Voici le dernier chapitre de cette histoire, il restera un épilogue que je posterais demain dans la matinée pour ne pas vous faire trop attendre. Merci à toutes les personnes qui commentent, ça me touche énormément. Le chapitre est plus court que les autres, mais j'espère qu'il vous plaira !
Scorpius
"J'ai peur."
"La première fois tu avais envie de vomir, il y a du progrès."
Elle me frappa le bras avec douceur en me regardant d'un air sévère.
"Je n'ai pas envie de rigoler."
"Calme-toi, ce n'est qu'un dîner."
"Oui tu as raison."
Ellora, magnifique dans sa jolie robe verte, soupira puis frappa à la porte qui s'ouvrit instantanément. De toute évidence, nous étions attendus.
"Les enfants, entrez, bonjour, nous sommes ravis de vous avoir."
Harry Potter ouvrit ses bras en grand et enlaça Ellora qui soupira d'aise.
"Salut papa, la forme ?"
"Toujours. Et vous ?" demanda-t-il en me serrant la main.
"Un peu en décalage horaire, mais ça va."
"Neville m'a dit que vous alliez donner des cours à Poudlard ?" demanda Harry en nous emmenant dans le salon.
"Oh oui, c'est un projet," repris-je en voyant Ellie qui se figeait de plus en plus d'angoisse, "pour le moment on cherche à installer le musée. Ellora va voir demain, moi je cherche encore des objets. D'ailleurs, si vous souhaitez témoigner. Nous pourrons organiser quelque chose, nous allons créer un département sur la guerre."
"Evidemment. Tu prendras rendez-vous," s'amusa-t-il en me lançant un clin d'œil.
Je rougis doucement. Harry m'impressionnait toujours autant, malgré sa gentillesse. Il était si imposant, si fort. Et c'était le père de la femme que j'aimais.
"Ellie," dit une voix derrière nous alors que nous commencions à parler des avancées du musée.
Ginny se tenait droite, mais inquiète, elle nouait et dénouait ses mains comme sa fille.
"Bonjour," souffla Ellora d'un air timide. "Merci, pour l'invitation."
"C'est normal. Je... Tu veux venir voir à la cuisine ? Le dîner est bientôt prêt, je me doute que vous êtes fatigués."
Nous nous regardâmes avec Harry d'un air entendu. Nous espérions tous les deux que les relations s'apaiseraient enfin. Si Ron et Hermione étaient venus en Amérique pendant deux semaines, Ginny était la seule Weasley à ne pas avoir repris contact avec Ellora, avant ces dernières semaines. Je savais qu'elle en souffrait, mais qu'elle l'acceptait, lui laissant le temps.
C'est pourtant Ginny qui nous avait invité à dîner ce soir. Les larmes qui avaient coulés suite à sa demande m'avaient fortement touchées.
"Bien, Scorpius, parlons affaires si tu veux bien."
Instantanément, j'oubliais mes inquiétudes et sorti mon plus beau sourire. Ça n'allait pas être simple, mais j'allais l'avoir, le témoignage du Survivant.
"Un verre ?" me proposa-t-il en souriant alors qu'il m'entraînait dans son bureau
J'étais si gêné. J'acquiesçais mais mon cœur battait si fort que je me demandais si Harry ne l'entendait pas.
"Mr Potter..."
"Harry."
"Oui, Harry... je..."
"Respire, Scorpius. Je ne vais pas te manger."
"Excusez-moi."
Je souris avec difficulté, avant de prendre une grande gorgée de Whisky Pur Feu.
"Pour mon témoignage c'est oui, si c'est cela qui t'inquiète."
"Oh... C'est vrai ?"
J'eus un mouvement de surprise en oubliant totalement la raison de ma nervosité.
"Fantastique, merci, cela va beaucoup nous apporter. Nous avons décider de procéder avec un système de pensines, ainsi vous pourrez y mettre les souvenirs que vous souhaitez."
"C'est une excellente idée," dit Harry en souriant.
"Merci, elle est de moi," repris-je non peu fier de ma trouvaille.
"Tu sais que je suis un habitué des pensines ?", ricana-t-il.
"Oui, Al m'a dit que vous en aviez une ici."
"Et donc, vous avez déjà réunis des témoignages ?"
"Oui, pas mal. Ron et Hermione ont déjà déposé leurs souvenirs, ainsi que quelques membres de la famille Weasley."
"Je vois... Il ne manque plus que moi et Ginny et je ne pouvais pas refuser sinon..."
"Sinon, Hermione m'a dit qu'elle viendrait en parler avec vous."
Harry rigola et je le suivis, nous savions à quel point Hermione pouvait être déterminée, nul doute qu'elle aurait obtenu de son meilleur ami qu'il témoigne.
