étais arrivée tard à la maison ses derniers jours. Oh ! Elle a fait ça pour me punir ? Mais me laisser avec Fichter… Oh ! Emma… Elle tire sur la manette pour bouger le siège, elle me retire la ceinture de sécurité et finalement grimpe sur moi. Si c'est une punition… C'est plutôt cool comme punition… Emma… Je sais qu'elle porte un merveilleux et très sexy string rouge et je caresse ses petites fesses en passant ma main sous sa robe. Elle gémit et offre son cou. Je mordille méticuleusement le cou de mon amour. Elle est si belle, si… Elle me fait entrer en elle. Et commence à bouger d'avant et arrière. Et c'est si bon. Je bascule ma tête avec plaisir et elle en profite pour m'embrasser. Emma, je t'aime tellement.

-Tu m'as manqué. Tu m'as tellement manqué.

-Toi aussi. Toi aussi, mon ange. Sans attendre elle accélère et elle mord douloureusement mon cou pour ne pas crier de plaisir.

-Oh. Gina !

A la sensation de son orgasme et de sa morsure, j'éjacule.

Ma respiration a retrouvé son rythme normal alors que je redémarre la voiture. Emma est silencieuse à côté de moi, c'est un silence plein de tension et je ne comprends pas pourquoi… On vient de faire l'amour, Emma devrait être calme et heureuse, non ?

-Mon ange ? Je lui jette un coup d'œil. Je suis désolée pour mes absences. C'était… juste à cause du gala et de l'affaire Raptson, mais les choses vont se calmer… C'est ce que j'allais dire mais… je l'avais déjà dit au moins trois fois ce mois-ci et le mois dernier aussi… Je vais faire mieux. Je vais organiser mieux mes réunions et je vais plus déléguer. Je… Laisse-moi encore une semaine. Et après je rentrerais à 19h tous les soirs…

-Tu ne travailleras qu'un samedi sur deux, sauf catastrophe nucléaire et pas de travail le dimanche.

Ok. Donc au moins, je savais que le problème était là. Mais elle est dure en affaire… Je négocie :

-Que le samedi matin et certaines après-midi si catastrophe et pas le dimanche ? Deal ? Son regard est contrarié et elle croise les bras. Je suis dans de beaux draps. Emma… Je dois…

-Tu dois passer du temps avec Henry. Pas au travail, avec je ne sais pas qui. Tu dois rentrer pour dîner et tu dois coucher ton fils. Tu dois passer ton samedi avec lui et ton dimanche. Et tu dois passer du temps avec moi, pas avec des omégas obséquieux et…

-Emma…

-Je vais tomber enceinte, je te le promets… Je vais tomber enceinte, tu dois juste être patiente… si tu voulais bien que j'arrête mes inhibiteurs je pourrais…

-Emma… Je sais que je vais tomber enceinte. Je le sais. Je le sens. Mon ange… Je… je suis impatiente de te voir enceinte et d'avoir un autre louveteau avec toi… mais rien ne presse. Elle tente de m'interrompre. Emma tu as 20 ans, j'ai le temps de te faire 20 enfants, si je veux.

-Mais je ne suis pas enceinte. Elle hurle presque.

-Mais tu vas l'être. Très bientôt. Si tu n'es pas enceinte à Noël, nous irons voir un spécialiste ok ?

-Noël ? C'était dans un peu moins de 2 mois. Mais… je veux…

-Je rentre à 19h, tous les soirs, travail que le samedi matin, sauf crise, jamais le dimanche et un spécialiste à Noël et nous rediscuterons avec lui de l'arrêt de nos inhibiteurs, entendu ?

-Entendu.

Le reste du trajet est silencieux mais pas de tension. J'étais vraiment nul avec mon amour. Deux mois de mariage et je m'enterre dans le travail au lieu de m'occuper de ma famille. Emma stresse à cause du projet de bébé et je n'avais même pas remarqué. Quelle épouse de merde je fais…

Je suis hyper, hyper excitée. Emma m'a foutu à la porte des toilettes. Pff… C'est bon, elle peut bien faire pipi devant moi, non ? C'est pour savoir si elle est enceinte… alors je m'en fous.

Elle est enceinte, je le sens, je le sais. Elle sent bizarre et elle se sent barbouillée et elle a vomi hier. J'espère que ça ne va pas être récurent parce que je n'aime pas la voir en souffrance.

Elle m'a claqué la porte au nez donc maintenant j'attends. Je suis juste devant la porte des toilettes, Henry me regarde curieusement. Il avait vu sa mère me claquer la porte au nez donc il demande :

-Maman fait pipi ?

-Oui.

-Pourquoi t'es à la porte ? Tu veux faire pipi aussi ?

-Non.

-Alors pourquoi t'es à la porte ?

-Mon petit ange, tu te rappelles pour le bébé.

-Oui ! Il va bientôt venir ?

-Euh… tu te rappelles il ne vient pas… Maman va le porter comme elle t'a porté toi. Et là, elle passe un test pour savoir si elle… le porte ? Je suis vraiment nulle pour parler aux enfants. Mais Henry semble satisfait… mais sa petite frimousse se froisse ?

-Le test se passe aux toilettes ? Et si elle le lâchait dans les toilettes ?

-Quoi ?!

-Le bébé ?

