Actions.
John
John avait tout planifié. Ça avait prit presque un mois pour tout réunir et recontacter les bonnes personnes.
Ce fut principalement son anciensupérieur et ami,le Major Sholto, qui lui donna les bonnes pistes. Les bons contacts surtout.
De fil en aiguilles, il était parvenu à parler avec le commandant d'une brigade spéciale. Celle-ci ne comprenait que d'anciens militaires qui n'avaient pas réussi à faire leur réinsertion dans la vie civile et qui n'avaient rien à perdre.
Le commandant fut d'abord surprit, John était un blessé de guerre qui plus est médecin. L'un faisait qu'il ne devait pas avoir envie de revenir, son dossier indiquant par ailleurs le PTSD dont il avait souffert. L'autre amenait rapidement du travail parmi les civils.
Bien décidé à se vendre, tout en expliquant ses raisons, l'ancien soldat évoqua Sherlock Holmes dans les mails qu'ils s'envoyaient. Led enquêtes auxquelles ils avaient prit part, les obstacles qu'ils avaient rencontré mais surtout du dernier acte de leur aventure ensemble. Enfin, par là il entendait parler de leur capture par l'Homme. Il évoqua alors Elham, l'histoire étant finalement bien connu chez certains membres hauts gradés de l'armée. Il n'aborda , bien entendu pas réellement la vraie raison de son revirement soudain.
Il du les convaincre, en tout cas, puisque on lui proposa un entretien face à face une semaine plus tard. Il dut discourir, au risque de se répéter sur toutes les raisons qu'ils auraient de le reprendre dans leur rang. Mais, bien que possédant un CV incongru pour un civil, ce fut principalement le fait qu'il soit docteur qui pesa dans la balance. En effet, leur corps manquait cruellement de personnel médical étant donné qu'il s'agissait d'un des métiers les plus faciles pour se reconvertir après avoir quitté l'armée.
Il fut ainsi mis sur une liste d'attente qui devait l'amener à faire quelques tests physiques et psychologique afin de pouvoir juger de ses capacités. C'était là la première étape vers une nouvelle vie.
Enfin, il avait, au fond de lui, l'impression de faire un pas en arrière. Il se revoyait, plus jeune, à essayer de s'éloigner des problèmes qui détruisaient sa famille peu à peu ainsi que ceux dont souffraient Harry à l'époque. Il se demanda soudain si il devait la tenir au courant qu'il rempilait dans l'armée. Il se demanda aussi qui il devait tenir au courant. Qui ça intéresserait de savoir où il allait…
Au final il n'y en aurait qu'un. Un seul à qui il devait ça. Après tout il l'avait vu dans son regard. Sherlock ne le détestait pas. Il ne savait pas pourquoi mais c'était ainsi. Son ancien ami souffrait mais ne parvenait pas à lui en vouloir. Il se devait donc de lui dire ce qu'il comptait faire. Il devait le libérer de lui-même.
Une lettre, une unique lettre. Elle n'était pas bien longue en vrai, mais elle disait juste ce qu'il fallait, ce qu'il pensait. Ce qu'il aurait dû dire depuis longtemps.
Il était assit sur son canapé et la relisait pour la énième fois lorsque son téléphone sonna. Lorsqu'il vit apparaître le nom de son ancienne logeuse, John faillit ignorer l'appel comme tout ceux qu'elle essayé d'avoir depuis quelques temps mais il décrocha finalement se disant qu'à elle aussi, il le devait bien.
«-John? Mon dieu! John! C'est Sherlock il… il…
-Mrs Hudson, calmez vous! Que se passe-t-il?
-Il est à l'hôpital, une overdose, je crois qu'il a tenté de… de se suicider… John venez, je vous en supplie!
-Quel hôpital?»
Il entendit à peine la suite, mémorisant l'adresse puis raccrochant au nez de Martha juste avant de sauter dans la rue pour attraper un taxi.
Tu ne mourras pas Sherlock Holmes, tu n'a pas intérêt, le monde a encore besoin de toi!
L'égoïsme de ses pensées lui fit comme une claque mentale. Et ce fut dans le taxi qui l'emmenait jusqu'à l'hôpital qu'il réalisa qu'il n'avait pas le droit d'exiger ça de son ancien ami. Tout était de sa faute après tout. Mais égoïstement, il pensa que si son génie devait mourir ce jour, il était parfaitement hors de question qu'il ne soit pas là. Il ne le laisserait pas partir seul.
Arrivé devant l'établissement, il hésita un dernier instant. Mycroft allait le virer de là, lui interdire de le voir. Puis était-ce ce que Sherlock aurait vraiment voulu?
Égoïste.
Il fit taire la voix dans sa tête et franchit les portes.
Je ne te laisserai pas seul.
Sherlock
Cinq lettres. Sherlock avait bien fait les choses cette fois, puisque c'était réel.
Ses parents, Molly, Greg, Martha et John bien entendu. Il avait failli en laisser une pour Mycroft mais s'était ravisé. Il était encore en colère contre lui. Et il savait que quoiqu'il dirait ça n'aurait aucun impact, son grand frère si protecteur, n'admettrait jamais sa mort.
