Et voici le nouveau chapitre !
Il est encore plus long que les précédents mais ce qui avait peut-être manqué à certains(es) d'entre vous revient...
Ce dont je parle ? De l'action bien sûr ! Le titre doit vous faire imaginer un certains nombre de catastrophes... Non ?
Bon et bien, j'arrête avec le suspense !
Bonne lecture !
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– Le col du Caradhras –
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Cela faisait déjà plusieurs heures qu'Ondine et Maglor marchaient lorsque le soleil passa derrière les Monts Brumeux plongeant le paysage dans un manteau sombre annonçant la nuit. Dès cet instant, l'elfe se mit directement en quête d'un lieu sécurisé afin de passer la nuit. Cette dernière promettait d'être froide car de la buée sortait de la bouche des deux marcheurs et le vent, pourtant léger, les faisaient trembler de froid. Enfin, c'était plutôt Ondine qui avait froid. Ce n'était uniquement dû qu'à sa faible condition d'humaine, comme ne cessait de lui rabâcher Maglor. Ce rappel, pour le moins casse-pied, ne faisait qu'énerver de plus en plus la jeune fille qui répondait inlassablement à chaque remarque de l'elfe par un : « Tu crois que j'ai choisis d'avoir froid ? » exaspéré. Et à chaque fois, Maglor répliquait comme pour lui-même : « On pourrait se le demander… ». Mais, mis à part ce léger différend, le binôme avançait assez rapidement et avait déjà bien entamé la montée au col.
« Nous nous arrêterons ici cette nuit ! déclara Maglor en quittant le chemin pour s'aventurer dans une sorte de petite faille entre deux rochers.
- Mais, c'est minuscule ! s'étonna Ondine.
- Il s'agit du seul endroit un minimum confortable et au sec avant que la neige ne nous gèle les os, répliqua l'elfe avec véhémence. Si ça ne te va pas, je te laisse choisir le lieu de campement.
- Non c'est bon… soupira la jeune fille en s'immisçant dans la faille.
Après quelques pas entre les deux rochers, ces derniers s'écartaient pour former une combe abritée couverte d'herbe. L'espace y était plus grand qu'il n'y paraissait au premier coup d'œil, et des pans rocheux protégeaient les côtés de l'espace.
- Ce n'est pas si petit, hein ? lâcha Maglor taquin en rejoignant l'adolescente.
- Oui. Ça va… répondit Ondine un petit sourire aux lèvres.
- Bon… Il va nous falloir du bois mort pour faire du feu. Les nuits sont fraîches.
- Oui chef… sourit la jeune fille en commençant à recueillir des branches qui traînaient par terre.
Une fois un tas de bois suffisamment élevé pour que Maglor ne fasse qu'une moue dubitative quant à la quantité. Ils allumèrent un feu de camps et grignotèrent un peu de lembas. Le goût était un mélange entre un biscuit sec et du pain non levé. Mais, il n'en restait pas moins que c'était très nourrissant et délicieux.
Une fois leur repas terminé, Ondine aborda alors le sujet que son compagnon de voyage avait délicatement évité durant tout le chemin :
- Que t'est-il arrivé depuis la nuit où je suis partie pour le Bois Doré ?
- Je n'ai pas envie d'en parler… répondit l'elfe évasif. Il ne m'est rien arrivé d'incroyable…
- Tu as disparu pendant plus de deux mois, et je t'ai vu dans le Miroir de Galadriel… Tu semblais poursuivi par je ne sais quoi… Et ton épée était sur le point de se briser ! le coupa l'adolescente. Et là, tu reviens l'air de rien en disant qu'il ne s'est rien passé… Si tu crois que je vais me contenter d'un résumé pareil, tu te fourres le doigt dans l'œil jusqu'au coude.
La tirade de la jeune fille souffla Maglor, qui ronchonna contre l'entêtement des enfants, mais il accepta bon gré mal gré de raconter ce qui lui était arrivé.
- Tout a commencé, démarra-t-il…
- Tu es obligé de commencer par cette formule ? le taquina Ondine.