Avant que je puisse répondre, Emma apparaît. Ma sauveuse, car Henry change d'interlocutrice et demande :

-Alors le test ? Pour porter le bébé ? Tu ne l'as pas lâché ?

Emma me regarde et se penche pour embrasser Henry.

-Il faut attendre encore un peu…

Sans demander la permission j'attrape la boite du test et je lis les instructions. Okay. Si c'est oui, médecin demain. Je réfléchis, demain j'ai une seule réunion le matin donc, je dois appeler ma mère pour qu'elle s'en occupe. Non si j'appelle ma mère elle va demander pourquoi et je vais être obligée de lui dire… Mauvaise idée…

Oh je vais demander à Robin… Non, il est à l'étranger… il rentre que demain midi. Merde. Si je demande à Papa ça va être pire. Oh je vais demander à Dominique de gérer la réunion. Je vais lui envoyer des instructions, les documents et un joli mail en disant : étant indisponible je vous laisse gérer. C'est une bonne idée. Le temps que mes parents l'apprennent, nous serions tranquillement chez le médecin. En éteignant nos portables on devrait être à l'abri. Très bon plan.

Pendant que je fabriquais mon stratagème, le test était prêt et j'ai une Emma qui me saute dans les bras.

-Je suis enceinte ! Je suis enceinte ! Elle hurle et Henry répète.

-Je suis enceinte ! Je suis enceinte. Il est adorable mon fils quand même.

-Non mon petit ange. Maman est enceinte pas toi ! Mais il n'écoute pas et Emma m'embrasse passionnément. Nous étions début décembre. J'étais tellement heureuse. Mon ange portait un autre petit ange. Tellement parfait !

Nous avions décidées de l'annoncer à Noël. Pour faire la surprise à tout le monde.

Ingrid et Belle avaient pour la quatrième année rejoint les Mills pour fêter Noël. Les cadeaux débordaient du sapin.

Mon Emma était heureuse et j'avais hâte de voir la toute petite bosse qui était plus le fruit de mon imagination qu'autre chose selon le docteur et Emma grandir. Je voulais d'ores et déjà l'avoir dans les bras.

Ma mère, mon père et Ingrid avait pleuré évidemment. Henry s'était précipité pour leur dire que ce n'était pas grave qu'un bébé c'était bien.

Zéléna avait fait plein de câlin, Robin avait été très sobre comme toujours. Roland et Robin avaient fait des bisous à tout le monde sans vraiment comprendre. Belle avait embrassé longuement Emma. Ingrid ne lui avait pas lâché la main pendant au moins une heure. Papa et Maman avaient parlé prénom… Tout était parfait.

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Je touche doucement mon ventre. Je suis vraiment énorme. Je soupire alors que je me lève pour la quatrième fois pour aller faire pipi. La professeure est compréhensible mais j'entends quelques rires dans l'Amphi. Bah oui, être enceinte n'avait pas été un secret très longtemps.

Je me moquais de ses idiots, les quelques personnes à qui je parlais savait bien que ce n'était pas un accident tout au contraire et les professeurs avaient été vaguement prévenus. Je ne voulais pas de traitement de faveur. Je voulais juste avoir mon année comme n'importe qui. Mais être enceinte de 6 mois et passer des partiels ou rester assise pendant deux heures étaient quand même difficile. Donc pouvoir aller aux toilettes sans les foudres du professeur cinq fois pendant le cours était plutôt bien.

L'année scolaire pour la fac touchait à sa fin et mon ventre était déjà bien bien rond. J'en étais à un 5 mois et demi de grossesse en gros. Les premiers mois n'avaient pas été parfaits, mais à part les vomissements, ça allait. Gina était au petit soin. Elle rentrait à la maison à 19h tapante et ne travaillait presque pas le weekend. Mais plus le mois de mai avançait plus il était difficile, j'avais mal au dos et aux pieds, tu avais du mal à dormir et à bouger. Ton fils, car tu avais voulu savoir le sexe et Gina même si elle avait boudé avait accepté, allait être un beau bébé. Il était dans la courbe haute des poids et contrairement à la grossesse d'Henry, tu pouvais manger tout ce que tu voulais.

Granny, Ingrid et Cora avaient tenté de pratiquement emménager et Henry S n'était pas loin derrière. Gina avait été intraitable, elle était si sexy quand elle fronçait les sourcils, croisait les bras et faisait un petit rictus, qui voulait dire « c'est mort, passe ton chemin ».

Ingrid venait quand même très souvent, presque plus souvent que Granny ou que Cora et Henry venaient beaucoup aussi, beaucoup trop selon Gina.

Zéléna et Robin nous laissaient en paix au moins. Sauf quand elle venait me déposer les vêtements trop petits de Roland et Robin, ou des jouets, ou des meubles…

La nurserie était prête, avant même mon deuxième mois. Satanée Mills. Je n'avais pu acheter que le berceau avec Gina. Ça me contrariait un peu, mais… Mais j'avais fait un don de plusieurs des jouets, meubles et vêtements que Zéléna avait donnés et j'avais aussi fait don d'un peu d'argent à une association qui aidait les femmes seules avec enfant.

J'avais presque fini mon année de fac. J'avais une semaine de partiel et après fini. Après je pourrais me concentré sur ma grossesse et Henry et Gina.

J'avais hâte d'avoir un nouveau fils, un nouveau et tout petit Mills. C'était déjà magnifique.

