Chapitre 20 :

La Chambre des Secrets a été ouverte

Harry longeait les murs, priant pour ne pas être vu. À la limite, il pourrait gérer les rires moqueurs de Max et Michael et il était capable de baratiner Drago et Hermione. Le reste de l'école importait peu mais sa réputation était en jeu alors… mieux valait rester hors de vue.

"Monsieur Black, puis-je savoir pourquoi vous rodez dans les couloirs en cette soirée de célébration ?"

"Monsieur Lockhart, ne devriez-vous pas être au festin au lieu de vous balader là où personne ne vous entendrait crier ?"

"Est-ce une menace ?"

"Pensez-vous qu'il s'agisse d'une menace ?"

Le Professeur de Défense contre les Forces du Mal se mit à rire doucement. Sans doute se croyait-il meilleur, à moins que ce ne fût-ce l'habitude de côtoyer la mort ?

"Je ne me sens pas menacé par un gamin qui porte une casquette à hélice."

Harry rougit violemment et le Professeur aurait dû être éjecté sur plusieurs mètres... mais il résista, à peine étonné.

"Moi qui vous croyais malin…" murmura Lockhart, déçu. "Êtes-vous certain de mériter cet emblème ?"

"En quoi ça vous concerne puisque vous étiez à Serdaigle ?"

"Les choixpeau-flous sont plus intéressants qu'on ne l'imagine, Harry."

La robe noire du Professeur fouetta l'air, il disparut avant même que l'élève s'en rende compte. Les talons qui claquaient le sol n'étaient pas les siens mais ceux du Professeur McGonagall et Harry ne le comprit que trop tard, il eut à peine le temps de se cacher dans l'ombre d'une alcôve.

"Vous vous prenez pour un fantôme ?" plaisanta la Directrice des Gryffondors.

Ne pas bouger, ne pas respirer… Pas de mouvement brusque et surtout, surtout...

"Vous n'êtes pas invisible, Harry et je sais que vous n'êtes pas une statue."

Pourquoi n'avait-il pas appris le sortilège d'oubliette ? Peut-être n'en aurait-il pas besoin s'il feignait un accident de magie et qu'il envoyait valser sa Professeur contre le rebord d'une fenêtre, suffisamment fort pour l'assomer ? Ok, c'est violent et sûrement disproportionné pour une simple histoire de chapeau moche. Quoique qu'il y avait une seule personne capable de comprendre ce dont il s'agissait réellement… et elle le toisait sévèrement de la tête aux pieds.

"Je suppose que vous n'avez pas été pris d'une cécité temporaire et que votre sens de la mode n'a toujours rien à envier aux vampires millénaires…" soupira-t-elle. "Dans ce cas, nous savons tous les deux que vous méritez une leçon de métamorphose d'urgence alors vous allez immédiatement cesser d'imiter piètrement une statue de chair et me suivre jusqu'à mon bureau."

"Vous allez me punir ?"

"Évidemment, vous êtes un danger ambulant surtout pour vous-même et quand je pense qu'on fête la Victoire du Survivant, ce soir, je ne peux m'empêcher d'être d'autant plus déçue que vos… enfin, vous savez très bien." dit-elle. "Voyez le bon côté, cependant, vous n'aurez bientôt plus à arborer cette casquette honteuse."

Ils marchèrent longuement, dans les couloirs puis ils grimpèrent quelques marches bien dissimulées avant d'emprunter un raccourci derrière la tapisserie du Lion qui dévore le Serpent. Oui, c'est exactement ce que vous croyez et ça mène droit jusqu'aux bureaux de la Directrice des Gryffondors.

"C'est quoi un choixpeau-flou ?" demanda Harry en retirant sa casquette, dévoilant deux petites oreilles de panthère.

Le Professeur McGonagall lui flanqua une fiole dans les mains puis agita sa baguette après qu'il en ait avalé le contenu, les oreilles disparurent. Elle ne répondit pas à sa question, pas immédiatement et Harry pensa qu'il avait sacrément dû la décevoir pour qu'elle se prive d'enseigner à l'un de ses élèves.

"Imaginez un monde où j'aurai été Directrice des serdaigles et où le Professeur Flitwick aurait été Directeur des gryffondors…"

"Je vois pas trop l'intérêt, ça change pas grand-chose."

"C'est ça, les choixpeau-flous. Enfin... je devrai parler au passé car ça n'existe plus, maintenant que le Choixpeau est partit."

"Lockhart est un choixpeau-flou Serpentard." dit Harry qui ne comprenait toujours pas l'intérêt d'une telle information.

Il n'eut pas le temps d'y réfléchir d'avantage car… c'est Halloween. Et nous savons tous qu'Harry Potter ne peut pas célébrer la mort de ses parents tranquillement.

Il l'entendit pour la première fois. C'était une voix, une voix à figer le sang, une voix à couper le souffle. Une voix glacée comme… un venin.

"Viens... viens à moi… que je te déchire… que je t'écorche… que je te tue."

"Haha, très drôle." ironisa-t-il. "Un peu agressif comme punition, vous ne trouvez pas ?"

"De quoi parlez-vous, Harry ?"

"Roooh ça va, la plaisanterie ne marche pas avec moi."

"… déchire... écorche… tue…" poursuit la voix.

"Messages pré-enregistrés ?" demanda Harry. "Ah non, pas possible à moins que vous n'ayez conservé cette farce à l'intention de quelqu'un d'autre... oooh, c'était pour Severus !"