- Tu veux que je t'explique ce qui m'est arrivé ou non ?
- Oui, pardon… Continue.
- Lorsque tu es partie sur le dos d'Aldor, j'ai pris mon épée et j'ai attiré les orcs vers le Sud-Est, soit à l'opposé de ta destination. J'ai commencé par courir aussi bruyamment et rapidement que possible pour les attirer, et lorsqu'ils m'ont rattrapé, je les aient combattus. J'avoue que le combat n'a pas été aisé, mais aucun n'a réchappé au massacre.
A ces mots, la jeune fille fouilla dans le sac emporté de la Lorien et en sortit une couverture dans laquelle elle s'emmitoufla avant de laisser Maglor continuer son histoire.
- Une fois seul, j'ai empilé les cadavres et je les aient brûlés. Puis, je suis retourné au bosquet et j'ai ramassé le peu d'affaires que nous avions. Ensuite, j'ai beaucoup hésité entre te rejoindre et te laisser seule. J'ai finalement attendu le jour pour aller jeter un œil à la forêt. Le lendemain, lorsque je suis arrivé, j'ai trouvé des traces de sang à l'entrée de la forêt et des traces d'orcs partant vers le sud. Je les aient donc suivies pendant plus d'une semaine. Mais, ils ont dû sentir ma présence car ils m'ont tendus une embuscade. Je n'en ait réchappé que de peu… Après cela, vu que je n'étais plus si loin de la Trouée du Rohan, j'ai eu pour idée de me rendre à la Vallée Cachée. Mais, en traversant la Trouée, je suis tombé sur une importante patrouille d'orcs qui empêchaient quiconque de traverser. Lorsqu'ils m'ont vu, ils m'ont reconnu car ils portaient sur eux les références de la mise à prix de ma tête. Il m'ont poursuivi et j'ai été forcé de fuir. Et ma fuite a duré plusieurs semaines, je ne sais combien de temps exactement. Ce qui m'a surpris a été leur ténacité… Ils n'ont jamais cessé de me poursuivre. J'ai été plusieurs fois obligé d'en combattre certains qui couraient plus vite que leurs congénères. Ce n'est qu'en arrivant en Rohan que je suis tombé sur une troupe de cavaliers qui les a tous massacrés jusqu'aux derniers. Ce qui m'a surprit à été que le nouveau roi Thengel menait le groupe.
- C'est si surprenant ? demanda Ondine.
- Les rois humains ne mènent presque jamais des excursions aux frontières. Des soldats ont généralement la charge de le faire.
- Il en avait peut-être assez du poids de la charge qui lui incombait… suggéra la jeune fille en remuant une branche dans le feu afin de le raviver.
- Il n'est sur le trône que depuis un an… Enfin, d'après les villageois du village que nous avons traversé, ajouta-t-il dubitatif. De fait, le roi menait la charge et m'a en quelque sorte sauvé la vie.
- Et après ?
- Il est reparti avec sa troupe et, j'ai décidé de retourner vers le Bois Doré.
- Et c'est tout ? demanda l'adolescente surprise par la fin. Ça t'as pris deux mois ?!
- Oui… Les distances que j'ai parcourues sont bien plus grandes qu'il ne semble. De plus, j'ai perdu quelques temps à chercher de quoi manger car les provisions que nous avions n'étaient pas faites pour tenir deux mois.
- D'accord… accepta Ondine en baillant. Merci de me l'avoir raconté.
Sur ce, elle s'allongea près du feu et s'endormit. Non loin d'elle, Maglor sourit doucement et remit remonta la couverture de la jeune fille sur ses épaules pour ne pas qu'elle attrape froid. Enfin, en gardant un œil sur elle, il parti faire un tour de garde. Au-dessus d'eux, le ciel était d'une clarté rare en cette saison et les étoiles illuminaient le ciel. L'elfe leva le regard vers les étoiles et murmura comme à l'attention de ces dernières :
- Je sais que tu veilles sur elle… Alors, protège-la si je suis incapable de le faire.
