- Merci à Liske pour son Follow et son Fav ! bienvenue au Lycée Grand Line * coucou amical sous l'oeil glacial de Katakuri*

- Merci à Lel Himeko pour son Follow ! bienvenue à toi aussi, j'espère que ta jupe est bien droite, je crois entendre les pas de la CPE Kalifa dans les couloirs !

- Merci à Guest pour sa review ! ça faisait un moment qu'on ne t'avais pas vu par là héhé ! Nous sommes vraiment contentes que le chapitre bonus vous ai plu ! on a beaucoup perdu de sang en l'écrivant XD... et vouiiii ! notre Luffy n'en parle pas forcément mais oui, il est sacrément attaché (voir un brin possessif...) à notre jolie Lillynette ! D'autant plus qu'il commence à comprendre qu'elle ne dit pas toujours ce qu'elle pense, ou qu'elle ne fait pas toujours, ce qu'elle voudrait! Pour la partie Akira/Ace, ces deux-là sont tellement attachants ! et oui tu as bien relevé l'éternelle dualité dans Ace. Il va falloir du courage à Akiki pour passer à travers tout ça ! mais je te laisse apprécier les prochains chapitres pour ça MOUHAHAHAHAH ! Et ... j'allais presque oublier... CE COUPLE... FATAL ! ils sont vraiment l'incarnation du sex appeal ... ils sont dangereux (mais on aime ça !). Voilà voilà XD en tout cas merci pour ta review, tu reviens dans le coin quand tu veux ! * coucou de Lillynette et Akiki !*

Merci à tous d'être là et de continuer à suivre les aventures de nos deux fifilles ! * jupettes en folies et culottes colorées !*


Hello les cocotiers ! Ici Little Tartine !

Tout d'abord, je tenais personnellement à remercier Ma-chan pour sa review sur le chapitre 15 en ajoutant que je suis ravie si tu apprécies l'histoire des Crimson. La bipolarité est un sujet qui me tient à cœur, elle est tellement éloignée de tous les préjugés qu'on peut entendre dessus. J'espère que l'évolution des Crimson te plaira !

Vos retours sur le chapitre BONUS nous ont fait vraiment plaisir ! Ma chère comparse LCDAH se joint à moi pour remercier également Guest pour sa fabuleuse review. Niark, on s'est lâchées dans ce chapitre ! Il nous a permis de bien visualiser les sentiments de Luffy et Ace et d'en donner un aperçu à nos lecteurs et lectrices. Je suis d'accord avec toi, les pensées de Luffy sont puissantes, il le symbole de l'effusion des sentiments. Son amour pour Lilly est authentique, d'où ses paroles franches et déstabilisantes pour la blanche. De son côté, Ace est encore torturé à ce moment là de l'histoire. Toutefois, on sent qu'Akira est en train de percer sa carapace. Sans en être consciente, elle met à mal toutes les barrières qu'il s'est érigé entre lui et son propre cœur. SABO ET IZOU TOUS NUS ! Pardon, c'est sorti tout seul... C'est que ce couple nous rend toutes cinglées ahaha !

Merci également à Lel Himeko pour son follow, et Liske pour son follow et son favori. Vous êtes tops !

Vous êtes de plus en plus nombreux à lire cette fic, si vous saviez comme votre présence et vos commentaires nous motivent ! Nous tenons à vous remercier pour votre soutien. En espérant que la suite vous plaise !

Voici donc le chapitre 16, qui est la suite de celui sorti il y a deux semaines. Vous retrouvez ma comparse irremplaçable en fin de chapitre ! Ciaossuuuuuu !


Chapitre 16

Water Seven

Point de vue Akira :

- Il est temps d'y aller si nous ne voulons pas être en retard, mesdemoiselles.

Robin a raison. Ce serait fort regrettable que nous loupions le départ alors que, malgré les derniers événements, Lilly et moi sommes autorisées à faire partie du voyage scolaire. Je caresse une dernière fois le chanfrein de Stronger avant de remettre du foin dans son box. J'étais très inquiète pour ce cheval au début. Depuis sa séparation avec Doc Q, il ne s'alimentait plus. Du coup, pour pouvoir garder un œil sur lui j'ai décidé de l'amener au lycée à l'insu de tous, exceptée de Lilly évidemment. Mais comment cacher un cheval alors que Garp nous a dans son viseur à présent ? Je me suis confiée à Robin, gérante de mon club de botanique, sachant qu'elle est toujours de bon conseil. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris le lendemain une plantation de bambous gigantesques qui aurait pu même camoufler un dragon ! Des bambous qui n'étaient pas présents la veille, soit dit en passant. Je crois que Robin a un talent inné pour créer des plantes qui sortent de l'ordinaire... Elle a fait pousser les bambous dans un endroit où personne ne met jamais les pieds puisque le professeur Vegapunk y faisait des expériences autrefois. Je ne veux surtout pas savoir de quoi il s'agissait...

En replaçant mon sac de voyage sur mes épaules, je me tourne vers Lilly qui est assise en tailleur sur une caisse, un livret de sudoku ouvert sur les cuisses. Lorsqu'elle constate que Robin et moi sommes prêtes, elle le referme paresseusement en soupirant. Je ne suis pas certaine certaine qu'elle ait rempli beaucoup de grilles. A vrai dire j'ai constaté qu'elle avait du mal à se concentrer ces derniers temps. J'ai l'impression que...

* Driiiiiiiiiiiing ! *

- Miséricorde ! je m'exclame épouvantée. C'est la sonnerie de une heure de l'après-midi ! Nous devons nous dépêcher !

- J'ai entendu dire que c'est Kalifa qui faisait l'appel avant que les classes montent dans leurs bus, ajoute Robin comme si cela ne la concernait pas. Je me demande quelle partie du corps elle va vous briser si elle ne vous voit pas dans les rangs...

- Nous devons VRAIMENT nous dépêcher, reprend Lilly.

Nous arrivons en courant dans la cour, Lilly traînant à grande peine derrière elle sa valise aussi grande que le surveillant Katakuri. Quand le conducteur du bus va voir ça il va faire une syncope. Nous découvrons trois rangées parfaitement alignées. Des marquages au sol les entourent pour ne pas que les élèves sortent de leurs rangs. C'est probablement signé Kalifa... Heureusement pour nous elle est en train d'astiquer ses lunettes de vue. Izou nous a un jour expliqué que c'est une tâche très importante pour elle, à tel point qu'elle lui consacre au moins dix minutes à chaque fois. C'est notre chance !

Nous passons devant la classe des terminales. Les élèves sont alignés par binômes. J'aperçois les nouvelles têtes qui ont remplacé Teach et ses acolytes. Leur départ a laissé cinq places vacantes. Sabo m'a parlé d'eux un jour. J'imagine que celle qui discute en espagnol avec Vista est Viola. Il s'agirait de la cousine de Rebecca. Celui qui possède les plus longs bras que je n'ai jamais vus est sûrement Scratchmen Apoo tandis que celui qui exhibe un masque mystérieux sur ses yeux est probablement X Drake enfin, par élimination, je me doute que celui qui harcèle les autres pour leur tirer les cartes est Basil Hawkins. Encore une belle bande de barges. Et dire qu'il reste encore une place de libre, j'ai peur pour la suite...

- Hé mais... !

A l'entente de la plainte de Lilly, je fais volte-face et mon sang se glace dans mes veines. Katakuri vient de la saisir par son sac à dos et la soulève de terre comme si elle ne pesait rien. Comme elle est petite, avec cette posture on dirait vraiment un enfant.

- Vous là.

Son timbre réfrigérant fait carrément chuter la température de plusieurs degrés.

- Ou...oui ? osons craintivement la blanche et moi en chœur.

- Vous devriez attacher vos ceintures, le voyage va être mouvementé.

Il nous lâche et se tourne vers Marco qui soupire en se passant une main sur le visage. Quel duo improbable pour accompagner les terminales...

- C'est pas cette brute qui a des dons de voyance ? demande Lilly en zieutant sur son sac pour voir s'il ne lui a pas déglinguer les bretelles.

