Hey !
Et voilà un nouveau chapitre ! Plutôt long en plus, vous allez avoir de quoi vous amusez ! Puis je pense qu'il va en satisfaire plus d'un-e ?
Merci à Milou et à Ima pour leur review !
Bonne lecture !
Les mains d'Axel passent le long de son corps, languissantes, alors que son regard attrape tout ce qui passe à sa portée. Vanitas ferme les yeux. Même sans voir, il sent ses iris verts qui se délectent. Il devine toute la fascination du rouquin face à son corps. L'envie. La dévotion. L'obsession. Qu'il continue, le noiraud lui laisse la possibilité de s'en occuper.
Ses lèvres dans son cou, c'est encore trop peu. Il apprécie de les sentir monter, regagnant sa mâchoire avant d'atteindre son oreille. Quand les dents prennent le relais pour mordiller le lobe tendre, son propre corps remue malgré lui. Ses muscles se crispent, son dos se cambre. Ses hanches amorcent un mouvement vers l'avant, brusque. Ses bras s'allongent autour de l'autre pour le serrer. Ses ongles cherchent une prise ferme sur la peau.
Axel sait très bien qu'il aime ça. Ça, et bien d'autres choses. Il connaît ce corps comme sa poche. Van en a conscience. Il lui fait confiance.
« - Mmm … »
Il soupire, un semblant de contrôle encore exercé sur sa voix. Si l'allumé veut plus il va devoir donner en échange. Un don à la hauteur du résultat. Le noiraud est avare, il ne daigne accepter que ce qui en vaut vraiment la peine, et encore.
Mais il sait qu'avec Axel, il aura. Il aura le regard asservi, alors qu'il embrassera ses épaules, son bras, son poignet, sa main, ses doigts, chaque parcelle d'une enveloppe qu'il s'apprête à vénérer. Il aura le respect et l'obéissance, le dévouement, celui qu'il sent déjà au travers de ces mains qui veulent tout toucher, tout attraper. Il aura le plaisir jusqu'à satiété.
Il veut et il aura.
Autour de lui, Axel est partout. Sur ses lèvres, dans sa bouche, sur sa peau, son dos, son ventre, là où il sent, où il frissonne, soupire, gémit. Pour le garder, il agrippe et griffe, ordonne silencieusement à l'autre de ne jamais le lâcher, ne de jamais le laisser. Interdiction de filer tant qu'il ne lui a pas donné ce qu'il a implicitement promis en le déshabillant. Vanitas veut que ça dure, que ça explose dans son ventre et que ça soit chaque fois meilleur.
Il presse brusquement sa bouche contre celle d'Axel, son corps nu contre le sien, son sexe contre son bassin, pour bien lui faire comprendre qu'il attend et qu'il veut. Il plante ses iris dans les siens, ses pupilles dans le puits qui s'oppose à lui, insatiable. Son souffle court arrache un large sourire au rouquin. " Dépêche-toi. "
Mais Axel prend son temps, félon sournois qui s'attarde sur ses épaules, son torse et son ventre, son bassin, ses hanches ses cuisses, sa peau tendre et fine où grimpe la sensibilité. Axel donne les miettes avant le repas pour affamer son hôte, son souffle court sur la peau, sa bouche suit, sa langue taquine, et c'est lui qui dirige malgré les ordres du corbeau. Il donne, mais seulement quand il le veut. Quand Vanitas n'en peut plus.