Il allait mieux juste avant le procès. Si il ne l'avait pas croisé, il aurait certainement pu s'en remettre. Redevenir le sociopathe qu'il était. Reprendre sa vie. Le Travail aussi. Mais ils s'étaient vus et la lumière s'était faite dans son cerveau. Il était au plus profond et sombre de lui-même et n'en reviendrait jamais.
Les premiers jours après le procès, à chaque fois qu'il avait fermé les yeux pour se rendre dans son palais, il n'était plus arrivé à accéder aux informations qu'il avait stocké tout au long de sa vie. Cela avait failli le rendre fou. Puis au bout de quelques temps, il avait pu ravoir accès à quelques données étranges. Entre autre, que la Terre tournait autour du Soleil, le nom du premier ministre actuel et bizarrement le nom du président Américain. Si il n'avait pas comprit sur le moment, il avait réalisé après que c'était John qui lui avait dit tout ça et qui se moquait de lui parce qu'il ne savait rien des banalité de ce monde, à l'époque. Par la suite, il s'était rendu compte avoir enregistré dans son disque dur mental toutes les entrées du Blog de son ancien partenaire. Il les avait relues tout son saoul, les yeux fermés, allongé sur son canapé, profitant des mots narrant leurs histoires à un moment où tout allait bien ou malgré la difficulté de ce qu'ils faisaient, ils étaient ensemble et il n'y avait que ça. Enfin l'odeur de John, le son de sa voix et la couleur de ses yeux s'étaient imposés à lui sans qu'il ne puisse rien y faire. Puis il y avait eu la rupture.
Sherlock s'était relevé et avait prit sa décision. Ça faisait mal. Il n'avait jamais pensé qu'un jour, il en viendrait à ça. Mais il ne se supportait plus. Petit, il avait décidé de bloquer tout sentiment et voilà qu'aujourd'hui tout lui éclatait au visage. Il ne pouvait pas gérer ça. Il ne savait pas le faire. Et ça faisait mal.
Alors, cinq lettres, ce serait ce qu'il resterait. Ça et il avait changé les noms sur son assurance vie. Rajoutant en fait ceux de ses amis. Ce n'était qu'un détail mais il s'était dit que c'était une chose à faire.
Tout était fin prêt mais il lui fallut une semaine de plus pour se décider. Son plus gros souci fut le comment. Il connaissait suffisamment bien les façons de le faire mais n'arrivait pas à savoir comment s'y prendre pour lui-même.
Sherlock eut la réponse en regardant la cheminé. C'était simple et logique au final. Il devait finir comme ça avait commencé. Il devait faire taire son cerveau une dernière fois.
Il contacta des personnes de son réseau puis lorsqu'il eut acquit les ingrédients nécessaires il prépara une ultime fois sa solution.
Le jour même, il prépara chaque détail prévu en amont. Les lettres en évidence sur la table du salon accompagnées d'une clé USB. Il a l'avait rajoutée à la dernière minute.
La veille de son acte, il avait empoigné son violon et avait joué. Il avait démarré bien vite l'enregistrement et avait laissé ses mains glisser sur l'instrument, les notes s'égrainant sans qu'il ne les contrôlât. À la fin, il avait juste coupé l'enregistrement et l'avait mit sur clé sans même l'écouter.
Une fois tout mis en place, il s'habilla de sa tenu de combat habituelle. Chemise bordeaux et veste de costume. Ce serait son dernier combat.
Il observa l'appartement, prit quelques instants pour s'imprégner une ultime fois du lieu qui avait fait de lui une meilleure personne. Il y a quelques années, lorsque Lestrade avait accepté de lui donner quelques enquêtes afin de lui sauver sa vie de toxicomane, il avait dû se choisir un lieu pour vivre. Mycroft lui avait, évidemment, proposé de lui payer un bel appartement dans un beau quartier de Londres mais il voulait son indépendance. Néanmoins, sans un sou ou presque et même avec Martha qui avait fortement baissé son loyer pour lui, il ne pouvait pas faire grand-chose. Alors, au détour d'une conversation, il en avait parlé à Mike, ça ne lui ressemblait pas ce genre d'échange mais parfois, avec certaines personnes, il se laissait aller. Ils en étaient venus à la conclusion qu'il lui fallait un colocataire. Stamford était alors parti dans un fou rire que Sherlock n'avait pas comprit et avait été obligé de quitter la pièce pour se calmer. Quelques heures plus tard John entrait dans sa vie. Et celle-ci se terminait maintenant.
Il s'assit dans son fauteuil, installa un garrot, geste bien trop familier qui lui fit mal au cœur sur le coup. Et sans plus se donner le temps de réfléchir, il planta l'aiguille dans sa veine et enleva le ruban autour de son bras pour laisser la solution se propager dans son corps.
Les premiers effets arrivèrent rapidement, son dernier trip avant la fin. De plus, la dose était létale, on ne viendrait pas le trouver avant qu'il ne soit trop tard.
Quoique… Sherlock entendit un cri qu'il lui sembla reconnaître puis tout fut noir.
