Chapitre 18
Oliver ouvrit les yeux dans un sursaut et sa respiration sembla reprendre dans un hoquet. Il se redressa et aperçut qu'il était dans le lit de Felicity. Il leva les mains devant ses yeux, aperçut sa poitrine se dessiner sous sa nuisette et sentit le chatouillis de ses cheveux courts sur ses joues.
- Je suis redevenu Felicity, dans un souffle murmuré. Donc elle vit !, d'une voix plus forte en sentant un poids disparaître de sa poitrine.
La surprise fut remplacée par la stupeur et ses émotions le rattrapèrent. Il resserra ses bras autour de son corps en posant ses mains sur ses épaules et se serra dans ses bras en se penchant en avant. Il ne put empêcher ses larmes de couler alors qu'il était envahi par un soulagement immense.
- Felicity ?
Oliver releva la tête en entendant la voix inquiète. Donna se trouvait sur le seuil de la chambre et l'observait avec anxiété. Il eut l'impression que ses larmes redoublaient et il se leva sans attendre pour prendre Donna dans ses bras et la serrer contre lui.
- Felicity ? Qu'est-ce qui t'arrive ?, lui demanda la mère de Felicity le cœur serré à la voir si émue en passant une main sur sa tête.
- Je… je…, d'une voix étranglée. Un cauchemar… j'ai fait un cauchemar, répondit Oliver sans défaire sa prise.
- Tu veux en parler ?, en serrant ses bras autour de sa fille qu'elle sentait tremblante.
- Non… ça va aller, en reniflant et en reprenant son calme peu à peu. Ça va, en se détachant d'elle. Je vais me préparer pour aller en classe.
- Tu devrais peut-être rester ici, en posant sa main sur sa joue.
Oliver refusa et un quart d'heure plus tard il était debout face aux informations qui passaient à la télévision. Campé sur ses pieds, les bras croisés, il était concentré sur ce qui défilait sous ses yeux.
« Depuis une semaine, la comète est visible même à l'œil nu. Vers 19h40, elle sera proche de la Terre et atteindra sa plus grande brillance… »
- Ce soir…, marmonna-t-il en fronçant les sourcils. Ce n'est donc pas trop tard.
Donna arriva dans la cuisine sans bruit derrière sa fille et l'observa, figée ainsi dans un rayon de soleil.
- Hé…, d'une voix douce. Tu n'es pas Felicity n'est-ce pas ? Oliver sursauta et fit volte-face pour croiser le regard de Donna.
- Maman…, murmura-t-il surpris. Il se rendit compte que ce n'était pas la peine de mentir ou de cacher ce qui arrivait, Donna l'avait compris. Tu le savais ?, demanda-t-il intrigué.
- Non. Mais la mémoire m'est revenue en te voyant ces derniers temps.
Il fronça les sourcils à cette phrase sibylline. Elle prit place à la table de la cuisine et Oliver en fit autant en s'asseyant en face d'elle.
- Moi aussi, petite, je faisais des rêves étranges, en leur servant un café. Ceux de la vie d'un autre, en relevant les yeux pour croiser le regard de sa fille un peu différent de celui qu'elle connaissait.
Oliver écarquilla les yeux en apprenant que ce phénomène n'était pas isolé et prit en main la tasse qu'elle lui tendait.
- Mais de qui ?, se demanda-t-elle en portant sa tasse à sa bouche pour boire une gorgée de café, le regard dans le vague. Ma mémoire a disparu. N'oublie pas cette expérience, en plongeant son regard dans le sien. Les rêves disparaissent après le réveil, avec regrets. Ma mère aussi a connu la même expérience. Certaines femmes de notre famille avaient cette capacité mais elles ne se souvenaient jamais en détails de ce qu'elles avaient vécu.
- Peut-être que les rêves de Felicity sont un pouvoir surnaturel, marmonna Oliver. Ils permettent une nouvelle chance…, avec une excitation nouvelle. Maintenant tout repose sur moi !, la voix pleine de certitude. Ce soir, une comète va tomber et ils vont tous mourir.
Donna le regarda sans comprendre ce qu'il disait. Elle n'eut même pas le temps de lui demander qui il était qu'Oliver se levait et sortait en courant de la maison. Il courut rapidement jusqu'au lycée en se rendant compte de l'urgence de la situation, il avait une chance de les prévenir et il devait agir. Il se demanda pendant un bref instant à qui il allait pouvoir faire croire ça mais il devait essayer. Il ne les laisserait pas mourir.
Il arriva dans la cours chercha autour de lui et aperçut au loin Ray et Barry qui discutaient un peu à l'écart. Il les rejoignit en courant et dérapa sur les gravillons en s'arrêtant à leur hauteur.
- Mais qu'est-ce que tu as Felicity ?, demanda Barry en ouvrant de grands yeux presque choqué.
- Tes cheveux !, articula Ray avec difficultés en les pointant du doigt, la bouche ouverte.
- C'était mieux avant, hein ?, en glissant une main dedans, ses doigts séparant quelques mèches.
- Et c'est tout ?, demanda Barry sans comprendre le comportement de leur amie.
- Peu importe, d'une voix plus forte en secouant la tête et en posant ses mains sur ses hanches. Si on ne fait rien, on meurt ce soir, affirma-t-il.
- Quoi ?, s'écrièrent les garçons en s'étranglant, alors qu'ils attiraient les regards de leurs camarades de classe non loin d'eux.
- Nous devons agir !, d'une voix directive et intransigeante.
