19 décembre

Mots utilisés : Gui - Chemin de lycée - Jouets

Fandom : Fire Emblem Fates/Awakening

F!Corrin x Rhajat - M!Robin x Tharja - léger Noire et Linfan - léger F!Corrin et Sakura

Romance - un peu Famille


Kamui n'arrivait pas à s'arrêter de rire en franchissant les grandes portes de sa suite. Elle en avait mal aux abdos, mais la vague de bonheur immense qui parcourait son corps lui donnait envie de rire de tout. Elle était tellement heureuse, elle avait l'impression que le monde était désormais rempli de lumière.

"Oh, Rhajat, ça suffit ! s'exclama-t-il, des larmes de rire dans les yeux, en se raccrochant à la poignée de la porte. Si tu continues à les imiter, je ne vais plus pouvoir m'en relever !

-Vous seriez totalement à ma merci, alors, rétorqua son épouse, un grand sourire un peu inquiétant aux lèvres. Rien ne pourrait me faire plus plaisir, vous le savez.

-Oh, je t'en prie. En tant normal, je fais déjà tout ce que tu veux. Pffioou, j'ai besoin de pendre un peu l'air."

Tout en continuant de rire à moitié, Kamui repoussa les cheveux blancs qui lui tombaient sur le visage et se dirigea vers le balcon du salon. Elle ouvrit la grande baie vitrée; l'air glacial et piquant de cette nuit de décembre l'accueillit et l'enveloppa. Elle aurait dû frissonner, mais elle avait tellement chaud, à cause de ses rires et de la chaleur de la salle de banquet qu'elle venait de quitter, que ce courant d'air frais lui fit du bien. Elle passa sa main dans ses cheveux courts, reconnaissante de les avoir coupés. Qu'est-ce qu'elle avait chaud ! Elle se demanda si, de leur côté, ses frères et sœurs s'étaient eux aussi repliés vers les jardins ou le balcon de la suite où ils logeaient. Elle se pencha par-dessus la rambarde pour observer les massifs, curieuse, mais elle ne distingua aucun mouvement dans la lueur des torches. La jeune Reine resta là un moment, calmant son fou rire en regardant la lueur des étoiles. C'était une nuit magnifique. Et elle était magnifiquement heureuse.

Et puis, avant de pendre froid, elle quitta le balcon et referma la fenêtre derrière elle. Rhajat était en train de se changer dans la chambre, troquant sa robe de fête pour une jupe courte et serrée, des chaussettes hautes retenues par un porte-jarretelles et une tunique, dans une imitation décalée de la tenue des chevaliers kinshi.

"Oh, mais dis-moi, tu es vraiment ravissante, sourit Kamui en s'approchant lentement d'elle. Je pourrais...

-Minute, la contra sa femme en esquivant le baiser qu'elle lui posait dans le cou. Vous avez aussi quelque chose que je veux voir.

-Un échange ? Avec grand plaisir, ma chère épouse."

Aussitôt, la jeune Reine alla récupérer dans sa penderie la tenue de domestique que Felicia lui avait fournie un jour, robe noire et courte garnie de dentelle, gros nœud dans le dos et chaussettes fines et montantes. Ainsi attifées, les deux filles basculèrent dans le lit et s'embrassèrent dans un grand envol de dentelles. Quand Kamui s'écarta pour reprendre son souffle, Rhajat retint son menton et désigna la branche de gui qui pendait au-dessus de leur lit.

"Vous ne pouvez pas arrêter tant que nous sommes dessous, décréta-t-elle.

-C'est pour ça que tu l'as mise là, petite friponne, rit Kamui en l'embrassant dans le cou. Et je t'avoue que ce n'est pas pour me déplaire !"

Alors que sa femme la poussait sur le dos pour se positionner au-dessus d'elle, Rhajat l'arrêta une nouvelle fois. Elle plongea profondément ses yeux gris dans les prunelles rouges de Kamui, et murmura :

"Dame Kamui, même dans une prochaine vie, je vous aimerai toujours.

-Moi aussi, Rhajat, murmura la jeune Reine en se penchant sur elle pour continuer à l'embrasser."

C'était une nuit d'hiver noire et froide, mais remplie de chaleur et d'amour dans cette chambre de la reine de Valla.


Tharja souleva du sol et plaça sur ses genoux la petite fille aux cheveux noirs, qui poussa un petit cri et essaya d'effectuer une roulade arrière.

"On ne bouge pas, petit démon, rétorqua sa mère en la remettant en place. C'est l'heure du biberon."

Aussitôt que le bébé eut la nourriture sous le nez, il se mit à agiter ses petites jambes et tendit les bras vers le biberon. Il but goulûment, blotti dans le giron de sa mère. Quand il eut fini, Tharja le reposa à terre et l'enfant rampa vers sa grande sœur qui était assise sur le tapis à quelques pas de là, entourée de jouets. Elle était en train de monter un château fort avec des petites cubes en bois. Linfan, loin d'essayer de démolir la construction comme tous les bébés, prit un cône dans ses petites mains pour essayer de faire une tour.

"Bonsoir, ma chérie. Pardonne-moi d'avoir pris tout ce temps. Chrom avait besoin de moi pour..."

Tharja l'interrompit en tendant un doigt pour le poser sur sa bouche, sans détourner les yeux de ses filles. Le silence se fit immédiatement.

"Je te pardonne, si tu m'embrasses immédiatement, répliqua-t-elle, et elle n'eut pas à attendre longtemps pour qu'une bouche transportée se pose sur la sienne."

