Hello ! J'espère que vous avez tous et toutes passé une bonne semaine !

Je vous poste le chapitre vingt avec un peu de retard mais j'ai terminé de le corriger tard hier soir, donc je préfère le poster maintenant !

Réponse aux reviews :

naruhina2 : merci pour ton commentaire ! Je suis vraiment contente que ce chapitre t'ait plu !

Lilie58 : j'ai moi aussi hâte d'écrire cette scène ! J'espère que tu seras satisfaite lorsque tu la liras, en attendant j'espère que ce chapitre te plaira !

Nessie C-Black : oui, la fin approche lentement alors tout s'accélère ! Les révélations arrivent petit à petit, à commencer par celle de ce chapitre !

Bonne lecture !


Marinette ouvrit lentement sa paupière droite, puis la gauche, et fut frappée par les rayons du soleil qui erraient dans la pièce. L'astre était déjà haut dans le ciel, prouvant que la matinée était déjà bien avancée. Un sourire se dessina sur le visage de la jeune fille en apercevant un bras musclé et halé entouré autour de sa taille. Les évènements de la veille lui revinrent alors en mémoire, faisant naître une tension désormais familière dans son bas-ventre.

Elle ressentait une fatigue particulière, un savant mélange entre un épuisement trop intense pour être réellement perçu et la sensation d'avoir récupéré toutes les heures de sommeil qu'il lui manquait ces derniers temps. Son corps était courbaturé et éreinté mais son esprit semblait avoir fait peau neuve durant la courte nuit qu'elle avait passé.

Marinette se retourna doucement dans les bras d'Adrien, laissant courir ses yeux sur son visage endormi. Il semblait si tranquille, si paisible, si loin de tous leurs problèmes et leurs inquiétudes.

— Hey, murmura-t-il, les paupières toujours closes.

Un sourire étira les lèvres du jeune homme qui ouvrit finalement les yeux, révélant des iris plus verts que jamais. La même expression que celle de Marinette — un visage fatigué mais heureux — se dessinait sur ses traits.

Elle s'approcha lentement de lui, appuya tendrement ses lèvres contre les siennes dans un baiser qui s'apparentait plus à une caresse et posa sa tête contre son torse, savourant la chaleur de sa peau et les battements calmes et réguliers de son cœur.

Adrien laissa courir sa main dans ses cheveux, se perdant dans ses mèches noires interminables, savourant un maximum ce moment, ce bonheur qu'il ressentait, cet amour qui l'inondait.

— Tu fais quelque chose aujourd'hui ? demanda-t-elle d'une voix rauque.

Les doigts du lycéen descendirent le long de son dos, caressant sa colonne vertébrale, dégringolant jusqu'à son flanc, semant des frissons sur la peau de Marinette au passage.

— J'ai un shooting cet après-midi, soupira-t-il en continuant l'avancée de sa main.

Elle hocha doucement la tête, connaissant les raisons pour lesquelles il ne dirait jamais à son père qu'il voulait arrêter toutes ces séances photos, ne plus participer à toutes ces campagnes publicitaires et ne plus voir toutes ces affiches de lui en plein Paris. Peu importait à quel point Gabriel pouvait être une énorme source de déception à ses yeux, Adrien ne voulait pas en être une aux siens.

— Et toi ?

— Je vais probablement voir Alya... répondit-elle, un sourire dans la voix.

Il éclata de rire, resserrant l'emprise de son bras autour de son corps.

— Tu vas tout lui raconter ? murmura-t-il à son oreille.

Un frisson parcourut le dos de Marinette qui sentit ses nerfs s'enflammer face au souffle d'Adrien qui lui chatouillait le visage.

— Peut-être pas tout, non, susurra-t-elle sur le même ton. Mais je suis sûre que tu feras la même chose avec Nino à la minute où je partirai.

Adrien haussa les épaules, reprenant la course de ses doigts le long de sa peau.

— Touché, chuchota-t-il en attrapant son menton.

Marinette redressa le visage vers lui, rencontrant son regard dans lequel brillait une leur amusée. Ses yeux dérivèrent vers ses lèvres redressées en un sourire espiègle dont elle rapprocha doucement — très doucement — sa bouche.