J'avais tout déchiré. Genre vraiment. Première de promo et tout. Bon c'était la première année mais quand même. La classe.

Nous étions allées fêter ça dans un bar en ville. Certes j'étais enceinte de 7 mois et demi, mais je pouvais bien allée dans un bar pour fêter les résultats. J'avais pris un jus de fruit et voilà. J'avais invité Belle qui avait débarqué juste après la fermeture de la bibliothèque et j'avais invité Gina. Henry avait été donné à Zéléna malgré les protestations des trois grands-parents. Roland était très content tout comme Robin et Zéléna était ravie… enfin elle avait promis de ne pas le vendre… un truc comme ça… Je n'avais pas bien écouté. J'avais appris à ne plus trop l'écouter quand elle disait n'importe quoi. Gina m'avait dit de m'amuser mais d'être sage. Je lui avais dit de venir, c'était il y a une heure. Je voulais qu'elle vienne et qu'elle prenne un verre avec nous.

Mérida était de passage et malgré l'absence de Kat, je me sentais vraiment bien. Lili et Ruby était en train de danser près du bar l'une avec l'autre, enfin plus ou moins, Belle draguait un peu plus loin et Mérida regardait avec envie une alpha musclée. Je trouvais ça marrant, mais ce n'était pas en restant à côté de l'oméga enceinte qu'elle allait pouvoir draguer. En désespoir de cause, je me lèves et invite l'alpha. Elle dit se nommer Béa et me sourit en me suivant à la table. Elle s'assoit en face de Mérida à qui elle donne un petit sourire sexy. Mérida rougit fortement. Adorable. J'entame la conversation puisque Mérida sert vraiment à rien et je parle de nos années lycées. Je marque bien l'information de mon mariage et je parle de Mérida. Qui rougit un peu plus sous mes compliments et sous les yeux gourmands de l'alpha.

Lili et Ruby nous ont rejointes et quand elles voient l'affaire se faire, elles poussent littéralement Mérida dans les bras de Béa et les entraînent pour danser. Je les regarde un moment avant d'entendre :

-Je peux m'asseoir ? Vous étiez si belle que je n'ai pas pu m'empêcher de venir tenter ma chance…

-Gina ! Tu es là !

-Et oui ?! On m'a envoyé une photo de toi et d'une jeune blonde… alors je me suis sentie obligée de venir… pour vérifier si… tu te comportes comme une bonne fille… Tu as été vilaine mon ange ? Je vois bien qu'elle plaisante… mais la photo ? Mérida ? La traître !

-Mérida s'est honteusement vengé alors que je lui arrangeais un coup… honteux je te dis.

-Tu arranges des coups ? Toi ? Ma femme ? Enceinte jusqu'aux yeux ?

-Et pourquoi pas ? Je dois bien m'amuser… Je montre mon verre de jus de fruit et elle me sourit, amusée de mon comportement.

-Tu es si belle ! Alors plus sérieusement, il paraît que l'on a un truc à fêter mon ange ?

-OUI ! J'ai tout déchiré ! J'ai mon année, première de promo !

Son regard s'illumine et elle m'embrase avant de s'exclamer :

-Bravo mon ange ! Tu es formidable ! Je savais que tu allais être incroyable !

Je pose à nouveau ma lèvre sur les siennes et je titille sa langue pour qu'elle vienne dans mon bouche. On s'embrasse un moment avant qu'un raclement de gorge nous oblige à nous séparer. Je vois Mérida un peu gêné, avec Béa un peu amusé et Ruby et Lili carrément moqueuses.

-Allez-vous trouver une chambre… Mais elle rajoute… Pas tout de suite, Gina doit d'abord nous offrir une tournée ?

-Et pourquoi donc Lili devrais-je faire cela ?

-Parce que tu nous adores?! Lili et Ruby parlent en même temps puis éclate de rire.

-Très bien.

-Gina t'es pas obligé…

-Ne t'inquiète pas mon ange… Plus vite je payerais une tournée plus vite, nous rentrerons chez nous… Elle me fait un regard aguicheur avant de demander qui veut quoi. Elle paye même un verre à Béa qui prend un verre de vin…

Mérida tente en vain de parler à Béa, mais Lili et Ruby prennent toute la place. Quand Gina revient avec un serveur pour porter tous les verres, elle s'assoit à côté de moi et je pose immédiatement ma main sur sa cuisse. Elle porte encore sa tenue de travail, tailleur avec jupe et elle est foutrement sexy. Je sirote mon verre et en désespoir de cause, j'incite Lili et Ruby à aller danser pour laisser une chance à Mérida de parler à la jeune alpha. Elles me font un regard mauvais en partant et Mérida soupire de soulagement. Elle essaye de reprendre contenance mais le sourire de Béa la fait rougir. Elle est un cas désespéré…

-Emma, j'ai envie de toi. C'est mon alpha qui me susurre à l'oreille.

-Mér', j'en profite pour m'enfuir ok ? Amusez-vous bien ! Je fais un clin d'œil à Mérida qui rougit encore plus.

Régina menace quand même :

-Le père de cette jeune fille mesure presque 2 mètres… je vous conseille de bien vous comporter…

-Ginaaa ! Mérida s'indigne.

