- Finalement, j'espère que les secours mettront du temps à venir, souffla Adrien.

Marinette hocha la tête.

- En haut, on peut encore prétendre n'être que Marinette et Adrien, affirma-t-elle.

- Mais quand on redescendra…, fit doucement le blond. Qu'est-ce qui se passera ?

- Et si on n'y réfléchissait pas ? Si on se contentait de profiter ? De geler sur place mais d'être nous même jusqu'à ce que cette Grande Roue redémarre ?

Adrien lui sourit et entortilla ses doigts aux siens :

- Ça me plaît, comme idée.

Ils décidèrent de jeter leurs problèmes au sol, sur la terre ferme et de rester dans les airs. Marinette pouffa soudainement de rire, se rendant compte de l'absurdité de la situation :

- Cette Grande Roue aurait pu tomber en panne n'importe quand…

- Et il a fallu qu'on monte dedans pour qu'elle s'arrête, comprit Adrien en riant à son tour. Cependant, je suis content qu'elle soit en panne.

- T'es content d'être tout en haut, prisonnier d'un manège complètement cassé ? s'étonna Marinette.

- Je suis content d'être tout en haut, prisonnier d'un manège complètement cassé, avec toi.

Marinette lui retourna son sourire et se demanda une fois de plus, ce qu'elle ressentirait en l'embrassant. Est-ce que ce serait doux ? Est-ce que ce serait violent ? Magique ? Merveilleux ? Ou embarrassant ? Mauvais ?

- Si j'avais pu choisir mon compagnon de fortune sur cette nacelle suspendue à soixante-cinq mètres du sol, ça aurait été toi, avoua Marinette.

- Je suis enchanté de l'entendre !

- Le plus fou, c'est qu'il nous suffirait de nous transformer en Ladybug et Chat Noir pour sortir d'ici, et libérer nos amis…

- Je croyais qu'on ne devait plus parler d'eux…

- C'est vrai, se rappela Marinette.

Mais c'était impossible pour elle d'occulter le fait qu'ils étaient des super-héros. Ca faisait partie de leur vie, de qui elle était.

- J'aimerais qu'on reste ici pour toujours…, soupira Adrien. De toute façon, personne ne s'inquiète pour moi. Mon père ne sait pas que je suis ici, mon garde du corps attend probablement dans la voiture, et Nathalie est encore à l'hôpital…

- Des gens s'inquiètent pour toi, fronça ses sourcils Marinette.

- Et ils sont coincés ici, avec moi ! Plaisanta le jeune homme.

- Moi je m'inquiète pour toi. Je m'inquiète toujours pour toi…

Ils échangèrent un regard, qui réchauffa l'atmosphère autour d'eux, comme une bulle chaude et agréable, comme un feu de cheminée juste pour eux… Marinette avait tendance à se faire du souci pour tout le monde, mais pour Adrien c'était différent. Elle le savait seul pour les fêtes, son père n'ayant jamais le cœur assez léger pour se réjouir.

- Tu sais que ma porte te sera toujours ouverte, à n'importe quelle heure de la journée ou de la nuit.

Adrien le savait. Il passait beaucoup de temps à la boulangerie. En plus de ça, l'année dernière, il avait aidé Marinette à réviser pour ses épreuves anticipées du baccalauréat, en physique et en S.V.T. Ils avaient déjà vu Adrien faire semblant de défiler dans leur salon, quand Marinette lui faisait porter ses créations, pour voir si elles convenaient…

- Tes parents doivent en avoir marre de moi.

- Ils t'aiment bien, le corrigea Marinette.

- J'adore venir chez toi. Mais parfois, j'aimerais avoir mon propre refuge moi aussi, un endroit où je me sentirai bien tout le temps. Mais un endroit à moi, rien qu'à moi.

Il adorait être chez Marinette, mais ce n'était pas vraiment chez lui. C'était un refuge, mais ce n'était pas le sien…

- Adrien…

- Tes lèvres sont bleues, murmura-t-il.

Il le savait, parce qu'il les regardait tout le temps, se demander quel goût elles avaient…

Elle posa sa tête contre son épaule, en grelottant et en claquant légèrement des dents. Il commençait à faire vraiment froid et la neige qui tombait sur leurs têtes n'arrangeait rien. Adrien passa un bras autour de ses épaules et elle nicha sa tête dans le creux de son cou, pour y réfugier son menton au chaud, dans son écharpe verte qu'elle avait elle-même tricoté.


Oh oh oh !

J-7 avant Noël

On se donne rendez-vous demain, pour la suite !

CacheCoeur :)