Adrien rompit brusquement la distance entre leurs visages, plaquant ses lèvres contre les siennes dans un baiser qui les fit soupirer d'aisance. Leurs bouches s'emboitaient parfaitement, leurs caresses s'accordaient totalement et leur cœur battaient à un rythme rigoureusement similaire.

Marinette rompit le baiser, reprit sa respiration en posant son front contre celui d'Adrien et fit doucement passer ses mains le long de ses bras.

— Il faut que j'y aille.

Sa voix était essoufflée et désireuse, ce que le jeune homme décela tout de suite.

— Tu peux rester un peu...

Alors qu'il se rapprochait à nouveau, Marinette posa son doigt contre ses lèvres, laissant les siennes se redresser en un sourire amusé.

— Je pourrais, mais on sait très bien comment ça va finir, ria-t-elle en se redressant.

Un drap était plaqué sur sa poitrine dénudée, ses cheveux cascadaient le long de son dos et le bleu de ses yeux ressortait plus que d'habitude, mis en avant par cette flamme qui brûlait dans son regard.

— Tu veux dire que tu ne pourrais pas résister à mon charme irrésistible si tu restais, assura-t-il.

Marinette haussa un sourcil, pensant qu'il n'avait pas tout à fait tort — qu'il avait même franchement raison. Mais c'était mal la connaître de croire qu'elle allait l'admettre.

Alors, elle plissa ses yeux, laissa délibérément — on ne pouvait pas faire plus intentionnel — tomber le drap qui la préservait jusqu'ici d'une nudité totale et se mordilla exagérément les lèvres.

Adrien déglutit péniblement, et même s'il essayait de masquer son trouble, sa fascination pour Marinette était autant visible que le nez au milieu de la figure. Elle lui offrait une vision de son dos fin et musclé, et les yeux du jeune homme furent bien vite ancrés au niveau de la chute de ses reins. Ces mêmes yeux s'écarquillèrent lorsque Marinette se leva, dévoilant son corps tout entier.

Positionnée de profil, elle lui procurait une vue de ses courbes de telle sorte qu'Adrien sentit son sang affluer bien trop rapidement dans son bas-ventre et ses joues se parer de rouge. Elle tourna finalement la tête vers lui, le regard innocent et les lèvres redressées jusqu'aux oreilles.

— Tu...

Marinette éclata de rire avant de se rhabiller, les yeux d'Adrien toujours rivés sur elle.

— Je pense que ce serait plutôt toi qui ne pourrais pas résister à mon charme irrésistible, chaton, murmura-t-elle, désormais en sous-vêtements.

Adrien se laissa tomber contre le matelas en grognant.


Quelques heures plus tard, l'après-midi était déjà bien entamé. C'était la première journée ensoleillée de l'année, ce qui semblait étrangement aller de pair avec l'état d'esprit de Marinette, qui avait les pensées claires et sereines pour la première fois depuis trop longtemps. Installées sur le lit de la jeune fille, elle et Alya bavardaient avec enthousiasme, évoquant le Ladyblog, qui marchait toujours aussi bien qu'il y a trois ans, de leur dernière année scolaire qui s'écoulait à une vitesse folle, de leurs projets d'études supérieures. Mais bien vite, le sujet Adrien fit abordé, et, lorsque Marinette évoqua les évènements de la nuit dernière — sans s'attarder sur le passage de son cauchemar où Chat Noir perdait la vie, évidemment — Alya extériorisa très explicitement sa satisfaction.

— Enfin ! cria-t-elle en levant un poing victorieux.

Marinette ne put qu'émettre un éclat de rire, amusée par l'attitude de son amie.

Se laisser aller, arrêter de penser au Papillon, ne pas se poser des dizaines de questions par seconde, tout cela lui faisait un bien fou.

— Alors ? murmura Alya en se rapprochant d'elle. C'était bien ? demanda-t-elle en haussant un sourcil.

— Alya ! grogna-t-elle.

— Donc c'était bien, sourit-t-elle en plissant les yeux.

Marinette ne put qu'imiter l'expression de sa meilleure amie, les joues rosies et le cœur battant au souvenir des dernières heures.

Vraiment bien, laissa échapper la jeune fille, le regard perdu dans le vague.