"Bien, je te donnerais mes créneaux et nous pourrons organiser cela. Autre chose ?"
Je pris une grande inspiration sans le regarder dans les yeux. Je n'oubliais rien : qu'il était le Sauveur, qu'il avait vaincu Voldemort, qu'il était le chef des aurors et le père de ma petite-amie, que je m'appelais Malefoy, apparenté à une famille de Mangemort et que nos deux familles se détestaient.
Pourtant, je pris mon courage à deux mains, le fixa et lui fit ma demande. Son sourire en coin me fit comprendre qu'il savait déjà de quoi je voulais lui parler.
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Ellora
"Je suis contente de te voir," murmura Ginny en tournant la préparation dans une casserole. "Les elfes auraient pu préparer le repas, mais je voulais le faire moi-même. Je ne savais pas si tu voulais que les garçons viennent, mais je me suis dit qu'avec le décalage horaire vous seriez contents de rentrer assez tôt. Vous dormez chez les Malefoy, c'est ça ? J'ai parlé à Astoria. Bien sûr elle parle beaucoup de toi, donc..."
La voix de Ginny se brisa pendant sa litanie.
"Je suis désolée," murmura-t-elle si doucement que je cru l'avoir rêvé.
Tout ce que j'attendais depuis un an. Ce n'était pas possible. Je n'y croyais plus. Si j'avais eu des contacts réguliers avec la famille, qu'Albus venait nous voir presque tous les dimanches et que James passait ses vacances chez nous, c'était la seule qui m'importait. Ma mère. La seule chose qui me manquait pour que mon bonheur soit parfait.
"Moi aussi," dis-je brusquement. "Je sais que, c'était compliqué pour toi. Que je le soutienne. Et je l'avoue, j'étais jalouse des garçons. Parce qu'ils t'ont eu pendant des années et moi non. Et je vous ai détesté parce que je ne voulais pas savoir, j'aurai préféré rester dans l'ignorance. Mais j'ai eu tort. Et je sais que je t'ai fait de la peine."
"Non."
Ginny me fixa droit dans les yeux et s'avança avant de se rétracter, n'osant pas me prendre dans ses bras. Alors je fis le premier pas. Parce que j'en avais besoin depuis un an et demi. Parce que j'avais besoin de ma mère.
"C'est moi qui m'excuse, je suis l'adulte," reprit-elle, "je me suis laissée emporter par mes émotions, par ma colère. Mais tu n'étais pas responsable. Tu n'es pas la Lily qui avait trois ans, tu es plus que ça, tu es à la fois ma Lily et une autre personne, une personne épanouie. Et c'est ça qui m'a blessé. Savoir que, sans moi, tu étais devenue aussi belle, sûre de toi. Que, finalement, tu n'avais pas eu besoin de moi. Et ensuite tu as trouvé Astoria. J'ai été blessée et égoïste."
"Moi aussi, je n'ai pas... Je ne t'ai pas laissé de temps, je me sentais tellement triste que tu ne veuilles pas de moi. J'étais si contente quand tu m'as envoyé une lettre."
"Harry me l'avait dit", reprit-elle en souriant doucement, "j'ai mis du temps, mais j'en avait besoin, après-coup."
J'avais attendu deux mois après mon départ pour qu'elle m'envoie une lettre en s'excusant. A partir de ce moment nous avions correspondu longuement, parlant de choses et d'autres.
"C'est juste..." repris-je d'un air inquiet, "je n'avais jamais eu de maman, alors j'ai eu peur de t'avoir déçue."
"Mais non !" s'exclama Ginny en rougissant, "c'était moi... J'avais peur que tu sois déçue de moi et que je ne sois pas la mère que tu voulais. Quand Astoria venait me dire que vous vous entendiez bien, je me suis écartée, en me disant que tu avais trouvé ta mère..."
"Jamais. Astoria est... géniale, vraiment, mais ça ne sera jamais ma mère. C'est toi."
Ginny eut les larmes aux yeux.
"En fait," reprit-elle d'une voix hachée, "nous avions toutes les deux peur que l'autre soit déçue."
Nous rigolâmes ensemble pour la première fois.
"C'est dommage, mais je pense qu'on en avait besoin. En partant j'ai pu mettre des mots sur tout ça, je vois un psychomage toutes les semaines," me dit-elle en soupirant. "J'ai perdu un de mes frères pendant la guerre, j'ai eu tellement de mal à me remettre... Et toi qui disparaît. J'ai... je voulais juste ne plus y penser donc je t'ai mis dans un coin de ma tête..."
"Et je suis revenue."
