Auteur : Lady Zalia

Super beta-lectrice : Yukyo01

Type : Action/Aventure, Drama, Romance, (Humour ?)

Disclaimers : Slash (Drarry). Univers appartenant à J.K. Rownling.

13 reviews sur le chapitre précédent ! Je n'ai jamais lu autant de commentaires positifs sur une de mes fanfictions ! MERCI ! C'est du délire et vous me rendez MEGA motivée pour vous écrire une fin du feu de dieu ! Je me suis vraiment appliquée et j'espère que ce chapitre vous plaira !

Merci aussi à Yukyo01 pour sa rapidité et sa rigueur exceptionnelle !


***/+/*** Chapitre 21

La marché d'Illchester commençait dans seulement deux jours et je voulais arriver en avance pour pouvoir repérer les lieux sous cape d'invisibilité. Harry avait heureusement encore son Éclair de feu, quant à moi, même si j'aurais aimé pouvoir voler à ses côtés dans le ciel nocturne, il était bien plus prudent de rejoindre son ombre et rester dissimulé à la vue de tous. L'Éclair de feu à pleine puissance pouvait monter jusqu'à 240 km/h et Illchester n'était qu'à environ 200 km de Londres donc même en prenant notre temps nous pouvions y être en deux heures. J'avais confié ma mère aux bons soins de Kreattur et Ron et Hermione avaient été grandement rassurés de ne pas avoir à gérer ses crises de nerfs. Nous partîmes donc le samedi peu après la tombée de la nuit, par la fenêtre de la plus haute chambre du manoir Grimmaurd. Harry portait une épaisse cape de voyage surmontée de sa cape d'invisibilité. Je m'étais moi-même chargé de lancer des sortilèges d'imperméabilisation sur ses vêtements et j'avais insisté pour qu'il s'habille chaudement. Enfin, j'avais soigneusement préparé une fiole de Polynectar pour qu'il puisse la prendre dès notre arrivée et Kreattur avait empaqueté quelques tranches de pain beurré accompagné de cheddar et de viande fumée au cas où un contretemps empêcherait Harry de se procurer à manger. Le trajet se déroula sans encombre et Harry profita du couvert offert par les nuages pour se laisser aller à quelques loopings aériens. Malgré le froid ambiant, je ne pus m'empêcher de le jalouser. Si j'avais définitivement tiré une croix sur le Quidditch lors de ma transformation, l'éternité aux côtés de Harry me promettait tout de même quelques courses de balais nocturnes. Dans un futur proche peut-être...

La partie Moldue d'Illchester était un petit village typique de l'ouest de l'Angleterre, grande route bordée par des maisons de pierre, une église et un pub qui devait aussi servir de relai pour les voyageurs. La partie sorcière était bien plus étendue et peuplée et les habitants de la partie Moldue devaient sans doute s'étonner de voir autant de touristes affluer chaque année.

Harry se posa à distance du village et je me matérialisai à ses côtés une fois dissimulés par le couvert des arbres. Je sortis immédiatement la fiole de ma poche pour la lui tendre et il l'attrapa avec une grimace.

- C'est toujours aussi répugnant.

- Si tu as une meilleure solution, je suis preneur. Moi, je trouve toujours aussi désagréable de voir le beau gosse dont je suis amoureux se transformer en un répugnant moldu grassouillet et atteint de calvitie.

Il m'offrit un sourire, mais la potion avait opéré sa transformation et ses dents étaient à présent jaunies et mal alignées. Je détournai le regard, notant mentalement de choisir un peu plus soigneusement le propriétaire du cheveu la prochaine fois. Je jetai un oeil à ma montre : Il était quasiment vingt-et-une heure et Harry allait probablement rester sous cette apparence pendant au moins deux bonnes heures.

Il enfila rapidement la vieille robe de sorcier et une cape trouvées dans un placard du square Grimmaurd et je dus reconnaître que l'illusion était parfaite. Il avait tout des vieux sorciers crasseux qui arpentaient habituellement les marchés aux ingrédients. Il avait rangé ses lunettes et sa cape d'invisibilité dans son sac et j'avais regagné son ombre avant de rejoindre le centre-ville.