Oliver prit la direction des opérations et envoya Barry dans la supérette du quartier pour faire des provisions. La vendeuse qui le connaissait bien posa sur lui un regard méfiant.
- Tu n'as pas cours à cette heure de la journée Barry ?
- Heu... on doit sauver la ville, expliqua-t-il avec un petit sourire gêné.
- Hein ?
Mais le jeune homme ne répondit pas, paya et sortit pour retrouver ses amis rapidement dans la chambre de Ray.
Oliver avait donné pour mission à Ray de se renseigner sur un moyen de communication. Ils s'étaient installés sur le canapé autour duquel des tas de documents et de matériel inconnu à Oliver jonchaient le sol. Les étagères regorgeaient également de matériel en tout genre que Ray semblait utiliser pour bricoler. Ray face à son ordinateur expliqua son idée à Oliver.
- Radio d'urgence. Tu vois tous ces hauts parleurs en ville ?, demanda-t-il tout en tapant les mots clés « superposition, fréquences » sur une barre de moteur de recherche.
- Ça va marcher !, s'exclama Oliver avec excitation en comprenant son idée. Assis à côté de Ray sur son canapé, il se rapprocha de lui pour mieux voir sur l'écran ce qui s'affichait.
- Hé me colle pas !, ronchonna Ray en se penchant pour s'éloigner d'Oliver qui avait le nez presque collé à l'écran.
- Tu es intimidé ou quoi ?, demanda-t-il en relevant la tête, un grand sourire sur les lèvres avant de lui donner un coup de coude pour plaisanter avec une grimace.
- Hé ! Arrête !, s'énerva un peu plus Ray.
- T'es vraiment un mec sympa, s'amusa Oliver en voyant la gêne évidente du brun.
Ils furent interrompus par Barry qui ouvrit avec difficulté la porte de la chambre de Ray et la poussa de son pied les bras chargés de courses.
- Voilà les courses, annonça-t-il le souffle court d'avoir couru.
Ils vidèrent les sacs et se partagèrent la nourriture principalement composée de gâteaux et de biscuits.
- Alors votre plan d'évacuation ?, demanda Barry intéressé par leurs avancées.
Oliver et Ray échangèrent un regard de connivence, un sourire perfide releva les coins de leur bouche et ils partagèrent un rire diabolique avant de commencer à expliquer les détails du plan à Barry.
- Une bombe ?!, s'exclama celui-ci inquiet.
- Dans l'entreprise de mon père, il y a du gel explosif aqueux, expliqua Ray et Oliver reprit la suite des explications.
- Hacker les fréquences ?!, demanda Barry d'une voix plus aiguë après un moment.
- Facile de détourner la radio d'urgence d'un tel bled, s'amusa Ray alors qu'Oliver hochait la tête d'un air entendu.
- On diffusera l'ordre d'évacuation depuis le lycée, expliqua-t-il à son tour. Là, en pointant une croix rouge entourée d'un cercle sur la carte de la ville, c'est hors zone sinistrée. La cours du lycée peut donc servir de refuge.
- Un crime parfait, commenta Barry anxieux en regardant les annotations sur la carte. Plus au nord, il vit une croix dessinée d'un trait épais et la délimitation autour de celle-ci qui marquait la chute de la météorite. Ça ne pouvait pas être aussi simple, pensa-t-il.
- Barry tu t'occuperas de la radio, annonça Oliver en le regardant avec sérieux.
- Quoi ? Moi ?, en se pointant du doigt et en posant sur Oliver un regard angoissé.
- T'es du club radio, lui rappela Ray. Moi je m'occuperai des explosifs.
- Et moi du conseiller !, compléta Oliver.
- La mairie doit se mobiliser pour évacuer tous les habitants, expliqua Ray.
- Si moi sa fille je parle au conseiller, il écoutera.
- Stratégie parfaite !, conclut Ray avec un grand sourire. Barry les regardait et les écoutait exposer ce plan avec enthousiasme. Il avait toujours cru qu'il était le plus fantasque de leur bande, mais il fallait croire qu'il était celui qui avait le plus la tête sur les épaules aujourd'hui.
- Bah… je me fous des détails, répondit Barry en secouant la tête. Mais tout ça c'est du vent, vous vous en rendez compte ?, leur demanda-t-il sérieusement.
- Quoi ?, demanda Oliver en fronçant les sourcils.
Il se recula sur son siège en sentant son espoir s'envoler, si les amis de Felicity ne le croyaient pas il ne pourrait rien faire. Il était touché que Barry ne le crois pas mais il le comprenait aussi. Si Tommy était venu le voir en lui disant qu'il savait qu'une catastrophe allait arriver et qu'ils pouvaient l'éviter car il avait déjà vu tout ce qui allait se passer il l'aurait surement traité de menteur.
- Tu connais l'origine du lac de Blue Diamond ?, demanda Ray à Barry. Une météorite, en lui mettant sous les yeux une page internet et toutes les explications. Il y a mille ans une météorite est tombée ici.
Oliver tourna la tête en écoutant Ray donner ces explications.
- C'est ça ! Tu as raison !, en levant la main pour qu'il frappe dedans son espoir revenant en sentant le soutien de Ray qui frappa sa main. On va agir ensemble, affirma-t-il avec assurance.
- On va agir ensemble, répéta Ray en hochant la tête et ils se tournèrent vers Barry.
- On va agir ensemble…, répéta ce dernier d'une voix moins assurée.
Oliver a une chance de sauver la vie de Felicity avec l'aide de ses amis mais est-ce que ça va être aussi simple...
Merci pour votre lecture, je vous embrasse.