-Je me comporterai bien, évidemment. Mes instincts me disent que Béa est quelqu'un de bien alors je tire Gina avant qu'elle n'ajoute quoi que ce soit.

Aussi vite, que mon ventre le permet, je quitte le bar avec Gina. Elle me conduit galamment jusqu'à sa voiture et me donne les clés. Même avec un peu d'alcool, elle n'aime pas conduire en était légèrement saoule. Je mets le contact. Nous avons la maison pour nous jusqu'à facile 9h demain… Parfait.

J'étais exténuée, courbaturée et un tantinet irritée. Pas par Gina, non mon alpha était parfait. Mais je dormais mal à cause du bébé qui me donnait envie de faire pipi toutes les deux minutes. J'avais mal partout et les massages de Gina ou ceux du masseur oméga qu'elle m'avait trouvé ne me soulageait que momentanément. Et j'étais irritée parce que cette saleté de Bêta touchait mon alpha. Ça ne se faisait pas, pas du tout. Surtout quand j'étais à deux pas, enceinte de Gina… Non vraiment. Gina me lançait des regards désolés alors que la bêta une certaine Léopoldine, mais appelez-moi Léo, mettait son odeur un peu partout. Merde !

Malgré ma fatigue, j'avais insisté pour accompagner Gina à une fête d'anniversaire d'un de ses importants clients. La fille du dit client était donc une bêta séduisante, prétentieuse et impolie qui flirtait avec mon alpha. J'étais presque à terme, presque encore trois semaine selon le docteur. Je n'en pouvais plus.

Avec la fatigue, les courbatures et les hormones de grossesse, j'avais moins de résistance à mes émotions fortes et là, elle touchait carrément son bras nu.

Je m'étais retenue mais là, c'en était trop. Vraiment trop !

-Gina ? Peux-tu aller me chercher un autre verre ?

J'ai coupé la parole à l'autre pimbêche et ça l'avait surprise que je parle, et que je demande quelque chose.

-Euh… Je fronce les sourcils devant l'hésitation de Regina, qui a peur que j'assassine Léo sans doute. Mais en me voyant être contrariée, elle se précipite en disant. Tout de suite mon ange.

Le départ de Regina se suit d'un silence prolongé. Je me décide à parler :

-Donc… Léa…

-C'est Léo…

-Ah pardon… Donc Léo, que faite vous dans la vie ? Des études ? Elle a trois aux quatre ans de plus que moi, si je me rappelle bien. Elle doit être en master ou quelque chose comme ça.

-Oh, oui. Je suis dans le commerce, évidemment. Je voudrais reprendre l'entreprise de papa et maman. Je ne pouvais même pas vraiment la détester, elle était juste un peu snob et elle était belle et le savait… Mais je voulais vraiment la détester… Et vous ? Le droit ?

-Oui. Je réponds assez sèchement. Mais ça ne la décourage pas, elle devait avoir appris à parler pour ne rien dire dès ses 10 ans…

-Évidemment, c'est ce qui court dans le sang des Mills. Je suis ravie que la petite sœur de Zéléna ne suivent pas ses traces mais plutôt celles de Régina.

Quoi ? Petite sœur ? Elle se fout de toi !

-Petite sœur ?

-Et bien oui… Elle en comprend pas le ton que j'emploie. Elle ne savait pas ? Vous êtes une Mills donc j'ai pensé que vous étiez…

Je la coupe.

-Je suis la femme de Gina.

Interloquée, elle demande :

-Pardon ?

-Sa femme, son âme-sœur, la mère de son enfant, de ses enfants.Je pose la main sur mon ventre.

-Quoi ? Elle regarde ma bague et fait un pas de recul. Oh, mon dieu ! Je suis désolée. Je suis tellement désolée. Je ne savais… Elle, vous… Oh ! Papa ne m'a pas dit que Regina s'était mariée… je voulais juste… Je ne savais pas. Oh, mon Dieu, je suis désolée… Je l'ai dragué devant vous… Oh…J'ai vraiment honte… Pourquoi vous ne me l'avez pas dit ? Je…

-Eh bien, vous n'avez pas spécialement posé la question…J'hésite à la croire…

-C'est vrai… C'est juste… Qu'elle… enfin votre alpha est plutôt… Elle ne finit pas sa phrase mais je vois très bien ce qu'elle veut dire. Elle s'était platement excusée et je pouvais bien lui laisser une autre chance.

-Oui, elle l'est n'est-ce pas ? Elle me sourit, visiblement ravie du traité de paix que l'on venait tacitement de signer.

-Et donc… Vous êtes mariés avec Gina ?

-Depuis un an. Et…

Le retour de Gina me coupe la parole. Elle semble essoufflée :

-Me revoilà, mon amour. Je suis désolée, je me suis fait alpaguer par un député et…

-Ne t'inquiète pas, Léo et moi parlions du bébé. Un garçon. Gina me regarde avec attention pour voir si tout va bien. Et je vais bien malgré la douleur latente dans mon dos et dans mes pieds. Je me tourne vers Léopoldine. Les parents de Gina sont un peu désespérés, ils espéraient une fille après leur trois petits fils…

-Les filles sont les meilleurs tout le monde le sait ? L'allusion légèrement sexuelle fait un peu s'étouffer Gina dans sa coupe de jus d'orange. Elle s'était mise avec moi au jus de fruit puisque je ne pouvais plus trop conduire.