Alya fut surprise par la réplique de Marinette, mais se contenta de sourire d'autant plus, touchée par le visage serein et heureux de sa camarade. Bien sûr, elle n'était pas étrangère à ses dernières préoccupations — bien qu'elle ignorait leur nature. Les moments d'absence, les yeux cernés, la mine préoccupée et les sursauts à chaque objet qui tombait n'avaient pas échappé à Alya, qui était réellement inquiète pour sa meilleure amie.

Alors, voir un moment de répit dans le tourment qui semblait se jouer dans son esprit lui donnait à elle aussi un instant d'accalmie.

— Ça fait du bien de te voir aussi heureuse, déclara Alya.

Marinette releva la tête et plongea son regard dans les yeux ambrés de la lycéenne. Elle pouvait y déceler le miroir de sa propre inquiétude, et sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Si seulement elle pouvait partager toutes ses questions sans réponses sur son don, ses théories abracadabrantes sur l'identité du Papillon et ses peurs sur son prochain combat en tant que Ladybug.

Pourquoi tout devait toujours être aussi compliqué ?

Elle avait mis des années à concrétiser sa relation avec Adrien, sa relation avec Chat Noir, des années à prendre confiance en elle en tant que Marinette autant que sous son apparence de super-héroïne, des années à se rendre compte que son camarade de classe dont elle était amoureuse depuis sa préadolescence et son coéquipier depuis le début de toute cette aventure étaient la même personne. Et il lui restait tant de choses à découvrir, à expérimenter, à subir et à vivre. C'était frustrant et surtout très dur de ne pas partager toute une moitié de sa vie — voire plus, étant donné que son statut de protectrice de Paris empiétait désormais largement sur sa vie de lycéenne ordinaire — avec sa meilleure amie.

— Je suis désolée, murmura-t-elle.

Alya pencha la tête, et Marinette fut étonnée de déceler un sourire sur son visage. Un sourire rassurant, entendu, bienveillant et compréhensif.

— Ne le sois pas.

La jeune fille fronça les sourcils, dépassée par l'incroyable tolérance dont pouvait faire preuve sa meilleure amie. Bien sûr, c'était son rôle, et une de ses qualités premières, mais Marinette restait intriguée. Elle lui cachait tellement de choses, lui omettait tellement d'éléments, lui mentait tellement souvent qu'Alya s'en était forcément rendu compte.

C'était une certitude.

Alors, pourquoi ne creusait-elle pas plus ? Pourquoi ne cherchait-elle pas à connaitre la vérité, alors que son amie lui confessait explicitement ses remords ?

Le sourire d'Alya ne se fit que plus grand. Ses yeux pétillaient de malice et, en un instant, Marinette comprit.

Elle comprit tout.

— Tu...

La bouche entrouverte, les yeux écarquillés et les sourcils haussés, les mots ne voulaient pas se former, la phrase, qu'elle savait pourtant vraie, ne voulait pas franchir la barrière de ses lèvres.

Elle savait. Alya savait.

Elle savait qu'elle était Ladybug.

— Comment... ?

Elle se redressa, et bien vite l'espièglerie de son regard se changea en une lueur bien plus sérieuse.

— J'ai des soupçons depuis longtemps mais j'en suis sûre depuis... un an peut-être, expliqua-t-elle d'une voix tranquille.

Marinette n'essaya même pas de cacher sa stupéfaction.

Un an.

— Pourquoi... ?

Les mots ne voulaient pas se former correctement, le cerveau de la jeune fille ne semblait pas encore remis de cette inattendue et déroutante découverte.

— Parce que ton identité est censée rester secrète, et que je ne voulais pas te forcer à me le dire. Tu as bien assez de problèmes à gérer sans que je vienne en rajouter ! Je sais que tu ne gardes pas tout ça pour toi par envie et que c'est pour me protéger, alors je t'ai protégée aussi, à ma manière.

Marinette sentit les larmes lui piquer les yeux, et une boule se former dans sa gorge. Son cœur se gonfla tellement d'amour qu'il sembla prêt à imploser dans sa poitrine. Tellement de questions lui vinrent à l'esprit, mais la vague de reconnaissance et d'adoration envers sa meilleure amie fut bien plus forte, et emporta toutes ses interrogations comme un raz de marée.

