Bonjour !
Je publie ce chapitre un peu en avance (la veille de la date prévue) car le chapitre des Tribulations d'une plante verte prévu jeudi dernier n'est pas sorti pour des petites raisons d'emploi du temps. Du coup, le chapitre arrive un peu plus tôt. Pour la suite des publications, dans cette fic les chapitres recommenceront à paraître le samedi et le mercredi pour les Tribulations d'une plante verte.
Parenthèse fermée, revenons au chapitre concerné...
Je reviens aujourd'hui avec une chapitre beaucoup plus court que le précédent. Et dont le titre laisse supposer un certain nombre de choses...
Bon et bien...
Bonne lecture !
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– Complications –
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Lorsque Maglor abattit le dernier orc, il fouilla du regard le paysage environnant à la recherche d'Ondine. Cette dernière s'était mystérieusement évaporée quelques minutes plus tôt alors qu'un orc était sur le point de la tuer. Tournant la tête, un éclat lumineux attira son attention. Et lorsque la lumière s'éteignit, la jeune fille en sortie un peu désorientée. Soulagé, il lui fit un grand sourire pour le perdre immédiatement. Une ombre se dressait derrière l'adolescente ! Voulant la mettre en garde, il hurla :
« Derrière toi !
Mais il était trop tard, la lame de l'orc transperça la jeune fille l'empalant sur son épée. Les yeux d'Ondine s'agrandirent sous la surprise et ses genoux ployèrent. Paniqué, Maglor chercha désespérément de quoi aider l'adolescente. Son regard se porta sur un arc et une flèche qui traînaient par terre. S'en emparant, il encocha la flèche et tira. Le trait mortel partit, frôla l'oreille de la jeune fille et se planta dans l'œil de l'orc qui bascula vers l'arrière, mort. Dans sa chute, son épée glissa et se retira du corps d'Ondine qui s'écroula sur le sol dans un hurlement de douleur.
Lâchant l'arc désormais inutile, l'elfe se précipita sur la jeune fille et la prit dans ses bras…
- Ondine ? Reste éveillée !
Mais l'adolescente ne répondait pas. Ses yeux à peine entrouverts étaient fixés sur le visage de Maglor et seule la douleur transparaissait sur son visage. L'elfe essaya tant bien que mal de tenir l'adolescente éveillée en l'appelant inlassablement par son nom, mais rien n'y fit. Ses yeux se fermèrent et elle sombra dans l'inconscience.
- Ondine ! Revient ! Ne meurt pas ! hurla-t-il paniqué secouant le corps inerte de son amie.
Mais cette dernière ne lui répondit pas. Seul sa poitrine se soulevait lentement par intervalles saccadés. Elle était en vie, mais à peine… Maglor souleva le pan de cape qui cachait le côté blessé de l'adolescente découvrant la blessure.
Cette dernière saignait abondamment entachant les habits de tissus. L'elfe déchira un morceau propre de sa tunique et l'appliqua sur la blessure afin d'endiguer le saignement. Mais, il eut beau changer inlassablement le pansement de fortune, le saignement ne s'arrêtait pas.
Maglor passa toute la nuit au chevet de l'adolescente espérant son réveil. Mais rien ne vint. Lorsque les premiers rayons du soleil éclairèrent le campement, l'elfe se réveilla en sursaut. A force de veiller Ondine, il n'avait presque pas dormi et avait finit par s'assoupir. Paniqué et en colère contre lui-même pour cet instant de faiblesse, il se leva et se précipita au chevet de la jeune fille.
Mais cette dernière était toujours inerte. Maglor prit sa main dans la sienne, guettant la moindre réaction de la part de son amie. L'elfe resta quelques minutes à attendre, espérant quelque chose qu'il savait impossible. Puis, se ressaisissant il examina à nouveau la blessure d'Ondine et ce qu'il vit le fit grimacer. Au cours de la nuit, la blessure s'était infectée et suppurait. Une étrange couleur verdâtre voir noire courait sous la peau de la jeune fille autour de la blessure. A en croire l'état comateux anormal dans lequel l'adolescente était plongée et les marques visibles, il était clair que l'épée était empoisonnée.