-Tout à f… Oh ! Je pose la main sur mon ventre, ça fait mal.

Immédiatement, Gina se rapproche et demande :

-Mon ange ? Il y a un prob…

-Oh… ça fait mal… Quelque chose de va pas…

-Hôpital ?

-Ouiiii… Je dis ça presque en pleurs. Il restait encore trois semaines, ce petit gars devait rester encore trois semaines dans mon ventre… Merde.

()

Oh putain, mon bébé était merveilleux. Je ne pensais pas que j'allais pouvoir ressentir autant de bonheur d'un coup. Mais… Là alors qu'Emma était endormie près de moi alors que j'avais un bébé tout neuf dans les bras et Henry qui dormait tout contre Emma, j'étais au paradis. Mathias Eugène Mills était un bébé en pleine forme malgré les trois semaines d'avance. Il avait immédiatement hurlé à plein poumon et j'avais coupé le cordon, sans m'évanouir.

Mes parents, Zéléna et sa famille étaient venus et puis je les avais gentiment mais fermement dit d'aller voir ailleurs pendant quelques jours. J'avais envoyé un sms aux amies d'Emma. Le portable avait vibré plusieurs fois, mais entre contempler mon bébé et lire des messages le choix était vite fait.

Granny était venue, puisqu'elle avait Henry. Elle semblait fatiguée mais son sourire et ses larmes de joie avaient fait gonfler mon cœur. Je lui avais fièrement nommé notre fils, Mathias Eugène, et elle avait éclaté en sanglot de joie. Henry, inquiet, lui avait fait un câlin. Granny était partie avec la promesse de revenir dans quelques heures…

Ingrid était là elle aussi. Je ne l'avais pas fait partir parce que contrairement à ma mère ou à mon père, elle ne tentait pas de voler Mathias. Belle était venue en coup de vent ce matin très tôt. Elle avait embrassé le front d'Emma qui dormait, elle avait touché la joue de Mathias avec des yeux embués et elle était repartie en disant en revoir d'une voix tremblante. Elle ne voulait sans doute pas pleurer de peur de réveiller l'un de mes trois anges.

Le bébé commençait à s'agiter et l'infirmière de garde avait dit qu'il n'allait pas tarder à avoir faim. Emma voulait lui donner le sien au moins le temps de la reprise de ses cours et j'étais de toute façon mal placé pour lui dire quoi que ce soit. Elle m'avait donné un bébé, deux enfants alors elle pouvait décider de tout à partir de maintenant, je m'en moquais. Henry gigote et se réveille. Il se lève assez doucement pour un garçon de son âge pour ne pas réveiller sa maman. Il s'approche silencieusement de moi et il regarde le bébé. Il murmure assez fort :

-Salut, Tit'frèr'. Il avait dit ça hier aussi, quand il l'avait vu pour la première fois… Il avait les mêmes yeux marron et des hautes pommettes. Mathias ressemblait vraiment déjà au petit, au tout petit Henry qui m'avait volé mon cœur. Il touche doucement le front du bébé et pose sa tête contre ton épaule pour mieux le voir. Nous restons comme ça un moment, jusqu'à ce que mon ventre gargouille et que cela fasse rire Henry.

-Si tu allais réveiller doucement Ingrid pour qu'elle t'emmène à la rechercher d'un petit déjeuner.

Je regarde Henry secouer pas si doucement que ça, sa mamy, Ingrid ouvre les yeux et devient tout de suite alerte quand elle voit Henry. Ce dernier lui indique sa mission spéciale trop géniale et trop importante. Ingrid me sourit et avant de sortir, elle pose un tendre baiser sur le front de mon ange et caresse la joue de Mathias. Je lui propose de prendre de l'argent dans mon sac mais elle refuse d'un geste et elle attrape la main d'Henry puis son sac avant de sortir.

La porte se referme doucement et je murmure à Emma :

-Comédienne ! Elle glousse et ouvre ses beaux yeux fatigués. Tu es belle. Je ne peux pas m'en empêcher, elle est si belle, notre louveteau est si beau. Elle me rend si heureuse. Je t'aime, mon ange.

-Je t'aime aussi. Elle se redresse et avant que je puisse lui proposer de prendre Mathias, elle se lève précipitamment pour s'enfermer dans la salle de bain. Ya des vêtements ? Je l'entends à travers la n'ai pas le temps de répondre. Trop bien.

Oui, il y avait des vêtements. Granny avait apporté le sac d'accouchement d'Emma avec quelques autres trucs puisqu'elle était à la maison en train de garder Henry. La douche s'actionne et j'ai un instant peur que ça réveille Mathias, mais ce dernier dort comme un loir. Quand Emma soit, elle porte un jogging assez lâche et une sorte de chemise spéciale allaitement, que Zéléna avait utilisé et qu'elle avait trouvé très utile. C'était l'un des seuls achats que Zéléna avait fait pour le bébé, sinon elle s'était contentée de se servir de notre maison comme débarras. Je grogne au souvenir de mon hall d'entrée encombré de boîte. Zéléna avait promis de ranger et d'aider Emma, mais elle n'en avait rien fait. Elle avait laissé à ma femme et à moi le soin de donner ce dont on n'avait pas besoin. Un jour, j'allais tuer ma sœur, j'en étais sûre.

-Gina ? Tu penses à quoi ?

