Bonsoir à toutes et à tous !

Bienvenu pour ce chapitre 17 !

Avant de vous laisser avec les réponses aux reviews et une « bande annonce de ce qui vous attend ce soir, je voulais vous donner quelques précisions.

A partir de la publication du chapitre 18 qui marquera la fin de l'arc II, je me laiss semaines pour vous écrire la suite et fin de cette histoire (ce qui devrait normalement être largement suffisant). si je fais cela, ce n'est pas par mauvaise volonté, mais surtout parce que j'ai de nombreux projets sur le feu en même temps, et que, de ce fait, c'est assez compliqué de devoir tout gérer en plus d'un enfant en bas âge. Mais je refuse de laisser cette histoire en état d'abandon, alors je vais faire mon maximum pour que vous en ayez la fin avant le mois de mai.

Second point, pour l'arc III, si je réussis à faire assez de chapitres d'avance, je reprendrais mon rythme de postage initial, à savoir 1 par semaine et toujours de la même longueur.

Ensuite, pour ceux que cela intéresse, je me suis lancé dans l'écriture d'une Charmione (pour ceux qui savent ce dont il s'agit), et 2 lecteurs valent mieux qu'un ! j'ai déjà une beta lectrice, mais j'apprécierais vraiment d'en avoir une seconde, c'est toujours appréciable d'avoir plusieurs avis ! si vous êtes tentés, envoyez-moi un MP !

Voilà, voilà ! donc, pour en revenir à notre sujet principal, à savoir une question de temps, ce soir, vous aurez droit à une Elena à bout de force, une Bella très énervée, un jasper sur le point de craquer, un Carlisle désespéré et une prophétie ! alors, je vous donne envie ?

Réponse aux reviews :

Meli-BZH : bonjour Meli ! oh ! tu es donc la fameuse sœur qui voulait attendre la fin d'un blond sous le sapin pour lire l'histoire en entier ? je suis très heureuse de te « rencontrer » et de te voir arriver sur cette histoire !

Merci infiniment pour tes compliments, ils me touchent beaucoup ! comme je l'ai dit dans l'avant-propos, j'espère pouvoir poster un chapitre par semaine pour l'arc II, en espérant que je prenne assez d'avance pour pouvoir le faire, mais ne t'en fais pas, je ne la laisserais pas tomber !

Petite question, certes stupide, mais que j'adore poser : qu'aime-tu dans cette histoire ? as-tu des idées pour la suite ? n'hésite pas à répondre aux petites questions que je laisse en fin de chaque chapitres, c'est important pour moi d'avoir le retour des lecteurs !

Je te souhaite une très bonne lecture,
bisou
Mya


*** Bonne lecture ! ***


Chapitre 17 : ainsi va la vie

POV Rose

— J'en ai assez cette fois ci, Rose soupire Elena, posant sa tête sur mes cuises, en s'allongeant sur le canapé. Si personne ne fait quoi que ce soit, ce putain d'indien je le bute !

Je ne cache même pas mon rire, en l'entendant. Après tout, à quoi bon, de toute façon ? Chacun de nous a pu expérimenter à quel point Elena est à bout de nerfs ces derniers temps à cause de Jacob.

Oh, je lui accorde, il a dû en faire saliver deux ou trois, au lycée mais Forks et Salem sont deux mondes différents, et Elena ne joue clairement pas dans la même catégorie que lui, sur le plan amoureux !

— Que se passe-t-il, cette fois ci ? rie-je. Il est encore venu t'attendre à la sortie de ton examen ?

Je ne sais pas qui d'elle, Bella ou Charlotte a été la plus étonnée, il y a deux semaines, lorsqu'il est arrivé, tout sourire, devant le lycée, sur une moto sortie d'on en sait ou, pour lui proposer d'aller faire un tour avec lui.

Cependant, j'ai bien cru que, hier après-midi, nous allions la perdre, avec les stupidités de Jacob putain Black !

Deux semaines à devoir feinter pour le garder à distance d'elle, redoublant de gestes plus qu'affectueux envers Peter et Char, de temps passé avec Jasper ou Emmett, et de conversation maquillage avec moi et hier, il est parvenu à la faire enfin craquer.

Aucun de nous ne sait réellement quelle a été la teneur de leur conversation, ni même la raison de cela mais toujours est-il que, à un moment donné, elle s'est totalement figée, lorsqu'il s'est avancé vers elle, et durant plus de cinq minutes, nous avons retenu notre souffle, pour savoir ce qu'elle allait faire, lorsqu'elle reprendrait pied dans la réalité. Le tuer ? Le scalper ?

Pourtant, ce ne fut rien de tout cela. Même le fait qu'il ait eu le temps de la prendre dans ses bras, et de l'embrasser sur sa joue ne lui a rien fait.

Elle s'est subitement redressée, s'est dégager de ses bras en reprenant une inspiration puis elle s'est dirigée en courant jusqu'à la maison, avant de s'effondrer en chien de fusil sur le canapé, refusant d'adresser la parole à quiconque, et encore moins pour parler de ce qu'il venait de se passer.

— Je n'en peux plus Rose souffle t'elle, retenant un sanglot. Entre les révisions pour les exams, les examens, et les tentatives de Black pour m'embrasser, je en sais plus quoi faire.

— Dis-lui de te laisser du temps haussé-je les épaules, passant une main dans les cheveux.

Le fait qu'elle nous fasse une confiance à ce point sans bornes me dépasse totalement, mais je ne ferais rien pour aller à l'encontre de celui-ci. D'une certaine manière, elle me rappel Bella, au début ou nous l'avons rencontré, ou même lorsque nous avons vécus chez les Swan, durant deux semaines. Que cette période me semble lointaine maintenant…

— Je l'ai déjà fait Rosalie rie t'elle, très amère. C'est d'ailleurs à cause de cela, que nous nous sommes criées dessus, au départ, lui et moi, hier.

— Qu'a-t-il répondu ?

— Qu'il me laisserait le temps que j'avais besoin, mais que cela ne servait à rien de repousser l'inévitable. D'après lui, je finirais immanquablement par tomber amoureuse de lui termine t'elle, la mort dans l'âme.

Même si je n'approuve réellement pas la relation qu'elle entretient avec les deux Withlock, je sais une chose, c'est qu'aucun des deux ne va aimer ce qu'elle vient de me dire, lorsqu'elle leur en fera part… Que ce soit eux, ou même Jasper, chacun d'eux défend leur territoire avec une volonté farouche !

Je laisse le silence s'étendre encore, entre nous deux, alors que mes mains continuent de faire des cercles dans ses cheveux.

Si les entrainements avec les loups se sont passés, plus ou moins, sans heurt, dans un premier temps au bout de trois semaines, nous avons bien compris que la cohabitation, même uniquement en période de révision, serait inenvisageable.

— Rose ? souffle t'elle en tourant des yeux suppliants vers moi. Tu crois qu'on peut refuser une imprégnation ?

Sa question me prend au dépourvu. Certes, je n'aime pas les loups, bien loin de la même mais comment cette fille d'à peine dix-huit ans peut-elle refuser l'amour inconditionnel d'un homme, alors que, pour toute femme de notre espèce, c'est ce que nous cherchons, tout au long de notre immortalité ?

— Je pense que c'est à Jasper que tu devrais poser cette question répond-je prudemment, au bout de quelques minutes. Il sera plus à même de te répondre que moi.

— On parle de moi ? bougonne-t-il, décalant les jambes de l'humaine pour s'asseoir à leur place. Que puis-je faire pour me rendre utile ?

Sa position, en ce moment, n'est vraiment pas appréciable. Trois semaines ont passées, depuis qu'il a annoncé à sa compagne que son ex est aller se jeter dans la gueule du loup pour leur fournir des renseignements, et, depuis ce jour-là, il n'a même plus droit d'avoir accès à sa propre chambre.

Si, la première semaine, sa colère me semblait somme toute légitime au bout de trois, je commence réellement à m'inquiéter pour eux.

La colère de Bella, ce jour-là, a été phénoménale mais il l'a accepté sans broncher, comprenant qu'elle en avait besoin pour extérioriser la peur qu'elle avait pour Edward.

Mais ces derniers jours, aussi bien l'un que l'autre semble être au bout du rouleau, la fatigue jouant un rôle primordial dans leurs états, et les hormones de mon amie n'aident pas Jasper à aller mieux, malheureusement.

— Elena veut refuser l'imprégnation de Jacob, et je ne savais pas quoi lui répondre fais-je, me tournant vers lui en espérant une réponse positive.

— Il était temps gronde-t-il assez bas pour qu'elle ne l'entende pas, mais moi oui.

J'ai toujours su qu'il était plus proche de son clan que de celui des Cullen, peut-être est-ce la raison pour laquelle je me suis si bien entendue avec lui dès le départ, mais je ne m'attendais pas à tant de véhémence de sa part ! Et pourtant…

A sa manière, et surtout pour sa façon de nous mettre tous sur un pied d'égalité, Elena s'est forgé une place dans ce clan, au même titre qu'Angela ou Charlie, ainsi qu'Emmett et moi-même alors le voir prendre position pour elle ne devrait pas m'étonner.

— Pourquoi veux-tu rompre ce lien ? demande t'il tout de même, nous prenant toutes les deux par surprise. L'imprégnation te permettrait d'avoir ce que chaque femme recherche non ? Quelqu'un qui t'aime de manière inconditionnelle, qui soit prêt à tout pour te satisfaire, et j'en passe alors pourquoi refuser ?

— Parce qu'il ne me satisfera jamais grogne-t-elle. Comment un homme qui est censé m'aimer peut-il penser que le fait que j'aime plus que tout vivre ici, ou même dormir avec Peter et Char est une abomination qu'il fera tout pour changer ? Comment pourrait-il me satisfaire, alors qu'il ne voit que ce qu'il veut bien voir ? Comment pourrait-il me combler alors qu'il ne sait rien de moi ?

Sérieusement ? Ce putain d'indien se permet de dire de nous que nous sommes des abominations ? Alors que lui et ses amis métamorphes se changent en loups ?