La partie sorcière semblait ne pas avoir évolué depuis le Moyen-âge et était construite tout autour d'une grande place au centre duquel se trouvait une fontaine enchantée. Les emplacements destinés aux échoppes temporaires du marché aux ingrédients étaient déjà délimités et on pouvait déjà voir quelques stands colorés qui avaient dû être installés à la va-vite avant la tombée de la nuit. Le balai à la main et son sac à l'épaule, Harry se dirigea directement vers l'auberge et la porte s'ouvrit d'elle-même avant même qu'il n'eut pu toucher la poignée. La pièce qui s'offrait à nous était une sorte d'accueil et ne proposait guère plus qu'un comptoir et quelques chaises pour patienter, mais le feu qui ronflait dans la cheminée devait fournir une agréable chaleur par ce froid humide. Un escalier menait aux étages et une double porte ouverte laissait voir un restaurant encore assez peuplé. Harry tapota la sonnette du bout de ma baguette et le tavernier apparut l'instant d'après, comme s'il avait transplané directement derrière son comptoir.

- Bonsoir Monsieur ! Bienvenue à l'auberge du Gronian Fringant ! Que puis-je pour vous ?

- Bonsoir. Je vais vous prendre une chambre pour plusieurs nuits. Je viens pour profiter du marché aux ingrédients.

L'homme dont Harry avait pris l'apparence avait une voix grave et rocailleuse, probablement à cause d'un tabagisme intensif. L'Eclair de feu ne devait pas être le genre de balais qu'utilisaient les personnes de cet âge, mais l'aubergiste ne sembla pas relever cette incohérence.

- Naturellement ! C'est votre première fois ? Vous avez bien fait de venir en avance, demain soir toutes nos chambres seront probablement réservées, et entre nous, je préférerais encore camper dans les bois que dormir à l'auberge du Niffleur blanc. Ce vieil escroc de Rodolphus Sombrefée coupe son Whisky avec du venin de Billywig. Alors qu'ici je vous garantis un Whisky de premier choix ! Et nos lits sont d'une propreté impeccable !

Harry leva la main pour interrompre la logorrhée du tavernier.

- Je vous remercie. Combien pour une nuit ?

- Huit Gallions la nuit, petit-déjeuner inclu, à payer d'avance. Le dîner coûte trois Gallions, servi dans la grande salle entre dix-huit heures trente et vingt-deux heures. On propose aussi des sandwich froids et du potage à midi, mais généralement les clients préfèrent déjeuner sur le pouce en visitant le marché. Remarquez, habituellement il y a pas mal d'étrangers qui vendent leurs spécialités, mais cette année, avec toutes les dernières lois, on espère que ça ne va pas décourager les gens. Vous comprenez, pour nous c'est notre chiffre d'affaire de l'année qui se joue ! Entre nous, les moldus d'à côté là, ils dérangent pas hein. Je dis pas que je suis contre le Ministère. Me faites pas dire ce que j'ai pas dit ! Mais bon moi, la politique, ce que j'y connais...

Il fit un mouvement vague de la main et se gratta le menton. Harry en profita pour déposer vingt-quatre Gallions sur la balance.

- Je reste au moins trois nuits. Je vous préviendrais à l'avance si je reste plus longtemps. Et je ne souhaite pas de service de chambre. J'espère que je peux vous faire confiance.

L'homme leva les deux mains en signe de défense.

- Pas de soucis monsieur ! Ici vous êtes dans une auberge respectable. J'y connais pas grand chose en potion moi, mais je connais mes clients. Ah ça, je sais que certains ingrédients valent une petite fortune. Mais je n'en ferais rien, je suis un sorcier honnête, moi monsieur. Et quand vous parlerez, vous pourrez dire, à l'auberge du Gronian Fringant, on mange bien et on dort bien. Ou je ne m'appelle plus Rhys Mitchimney.

Harry roula des yeux et soupira, attendant patiemment que l'aubergiste lui remette la clé. Après encore de longues minutes de discussion stérile et avoir acheté l'un de ces "fameux sandwichs au rosbeef épicé dont vous me direz des nouvelles", Harry put enfin accéder à sa chambre. Je regagnai le monde physique dès qu'il eut refermé la porte derrière lui et lançai les sortilèges que Hermione m'avait conseillé : Un sort d'Impassibilité pour calfeutrer la porte et un Salveo maleficia pour repousser les maléfices. Pendant ce temps, Harry avait commencé à sortir quelques affaires de son sac, mais lorsque je me retournai vers lui, il s'était avancé au milieu de la pièce, prêt à m'embrasser. Je le repoussai avec une grimace.

- Désolé, mais c'est totalement impossible de t'embrasser tant que tu es sous cette apparence ! Outre le dégoût que ça m'inspire, j'aurais vraiment l'impression de te tromper !

Le regard de chien battu qu'il me lança était totalement incompatible avec l'apparence de vieillard grincheux qu'il arborait et je faillis éclater de rire. Lui en revanche semblait complètement dépité.