-Oh… rien… Rien d'important. Tu veux le bébé ?

Elle n'attendait que ça mais elle affirme.

-Non laissons le dormir encore un peu. Il se réveillera à cause de la faim bien assez vite.

-Okay. Emma se remet au lit, immédiatement je m'approche et m'assoie au plus près. Pour être au plus près de mon ange et que mon ange soit au plus près que notre petit ange. Emma soupire de contentement.

-Tu sais toujours ce qu'il faut faire. Elle pose sa tête sur mon épaule et l'un de ses mains se pose sur la poitrine de Mathias. Nous restons comme ça un moment. C'est parfait. Je sais qu'Henry va débarquer bientôt avec Ingrid et de la nourriture. Je sais que mes parents, ma sœur et sa famille, Belle et aussi Granny, mais encore Ruby et Lili allaient sans aucun doute venir dans la journée, alors je profite du calme actuel.

-Mon ange ?

-Mmm… Où est Mathias ? Je n'étais pas spécialement une maman poule mais j'aimais savoir pourquoi mon fils de six mois n'était pas dans son berceau.

-Oh… Ingrid l'a pris.

-Pardon ?

-Ya un truc qui s'appelle Mamy et moi… Des sortes d'activités… Alors Ingrid a pris Mathias pour la matinée…

-Ah… Et je le savais ?

-Nop. Ça s'est décidé hier soir par sms, désolée. J'aurai du te le demander l'autorisation…

-Quoi ? Non pas l'autorisation, mon ange… Juste m'éviter de paniquer parce que mon fils a disparu, c'est tout.

-Okay. Emma se concentre sur ses cours. Ses partiels de S3 commencent bientôt et l'un de mes jeux était de la déconcentrer. Je me sers un café et lui en propose un. Elle refuse et plonge sa tête dans son cours. Pff… Je sirote mon café en mangeant les délicieuses gaufres qu'elle avait faites plus tôt. Il était 9h30, mais on était samedi, ça méritait une toute petite grasse matinée. Après mon petit-déjeuner, je reviens au plan initial, c'est-à-dire déconcentrer mon petit ange. Je fais un sourire charmeur et tente de parler mais : N'y penses même pas, je dois bosser et si tu m'embêtes je vais à la Bibliothèque Universitaire et c'est tout.

-Quoi ?! Non, reste ! Je serais sage… Je vais même distraire Henry, promis. Mais reste… On ne s'est presque pas vu, ces derniers jours…

C'était vrai. Entre mon déplacement à NY, mon travail, les cours d'Emma et les enfants, nous n'avions pas eu beaucoup de temps pour nous. J'étais rentrée hier, tout le monde dormait, j'avais juste fait un bisou sur le front de mes garçons avant de me blottir virilement contre mon oméga, je suis un alpha quand même : les alphas ne se blottissent pas contre les omégas parce qu'ils sont en manquent d'affection, merci bien.

Emma me regarde, un peu confuse.

-Tout va bien ?

-Oui c'est juste… Tu m'as manqué cette semaine et… Les enfants aussi… Alors… Reste s'il te plaît. Oki ? Je ne voulais pas voir l'air de trop supplier. Mais ça ne marchait pas trop.

-Ok. Elle me sourit. Henry est dans sa chambre à faire ses devoirs, une poésie et des mots à apprendre... Tu peux peut-être l'aider. Et puis, il y a ce nouveau cahier de dessein qu'Ingrid a déposé sur les chevaux, tu pourrais le commencer avec lui. Après ça, elle montre son cahier, que dis-tu de faire un repas rapide et d'aller voir de vrais chevaux, une heure ou deux, avec les enfants. Le temps est assez clair pour un mois début de Décembre, un temps clair, froid et sec. Une bonne écharpe, un bonnet et des gants et surtout des bottes et le tour est joué… ça va faire presque trois mois que je n'avais pas vu un cheval. C'était une super idée… Je pourrais proposer à mon père… Puisque Maman travaillait aujourd'hui. Et proposer à Robin, Zéléna avait elle aussi à faire aujourd'hui…

-Je téléphone à Papa et à Robin, pour voir si on peut organiser une petite sortie avec tout le monde… Zéléna et maman vont être verte d'avoir loupé ça… Papa va narguer maman et je et Robin allons narguer Zéléna. C'est un excellant plan. Peut-être que Belle est dispo et Ingrid elle fait quoi ? Et Granny ?

Emma se frotte la tête en réfléchissant.

-Je crois que Belle est en congé mais Ingrid a un rendez-vous je crois… Et Granny aussi, mais je l'ai invité ce soir… Et après le départ de Granny, on couche les garçons et on peut passer un peu de temps ensemble. Du temps d'adulte… Mmm ? Qu'en dis-tu ?

Une matinée avec mon aîné, une après-midi avec ma famille, un dîner calme avec Granny puis un temps en tête à tête avec mon ange… Mon alpha sautille de joie. Avec un sourire, je réponds :

-Ça me plaît, mon ange. Ça me plaît beaucoup. Je lui vole un baiser.

()

J'étais officiellement en possession d'une L3 de Droit spécialité droit de la famille et de l'enfant. J'étais officiellement candidate pour un master de Droit pénal et je voulais vraiment y entrer. Mes professeurs m'avaient rassurée puisque j'étais première de promo, mais le stress ça ne se contrôle pas.