L'elfe sut alors qu'il ne lui restait plus qu'une seule chose à faire… Il devait amener Ondine jusqu'à la Vallée Cachée. Il n'y aurait que là-bas où Elrond, le Seigneur de la cité, pourrait sauver la jeune humaine. Il se pencha alors et, soulevant l'adolescente il reprit sa route en marchant le plus vite qu'il lui était possible.
Maglor marcha pendant plusieurs jours sans ne rencontrer personne. Il ne s'autorisait que quelques pauses aux ruisseaux et rivières qu'il traversait afin de recharger les gourdes ou pour nettoyer la blessure d'Ondine. De son côté, l'état de l'adolescente ne s'améliorait pas et allait même en s'empirant. La tache noire s'entendait de plus en plus autour de la blessure qui avait finalement cessée de couler, et la jeune fille ne donnait toujours pas de signe de réveil.
Ce ne fut que lors d'une pause au cours de laquelle l'elfe s'autorisait une petite sieste, pour avoir suffisamment d'énergie pour continuer, que l'adolescente s'éveilla. Ce fut un appel à peine audible qui réveilla le fëanorion…
- Maglor…
- Ondine ! Tu es réveillée ! s'écria-t-il en se précipitant.
- Tu n'es pas obligé de crier, je ne suis pas sourde… fit-elle remarquer un petit sourire en coin en essayant de se relever.
Mais, elle eut à peine bougée qu'elle poussa un cri de douleur et se laissa retomber en remarquant :
- La vache ! Ça fait super mal ! Qu'est-ce que j'ai ? C'est la blessure que m'a fait l'orc ?
- Oui… C'est cette blessure… répondit l'elfe évasif.
- Ce n'est pas beau à voir ? soupira la jeune fille. Pourtant, je ne sens presque rien et je me sens même en forme. Si tu m'aides à me relever, je pourrais continuer à marcher avec toi.
- Non… la coupa Maglor.
- Pourquoi ?
- J'ai déjà vu ça par le passé. Il y aura plusieurs moments où tu sembleras en bonne voie de guérison, et à chaque fois, le poison qui est en train de se répandre dans ton corps deviendra de plus en plus fort.
- Et je rechuterai…
- Ce sera de pire en pire, acheva l'elfe. Et le processus s'accélérera si tu bouges.
- Génial… Tu n'as pas de bonnes nouvelles ? Ce n'est pas que c'est déprimant mais un peu quand même…
- Nous ne sommes plus qu'à cinq jours de Fondcombe.
- Cinq ? se récria Ondine en regrettant aussitôt son coup d'éclat lorsque son côté gauche la brûla.
- Ce n'est pas aussi long que tu ne le crois. En plus, je te porterai tout du long et nous continuerons aussi la nuit. Tu verras, il y a de très beaux paysages sur le chemin… Nous arriverons par l'Est de la ville et…
L'elfe s'interrompit. A côté de lui, la jeune fille avait replongé dans l'inconscience et ne pouvait plus l'entendre. Attendrit et triste de se retrouver à nouveau seul, il se pencha vers l'adolescente et murmura :
- Je ne sais pas si tu es vraiment mon âme-sœur. Mais, que tu le sois ou pas, je suis incapable de t'abandonner… Je te porterais jusqu'en Aman si cela pouvait te sauver la vie. Alors, dis-toi que cinq jours de marches ne sont pas si énormes.
Replaçant une mèche de cheveux rebelle derrière l'une des oreilles de l'adolescente, il se laissa aller à des idées folles. Puis, considérant qu'il avait perdu assez de temps. Il chargea à nouveau Ondine dans ses bras et reprit sa route.