Un sanglot s'échappa de sa bouche et elle se précipita dans les bras d'Alya, les bras passés autour de son dos, les paupières fermées et le corps agité par les larmes, Marinette se perdit dans cette étreinte pleine d'amour.

Rassurée par la présence d'Alya, Marinette se détendit. Une sensation de soulagement et de satisfaction l'engloba alors, la plongeant dans une bulle de quiétude terriblement agréable. Peu importait que son secret soit dévoilé, peu importait que son identité ne soit plus secrète, tout cela n'avait vraiment aucune importance comparée à la délivrance qu'elle ressentait.

Les yeux humides, les lèvres relevées et le visage illuminé, elle s'éloigna d'Alya, toujours sidérée par la générosité, la tolérance et l'amour qu'elle venait de lui démontrer d'une centaine de manières différentes.

Une question remonta cependant à la surface de cet océan d'émotions.

— Mais... commença-t-elle d'une voix enrouée, tu sais qui est Chat Noir ?

Alya pencha la tête sur le côté et lui offrit le plus adorable des sourires.

— Je suis plus douée que toi à ce jeu, Mari.

Elle fronça les sourcils, ne comprenant pas où son amie voulait en venir.

— Je sais que Chat Noir est Adrien depuis longtemps, expliqua-t-elle. Bien avant que tu ne le saches.

Marinette haussa un sourcil, à nouveau stupéfaite par les talents de déduction et d'enquêtrice d'Alya.

— Je veux tout savoir ! ordonna-t-elle en se laissant tomber contre le matelas.

— Et moi aussi ! répliqua Alya en s'installant à côté d'elle. La vie de super-héroïne, les combats, le Papillon, comment tu as découvert l'identité de Chat Noir...

Marinette éclata de rire, le cœur léger.

— Alors, débuta l'apprentie journaliste. Il faut que tu saches que Nino est mon complice dans toute cette histoire et qu'il est au courant de tout aussi.

Le stock de surprise de la lycéenne semblait avoir été épuisé par toutes ces révélations, alors elle se contenta d'hocher la tête.

— Il y a eu des tas de choses qui nous ont fait douter, toutes les fois où vous étiez — enfin surtout toi — en retard, où vous disparaissiez mystérieusement, et le fait que je ne t'ai jamais vue avec Ladybug comme Adrien avec Chat Noir.

Alya comptait sur ses doigts pour énumérer tous ces éléments et parlait à une vitesse folle, ce qui amusait beaucoup Marinette.

— La manière dont tu parlais de Chat Noir aussi, comme si tu le connaissais, et l'attitude d'Adrien avec Ladybug. Je veux dire, tout le monde aime Ladybug, mais lui c'était beaucoup plus que de l'admiration. Tu vois ?

Elle hocha la tête, se remémorant l'époque — qui n'était pas si lointaine — où ils ne connaissaient pas leurs identités.

— Après il y a eu tous tes mensonges qui devenaient de pire en pire avec le temps.

Alya lança un regard à Marinette qui redressa exagérément les commissures de ses lèvres.

— Et puis Nino a remarqué des tas de choses de son côté aussi, on a mis tout ça en commun et c'était tellement logique qu'on ne voyait plus que ça ensuite. Je veux dire, quand j'y pense, il faut vraiment être aveugle pour ne pas le remarquer.

Marinette plissa les yeux, puis hocha la tête. Sur ce coup-là, elle ne pouvait que donner raison à Alya.

— Bon, ton tour maintenant, déclara-t-elle.

La jeune fille ouvrit la bouche, s'apprêtant à tout raconter à sa meilleure amie mais un bruit retentit dans sa chambre. Les deux lycéennes sursautèrent et se redressèrent, découvrant un super-héros à la chevelure blonde et au costume de cuir à la fenêtre.

Marinette se précipita à sa rencontre et ce sourire malicieux fit son retour sur le visage d'Alya.

— Qu'est-ce que tu fais ici ? lui demanda-t-elle.

Chat Noir était agité, inquiet et exalté à la fois.

— J'ai une théorie, lui murmura-t-il. Je repasserai plus tard.