Actuellement, je ne pensais pas spécialement à ça, je pensais plutôt au fait que mon alpha ne m'avait pas prise depuis plusieurs jours, genre au moins deux et que ce n'était pas bien du tout. Premièrement ça faisait baisser mes statistiques et ensuite, nous voulions au troisième enfant.

Mathias fêtait demain ses deux ans et le temps de mettre la machine en route comme le dit si élégamment Régina j'avais arrêté la pilule il y a deux semaines. J'avais tellement hâte d'être de nouveau enceinte et peut-être que cette fois, ça allait être une petite fille. Henry et Cora désespérait et Ingrid faisait quand même de claires allusions.

Je pose doucement mes lèvres sur la bouche de mon alpha. Il était 6h02 et nous avions eu une conversation sur la nécessité de laisser mon alpha dormir, que je n'avais pas le droit de la réveiller avant 6h30… Mais peut-être que j'avais envie d'être vilaine…

J'appuie sur sa bouche et caresse ses lèvres avec ma langue, elle me répond par un gémissement encore endormi. Je me relève et retire sans scrupule les couvertures. Je quitte rapidement mes vêtements et sans attendre, mes mains attrapent son pantalon de pyjama et tirent pour le lui ôter.

-Emma… Avant qu'elle puisse me repousser ou argumenter, je caresse son membre et j'embrasse ses couilles. Ça avait toujours le mérite de la rendre docile quand je faisais ça. Putain mon ange ! Ma langue mouille ses boules puis je m'attaque au bout de son pénis. Je lèche puis je suce la pointe sans la prendre tout à fait dans ma bouche, mes mains s'activent à la rendre bien dure. Malgré mon envie de faire un bébé, j'avais aussi envie de l'avaler et comme il était assez tôt… Je pouvais certainement espérer un deuxième round. Alors que je me décide à la prendre dans ma bouche, je sens sa main sur mes cheveux, elle veut clairement prendre le contrôle. Elle tire sur mes cheveux pour me faire prendre plus d'elle en moi. Je gémis alors qu'elle heurte le fond de ma gorge. Mon gémissement fait écho au sien et elle me fait bouger rapidement. J'adore quand elle prend le contrôle quand elle fait son Grand Méchant Alpha.

Avec force, elle éjacule dans ma bouche. Consciencieusement, je la nettoie ne perdant pas une goutte. Je lève les yeux vers Gina qui semble incapable de se plaindre puisqu'elle respire difficilement et en succession rapide. Elle est si belle. Sans lui laisser aucun répit, j'attaque sa poitrine généreuse. Je pose ma bouche sur un téton, je suce et mordille comme elle aime. Sa main se fait cette fois très douce sur ma tête et après un moment, je remonte encore un peu. D'abord, le cou où je pose sans pudeur mes dents sur ma marque, et enfin, je l'embrasse. Je gémis quand ses mains s'emparent de mes fesses et je la sens durcir sous moi. Parfait !

-Gina, j'ai besoin de toi. Je jappe un peu et elle gronde puissamment. Elle me plaque contre le matelas et immobilise mes poignets dans l'une de ses mains. Avec ses genoux, elle écarte mes jambes et se positionne pour entrer en moi. Avant de le faire, elle trouve mes yeux. Elle doit y voir ce qu'elle voulait y voir, car l'instant d'après elle entre violemment en moi, ça me fait légèrement mal, mais elle mord fortement mon sein alors qu'elle commence à faire des va-et-vient et je me sens partir. Gina, Ginaaaa, Giiiii… Après très peu de temps, elle gicle sans prévenir en moi, mon oméga est extatique et je gémis. Oui, oh… Oui… Elle continue ses coups de rein comme elle peut et je me sens basculer… Je jouis dans un cri étranglé, avec mon alpha qui s'effondre sur moi. Parfait.

L'anniversaire de Mathias battait son plein. Entre la famille et les amis, il y avait déjà beaucoup de monde mais Mathias était d'un naturel sociable, enfin Regina était d'un naturel sociable et discutait avec la moitié des mamans et des papas du parc.

Il y avait donc beaucoup trop d'enfant, assez de parent pour faire une étude sur la fatigue due à la parentalité et assez de Mills pour faire une équipe de foot. Comme j'étais la maman, je ne pouvais pas aller me planquer dans un coin avec Ruby, Lili, Mérida et Kat (les deux dernières étaient en vacances et avaient accepté de venir contre la promesse d'un gâteau) avec une bouteille d'alcool fort. Et donc j'étais en train de jouer les parfaites hôtesses avec Gina, mais merci mon Dieu, les grands-parents, tous les trois et Granny qui se considérait comme l' (arrière)-grand-mère de tout le monde, nous aidaient. Zéléna était déjà légèrement ivre tout comme Robin et ils discutaient très sérieusement des gros mots que les enfants devaient connaître avant d'entrer au CP. Regina allait perdre des amis.

Mathias avait eu à peu près un millier de cadeau et il était tombé de sommeil comme les autres enfants au bout de 3 heures. Les parents étaient partis, Zéléna et Robin avaient couché ses fils dans la chambre d'ami. Belle et son rendez-vous une certaine alpha du nom de Tessy s'étaient éclipsées, sans doute pour baiser comme l'avait affirmé Lili.