Plus tard, il viendra s'enrouler contre lui, serpent câlin et affectueux, pour lui demander si ça lui a plu. Il aura cette attention toute particulière, cette tendresse, cet amour plus doux et ces caresses légères alors que Van viendra là, sa tête sur son torse pour garder sa chaleur. Il sera attentif, lui parlera au creux de l'oreille le temps qu'il récupère. Il lui demandera s'il a aimé, ce qu'il voudrait d'autre. Il murmurera qu'il l'aime. Qu'il est beau, foutrement beau malgré sa taille, que sa peau est douce, sa voix excitante et qu'il a rarement passé un aussi bon moment. Vanitas voudra bien le croire, puisqu'il aura ces yeux irréels peints d'admiration qui le regarderont encore satisfaits. Ces yeux adorateurs qu'on pose sur une idole. Oui, Van voudra bien le croire. Lui aussi, il a rarement autant aimé ça.
xoxoxox
J 98
La musique qui règne est puissante. Elle pulse contre les murs, dans leurs oreilles, fait trembler leur corps et vibrer la surface des verres remplis d'alcools posés sur la table. Vanitas, lancé sur l'espace libre qui sert de piste de danse, savoure pleinement l'électro et les remix méconnus lancés à pleine puissance. La lumière hasardeuse qui court sur les surfaces efface ses repères, jette un voile flou sur ses sens. L'espace n'est rien qu'une donnée bancale qu'il perçoit hasardeusement. Il ne sait plus vraiment où il marche, ni quelle heure il est.
Tant pis.
Les boissons qu'il s'est enfilées se mêlent à l'ambiance enivrante que la musique amplifie, et il se laisse aller, abandonnant toute pensée rationnelle pour simplement bouger.
La mollesse gagne ses membres.
Pas besoin de réfléchir. Son corps sait, lui. Son corps remue comme il faut. Ses bras s'agitent, grimpent, vont le long de son corps, s'en écartent, ondulent et se posent finalement sur la taille d'un type qu'il connaît vaguement, mais qui a rejoint leur petit groupe ce soir. Un nom qu'il a oublié. Un visage pas trop mal, un regard affamé, un sourire un brin trop arrogant, mais le noiraud veut bien le laisser s'approcher.
C'est fou ce qu'il aime danser. Fou, aussi, de réaliser qu'il avait oublié le plaisir sauvage que ces mouvements lui procurent.
Il se recule, entraîne l'autre. Se presse à peine contre lui pour mieux se reculer. Laisse la main se poser sur sa joue, plante ses mirettes dans les siennes, les ferme pour s'enivrer encore de musique, les rouvre pour s'assurer que l'autre l'observe toujours. Ses doigts empoignent soudain, attrapent la taille, empêchent une potentielle rupture du contact qui s'établit entre eux. L'autre, alors plus assuré, se rapproche, se penche. Ondule comme un serpent, maladroitement. Van est plus habile. C'est parce qu'il a déjà abandonné, parce son corps bouge pour lui. Son corps court après le rythme. Il s'y déverse, s'épuise à remuer, s'élance sans se lasser. Jusqu'à ce que les bras puissants de l'autre aient enserré sa taille, d'une fermeté intransigeante. Il referme son piège.
Van sourit.
Quand le type se penche pour l'embrasser, c'est à peine s'il le laisse effleurer sa bouche. Le jeu de la séduction lui plait, mais c'est bien tout ce qui l'intéresse chez ce mec.
Un peu perdu, le gars relâche par mégarde son étreinte. Le danseur en profite pour se faufiler, s'échapper. Il lui jette un dernier regard, remue encore sur la fin de la musique. Puis les notes se taisent pour quelques secondes. Un interlude. Satisfait, il retourne à la table où Ienzo et Larxene sont assis. Il s'est bien défoulé, son corps est épuisé, et toutes les sales pensées qui lui ont pourri la vie ces derniers jours se sont envolées.
La prochaine fois qu'il passera une sale journée, il viendra enchaîner sur une soirée au Coin G. Ça, c'est efficace.
« - Tiens. »
Ienzo lui tend son verre, qu'il a sagement gardé alors que le noiraud était parti se déhancher. Vanitas scrute ses yeux à la recherche d'un reproche, une trace d'agacement, quoi que ce soit d'autre, une irritation que cette scène de drague aurait éveillée chez lui. S'il est blessé, jaloux, ou même déstabilisé, il n'en montre rien. Peut-être qu'il n'a pas vu, ou qu'il s'en fout simplement. En tout cas, son verre à lui a bien descendu. Le gamin n'est pas si sage qu'il y paraît.
