Hey !
Chose promise, chose due, voici la suite ! Elle aura plus tardé que prévu, certes, mais je n'ai pas autant avancé sur cette histoire que je ne le pensais, j'ai surtout continué Un secret de plus au final. Mais je me suis quand même arrangé pour finir un nouveau chapitre, et je vais essayer d'écrire un peu de temps en temps pour pouvoir préparer la suite doucettement. Ceci dit, avec les partiels qui arrivent, il ne faudra pas s'attendre à des miracles.
Aussi, j'ai oublié de le dire la dernière fois, mais hey, la fic a dépassé les 100 pages ! C'est pas rien ! Certes, l'intrigues de cette fic avance aussi vite que celle du manga, mais ça m'éclate ainsi, et ça a pas l'air de vous déplaire puisque vous êtes toujours là, donc continuons mes bons, et bonne année tout le monde ! =D
Chapitre 19
Le réveil fut assez difficile. J'avais l'impression d'avoir mal dormi, et je me réveillais mal à l'aise, le genre de malaise qu'on a à cause du stress provoqué par un cauchemar, sauf que je ne me rappelais pas en avoir fait un.
J'étais à peine réveillée qu'Eiki se précipita pour me faire des léchouilles. Je la repoussais avec un rire.
-Doucement, je vais bien ! Je t'aime aussi Eiki mais j'ai pas envie de sentir la bave de chien toute la journée ! Je suis propre moi !
La chienne sembla comprendre le message et se contenta de me pousser doucement du bout de la truffe, sa façon de demander des caresses. Je m'exécutais sans soucis alors qu'Arō-niisan arrivait.
-Dis donc, je ne te permet pas d'insinuer qu'elle n'est pas propre, elle a eu droit à une douche ce matin ! Râla-t-il pour la forme. Elle ne pue quand même pas déjà ?
-Ne te vexe pas, mais les chiens ont une odeur forte, surtout mouillés. Tu as sûrement l'habitude, depuis le temps, lui fis-je remarquer.
-Je suppose. Et toi, ça va ?
Son ton était étonnamment inquiet. Il ne pouvait pas deviner que je ne me sentais pas bien au réveil juste d'après la réaction de Eiki, ça lui arrivait souvent de venir m'accueillir avec enthousiasme au réveil, même si elle le faisait un peu moins maintenant.
-Ben oui, ça va. J'ai pas super bien dormi, mais j'ai connu pire. Pourquoi, j'ai une tête de déterrée ?
-Non, mais avec ce qui s'est passé hier… Expliqua-t-il en se passant une main dans les cheveux, l'air inquiet.
Je le fixais sans comprendre.
-Qu'est-ce qu'il est passé hier ? Subaru-san ne m'a pas fait flipper plus que ça, et je vais me remettre du refus de répondre de Conan-kun et Haibara-san, c'est pas la mort. En plus j'aurais d'autres occasions. Et on ne s'est pas couchés si tard que ça, faut pas exagérer.
Arō-niisan me fixa, interloqué, et Eiki avait une expression en me fixant qui y ressemblait étonnamment. A moins que je ne fasse de l'anthropomorphisme sans m'en rendre compte. Quoi qu'il en soit, visiblement, j'avais raté quelque chose.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Demandais-je. J'ai loupé un truc hier ? Tu n'as quand même pas cherché à questionner le professeur ou Subaru-san ?
-Ah non, pas du tout, mais… Tu ne te souviens pas de ce qui s'est passé après ?
-Après quoi, chez le professeur ? Ben on est rentrés à la maison, non ?
En discutant, j'avais commencé à me lever, ranger mon futon, tout en jetant des coups d'œils à Arō-niisan qui semblait toujours ne pas savoir comment réagir.
-Et… Tu ne te souviens pas de ce qu'on a fait sur le chemin du retour ? S'enquit-il.
-Euh… On a marché ? Enfin, rien d'extraordinaire. Pourquoi, on était sensé aller voir la ruelle ce matin ? Enfin je vois pas l'intérêt, il faisait déjà jour quand j'y suis passé hier, donc…
-Nazuna.
