Note : Cette fic a été écrite sur trois musiques : Toi et moi (Guillaume Grand) / The Pretender (Foo Fighters) / L'averse (Da Silva) (et y a d'ailleurs quelques paroles)
Note 2 : Enjoy parce que c'est triste :p
Note 3 : C'est sur Peter et Tony, où Peter a toujours été le fils adoptif de Tony

Quand j'étais petit, je tenais sa main, comme si j'allais m'envoler et disparaître si je le lâchais. Il me paraissait si grand, tellement fort. Il était vraiment intelligent. Il semblait savoir tout faire, il semblait savoir tout. Tout court. Et comme une mélodie qui jamais ne me quittait, comme une chanson, j'étais là à me dire, qu'on serait juste toi et moi, papa, que j'en serais quand même heureux. Je savais qu'ici, où on vivait, il vivait caché, il vivait damné, de ce monde qui pensait tout savoir de lui et qui ne connaissait pas ses douleurs. Moi je voulais juste que ça soit lui et moi, pour lui faire oublier ça.
Et je n'étais qu'un enfant.
Papa gardait des secrets qui étaient toujours prêts, à se révéler, quand il fronçait les sourcils. Mais je me fichais bien de savoir qu'il souffrait, en fait non, ça m'inquiétait, mais je voulais être là pour le soutenir. Pour qu'il pense à autre chose, qu'il se rende compte qu'il n'avait pas besoin de tout ça, que même sans ça il pouvait être heureux.
Je l'admirais toujours, après tout. Et quand je le voyais, je pouvais presque entendre une musique épique sonner au fond de mes oreilles.
Il restait si fort, mon père, ce héros. Il était Iron Man aux yeux des gens, qui ne le connaissaient même pas. Pouvez-vous imaginez ce qu'il était pour moi ?
J'avais beau grandir, découvrir que le monde n'était pas parfait, même au contraire, je m'en fichais. A ses côtés, je me sentais heureux, il m'offrait cette tendresse que j'aurais pu ne pas avoir. Il avait décidé de prendre soin de moi, et je ne pouvais que l'en remercier.
Je voulais rester avec lui, je me fichais qu'il prétende être quelqu'un d'autre. Parce que quelque part, je savais qu'il était lui-même. Ce lui-même heureux, entre deux crises. Je les connaissais ces crises. Je savais à quoi elles étaient dues. Je ne comprenais pas encore tout, mais on m'avait dit ces quatre mots qui formaient un traumatisme complexe, un trou béant. C'était comme une musique triste, immonde. PTSD.
Certains qui le connaissaient disaient qu'il ne pourrait jamais être heureux à nouveau.
Moi je m'accrochais à l'idée que si.
Parce que ces gens-là n'étaient pas là, quand il me souriait, et me disait que j'étais aussi doué que lui, quand il poursuivait en m'ébouriffant les cheveux. Quand il s'inquiétait quand je me mettais en danger parce que je voulais être aussi fort que lui. Quand il ne s'en rendait même pas compte, mais qu'il était plus doué que jamais. Cette mélodie douce, cette chanson pop, qui passait dans mes oreilles, tandis que ce sourire n'en finissait plus.

Mais peut être que je m'accrochais trop fort.
Parce que, qu'est-ce que ce ciel est gris, je finissais trempé, mouillé jusqu'au cou, et au-delà des nuages, l'eau venait aussi de mes yeux. Peut-être qu'au final, c'était moi qui avait prétendu jusqu'au bout. Que mon père allait bien, si bien. Que je chantais si fort, que je n'entendais pas la vérité. Que je m'accrochais à ses sourires, ignorant la douleur derrière, parce que je l'avais trop connu, trop vu.
J'avais l'impression que c'était ma faute, si ce jour-là, adolescent que j'étais, ou presque adulte, je me tenais devant son cercueil.
Et une chanson me revenait en tête. Une mélodie qui disait la vérité.
J'aurais aimé te voir, un peu moins fier, j'aurais aimé te connaître un peu moins en enfer, j'aurais voulu, juste, un peu de lumière, quelques secondes avant, juste avant l'averse.
J'aurais aimé te connaître papa, que toi et moi, on sache qui tu es, et que je sache te réparer comme tu réparais si bien ses armures, et que tu n'es pas à jouer à l'imposteur pour finir par tomber.