« - Merci. »
Il avale une gorgée de bière avant de jeter un coup d'œil dans la salle.
« - Les filles sont plus là ?
- Elles sont sorties deux minutes pour fumer. »
Conformément à la demande de la guêpe, Vanitas a ramené les deux seules demoiselles qui lui sont venues à l'esprit. Les plus hétéros, aussi, pour la faire chier. Naminé était ravie de l'accompagner et de retrouver Demyx. C'était l'occasion pour elle de rencontrer Ienzo, et de se détendre après une semaine rude en terme de boulot. Aqua a suivi. Elle aussi elle devait vouloir se défouler, vu la quantité d'alcool qu'elle a ingurgité. Le pire, c'est qu'elle tient rudement bien.
« - Et Dem ?
- Je crois qu'il s'est trouvé quelqu'un. Ça fait vingt minutes qu'on le voit plus et il parlait avec un gars tout à l'heure. » le cadet raconte en terminant ce qu'il reste de son verre.
« - Il a été rapide. »
Larxene n'a pas vraiment l'air convaincue, mais elle ne dit rien. Elle se lève simplement, son verre également vide, et Vanitas croit entendre une phrase comme Qui veut autre chose ? se frayer un chemin par-dessus la musique. Dans le doute, il dit oui. Pas question de rater une occasion de se faire payer un verre. Le gris suit et lui passe son récipient. Malgré son calme apparent, son geste est maladroit. La teigne sourit.
« - Toi t'es bourré.
- Pas tant que ça. »
Il dit ça, mais il n'a pas l'air convaincu. Son corps léger remue d'avant en arrière, comme une balancelle.
« - Ça se voit.
- Tu peux parler.
- Ah, mais j'le reconnais volontiers. »
Mieux, il le revendique, et il attend impatiemment son prochain verre.
« - T'as pas envie d'aller danser ?
- Mm. »
Ienzo hausse les épaules en regardant autour de lui, jetant un coup d'oeil incertain vers la masse de gens qui bougent. Apparemment, l'alcool ne le rend pas plus téméraire.
« - Trop de monde.
- Y en a moins dans la salle d'à côté, s'tu veux.
- Moins comment ?
- T'auras la place de bouger sans te faire coller. »
Avant qu'il n'ait le temps de répondre, Larx revient et pose trois demis sur la table. Chacun s'empare du sien, criant un merci qui n'arrive certainement pas jusqu'aux oreilles de leur généreuse référente.
« - J'vous laisse, fait trop chaud !
- Tu vas rejoindre Nami et sa pote ?
- Ouais ! »
Elle enroule sa veste autour de sa taille avant de se tourner vers Vanitas.
« - Elle est célib', sa pote ?
- Aucune idée. T'as qu'à lui demander. »
Et toc. Ça, c'est pour leur petite conversation du début de semaine. Elle le sait, et elle le fusille du regard en crachant des insultes qu'il ne comprend pas – à cause du bruit ou parce que c'est du letton, allez savoir. Mais elle ne se décourage pas pour autant.
Ne reste que les deux garçons qui se regardent dans le blanc des yeux en sirotant leur verre. Jusqu'au moment où Zack et Cloud, qui sont aussi de la partie, reviennent avec les kebabs qu'ils sont allés chercher. Van ne tient plus, il a encore besoin de bouger.
« - Les mecs, vous pouvez garder les verres deux minutes ?
- Hein ? »
Le corbeau prend ça pour un oui. Il pousse les deux demis vers le brun avant de se lever, passe près d'Ienzo en effleurant sa main, puis il disparaît dans la seconde pièce, où la musique pulse moins fort. Le gamin semble encore suffisamment sobre pour comprendre l'invitation, et il le suit. En effet, ici, il y a moins de monde, plus d'espace pour s'amuser.