- Tout juste. Vous devriez prendre en compte ce qu'il dit si vous ne voulez pas finir défenestrer pendant le trajet.

Merci Robin pour cette remarque bienveillante... Notre aînée déniche facilement lequel de ses camarades est tout seul : il s'agit du jeune homme qui se baladait en slip à la fête foraine. Franky si je ne m'abuse. Heureusement pour nos yeux, il arbore un pantalon au lycée.

- Suuuuuuuuuuuper voyage scolaire en perspective dans ma ville natale, n'est-ce pas Nico Robin ? Iceburg va tirer une de ces tronches en me voyant, gahahaha !

La concernée l'ignore royalement pour nous expliquer :

- Nous allons loger dans l'auberge d'un certain Iceburg, c'est un ami d'enfance de Franky.

- Oh ! je fais ne sachant que dire d'intéressant.

Lilly me tire la manche pour désigner du menton Kalifa. Diantre, elle a déjà fini de nettoyer l'un de ses verres de lunettes ! Nous prenons congé auprès de Robin et fonçons vers notre classe. Ah ? Où sont les secondes ? Ah, nous venons de les dépasser, je n'ai même pas fait attention à eux ! Niveau bordel ambiant, notre classe de première doit rivaliser avec celui de la classe des terminales. Ace et Luffy sont à l'arrière et papotent gaiement avec Usopp et Zoro... enfin non, avec Usopp tout court car Zoro dort debout. En apercevant l'aîné des deux frères, je me sens toute drôle. Cela m'arrive de plus en plus et c'est très gênant. Instinctivement, je replace une mèche derrière mes cheveux sans le quitter des yeux. Ceux de Lilly sont exorbités :

- Akira qui a des manières de fille, pincez-moi je rêve.

- Je n'oserai jamais te faire du mal, tu le... Attends, tu as dit quoi ?

La blanche suit mon regard et tombe inévitablement sur le dos des deux frères. Aussitôt ses jolis traits se figent et elle exécute un mouvement de recul. Je la considère, un peu perdue. Cela fait quelques semaines que nous avons sauvé Teach et que nous avons frôlé l'exclusion. Depuis cet épisode, il arrive que mon amie se referme sur elle-même. Mais il ne s'agit pas de la même distance qu'elle plaçait entre elle et les autres lorsque nous avons intégré Grand Line. Là elle semble tellement... triste. Elle fait mine d'aller bien mais je vois que quelque chose cloche. Comme je ne veux pas la forcer, je lui laisse le temps de trouver la force de se confier. Je sais à quel point il lui fut déjà difficile de m'avouer son identité. Lilly est comme ça. Je veux lui laisser le temps d'accepter ce qui la tourmente pour ensuite pouvoir se livrer.

Pour détourner son attention, je désigne Aokiji qui s'est rangé en binôme avec son cher vélo. Il est d'ailleurs en train de graisser la chaîne. Ne me dites pas qu'il prévoit de partir à Water Seven avec sa bicyclette ?!

- Shishishiii !

Je souris. Au moins la vue de ce fanatique acharné du cyclisme a rendu momentanément à Lilly sa joie de vivre. Nos bras se croisent, comme à notre habitude, et nous trottinons jusqu'à Nami et Vivi qui se trouvent tout devant. Elles reculent un peu pour nous faire de la place. Vivi pouffe :

- Vous êtes complètement allumées d'arriver après la sonnerie alors que Kalifa est présente pour faire l'appel.

- Bof elle nous déteste depuis le premier jour, alors un peu plus un peu moins, fait remarquer Lilly en faisant la moue. Et puis elle ne s'est pas extasiée devant la culotte toute mignonne d'Akira, c'est une insulte !

Nami l'attrape par les épaules et lui administre un savon sur ses cheveux qui font « sbouiing sbouiiing ».

- Qu'est-ce que je vous aime les filles ! exulte Nami tout sourire.

Des vociférations nous font tous sursauter et le silence s'abat sur la cour. Je ne savais pas qu'on pouvait égaler les hurlements de gorille de Garp. Mais il faut croire que tout est possible. Trois hommes sortent de l'un des bus. Oh ! Il y a deux babouins parmi eux, tout s'explique !

- Shôjô, infâme macaque, si tu crois que je n't'ai pas vu en train de contempler Cricket-sama plus de trois secondes ! On avait dit deux maximum par minute nom d'un chimpanzé !

- Ce que tu peux être pénible Masira ! Et arrête de mentionner des noms de singe à tout bout de champ, ça me hérisse les poils.

Le troisième, nettement plus petit, allume une cigarette. Ne disons rien sur le marron qui lui est poussé sur la tête, ça vaut mieux.

- Au lieu de vous disputer tâchez d'amener ces jeunes à bon port. On se retrouve à l'auberge et surtout n'oubliez pas que ce n'est pas une course.

J'imagine que c'est lui « Cricket-sama ». Il rejoint la classe des secondes que je ne parviens pas à distinguer. Ma vue doit me jouer des tours mais ils semblent flous. Passons. Le dénommé Masira crache une dernière insulte bien sentie à l'attention de Shôjô, insulte que je n'oserai même pas penser tellement elle était vulgaire. Puis il vient se poster devant nous et nous toise d'un œil franchement mauvais. De toute évidence, il peut déjà pas nous encadrer. Ses yeux lorgnent sur la valise de Lilly. Il ouvre enfin sa bouche grande comme mon buste :

- Hé les marsouins, ça va pas la tête de prendre des bagages aussi encombrants ?! Ça va nous ralentir !

Ni une ni deux, il saisit la valise de la blanche et la balance avec fracas au fond de la soute de notre bus. Seigneur, si Lord avait vu cette scène cet homme serait mort dans la seconde. Les cheveux de Lilly se mettent à flotter autour de sa tête. Je crois qu'elle est à deux doigts de se transformer en Super Saiyen.

- J'vous préviens les ouistitis c'est moi qui choisis vos places dans l'autocar ! Faut répartir vos poids sinon on n'avancera pas !

Faudrait que quelqu'un se porte volontaire pour lui expliquer qu'il ne conduit pas une Ferrari...

/

- Et voilà comment je me suis retrouvé à manger du piranha pendant trois semaines !

- Ooooh ! j'applaudis les yeux pétillants.

Les histoires de Usopp sont toutes plus incroyables les unes que les autres ! Il aurait combattu un poisson géant alors qu'il n'était âgé que de cinq ans ! La prochaine fois que je partirai en mer je l'emmènerai avec moi, je suis certaine que ça lui fera plaisir. Tout à coup il s'excuse et se penche sur son sac pour sortir un mouchoir. Vu la taille de son nez, il en a pour au moins trois heures. J'en profite pour me détendre contre la vitre du bus.

Les paysages défilent à vives allures. Masira doit largement dépasser la vitesse autorisée sur l'autoroute, ce n'est pas bien. Le soleil m'éblouit un peu mais je le laisse faire son travail. Nous sommes fin juin, la saison des pluies est terminée. Je souris. C'est l'été, mais avant les vacances nous devrons passer les examens de fin de trimestre. J'espère que ça ira. Mon portable vibre sur mes cuisses. Mon sourire s'élargit encore plus. Un SMS de papa.

De Papa :

« Bonjour mon trésor, tu dois être dans le bus à présent. Ici il fait déjà nuit et nous serons bientôt samedi. Passe un bon séjour, mes amitiés à Lilly. »

Je réponds aussitôt :

De Akira :

« N'oublie pas de dormir, le sommeil c'est primordial. Prends soin de toi. Le coucou à Lord. »

Je cale de nouveau ma joue contre la vitre chaude. Avec un temps aussi éblouissant ici, j'ai du mal à imaginer dans quel milieu vit mon père en ce moment. Voilà presque trois semaines qu'il est parti avec Lord à un séminaire exceptionnel en Europe. Nous ne nous appelons que très rarement mais nous nous envoyons des messages tous les jours. Nous n'avons pas encore pu reparler de la bipolarité de ma mère. Il m'a promis de faire des recherches lors de son voyage professionnel. Mes sourcils se froncent. Même si ce n'est que pour un peu moins de trois jours, ça m'inquiète de laisser ma mère toute seule.