De longs cheveux soyeux et blancs virent caresser sa joue et son cou. Quand le baiser prit fin, Tharja les repoussa derrière l'oreille de leur propriétaire et plongea ses yeux gris dans les prunelles brunes. Dans la lumière du soleil couchant qui rentrait en grand par la fenêtre, ils avaient presque l'air rouges. L'espace d'une seconde, Tharja eut la curieuse sensation de voir un autre visage se superposer au sien. Même son sourire lui paraissait presque mystique et très, très ancien... comme issu d'un rêve ou d'un souvenir. Mais la sensation s'évapora comme elle était venue.

"Les filles ont l'air de bien s'amuser, sourit Darren en ôtant son lourd manteau pourpre. Qu'est-ce que c'est ? Un château ?

-C'est le royaume de Valla, expliqua fièrement la petite Noire en brandissant un jouet vers son père. Et elle, c'est la reine Kamui !

-Oh, je vois, sourit le stratège en venant s'agenouiller sur le tapis. Elle a de beaux cheveux ! Je me demande qui lui a fait cette coiffure... ?

-C'est vous qui l'avez fabriquée, Père ! gloussa la petite fille pendant que sa sœur, pour l'imiter, poussait une petite exclamation de joie.

-Bien sûr, bien sûr. Et elle, que fait-elle ? Elle a l'air importante.

-C'est sa femme ! Je ne lui ai pas encore donné de nom, mais elle a des pouvoirs magiques, comme Mère ! Un jour, Kamui l'a sauvée d'une horde de monstres très méchants !

-Voyez-vous ça. Quelle jeune femme courageuse ! Tu as beaucoup d'imagination, ma Noire.

-Mais non, Père. C'est vous qui avez inventé cette histoire, vous vous souvenez ?

-Heu... ah bon ? C'est vrai que, maintenant que tu me le dis, ça ma rappelle vaguement quelque chose..."

Darren se releva et se tourna vers Tharja.

"Heu... c'est vraiment moi qui ai inventé cette histoire ? lui demanda-t-il, confus.

-Mais oui, mon doux mari. Je dois même dire que c'était un conte très intéressant !

-Je me demande d'où m'est sortie cette idée, avoua le stratège, perplexe, en invitant sa femme à se lever pour la prendre par la taille et l'embrasser.

-Un souvenir d'une de nos vies antérieures, mon bien-aimé, répondit Tharja, très sérieuse, pendant qu'il déposait des baisers dans son cou.

-Des vies antérieures ? Alors, tu es vraiment sérieuse quand tu dis ça ?

-Bien sûr. Pourquoi, tu n'y crois pas ?

-Heu... si, bien sûr, assura Darren en voyant le regard de sa femme. C'est juste que ça me semble... ça me surprend, parfois. Alors, tu crois vraiment que j'étais une princesse ?

-Qui sait, ronronna Tharja en lui posant un baiser sur la lèvre inférieure. Je sais que, dans tous les cas, je t'ai aimé autant que je t'aime maintenant.

-Je le crois aussi, Tharja, murmura Darren en approfondissant leur baiser."

C'était une nuit d'hiver éblouissante et froide, mais remplie de chaleur et d'amour dans le salon du stratège d'Ylisse.


La pluie avait cessé mais le vent, lui, était aussi glacial qu'au pôle nord, Kamui en était persuadée. Le nez dans son écharpe, elle frissonnait et râlait en remontant le long chemin en béton qui menait au lycée.

"Arrête de te plaindre, voyons, rit doucement sa petite sœur qui l'accompagnait. Ce n'est pas si terrible, et en plus nous sommes en week-end ce soir.

-Je déteste quand même ce vent ! Il fait froid, il me gèle les oreilles et il me donne envie d'éternuer !"

Compatissante, Sakura regarda les cheveux blancs, épais et courts de sa sœur qui effleuraient à peine ses épaules. Elle aussi avait des cheveux courts, mais au moins, elle mettait des protège-oreilles.

"Nous sommes presque arrivées. Tu vas pouvoir te mettre au chaud, lui promit-elle."

Elles continuèrent de marcher, arrivant finalement en vue de l'entrée du lycée, quand le regard de Kamui fut attiré par une personne qui se tenait, seule, devant le garage à vélos.

"Hé ! Regarde, tu as vu cette fille ? s'exclama-t-elle en désignant l'adolescente d'un signe du menton. Tu l'as déjà croisée ici, toi ?

-Heu... non, pas que je sache, répondit Sakura, confuse. Elle a l'air seule... et elle me fait un peu p... peur..."

Kamui dévisagea la lycéenne. Une épaisse frange de cheveux châtains tombait devant ses yeux, gris, qui étaient d'une profondeur telle que la jeune fille n'en avait jamais vue.

"Tu vas lui parler ? s'exclama Sakura en courant après Kamui, qui avait changé de direction pour s'approcher d'elle.

-Pourquoi pas ? Elle a quelque chose de... curieusement apaisant. Tu ne trouves pas ?

-Heu, pas du tout !"

Sakura suivit quand même son aînée, qui se dirigea vers l'adolescente et s'arrêta devant elle dans la gadoue du chemin de terre.

"Salut ! lança-t-elle."

Un coup de vent souleva ses cheveux blancs et un rayon de soleil, comme attiré par ses prunelles, en fit brièvement scintiller l'éclat rouge. Soudain, tout autour d'elles sembla suspendu sur ce chemin de lycée. Et puis, Rhajat sourit et répondit :

"Salut."