Le corbeau s'appuie contre un mur avant de se retourner, observant le plus jeune qui s'approche, l'air hésitant. Sa main lui fait signe de venir plus prêt. Il est confiant, ce soir. Il compte bien s'amuser.
« - Alors, toujours pas envie d'bouger ?
- Je sais pas faire.
- Bah viens, j'vais t'apprendre. »
L'autre le regarde, ne sachant trop comment interpréter ces mots. Van aime cette mine égarée, maladroite et pourtant pleine d'espoir, qui se peint sur son visage. Cette expression qu'on lui trouve bien moins souvent, contre le minois inexpressif qu'il affiche la plupart du temps, quand il lit dans un coin. Pour leur rareté, ses mimiques sont précieuses.
Il attend que l'autre soit assez près, avant de poser ses mains sur sa taille.
« - Bouge.
- Je sais vraiment pas faire.
- Y a pas besoin de savoir. Fais juste comme tu le sens. »
Il appuie ses mains sur sa taille au rythme de la musique, jusqu'à ce que le garçon commence à suivre le mouvement, d'abord de manière craintive, puis plus assurément. Il ondule faiblement, pose ses propres mains sur Van sans trop savoir quoi en faire. Mais le noiraud sent qu'il gagne en confiance. Peu à peu, ses traits se détendent. C'est bien.
Autour d'eux la musique tape irrégulièrement, traîtresse.
« - Laisse aller, fais comme tu le sens. » il se penche sur son oreille pour lui parler sans crier. « Y a pas de bonne ou de mauvaise manière de danser. Faut juste que tu t'sentes bien toi. »
Ienzo hoche vaguement la tête avant de reprendre, plus ferme. Il hésite, essaie, jusqu'à trouver des mouvements qui semblent lui convenir. Vanitas sourit. Sournoisement, il s'écarte et se glisse derrière lui, sa bouche à nouveau près de son oreille.
« - Voilà, comme ça. Faut laisser aller. »
Pas bien sûr que ses instructions avancent à grand-chose, mais elles ont au moins le mérite d'encourager l'autre. Il trouve bientôt son rythme dans les mouvements saccadés du remix qui passe, et ferme même parfois les yeux pour profiter. Dans ces moments, il sourit. Ça doit lui plaire plus qu'il ne s'y attendait.
Van remue de son côté, plus affirmé. Il s'agite, ignore les gens qui passent et les regards qui se posent sur lui. Puis il revient vers le garçon, glissant à nouveau ses doigts autour de sa taille pour lui signaler sa présence. Il le sent sursauter, puis se détendre en le reconnaissant. Sa danse ralentie sans s'arrêter, s'adaptant au corps qui se presse contre son dos.
« - T'aimes ?
- Oui. »
Bien. Parce qu'il ne fait que commencer. Et il a des informations à glaner.
« - T'aimes parce que ça te plaît, ou parce que j'suis juste à côté ? »
L'autre bug, se reprend doucement. Il laisse ses mains hésitantes se poser sur celles de Van sans arrêter de bouger.
« - A ton avis ?
- T'es sûr que tu veux mon avis, chaton ? »
Il vacille encore, mais ne se laisse pas déstabiliser. Le gamin est plein de ressources inespérées. Ça lui plait. Il reprend, adaptant ses mouvements à la nouvelle musique qui passe et qui se veut plus calme.
« - J'ai parlé avec Larx. »
Nulle jalousie dans sa voix. Son timbre s'amuse, il prend tout son temps pour lui laisser imaginer ce qu'il va bientôt dire. Le goût de la bière court encore sur ses lèvres. A voir si le nébuleux a rattrapé leur conversation.
« - Parait que tu t'entendais bien avec Demyx, avant qu'je m'ramène ? »
Ah, ça n'a pas l'air d'être la réponse à laquelle il s'attendait. Ienzo fronce les sourcils et s'arrête presque de bouger, mais reprend en sentant le corps de Vanitas qui fait des vagues souples près du sien. Il tourne la tête pour essayer de capter son regard, perdu entre la musique, la brume alcoolisée de ses pensées et les mots qu'il vient d'entendre.