— Peut-être que c'est parce que vous ne vous êtes jamais parler réellement hausse t'il les épaules. Peut-être que si vous vous asseyez et que vous preniez le temps de vous découvrir, vous verriez que vous avez plus en commun que ce que tu penses.

Je dois lui accorder, Jasper fait vraiment tout ce qu'il peut pour essayer qu'Elena obtienne ce bonheur que nous, de notre côté, nous mettons parfois une éternité à obtenir. Mais je connais cette étincelle dans son regard, à la petite humaine, et ce n'est pas de la gentillesse.

— Certes, nous avons pris un mauvais départ, lui et moi, Major gronde t'elle mais je ne me suis pas une seule fois permis d'insulter ses amis, ou même ce qu'il est profondément. Lui, en revanche, c'est une tout autre affaire !

C'est étonnant de voir à quel point elle peut paraitre effrayante, quand elle se redresse pour se poster face à nous, ses mains sur les hanches, et le regard furieux. D'une certaine façon, elle me fait penser à Emmett lorsqu'il a appris que Bella et Jasper faisaient plus que jouer aux petits chevaux le soir.

— Il dénigre mes amis, il dénigre mes croyances et ma façon d'être feule t'elle, méchamment. Certes, il le cache assez bien, mais je ne suis pas assez stupide pour ne pas comprendre entre les lignes, lorsqu'il me dit : « ne t'en fais pas Elena, lorsque tu viendras vivre avec moi sur les terres Quileutes, tu oublieras toutes ces conneries, et tu comprendras ou est ta place. ».

Aie ! Visiblement, le chiot avait oublié une chose importante, avant de commencer sa conquête d'Elena : avant d'être notre amie et une personne formidablement attirante d'après Peter, elle n'en reste pas moins une femme, et une femme très indépendante.

— Peut-être qu'il s'est juste emballé en te disant cela sourit en coin Jasper, pas le moins du monde désolé pour Black.

Elle éclate d'un rire puissant, sans joie, et réellement déstabilisant, même pour moi. Je pense sincèrement que de passer tant de temps avec nous lui a fait prendre des traits de notre personnalité qui vont lui faire défaut, plus tard, parce qu'en ce moment, j'ai l'impression de me voir, et c'est réellement déstabilisant. Mais j'aime cela.

— D'accord Jasper rie-t-elle encore une fois amère. Jouons à un petit jeu, toi et moi.

— Y a-t-il une chance pour que je puisse y échapper ? hausse-t-il un sourcil.

— Dis-toi que plus tu perdras de temps à me répondre, et plus longtemps tu resteras loin de Bella.

— Je peux monter dans notre chambre quand je veux la défie t'il.

— Le plus drôle, je crois, c'est que tu en es convaincu, alors que c'est tout l'inverse s'amuse-t-elle. Même s'il faut que je réquisitionne Emmett, Peter et Seth, crois-moi, tu vas rester dans ce fauteuil et tu vas réponse à mes questions.

Ceci, est le second point sur lequel je ne me serais jamais attendu à devoir m'appesantir, et pourtant, le premier signe que l'apocalypse est à nos porte réside dans cette simple phrase, malheureusement.

Les entrainements pour que les loups s'habituent à combattre avec nous ne se soit pas faits sans heurts, que ce soit d'un côté ou de l'autre mais voir cette cohésion, cette entente et cet amusement entre ces trois hommes à surement été la chose la plus édifiante de toute ma vie !

Cela ne leur a pris que quatre jours, avant qu'ils ne soient tellement à l'aise, les uns avec les autres, que nous les avons retrouvés, tous les trois assis sur la balancelle, à noter chacune de nous dans la piscine, en fonction de notre physique.

— Très bien rie t'il discrètement. Pose tes questions.

— Quel âge j'ai ? attaque-t-elle.

— Dix-neuf ans, pourquoi ? fronce t'il les sourcils.

— Quelle est ma passion dans la vie ? fait-elle, après avoir secoué la main pour effacer la question qu'il lui avait poser.

— Tout dépend répond-il prudent. Je dirais que dans le cadre scolaire, ce sont les maths et les algorithmes, et que pour la partie plus personnelle, c'est simplement passer du temps avec ta famille, ou résoudre des mystères.

Je commence doucement à comprendre le fil de pensée de la petite humaine, et je ne suis pas la seule, si j'en juge le sourie en coin qui grandit, à la fin de la réponse de mon frère. Visiblement, Elena avait juste besoin de cracher sa colère sur quelqu'un, et Jasper était le coupable tout désigné.

— Il ne me connaît pas Jasper soupire t'elle en s'asseyant sur la table basse, la tête entre les mains. Il croit que j'ai dix-sept ans, et que dans la vie, j'aime la natation… Mais merde quoi ! Pourquoi le destin voudrait que j'aie une âme sœur qui ne sache même pas que je deviens folle depuis des semaines, et qui ne veuilles pas comprendre que j'aime vivre avec des vampires, que je me sens en sécurité dans cette maison et dans le lit de Peter et Char, plus que dans celui de ma maison d'enfance !

J'entends ses sanglots discrets et silencieux se bloquer dans sa gorge, mais l'odeur salée de ses larmes vient frotter contre ma langue, m'apportant une preuve, s'il m'en fallait une de plus, que cette fille est juste sur le point de craquer.

— Toute ma vie, j'ai voulu être parfaite, que mes parents m'aiment, que ma tante m'aime, que mon frère soit fier de moi, que mes études soient exemplaires et enfin, trouver un travail qui soit parfait rie t'elle jaune.

— Et tu l'as très bien fait lui assure-t-il, se redressant doucement dans le canapé. Pourquoi tes parents ne seraient-ils pas fiers de toi ?

— Parce qu'ils sont morts par ma faute pleure t'elle en plantant son regard dans le sien. S'ils ne m'avaient pas accompagné à cette compétition de pompom girls, nous n'aurions pas eu cet accident, et ils n'auraient pas quitter ce monde. Mon frère ne se serait pas engagé dans l'armée pour fuir ma présence, et Gemma ne serait pas obligée d'endosser un rôle qu'elle exècre. Mais je ne peux pas lui en vouloir, qui voudrait d'une enfant comme moi ?

Cette petite me brise le cœur. Comment peut-elle croire que sa famille ne l'aime pas alors que Gemma prend de ses nouvelles tous les jours, que Luke, son frère, correspond avec elle aussi souvent qu'il le peut, et que ses parents l'ont adopté alors qu'ils avaient déjà un enfant, et la possibilité d'en avoir un second ?

— C'est profondément stupide ricane Jasper.

Je lui accorde, ce n'est pas du tout de cette manière que je l'aurais formulé, mais l'idée est là !

— Je te demande pardon ? gronde-t-elle. Qu'est ce qui est stupide ?

— Tout, du début à la fin sourit-il, narquois. Ce que tu ressens, cette déchirure, cette colère et cette douleur profondément ancrée, c'est juste la douleur de ne pas savoir pourquoi tes parents t'on abandonner à la naissance.

— Je ne veux pas en parler soupire-t-elle.

— Et c'est bien dommage, parce que Jenks pense avoir fait une découverte rie-t-il, avant de l'arrêter quand elle ouvre la bouche. Mais l'autre partie de tes sentiments, celle qui regroupe la haine, la tristesse, l'angoisse et l'envie de violence, c'est uniquement de la culpabilité, et c'est ce qui finira par te tuer, si tu te laisses envahir par elle.

Aussi bien elle que moi savons que nous pouvons lui faire confiance sur ce point. La culpabilité a surement été la raison même grâce à laquelle il est resté « en vie » si longtemps, dans les rangs de Maria.

— Pourquoi dis-tu que tu deviens folle ? fronce t'il les sourcils, vrillant son regard au sien.

— Je… commence t'elle, incapable de continuer. Laisses tomber, c'est surement un effet de mon imagination.

Je ne suis, certes, pas une empathe, mais je sais assez décrypter le langage du corps chez l'être humain pour savoir que derrière le sourire joyeux de façade, la peur est bien présente, et qu'elle croit profondément à ce qu'elle a dit. Elle a vraiment l'impression de devenir folle.

La dernière personne que j'ai entendue se décrire comme ayant eu l'impression d'être folle était Alice, et si Elena commence à croire que la folie la guette, je sais que mon frère et moi l'aiderons à y voir plus claire.

Parce que, même si je ne l'aime pas et ne l'ai jamais aimé, voir le petit lutin se renfermer de plus en plus, n'accepter de sortir se nourrir que lorsqu'Esmé la force, et sinon, le reste du temps, tenter d'avoir des visons d'Edward est sincèrement déstabilisant.

Je ne l'ai jamais connu aussi apathique, aussi foutrement seule et pourtant dans une colère monstre envers Jazz et Bella. A croire que si son frère est parti faire la première chose qui pourrait être considérée d'héroïque dans sa vie, soit entièrement leur faute.

— La dernière personne qui m'a dit croire qu'elle devenait folle reprend-il doucement, posant sa main sur son genou c'est Bella. Et ce jour-là, nous avons découvert qu'elle était le Phoenix. Alors crois moi, s'il te plait, quand je te dis que peut importe à quel point tu penses être stupide, je préfère que nous l'entendions maintenant, plutôt que d'apprendre, plus tard, que tu es en danger parce qu'aucun de nous ne t'as aidé.

Etonnement, un lien étrange semble s'être créer, entre eux deux, depuis le jour où elle lui a demander de rechercher ses parents. A partir de ce jour, Elena à tout fait pour que Jasper ne soit jamais en première ligne, acceptant même de se dévouer comme médiatrice entre les loups et nous, durant les négociations sur la création de notre alliance.

— Je… balbutie-t-elle avant de déglutir fortement. Parfois, quand une émotion est vraiment très vive, je veux m'évader. De toutes mes forces. De toute mon âme. Et parfois, j'y arrive.

— Explique-toi.