Comme en réponse, une étoile scintilla un instant plus fort, plus tout revint à la normale.
Le lendemain, Ondine fut réveillé par Maglor alors qu'il ne faisait pas encore jour.
- Il faut y aller, la route est longue et la neige fond en cette saison.
- J'arrive.
Les deux amis rangèrent leurs affaires et reprirent leur ascension. Comme l'avait dit l'elfe la veille, il n'eurent pas marché une heure que la neige recouvrit tout et que le froid ne les saisissent de plus en plus les transformant en glaçons.
Ils peinèrent de longues heures dans la neige dont l'épaisseur ne faisait qu'augmenter. Heureusement, la neige était assez solide pour que ni Maglor ni Ondine ne s'enfoncent. Cette chance leur permit de ne pas perdre de temps, et ils atteignirent le sommet du col deux jours plus tard.
Vu d'en haut, il y avait tant de brouillard et la neige qui tombait était si drue qu'ils ne pouvait pas voir plus loin que quelques pas devant eux. Leur progression en fut alors ralentie, mais les deux aventuriers restaient positifs. Le col était passé, et techniquement le plus dur était fait.
En effet, plus ils descendaient, plus la neige se faisait fine, et plus la température augmentait. Lorsque le sommet enneigé fut loin derrière eux et qu'Ondine put enfin retirer la dernière couche de tissus qui l'enveloppait pendant toute la traversée, la jeune fille ne put s'empêcher de faire la remarque en rigolant :
- Et toi qui redoutait une avalanche…
- Il est extrêmement rare que la traversée du Caradhras soit aussi aisée.
- Nous avons peut-être une bonne étoile qui veille sur nous… lui répondit l'adolescente en rigolant.
- Tu ne crois pas si bien dire… soupira l'elfe pour lui-même.
Mais, Ondine l'entendit et réagit :
- Tu crois vraiment qu'une étoile nous a protégé de la montagne ?
- Ton pendentif est bien lié à Varda non ? répliqua-t-il.
A ces mots, l'adolescente se jeta sur lui et lui plaqua une main sur la bouche.
- Galadriel m'a conseillé de ne pas en parler. Les serviteurs de l'Ennemi sont imprévisibles et partout. Ils ne doivent pas savoir… souffla-t-elle en surveillant les alentours.
- D'accord… Pas de panique. Tout va bien, il n'y a pas un rat dans les environs, s'excusa Maglor en éloignant la main de la jeune fille de sa bouche. Nous devrions continuer notre route, sauf si tu préfères attendre la nuit.
Rassurée, Ondine fit rapidement quelques pas en arrière pour s'éloigner de l'elfe. Et se remit à marcher à ses côtés. Lorsque le soleil commença à descendre vers l'horizon, Maglor décida qu'il était temps de s'arrêter et, comme à leur habitude ils posèrent leurs affaires, et gardant leurs armes, ils se séparèrent pour trouver du bois. Ils se trouvaient sur un surplombs et un bois poussait à quelques pas du campement.
En traversant les bois, la jeune fille ramassa une quantité de bois suffisante pour faire un bon feu qui tiendrait toute la nuit. Mais, alors qu'elle était sur le point de sortir de la forêt, des traces sur le sol attirèrent son attention. Posant son fardeau sur le sol, l'adolescente se pencha et étudia les marques laissées dans la boue. Si elle suivait ce que lui avait apprit Haldir, ces traces appartenaient à un orc et ne devaient pas dater de plus de quelques heures. Voir même moins…
Soudain attentive et alerte, Ondine releva la tête afin de prévenir Maglor, lorsqu'un mouvement sur sa droite la fit réagir. D'un seul coup, elle dégaina ses dagues et les plaça devant elle de manière à bloquer l'épée qui descendait sur elle, mortelle.
Le choc fut rude mais la jeune fille soutint le coup. D'un coup de pied, elle envoya rouler son assaillant plus loin, et se précipita sur le surplombs en appelant l'elfe à l'aide. Ce dernier jaillit des bois et rejoignit l'adolescente épée au poing.