Pendant les jours qui suivirent, la jeune fille ne fut consciente que quelques minutes ce qui permit à Maglor de l'aider à boire quelques gorgées d'eau. Rien d'autre ne vint troubler le périple de l'elfe au travers du Rhovanion. L'elfe marcha même si vite que vers la fin du quatrième jour, il passa les portes de Fondcombe.
Par chance, il s'agissait d'un moment où Ondine était plus ou moins éveillée. Et même si le poison s'était rependu dans presque tout son corps, elle parvenait tout de même à garder ses yeux à peu près entrouverts. Lorsque Maglor s'engagea sur le pont de pierre qui menait à une place circulaire à l'entrée de la ville, il murmura à l'attention de la jeune fille :
- Regardes ! Nous avons réussi, nous sommes à Fondcombe.
- Super, put-elle seulement souffler à bout de force.
Le voyage avait sapé toutes les forces de la jeune humaine et le poison avait achevé le travail. Ainsi, lorsque le Seigneur de la cité arriva en haut des marches qui surplombaient l'esplanade, l'adolescente ne le vit pas venir trop concentrée à ne pas perdre une énième fois connaissance. Elrond descendit majestueusement les marches et vint se camper devant Maglor pour le saluer froidement :
- Père… Que faites-vous ici ? Il me semblait avoir été clair… Vous n'êtes pas le bienvenu.
Maglor planta son regard dans celui de son interlocuteur et lui répondit froidement :
- Je ne viens que par nécessité. Et, je ne suis pas revenu simplement pour voir votre réaction… Dans ce cas, je m'y serais pris autrement…
- Vous croyez vraiment qu'il est judicieux de vous disputer ? Souffla Ondine coupant les deux elfes. S'en est presque ridicule… ajouta-t-elle avant de tousser fortement.
Se faisant, elle avait placé sa main devant sa bouche et quand elle la retira, elle était couverte de sang.
- Oh non… souffla-t-elle avant que sa vue ne bascule à nouveau et qu'elle manqua de perdre connaissance.
- Ondine ! s'écria Maglor en sentant la jeune fille se recroqueviller dans ses bras.
Elrond se précipita et attrapa le poignet de l'adolescente à la recherche de son pouls. Celui-ci était faible et irrégulier… Le guérisseur jeta un œil à la blessure de la jeune humaine et grimaça. Puis, il se retourna et donna quelques ordres en Sindarin à deux elfes qui étaient restés en arrière. Enfin, s'adressant à Maglor, il affirma :
- Nous reprendrons notre discussion plus tard, il nous faut tout d'abord stopper le poison, ou elle ne passera pas la nuit.
Et guidant Maglor dans la ville, il s'en fut laissant le soin à son interlocuteur de le suivre.
Ondine n'avait été qu'à peine consciente du trajet. En de rares occasions où elle était sortie du coma, c'était la plupart de temps lorsque Maglor la portait. Elle avait parfois réussie à entrouvrir ses yeux, mais l'elfe ne l'avait pas remarqué. Il était trop concentré sur le chemin à parcourir… Ainsi, lorsqu'Elrond demanda au fëanorion de le suivre, la jeune fille était à peine consciente. Garder les yeux ouverts était même passé au-dessus de ses forces. Soudain, dans le brouillard de la douleur qui l'enveloppait, elle sentit qu'on la déposait sur un matelas et qu'on appliquait quelque chose sur sa blessure. Dès que le contact avec la blessure se fit, l'adolescente hurla de douleur. Puis, ce fut à nouveau le noir.
- Allongez-la ici, ordonna Elrond en indiquant un matelas.
Maglor s'exécuta et s'éloigna de quelques pas.
- Vous allez devoir sortir… ajouta le semi-elfe.
- Il n'en est pas question !
- Ce n'était pas une suggestion, c'est un ordre !