- Mais ! Et ça va durer combien de temps ! Ca veut dire que potentiellement je vais devoir attendre plusieurs heures avant de pouvoir aller dans tes bras !

- Et bien les effets durent en fonction du niveau du sorcier qui l'a préparé et sans vouloir me vanter, je ne suis pas mauvais donc je crains que tu ne doives attendre encore au moins une heure.

Il lâcha un soupir à fendre l'âme, mais il était hors de question de céder à son envie.

- Demain nous pourrons nous balader un peu en ville. Le marché ne commence que lundi matin, mais cela nous permettra de voir la topographie des lieux et d'envisager un plan de repli si nécessaire. Je ne veux prendre aucun risque.

- On ira en tout début de matinée alors, car quitte à reprendre du Polynectar avant le déjeuner, autant en profiter tant qu'il fait effet.

J'avançais ma main pour caresser sa joue avant de brusquement me reculer en voyant son physique actuel. Moi, qui avais pris l'habitude de toucher mon calice régulièrement, ne serait-ce qu'inconsciemment, je commençais moi-aussi à regretter mon efficacité en matière de potion. Harry secoua la tête et alla s'asseoir sur l'unique chaise de la chambre pour commencer à manger son sandwich.

Finalement nous dûmes attendre jusqu'à minuit passé pour qu'il retrouve enfin son apparence originelle. Harry s'était assoupi sur le lit tandis que j'avais pris un livre pour m'occuper en attendant. Mon Polynectar faisait donc effet au moins trois heures. Je n'en étais pas peu fier de moi, mais cela signifiait que nous allions devoir attendre chaque soir que la transformation se dissipe. Je le secouai doucement pour le réveiller et il papillonna des yeux et bailla d'une manière tellement adorable que je ne pus m'empêcher de glisser ma main contre sa joue pour la caresser. Son sourire me procurait une douce chaleur alors même que mon coeur était froid et inerte.

Il se décala pour me laisser de la place sur le lit et je m'installai tout contre son dos, comme pour le protéger de mon corps avant de rabattre la couverture sur nous.

Le lendemain matin, Harry n'était pas très motivé pour reprendre du Polynectar mais c'était absolument nécessaire s'il voulait, ne serait-ce que pouvoir sortir de la chambre pour prendre son petit déjeuner.

- Mais comment veux-tu que j'aie de l'appétit après avoir ingurgité une telle bouse ! C'est vraiment dégueu ! En plus sous cette apparence, j'ai constamment un goût de soupe de chou périmée dans la bouche, tu ne te rends pas compte à quel point c'est répugnant ! Et on aurait pu au moins demander à Kreattur de laver les vêtements. Ils puent la merde de cafard.

- Allons, ne fais pas ton gamin… ce n'est que pour quelques jours, le temps du Marché. Si je pouvais la prendre à ta place, crois-bien que je le ferais, mais tu sais bien comme moi que c'est impossible.

- Pfff, c'est facile de dire ça. Tu as déjà bu du Polynectar une fois dans ta vie au moins ? Tes paroles en l'air me font de belles jambes !

Je profitai qu'il n'ait encore rien bu pour me saisir de son menton et amener ses lèvres jusqu'aux miennes pour le faire taire.

- Il n'y a pas d'autre solution Harry. Si tu veux, pour me faire pardonner, cette nuit tu pourras boire un peu de mon sang. Qu'est-ce que tu en dis ?

Il garda les lèvres entrouvertes, sans trouver de réponse à m'opposer. Manifestement, l'idée de pouvoir boire un peu de ma propre vitae représentait un solide argument en ma faveur. Je ne voulais pas qu'il en devienne accro, mais je savais bien quelle ambroisie le sang de son vampire représentait pour un calice. C'en était presque déloyal de mettre ça dans la balance, mais je ne voulais pas perdre davantage de temps. Lui-même, s'il devait bien avoir conscience du pouvoir que mon sang avait sur lui, ne semblait pas m'en tenir rigueur. Il ingurgita la dose de potion après un dernier baiser, et je m'écartai le temps que la transformation soit complète. Il tira la langue avec une grimace avant de se précipiter dans la salle de bain pour se brosser les dents.

- Il vaut mieux que j'évite de me regarder dans un miroir. Tout le dentifrice du monde ne suffirait pas à améliorer cette dentition. Outre le fait d'avoir une hygiène déplorable, ce mec doit bouffer des harengs fumés tous les jours au petit déjeuner !

Je rejoignis son ombre en un clin d'oeil et il put rejoindre le restaurant. Malgré ce qu'il avait dit, il semblait tout de même avoir bon appétit et ingurgita une grande tasse de lait au chocolat accompagné de deux parts de tarte à la mélasse.