-Oui ?
Je ne tiltais même pas devant l'absence de suffixe à mon prénom, même alors que je ne crois pas qu'il m'ait déjà appelé ainsi. En revanche, son ton était inhabituellement sérieux, me poussant à arrêter ce que je faisais pour le regarder.
-On est allés dans la ruelle hier soir, en rentrant de chez le professeur. Tu as fais une crise dedans. Une crise de panique, d'angoisse, je ne sais pas quel est le bon terme, en tout cas tu avais l'air terrifiée et tu ne réagissais ni à Eiki, ni à ce que je disais. J'ai finis par te porter hors de la ruelle et ça a eu l'air de te calmer, mais tu restais apathique. Tu as du aligner au maximum 5 mots après ça. Eiki t'a guidé vers la maison et tu l'as accompagnée, donc j'ai suivi le mouvement. Une fois à la maison, tu es allée sortir ton futon pour t'affaler dessus et te rouler en boule, et Eiki a monté la garde à côté de toi, ne me laissant même pas approcher.
Je le fixais pendant plusieurs secondes, surprise par son ton sérieux et son air à la fois grave et inquiet. Il n'avait pas l'air de plaisanter du tout, et je ne le voyais pas mentir, surtout pas sur un truc aussi important. Pour autant, je ne me souvenais absolument pas de ça. Pour moi, on était rentrés directement après avoir été chez le professeur, sans évènement particulier, même si c'est vrai que je n'avais pas de souvenirs très précis.
-Je… Désolée, je ne m'en souviens pas. Tu es sur ? Je me souviens avoir vu la ruelle pendant notre promenade dans l'après midi, mais pas du tout qu'on y est retourné.
Arō-niisan continuait de me fixer, stupéfait.
-Donc tu ne te souviens de rien ?
Je fis timidement non de la tête.
-Vraiment, j'ai beau cherché, je ne me souviens de rien du tout. Désolée.
J'essayais de forcer un peu mes souvenirs, mais il en résulta une sensation extrêmement désagréable qui me stoppa net de me fit frissonner. Aussitôt, Eiki se colla à moi pour me rassurer et Arō-niisan se retrouva devant moi, les mains sur mes épaules, cherchant mon regard d'un air inquiet.
-Ce n'est pas grave si tu ne t'en souviens pas. Ne force pas. Si tu as oublié, c'est sûrement qu'il y a une raison. Ton subconscient doit chercher à te protéger. Ce n'est pas la peine d'essayer pour rien si tu ne te sens pas prête, d'accord ?
-Mais pourquoi ? Soufflais-je. Si c'est vrai, alors il y a bien quelque chose avec cette ruelle. Je pourrais m'en rappeler ! Pourquoi ça ne veut pas ?
-Tu as peur de te souvenir. Je ne sais pas ce que tu as oublié, mais je suis presque sûr que c'est traumatique. C'est peut-être lié à ce qui t'as empêché d'aller voir la police. Ton subconscient essaie de te protéger comme il peut sans te donner trop d'éléments.
-C'est vachement sophistiqué un subconscient, grommelais-je.
Voyant ma détresse, Arō-niisan s'accroupit à mon niveau et me prit dans ses bras dans un câlin que je sentais maladroit à cause de son hésitation mais néanmoins sincère.
-Ne t'inquiète pas, tu es bien entourée, m'assura-t-il. Tu peux prendre ton temps. Tes souvenirs ne disparaîtront pas comme ça. Apprivoise-les.
-Plus facile à dire qu'à faire, grommelais-je en réponse.
Eiki donna du museau, comme déçue de ne pas participer au câlin. Je la câlinais sur la tête avant de rendre timidement son étreinte à Arō-niisan et de m'écarter doucement.