- Au fait Crimson-san, est-ce que tu sais que tu es en train de devenir une graine de star au bahut ?

Je me tourne vers Usopp en arquant un sourcil.

- Comment ça ?

- Ben personne n'a oublié ta remontée fulgurante lors de la fête du sport. Même si vous étiez cinq pour faire ce relais, les gens ont surtout retenu ta victoire. Bon, il y a eu aussi l'épisode où tu as couru dans le lycée en petite culotte et cela a probablement marqué l'esprit des pervers...

J'ignore où il veut en venir du coup je me tais. Il en profite pour poursuivre :

- De plus l'épisode où tu as sauvé Rebecca de la noyade est en train de circuler dans l'enceinte du lycée ! Une vraie héroïne de manga ! Moi j'vous l'dis, Akira va détrôner Boa Hancock en étant promue « Reine du lycée » cet automne !

Moi ? Reine du lycée ? Je grimace. L'idée ne m'enchante guère, je n'ai pas envie de m'attirer les foudres de cette femme. Une carabine en plastique vient heurter le crâne d'Usopp qui gémit de douleur.

- N'écoute pas ce fieffé menteur soldat Akira, déclare Koza qui est situé derrière mon ami au long nez. Et puis ne te laisse pas embrigader par ton Senpai et d'autres bons samaritains qui ne jurent que par les bonnes conduites. Tu vaux bien mieux que ça, tu...

- Roooh Koza, arrête de tourmenter Crimson-san ! râle Vivi en lui tirant la joue. Elle peut bien faire ce qu'elle veut !

- De quoi tu te mêles Vivi ? Arrête de...

Pour le faire taire, la jeune fille pose ostensiblement une main sur la cuisse de Koza. Ce dernier devient aussitôt rouge pivoine, balbutie et se détourne en cachant son visage. Un sourire victorieux vient naître sur les lèvres fines de Vivi. Mes yeux analysent sa main. Ou plutôt ses doigts qui, discrètement, caressent le pantalon de Koza. Je me remets droite sur mon siège, les joues en feu. Cette vision était plus que suggestive. Je n'imaginais pas Vivi aussi intrépide.

Spontanément mon regard se porte vers Ace qui se trouve devant avec Luffy. A l'avant encore nous retrouvons les deux profs qui nous accompagnent, c'est-à-dire Shanks et Rayleigh. Les deux hommes ne nous surveillent pas le moins du monde, trop occupés qu'ils sont à échanger des coupes de saké. Smoker tente bien de les arrêter, mais il n'a aucune autorité. Le surveillant s'est alors rabattu sur ses cigares et je vous promets qu'avec cette fumée et cette chaleur le bus va rapidement se transformer en hammam.

Les deux frères sont debout, le bus n'ayant pas assez de places pour tout le monde. Selon Sabo, une portion de la trésorerie du lycée est partie dans la rénovation de la bibliothèque qui fut endommagée par du sang. On se demande d'où ça vient... De plus le proviseur Garp voulait également remplacer les fenêtres que son cri a brisées. Par conséquent, les trois classes gagnantes de la fête du sport se coltinent des bus de troisième zone, voir même de quatrième. La restriction budgétaire est de vigueur.

Ace et Luffy sont en pleine discussion avec Nami et Margaret. Je suis comme aimantée par la silhouette du garçon aux taches de rousseur. Je ne peux détourner mon attention de cette main qu'il ramène sur sa nuque, ses doigts qui frôlent les pointes recourbées de ses cheveux et de ses yeux onyx. Qu'il tourne vers moi. Je m'étrangle avec ma salive. Mince il m'a vue !

Je virevolte entièrement sur mon siège et me concentre sur les élèves assis derrière Vivi et Koza pour distraire mes pensées.

- Horohorohoro !

- Kiiiiiishishi !

Perona et Moria discutent d'une soit-disant épreuve d'orientation qui aura lieu cette nuit. Comme si on allait nous faire sortir aussi tard ! Quoi que, on peut s'attendre à tout avec un lycée aussi farfelu que Grand Line. Encore derrière, j'aperçois la touffe blanche de Lilly. Je souris à cette vue. Mon amie, interloquée, est en train de sortir le contenu du sac plastique que je lui ai passé avant qu'on soit séparée. On y retrouve trois bouteilles d'eau – il est crucial de bien s'hydrater par cette chaleur ! -, une bouillotte pour le ventre – car selon mes calculs Lilly doit avoir ses ragnagnas -, et une poche de sang – au cas où elle se retrouvait assise à côté d'un beau garçon. Heureusement pour elle, elle est tombée sur Dellinger. Tiens mais... C'est moi ou le jeune homme n'arrête pas de jeter des coups d'œil vers la blanche ? Oh ! Il vient de sortir un petit miroir de poche et est en train de contrôler sa dentition pointue ! Lilly en profite pour se pencher vers lui, les yeux plissés :

- Tu as un bout de salade coincé ici.

- Qu...quoi ?!

Le concerné rougit violemment et plonge aussitôt dans son sac. Tandis qu'il dégaine une brosse à dents et un dentifrice, Lilly me lance un clin d'œil complice qui signifie « Je l'ai bien eu, shishishi ». Je pouffe en même temps que Pudding assise derrière Lilly. Elle rit gracieusement aux commentaires de Sanji. Leurs épaules se touchent. C'est étrange, depuis quelques temps je remarque ce genre de détails. En tout cas, je trouve qu'ils formeraient un beau couple. Quoi que... Dès que le blond se tourne vers la vitre, Pudding en profite pour sortir ses légendaires doigts d'honneur...

Derrière eux Absalom fait la sieste en se blottissant comme un chat et les cheveux d'or de Cavendish sont de plus en plus constellés des crottes de nez que lui lance Bartolomeo. Comme à son habitude, Zoro se fiche de tout et pionce. Enfin, tout au fond, Rebecca et Baby 5 sont plongées dans un mutisme pesant. Je soupire. J'aimerais bien que toute la classe s'entende.

* TUUT TUUUUUUT ! *

Coup de klaxon. Tous les visages se tournent vers la gauche. Le bus des terminales est en train de nous doubler. Mais à quelle vitesse est-ce qu'il roule ?!

- Face de mandrill, tu ne vas pas me courir sur le pelage très longtemps ! Tu vas voir !

Cette fois toutes les têtes se penchent dans l'allée pour tenter d'apercevoir notre conducteur. Je me tords le cou pour apercevoir Masira en train d'appuyer sur un bouton « d'urgence ». Je le sens pas son truc... Un nouveau levier de vitesse apparaît où il est inscrit les chiffres six, sept et huit. Ne me dites pas que c'est ce que je crois... Usopp hurle de terreur à côté de moi et me fait perdre quelques décibels d'audition au passage.

- Trop coooooooool ! s'exclame Luffy et Bartolomeo.

- Kyaaaaah j'ai prononcé « Trop cool » en même temps que mon idole ! poursuit Bartolomeo en pleurant à chaudes larmes.

- Keskispass' ? On est arrivé ? grommelle Zoro en se frottant un œil.

- T'es toujours à côté de la plaque tête d'algues !

- Je t'ai pas sonné le cuistot !

- CE N'EST PAS LE MOMENT DE VOUS ENGUEULER ! s'époumone Nami qui paraît morte de peur.

Shanks se lève en chancelant. Je crois qu'il a trop abusé du saké.

- Les jeuuuunes – hips ! - accrochez-vous bien ! Je ne serai pas responsable pour d'éventuelles moooorts.

Nous sommes tous prêts – hormis Luffy – à lui rappeler qu'il est censé être NOTRE responsable pendant cette sortie, mais nous sommes devancés par Koza qui s'est levé d'un geste théâtral. Silence de mort. Il braque sa carabine en plastique vers l'avant et hurle :

- SUS A L'ENNEMI !