* On ne se laisse pas mourir de faim à ce que je vois… Alors que je n'ai même pas bu ton sang hier soir.*

*Leur tarte est drôlement bonne. Et il faut bien que je nettoie le goût sur ma langue !*

J'éclatai de rire intérieurement. Au moins sa mauvaise humeur n'était que passagère.

Après le petit déjeuner, nous entreprîmes de visiter la ville. Toutes les artères principales étaient déjà occupées par des marchands en train d'installer leurs stands à coups de baguettes, débattant sur la place occupée par leurs voisins, utilisant divers sortilèges pour attirer l'oeil du client… C'était très animé et en cette période de l'année ça faisait vraiment penser à l'un de ces marchés de noël plébiscités par les moldus. Divers feux magiques réchauffaient l'atmosphère, quelques animaux piaillaient dans leurs cages et plusieurs sorciers et sorcières commençaient déjà leurs repérages, de sorte qu'il fallait régulièrement prendre garde à ne pas bousculer une plume à papote et son parchemin flottant dans l'air. Harry s'était d'abord approché avec curiosité, mais il avait rapidement manifesté son ennui en s'apercevant que la plupart des étals ne présentaient que de larges catalogues à consulter, leurs précieux ingrédients conservés à l'abri dans des coffres. Ne pouvant moi-même interagir avec son environnement, je l'exortai malgré tout à feuilleter les pages. Si la principale raison de notre présence était la rencontre prévue avec Rogue, je comptais bien en profiter pour me procurer quelques ingrédients intéressants. J'étais absorbé dans la lecture du catalogue quand je pris conscience que Harry ne faisant même pas mine de s'y intéresser. Son attention avait été attirée par un Augurey en cage sur le stand d'à côté.

* C'est un Augurey. C'est la première fois que tu en vois un ? *

* Oui. C'est un bel oiseau. Est-ce qu'il est dangereux ? *

* Non, pas du tout. On l'a longtemps accusé à tort d'être un présage de mort, mais il n'a d'autre pouvoir que celui d'annoncer la pluie. J'espère que tu ne comptes pas l'acheter. On a déjà bien assez avec ton serpent... *

Je le sentis sourire.

* Non, rassure toi. Il m'intriguait, c'est tout. Il y a encore tant de choses qui sont évidentes pour un sorcier qui ne le sont pas pour moi. *

* Ca me plait bien d'avoir des choses à t'apprendre. Je te ferais découvrir toutes les traditions qui te font défaut. Après tout, c'est comme si nous étions mariés et nous appartenons tous deux à deux grandes lignées sorcières. Tu te dois de connaître tout ça. *

* Je suis sûr que tu vas profiter de mon ignorance pour me faire de mauvaises blagues ! *

* Voyons, jamais je ne t'humilirais devant autrui. Tu as si peu foi en moi ! *

Je jouais l'innocence, mais il me connaissait déjà trop bien. S'il l'honneur et l'apparence m'étaient important en société, il n'était pas à l'abri d'une petite plaisanterie dans l'intimité.

Le reste du marché ne présentant pour l'heure que peu d'intérêt, nous nous éloignâmes un peu pour visiter la périphérie de la ville. Les rues étaient assez étroites et les maisons hautes, ce qui rendait l'atmosphère un peu oppressante. La partie sorcière d'Illchester était très différente de Pré-au-Lard et en dehors du marché aux ingrédients, l'ambiance devait être plutôt morne. D'ailleurs Harry dut se faire la même réflexion que moi :

* Je pense que je n'aimerais pas vivre dans ce genre de ville. Même si au final, on peut habiter n'importe où et transplaner quotidiennement, je pense que je préférerais vivre à la campagne. *

* Je compte bien récupérer la fortune des Malefoy après la guerre ! Et avec ça nous ferons bâtir une grande maison loin du regard des gens, avec toutes les protections magiques possibles. Je veux t'offrir la demeure parfaite, Harry. *

* Quel romantisme ! La demeure des Blacks ne te convient pas finalement ? *

* C'est un refuge tolérable. Mais clairement pas l'idéal pour vivre au quotidien. Les couloirs sont exigus, la cuisine est au sous-sol, le laboratoire de potion est minusculeet le salon n'est pas pratique pour recevoir du monde. Ce n'est pas comme ça que j'imagine une maison digne de nous. *

* Finalement tu as gardé ton goût pour le luxe ! Je ne veux pas vivre dans un manoir moi. Une maison normale ça me conviendra très bien. *