- Qu'y a-t-il ?
Ondine n'eut pas le temps de répondre qu'une troupe d'orcs armés jusqu'aux dents sortit à son tour de la forêt. A la vue des combattants, Maglor lâcha un juron si horrible qu'en d'autres circonstances la jeune fille l'aurait repris en rigolant. Mais la situation était grave et la vingtaine d'orcs qui leur faisait face n'étaient pas des enfants de chœur.
Lorsque ceux-ci se jetèrent sur le binôme, Ondine cessa de réfléchir et se jeta dans la mêlée. Comme de nombreuses fois auparavant ses dagues s'activèrent et l'adolescente devint une machine à tuer virevoltant entre les orcs les tuant un à un. Du coin de l'œil, elle pouvait voir son ami qui semblait s'en sortir parfaitement. Les premières minutes de combat furent aisés, mais au bout d'un temps plus court que d'accoutumé l'adolescente se sentie faiblir et elle commença à faire des erreurs. Une première blessure lui fut faite sur le flan droit, mais elle n'était que bénigne et la jeune fille ne la sentie presque pas.
Sentant qu'elle perdait le contrôle de la situation, Ondine se mit quelques temps à l'écarts afin de souffler. Il était clair que l'elfe et elle étaient fatigués par leur longue marche et les orcs étaient frais et étaient en supériorité numérique. Ne voulant pas laisser Maglor seul trop longtemps face aux cinq orcs restants, l'adolescente reprit ses esprits et se jeta à nouveau dans la mêlée. Elle n'eut pas donné quelques coups qu'une masse sombre arriva par son angle mort et une épée s'abattue sur elle. Ondine n'eut que le temps de pousser un cri de surprise avant qu'une lumière éclate partant du collier qu'elle portait et qu'elle ne se sente partir.
Lorsque la lumière s'éteignit, la jeune fille se trouvait dans une ruelle vide. Elle était retournée sur Terre, et l'orc qui avait tenté de la tuer était resté en Terre-Du-Milieu. L'adolescente se détendit, elle était en sécurité. Mais l'image de Maglor en train de se battre lui revint en mémoire. Elle ne pouvait pas le laisser seul !
Paniquée, Ondine mit la main sur le pendentif et pensa très fort à son ami. Sans succès…
- Comme fonctionnes-tu ? s'énerva-t-elle.
Evidemment, le collier ne lui répondit pas. Énervée et stressée pour son ami, l'adolescente poussa un cri de rage.
- Il va falloir que je trouve le moyen d'y retourner par moi-même… se dit-elle.
Rengainant ses dagues et cachant ses armes de son mieux sous sa cape, elle s'aventura dans la rue passante à laquelle la ruelle, dans laquelle elle était arrivée, était reliée. Ondine essaya de se faire le plus discrète, mais c'était assez complexe… Il lui était impossible de cacher son arc et son carquois rempli à ras-bord de flèches, et sa cape aux couleurs particulières attirait l'attention.
Heureusement pour elle, la jeune fille reconnaissait les lieux. Elle se situait à quelques rues de son ancien collège, et elle se mit en tête de rejoindre l'école.
En marchant, elle se rendit compte que techniquement elle avait disparue pendant presque un an et que des avis de recherches à son nom avaient dû être placardés. Pourtant, un détail attira l'attention d'Ondine. Alors qu'en Terre-Du-Milieu la nuit était sur le point de tomber, sur Terre il faisait encore grand jour et il ne devait être que le début de l'après-midi. En s'engouffrant dans une rue menant au collège, un courant d'air souffla faisant voler les cheveux de l'adolescente. Un peu plus loin, un passant qui tenait un journal le lisait tranquillement assis sur un banc au soleil. Ondine s'approcha de lui et lui demanda :
- Excusez-moi…
- Oui, répondit le concerné levant le nez de son journal. Plissant les yeux en remarquant que la mineure qui lui parlait portait une cape et un arc.
- S'agit-il du journal du jour ?
- Oui, pourquoi ?
- Pouvez-vous me donner la date du jour ?