Sans plus attendre, Masira attrape le levier et actionne directement la vitesse « huit ». Il ne veut même pas y aller crescendo ce cinglé ! Son pied écrase l'accélérateur et nous sommes tous projetés sur le dossier de nos sièges. Tous sauf les deux frères complètement inconscients qui étaient restés debout. Luffy est catapulté en arrière et atterrit sur Margaret qui pousse une exclamation de surprise. Quant à Ace, il est propulsé vers le fond du bus. Je me cramponne aux accoudoirs pour tenter de m'extraire de ma position et pour pouvoir le rejoindre mais c'est à ce moment là que Masira braque à gauche pour doubler des voitures au dernier moment. Le nez proéminent d'Usopp rencontre alors mon œil et je geins de douleur. Mon crâne percute la vitre et la dernière chose que je vois c'est Aokiji, sur son vélo, qui roule à fond sur la barrière de sécurité, celle qui sépare les voies de l'autoroute. Trop doué, cet homme.

/

- Qu'est-ce que je vous avais dit ?! Ce n'était PAS une course !

- Pardon Cricket-sama..., baragouinent Masira et Shôjô en se prosternant à ses pieds.

Toutes les classes sont réunies pour observer les bulles remonter à la surface dans l'un des canaux de Water Seven. En dessous se trouvent les autocars des terminales et des premières. Engloutis. Sous l'eau. C'est un miracle que tout le monde s'en soit sortis vivants... Nami, qui de toute évidence se retenait depuis belle lurette, vient administrer des coups de poing sur le crâne des deux conducteurs.

- On va faire comment maintenant sans nos bagages, bande de débiles ?! Et en plus on n'a plus de moyen de transport !

Car oui, on pourrait penser qu'il nous reste toujours le bus des secondes pour les quelques kilomètres qui nous restent à faire. Mais non car avant d'effectuer le saut de l'ange dans le canal, notre autocar a percuté celui des secondes. D'ailleurs je n'ai toujours pas compris comment Cricket-sama avait pu nous rattraper alors qu'il roulait à une allure modérée. Cet homme doit être un génie en orientation routière.

- Paaaaas de panique Nami – hips - ! roucoule Shanks en tapotant l'épaule de la rouquine.

- Vous, je vous ai pas sonné !

- Nami-swaaaaaan est tellement belle quand elle est énervée ! s'écrit Sanji en dansant.

- Toi tu la boucles aussi !

- Et pourtant Le Roux est lucide, déclare Rayleigh qui a l'air de très bien tenir l'alcool. En prenant cette rue parallèle, puis l'autre perpendiculaire, puis quatre autres parallèles, nous serons arrivés en un rien de temps.

Pourquoi cet homme est obligé de tout ramener aux mathématiques, alias cette matière si détestable ? Katakuri rappelle tout le monde à l'ordre et nous nous mettons en marche dans nos habits trempés. Tous sauf Lilly qui garde les yeux fixés sur l'eau. Elle doit être en train de faire le deuil de sa valise. Je l'attrape par le bras :

- Viens Lilly, on doit y aller. Tu n'as pas froid ?

Je désigne sa chemise scolaire sans manche qui colle sa peau. Comme elle ne donne aucun signe de vie je claque des doigts devant ses prunelles marrons.

- Ah euh tu disais ?

- Tu as froid ?

- Non même pas, heureusement que nous sommes en été.

Nous essorons nos longs cheveux en nous mettant en marche et nous rejoignons rapidement le cortège. Je constate que quasiment toutes les filles portent des vestes que leur ont passées des garçons. Nami hausse un sourcil en nous examinant :

- Vous êtes conscientes que les chemises deviennent transparentes maintenant qu'elles sont trempées ? On voit vos sous-vêtements.

- Ah oui c'est vrai ! fait Lilly en zieutant sur mon corps. Tiens, ils sont mignons tes petits seins Akira.

- Les tiens sont beaux aussi, je rétorque sérieusement.

- Non mais vous vous entendez parler ? réplique Nami exaspérée.

Vivi explose de rire, suivie de près par nous trois, puis par Rebecca et Margaret qui se tenaient pas très loin.

/

La ville est MA-GNI-FIQUE ! Le soleil couchant fait flamboyer les milles et unes couleurs des bâtisses. Seule une minorité de citoyens ont recourt à des voitures pour se déplacer. Le reste utilise les canaux aquatiques qui sont omniprésents. Des individus tirent des fils de linge entre deux bâtiments pour récupérer leurs linges séchés. Des marchands ambulants nous proposent aimablement leurs victuailles. Des enfants zigzaguent entre nos jambes en riant joyeusement. Tout le monde a le sourire fixé aux lèvres.

Mais...

Ce fut bien éphémère.

Après avoir traversé cette ville somptueuse pendant plus d'une heure, tout le monde s'est fait une idée bien précise de l'auberge dans laquelle nous allons loger. Nous allions probablement dormir dans un établissement digne d'un palais royal. Sauf que...

- « Restrictions budgétaires » les gars, souligne Marco...

- Ne me dites pas que mon humble personne va roupiller dans ce taudis ? ronchonne Cavendish épouvanté.

- Et pourtant si Blondie ! s'exclame Shanks qui a décuvé.

- Du moment qu'on bouffe bien, je ne vois pas où est le problème ! déclare Bonney.

- Parle pour toi ! Il est hors de question que je pose l'un de mes sublimes orteils dans cette...masure ! vocifère Hancock en reculant d'un air dégoûté.

- Bien dit grande sœur ! proclament en chœur Sandersonia et Marigold.

- Le prochain qui se plaint dormira dans les égouts, c'est clair ?

Personne, pas même Hancock, n'oserait défier Katakuri. Je considère l'auberge sur pilotis. Elle est construite un peu en retrait de la ville, pas loin d'une forêt de mangroves. Personnellement je la trouve jolie. Elle dégage un côté très « nature » que j'affectionne tout particulièrement.

- Tu en penses quoi Lilly ?

Son petit nez sensible remue.

- Ça ne sent pas trop mauvais. C'est curieux, j'ai hâte de voir l'intérieur.

Je souris. Même si, tout comme moi, elle vit dans une grande demeure, elle n'est pas contre un peu d'aventures.

Shanks et Rayleigh ont réparti les chambres pour notre classe, c'est à se demander à quoi sert Smoker. Ce n'était pas bien compliqué car l'auberge a été conçue pour n'accueillir que des élèves d'établissements scolaires. Ainsi nous ne retrouvons que des immenses dortoirs. Toutes les filles de première dormiront dans une chambre et les garçons dans la leur. Le fonctionnement est le même pour les terminales et les secondes – mais où sont-ils d'ailleurs ? Après avoir jeté nos maigres affaires sur nos lits, nous n'avons même pas pris la peine de nous changer. Avec quoi d'ailleurs ? Nous n'avons plus d'habits, même pas de pyjama. Nous nous sommes ensuite tous pressés vers le réfectoire. C'est que frôler la mort donne faim.

Là, nous sommes accueillis par ce que je pense être le propriétaire des lieux.

- Bonjour les jeunes, je vous souhaite la bienvenue dans mon auberge « Galley-la-Compagny ». Je suis...

- HIIIIIIIIIII UNE SOURIS !

Cavendish saute sur une table, suivi de près par toutes les groupies de Hancock. De la vaisselle explose au sol. Deux bus en moins, un autre cabossé, des assiettes cassées, je crois que Garp va tomber dans les pommes quand il apprendra tout ce qu'il doit rembourser... La souris en question trottine jusqu'au propriétaire qui l'attrape et la place sur son épaule.

- C'est suuuuuuuuuuper normal ne vous en faites pas ! nous rassure Franky en souriant narquoisement. Yo Iceburg !

- Bonsoir Franky, je vois que tu te portes bien. Laisse-moi d'abord me présenter à tes camarades. Je m'appelle Iceburg, et voici Nezumi. Nous sommes heureux de vous accueillir parmi nous pendant ces deux jours. Vous pouvez dès à présent prendre place, mes cuisiniers vont vous apporter votre dîner.