Marinette attrapa sa ceinture avant qu'il ne s'échappe et lui fit signe d'entrer. Le super-héros fronça les sourcils en regardant tour à tour sa petite-amie et Alya.

— Je sais qui tu es, avoua cette dernière.

Son expression ne se fit que plus confuse et la situation devint vite étrangement risible. Marinette se rongeait les ongles, ne sachant pas quoi dire, Alya avait toujours les lèvres redressées et les yeux pétillants et Chat Noir haussa un sourcil, ouvrant et refermant la bouche.

— Que... Quoi ?

Marinette sortit de sa léthargie et se racla la gorge, attirant l'attention de son coéquipier.

— Alya sait que tu es Adrien. Et Nino le sait aussi.

La même stupéfaction qui avait traversé la jeune fille quelques instants plus tôt prit possession du super-héros. Marinette lui expliqua rapidement ce qu'Alya venait de lui raconter.

Une petite heure plus tard, les trois adolescents étaient installés sur le lit, Chat Noir s'était détransformé, et la nuit commençait doucement à s'installer dans la ville, plongeant la pièce dans un manteau crépusculaire aux nuances orangées.

— C'est tellement... murmura Adrien.

— Inattendu ? compléta Alya.

— Irréel, ajouta Marinette, les yeux rivés au plafond.

C'était le mot exact qui caractérisait actuellement les pensées des deux super-héros. Des années de secret qui disparaissaient subitement, des mois de double-vie qui partaient en fumée et une sensation étrange de ne plus être deux personnes à la fois qui s'évaporait.

— Alors ? Ça fait quoi d'être un super-héros ?

Marinette et Adrien se regardèrent un instant et esquissèrent un sourire.

— C'est probablement la meilleure et la pire chose qui nous soit arrivée, avoua le jeune homme.

Marinette pensa à la sensation d'être utile — indispensable, même — aux autres, de venir en aide aux personnes en difficulté, de sauver Paris, de délivrer des centaines de personnes de leurs démons. Elle se remémora ensuite l'adrénaline, les muscles brûlants et la rage de vaincre. Puis les victoires, les fou-rire, parfois très malvenus, les blagues de son coéquipier et la rencontre de Tikki lui vinrent à l'esprit.

Alors, elle ne put qu'hocher la tête.

Mais les mauvais côtés la submergèrent alors. Toutes les larmes, la souffrance physique et morale de voir les gens en proie au Papillon, les rêves et les cauchemars, l'épuisement et la peur, les cris et les pleurs, le sang et la poussière, la mort de Chat Noir dans ses bras.

— Hé, murmura ce dernier d'une voix inquiète.

Marinette secoua la tête et se connecta à nouveau à la réalité, se plongeant un instant dans les yeux verts d'Adrien, fixant une seconde ses lèvres ourlées et admirant sa peau hâlée.

— En fait, comment vous avez découvert vos identités ? demanda Alya, qui n'avait pas remarqué le regard que se lançaient ses amis.

Marinette sortit une nouvelle fois de ses pensées et rompit le contact visuel qui devenait trop intense pour son cœur qui commençait à s'affoler dans sa poitrine.

— C'est compliqué, dit-elle d'une voix rauque.

Mais elle lui expliqua toute l'histoire. Le soir de sa première vision, celles qui avaient suivies, les discussions avec le gardien des Miraculous, le Papillon qui pouvait prendre le contrôle de son esprit, Adrien qui avait le pouvoir de la protéger, tout ce qui s'était passé depuis ces derniers mois.

— Wow, déclara Alya à la fin du récit.

Adrien et Marinette ne purent qu'hocher la tête.

— Donc Chloé m'a volé mon Miraculous ?

— En quelque sorte, oui.

Les trois lycéens avaient les yeux rivés au plafond, chacun perdus dans leurs réflexions, digérant cette pseudo révélation d'identité d'un côté et toute ces informations de l'autre.

— Tu voulais pas me dire quelque chose ? demanda finalement Marinette en se tournant vers Adrien.

Ce dernier, le regard fixe, soupira bruyamment.

— Je ne sais pas si ça a vraiment du sens.