Il souriait en disant ça, m'imaginant sans doute déjà pousser des récriminations. Mais je savais qu'au final il céderait à mes propositions :

* Et bien nous dessinerons les plans ensemble, qu'en penses-tu ? Et pour l'endroit, nous pourrons toujours visiter divers îles Britanniques. Je suis certain que tu ignores l'existence de certaines d'entre elles. Des îles entières ont été rendues incartables pour héberger des villages magiques ou des réserves naturelles pour certaines créatures trop dangereuses pour les moldus. *

* Je n'ai rien contre les moldus moi. Et je n'ai pas envie que nos hiboux se fassent dévorer par un dragon. Mais tu me feras visiter, on verra bien ! *

Au fur et à mesure de notre dialogue mental, Harry avait déambulé à travers les rues d'Illchester pour atteindre la bordure de la ville. On pouvait percevoir la frontière magique qui délimitait la partie sorcière de la partie moldue. Il devait y avoir des sortilèges de confusion et des Repello Moldum renouvelés fréquemment pour éviter que des moldus ne s'aventurent de notre côté et s'il y avait des incidents, ils devaient être suffisamment rares pour que les suprémacistes n'en fassent pas leur cheval de bataille. Illchester était traversée par la Yeo, une rivière peu profonde et entourée par des champs et des zones boisées, ce qui rendait plus facile la présence d'une ville sorcière, contrairement à certaines villes moldues ultra-modernes bordées par des routes. S'il était toujours assez facile de dissimuler une maison comme celle du Square Grimmaurd sous un sortilège, j'avais tout de même certaines exigences et pouvoir faire une balade en balai sans violer le Code International du Secret Magique en était une. Mais j'avais bien le temps de le convaincre d'ici là…

Harry s'était acheté des sandwichs et avait pris sa cape d'invisibilité ce qui nous permettait de nous promener librement durant toute la journée et ne l'obligerait pas à reprendre du Polynectar pour rejoindre sa chambre. L'air frais et sec n'était pas trop désagréable et Harry eut l'idée de survoler la ville en balai, recouvert de sa cape d'invisibilité, pour pouvoir se faire une idée de son architecture. Au final, la journée fut agréable et sans stress et Harry put rejoindre sa chambre sans encombre et sous son apparence, pour mon plus grand soulagement. J'avais regagné le monde physique à peine avait-il fermé la porte à clef pour lancer le sortilège insonorisant la pièce. Et cette fois, j'étais bien décidé à profiter de lui sans personne pour venir nous déranger ! Il savait à quoi s'attendre car il s'était empressé de retirer les vieilles frusques qui composaient son déguisement et se présentait désormais à moi torse nu, sourire aguicheur aux lèvres.

Je l'entraînai jusqu'au petit lit et l'invitai à s'y allonger, enlevant moi-même mon manteau, ma chemise et mes chaussures avant de l'enjamber. Le regard de Harry était un appel à la luxure.

- Tu es sublime. Il va falloir que je fasse attention après la guerre, tout le monde fantasmera sur le célèbre Harry Potter, sauveur du monde sorcier. Tu me resteras fidèle malgré toutes ces tentations ?

Harry pouffa de rire en secouant la tête.

- N'importe quoi, tu es ridicule. J'espère que tu ne crois pas sérieusement que je pourrais te tromper, j'espère !

- Non. Mais il faudra bien me retenir de jeter des maléfices sur tous ceux qui essayerons de te draguer.

Il me sonda du regard, incertain si je plaisantais ou non, mais je ne lui en laissai pas le temps, retirant ses lunettes et les posant sur la table de nuit. Je me penchai pour déposer une série de baisers sur son torse et pressai un instant l'un de ses tétons entre mes lèvres. Il gémit, m'incitant à remonter vers sa gorge. À cet instant nous ne voulions pas de sexe, mais juste réaliser notre communion. Je ne perdis pas une minute de plus et enfonçai mes crocs dans sa carotide pour libérer son sang. J'aspirai goulument le liquide carmin tandis que Harry haletait, ses bras enserrés autour de mon corps comme si j'étais la dernière chose qui le maintenait en vie. Et oh combien j'aimais cela ! Harry avait donné un sens à mon existence en me rendant indispensable à ses yeux. Notre union sanglante nous plongeait dans un état de félicité intense et pourtant je devais me faire violence pour y mettre fin. Harry n'était de toute façon plus en état de me retenir et il ne fut pas bien difficile de lui faire relâcher son emprise. Je souris en constatant l'air niais fixé sur son visage : si la morsure d'un vampire était une drogue, Harry était encore en train de planer. Je savais cependant exactement quoi faire pour qu'il reprenne contact avec la réalité. Je rapprochai ma bouche de son oreille :

- Harry, mon amour. Réveille toi…

Je passai ma langue sur son lobe et il se tortilla bientôt sous ma chatouille.