Des exclamations de joie pure tonnent dans tout le réfectoire. Même moi qui n'ai pas trop d'appétit d'habitude je suis morte de faim. Je me tourne vers Lilly, Nami et Vivi pour leur proposer de manger ensemble mais suis stoppée dans mon action par la mine de la rouquine. Elle observe scrupuleusement les terminales qui commencent à s'éparpiller puis son visage s'éclaire lorsqu'elle semble trouver la personne qu'elle cherchait. Un sourire mauvais éclot sur sa bouche. D'un pas décidé elle se dirige vers les deux malpolis qui m'ont « accueillie » le jour de ma rentrée, Kid et Law. Ils sont accompagnés par un jeune homme, celui qui exhibe un masque de hockey. La rouquine défait sa veste et la tend au garçon masqué.

- Merci Killer, heureusement que tu es galant. Certains devraient prendre exemple sur toi.

Elle darde alors un regard lourd de sens vers Law qui hausse simplement les sourcils. Puis au bout de quelques secondes, Kid se met à ricaner :

- Je crois que la minette te cause.

Le concerné au bonnet tacheté soupire et fait volte-face pour prendre place à une table. Ses acolytes ne tardent pas à faire de même, Kid riant de plus en plus fort. Nous nous empressons de rejoindre la rousse qui serre les poings de rage. Je suis soufflée. Depuis que je la connais, c'est bien la première fois que des larmes emplissent les yeux de Nami.

Point de vie de Lilly :

- La bouffe est dégueulasse.

Nami-san mastique avec énergie son morceau de viande, je ne pensais pas qu'on puisse faire autant de bruit en mâchant. Mais il faut dire qu'elle met du cœur à l'ouvrage, ce même petit cœur qui darde des éclairs en direction d'un certain terminal au bonnet tacheté.

Quelqu'un peut donc résister à Nami-san, ça non plus je ne l'aurais pas cru. Je repousse les baby-carotte du dos de ma fourchette, le crissement du métal attire l'attention d'Akira assise à côté de moi.

- Tu n'en veux pas ?

Puis elle chuchotte.

- C'est à cause de tes ragnagnas ? tu n'as pas faim ?

- On va dire ça oui.

Très consciencieuse de tout ce qui a un rapport à la nourriture, Akira se charge de terminer mon assiette à ma place. Une fois son œuvre achevée, j'en profite pour me lever de table et aller débarrasser mon plateau sur les tapis roulants au fond du réfectoire.

- Hey ! la minette ça t'a plu ? Me demande le cuisinier derrière sa toque.

- Euh, oui. Répondis-je timidement.

- C'était trop bon chef !

Monkey-san arrive de l'autre côté des tapis roulant, les montagnes de plateaux non débarrassés ont dû m'occulter de son champ de vision.

- Eh Margaret, Ace ?! vous en voulez pas hein, je termine !

Puis ce sont des grognements qui se soulèvent d'une des tables : celle des trois frères, Margareth-san et, Boa.

Instinctivement mes poings se serrent, je tourne les talons et quitte le réfectoire à la recherche d'air frais. J'ai toujours sur le cœur le poids des mots que j'ai dit à Monkey-san. Je me claque les joues pour me donner du courage et surtout, pour passer à autre chose. Les mains vissées dans mon short de sport (tenue obligatoire pour les voyages et visiblement celle que j'aurai à arborer pour tout le week-end) je pars de la maison branlante.

Le parquet grince sous mes pas et j'ai l'impression que c'est le bâtiment tout entier qui va tanguer si je marche trop fort.

Un soupir presque instinctif s'échappe de mes lèvres tandis que je rebrousse chemin vers le plan d'eau où ont sombré les deux cars. C'est vraiment un lycée de grands malades. A quel moment le Directeur Garp s'est-il dit que ce serait plus sûr de …. Je m'arrête un instant et je me rends compte que la sécurité doit bien être la dernière de ses priorités.

Nouveau soupir.

J'arrive à présent aux abords de l'étendue, la lumière du jour commence à disparaitre mais la surface de l'eau scintille encore, je ne vois aucune bulle d'eau qui la perturberait : les bus doivent avoir sombré dans les profondeurs.

Heureusement que je n'avais pas pris de jolis vêtements, je savais que ce ne serait pas la peine, mais j'aimerais quand même récupérer mes culottes. Je m'accroupie en essayant de réfléchir à un moyen de retrouver ma valise. Mais déjà sur le rivage je devine la profondeur abyssale de l'étendue d'eau. Aucune lumière ne filtre jusqu'à ses tréfonds et j'ai l'impression d'être hypnotisée, comme si …

PLOUF

L'eau s'engouffre déjà dans mes narines alors que je ne réalise absolument pas ce qu'il vient de se passer. J'étais pourtant sur la berge, et me voilà maintenant en train de sombrer dans les profondeurs. Je temps que je prenne conscience de ce qu'il se passe, l'obscurité m'a déjà recouverte. Des bulles d'air s'échappent de ma gorge quand j'essaie de crier mais rien n'y fait, je continue de couler.

Ma vision devient trouble et je ne sens que le froid. Ma gorge se serre, je vais bientôt manquer d'air. Je ne distingue plus la surface mais juste une masse noire qui se rapproche de moi.

Comme un poignard qui me traverse la gorge, j'ai l'impression que mes poumons vont exploser.

Je crache tout ce que je peux, les doigts fermement agrippés aux brins d'herbe de la berge, le simple fait de respirer m'est douloureux.

- On dirait que tu sais te faire des amis toi …

Les gouttes continuent de s'écouler sur mon visage et je prends conscience qu'il y a quelqu'un à côté de moi. Mon champ de vision est rétréci mais une chose perce à travers la nébulosité : rouge.

- Akira ?

Je bafouille et ma voix se casse en essayant de prononcer le nom de mon amie. Par reflex je me jette sur elle pour la prendre dans mes bras. Je noue mon corps autour du sien, humide, elle a dû sauter pour venir me secourir, c'est tout elle.

- Euh, je peux savoir ce que tu fais ?... ça m'apprendra à perdre mon temps au lieu de chopper ma proie.

Je réalise alors que ce n'est pas le corps d'Akira que je tiens dans mes bras, celui-ci est beaucoup plus … osseux ?

L'inconnue me repousse avec une mine de dégoût. Ma vision s'affine et je découvre les tâches de rousseurs qui constellent son visage sur lequel s'écoulent des torrents capillaires orange, et non rouge ! Ma vision doit être encore biaisée par mon bref séjour dans les profondeurs. Est-ce mon destin que de devoir toujours être sauvée par des filles au cheveux de feu ?

Nous nous considérons toutes les deux en instaurant une distance raisonnable entre nous, les yeux perdus dans le vide, tout est plus intéressant que d'avoir à assumer la présence de l'autre. Une profonde atmosphère de gêne prend place entre l'inconnue et moi, on entend le clapotis de l'eau. Puis un léger petit torrent se fait entendre, discret entre les buissons. Je remarque alors une ombre pas loin de nous. Et un bruit, comme un pneu qui éclate.

- Oh la vache, l'était chargé celui-là …

Mon visage se crispe dans une mine de dégout, visiblement partagée par mon inconnue : l'architecture de son joli visage se transforme en une peinture abstraite personnifiant la répugnance que lui suscite le pet de Shanks-senseï.

Puis j'entends ses phalanges craquer, elle se lève et s'en va cueillir le coupable, visiblement toujours occupé à vider sa vessie derrière nous.

- Tu veux que je t'aide à te la tenir ? à une main ça doit pas être facile non ?

- Eh ? … ALISHAAAAAAAAAA !?

Une vague de panique émane de Shanks-senseï tandis que j'entends le « zip » frénétique d'une braguette remontée à la hâte. Piquée de curiosité je me déplace pour observer la scène. Le doigt coincé dans sa braguette, Shanks-senseï tente de protéger ses parties tandis que ladite Alisha l'a attrapé par le col et s'apprête à lui en coller une, le poing serré.