Visiblement, sa réponse semble avoir titillé l'instinct de mon frère puisqu'il s'assois sur le bord du canapé, ses coudes sur les genoux, et les mains jointes sous son menton, les sourcils froncés sous la concentration.

— Hier débute t'elle, gênée quand je me disputais avec Jacob, j'avais juste envie de m'enfuir loin, de retourner chez moi, chez Gemma, dans ma chambre. Et je crois que j'y suis arriver.

— Peut-être que ton esprit t'a simplement offert une image mentale réfute t'il.

— Ce n'était pas la première fois nie t'elle en secouant la tête. Il y a quelques jours, j'étais en pleines révisions, et j'avais juste envie de pouvoir profiter de la piscine durant quelques secondes.

— Et ?

— Et je me suis retrouvé dans la piscine, tout habillée fait-elle, sa bouche se tordant sur le côté. Quand je suis revenu à moi, j'étais toujours sèche, mais je suis certaine d'avoir été dans la piscine à ce moment la Jasper. J'en suis sure.

Se pourrait-il que Bella ne soit pas la seule humaine de notre connaissance à savoir faire des choses aussi anormales ? Serait-ce la raison pour laquelle elle ne semble pas avoir peur en notre présence ?

— C'était la première fois ? demande-t-il, sa concentration à son summum, malgré la grimace de douleur qu'il tente de cacher.

— Non secoue t'elle la tête. Ce phénomène étrange à commencer il y a deux ans environs. Juste après le décès de mes parents.

Elle a beau avoir souffler sa phrase en tentant de rester digne, une larme unique dévale ses joues et me fend, une nouvelle fois, le cœur. Combien d'humain brisés rencontrerons nous, au cours de notre vie ?

Le grondement féroce de Jasper nous prend de court, lorsqu'il se relève subitement, les yeux braqués sur le plafond en direction de sa chambre et nous avons seulement le temps de l'entendre grogner qu'il revient vite, avant de le voir s'enfuir par les escaliers.

— Tu crois qu'il est allé voir Bella ? sourit-elle doucement, malgré sa douleur.

— J'espère bien, parce que trois semaines à les voir se repousser, même si c'est reposant pour moi qu'Emmett arrête de grogner à chaque fois qu'ils couchent ensemble, c'en devient vraiment frustrant !

Elle éclate de rire, mais je ne peux pas lui en vouloir. Tous, dans cette maison, de même qu'au lycée, nous marchons sur des œufs, pour éviter de déclencher la colère de la future mère, et ce n'est pas aussi facile que c'en a l'air.

— Je te parie dix dollars qu'elle le fait mariner encore un Week end sourit-elle.

— Prie plutôt pour qu'elle accepte d'être dominée, cette fois ci, parce que, sinon, je peux t'assurer que Jasper serait capable de laisser le chiot te courir après pendant encore des plombes !

Ce n'est pas juste de lui faire peur de cette manière, ni même d'attiser sa colère mais ma frustration arrive à son point culminant, ces derniers temps, et je trouve de l'amusement là où je le peux, et hormis les relations quasi inexistantes de ces deux-là, et celle entre Charlie et Angela je ne trouve plus vraiment de quoi m'amuser, ces derniers temps…


POV Jasper

Trois putains de très longues semaines ! Combien de temps encore va-t-elle m'ignorer, me refuser le droit de venir même dormir dans notre lit, ou simplement me parler ? Bordel ! même Peter à arrêter de se foutre de moi, pour devenir inquiet pour nous !

Le seul avantage, aussi risible soit-il, à cette situation, est le fait que, depuis ce jour maudit ou saint Cullen s'est découvert des couilles je peux enfin ressentir toutes ses émotions à chaque instant, même si, je ne me le cache même plus, j'aurais préféré ressentir autre chose que de la colère ou de la haine venant d'elle.

Mais il semblerait qu'elle soit encore très proche d'Edward, et même le fait qu'il nous appel toutes les semaines pour nous donner l'avancée de ses découvertes ne la fait pas changer d'avis. Elle est en colère contre le monde entier, et elle se venge autant qu'elle le puisse.

— Arrête cela tout de suite Isabella ! grondé-je, après avoir défoncer la porte.

Pendant notre conversation, à Rose, Elena et moi, dans le salon je l'ai sentie atteindre un nouveau pique dans sa colère, et celle si c'est transformer en fureur, avant de se teinter d'une haine féroce qui me déplait fortement !

Trois semaines à attendre qu'elle me parle, qu'elle me dise la raison pour laquelle elle m'en veut à ce point, et pourquoi elle refuse même de parler aux autres présents à cette réunion et la seule chose qu'elle fait, en me voyant débarquer, c'est me lancer cette putain de regard réfrigérant avant de lever le menton et d'aller s'asseoir sur le lit, serrant un oreiller contre sa poitrine.

Chose étonnante, depuis qu'elle a totalement abaisser son bouclier, je ne parviens plus à ressentir la moindre émotion venant du bébé ce qui m'empêche de dormir des heures durant, en me demandant la raison de son silence, à lui.

— Que veux-tu Jasper ? siffle-t-elle. Tu as besoin de te défouler sur quelqu'un ? Viens donc, je suis ton homme !

Je les reconnais ces signes ! Putain mais comment ai-je fait pour passer à côté, alors que, maintenant que je le vois parfaitement, j'aurais dû les comprendre bien plus tôt !

J'avais mis sa beauté de plus en plus développée, de même que sa poitrine légèrement plus grosse sur le compte de sa grossesse mais allié à ses émotions beaucoup trop fluctuantes et ses envies de combat à tout va, que ce soit contre moi ou contre n'importe lequel des vampires dans cette maison, j'aurais dû le voir plus tôt ! Merde !

Elle se transforme, et la transformation est sur le point d'arriver dans sa phase finale, malheureusement… Je me suis entrainé durant des décennies, j'ai gardé plus de nouveaux nés que je ne saurais en compter, et je n'ai même pas compris que la femme que j'aime, celle qui porte mon fils est arrivée dans sa phase finale !

J'aurais dû le comprendre… Aucune femme, même sujette aux hormones, ne pourrait être à ce point à fleur de peau ! Comment ai-je pu passer à côté de cela durant tant de temps ?

— Je ne vais pas me battre contre toi Darling soupiré-je, relâchant ma posture. Je veux simplement parler.

— Parlons, dans ce cas ricane t'elle, cynique. Dis-moi, pourquoi as-tu laisser partir Edward au combat ? Une peur refoulée que je ne retombe dans ses bras si c'était toi qui y allais ?

C'est bas, même pour un nouveau-né, mais elle semble avoir bien compris tout ce qui me dirige ces derniers temps, et la jalousie est un moteur très puissant, que l'on soit un homme, un vampire ou un loup, visiblement.

— Je te l'ai dit Bella levé-je les yeux au ciel, incapable de la fixer dans son regard noisette rougeoyant c'est lui qui s'est dévouer.

— Mais pourquoi ne pas l'avoir arrêté ? s'écrie t'elle, se relevant. Bon dieu Jasper ! Tu sais aussi bien que moi qu'il n'y a pas moins combattant que lui ! Tu l'as envoyé à sa propre mort juste parce que tu as peur !

Sa colère se mue en tristesse, durant quelques secondes, et j'ai même le temps d'apercevoir l'étincelle de tendresse, d'amour, en quelques sortes, qui point dans ses émotions, avant qu'elle ne se contrôle, et reprenne son visage de marbre.

— C'est un homme Bella soupiré-je encore une fois, me laissant tomber sur le lit. Si je l'avais empêché d'y aller, alors j'aurais refusé de voir qu'il avait murit, et que son amour pour toi est sincère. Tu as beau ne pas être sa compagne, il t'aime, ou bien il aime une partie de toi, je ne sais pas mais si je l'avais empêché de la faire, c'aurait revenu au même que si je l'avais émasculé.

Je ne pourrais jamais lui dire qu'il l'a fait pour elle. Ce n'est pas par jalousie, ni même par peur de la voir repartir vers lui c'est purement et simplement parce que je ne pourrais jamais lui laisser le fardeau de la mort d'Edward, s'il venait à être repérer. Elle a bien trop souffert pour cela.

— J'aurais préféré qu'il soir émasculer mais bien vivant, plutôt que partit je ne sais ou, et mort ! siffle-t-elle. S'il meurt Jasper, je ne te le pardonnerais jamais.

Et voilà une autre raison pour laquelle j'en veux à saint Cullen. Même alors qu'ils ne sont plus ensemble, même maintenant qu'elle a accepté d'être ma compagne et qu'elle porte mon enfant elle l'aime toujours autant, mais cet amour s'est mué en quelque chose de plus familial.

— Il va bien Darling, je te le promets.

Que c'est mal de lui mentir… Mais ressentir ce léger soulagement dans ses émotions est comme un baume cicatrisant sur mes plaies. Et pourtant, si elle savait à quel point pour lui s'est compliqué de garder en tête qu'il est végétarien, et qu'il n'est pas vraiment un combattant, elle comprendrait qu'il est en mauvaise posture.

— Quand doit il appeler ? soupire t'elle, cette fois ci lasse. Quand doit-il nous donner de ses nouvelles ? Quand rentre-t-il ?

— Il devrait rentrer pour le jour de votre remise de diplôme, ou dans le Week end qui suivra, Bella. Si cela peut te rassurer, je veux bien, même, aller le récupérer moi-même.

— Et te laisser y aller avec la peur que tu retombe dans les griffes de cette folle de Maria ? gronde t'elle, se mettant en position d'attaque. Même pas en rêve Major !

Et voilà ma femme ! souris-je en coin. Sa déferlante de possessivité pour moi, de haine contre Maria et cette montée d'adrénaline me font un bien fou, après toute cette noirceur qu'elle a ressenti ces trois dernières semaines.

— Dans ce cas, je reste encore avec toi souris-je un peu plus. Mais j'ai besoin de comprendre ce qu'il se passe Darling, j'ai besoin de comprendre pourquoi je ne peux plus sentir le bébé, pourquoi je ne l'entends même plus !