- Ahah, Drago… arrête…

Je me redressai pour l'observer, toujours assit sur lui. Il était totalement alangui, mais son sourire extatique ne laissait aucun doute sur son état mental.

- Comme je t'ai promis, tu as le droit à une friandise supplémentaire aujourd'hui...

Il se redressa sur ses coudes, soudain totalement attentif.

- C'est vrai ? Je veux dire… c'est un peu bizarre. Je ne suis pas blessé. Ca ne te dérange pas ?

- Bien sûr que non, ce serait bien hypocrite de ma part. Après tout, ton sang me permet d'être immortel. En buvant un peu du mien, je t'offre un peu de mes pouvoirs. Tu deviens plus robuste, plus puissant. Tu as peut-être remarqué que depuis que tu es devenu mon calice tu n'es pas tombé malade une seule fois et tu as plus de facilité à lancer des sorts. Alors bois…

Je mordais mon poignet, ignorant la douleur pour provoquer une blessure suffisamment profonde, avant de la coller contre ses lèvres. Il ouvrit immédiatement la bouche pour sucer le sang qui y perlait et je ressentis un étrange fourmillement en sentant sa langue contre ma peau. J'aurais voulu qu'il soit capable de puiser lui-même ce cruor qui le rendait plus fort, mais ses dents humaines n'étaient pas capables de percer ma peau de vampire. De toute façon, l'ingestion de mon sang l'avait déjà plongé dans un état second et je sentais, sans ambiguïté possible, combien il devait se sentir à l'étroit dans son pantalon. Il gémissait comme en plein acte sexuel, hyper sensible au moindre de mes contact. Je le libérai de son carcan de tissu et il ne me fallut que quelques caresses supplémentaires pour le faire jouir.

- C'est tellement... intense. Drago. J'ai l'impression que mon coeur va exploser… Depuis que j'ai accepté de devenir ton calice, le plaisir que tu m'offres est démultiplié.

Les pupilles dilatées, il semblait encore complètement euphorique. Il restait allongé sur le lit, incapable de bouger tant l'orgasme foudroyant l'avait privé de toute force. Je nettoyai le sperme d'un coup de baguette et retirai mon pantalon, avant de me coucher à ses côtés et rabattre la couette sur nous. Pour ma part, j'étais amplement satisfait, le sang de Harry me procurant à lui seul un agréable sentiment de plénitude. Il s'endormit en un clin d'oeil et je ne tardai pas à le rejoindre, apaisé par sa présence. J'étais loin de me douter que mon réveil serait aussi violent…

Quelques heures plus tard, une impression de malaise me fit émerger, mais j'eus à peine le temps d'ouvrir les yeux que j'étais déjà projeté hors du lit et scotché au mur par un sortilège inconnu. Mon cri réveilla Harry, mais il n'eut pas non plus le temps de faire le moindre geste qu'il était déjà saucissonné dans le lit. C'est alors que je reconnu notre agresseur. Il avait allumé les lumières de la chambre et nous toisait désormais victorieusement : Severus Rogue !

- Rogue !

- Severus !

Harry et moi avions crié de concert, mais mon parrain pointa à nouveau sa baguette vers Harry pour lui jeter un informulé et ce ne fut que quelques secondes après que je compris, en voyant les lèvres de Harry s'agiter sans bruit, qu'il lui avait lancé un sortilège de mutisme. Pour ma part, j'utilisais toute ma force vampirique pour essayer de m'extraire du mur, mais plus je m'agitais, et plus les liens qui me retenaient semblaient se resserrer.

- Inutile de tenter quoi que ce soit Drago, ce sortilège est spécifiquement destiné aux vampires rebelles, vois-tu ! À ce que je constate vous n'avez pas grandis. Tous deux aussi immatures que l'année dernière. Il m'a été d'une facilité affligeante de vous repérer ! Et dire que monsieur Potter est sensé être l'espoir de la nation sorcière, laissez-moi rire… Je peine réellement à croire que vous soyez parvenu à progresser de quelque manière que ce soit au vu de votre incompétence.