- Je savais pas que tu aimais faire ça devant des gosses … lui susurre Alisha.

- Hein ?

Soudain les yeux de Shanks-senseï se posent sur moi.

- Oh ! Lilly ?!

Puis il réalise qu'Alisha et moi sommes toutes les deux trempées.

- Pardon, je voulais pas vous déranger, reprenez là où vous en étiez les filles …

Je ne sais pas ce qui m'énerve le plus : le sérieux avec lequel il dit ça ou alors le fait qu'il soit mon professeur … Sans trop prendre le temps de légiférer en interne, ma jambe a bougé toute seule pour aller talonner le tibia de Shanks-pas-senseï. Simultanément, Alisha-l'inconnue m'a imitée et ce sont les deux jambes de Shanks-pas-senseï qui ont pris.

Au bord du désespoir, Alisha lâche ma loque de professeur qui vient mollement dégouliner sur le sol. Nous soupirons elle et moi en attendant qu'il reprenne connaissance.

Assez vite, Shanks-toujours-pas-senseï tapote sur ses membres fumants sans pour autant cesser de sourire.

- Je ne savais pas que venais toi aussi !

- Je suis là pour une mission.

Ils commencent à discuter plus calmement, Alisha toujours debout les bras croisés tandis que Shanks-un-peu-victime étale de la boue humide sur ses plaies.

- Ooooh, une grosse prime en perspective ? Le sourire de Shanks-boueux me fait légèrement douter de sa sanité d'esprit.

- Tout juste, rien à voir avec ces gosses. Un air de défit se dessine sur le visage d'Alisha.

Un léger silence s'installe.

- C'est rigolo quand même que tu sois là, maintenant. Parce qu'on manque d'un encadrant pour le voyage. C'est rigolo. Parce qu'avant de partir Garp a dit qu'il avait résolu le problème. C'est rigolo. Parce qu'avec les restrictions budgétaires je me demandais comment il allait pouvoir payer quelqu'un en plus … ha ha.

Le rire de Shanks-presque-senseï se perd dans la pénombre.

Nouveau silence.

- Rassure-moi, t'as pas reçu une info de dernière minute pour ce fameux « gros poisson », hein ?

Les doigts d'Alisha se crispent que son bras.

- Pis, t'as pas eu cette info d'un appel anonyme d'un type avec une grosse voix… hein ?

Une aura meurtrière émerge tout autour d'Alisha. Je vois ses sourcils colorés se froncer et une veine se dessiner sur son front.

- Une chasseuse de prime telle que toi ne serait pas tombée dans le panneau ? hein ?

J'ai l'impression de transpirer juste en me tenant à côté d'elle. (Vas-y Alili, brûles tout ! XD)

- Parce qu'en plus, c'est rigolo, Marco est là aussi … HA HA !

Le rire de Shanks-bientôt-mort-senseï raisonne dans le vide.

Puis, le fracas du poing d'Alisha qui s'abat dans le visage de Skanks-probablement-mort-senseï, vient sonner comme un coup de tonnerre. C'est peut-être le stress, je ne sais pas, mais je ne parviens pas à me retenir de rire. J'en ai des crampes au ventre et aux joues tellement je ris.

Alisha me regarde, non sans étonnement puis elle se résigne.

- Fais chier …

Elle souffle entre ses dents puis j'ai l'impression de distinguer un sourire se dessiner sur son visage.

- Tant pis pour mes culottes.

Je pouffe en me tenant le ventre et avance vers elle. Mes cheveux gouttent encore mais je lui tends la main.

- Merci de m'avoir sauvé.

Les joues d'Alisha se colorent et ses sourcils se froncent.

- De … pas la peine de me remercier.

Nos mains se serrent tandis que Shanks-à-nouveau-vivant ramasse les morceaux de son visage.

- N'empêche, je t'ai peut-être repêché mais quelqu'un t'as poussé.

Je balaye sa remarque d'un revers de la main : peu m'importe, je me déteste assez pour tolérer qu'on puisse aussi me détester. Tout ça n'a pas d'importance.

- Ne croyez pas que ça me fait plaisir…

Shanks-pansements-senseï a rassemblé tous les élèves de notre classe dans le petit jardin suspendu de la bâtisse, visiblement la nuit sera mouvementée.

Il nous a finalement fait les présentations officielles d'Alisha. Même si j'avais pu apprendre (sur le chemin du retour) qu'elle était effectivement chasseuse de primes, il fallait annoncer la nouvelle à tout le monde. Ce sera donc elle qui s'occupera de nous faire passer le « test de courage » cette nuit. A en juger par sa tête, elle est ravie …

Akira vient me rejoindre et s'insurge de mon état.

- Lilly ! qu'est-ce qui s'est passé ?!

Mon amie me renifle et commence à m'inspecte en soulevant mes vêtements. Alors qu'elle faisait son discours de présentation, Alisha s'arrête.

- Akira ?

- Hein ? Oui !?

Les deux filles aux cheveux rouges se regardent. Akira toute sourire agite sa main pour faire coucou à Alisha qui détourne rapidement des yeux, visiblement gênée d'avoir pensée à haute voix. Shanks-redevenu-sensei saisi le bras d'Alisha.

- Je ne pense pas qu'il soit utile de les mettre au courant pour …

- Pour ? Lui répondit la jeune femme.

- Pour … (il lui murmure à l'oreille).

- Ah, ça. Elle toussote. Bon, autant vous dire que le fait que je sois une chasseuse de prime n'est pas dû au hasard. En effet il y a dans cette forêt un … gros client. Mais ne vous en faites pas trop, je ferai de mon mieux pour vous garder dans mon périmètre, mon taux de perte est très faible. (La meuf elle va buter tout le monde sans en toucher un seul tu sais x'D)

Il n'y a que moi qui sache que c'est un mensonge, tous les autres élèves commencent à paniquer ou à s'énerver. Alisha poursuit son histoire de fantôme.

- L'esprit des bois est prisonnier de la forêt depuis plus de trois cents ans, il est à la recherche de la petite sœur qu'il a perdu dans les bois en s'endormant. Alors un conseil : ne fermez jamais les yeux où il en profitera pour s'insérer dans votre cerveau et prendre possession de vous. Le seul endroit où vous serez en sécurité c'est dans la tour, de l'autre côté de la forêt. Ce sera notre lieu de rendez-vous.

Elle dit tout cela avec le plus grand des sourires et une pointe d'amusement.

Avec son flegme habituel (et redevenu sobre) Shanks-senseï dévoile la composition des groupes :

1 : Lilly, Zoro et Perona

2 : Akira, Usopp et Bartoloméo

3 : Luffy, Maraget et Aokiji

4 : Ace, Vivi et Baby 5

5 : Nami, Pudding et Cavendish

6 : Dellinger, Koza et Moria

7 : Absalom, Rebecca et Sanji

Puis c'est Alisha qui poursuit :

- Vu l'histoire du fantôme, une fille a été placée dans chaque groupe.

Malgré la panique ambiante et l'excitation générale, tout le monde prend le soin de noter la présence de Dellinger au sein du seul groupe 100% masculin. Celui-ci crache son venin sur tout le monde et s'en va bouder en rongeant son pouce.

- Ololololoooooh ! Un fantôme, c'est excitant !

Perona-san me rejoint en riant, ce sera la première fois que je fais équipe avec elle. Je cherche des yeux Akira qui est occupée à enfoncer des touffes d'herbe dans les narines de Bartoloméo. Je pense que tout ira bien.

- Oh, tiens.

La voix d'Alisha me tire de ma contemplation alors que de l'herbe commence à ressortir par la bouche de Bartoloméo.

- Chaque groupe dispose d'un talkie, pour que vous puissiez me prévenir s'il y a un mort.

Tous les groupes se positionnent en « ligne » et Alisha donne le top départ.

Bon, je crois que nous n'avons pas le choix…

J'ai perdu tout le monde.

Etait-ce prévisible ? Évidemment.