- Euh… Oui…
Il jeta un coup d'œil à la couverture et annonça :
- Nous sommes le 30.
- De quel mois ?
- Nous sommes en mai…
- Quelle année ? le pressa Ondine.
- Mais 2019 voyons… D'où sortez-vous ? demanda l'homme.
- Vous ne me croirez jamais… répondit la jeune fille en s'éloignant en courant.
Le passant regarda partir l'adolescente en se demandant de quelle planète elle avait bien pu tomber pour être accoutrée de la sorte, armée, et ignorante de l'année. Il replongea le nez dans son journal et tourna la page. Son regard tomba aussitôt sur une photo en noir et blanc accompagnée d'un titre imprimé en caractères gras : Ondine, jeune fille disparue depuis dix jours. Et quelques lignes plus loin dans l'article, il était stipulé que l'adolescente avait disparue suite à un accident, et que les dernières personnes à l'avoir vue avaient aperçu un homme habillé de noir la suivre. Depuis, il n'y avait plus eu un seul signe de vie de sa part. En regardant de plus près la photo qui accompagnait le texte, l'homme reconnu la jeune fille qui venait de lui parler.
Se levant d'un seul coup, il tourna la tête vers la direction que l'adolescente avait prise, mais elle n'était plus là. Soudain, une voix froide retentit dans son dos :
- Auriez-vous vu passer une jeune fille habillée d'une cape et armée d'un arc ?
- Oui, elle et partie par là… répondit-il en pointant du doigt la direction qu'Ondine avait emprunté. Vous la connaissez ? ajouta-t-il en se retournant.
Mais, en apercevant son interlocuteur sa voix mourut dans sa gorge. Celui qui lui parlait était l'homme en noir décrit par l'article. Prit de panique, l'homme recula de quelques pas en disant :
- Si vous lui cherche des ennuis, laissez-la tranquille.
- C'est toujours pareil… Vous essayez d'être courageux mais tout ce à quoi vous servez, c'est de témoin, répliqua l'ombre noire qui lui faisait face. Et les témoins sont gênants.
Sans ne rien ajouter, il dégaina une épée et passa la lame en travers du corps de l'humain qui lui faisait face. L'homme bascula sur le côté, mort. Et sans un regard ni un mot, il retira son arme du corps de l'individu et reprit sa traque.
De son côté, Ondine continuait son chemin en se demandant comment presque un an dans un autre monde pouvait n'être qu'une poignée de jours ici. A force de se tourner la tête avec sa question, elle en vint à la conclusion que le temps ne devait pas s'écouler de la même façon dans un monde que dans un autre. Perdue dans ses pensées, la jeune fille ne fit pas attention à la direction qu'elle prenait, et ce qui devait arriver arriva…
L'adolescente heurta une personne s'étourdissant à moitié. Sous le choc, Ondine fit quelques pas en arrière, mais elle reprit rapidement ses esprits et découvrit quelque chose qui la surprit. Sans qu'elle ne s'en soit rendue compte, ses pas l'avait menée jusqu'à son ancien collège et elle venait tout juste de percuter sa professeure de français lorsqu'elle était en troisième. Cette dernière était d'ailleurs en train de ramasser une pile de copies qui étaient tombées lors de l'impact.
Désolée, la jeune fille se pencha et ramassa une partie des feuilles qu'elle tendit à la prof en guise d'excuses. Celle-ci leva les yeux et son regard croisa celui d'Ondine, et de la surprise se lu dans ses yeux.
- Ondine ? C'est bien toi ?
- Oui, c'est moi… répondit l'adolescente gênée, en replaçant une mèche rebelle de ses cheveux derrière son oreille.
- Mais… Tu as disparue depuis une dizaine de jours ! Comment ? Où étais-tu ? Tu es… armée ?
- Ce serait trop long à expliquer… Et vous ne me croirais jamais, répliqua la jeune fille ne voulant pas commencer à s'étendre sur le sujet sensible.
- Y a-t-il un moyen pour moi de t'aider ?