La réaction qu'elle a est vraiment inattendue, pour moi. D'un coup, elle détourne le regard, ses joues se colorant furieusement de rouge, alors que son gène me revient de plein fouet. Que se passe-t-il donc encore ?

— Darling ? la rappelé-je à l'ordre doucement. Explique-moi.

Elle souffle quelques mots, à peine assez élevé pour mon audition de vampire, et encore une fois, je me dis qu'elle sera prodigieuse, lorsqu'elle aura atteint son plein potentiel.

— Tu as sérieusement entouré le bébé avec ton bouclier ? demandé-je, incrédule.

— Je ne voulais pas qu'il ressente tout ce que moi je ressens soupire t'elle, se laissant tomber sur le lit. Je devrais être heureuse, je devrais être impatiente, et je devrais nager dans le bonheur mais tout ce que je ressens c'est de la colère, de la haine et de la douleur.

— Pourquoi es-tu en colère ?

Je me doute bien que sa colère est dirigée contre moi, mais je pense que j'ai besoin de l'entendre de sa bouche, pour l'accepter.

— Je suis en colère contre toi, parce que je me sens coupable vis-à-vis d'Edward commence t'elle en soupirant. Je me dis que si tu m'avais prévenu plus tôt de ce qu'il s'était passer durant cette réunion, alors peut être que j'aurais pu lui faire changer d'avis, qu'il aurait peut-être pris en compte mon opinion, même s'il ne m'aime plus.

— Tu as tort Bella soupiré-je en m'allongeant contre elle et en récupérant sa main dans la mienne. Il t'aime encore, même si c'est différemment d'avant, et je pense vraiment que tu n'aurais pas pu le faire changer d'avis, même avec toute la bonne volonté du monde. Alice l'a vu, et je pense que c'est pour cela qu'elle a littéralement Peter les plombs.

— Elle m'en veut Jasper souffle-t-elle. Je le sens tout le temps, quand elle vient à la maison, ou quand elle vient en ville. Elle m'en veut, et elle a mal. Et je ne sais pas quoi faire pour alléger sa douleur. J'aimerais tellement l'aider, mais je ne le peux pas.

Sa tristesse est perceptible même pour quelqu'un qui ne soit pas empathe. Ses larmes roulent sur ses joues, mêlant douleur et tristesse ses traits crispé et sa main plus fermement serrée dans la mienne me font plus de mal que la vague de souffrance qu'elle m'envoie.

— Je les aime toujours autant tu sais ? souffle t'elle contre mon cou. Même si je suis déçue de leur réaction à mon anniversaire, même si j'ai du mal à comprendre pourquoi ils t'en veulent, je les aime toujours comme si nous étions de la même famille, et savoir que je ne peux pas l'aider, que je ne peux pas apaiser la tristesse de Carlisle, la colère et l'apathie d'Alice, ou même la dépression d'Esmé, me fait me sentir minable.

Sa détresse est affolante, et son mal être est parfaitement audible mais elle parvient à gérer ses pleurs, alors que ma main passe dans son dos, pour la serer plus fortement contre moi.

Aucun de nous n'a eu le courage de lui raconter l'histoire d'Esmé, ni même la raison pour laquelle elle a été transformer par Carlisle, chacun de nous s'étant dit qu'elle devait garder l'image du vampire rencontrant son âme sœur. Mais Esmé est une mère dans l'âme, et c'est de voir son fils s'en aller, pour la seconde fois, qui est entrain de la briser.

J'ai eu du mal, au début de ma cohabitation avec les Cullen, à comprendre pourquoi elle prenait tant à cœur le fait de jouer le rôle de la mère de substitution, pourquoi chacun, même Rose, se laissait faire, alors qu'elle repoussait Carlisle. Mais la vie est une garce, et Esmé l'a découvert de première main…

— Malheureusement, l'on ne peut pas sauver le monde Darling soufflé-je, la tête dans ses cheveux. Parfois, il vaut mieux essayer d'apaiser les personnes de loin, plutôt que de foncer dans le tas, et espérer avoir des répercutions.

— Mais cela me fait mal Jasper chuchote-t-elle. Leur douleur, ta colère, celle de Peter et de Charlotte, la peine d'Emmett, la haine d'Elena, la jalousie de Jacob, et la peur d'Angela. J'ai l'impression de vivre dans un bocal fermé, avec toutes ces émotions qui alimente les miennes, et me rendent folles.

— C'est pour cela que tu as entouré le bébé avec ton bouclier ? froncé-je les sourcils.

C'est une chose qui me parait hautement dangereuse, que ce soit pour elle ou pour lui, d'autant plus à moins de trois semaines d'accoucher mais je peux comprendre l'instinct maternel qu'elle met en avant. A sa place, je suppose que j'aurais fait exactement la même chose.

— Sa vie avant la mienne Jasper sourit-elle contre ma peau. Il attend depuis trois cents ans de venir au monde, je crois qu'il a bien mériter un peu de repos, non ?

— Et toi, dons tout cela ? froncé-je les sourcils durement. Tu n'es pas indestructible Bella !

— Ce sera surement le seul cadeau que je pourrais te faire, avant de mourir, alors je veux qu'il soit parfait.

Mais putain ! Comment peut-elle dire une chose comme cela, la bouche en cœur et sa putain d'amour inconditionnel qui ressort alors que tout ce que je lui demande, c'est de partir loin, très loin, et de fuir ce combat ?

Elle se tend dans mes bras, consciente de la violence de mes sentiments en ce moment, mais je n'en ai rien à faire. Je donnerais tout pour qu'elle reste en vie la mienne, celle de mon enfant à venir, celle de toutes les personnes présentes sur cette terre tout pour qu'elle vive, et elle se permet de dire cela !

— Ne t'énerve pas Jasper souffle-t-elle. J'ai accepté le fait que ma vie s'arrêtera sous peu. Mais je te promets de me battre de toutes mes forces pour revenir vers vous, pour pouvoir enfin avoir le Happy End des contes de fée.

— Tu te mets à croire aux contes de fée maintenant ? ricané-je. Et moi qui croyait que le « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants » ne te tentait pas ?

— J'essaye d'élargir mes horizons rie-t-elle.

Mon geste la prend par surprise, mais elle se laisse faire de bon cœur lorsque je la retourne sur le matelas, ses poignets fermement retenus par ma main, et mes yeux plantés dans les siens, la dominant pleinement alors que ses jambes entourent mes hanches.

Jamais je ne pourrais me passer de son corps contre le mien, ni même de ses lèvres contre les miennes, ou bien de ses émotions dignes des plus belles drogues humaines. Elle est mon pécher originel, ma femme et ma compagne.

— Tu as intérêt de revenir vivante de la bataille, Isabella Marie Swan Withlock susurré-je, l'éblouissant sans m'en rendre compte sinon, je peux te promettre de venir te rechercher, en enfer même, s'il le faut, mais je ne passerais pas une éternité loin de toi.

— C'est ta manière de me demander de t'épouser ? rie-t-elle. Parce que ce n'est pas vraiment romantique. Ou sont les Roses ? Ou sont les violonistes et le diner aux chandelles ? Et où est ma bague ?

Une demande en Mariage ? Mais de quoi donc peut-elle bien parler encore ? Puis ce que je lui ai dit me percute, et si je n'avais pas cet ascendant dû à ma position sur elle en ce moment, je pense très sincèrement que j'aurais rougis comme une collégienne.

— Reviens vivante du combat, et je te promets le diner aux chandelles, les violons, la bague, et même la danse, s'il le faut souris-je en coin. Je suis même prêt à gouter à ton horreur de glace menthe chocolat, si tu me reviens.

Sa tête se penche légèrement sur le côté alors que ses yeux sont rivés aux miens. Très lentement, tout doucement, je sens enfin les émotions du bébé, j'entends enfin les battements frénétiques de son cœur et l'amour qu'elle me porte qui me font soupirer de contentement.

— Tu ronronne chaton éclate-t-elle de rire.

Instantanément, je retourne des mois en arrière, presque un an, à vrais dire lorsqu'elle m'a dit la même chose, et qu'à l'époque, j'aurais pu tuer cette petite humaine sous moi. Aujourd'hui, tout ce que je voudrais faire c'est lui faire l'amour, pour qu'elle comprenne qu'il n'y a qu'elle qui puisse me donner cela, cette envie de ronronner de contentement.

L'acceptation de notre lien a été long, que ce soit de mon côté ou du sien les sentiments ont eu du mal à se développer mais, finalement, je suis sûr d'une chose : Peter avait raison, et je suis une putain de bâtard chanceux.

— Je t'aime.

Je me fige en entendant les mots sortir de ma bouche. Plus de cent quarante ans se sont écoulés, depuis que je me suis fait transformer par Maria, et jamais je n'ai dit ces mots à quiconque, pas même à Alice, alors que nous sommes restés mariés plus de cinquante ans.

Mais enserré dans le carcan de ses jambes, ses yeux débordant d'amour et d'amusement, ses mains passant sous mon tee-shirt pour venir caresser mes abdos je me rends compte que je n'ai jamais été aussi sincère, autant dans le vrai qu'à cet instant.

Son regard s'écarquille et son toucher se fige, mais elle ne quitte pas sa position. Au contraire même, elle resserre ses cuisses contre mon corps, me rapprochant d'elle inconsciemment alors qu'elle se mord la lèvre.

La réaction est instantanée lorsque je la vois faire cela, et mes lèvres glissent doucement contre les siennes, dans une douceur qui ne me caractérise pas vraiment, mais qui semble apaiser tous ses tourments du moment, soupirant de bien être à cette rencontre.

— Redis-le supplie-t-elle à voix basse.

Je rie doucement, alors que mes lèvres reviennent jusqu'à son cou, embrassant la peau fine, si fine, et qui ne se trouve qu'à quelques millimètres de mes crocs en ce moment. Je donnerais tout pour pouvoir la transformer là, en cet instant, et la garder loin de tout cela.

— Sois Major de promo, et je te le redirais souris-je, m'amusant de son grondement.