-Pour te répondre, oui, c'est plus facile à dire qu'à faire, mais ce genre de choses prend du temps, tu dois le savoir, toi qui a fais quelques recherches sur le sujet, sourit-il. Bien sûr, on pourrait aussi aller voir un spécialiste, mais je suppose que ton subconscient n'apprécie pas l'idée non plus ?
On allait finir par lui donner un nom à ce fichu subconscient vu comment c'était parti.
-Oui, mais… J'avais quand même espoir que ça soit plus simple pour moi, ou juste que j'y arrive plus facilement en le voulant, je ne sais pas… C'est stupide je sais, et arrogant de ma part, mais c'est comme ça. Et c'est frustrant d'avoir la poignée de la porte à portée de main mais de ne pas pouvoir la saisir.
-Mais au moins, tu sais où elle est ! Positiva Arō-niisan. Maintenant, il faut de la patience. A moins que ton subconscient te dise aussi qu'il y ai urgence ?
Je fis non de la tête.
-Pas spécialement. Juste d'être discrète. Et… De ne pas trop m'approcher de tout ça, terminais-je avec un soupir.
Oui, aucune sensation telle que l'aura de peur que je ressentais ne me dictais de rapidement découvrir les raisons de mon amnésie, c'était un besoin plus… Personnel, mais néanmoins pressant à sa manière. Je me rappelais alors ce qu'Arō-niisan venait de me résumer de la soirée d'hier et me tournais vers Eiki, surprise.
-Attends, tu m'as dis que hier soir, elle t'a empêché de m'approcher ? Toi ?
-Oui, c'est ce que j'ai dit, parce que c'est exactement ce qui s'est passé. J'ai voulu voir comment tu allais et elle m'a grogné dessus. Je n'ai pas souvenir que ça soit déjà arrivé. Elle tient vraiment à toi tu sais.
Je clignais des yeux et fit un câlin à Eiki, qui semblait ne pas trop comprendre pourquoi mais était toute contente quand même.
-Merci pour tout ce que tu fais pour moi.
-De rien.
-Vraiment ! Tu as prit soin de moi depuis le premier jour comme si tu étais mon père. Tout le monde ne l'aurait pas fait. Pourtant ça doit te poser plein de problèmes, ne serait-ce que financièrement, et...
-Oh là, calme toi, m'intima-t-il. Ne te sens pas coupable pour ça, mes finances vont très bien. Certes, je ne croule pas sur l'or, et c'était un peu plus compliqué de m'adapter au début, mais je t'assure que ça va aller, j'ai trouvé une certaine stabilité. Ta présence ne me gêne pas, ce n'est pas mon genre d'abandonner une gamine, et si ça avait été le cas, ça fait longtemps que tu ne serais plus sous mon toit. Je sais que l'idée d'aller dans un orphelinat dans ta situation t'effraie, je le comprend très bien et le respecte. Inquiète toi d'abord de toi, ton bien être et de tes souvenirs, je m'occupe du reste. Les adultes servent à ça !
Je hochais doucement la tête. Je voulais lui dire à quel point je lui en était reconnaissante, mais je n'arrivais pas à trouver les mots. Je ne pouvais pas vraiment l'aider sur plein de points, même si je faisais mon possible sur ce que je pouvais.
Voyant que j'avais toujours un air songeur et préoccupé, Arō-niisan fit mine de prendre un air sévère.
-Qu'est-ce que je viens de dire ? Arrête de te tracasser avec tout ça. Tu as déjà vécu beaucoup trop de danger pour ton âge, mais ce n'est pas ta faute, ce sont les adultes autour de toi qui ont manqué à leur devoir. Maintenant, tu vas me faire le plaisir d'arrêter de penser à tout ça, tu vas profiter de ta matinée, et cet après midi chez le professeur tu te concentreras sur ta sortie camping, pas d'enquête sur tes camarades, c'est clair ?
-Même si j'ai une opportunité ? Ne pus-je m'empêcher de demander avec un sourire railleur. Surtout que là au moins c'est pas dangereux, en principe !