Marinette contemplait à nouveau son visage, sa mâchoire ciselée, le mouvement de sa pomme d'Adam à chaque déglutition, le clignement de ses yeux, le balancement de ses mèches dorées.

— Mais, si le Papillon est capable de prendre possession de ton esprit, pourquoi pas toi ?

Il tourna sa tête vers elle, la surprenant à scruter ses lèvres et réprima un espiègle sourire dont il avait le secret.

Marinette décrocha son regard de sa bouche et se concentra sur ses yeux, se rendant compte de ce qu'il venait de dire.

— Tu crois ?

Adrien hocha doucement la tête.

— C'est comme dans Harry Potter ! s'écria Alya, rompant à nouveau la tension qui régnait entre les deux adolescents.

Ils portèrent leur attention sur la jeune fille, les sourcils froncés.

— Mais si ! Tu sais quand Rogue aide Harry à entrer dans la tête de Voldemort.

— C'est la legilimancie.

Alya lança un regard amusé à son ami.

— Quoi ? T'as pas lu les livres ?

— Donc tu utilises l'occlumancie sur moi pour me protéger de la legilimancie du Papillon ? ajouta Marinette.

Adrien haussa un sourcil en direction d'Alya qui éclata de rire.

— Vous vous êtes vraiment bien trouvés, affirma-t-elle se laissant retomber sur le lit.

Les lèvres des intéressés se redressèrent un instant.

— Mais comment je pourrais entrer dans son esprit ?

— Je pense que tu devrais essayer sans te poser trop de questions, proposa Alya.

— Je suis là, il ne peut pas te faire de mal, murmura Adrien face au visage inquiet de sa petite-amie.

Marinette le regarda un instant et hocha la tête. Elle se redressa, dos à ses amis et prit une grande inspiration.

— Marinette ! intervint Tikki. Tu es sûre de vouloir faire ça ? Ça pourrait être dangereux, tu as entendu Maître Fu, il ne faut pas jouer avec ça.

— Sucrette a raison, ajouta Plagg d'une voix endormie. Et, même si Harry Potter est une des meilleures sagas de ces derniers siècles, je me dois de vous rappeler que Harry meurt, techniquement, donc... Hé !

Alya écarta la main qu'elle avait approché du kwami mais son regard restait fasciné.

— Super, c'est rassurant, bougonna Adrien.

— Bon, intervint Marinette d'une voix assurée, Alya je te présente Tikki et Plagg, ne fais pas attention à lui, il peut être très...

— Malpoli, compléta son porteur.

Plagg émit un reniflement plein de contestation et les grands yeux de Tikki s'illuminèrent d'amusement.

— Et, je sais que c'est risqué, mais je n'ai plus vraiment d'autre choix, et Adrien a raison, si le Papillon peut le faire, pourquoi pas moi ? On pourrait le démasquer ou connaître une partie de ses plans.

Le kwami était en pleine réflexion, elle savait que c'était la meilleure chose à faire mais ne voulait pas admettre que la situation était désespérée au point de mettre à ce point Marinette en danger.

Tikki acquiesça finalement d'un faible hochement de tête, que sa porteuse imita, comme pour se donner du courage.

— On peut trouver un autre moyen, proposa Adrien d'une voix inquiète.

Marinette tourna son regard vers lui et lui offrit le plus rassurant des sourires possibles.

— Et puis, Harry revit à la fin, ajouta Alya.

La jeune fille ne put empêcher un éclat de rire de s'échapper de sa bouche et reconnaissait là parfaitement sa meilleure amie : elle était probablement morte de peur mais elle essayait quand même de détendre les autres. Son expression donnait raison à Marinette puisqu'Alya avait les yeux pétillants d'appréhension et de détermination, et les lèvres relevées en un sourire triste et aimant.

Marinette ferma finalement les yeux, sous le regard protecteur d'Adrien, d'Alya, de Tikki, et même de Plagg. Elle souffla doucement, se concentrant sur l'image qu'elle se faisait du Papillon, sans se laisser submerger par ses sentiments négatifs.

Quelque chose d'étrange se produit alors, plongeant Marinette dans un état où ses cinq sens n'existaient plus. Elle ne sentait plus rien, n'entendait plus rien, ne voyait plus rien.

Rien du tout.