"Harry, je ne..."

"Ça n'aurait pas mieux marché avec lui qu'avec moi. Voyez le bon côté, cependant, mon accident d'animagus vous a évité un moment très gênant."

"Est-ce que vous vous sentez bien ?" demanda Minerva, visiblement inquiète. "Tirez la langue."

Harry serra les dents, il était... intrigué. Il n'avait jamais vu sa Professeur jouer la comédie donc il ne connaissait ni son niveau ni ses faiblesses qui auraient pu lui indiquer si c'était la suite de la blague ou bien... autre chose. Il douta.

"Tirez la langue ou je vous traîne immédiatement à l'infirmerie."

In… infirmerie ?! Le pire cauchemar d'Harry ! La menace décoinça sa langue, Minerva McGonagall l'observa attentivement.

"Vous ne semblez pas avoir mal réagit à la potion mais... Je vous emmène voir Mme Pomfresh. On se sait jamais."

Le coeur d'Harry bondit dans sa poitrine, le sang afflua dans ses oreilles et... il passa en mode danger. Tout ce qui suivra ne serait qu'un primaire instinct de survie.

Il ri le plus naturellement possible, plia son corps en deux et hoqueta :

"BOOH !!! J'vous ait bien eu."

"Pardon ?!"

"C'est Halloween, c'était une blague. Vous êtes tombé dans mon piège et sans me vanter, c'était plutôt facile."

Minerva hésita aussi : était-ce une ruse pour éviter l'infirmerie ? Et sinon quoi, Harry serait devenu cinglé, d'un coup, sans aucune explication logique ? Soyons réaliste, une seconde : il l'avait bien eu et facilement, en plus de ça.

"J'ai connu des gens qui pensaient que la vie était une blague, exactement comme vous. Ils sont tous morts ou... presque. Ceux qui vivent encore auraient été plus heureux d'en mourir, ils auraient moins souffert."

Un vent glacial parcourut les yeux de son étudiant, ses lentilles étaient devenu vertes émeraude comme une ultime blague et Minerva lui sourit. Elle avait gagné : instaurer une crainte viscérale en s'inspirant de faits réels pour la sincérité de la voix et sans artifices ridicules. Jeu, set et match.

"Joyeux Halloween, monsieur Potter. Amusez-vous bien." rajouta-t-elle d'une voix doucereuse.

Là, il prendrait peur et demanderait à… à… rien du tout, Harry s'inclina poliment avant de prendre ses jambes à son cou.

Oh. C'était si terrifiant ?

"… tuer… il est temps de tuer…"

"Attends !!! Pas si vite !!!" hurla Harry, la voix bougeait.

"Je sens l'odeur… l'odeur du SANG !"

Il souleva un rideau et pénétra dans l'un des passages créés par Michael : son réseau était à la fois immense, très complexe et extrêmement logique. Un coup à droite, puis à gauche et… là !

Il ressortit au deuxième étage où la voix était plus nette que jamais et… ses chaussettes furent instantanément trempée.

"AAAH !!! Merdeuh." jura-t-il. "C'est pire qu'un tueur psychopathe, pitié."

"Harry !" soupira Max, soulagée de le trouver enfin au bon endroit d'après les informations de sa Carte des Loups. "T'es passé par les réseaux muraux ? Ça n'arrêtait pas de bouger et..." elle remarqua son visage pâle. "Tout va bien ?"

"Nooon. J'ai... j'ai... DES CHAUSSETTES MOUILLÉES !!!" pleurnicha-t-il.

"Aaah zut, les miennes aussi. Michael, fais gaffe de ne pas..."

"Trop tard." dit-il.

Harry prit alors une décision très grave : comprendre pourquoi le sol était trempé et faire arrêter le coupable. Priorité 1, ca passe bien avant un tueur télépathique bizarre. Il s'agit de chaussettes mouillées, on ne plaisante pas avec ça.

"Ça vient de là-bas." dit-il en remontant le sens d'écoulement... jusqu'aux toilettes, au bout du couloir. "Suivez-moi !"

Hermione et Drago pataugèrent à leur tour dans l'eau pour suivre le trio infernal dans sa course contre les chaussettes mouillées. Heureusement d'ailleurs car il faut vraiment s'appeller Hermione Granger pour arrêter la soif de vengeance de trois louveteaux élevés dans la Meute de Red Wood.

"STOOOP !!!" hurla-t-elle. "J'ai trouvé le coupable."

"C'est vrai ? Où est cet enfoiré ???"

"Non, c'est pas vrai mais ATTENDEZ, c'est important."

Comme elle savait qu'elle n'aurait pas le temps de leur expliquer car la rhétorique est un art bien trop lent, elle pointa le mur.

Les trois sorciers furent trop surpris pour continuer leur chasse-à-la-sorcière-d'eau et restèrent immobiles quelques secondes. Le temps qu'il fallait pour voir, lire et assimiler le message. C'était mauvais… très très mauvais. Ou une blague… très très mauvaise.

LA CHAMBRE DES SECRETS A ÉTÉ OUVERTE, ENNEMIS DE L'HÉRITIER, PRENEZ GARDE.

Et le pire, dans tout ça, c'est que le festin venait tout juste de se terminer et qu'ils étaient seuls sur les lieux du crime…

-Fin du 20ème chapitre-

…à suivre…