"Oui. Ce qui était le plus beau jour de ma vie, j'étais vraiment heureuse de te rencontrer" dit-elle en me fixant dans les yeux, ayant sans doute peur que je comprenne mal. "C'était si joyeux quand Harry nous a dit que c'était toi. Quand je t'ai vu... j'ai pris une claque. Parce que tu n'étais plus ma petite-fille, tu étais si belle et indépendante, et tu n'avais rien de moi. Ça m'a fait peur et je savais que ça allait être compliqué pour toi de t'intégrer..."
"Et le procès n'a pas arrangé les choses."
Ginny soupira en continuant à tourner son potage.
"Effectivement... j'en ai voulu à beaucoup de monde, à commencer par Harry."
"Mais vous êtes toujours ensemble ?"
"On s'aime tellement," dit-elle d'une voix rêveuse. "C'est surtout ma mère et Ron qui m'ont aidé à remonter la pente. J'avais juste besoin de faire le deuil de ma petite-fille de trois ans pour te retrouver toi. Ils ont été là et après j'ai compris que je t'avais blessé par mon comportement, mais ce n'était pas voulu, j'avais juste peur."
"Je peux le comprendre, ce n'était pas simple toute cette histoire. Et si tout le monde a plutôt bien réagi pour toi ça a dû être encore plus dur."
"Oui, je me demandais pourquoi je n'y arrivais pas. Finalement, j'en ai longuement discuté et je n'avais jamais mis de mot sur ton enlèvement, j'ai juste continué ma vie. Au contraire d'Harry qui a tout de suite parlé avec Hermione et Ron, il a pu avancer, pas moi. Donc j'ai eu besoin d'avancer et de parler du passé avant de penser au futur. Mais, je suis désolée... C'était égoïste."
"Pas vraiment" dis-je en fronçant les sourcils, "ça a été dur pour moi, mais cet éloignement ça m'a aussi permis de te comprendre. J'ai compris ce que tu pouvais ressentir. Si je ne t'avais pas laissé le temps, on aurait eu une relation sur des non-dits. Alors que là on peut reprendre tout depuis le début."
"Tu le penses vraiment ?"
Les yeux de Ginny rencontrèrent les miens. Nous avions les mêmes. Et j'y vus tout sa peur, sa crainte de m'avoir perdu à tout jamais, sa volonté de prendre de nouvelles bases. Je compris qu'elle aussi avait eu peur de me perdre et qu'elle s'était demandée si elle était à la hauteur. Finalement, nous étions pareilles. Et il nous fallait nous connaître à présent.
"Je te pardonne"
Je la regardais dans les yeux en essayant de lui transmettre tout ce que je n'avais pu pendant ces derniers mois.
"Je vais me rattraper, si tu le veux, bien sûr," demanda-t-elle d'une voix inquiète.
"Bien sûr. Et nous allons devoir nous voir beaucoup, parce que j'ai besoin d'aide."
"C'est à quel prop..."
Son cri de joie me transperça les oreilles quand elle vit la jolie bague qui ornait mon doigt.
"Je suis tellement heureuse ! Un mariage !"
Elle me reprit dans ses bras et ses cris de joie attirèrent Scorpius et Harry. Le visage de ce dernier, un peu anxieux mais heureux, m'indiquaient que Scorpius lui avait dit.
"Félicitations ma puce," me dit mon père en s'approchant de moi.
"Merci papa et... maman," dis-je en me tournant vers Ginny qui éclata en sanglot et s'approcha de nous pour un câlin familial.
Celui qui n'avait que trop tardé. Mais que j'appréciais au maximum.
"Un câlin ? J'en veux aussi !" hurla Albus qui déboula dans la cuisine, bientôt suivi par James sous les regards amusés de Ginny qui me fit un signe d'excuse.
Je lui dis que ce n'était rien, cela m'étonnais énormément que James et Albus restent chez eux sans venir nous voir et j'étais ravie qu'on se retrouve enfin. Toute la famille réunie.
La soirée ne fut remplie que d'éclats de rire, de larmes de bonheur et de joie. Parce qu'enfin, j'avais une vraie famille. Je savais qui j'étais, un mix entre Ellora Fawley et Lily Potter, quelque chose qui me représentait, mon identité : Ellie F. P. Malefoy.
Tout allait bien.
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LA GAZETTE DU SORCIER
Ouverture du musée de la magie à Londres. Lily Potter et Scorpius Malefoy ont annoncé l'ouverture du nouveau musée de la magie en plein centre de Londres. Avec son département sur la magie des fées et sur la guerre qui nous a opposé à Lord Voldemort, cette ouverture prévue dans trois mois s'annonce comme l'évènement de l'année. Harry Potter a indiqué être « fier de sa fille » avant de nous demander de ne pas l'embêter si nous ne voulions pas finir comme Rita Skeeter. Serait-ce une menace, Mr Potter ?