A peine 5 minutes après le départ, Roronoa-san est parti explorer le mauvais raccourcie, impossible de le retrouver. J'imagine qu'il réapparaitra dans les prochains jours quelque part sur une île voisine. Quant à Perona-san, elle s'est tout simplement volatilisée ! Je l'ai entendue rire et puis POUF, disparue !

La forêt est dense, je n'entends personne autour, rien d'autre que le bruit des feuilles qui crissent dans la pénombre. Heureusement que je sais que tout ça n'est qu'une vaste blague, l'ambiance est si lugubre que j'en aurais presque des frissons.

Mais il n'y a qu'un seul véritable monstre hein, je ne dois pas avoir peur…

Je sens mon cœur battre dans mes tempes et j'avance à tâtons sur le sol mou. Mon cerveau commence à devenir parano.

- Oï ! je crois que j'ai trouvé un truc !

Je sursaute comme hyène sur une plaque de verglas et tente de ramasser les morceaux de mon cerveau éparpillé sur le sol. A ma ceinture, le talkie continue de faire entendre la voix de Vinsmoke-san. J'essaie de déclipser le talkie mais mes mains tremblent. Ma petite lampe de poche cogne contre le boitier en plastique.

- Ooooh ! vous êtes où !? Je veux voir ça !

Cette fois c'est celle de Monkey-san qui perce le silence tandis que j'essaie de me relever.

Je tapote ma main au hasard sur le tronc humide est couvert de mousse froide. Un frisson traverse toute mon épine dorsale et fait se dresser tous les poils de ma nuque.

Puis, mes doigts s'enfoncent dans une partie molle du tronc.

Instinctivement, je me force à ne pas déplacer mon regard vers ce tissus mou, de peur de ce qu'il s'y trouverait. Une limace ? Non, c'est chaud … J'appuie un peu plus fort et je sens une aura émerger de l'arbre.

Ne me dites pas … que … que cette foutue histoire de fantôme est vraie ?!

Je tremble et je serre les dents en tentant de détourner mes yeux vers cette aura démoniaque qui grandit de plus en plus à côté de moi.

Soudain, dans l'obscurité, mes yeux se posent sur deux points luisants, deux points rouge sang qui brillent dans la nuit, quelque part entre les branches des arbres.

- BWAAAAAAHHKIKAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !

Pas le temps de réfléchir plus, mon cerveau a frôlé la syncope et je tombe à la renverse. L'image du fantôme reste imprimée sur mes rétines alors que ma tête ne rencontre pas encore le sol. Je crois que je suis tombé de haut, pour de vrai. J'ai l'impression que les yeux rouges ne me quittent pas, que cette masse tentaculaire me suit au contraire. Jusqu'à ce que je m'écrase sur le sol. Je sens les branches me lacérer les jambes et je peine à reconnecter mon corps. Est-ce que j'ai vraiment vu un fantôme ?! Je me force à garde les yeux ouverts pour essayer d'apercevoir la masse de tentacules qui me poursuivait mais je ne vois rien. Mon rythme cardiaque s'accélère et je tremble.

Mais quelle idée à la con !

Je peste encore plus fort en relevant mon buste pour inspecter l'étendue des dégâts sur mes jambes. Je tente de me relever, les pieds liés dans des racines de ronces. Je tire en râlant et fini par arracher les végétaux pour me libérer. Les jambes repliées je me hisse et …

- Ouhoo…

La gravite fait son office et je vacille mais ne retombe pas sur le sol.

Sur mes hanches, je sens deux mains me rattraper de justesse. Elles sont petites et froides.

- Tom… tombe pas.

VINDIEUX ! jamais j'aurai parié sur ça…

Je relève mon coude et ce sont deux cornes que j'aperçois derrière moi. Je dois être en état de choc post traumatique pour halluciner que Dellinger soit venu me sauver. Hein !? Ce ne sont pas ses joues, là, qui rougissent ? C'est le fantôme qui a pris son apparence. Je pince les joues du fantôme. Mais, ça ressent les choses les fantômes ?

- Oh éh ! arrête tu fais mal espèce de folle !

Ah, si c'est lui.

- Dellinger ?

Je cache à peine ma surprise, ce qui ne semble pas lui plaire.

- Dépêche, tous les autres groupes ont déjà trouvé la tour.

Il me prend par la main et commence à éclairer notre chemin avec sa petite lampe de poche, à travers la végétation dense. J'en reviens pas, sa poigne et ferme sur la mienne et il avance avec assurance dans la broussaille, ses cornes luisant dans l'obscurité. Il marche doucement pour me laisser le temps de le suivre avec mes jambes abîmées.

- Comment tu m'as trouvé ?

- Tout le monde a dû t'entendre crier, ton talkie était allumé, j'étais juste tout près, c'est tout.

Il s'arrête juste après avoir dit ça et je se retourne violement vers moi.

- Va pas te faire des idées hein !?

Puis il se retourne, cachant son visage écarlate et resserrant encore plus sa poigne sur ma main.

Plusieurs minutes passèrent quand on entendit du bruit autour de nous. Des feuilles qui se froissent et une aura chaude. Je me raidis sur place et m'agrippe à Dellinger.

- C'est lui !

- De quoi tu parles. ?

- Le fantôme ! Je l'ai trouvé c'est pour ça que j'ai hurlé !

- Hein ?

Dellinger vient se coller à moi, sans grande conviction mais mes tremblements ont dû le convaincre. Il balaye les alentours avec sa lampe de poche mais ne…

- Ah ! là ! les yeux rouges !

La lumière de la torche a éclairé les yeux du monstre et cette fois Dellinger est convaincu. Nous nous mettons à courir tous les deux, du plus vite que nous le pouvons. J'oublie que j'ai mal et je fonce pour sauver ma vie.

Mais nous nous retrouvons cernés.

Devant nous le flan de la falaise dont je suis tombée se dresse sans la moindre option de fuite. Derrière, les deux points rouges qui se rapprochent. J'avale bruyamment ma salive et retire ma main de celle de Dellinger avant de me placer devant lui, juste en face du monstre.

- Je vais l'attirer, toi t'en profite pour te tirer !

- Hein ?

- J'ai mal aux jambes, tu pourras courir plus vite que moi.

Il place ses mains sur mes épaules et je sens son souffle dans mon dos.

En face de nous, le monstre se rapproche à vive allure. Il serait bientôt à portée de tir. Note à moi-même : toujours avoir un arc et de flèches avec moi, si je m'en sors je ne me séparerai jamais plus de mon carquois ! Les tentacules du monstre se dessinent de plus en plus nettement et je sens Dellinger trembler derrière moi.

- Maintenant, éclaire-le !

Sous mon ordre, Dellinger braque la petite torche en direction des points rouges et on entend le fantôme râler.

- Baissez-moi ça !

- Hé ?

C'est étrange, le fantôme à la même voix… qu'Alisha.

- Ça va pas de braquer ta torche comme ça ? avec mes lunettes infrarouges c'est comme regarder le soleil directement. J'aurais de la chance si ma vision ne ressemble pas à celle d'un pigeon, après ça.

Puis, le petit puzzle des évènements s'assemble dans ma tête. Les deux poings rouges n'étaient en fait que les lumières sur ses lunettes étranges.

Je baisse les yeux sur les mollets découverts d'Alisha et m'en vais les tâter.

- Ils sont mous.

Le regard d'Alisha se braque sur moi, accroupie entrain d'enfoncer mes doigts dans sa peau.

- Tu veux voir si mes poings sont mous aussi ?

- Vous êtes cinglées !

Dellinger me sort de ma palpation. C'est donc elle que j'ai pris pour un fantôme.

- Qu'est-ce que tu faisais perchée dans les arbres ?! Je demande à la rousse.

- Hein ? … Je surveillais. C'était la meilleure vue pour voir l'infirmerie.

J'arque un sourcil, elle n'est pas du genre à mentir mais plutôt à sélectionner les informations. Il doit y avoir une raison pour laquelle elle surveille l'infirmerie.

- Y' a eu des morts ?