-Si tu les entends dire des choses intéressantes, bien sûr, tu peux écouter, mais essaie de ne pas trop forcer les choses. Qui sait, ça pourrait les inciter à venir à toi pour te raconter d'eux même, et ça ne peut pas te faire de mal.
-Moui. On ne peut pas dire que je trouve de nouvelles infos tous les 4 matins non plus, au contraire. Mais ok, ça marche.
Ce n'est pas comme si j'avais souvent essayé de leur tirer les vers du nez non plus de toute façon. A part hier, je ne suis même pas sûr que ça soit déjà arrivé d'ailleurs, ou en tout cas pas de façon aussi frontale. Je n'avais clairement pas le courage et la confiance pour essayer au début, et même sans ce qui s'était passé sur le chemin du retour, je ne suis pas sûr que j'aurais réessayer d'aborder le sujet de suite. Arō-niisan avait raison, autant laisser couler pendant quelques temps, même si ça avait un côté frustrant.
-Ne t'inquiète pas, tu as le temps, et il faut être patient pour avoir des réponses, m'affirma-t-il avec un clin d'œil. Maintenant, voyons ce qu'on peut faire pour te changer les idées ce matin…
Wow. Le temps passait super vite en fait quand j'arrêtais de me prendre la tête… Et quand on se retrouvait pas impliqué dans des affaires super dangereuses aussi, ça aidait !
J'avais tenu parole, j'avais suivi les conseils d'Arō-niisan. J'ai eu l'impression que Conan-kun et Haibara-san m'avaient tenu à l'œil, s'attendant probablement à ce que je remette le sujet sur la table, mais je n'en avais rien fait, et ils n'en avaient pas reparlé non plus.
Je n'avais pas avancé du tout, mais je le vivais beaucoup mieux que je ne l'aurais cru. Je n'avais pas pu m'empêcher d'y penser et d'y réfléchir par moment, bien sûr, surtout quand je m'étais rendu compte que j'avais commencé à développer un malaise en y pensant. Je ne voulais pas que ça s'installe et que ça perdure dès que j'essayais d'en savoir plus sur mon passé, alors j'avais essayé d'y réfléchir de temps en temps pour clarifier mes idées, et j'ai eu l'impression que me laisser le temps de la réflexion avait aidé.
Et me voilà déjà en train d'aider les DB à monter la tente, pendant que le professeur terminait les formalités à l'entrée accompagné de Haibara-san, qui craignait qu'il craque dans la supérette à côté de l'accueil au passage, et qui voulait de toute façon surveiller les petites courses dont nous aurions besoin. Conan-kun nous aidait et je pouvais voir à quel point ils avaient l'habitude de faire ça, car c'était bien rôdé. Bon, ça n'empêchait pas certains, surtout Genta-kun pour ne pas le nommer, de toujours avoir du mal avec certains points vu les difficultés qu'il avait l'air de rencontrer avec les piquets, mais on était largement assez pour l'aider. Si je ne m'étais pas lancé avec enthousiasme dans le montage de la tente, je me serais sûrement retrouvé très vite désœuvré à les regarder. Mais je devais avoir l'habitude, car je n'avais pas de soucis à les aider et à comprendre comment les différents éléments s'imbriquaient.
Quand les deux autres revinrent, on avait déjà installé nos affaires et sorti les tables et les chaises, et tout était prêt pour commencer à cuisiner. Genta-kun et les deux autres chantaient à tue-tête une musique qui était passée dans la voiture pour se donner du courage. J'étais bien en peine de les suivre, n'ayant pas encore retenu les paroles, donc je chantonnais l'air de temps en temps et chuchotais les paroles dans mon coin pour essayer de les apprendre. L'air était très entraînant et joyeux en plus, ça me donnait envie de chanter avec eux.
Un autre point est que je n'osais pas trop porter ma voix trop fort de peur de chanter mal. Conan-kun, lui, n'avait même pas essayé de se joindre aux autres, en ayant visiblement déjà marre de les entendre chanter toujours la même chose. Ils furent cependant coupé dans leur enthousiasme par le professeur et Haibara-san qui commencèrent à organiser la préparation du repas.