N'ayant pas d'arguments pour rester, le fëanorion jeta un dernier regard à Ondine, puis quitta la pièce. Elrond se tourna vers la jeune fille et, prenant de l'athelas il appliqua la plante curative sur la blessure de l'adolescente en psalmodiant une prière de guérison. A peine eut-il commencé que la jeune humaine hurla de douleur et sombra définitivement dans l'inconscience. Son réveil ne dépendait maintenant plus que de sa capacité à soigner la blessure de l'adolescente.
L'elfe passa toute la nuit et le jour suivant à soigner Ondine, sans succès. Il y avait comme un blocage qui se faisait dès qu'il tentait de retirer le poison qui courait dans les veines de la jeune fille. Et ce blocage lui était horriblement familier. C'était exactement ce genre de problèmes qu'il avait dû combattre lorsqu'il avait essayé de soigner sa bien-aimée, Celebrian. La blessure n'avait pas été aussi grave, mais un poison inconnu et semblant incurable avait aussi été présent.
De fatigue et de désespoir, Elrond se laissa tomber sur une chaise. Il avait tout essayé, toutes les plantes, les cataplasmes… Tout. Mais rien n'avait pu stopper le poison… La seule chose qu'il avait réussi à faire avait été d'enrayer la propagation de la toxine, mais il était tellement répandu dans le corps de la jeune fille que cela ne servait qu'à retarder le moment fatidique où le poison atteindrait le cœur ou le cerveau de l'adolescente causant des dégâts irréparables, et la mort. Se relevant, le Seigneur de la cité se rendit à la fenêtre de la chambre et regarda au-dehors cherchant dans sa mémoire un quelconque remède qu'il n'aurait pas essayé. Mais, rien ne venait… Soudain, au creux de son esprit, une voix qu'il n'avait pas entendu depuis longtemps lui dit :
- Il y a une chose que vous oubliez sans cesse…
- Dame Galadriel ?
- C'est moi qui vous ait envoyé cette jeune fille.
- Elle a été blessée gravement durant le trajet et il m'est impossible de la guérir. C'est au-dessus de mes compétences.
Un court silence accueilli sa réponse…
- Dans ce cas, il va vous falloir demander de l'aide…
- A qui ? l'interrogea Elrond. Je ne connais personne dans les environs qui ait des talents pour la guérison.
Il y eu un nouveau silence comme si son interlocutrice télépathique soupirait de désespoir. Puis, la voix de la Dame des Galadhrims revint :
- Demandez de l'aide à Ondine…
- Mais… Elle est inconsciente !
- Son esprit l'est peut-être mais pas le pouvoir renfermé dans le collier qu'elle porte…
- Un… collier ? s'étonna l'elfe.
La mention très précise de cet objet lui ramenait des souvenirs en tête.
- Vérifiez par vous-même…
Elrond retourna au chevet de la jeune fille et dégagea le cou d'Ondine. Comme l'avait dit Galadriel, un collier y était accroché et brillait doucement dans la pénombre du soleil couchant.
- Comment est-ce possible ? Il me semblait que les Cinq avaient disparus avec Elaiano…
- Celui-là nous est revenu…
- Comment ?
- Là n'est pas le sujet. La réponse est cachée quelque part dans les souvenirs manquants de cette jeune humaine. Mais, si nous souhaitons obtenir des réponses, il vous faut d'abord la sauver. Vous savez toujours faire une liaison ?
- Je ne l'ait jamais pratiqué, mais je connais la théorie.
- Alors, je vous laisse, souffla la voix de Galadriel. »
Puis, son esprit se retira laissant le semi-elfe seul face à l'adolescente. D'abord hésitant, Elrond n'osa pas tout de suite tenter cette fameuse liaison. Puis, comprenant qu'il n'avait plus le choix, l'elfe posa sa main droite sur le collier que portait la jeune fille et sa main gauche sur le cœur de sa patiente, et entama le processus de guérison.
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Je vous avez prévenu qu'il serait un peu plus court...
Mais bon... J'aime le suspense !
J'espère que vous avez aimé ce chapitre !
A la prochaine !