« - Elle t'a dit quoi ?
- Pas grand-chose, justement. » il croise ses yeux. « J'me suis dit que tu serais peut-être plus bavard. »
Le gris le fixe un instant avant de détourner les yeux. Van garde le dessus.
« - On s'est juste … tournés autour. »
Il n'a pas l'air sûr de ses mots, mais le champ lexical de la drague est loin d'être celui qu'il maîtrise le plus. Le prédateur va chercher des précisions tout près de son oreille, là où son souffle peut descendre dans son cou pour chatouiller sa peau.
« - Juste ?
- Y a rien eu.
- Rien de rien ?
- Rien. »
Les mains de Van passent sur son ventre. Il le sent qui se tend soudain. A voir son regard, ça n'a rien de désagréable pour lui. Doucement, il le tire à l'écart de la piste de danse improvisée.
« - Pourquoi ?
- Ça collait pas. »
Il répond vite, poussé par l'ivresse et la précipitation du rythme qui les enivre encore. Ça pulse. Ça tape. Van s'adosse au mur alors qu'Ienzo se retourne, ses grands yeux indéchiffrables plantés sur lui.
« - C'est tout ? »
Il s'attendait à plus, quand Larxene lui en a parlé. Enfin, pas étonnant qu'elle l'ait titillé pour rien. Ça a dû l'éclater.
« - Pourquoi ça t'intéresse ? »
Le gamin est tout proche de lui, tout ébouriffé, sa mèche éparpillée laissant voir deux iris. Il attend sa réponse. Le corbeau, dans un état capillaire à peu près similaire, glisse ses mains comme deux pattes vers le bas de son dos. Approche, qu'il lui dit avec ses paumes. Ienzo comprend. Il obéit. Mais son regard ne le lâche pas. Il attend. Cette autorité égarée lui plait.
« - J'veux juste m'assurer que le terrain est libre. »
Pas besoin de se pencher, ils sont à la même hauteur. Van s'approche à peine. Son corps se presse contre celui de l'autre. Il le laisse s'avancer.
Ils s'embrassent sans faire attention aux gens autour d'eux.
La bouche d'Ienzo est bien moins hésitante que sa danse, à croire qu'il a attendu ça toute sa vie. Il le laisse même mener, massant ses hanches comme un chat paresseux avant de se faire plus pressant, remontant une main derrière sa nuque. C'est brusque, ça s'arrête, ça reprend lentement, précipitamment. Comme la musique ça presse, comme la musique ça cogne dedans. Il sent deux mains dans son dos, derrière sa nuque, partout, qui cherchent un appuie sûr pour le garder contre lui. Deux mains qui se nouent finalement derrière sa tête pour s'assurer une prise sûre alors qu'il recule pour respirer, pour mieux recommencer, chercher, effleurer, à peine toucher avant de prendre fermement.
L'ivresse, le son, la chaleur, tout les berce, tout les éloigne. Une bulle autour d'eux, un autre monde, leurs lèvres, leur souffle, le cœur qui suit désespérément le rythme de la musique, qui cogne à en exploser, la fatigue, l'énergie nouvelle qu'ils trouvent là où ils ne la soupçonnaient pas.
Encore.
Stop.
A nouveau.
Une dernière fois. Respire.
Recommence.
Vanitas mord.
Il en redemande encore.
Les mains se serrent autour de sa taille. Il glisse les siennes sous le tissu qu'il sent, à peine. Sur la peau brûlante d'une taille plus fine que toutes celles qu'il a pu empoigner, effleurer, admirer, embrasser.
Ils halètent.
Et Ienzo se recule.
Pour de bon.