On avait encore la journée devant nous, il n'était que midi. On était parti très tôt ce matin, j'avais somnolé sur une bonne partie du trajet en écoutant distraitement les autres, beaucoup plus réveillés que moi, discuter et chanter sur le trajet.
Il faut dire que je n'avais rien trouvé de mieux que de me coucher tard la veille. Bon, ce n'était qu'à moitié volontaire, le stress de faire ma première sortie du style, sans Arō-niisan en plus, m'avait empêché de dormir pendant un bon moment, et lire pour me distraire n'avait pas vraiment marché. Je n'avais pas exactement terminé mes bagages tôt non plus.
Mais pour l'instant, tout se passait au mieux, et aucun des scénarios négatifs que j'avais imaginé ne se profilait à l'horizon. Bon, d'après ce que m'avaient raconté les DB, cela ne nous mettait absolument pas à l'abri qu'une affaire nous tombe dessus d'un coup, mais on y pouvait pas grand-chose, je doute qu'on puisse le voir venir, donc autant m'amuser sans y penser pour l'instant.
-Nazuna-chan, tu nous aide à faire à manger ? S'exclama Ayumi-chan.
-Euh… Je n'ai pas suivi le cours de cuisine de la dernière fois, je doute d'être très utile… Mais Conan-kun pourra sûrement en profiter pour approfondir ses compétences en la matière !
Je surpris son regard choqué et ne put m'empêcher de laisser un sourire malicieux apparaître sur mon visage alors que je m'enfuyais vers les autres pour rejoindre le groupe qui allait récupérer du bois. Je le vis essayer de se défiler mais Ayumi-chan l'entraîna avec enthousiasme, encouragé par le professeur qui paraissait tout aussi amusé.
-Bon, alors allons-y! S'exclama Genta-kun.
-Haibara-san, tu viens avec nous ? Suggéra Mitsuhiko-kun. Ils sont assez nombreux pour commencer le repas, et vu que tu as le plan du camping, tu pourras nous montrer où aller pour le bois.
-Ben, suffit pas d'aller par là ? Demandais-je en pointant une direction.
Haibara-san se laissa convaincre et nous rejoint, confirmant ce que je disais.
-Vous n'aviez pas vraiment besoin de moi pour trouver où aller, on est en périphérie du camping et il n'y a pas de barrières, fit-elle remarquer. Mais je suppose qu'on a intérêt à ramener autant de bois que possible pour ne pas avoir à y retourner ce soir.
Les deux garçons approuvèrent bruyamment, visiblement motivés. Je jetais un dernier coup d'œil aux cuisiniers et ne put m'empêcher de sourire en voyant l'air bougon de Conan-kun.
-Ne rigole pas trop, me conseilla Haibara-san, je ne sais vraiment pas à quoi va ressembler notre repas avec lui aux fourneaux.
-Mais il n'est pas seul ! Et puis, honnêtement, je ne suis pas sûr de me débrouiller mieux que lui, donc bon…
-C'est vrai qu'on ne t'a jamais vu cuisiner, se rappela Mitsuhiko-kun. Tu ne sais vraiment rien faire ?
-A part deux trois trucs basiques, mais sinon pas des masses. Arō-niisan n'a que les bases en cuisine aussi, mais il s'y est mit plus sérieusement depuis mon arrivée. Et vous deux ? Fis-je en regardant les deux garçon. Je ne crois pas vous avoir jamais vu en cuisine, à part pour vous empiffrer ou demander quand se serait prêt !
Ils échangèrent un regard en riant de façon très gênée. On avait déjà commencé à s'aventurer sous les arbres et Haibara-san changea de sujet en désignant les branches au sol.
-Vous comptez aller où comme ça ? On peut commencer ici, il y a déjà ce qu'il faut.
-Mais… C'est des branches toutes petites, c'est pas intéressant pour le feu non ?