- D'une certaine façon, oui…
- Comment ?
- Si je vous le dis, il va falloir me croire et ne pas me prendre pour une folle. Je n'ai rien inventé…
Les yeux de son interlocutrice se plissèrent s'attendant à une révélation des plus surprenante.
- Bon, pour faire simple j'ai involontairement basculé dans un autre monde, je me suis retrouvée emprisonnée pendant plus de six ou sept mois, puis je me suis échappée, je me suis rendue dans un village, mais j'ai du fuir… Ensuite je me suis rendue chez des elfes où j'ai découvert que j'étais censé trouver la fille disparue de leurs Seigneurs. Enfin, j'ai traversé un col enneigé et en redescendant on s'est fait attaqué par des orcs et je me suis retrouvée ici à nouveau. J'ai découvert que ce qui pour moi a été environ un an, n'a fait que dix jours pour vous, et je dois absolument retourner là-bas car mon ami y est en train de combattre et je ne veux pas le laisser seul…
Épuisée par sa tirade, l'adolescente reprit sa respiration en guettant les réactions de son ancienne prof. Celle-ci semblait choquée ou déstabilisée…
- Je ne sais quoi penser…
- C'est insensé, j'ai eu du mal à y croire moi-même. Je n'ai aucune preuve de ce que je suis en train de vous raconter, je n'ai que ma parole.
- Je te crois… C'est juste…
- Déstabilisant ? Totalement… Mais, il faut absolument que j'y retourne, et je ne peux pas demander à la police ou ils vont me prendre pour une folle. Que dois-je faire à votre avis ?
- Déposer les armes et mourir comme tu aurais dû, il y a bientôt un an, répondit simplement une voix froide et glaciale qu'Ondine aurait préféré ne plus jamais entendre.
Pour seule réponse, l'adolescente se figea puis, d'un seul geste fit glisser son arc le long de son épaule, attrapa une flèche dans son carquois, l'encocha et se retourna en le bandant, la pointe de la flèche dirigée vers le torse de l'homme en noir qui avait faillit la tuer un an plus tôt.
- Si vous faîtes un pas de plus, cette flèche vous transpercera le torse, répliqua froidement Ondine.
- Tu sais peut-être te battre maintenant, mais tu ne peux pas la protéger en même-temps… la prévint-il impassible. Tu ne peux me tuer…
- Si, dans ce monde vous êtes aussi mortel que tous les êtres y vivant, lâcha la jeune fille hargneusement. La dernière fois, vous avez faillit me tuer, mais cette fois ce ne sera pas aussi facile.
Un silence accueillit sa mise en garde, pendant laquelle Ondine ne lâcha pas du regard son adversaire. Les yeux toujours rivés sur son assaillant, l'adolescente s'adressa à son ancienne prof qui était restée figée derrière elle dépassée par les événements.
- Entrez dans le collège et mettez-vous en sécurité. Je me charge de lui…
Sans s'opposer, la professeur de français traversa le passage piéton qui les séparaient du collège et s'apprêta à pénétrer dans l'établissement. Mais, avant de rentrer dans l'accueil elle se retourna et annonça :
- Je vais prévenir la police. Ils seront ici d'ici quelques minutes… Penses-tu pouvoir le battre ?
- Personne n'a jamais réussi… eut-elle pour seule réponse avant que la jeune fille ne décoche sa flèche et qu'elle dégaine deux dagues.
Alors, la professeure pénétra dans le bâtiment. A l'intérieur, elle s'empara d'un téléphone et composa le numéro de la police. Un commissaire décrocha et à cria presque dans le combiné :
- J'ai retrouvé Ondine… Elle est en danger, venez vite !
Elle n'entendit que quelques ordres jetés et une sirène de police se fit entendre. Mettant le haut-parleur et gardant le téléphone à porté de main, elle se jeta contre la vitre ayant peur pour son ancienne élève.