Elle ne percevait plus ses propres battements de cœur, sa propre respiration ou sa propre déglutition. Elle ne voyait plus rien, alors qu'elle avait l'impression d'avoir les yeux grands ouverts. Elle ne sentait plus ses ongles qui s'enfonçaient dans ses paumes.

Une sensation l'engloba tout à coup, sensation qui voulait l'entrainer quelque part. C'était mal, elle le savait, mais c'était tellement tentant. Marinette tendit la main, s'approcha un peu plus, toujours plus au bord de ce précipice.

Mais quelque chose — ou quelqu'un — la ramena brusquement de l'autre côté de la falaise, l'empêchant de se laisser submerger.

Marinette ouvrit brusquement les yeux. Avec soulagement, elle découvrit qu'elle était de retour dans sa chambre. Alya et Adrien la regardèrent en clignant des yeux, comme s'ils avaient peur de la faire fuir.

— Ça a duré si longtemps que ça ? questionna Marinette d'une voix pâteuse en se rendant compte de la nuit bien installée dans la ville.

Les deux amis se regardèrent puis reportèrent leur attention sur la jeune fille.

— Presque une heure, murmura Adrien.

— Tu pensais que ça avait duré combien de temps ? demanda Alya.

— Une ou deux minutes, avoua-t-elle.

Tikki s'approcha de sa porteuse.

— Qu'est-ce qu'il s'est passé ? interrogea-t-elle d'un ton doux.

Marinette prit une grande inspiration, ouvra et referma la bouche, les idées floues. Se dire qu'elle était restée coincée pendant autant de temps ne l'aidait pas à se rassurer.

— Je ne sais pas, je... C'était comme si... J'étais ailleurs. Et puis quelque chose a essayé de m'attirer, quelque chose de mal, de puissant. J'allais me laisser faire, je ne sais pas pourquoi. C'était tellement... tentant. Et puis je me suis réveillée d'un coup.

Alya plissa ses yeux, Tikki écouta attentivement sa porteuse et Adrien se mordit les lèvres. Plagg, de son côté, semblait cogiter, remettre les choses dans l'ordre.

— Mais... qu'est-ce qu'il se serait passé si je ne n'avais pas repris conscience ? se questionna Marinette d'une voix coupable.

Adrien posa sa main sur son genou, lui adressant un regard terriblement intense et mima "ce n'est pas ta faute" du bout des lèvres. Marinette lui offrit un sourire entendu et hocha la tête.

— J'ai compris ! s'exclama Plagg en virevoltant dans les airs.

L'attention générale se tourna vers le kwami.

— Adrien, je t'ai vu toucher Marinette juste avant qu'elle ne se réveille. Un frôlement, rien de plus, mais ça a servi à la ramener. Je pense que c'est ton pouvoir de protection.

Les deux concernés se regardèrent un instant.

— Mais... continua Plagg. Je pense que tu devrais te laisser attirer par ce sentiment, Marinette, théorisa-t-il.

La jeune fille fronça les sourcils et Tikki se rapprocha du kwami, s'apprêtant à lui hurler dessus, mais comprit finalement où il voulait en venir.

— Il a raison. Il faut que tu te laisses submerger pour pouvoir entrer dans l'esprit du Papillon. Tu dois devenir ton ennemi pour pouvoir le vaincre.

« Sois proche de tes amis, et encore plus de tes ennemis. »


Alors ? Est-ce que vous vous attendiez à ce qu'Alya soit déjà au courant ? J'ai semé quelques indices pendant toute l'histoire, alors les plus attentifs l'avaient peut être devinés aha :)

J'espère que cette petite référence à Harry Potter vous a plu, et pour ceux qui ne comprennent pas trop, l'occlumancie est le fait de protéger l'esprit des intrusions (comme Adrien, donc) et la legilimancie est le fait de pénétrer dans l'esprit d'autrui (comme le Papillon)

Faites-moi savoir ce que vous en pensez !

Le prochain chapitre sera sûrement posté le week-end prochain, le rythme de deux chapitres par semaine devient vraiment trop compliqué, alors je passe officiellement à un (ce sera le plus souvent le samedi mais rien n'est sûr), j'espère que ça ne vous dérange pas.

Bon dimanche à tous !