Hey !
Je poste vite fais dans le metro avant d'aller bosser !
Merci à Ima pour sa review hier !
Bonne lecture !
Pairing : AkuSaNitas
D'hivers en hivers
C'était un jour d'hiver, dans un pays où la neige tombe plus souvent qu'ailleurs. Vanitas cherchait un abri, un foyer, un endroit où se poser. C'est pour ça qu'il avait franchi le seuil de leur porte.
Eux, ils étaient déjà très bien ensemble.
Axel, tout juste dans vingtaine, était vendeur dans l'épicerie du coin. Il dévorait le moindre ouvrage qui lui passait entre les main, et dépensait tout l'argent qu'il avait - et n'avait parfois pas - à la Klara pornorra. Saïx, a peine plus âgé que son comparse, occupait un poste d'employé dans une entreprise on ne peut plus sérieuse. Il laissait son compagnon faire à sa guise, ignorant les marques sombres qui jonchaient son cou et son corps quand il rentrait. Il avait décidé, depuis longtemps que ces nuits dont il ne savait rien appartenaient au rouquin, et à lui seulement. Elles ne le regardaient pas. Il ne comptait ni l'en priver, ni s'y intéresser. Une seule règle tacite protégeait leur équilibre quotidien, ne jamais ramener d'autres conquêtes dans leur appartement. Et, parce que les règles n'étaient pas faites pour être respectées, Axel l'avait outrepassée.
C'est comme ça que Vanitas s'était retrouvé là, sur le pas de leur porte.
« - Je prépare la chambre d'ami. » l'allumé s'était justifié, avant que son compagnon ne puisse parler.
Et parce qu'il savait, le balafré, qu'il était inutile de discuter avec le type qui partageait sa vie, il avait simplement soupiré. Laissé la bête noire entrer dans leur maison. Dans leur vie. Sans protester.
L'oisillon s'était alors calé dans leur nid.
Il était vigilant, le loup, au début. Il surveillait que le corbeau ne prenne pas toute la place. C'était tendu entre eux, mais ça s'était calmé avec le temps. Avec les mois, le retour du soleil et le début du printemps.
Quand les fleurs avaient reparu sur leur tapis d'herbe, il y avait eu le vent frais qui traversait la terrasse. Les cafés au matin, qu'ils partageaient sans parler. Axel dormait jusqu'à pas d'heure alors ils se retrouvaient là, à se regarder du coin de l'œil, sans un mot. Au début, ils étaient gênés. Mais ce silence partagé s'était transformé en rituel matinal.
Les nuits, le noiraud les passait avec le renard. Saïx entendait, parfois. Il allumait la télé, et il sortait de quoi travailler.
Et puis était venu l'été, ses chaleurs enivrantes et le corps à moitié nu d'Axel qui s'exhibait fièrement dans tout l'appartement. Pour profiter de la fraîcheur de l'aube, Saïx se levait d'autant plus tôt. Vanitas l'imitait. Si ses nuits se déroulaient toujours dans l'autre chambre, il passait ses matinées assis sur le même canapé que le troisième membre de la colocation. Toujours peu de mots, des regards brefs. Pas d'inimitié entre eux, plutôt une sorte de respect mutuel. Un équilibre personnel.
Il avait fallu l'automne et ses feuilles mortes pour que le louveteau pose enfin sa question au chef de meute. Un coup d'œil vers son faciès. Sa cicatrice. Saïx avait détourné le regard. Sur son visage, c'était la marque de la haine qu'il exhibait. La trace d'un monde qui n'acceptait pas les gens comme eux. Les souvenirs. L'exhortation à vivre caché. Ici on pleure, ici on crève. En silence s'il vous plaît. C'était tout ce que le jeunot comprenait quand il posait les yeux sur le X boursouflé.
Axel passait par là. Il s'était approché pour prendre sa main, tout son corps dans ses bras. Van avait compris qu'il existait entre eux des choses qu'ils ne pourraient pas partager avec lui. Des épreuves qui les avaient blessés tous les deux. Ces secrets qu'on ne pouvait dire, parce qu'il n'y avait pas de mots pour ça.
Le temps avait filé.
Et puis l'hiver, encore. Un an. Un amour plus calme pour Axel, des baisers tôt le matin quand il partait bosser. Les étreints entre les deux aînés quand ils rentraient fatigués. Une longue histoire qui se lisait dans leur regard, contre une complicité naissante et pleine de promesses que le teigneux apportait. Le froid, dehors. Une couverture en plus, un plaid sur le canapé. De nouvelles habitudes. Et peut-être une tête charbonneuse qui se posait sur l'épaule puissante et carrée du taciturne, parfois. Comme ça.
Ils se réchauffaient en attendant le retour du printemps.
Et quand le printemps arrivait, ils sortaient à nouveau boire leur café sur la terrasse, comme l'habitude le voulait. Ils parlaient un peu. Jamais de tout et de rien, toujours du plus important.
Son avant, Vanitas ne le leur racontait jamais. Il faisait quelques brèves allusions qui leur laissaient comprendre sa vérité, parfois. Mais il gardait pour lui son village éloigné, les rires et les regards, les rumeurs et la honte de sa nature. Il n'y avait pas de famille, pas de racines, pas d'origines. Seulement ce noiraud et ses yeux jaunes qui s'étaient pointés, un jour, et sa vie commençait là.
Sur le pas de cette porte franchie un soir d'hiver.
La Klara pornora, c'était une rue de Stockholm où on pouvais trouver des bars gay, a l'époque. (Me semble que c'est plus d'actualité ? Je suis pas encore allé verifier.) Si vous voulez plus d'infos, lisez N'essuie jamais de larmes sans gants, parce que c'est bien.