-Pour le démarrer, ça suffit, c'est même mieux. Mais mieux vaut éviter de trop s'éloigner, je préfère ne pas tester notre chance aujourd'hui, commenta-t-elle.
-Pourquoi ? S'étonna Genta-kun. Parce qu'y a Nazuna ?
-Disons que vous avez le chic pour trouver des ennuis pas possibles parfois en camping, donc même si les campeurs ont sans doute déjà ramassé tout le bois aux alentours, essayez de ne pas vous éloigner plus que nécessaire, d'accord ?
-Ok…
Ils semblaient moins enthousiastes d'un coup. Personnellement, ça m'allait très bien ! Je ne craignais pas spécialement de me perdre, en revanche je n'avais aucune envie de me retrouver impliquée dans une affaire, et vu ce que m'avaient déjà raconté les autres de leurs aventures pendant des sorties camping, je n'avais vraiment pas envie que quelque chose de similaire arrive.
Heureusement, on toucha du bois, c'est le cas de le dire, pendant notre récolte. Il y avait une affaire à chaque fois si j'en croyais les DB, mais pour l'instant tout ce qui se présenta à nous fut le repas du midi, qui s'avéra étonnamment comestible malgré les craintes de Haibara-san, et le seul mystère de l'après midi fut une sorte de chasse au trésor organisée par le camping. Tout se passait super bien, l'ambiance était sympa et même s'il n'y avait pas beaucoup d'autres enfants au camping, plusieurs adultes et adolescents étaient venus participer en équipe, et je m'éclatais.
Je laissais aux autres le côté énigme. A part quelques fulgurances, je n'étais pas très douée là dessus, d'autant que je connaissais beaucoup moins la région et le folklore local qu'eux, ce qui se révélait souvent utile. C'était intéressant ceci dit, mais je m'amusais beaucoup plus sur l'aspect course d'orientation, où je me défendais vraiment pas mal. Surtout que nous avions l'énorme avantage de pouvoir nous séparer pour aller aux quatre coins du camping tout en gardant contact facilement avec les badges, si bien qu'en fin d'après midi, on menait très largement. Ce n'était que la première partie, mais la deuxième et dernière était ce soir, autant dire qu'on avait toutes nos chances, en tout cas d'après moi !
-Et donc, d'après les indices récoltés, c'est quoi la suite ? S'enquit le professeur.
-Si on gagne, on a droit d'aller à un buffet à volonté, c'est ça ? Demanda Genta-kun, affamé rien qu'à l'idée.
-Ils rembourseront aussi le séjour et la nourriture du groupe gagnant, rajouta Mitsuhiko-kun.
-Il vaudrait mieux éviter de gagner alors, ou le professeur risque de beaucoup grossir au buffet, c'est ça ? Songea Ayumi-chan.
-Mais non ! Fit Conan-kun. Haibara l'empêchera de se goinfrer. Et si on gagne, on pourra peut-être retourner faire du camping plus vite, qu'en dites-vous ?
-Tu essaie de nous motiver à participer ? Demandais-je.
-Il faut bien ! Ce jeu favorise la coopération, d'où l'autorisation à former des groupes. Ils faut que vous soyez tous à fond si on veut avoir une chance !
-Ce n'est pas plutôt parce que la deuxième parti du jeu consiste à cuisiner un plat en particulier à présenter à un jury et aux autres campeurs ce soir ? Sourit Haibara-san. Tu en as parlé tout à l'heure, tu sais.
Oui, je l'avais entendu aussi. Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais mais j'avoue que j'étais un peu déçue de voir que tout l'après midi n'avait servit qu'à ça. Les indices avaient vraiment bien été disséminés, se basant d'avantage sur plein de petits indices et jeux pour occuper l'après midi plutôt que sur de grosses énigmes compliquées.
Conan-kun se gratta la tête, gêné.