- Non. Enfin pas encore.

J'allais parler quand je la vois me tourner le dos et poser un genou à terre.

- T'es la dernière.

Dellinger m'aide à monter sur le dos d'Alisha et nous partons tous les trois en direction du reste de la classe.

J'entoure de mes bras les épaules d'Alisha, des épaules qui pourraient paraître frêles mais je dirais qu'une grande force sommeil en elle. Elle qui n'est pas beaucoup plus vielle que moi, je suis sûre qu'elle a déjà voyagé dans tant d'endroits, qu'elle est tellement plus libre que moi…

- C'est quoi ça !?

La voix de Dellinger raisonne dans ma tête et je sursaute. Qu'est-ce qui va nous tomber dessus encore ?! Sans dire un mot, Alisha dégaine une lame d'une des poches de son pantalon kaki, le poing serré, elle est parée à tout éventualité. En face, c'est comme si un troupeau de phacochères allait débarquer. J'entends grogner et talonner fortement dans notre direction.

Foutue soirée ! j'en peux plus moi …

- Rahahahahahahahah !

Une tornade rouge jaillit du néant vient fendre l'air et capter les faisceaux lumineux de la lampe de Dellinger.

- Ah ! la sauvage !

Il hurle alors que les yeux d'Akira se braquent dans les miens.

- Lâche mon amie !

Elle est plus sérieuse que jamais et commence à charger, les cheveux constellés de feuilles arrachées aux arbres, sur Alisha qui se met en position. Akira abat son poing qui manque de justesse l'épaule d'Alisha qui a pu esquiver à temps. Elle a retourné sa lame et se tourne, mon poids ne semble pas la gêner dans ses mouvements, elle vise Akira qui saute et roule pour l'éviter. Les deux sont si proches, impossible pour moi de dire qui pourrait l'emporter dans cet affrontement. Mais il faut vite y mettre fin.

- Akira ! c'est bon, je vais bien ! elle m'a sauvé.

Haletante, Akira fixe Alisha sans dire un mot. Les deux filles se considèrent et je vois Akira fixer mes jambes abîmées.

- Qui t'as fait mal ?! La tension ne redescend pas.

Personne, je suis tombée toute seule de la falaise. Dellinger ma rattrapé et Alisha est venu nous ramener à la tour. La mine d'Akira change du tout au tout quand elle comprend que Dellinger m'a aidé, elle affiche à présent une grimace et qui énerve le garçon.

- QUOI !? quelque chose à dire la pouilleuse ?!

- Hahahahaha !

Akira rit à s'en décrocher la mâchoire. Puis elle s'avance vers Alisha.

- Tu m'apprendras à faire ça !?

Akira mime les mouvements d'esquive qu'avait fait Alisha et je sens l'atmosphère retomber et s'adoucir.

- T'as l'air costaud, pourquoi pas.

Sans voir le visage d'Alisha je devine qu'elle doit sourire, personne ne résiste à Akira. C'est donc tous les quatre que nous rejoignons la tour d'arrivée du parcours. Effectivement tout le monde est là. Même Roronoa-san ! Là faut qu'on m'explique ! Ils discutent bruyamment, sans me prêter la moindre attention. Je vois Koza-san et Vivi-san se chamailler tandis que Nami-san peaufine ses techniques d'étranglement sur Vinsmoke-san qui savoure sans retenue.

- C'est bon, je vais descendre, merci Alisha.

- Non, je te dépose à l'infirmerie.

- Je te jure c'est pas …

- J'ai dit.

Alisha accélère aux abords du groupe et se dirige vers une petite tante blanche un peu plus loin.

J'espère que ce n'est pas ça l'infirmerie.

Devant la toile d'ouverture, Alisha marque une petite pause et je la sens hésitante. Puis elle s'avance.

Ah bah si.

Quand je crois que le système éducatif a touché le fond, l'ingéniosité du directeur Garp parvient encore une fois à me surprendre.

L'intérieur de la tente est plus primaire et lacunaire que le cerveau de Bartoloméo. Il n'y a qu'un seul lit (de camp) et des cartons ouverts et déposés sur le sol. Mais bon, après tout pourquoi faire dans le superflu quand le plus important est là.

Marco, les pieds croisés sur son bureau s'est assoupi sur sa chaise, sa tête penchée en arrière laisse son coup à la merci des moustiques.

- Va le réveiller.

Alisha me dépose sur le sol et reste prostrée. Où donc est passée la combattante de tout à l'heure ? Elle me colle un coup de talon dans les jambes, précisément là où j'ai mal.

- Oh , pardon. Mais va quand même le réveiller.

Je sens mes sourcils se froncer devant sa réaction. Un soupir de désespoir plus tard je suis derrière ce drôle d'oiseau dormeur. Ses cheveux blonds frôlent mon t-shirt et je place mes mains sur ses joues. Son visage est si détendu.

C'est intolérable.

Je viens pincer son nez droit et déposer mes doigts sur sa bouche. Le reste ne se fait pas attendre. Marco se réveille rapidement, en sursaut et manque de me coller un coup de boule.

- Lilly !? ça va pas non, oye.

Les cheveux en bataille et les yeux à moitié ouverts Marco retire ses jambes de la table et réajuste sa posture sur sa chaise.

- J'suis tombée.

Je pointe du doigts mes jambes.

- Olà, comment t'as fait pour venir jusqu'ici, oye ?

- Alisha m'a porté. Je réponds en pointant l'intéressée.

- Alish…

Les prunelles de Marco se relèvent et ses cils frôlent ses paupières lorsqu'il voit Alisha, les bras croisés devant l'entrée de la tente.

Marco a voulu reculer trop fort mais cette chaise n'a visiblement pas de roulettes alors il se vautre bruyamment sur le revêtement pourtant en plastique de la tente.

Décidément, c'est la soirée des chutes.

- Euh, salut, oye !

La blouse à moitié retournée, laissant les poches arrière de son jean à découvert, Marco se redresse et s'accoude à la table.

- Salut.

Alisha lève simplement la main. C'est quoi cette ambiance ?

- T'as de l'antiseptique ?

- Pourquoi faire ? Ah oui !

Marco s'en va farfouiller dans un carton et je vois des gouttes de sueur perler sur sa nuque. Il commence à me désinfecter mais je sens que ses mains tremblent un peu.

- Euh, sinon, qu'est-ce qui t'amène dans le coin ?

- J'avais du boulot, elle laisse échapper un soupir de dépit, enfin je croyais…

Les deux commencent à discuter, sans se regarder. L'atmosphère devient de plus en plus lourde. Heureusement que mon espoir écarlate vient y mettre fin. Akira se dirige droit sur moi, ses yeux pétillent et elle me glisse à l'oreille :

- Je t'attends dehors, on doit se dépêcher, y'a visiblement un souci dans les dortoirs.

Elle me fait un clin d'œil.

Qu'est-ce qui pourrait encore se passer de pire ?


Lien pour la fic avec Alisha Nee-san:


Coucou la compagniiiiie !

Nous revoici pour le premier chapitre de ce "joyeux" voyage scolaire ! mouhahahah ! comme vous l'avez vu dans le titre (ou pas XD) c'est destination Water Seven ! hiiihaaa ! et d'ailleurs, qui dit voyage, dit rencontre ! et nous avons le plaisir de vous annoncer que ce chapitre contient notre premier featuring XD vous avez retrouvé le personnage principal d'une autre fic de l'univers One Piece à savoir Alisha de la fin "La trahison est en chacun de nous" écrite par Crazy Rabbit (a.k.a Crazy-Chaaan 3). Ça fait un moment qu'on avait envie de faire un truc toutes ensemble donc si vous ne connaissez pas sa fic, n'hésitez pas à aller faire un petit tour (et tenter le poutoux à Alisha mouhahaha)! Sur ce, je vous laisse à votre lecture ! On se retrouve d'ici 2 semaines pour la suite du voyage scolaire et ... un conseil: préparez vos stock de mouchoirs ... * coucou sanglant*

Prenez soin de vous !