— Tu ne crois pas que j'ai d'autres préoccupations en ce moment que d'être première du lycée ?

— Un deal est un deal Darling ricané-je, soufflant doucement contre sa peau, me délectant de sa chair de poule.

Elle me repousse vivement de son corps, nous faisant rouler sur le matelas pour venir s'asseoir sur moi, son regard dur se plantant dans le mien alors que je sens mon érection bouillonnante vouloir percuter son intimité. Qui aurait cru que le grand Major Withlock, le dieu de la guerre, serait à ce point excité qu'une femme le domine ?

— Surement pas gronde-t-elle.

— Si tu l'es souris-je en coin je te promets une soirée de rêve, avec les bougies, les violonistes, les Roses et la bagues. Si tu l'es, je te promets de te faire l'amour toute la nuit, peu importe si Garry se réveille et que je lui perfore le crâne. Je te ferais crier mon nom toute la nuit, le Week end complet même, s'il le faut.

Je pourrais entendre les rouages de son cerveau se mettre en route à l'heure actuelle, mais je préfère me concentrer sur sa lèvre pincée entre ses dents, sur son regard brillant de convoitise et sur le rougissement de ses joues.

Je n'aurais jamais cru que la virée dans notre ancienne vie l'aurait fait, à ce point, changer de point de vue sur le Mariage, mais elle semble accepter petit à petit l'idée, et je dois bien avouer que l'idée qu'elle soit, officiellement, ma femme me ravit un peu trop à mon gout.

Mais l'imaginer dans une robe blanche, belle comme une déesse vampirique, dévaler l'allée principale de ma maison au Texas, au bras de Charlie, et pouvoir être celui qui se tiens devant elle, au lieu d'être celui qui recite des cantiques, me donne des idées peu catholiques.

— Prépare-toi à ne pas dormir, dans ce cas, papy sourit-elle, narquoise. Parce que je vais me faire un devoir de ne pas te faire oublier ta proposition.

— N'oublie pas, toi non plus, que tu n'as plus qu'une semaine d'examens ricané-je, m'amusant de son air.

— Et toi, n'oublie pas que j'ai plus de ressources qu'il n'y parait susurre t'elle en venant déposer un baiser aérien contre ma jugulaire. J'étais déjà la meilleure élève du lycée de Forks, et maintenant je retiens les choses en les ayant lues une seule fois. Ce sera du gâteau.

— Dans ce cas, c'est plutôt de la triche, non ? soufflé-je, retenant un gémissement.

Je ne sais pas si elle se rend compte du pouvoir qu'elle a sur moi, de cette faculté qu'elle a de me tenir au creux de sa main juste par sa position sur mon érection et son balancement de bassin. Ou bien est-ce sa voix basse et ses lèvres courant sur mon torse ?

— Ce serait de la triche si tu ne m'avais pas proposé ce deal en parfaite connaissance de causes chaton.

Et putain qu'elle a raison… Je savais déjà qu'elle pourrait réussir tout ce qu'elle entreprendrait, si tant est qu'elle ait la motivation nécessaire pour le faire mais savoir qu'elle ne refuse pas en bloc ma demande me fait presque autant d'effet que ses petites mains qui commencent à ouvrir mon jeans.


POV Carlisle

Edward. Mon premier compagnon. Mon premier fils. Le premier des sept membres de ma famille. Le plus morose et le plus en recherche de l'amour. Si heureux lorsqu'il l'a trouvé, et si déprimé lorsqu'elle est partie…

Je pourrais détester Bella de l'avoir quitter, je pourrais la détester d'avoir succomber aux charmes sauvages de Jasper, je pourrais lui en vouloir pour la dépression profonde qu'Edward a vécu pendant cette séparation. Mais je ne le peux pas, malheureusement…

Certes, je ne peux plus contester le fait que Jasper et Bella soient des compagnons, même si je le voudrais du plus profond de mon âme pour Edward mais je voudrais vraiment pouvoir revenir un an en arrière, et faire que cette histoire se termine de manière moins dramatique.

Et maintenant Edward est parti je ne sais ou, pour aller espionner une seigneur de guerre vampirique implacable, obligé de retomber dans ses vieux démons tandis que chacun de nous s'inquiète pour lui à longueur de journée.

Esmé tente de faire passer sa peur pour Edward pour une simple tristesse, mais j'arrive à percevoir derrière le masque, j'arrive à voir que ses yeux n'ont pas désemplit du venin permanant qu'ils contiennent et qu'elle essaye de l'appeler tous les jours.

Mais celle qui supporte le moins cette situation reste Alice… trois semaines que je la vois aller de mal en pis, transformer sa peur et sa tristesse, son sentiment de trahison par une colère froide et brute à l'encontre de Bella et le reste du temps, elle reste juste apathique, allongée dans son lit à chercher encore et encore le futur d'Edward.

— Carlisle m'appelle Esmé depuis la cuisine il faut que tu parles à Alice. Il faut qu'elle sorte de cette maison, qu'elle se nourrisse !

Cette conversation, nous l'avons tous les jours depuis trois semaines et malheureusement pour elles, je suis à bout de force, à bout de nerfs aussi. Je connais assez Alice pour savoir qu'elle ne fera rien, et qu'elle n'écoutera rien de ce que je pourrais dire. Parce que son frère lui manque. Parce que son meilleur ami est en danger et qu'elle ne peut pas contrôler ce qu'il va se passer.

— Esmé elle ne veux pas m'écouter et tu le sais très bien soupiré-je, prenant sur moi pour garder ma colère sous contrôle.

— Mais elle va finir par dépérir ! s'énerve-t-elle. Bordel Carlisle ! tu ne l'as peut-être pas transformé, mais elle est quand même notre fille ! alors fait quelque chose !

J'aime ma femme plus que tout au monde, mais dans un cas comme celui-ci, je préfèrerais largement qu'Esmé soit uniquement un membre de mon clan et non ma compagne. Mais devoir combattre l'obligation du lien de compagnonnage est compliqué, d'autant plus que la peur et la colère d'Esmé est extrêmement palpable, même pour moi qui n'est pas empathe, cependant, après avoir passer des années, des décennies même à soigner des humains, je sais reconnaitre les signes, et ceux-ci sont très présents malheureusement…

A vrai dire, tout dans cette histoire, dans cette année écoulée, est malheureux…de l'attaque du clan de James, jusqu'au départ d'Edward dans le clan de Maria, le tout en voyant peu à peu ma famille se désagréger.

Je ne saurais dire à partir de quand cette situation à commencer. Est-ce au moment où Jasper à demander le divorce à Alice ? Au moment où Rosalie a décidé de couper les ponts avec nous ? Avec la séparation d'Edward et Bella ?

— Elle est un membre de mon clan Esmé soupiré-je, m'asseyant sur le canapé mais je ne la forcerais pas à faire ce qu'elle ne veut pas faire !

— Mais elle est ma fille ! sanglote t'elle, son visage dans ses mains. J'ai besoin qu'elle aille bien.

Et voila la raison pour laquelle parler avec ma compagne en ce moment est si compliqué… Esmé ne s'est jamais remise de la fausse couche qu'elle a fait avant que je ne la retrouve à la morgue et la transforme.

Je ne lui ai jamais demander de me parler de sa vie à l'époque parce que je sais que c'était un enfer pour elle. Entre les coups, les viols, les maltraitances et les abus en tout genre je comprends qu'elle ait choisit de sauter de cette falaise…

Alors, dans un soucis de calmer les peines, les cicatrices et le mal-être de ma femme, je lui ai offert une famille, en lui offrant Edward comme premier fils, une sorte de substitut de son enfant décéder.

— Je vais voir ce que je peux faire soupiré-je en me levant. Mais si elle ne souhaite pas sortir, je n'irais pas à l'encontre de son avis Esmé. Elle a besoin de personnes qui lui prouvent qu'ils tiennent à elle, qui comprennent que toute cette situation est vraiment merdique et qu'elle est comprise.

— Fais de ton mieux.

— Pas la peine.

En haut des escaliers, dans une robe en maille marron, les yeux cernés de veines du même noir que ses pupilles Alice chancèle doucement jusqu'à nous, offrant un sourire compatissant à Esmé et une étreinte pour moi-même.

Je ne pensais pas cela possible, mais il semblerait que le départ d'Edward l'ait si profondément blesser qu'elle en soit sur le point de tourner à la folie…encore une fois…

— Merci à vous deux de prendre soin de moi sourit-elle d'une petite voix. Merci d'essayer de comprendre qu'Edward me manque.

Un regard de connivence passe entre les deux femmes de la pièce, puis Esmé lui tend la main et après un simple baiser remplit d'amour, elle la conduit dans la foret pour une partie de chasse qui sera très fructueuse je n'en doute pas !

— Enfin une bonne nouvelle ! soupiré-je, heureux.

Peut-être que la lumière va enfin s'éclairer au bout du tunnel dans lequel nous avons sombrer depuis un an. Et peut-être que ce coup de téléphone sera une autre bonne nouvelle qui sait ?

— Tien, Peter murmuré-je en décrochant. Que se passe-t-il ? Tu as eu des nouvelles d'Edward ?

— Malheureusement non, pas encore Carlisle, je suis désolé.

Evidement… il ne pouvait pas y avoir une double bonne nouvelle aujourd'hui… Mon fils se trouve encore en mauvaise posture, et aucun de nous ne peux l'aider à en sortir…

— Dans ce cas pourquoi m'appeler ? demandé-je franchement intrigué.

— Je voudrais que tu viennes examiner Bella s'il te plait.

Oh, bien sûr. La grossesse de Bella. Cette chose qui a fait tant de mal à Edward lorsqu'il l'a appris et à manquer de rendre Alice folle. Et pourtant, je ne parviens pas à lui en vouloir pour cela non plus.

Je sais que chacun de nous aurait adorer la garder à nos côtés pour l'éternité et d'une certaine façon elle le restera puisqu'elle est la compagne de Jasper. Mais elle est enceinte d'un autre qu'Edward, et mon instinct de « père » fait que j'en veuille à mon ami.