Sa voix était polaire et fit disparaître toute ma rage. S'il y avait bien un membre de ma "famille" que j'avais toujours estimé et admiré, c'était mon parrain. Un puissant sorcier, capable d'inventer des sortilèges et des potions, d'un courage et d'une perspicacité sans faille. Et je le voyais à présent comme un ennemi terrifiant, qui avait été capable de nous capturer en un clin d'oeil. Je ne voyais pas comment nous extraire de cette situation fâcheuse. Harry était totalement ficelé dans la couette, incapable de bouger le moindre membre et par ailleurs encore nu sous les draps. Pour ma part, j'étais trop loin pour rejoindre son ombre et paralysé en caleçon par un sortilège anti-vampire. Nos baguettes étaient sous nos oreillers respectifs, mais aucun de nous n'était en mesure de les attraper. Rogue dut percevoir que j'avais abandonné toute combativité car il s'autorisa un rapide regard autour de lui. Je restai muet, incapable de me décider entre lui vomir ma haine et admettre ma déception. Rogue jetta un sort sur nos vêtements éparpillés un peu partout et ceux-ci se roulèrent en un baluchon de tissu qui resta en lévitation à côté de lui. Puis il récupéra nos baguettes qu'il mit dans son propre sac.

- Qu'est-ce que… tu vas nous livrer à lui, n'est-ce pas ?

Je ne pouvais masquer mon amertume. Était-ce la fin ? Une arrestation sans lutte, voilà qui était un bien pathétique épilogue après ces derniers mois à braver Voldemort et ses Mangemorts.

- Que veux-tu que je te dise, Drago ? Tu as choisi le mauvais camp. Tu as préféré réfléchir avec ton pénis plutôt qu'avec ton esprit ! Tu n'aurais rien eu d'autre à te préoccuper qu'obtenir tes ASPIC dans un établissement tout acquis à la gloire des Serpentard. Et voilà où tes décisions t'ont menées…

Il attrapa la couette pour traîner Harry hors du lit et jeta un coup de baguette dans ma direction, ce qui me fit tomber au sol, toujours attaché. Je grimaçai sous le choc, mais je me tenais prêt à agir. Rogue avait manifestement décidé de transplaner avec nous, il allait donc forcément me rapprocher de Harry. Je devais saisir cette occasion pour rejoindre son ombre !

Comme je l'avais prédit, il ne me fallut qu'un instant pour me fondre dans l'ombre de mon calice, mais Rogue ne se laissa pas impressionner, empoignant Harry toujours saucissonné dans les draps, sa baguette pointée vers sa tête. S'il y avait un léger mieux, j'étais toujours sans baguette tandis que Rogue avait Harry en otage. Il fallait me montrer patient pour saisir le meilleur moment pour agir et surtout rester concentré, ce qui n'était pas facile à cause de la litanie d'insultes que Harry hurlait mentalement à l'attention de Rogue.

* … bâtard graisseux ! Fils d'une chauve-souris géante et d'un troll ! Immonde connard dégénéré ! Je veux l'étrangler ! Le tuer à mains nues ! Drago, laisse-moi le tuer ! *

Rogue jeta un retard autour de lui avant de nous faire transplaner. À peine arrivés à destination, il jeta Harry et la boule de vêtements devant lui avant d'ériger une étrange prison magique autour de nous.

- Je vous laisse 2 minutes pour vous habiller. Nous devons parler.

Il libéra Harry des liens magiques qui le tenaient immobile et quitta la pièce. Je regagnais le monde physique quelque part soulagé de ne plus entendre les vociférations de Harry. Rogue ne nous avait bien entendu pas rendu nos baguettes, et si nous étions libres de nos mouvements, il n'avait pas dissipé le sortilège de mutisme pour autant. J'ignorai son agitation frénétique pour enfiler mes vêtements, lançant à Harry les siens pour qu'il puisse faire de même.

- Dépêche-toi de t'habiller. Tu n'as tout de même pas envie que Rogue te voit à poil !

Je l'entendis tapper du pieds au sol, mais il finit tout de même par s'exécuter. J'en profitai pour regarder autour de nous. Nous étions dans une vaste pièce sous des combes, probablement un grenier. Il n'y avait presque aucun mobilier, uniquement quelques cartons éparpillés ici et là, et pourtant la pièce m'était familière, comme si je m'y étais déjà rendu par le passé. La réponse me sembla évidente : nous devions être dans la demeure de Rogue, à l'Impasse du Tisseur. S'il avait préféré venir ici plutôt qu'appeler Voldemort, c'était probablement qu'il avait une idée derrière la tête et ne comptais pas nous livrer immédiatement à lui.

Il ne tarda pas à revenir, une tasse de thé lévitant derrière lui, et se posa devant nous les bras croisés.