Cette dernière faisait preuve d'un sang-froid remarquable qu'elle ne lui connaissait pas lorsqu'elle était élève. Et pourtant, il y avait de quoi avoir peur… Son assaillant venait de dégainer une épée couverte… de sang. Malgré la distance les séparant et la vitre coupant la plupart des sons, l'adulte vit clairement Ondine se crisper, puis se jeter sur son assaillant ses deux armes dans chaque main.
La suite se passa comme dans un film… Les deux combattants commencèrent à échanger des coups de plus en plus violents et complexes. Alors que la jeune fille semblait effectuer une danse mortelle aussi insaisissable que le vent, son adversaire semblait être une force de la nature. Il possédait une technique et une force sans équivalent et l'adolescente était régulièrement obligée de parer ou d'esquiver. Mais, on pouvait clairement voir qu'Ondine était fatiguée et que plusieurs blessures, qui n'étaient pas visibles au premier coup d'œil, réapparaissaient et se ré-ouvraient.
Au fur et à mesure du combat, les passants s'éloignaient ou appelaient la police. A un moment, Ondine força son adversaire à se rendre sur la route. Heureusement, cette rue n'était presque jamais fréquentée par des véhicules.
Soudain, une sirène de police se fit entendre et un fourgon accompagné de deux voitures déboulèrent dans la rue. Ils ne virent pas directement les combattants, car ils étaient cachés par deux voitures et se battaient sur une place de parking. Les deux voitures de police s'arrêtèrent et des policiers en sortirent armés, pistolets braqués devant eux. Le camion quant à lui ne s'arrêta pas, le chauffeur voulant probablement trouver une place pour se garer.
A cet instant, Ondine était dos à la route et en mauvaise posture. Et là, le drame… Comme dans une scène passée au ralentie, l'assaillant de la jeune fille donna un grand coup de pied à l'adolescente la faisant reculer de plusieurs pas sous l'impact. Celle-ci recula jusqu'au milieu de la route et le camion n'eut pas le temps de s'arrêter. Ondine tourna la tête et vit le véhicule lui fonçant dessus sans possibilité d'arrêt. Elle tendit son bras dans une tentative désespérée pour se protéger, une lumière blanche jaillit de nulle part et lorsque cette dernière s'éteignit, à la place de la jeune fille il n'y avait plus rien. Juste une petite trace de brûlé sur le goudron.
Ondine sentit ses pieds toucher à nouveau le sol et, lorsque la lumière s'éteignit elle se retrouvait à nouveau sur le surplomb. En face d'elle, Maglor abattait le dernier orc. Retirant son épée du corps de l'orc, l'elfe leva les yeux et du soulagement se lu sur son visage. Mais ce visage souriant et victorieux disparu d'un seul coup et il cria :
- Derrière toi !
Mais, il était trop tard… La jeune fille sentit l'acier d'une lame la transpercer et une pointe d'épée jaillie de son côté gauche. Un orc s'était immiscé dans son dos lorsqu'elle était revenue et l'avait empalé sur son arme.
La douleur vint aussitôt et submergea l'adolescente. Elle se sentit d'un seul coup faible et le moindre mouvement même respiratoire lui semblait être une tâche impossible. Son attention faiblit d'un seul coup et Ondine ne vit qu'à peine une flèche voler juste au-dessus de son oreille faisant voler ses cheveux. Un bruit mat dans le dos de la jeune fille lui fit savoir que la flèche avait atteint sa cible. L'épée plantée par derrière elle se retira et l'adolescente chuta sur les genoux en hurlant de douleur.
Alors que sa conscience s'étiolait, Ondine sentit des bras l'attraper et la voix de Maglor de plus en plus distante de rester éveillée. Mais c'était au-dessus de ses forces. Doucement, la jeune fille laissa les doigts glacés de l'inconscience l'emmener. La dernière image que l'adolescente vit fut le visage paniqué de Maglor. Puis, tout devint noir.
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Bon là... C'est cuit... Je vais définitivement me faire tuer pour cette fin de chapitre.
Je sais. Ça craint !
Mais pas de panique, ce n'est pas la fin de la fic et Ondine n'est pas encore morte.
Bon, sur ce... A la prochaine !