Alors pourquoi aller examiner Bella, n'est-ce pas ? Tout simplement parce que, pour ma part, je la considère toujours comme ma fille, même si elle est toujours une humaine et que je redoute le jour ou cet enfant va naitre. Parce que la naissance d'un hybride est toujours la raison d'une transformation.

Le jour où nous avons appris cette grossesse, cela a fait l'effet d'une bombe dans notre petite famille… bientôt 4 mois, et le médecin, tout comme le vampire en moi sait que la date d'expiration de l'humanité de Bella arrivée malheureusement à son terme.

Tout ce que j'espère, c'est qu'Edward ne sera pas rentrer à ce moment-là, parce que la pilule sera extrêmement difficile à avaler.

— J'arrive soupiré-je. donne-moi simplement cinq minutes.

— Tu seras assisté par la tante d'Elena.

— Gemma Stevenson ? froncé-je les sourcils.

— Elle-même ! rie t'il. Elle est la gynécologue de Bella et elle ne se laissera pas examiner si elle n'est pas là.

— D'accord.

Un an en arrière, c'est si je n'avais pas été là, qu'elle aurait refusé de se laisser examiner ! Comme quoi, tout le monde change. Dans la vie, certaines personnes parviennent à anticiper les changements pour moi, tous ceux-là me font l'effet d'un coup de poing.

Comprendre que les humains nous influencent bien plus que nous ne le pensions, que les liens que nous pensions éternels sont plus fragiles qu'un fil de soie, que la famille n'est qu'un vase en cristal n'attendant qu'un souffle de vent pour se briser tout cela, je ne l'en ai pas vu venir, et je pressens que l'équilibre du monde tel que je le connais, tel que je l'ai toujours connu est sur le point de se détruire.

— A l'étage Carlisle ! crie la voix de Peter.

Je ne comprendrais jamais comment lui, Jasper et Charlotte peuvent refuser de tenter le végétarisme. Pourtant, ils ont tout ce qu'il faut pour accepter ce mode de vie : la compassion envers la vie humaine, l'envie de se lier avec d'autres, des amis humains alors pourquoi ?

Dans la chambre de Bella et Jasper, cette première est en train de discuter à voix basse avec Gemma, une femme relativement charmante pour une humaine je dois dire mais le regard qu'elle pose sur moi me met mal à l'aise. Elle sait.

— Jasper souris-je crispé, hochant la tête dans leur direction. Bella.

Le sourire resplendissant de mon ex belle fille me désarçonne quelques secondes, avant que mon attention ne se reporte, encore une fois, sur la femme rousse à qui elle tiens la main fermement, et qui, elle, lui caresse les cheveux dans un geste apaisant.

— Avant que tu ne dises quoi que ce soit m'apprend Jasper personne ne lui a dit quoi que ce soit. C'est Elena qui lui a vendu la mèche.

— Et qui lui a dit, à elle ? grimacé-je. Bon sang Jasper ! Notre tête va être mise sur le billot avec tes conneries !

— Il n'a rien fait siffle Bella, protectrice. Elena l'a su la première fois ou elle vous a vu parce qu'elle a fait le lien avec les particularités de Rose et Emmett, comme moi je l'ai fait à l'époque.

— Edward et les Quileutes t'ont quasiment vendu la réponse sur un plateau d'argent levé-je les yeux au ciel.

Cette autre chose à bien changer. Jamais, auparavant, Bella ne se serait permis de faire une remarque de ce genre, et encore moins sur ce ton à un membre de la famille, mais il semblerait que de vivre avec Jasper l'ait changé. A moins que ce soit le fait d'être enceinte de ce même vampire.

— Qui d'autre est au courant ? soupiré-je en retenant ma colère.

— Charlie et Angela hoche la tête Charlotte.

— Magnifique ! ironisé-je. Au moins, maintenant, je sais à cause de qui je vais devoir être brulé !

Trois cents ans à errer sur cette terre, à faire mon possible pour rester loin du collimateur des Volturis, à garder ce régime végétarien qui a été si compliqué à tenir à l'époque au je vivais avec les régents de notre monde pour devoir mourir définitivement à cause d'une humaine ! L'ironie de la chose n'est-elle pas grandiose ?

J'ai passé une vie entière à tout faire pour protéger la race humaine, à les soigner, les sauver, les aider, parfois même au détriment de l'avis de mon propre clan et finalement, c'est un humain qui sera la cause de ma fin. Définitivement, la lumière au bout du tunnel arrivera bien plus vite que prévue, et ce ne sera qu'une mort lente et douloureuse, connaissant les Volturis…

— Charlie et Angela le savent grâce aux Quileutes soupire lentement Peter. Pour le cas d'Elena, elle avait déjà de très gros doutes avant même de connaitre Bella, donc aucun de vous ne sera et ne pourra être mis en cause dans la divulgation du secret.

— Mais les Volturis n'en auront rien à faire ! explosé-je, cette fois ci. Cela fait plus d'une décennie qu'ils cherchent à anéantir notre clan, à te récupérer toi, à récupérer Alice et Edward, et ils voudront surement récupérer Bella et votre bébé aussi, lorsqu'ils verront qu'elle attend votre enfant ! Ma compagne va être mise au bucher à cause de vos conneries ! Putain Jasper ! Vous ne pouviez pas réfléchir avant de vous lancer dans cette folie ?

Le peu, voir même le très rare nombre de fois où j'ai juré peuvent se compter sur les doigts d'une seule main, mais cette fois, je crois que j'ai atteint la limite du supportable pour moi.

— Mon fils est revenu à un régime classique pour faire plaisir à Bella, tu as blessé tellement profondément ma fille qu'elle est plus morte que vampire en ce moment ! Dis-toi bien que le jour ou toute cette histoire est terminée, je refuse de te voir revenir dans la vie de n'importe lequel de mes enfants !

Je m'en veux à l'instant même où j'entends le souffle coupé d'Emmett. Je sais pertinemment que Rosalie ne me pardonnera jamais de l'avoir transformer, et je sais aussi qu'elle fera tout pour réduire le nombre de visites à notre clan mais Emmett est aussi mon fils, le quatrième humain que j'ai mordu, mon benjamin.

— Tu ne sais pas ce que tu dis Carlisle souffle Bella, les larmes aux yeux. Je te promets que l'histoire est plus compliquée que cela.

— Alors explique moi ! fulminé-je. Explique-moi pourquoi ma famille est détruite depuis que nous t'avons rencontré ? Pourquoi j'ai dû supporter de voir Edward s'en aller pendant un mois après ton départ pour Salem ? Pourquoi Alice sanglote tous les soirs parce que Jasper lui manque ? Pourquoi ma compagne sanglote sur la mort de son fils ? Elle a tellement peur pour lui qu'elle préfère l'imaginer mort qu'en train de subir miles et unes tortures !

En temps normal, jamais je n'aurais passé ma colère sur elle, jamais je n'aurais pu lui dire ce genre de choses-là mais, pareillement à Alice, je préfère transformer ma peur, ma peine et ma trahison en colère pure et froide. Et malheureusement, pour la première fois de mon éternité, je comprends pourquoi il est si facile de s'en prendre à une humaine.

Elle sanglote dans son lit, tenant étroitement la main de Gemma, alors que son corps est serré contre celui de Jasper qui me lance un regard réfrigérant mais cela me fait un bien fou, de la voir blesser de la même manière que moi ou les femmes de ma famille.

— Peut-être qu'il serait préférable que tu t'en ailles Carlisle gronde son compagnon. Si tu n'es pas capable de passer au-dessus de tout ce que tu penses, il me semble plus juste que je trouve un autre médecin pour Bella.

— Et ou comptes tu trouver un docteur qui sache autant sur la grossesse vampirique que moi ? levé-je les yeux au ciel, pas intimidé pour deux sous par son ton. Chez les Volturis ?

Je ne lui laisse pas le temps de répondre, sachant parfaitement que j'ai raison, puis je pose ma sacoche sur le lit, lui faisant signe d'allonger sa compagne avant que Gemma vienne me rejoindre au pieds du lit.

— Elle semble être enceinte de près de huit mois m'annonce t'elle, raide comme la justice mais peut être que votre grande connaissance du monde des vampires va nous éclairer !

Comment est-il possible de faire passer tant de moquerie et de colère dans une simple phrase, alors qu'elle m'a toujours parue être la plus douce des humaines ?

— Je vais faire des examens déclaré-je, reprenant une posture plus professionnelle.

Sortant un appareil d'échographie portable de ma sacoche, je lui applique du gel sur le ventre avant de pouvoir observer le fœtus et malgré moi, je dois lui faire cette concession : elle a raison.

— Elle est presque à terme hoché-je la tête, après plusieurs minutes de silence. Je dirais qu'il ne lui reste plus que quelques jours avant d'accoucher, peut-être une semaine au grand maximum. Quand est-elle tomber enceinte ?

Cette question m'a intrigué depuis un très long moment. Même si je sais que Jasper n'a jamais rechigner à aller s'amuser avec des humaines à l'époque de Maria, je sais aussi que sa vie intime avec ma fille a été des plus platonique depuis des années. Alors combien de temps a-t-il pu attendre avant de prendre ce qui aurait, normalement, dû revenir à mon fils ?

— Elle est tombée enceinte il y a quatre mois m'apprend Jasper.

Comment est-ce possible ? Une grossesse vampirique dure, en moyenne, un mois, parfois deux au grand maximum mais là, devant moi, je suis sure qu'elle est enceinte de près de neuf mois, alors qu'il y a aussi longtemps, elle était célibataire, et Alice m'a assuré qu'elle n'avait eu aucun partenaire. Alors comment est-ce possible ?

Mais s'il est bien une chose de laquelle je puisse être certain, c'est que Jasper ne me mentirait pas, et encore mois si un de ses mensonges pouvait mettre la vie de sa compagne en jeu, et encore moins celle de son enfant.