- Un vampire qui se fait attraper au beau milieu de la nuit. Si on m'avait raconté ça, je n'y aurais même pas cru. Le lien du calice est sensé renforcer le vampire, et non l'affaiblir. Ton père ne s'est jamais laissé aller à une telle vulnérabilité.

- Laisse-le où il est, tu veux bien ! S'il est mort aujourd'hui, c'est uniquement parce qu'il a décidé de se soumettre à un dégénéré. Moi je n'aime pas la facilité. Vol…

- Tais-toi sombre idiot ! Il a posé un Tabou sur son nom ! Je n'y crois pas que vous soyez encore en vie en ignorant ça ! Prononcer son nom et des Raffleurs ou des Mangemorts accourront. Je n'ai pas envie d'avoir à expliquer pourquoi je ne l'ai pas encore appelé.

- En parlant de Mangemort, nous en avons un sous les yeux ce me semble. Ton cher maître tombera. Et je ne m'associe pas aux perdants.

- Tu m'as l'air bien sûr de toi. Alors c'est vrai, n'est-ce pas ? Dites moi que ce n'est pas pure fanfaronnade de votre part quand vous avez prétendu avoir détruit deux Horcruxes ?

Je plissai des yeux et Harry me fit signe de me taire, mais de toute façon, nous l'avions déjà confirmé par courrier, je ne voyais pas l'intérêt de le nier à présent.

- Si tu nous as emmené ici, c'est pour t'assurer de l'absence d'oreilles indiscrètes, n'est-ce pas Severus ?

Mon parrain invoqua un fauteuil et s'y assit avant d'attraper sa tasse de thé pour en boire une gorgée. Il sembla un instant pensif, mais reporta bien vite son regard impénétrable sur nous.

- Vous êtes d'une telle faiblesse, d'une telle imprudence ! Vous ne vous rendez pas compte de tous les espoirs qui reposent sur vous. Cette chance insolente qui vous a maintenu en vie jusqu'à présent pourrait s'évaporer en un clin d'oeil et pourtant vous continuez à parader sous le nez de vos ennemis comme si vous étiez intouchables. Dumbledore avait une foi inébranlable en vous, Potter. Quand il a appri votre relation, il n'a même pas émis l'hypothèse que Drago puisse vous détourner du chemin qu'il avait tracé pour vous. Il avait plus confiance en vous qu'en moi...

- Tu parles de confiance ? Laisse-moi rire. Harry était sa marionnette. Il ne lui a transmis qu'une quête quasi impossible avec des indices sibyllins ! Pourquoi transmettre son livre de conte à Hermione, pourquoi un vif d'or à Harry… Si le temps était si précieux, pourquoi ne pas l'avoir directement informé de ce qu'il devait savoir au lieu de semer ces miettes de pain ! Et si tu l'admirais autant, pourquoi l'avoir tué ? Harry était en haut de la tour d'astronomie ce soir là. J'ai vu ce qu'il s'était passé dans son sang.

Rogue eut un étrange rictus et détourna la tête. Pour ma part, je n'arrivais pas à le cerner. Son rôle dans la guerre restait auréolé de mystère. Il changea de sujet.

- Comment se porte ta mère ? Au décès de Lucius, elle m'a demandé conseil sur la conduite à tenir. Puisqu'elle a soudainement disparu des radars, soit elle est morte, soit elle est en sécurité.

- Toujours aussi vivante et détestable qu'avant. J'imagine que l'idée de venir avec cet objet vient de toi, n'est-ce pas ?

- En effet. Le seul qu'il s'était donné la peine de protéger dans un compte en banque. Une chance que Rodolphus ne s'en soit pas emparé. Leur mariage a toujours été une sinécure, pour sauvegarder les apparences. Mais j'ignorais qu'elle se méfiait de lui au point de nommer Narcissa légataire. Et donc, vous êtes bien parvenus à détruire deux Horcruxes, n'est-ce pas ?

- J'ai créé la recette pour tous les détruire Severus. À moins que la théorie de Dumbledore soit juste et que Nagini en soit un, nous pourrons bientôt anéantir toutes les parcelles de Tu-Sais-Qui… Alors, qu'attends-tu pour aller le rapporter à ton cher maître ?

- Bien. Drago. Potter… Il est temps de parler sérieusement…


À suivre !

Mouwahaha je suis sadique de m'arrêter ici, mais je vais faire véritablement tout mon possible pour écrire rapidement le chapitre suivant. ;) J'ai déjà écris 5 pages à l'heure où je publie, c'est dire si je suis inspirée. Je vous dois bien ça ! Alors qu'est-ce que Rogue va-t-il décider ? Vous le saurez au prochain épisode ! ;)