-Ahem, oui, et vu qu'Ayumi-chan et le professeur ont du rattraper ma cuisine de ce midi, mieux vaut éviter de compter sur moi pour ça…
-Je me disais bien que le repas était étonnamment normal, s'amusa Haibara-san. Dommage, moi qui voulait suggérer que Kojima-kun et Tsuburaya-kun te remplacent ce soir, histoire de varier un peu. Si on veut gagner cela ne semble pas être une bonne idée.
-Et Nazuna alors ? Pourquoi elle pouvait pas cuisiner avec nous ? S'indigna Genta-kun.
-Parce que ça aurait fait trop de novices d'un coup, et elle nous accompagne depuis moins longtemps. Mais avant de penser à qui va cuisiner, il faudrait peut-être vérifier qu'on a tout ce qu'il faut, non ? Fit-elle remarquer.
-C'est pratique quand même, ne pus-je m'empêcher de faire remarquer. Comme ça tout le monde doit acheter ce qu'il faut pour faire la recette à la boutique du camping, et seul un groupe sera remboursé. C'est intéressant pour eux.
Je ne pensais qu'après coup que c'était peut-être un peu trop atypique de dire ça, mais Conan-kun enchaîna :
-Oui, c'est sûrement un coup marketing de leur part, mais ils ont quand même proposé un jeu et des énigmes vraiment recherchées, donc on peut bien jouer le jeu !
C'est vrai que Conan-kun et Haibara-san étaient aussi coutumiers de ce genre de remarque. D'ailleurs, cette dernière enchaîna :
-Je ne vois pas pourquoi tu tiens absolument à ce qu'on gagne. On est déjà arrivés premiers de l'épreuve de cet après midi grâce à ton aide, ça ne te suffit pas à satisfaire ton égo de détective ? Le reste n'est plus dans ton champ de compétences.
-Allons, vous ne voulez pas aller jusqu'au bout ? S'enquit le professeur. Cela nous permettrait de faire une prochaine sortie plus rapidement ! Cela ne vous intéresse pas ?
Un cri enthousiaste lancé à l'unisson lui répondit, signe qu'il avait visiblement réussit à les motiver. On se retrouva ainsi répartis en équipes entre ceux qui s'occupaient de préparer le feu et les ustensiles, ceux qui s'occupaient de ramasser du bois et les derniers qui allaient acheter ce qui manquait. La cuisson avec le feu était imposée et surveillée, on était donc obligés d'aller chercher du bois pour le feu plusieurs fois. Je me retrouvais systématiquement dans cette dernière équipe avec les garçons, car les autres étaient assignés à la cuisine, vu qu'il n'y avait besoin de refaire les courses qu'une fois. Dans l'absolu, ça ne me gênais pas, mais la nuit tombait et Mitsuhiko-kun et Genta-kun s'étaient mis en tête de me faire flipper, notamment à coup d'histoires d'horreur et d'anecdotes sur leurs précédentes aventures qui ne me mettaient pas du tout en confiance. Conan-kun avait essayé de les modérer au début, mais il semblait s'y mettre à son tour, et ça ne m'amusait pas du tout.
-Je vous préviens, si vous me faites peur et que je vous balance une bûche à la tronche, ne me tenez pas pour responsable, même si ça vous crève un œil, les prévins-je.
L'idée de perdre un œil, surtout pour une raison aussi bête, sembla les calmer un peu.
-Enfin, tu viserais quand même, non ? Demanda Mitsuhiko-kun, mal à l'aise. Ou tu te retiendrais en voyant que c'est nous.
-Dans la panique, non, on vise rarement, et on prend encore moins le temps de réfléchir. Hein Conan-kun ?
-Hem, il n'y a pas de raison que ça arrive de toute façon, on a quasiment assez de bois, on peut y retourner je pense ! Assura-t-il. En plus, ça devrait bientôt être prêt, vu la quantité de bois qui restait quand on est partis, on ne devrait pas avoir besoin de retourner en chercher.
J'eus à peine le temps de me détendre à cette idée qu'un cri perçant déchira les bois.
Et merde !
Posté le 06.01.2019