— Je n'ai jamais entendu parler d'une grossesse de vampire qui dure aussi longtemps soupiré-je, clarifiant ma pensée. Je ne sais pas comment agir face à cela.

— C'est la raison pour laquelle je t'ai demandé de venir se manifeste Peter. Je savais déjà qu'elle n'aurait pas une grossesse normal puisqu'elle n'est pas une humaine normale, alors je me suis dit qu'en travaillant avec Gemma, tu réussirais peut-être à nous éclairer.

C'est bien la première fois que je peux entendre dans la voix de ce vampire une pointe de détresse mais s'il le fait, c'est bien que la situation est critique. Mais il a raison, Bella n'est pas une humaine normale, et je vais devoir revoir toutes mes connaissances à la hausse.

Mais quand donc Isabella Swan a-t-elle était une humaine normale ?


POV Angela

— Réveille-toi me souffle une voix dans le creux de l'oreille. C'est ton dernier jour d'examen.

Je souris doucement en reconnaissant le propriétaire de ladite voix. Charlie.

Quelle surprise cela a été, hier soir, de le voir débarquer à Salem, venant frapper à la porte de la maison que nous partageons, pour le début de ses vacances. Alors, doucement, j'ouvre les yeux pour tomber dans un regard chocolat vraiment très semblable à celui de Bella.

— Bonjour sheriff susurré-je en me collant à son corps. La nuit à était bonne ?

C'est la première fois depuis que nous sommes « ensemble », que je peux me réveiller dans ses bras, que je peux profiter de ces quelques minutes de calme avant de plonger tête la première dans la frénésie qui rythme cette cabane de fous.

Mais le pire, dans tout cela, c'est surement que je ne changerais rien à ma vie d'en ce moment. Certes, la peur de perdre ma meilleure amie, celle de perdre toutes les personnes auxquelles j'ai fini par m'attacher, même ceux qui sont censé être mes ennemis naturels, me terrifie.

Mais cette agitation me rappelle aussi qu'ils sont encore tous en vie, et que tant qu'ils le sont, alors rien n'est perdu. Et je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour faire perdurer ce sentiment à l'infini.

Juste pour ce regard chocolat plongé dans le mien, juste pour son léger sourire en coin alors que sa main remonte doucement contre mon flanc, juste pour son corps nu contre le mien. Oui, pour lui, pour eux, je suis prête à faire tous les sacrifices. Même les plus innommable. Même tuer.

— Surement la meilleure depuis une éternité, jeune fille sourit-il.

Je ne sais pas ce qu'il s'est passer après notre départ de Forks, la dernière fois, mais il semblerait que quelqu'un lui ait fait changer d'avis, et j'espère très fortement qu'il ne s'agit pas de Jacob Black, parce que je regretterais réellement de devoir baiser le sol qu'il a fouler…

Je n'aurais jamais cru qu'il aurait si facilement accepter de laisser de côté ses principes, ou, tout du moins sa répugnance pour le fait d'avoir une relation avec une femme à peine majeure mais il a l'air bien plus détendu que je ne l'ai jamais vu, et j'aime cela.

— J'en déduit que tes vacances commencent bien ? rie-je doucement en récupérant mes lunettes sur la table de nuit.

— Elles iront bien mieux une fois que tu auras quitté le lycée grimace t'il tout de même. Mais je ne désespère pas !

— Plus que vingt-quatre heures, et je serais officiellement une femme adulte, allant à l'université susurré-je en m'installant à califourchon sur lui, la pointe de mes cheveux frôlant son torse.

La lueur lubrique dans son regard me fait mordre ma lèvre d'anticipation. Oh oui, je le connais bien ce regard, parce qu'il est, à chaque fois, le point de départ d'une nouvelle preuve physique des choses qu'il ne parvient pas à dire.

La vibration de mon portable me coupe en plein élan alors que je me penche pour l'embrasser, et en soupirant, lui offrant un léger sourire contrit, je récupère le cellulaire pour répondre.

— J'espère que c'est important grogné-je. J'étais sur le point de commettre un délit dans plusieurs pays.

— Coucher avec un flic ne peut pas être considérer comme un délit, sorcière ricane Marcus. En revanche, je peux t'affirmer que je te haï pour les images horriblement déstabilisantes que tu m'as fournies !

Une seule fois, une seule fois dans ma vie, j'aimerais pouvoir avoir la possibilité de ne pas rougir, de ne pas gémir de gêne. De toutes les personnes de mon répertoire, il a fallu que je tombe sur son aïeul…

— Contente de te divertir soupiré-je, vaincue, me laissant retomber contre le torse de Charlie.

C'est une chose nouvelle et étonnante, mais depuis qu'il a réellement rencontré Bella, Marcus semble avoir retrouver un nouveau souffle de vie, une nouvelle chose à laquelle s'accrocher et le savoir ainsi me ravis réellement.

Certes, je ne le connais que depuis trois ans, depuis que les Cullen sont arrivés à Forks, à vrai dire mais je peux affirmer avec certitude qu'il est, à Voltera, la personne qui se rapproche le plus d'un ami, d'un père presque, pour moi.

Aro est heureux de pouvoir se servir de mes pouvoirs lorsque je me trouve dans l'obligation de les utiliser, et Caius ne se cache pas pour montrer toute la répugnance que je lui inspire mais Marcus, lui, ne voit que la « famille » que je représente à ses yeux, le dernier lien qu'il possède avec Didyme, et je sais que je lui dois la vie sauve un nombre incalculable de fois.

— Comment se portent les fleurs de mon jardin ? demande t'il doucement.

J'en déduit donc qu'il est entouré des deux autres rois, et que la garde est, elle aussi, dans le coin. Après mon départ de Voltera, la première année, et la découverte qu'il était le grand père sur plusieurs degrés de Bella et Charlie, nous avons décidé de mettre un code en place entre nous, et les « fleurs de son jardin » en font parties, puisqu'il s'agit de ses descendants.

— Les fleurs vont bien, et la pelouse continue à s'embellir rie-je en pensant aux vampires de la maison en tant que pelouse. D'ailleurs la bouture de ta belle de nuit est sur le point d'éclore.

— Dans ce cas, je vais devoir venir faire un tour pour voir à quoi elle ressemble ! s'exclame t'il. Cette greffe va être magnifique je n'en doute pas !

— Tu n'auras cas venir la voir pour la remise de mon diplôme lancé-je, l'air de rien. Elle devrait éclore quelques jours plus tard, si tout se passe bien.

Il aura fallu à Gemma et Carlisle une semaine pour se mettre d'accord quant au fait que Bella devrait accoucher, au mieux, le lendemain, et au pire dans le week end suivant la remise des diplômes.

— Je me ferais une joie de venir vous voir, toi et ma greffe déclare-t-il, un sourire dans la voix. Quand est-ce ?

— Dans une semaine Marcus.

Aussi stupide que cela soit, et aussi parce que je sais que mes parents ne feront pas le déplacement à un jour seulement du sermon dominical à l'église savoir que lui sera là, de même que Charlie et la famille que je me suis constituer me fait un bien fou.

— Je te garde combien de places ? soufflé-je.

— Une seule ! rie t'il. Je crois que Caius et Aro ne sont pas le genre à apprécier la botanique malheureusement.

Tu m'en diras tant ! Aussi bien l'un que l'autre n'aime ni l'horticulture ni ma propre personne, alors devoir passer un week end en présence de ces deux choses-là doit leur paraitre la pire chose au monde à n'en pas douter !

— Je te dis à dans une semaine dans ce cas, Angie sourit-il, avant de raccrocher.

Tout au long de cette conversation, la main de Charlie n'a pas quitté ma colonne, et ses doigts continuent leurs douces caresses, cette lente danse sur ma peau alors que des frissons de plaisir me gagnent. Je donnerais tout pour que des jours comme ceux-ci durent pour l'éternité.

— Je suppose que je n'ai pas à m'inquiéter de Marcus ? souffle t'il contre mes cheveux.

— J'aime les hommes mures gloussé-je mais Marcus à plus de trois milles ans, et il a le physique d'un gringalet de vingt, alors non, tu n'as aucun soucis à te faire, de ce côté-là !

— Trois milles ans ? s'exclame t'il ahuri. Mais comment est-ce possible ?

Lui expliquer qui est Marcus Volturi me prend bien une bonne demi-heure, durant laquelle je vois de nombreuses expressions défiler sur son visage d'habitude lisse, avant qu'un profond silence n'envahisse la pièce.

— Je ne sais pas quoi dire soupire t'il. Je voudrais te dire que je suis étonné, mais ce serait te mentir parce que je connais l'existence des vampires depuis des années. Je voudrais te dire que je vous en veux tous d'avoir précipité Bella dans ce monde, mais ce n'est pas vrai non plus.

Je me tends à ces mots. Je sais que le sujet de Bella est extrêmement sensible pour lui, et plus encore maintenant qu'il sait qu'elle va devoir probablement mourir bientôt mais il semble rester encore assez calme, ce qui me sidère.

Nos dernières confrontations ne se sont pas bien passées, et c'est le moins que l'on puisse dire, mais je sais que nous allons devoir avoir cette conversation. Pour son bien, pour celui de Bella, de son enfant, et le mien, un peu.

— Pourquoi ? soufflé-je. Pourquoi tu ne nous en veux pas ?

— Parce que sans vous, elle serait encore avec ce crétin décérébré d'Edward gronde t'il. Je sais qu'il a fait preuve d'héroïsme en se dévouant pour aller espionner Maria, mais un seul acte de bravoure peut-il effacer une vie de lâcheté ?

Son opinion sur Edward s'est arrêtée il y a déjà un moment de cela, et si je ne l'avais pas vu agir avec Jasper, j'aurais pu penser qu'il faisait cela uniquement parce qu'il était son petit ami. Mais ce n'est pas le cas.

Avec le Major, il a beau être un peu plus rude qu'à l'époque où il habitait encore à Forks et où ils allaient pêcher ensemble il a bien vu que Jazz faisait tout son possible pour que Bella devienne fort, s'assume et assume qui elle était, qu'elle révèle au monde ce qu'elle était intérieurement et que peu de personnes n'a vu. A part eux.