Il ne restait plus que les 4 grands-parents, Mérida et Béa, Lili et Ruby et Kat et William, son petit-ami britannique, qui parlait très bien français, ainsi que Zéléna et Robin. Il avait fallu faire un concours de Wii puis un concours de boisson, puis un concours de danse…

Au matin, vers 10h, j'avais été étonnée, de voir que la cuisine avait été investie par Ingrid et Cora, qui avait fait s'asseoir Granny et les enfants, c'est-à-dire mes amies et leurs petits et petite amis ainsi que les petits dans la grande table de la salle à manger. Tout le monde avait la bouche pleine et était joyeux. En arrivant, deux « Maman ! » m'avaient averti de la collision imminente avec deux louveteaux reposés et surexcités.

Ils m'avaient tiré sur une chaise entre eux deux en disant :

-Maman, Pantequaiteuh ! Mathias prononce encore assez mal le mot pancake ce qui est un comble vu le nombre qu'il en mange.

-Maman, t'as vu mamys ont fait le petit déj ! Trop bien !

-Trop bien ! Mathias répète tout content. Mamys ! Pantequaiteuh ! Trop Bien !

Je lui souris et m'installe à table. Tout le monde continue leur conversation. Je grignote en observant mon entourage.

Henry parle avec Mérida et Béa, il leur demande quand elles vont faire des bébés. N'ayant pas de réponse, il la pose à Kat et à son petit-ami. J'adore mon fils.

Mathias baragouine avec Henry Senior alors qu'Ingrid et Cora parle avec Ruby de cuisine. Zéléna, Robin et Lili sont en pleine conversation politique. La seule qui est silencieuse c'est Granny. C'est assez étonnant, mais je vois bien qu'elle est contente d'être là, qu'elle prend plaisir à voir toute cette vie autour d'elle, mais elle semble fatiguée et je pense qu'elle a perdu du poids.

Il faut que j'en parle à Regina, voir si elle a remarqué ça aussi. Mon cœur se serre à l'idée qu'il y ait un problème… Je n'imagine même pas un instant la vie sans Granny, je n'imagine même pas que mon futur bébé ne connaisse pas Granny.

Bien sûr, elle n'avait pas pu résister à nos inlassables questions. Elle était malade. Très malade. Cancer, évidemment, au cerveau. Quand Henry S avait appris ça, il avait fait parvenir le dossier de Granny au spécialiste mondial du cancer cérébral. Le verdict était tombé, inopérable. Plus que quelques mois à vivre, 12 mois sans traitement maximum et peut-être trois ans avec la chimio… Mais Granny n'en voulait pas. Et rien ni personne n'avait réussi à lui forcer la main, ni les cris hystériques d'Henry S, ni les supplications de Cora ou les miens, ni même les pleurs de Zéléna ou les miens… Elle avait juste décidé de vivre ses derniers moments sans douleur.

Il avait bien fallu l'accepter. Il avait bien fallu se préparer. Mais là devant le cercueil, le ventre énorme, je pleurai sans retenue aucune. Le prêtre disait des choses que je n'entendais pas. Regina me tenait contre elle et je sentais Mathias et Henry contre moi. Je ne voulais pas qu'elle soit morte, je voulais arriver de la fac et qu'elle soit avec Henry et Mathias dans la cuisine en train de faire de la pâtisserie. Je ne voulais pas qu'elle soit partie, je voulais qu'elle embrasse mes filles, je voulais qu'elle les voit grandir. Parce qu'enfin les Mills allaient avoir des filles, deux jumelles, des vrais jumelles. Elle avait été la première à le savoir en dehors de moi et de Regina.

Je lui avais annoncé ma grossesse... mais c'était déjà presque la fin. Elle restait presque continuellement au lit et elle avait du mal à rester éveillée à cause des analgésiques. Ça me faisait tellement mal.

Comment j'allais faire sans Granny, elle avait été l'une des premières personnes à m'aider, à m'aimer… Elle avait été la première personne autre qu'Ingrid à qui je voulais bien confier Henry. Elle avait été tellement importante. Pour les deux Henry, pour Zéléna, Cora et Régina, pour Mathias… Elle n'allait même pas pouvoir connaître tes filles.

Ça me tuait.

L'enterrement était fini. J'étais dans mon lit, je touchais doucement mon ventre en reniflant. J'étais incapable de passer une heure sans pleurer depuis la mort de Granny.

Regina sort de la salle de bain et ma détresse l'oblige à se précipiter contre moi. Je devais mettre son alpha dans tous ses états avec mes pleurs incessants.

-Chut, mon ange. Ça va aller.

-Non… Non, elle est morte… Granny…

-Je sais mon ange. Je sais, ça me fait mal aussi. Chut.

Elle m'avait bercé jusqu'à ce que je m'endorme. Ma dernière pensée fut pour mes futures bébés, elles auraient dû connaître Granny. Leur monde aurait été plus beau avec Granny, le mien l'avait été. Je me blottis un peu plus dans l'étreinte de Regina. J'allais rendre mes bébés les plus heureuses possible, j'allais les choyer et les protéger.

()()()

Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant écrit pour un chapitre de Pour T et T…

J'espère que ça vous plaît.

Le chapitre 19 est officiellement la fin… Avec bien sûr, je ne suis pas un monstre, un épilogue comme 20ème mise à jour de cette histoire.