Ça n'est plus un élan bref pour mieux attaquer, il s'éloigne vraiment de Van, vacillant. Ses jambes n'ont plus envie de le porter. Il s'appuie contre le mur. Malgré les lumières qui volent furieusement partout dans la salle, le noiraud trouve sa peau étrangement pâle. Il le voit haletant. Inspirer comme s'il avait oublié comment respirer. Et partir en courant hors du bar.
Brusquement, l'adrénaline redescend. Vanitas le suit à son rythme, inquiet et paumé. Il ne fait pas attention à Zack qui les interpelle en passant, ni au trio de demoiselles qui les fixe sans comprendre. Ses pas le guident dehors. Là où la nuit est noire. Le vent froid.
Brusquement, c'est comme un énorme vide autour de lui. Une sale déception qui suit la satisfaction brûlante des minutes précédentes. Il ne comprend pas ce sentiment soudain.
Par contre, il saisit parfaitement ce qui se passe à quelques mètres de lui au son particulièrement peu ragoûtant qu'Ienzo fait en vomissant.
Ah. Tout s'explique. Il soupire, secoue la tête et s'approche doucement comme si tout allait bien, qu'il n'y avait pas urgence et que le gamin n'était pas en train de rendre la quantité déraisonnable de bière qu'il a engloutie. Sa tête tourne encore, mais il est suffisamment lucide pour agir correctement. Ses yeux se posent sur le jeune garçon tremblant, appuyé contre le mur d'une main, peinant à retenir sa tignasse de l'autre.
« - Je t'avais dit que t'étais bourré. »
Il passe ses doigts entre les mèches colorées pour empêcher qu'elles ne lui retombent sur le visage, alors qu'il respire laborieusement. Ienzo n'a pas le temps de le remercier que c'est reparti pour un tour.
« - Ça va aller. » il se tient suffisamment éloigné pour éviter d'être - trop – éclaboussé. « C'est juste un très mauvais moment à passer.
- J'espère. »
Tout fébrile, le lettreux se redresse finalement, crache, se crispe et se penche à nouveau, plié en deux, son bras entier appuyé contre le mur. Il rend tout ce qu'il a pu avaler ce soir, rejette inlassablement, geint plus qu'il ne respire quand il peut enfin reprendre son souffle.
« - Désolé.
- Laisse. Ça arrive même aux meilleurs. »
Un long silence. L'autre se redresse une seconde fois, plus lentement, avant de s'appuyer contre le mur. Vanitas voit comme son corps tremble, épuisé par la soirée et les vomissements. Il est à bout.
« - Ça va mieux ?
- J'crois. »
Il passe sa main sous son tee-shirt, grimaçant un peu. Vanitas comprend qu'il essaie de détacher les bandes de k-tape qui retiennent sa poitrine et gênent sa respiration.
« - Tu veux un coup d'main ?
- Ça va aller. »
Ses yeux ont certainement envie de se fermer. Tant qu'à faire, qu'ils le fassent dans un lit confortable après une bonne douche.
« - J'envoie un message aux autres et on y va. »
Il s'attend à ce que l'autre proteste, avance qu'il peut se débrouiller pour rentrer. Mais rien. Il ne lâche pas un mot. Après quelques secondes, il hoche même la tête. Rassuré, Vanitas sort son téléphone.
« - Allez. Dans moins d'une heure, t'es tout propre et au chaud. Tu t'sens d'tenir jusque-là ?
- Ouais. »
Il acquiesce encore, l'air fatigué et paumé. Van envoie son message, puis il lui tapote doucement le dos avant de se redresser. De mémoire, Ienzo habite à deux stations de métro d'ici. Ça devrait le faire, à pied.
Voilà. Bon en vrai Van ramène Ienzo et il va le chouchouter, donc c'est quand même mignon ? Genre, à partir du moment où ton crush t'a vu geber ta bière et tu lui plais toujours, c'est que c'est quand même bien parti. Est-ce que ce chapitre est inspiré de mes soirées les plus arrosées ? Vous ne le saurez jamais.
A la semaine prochaine !