Cependant, Edward, lui, à scier la planche sur laquelle il avançait le jour où il est parti durant une semaine et que Bella s'est retrouvé seule, désœuvrée et enfermée dans sa propre chambre, ne cherchant même pas à sortir pour aller voir des amies. Comme si elle attendait son retour. Et le père en lui n'a jamais pu accepter cet état de fait.

— Je ne suis pas prêt à la voir mourir souffle-t-il, me serrant inconsciemment plus fortement contre lui mais je sais que je ne peux pas faire autrement que d'accepter ce fait.

— Parce qu'elle sera avec son bébé et Jasper ? demandé-je, incertaine.

— Parce que c'est ce qui fera son bonheur soupire t'il. Elle a toujours rêvé d'avoir une famille, des personnes sur lesquelles elle puisse compter, sur lesquelles elle puisse se reposer.

Il ne pourra jamais être plus proche de la vérité qu'il ne l'est en ce moment…

— Tu sais reprend-il notre divorce avec Renée l'a forcé à grandir trop vite, à prendre le rôle d'une adulte avant même d'entrer au collège. Tu sais ce que cela fait à un père de recevoir un appel en pleine nuit de la part de sa fille pour lui demander comment remplir une déclaration d'impôt ?

— Non, je ne sais pas soufflé-je, mais je doute qu'il m'ait entendu.

— Alors quand elle m'a demandé de venir habiter chez moi, même si je savais parfaitement que ce n'était pas forcement pour passer du temps avec moi, j'étais heureux qu'elle ait la possibilité de se reposer un peu, juste un petit peu, avant de devenir une adulte.

Je ne l'ai jamais vu se confier autant à quiconque, hormis peut-être Billy et Jasper, et même sur ce dernier point, je ne suis pas sûre de ce que j'affirme. Et pourtant, les mots semblent s'écouler de sa bouche comme si plus aucun filtre ne les retenait, comme s'ils avaient été bloqués depuis une éternité.

— Mais elle est devenue amie avec ce Cullen grimace t'il en serrant les poings. Dès ce jour-là, elle a commencé à changer. Elle s'est ternie, elle a perdu de son assurance, elle est devenue fragile, et les choses n'ont fait qu'empirer quand elle s'est mise à sortir avec lui.

— Elle était simplement amoureuse Charlie fais-je, me rasseyant sur son ventre. Quand on a cet âge, et que l'on tombe amoureuse pour la première fois, l'on fait des choses très étranges, c'est normal.

— Appeler à l'aide toutes les nuits le premier mois de son retour à Forks, c'est normal, d'après toi ? hausse-t-il un sourcil moqueur.

Je lui accorde ce point, ce n'est absolument pas normal, mais peut être que son instinct de protection se déclenchait uniquement en étant endormit.

— Non soupiré-je.

— Tu sais, je serais prêt à tout pour elle hausse t'il les épaules, désinvolte.

— Même à vivre pour l'éternité ?

J'ai posé ma question en riant, mais dans le fond, aussi bien lui que moi savons que la réponse attendue est plus importante que n'importe laquelle. Cela définira surement le reste de nos vies, le reste de notre relation.

Son regard se plonge dans le mien, l'étincelle de réflexion intense ne le quitte pas tout le temps que dure son examen du mien puis il finit par détourner les yeux et les fermer doucement.

— Je ne peux pas répondre à cela maintenant Angie soupire t'il. Je n'ai pas tous les tenants et les aboutissants en mains. Que se passera t'il si Bella meurt ? Je devrais quand même vivre pour l'éternité en sachant que la chaire de ma chair est morte ? Tu sais aussi bien que moi que je ne survivrais pas à cette perte.

Je m'étais attendue à cette réponse, mais elle est tout de même blessante. Dans un geste de protection inconscient, je serre mes bras autour de mon corps, me laissant retomber contre le matelas pour me rouler en boule.

— Et toi ? soupire t'il en tendant le bras vers moi. Tu serais prête à vivre l'éternité seule ?

— Je ne le serais pas, si tu es avec moi souris-je, amère.

— Angie soupire t'il encore. Laisse-moi du temps.

— Le problème c'est que, du temps nous n'en avons pas vraiment soufflé-je.

— Pourquoi ?

Je voudrais me frapper la tête contre un mur. Pourquoi as t'il fallut que je lui dise cela ? Pourquoi n'ai-je pas su tenir ma langue encore quelques temps ?

Je décale légèrement ma tête pour qu'elle sorte de l'oreiller et lorsque mes yeux rencontrent ses pupilles remplies d'interrogations, je sais que je ne pourrais pas lui mentir. Pas sur ce sujet-là malheureusement.

— Parce que tu es mon compagnon d'âme Charlie, et que la seule personne avec qui je puisse passer mon éternité, et trouver l'amour et le bonheur, c'est avec toi. Chaque gardienne trouve son compagnon dans la descendance de Marcus.

L'annonce lui coupe le souffle, et si j'étais à sa place, je pense que j'aurais déjà détaler de cette chambre. Pourtant il fronce les sourcils, braquant un regard dure dans le mien en attendant ses réponses.

— Prouves le ! exige t'il.

— « à l'aube d'une nouvelle guerre,

S'unirons le Dieu, la sainte, la fille et le père.

Enfants de nobles lignées,

C'est par les séparés qu'ils seront unifiés.

Par sept fois la sainte Phoenix renaitra de ses cendres,

Et aux côtés du dieu de la guerre connaitra son dernier décembre.

Mais le diable s'est fait ermite trop longtemps,

Et la jalousie fait volteface à la haine.

Car malgré ces trois peines,

Ce combat divin marquera la fin d'un camp.

Le vampire, la sorcière, l'humain et l'originelle,

Ne connaitrons le bonheur que dans la paix éternelle.

Hybride et originel, sorcière et humain,

Le destin du monde repose entre vos mains. »

J'ai envie de vomir à la fin de cette prophétie. Je haï devoir le mettre face à ses peurs, et plus encore devant la futur mort plus que probable de sa fille, mais je ne savais pas comment lui prouver que ce combat est plus qu'important, et que le temps est, malheureusement, trop court pour que nous puissions prendre le temps d'en discuter plus calmement.

Chaque jour qui passe est un rappel constant de l'imminence du combat final. Chaque jour qui passe est la preuve que certains ne survivrons pas. Chaque jour est un pied en avant vers une tombe sculptée depuis des millénaires.

— Cela ne prouve pas que nous sommes compagnons souffle-t-il, raide.

— « à vous mes descendantes,

A vous, si fortes et si vaillantes,

N'ayez pas peur du grand amour,

Car en mon compagnon vous le trouverez toujours.

A chaque Phoenix naissant,

L'une de vous le protègera ardemment.

Mais dans les liens du sang vous trouverez,

La joie, le bonheur et l'amour pour l'éternité.

Un compagnon pour une gardienne,

Un signe envoyé par l'éternelle,

Ne repoussez pas cette offrande mes belles,

Elle est immortelle. »

Il ne bouge pas plus maintenant que je lui ai énoncer la prophétie des gardiennes, mais sa paupière cligne furieusement, et ses poings se serrent convulsivement, et je ne saurais dire s'il s'agit d'un bon, ou d'un mauvais signe.

— Angie ?

Il s'agit bien de la première fois que Jasper se permettant de familiarités avec moi en la présence de Charlie d'ailleurs, en la présence de n'importe qui il préfère m'appeler Angela mais cela semble « débloquer » mon compagnon.

— Oui ? soufflé-je même si je sais que de l'autre coté de la porte il m'a entendu.

— Tu dois te lever, vous partez dans une demi-heure pour vos derniers examens.

Le regard de Charlie n'a pas quitté le mien et lorsque j'entends le Major redescendre exagérément bruyamment les escaliers, je détourne les yeux, attrapant sa chemise restée sur le sol pour l'enfiler.

— Pourquoi m'as-tu dit tout cela ? gronde t'il.

— Parce que tu me l'as demandé hausse-je les épaules.

— Et qu'attend tu de moi ?

Définitivement, les dates des conflits inter armés de l'époque des confédérés me passe bien au-dessus de la tête en cet instant. Mais il veut des réponses, et je peux au moins lui en offrir une, même s'il ne s'agit pas de celle que je préfère.

— Je ne te demande rien Charlie soupiré-je. C'est ton choix.

— Vu de la manière dont tu me l'as exposé, ce n'est pas vraiment un choix grogne t'il. Mon destin est déjà tout tracé !

— Non soufflé-je, blessée par son ton blessant. Une prophétie ne guidera jamais mes pas. Il y a toujours moyens de la contourner.

Pourquoi ne puis-je jamais être aussi forte que je le voudrais ? Pourquoi en sa présence me sens-je si faible, si stupide, si enfantine ?

— Pour toi, je le ferais déclaré-je doucement en me tournant vers lui, maintenant habillée. Si tu me le demande, alors je renoncerais à passer l'éternité à tes côtés, parce que tu mérites d'avoir ton libre arbitre.

— Mais toi tu ne l'auras pas souffle-t-il, comprenant enfin.

— La liberté des uns commence là ou s'arrête celle des autres, non ? souris-je, amère.

Je me détourne, incapable de continuer à fixer ses yeux si perdus, si déboussolés. Qui à dit que les histoires d'amour finissent mal en général ? Il semblerait que ce soit un devin…


A vos claviers mesdames ! dites-moi tout ! qu'avez-vous penser de ce chapitre ? des idées sur le futur de cette histoire ? de la peine pour les Cullen ? heureux d'avoir enfin la prophétie en entier ? Et celle des gardienne en prime ? la réaction de Bella vous à t-elle séduite ? et celle du Major ?

Le prochain chapitre s'intitulera « La fin d'une ère », et sera poster dimanche dans deux semaines, vers 17h ( je préfère me laisser une marge de manœuvre !

Je vous embrasse toutes et tous,
A dans 2 semaines,
Bisou

Mya