Bonjour à tous !

J'espère que vous avez aimé ma représentation de l'école de Beauxbâtons.

Maintenant, nous passons aux choses sérieuses. Je vous avoue, je suis un peu plus satisfaite de ce chapitre que du précédent. J'espère que vous l'apprécierez !

Très bonne lecture !

PS : et désolée pour les fautes, s'il y en a, je l'ai relu deux-trois fois mais il y en a sûrement qui s'y sont glissées...


Chapitre 21 - La Coupe de feu

Quand ils furent de retour au Poudlard Express, Sarah emmena les Sombrals dans leur enclos. Les créatures étaient disciplinées et suivirent la professeur de Potions sans rechigner. Elle en profita pour leur donner quelques morceaux de viande rouge que les elfes de maison avaient préparé à leur attention.

Elle se dirigea ensuite dans son compartiment. Il était tard, près de minuit désormais. Elle posa sa cape sur une chaise et jeta un oeil sur le plaid de Severus, plié sur son lit. Devait-elle aller le rendre immédiatement ? Cela pouvait-il attendre le lendemain ? Sarah ne mit pas longtemps avant de se décider, prit la couverture sous son bras et se posta devant la porte de la chambre du professeur de DCFM. La lumière filtrait par les interstices, il ne dormait pas encore. Elle inspira un bon coup afin de s'encourager et toqua contre le bois de la porte. Elle attendit quelques secondes avant que la porte ne s'ouvre devant un Severus surpris.

Il avait enlevé sa longue veste noire et ne portait plus que sa chemise blanche et son pantalon noir. A la lueur des lampes, Sarah ne put s'empêcher de le trouver charmant. Elle ressentait rarement des élans d'attirance physique envers le professeur, les enfouissant le plus profondément dans son coeur et dans son esprit. Néanmoins, cette fois, elle eut du mal à se contenir. Comment cela se faisait-il qu'un tel homme l'attire autant ? Il avait la peau très pâle, les cheveux mi-longs gras et un nez crochu. De plus, il n'était plus très jeune puisqu'il avait la quarantaine passée et des rides profondes sillonnaient son visage. Pourtant, l'amour ne se commandait pas, n'est-ce pas ?

L'homme avait un regard magnétique et un charme indéniable et Sarah faillit perdre tous ses moyens mais elle se reprit tant bien que mal.

- Euh… excusez-moi de vous déranger, Severus, dit-elle en rougissant. Je voulais vous remercier pour la couverture.

Elle souleva le plaid qu'elle tenait entre ses bras et le lui tendit. Le professeur de DCFM fut étonné, surtout qu'elle le dérange aussi tardivement pour une chose si futile. Sarah se rendit compte qu'elle aurait pu attendre le lendemain matin. Mais elle n'avait pas voulu laisser passer l'occasion. Elle l'avait très peu vu depuis 24 heures et il lui manquait déjà. Ses sentiments devenaient plus forts chaque jour ce qui n'annonçait rien de bon, surtout si le professeur ne ressentait rien pour elle.

- Cela aurait pu attendre demain matin, s'écria-t-elle confuse. Je suis désolée de vous avoir dérangé juste pour ça.

- Non, vous ne me dérangez pas !

Ils restèrent ainsi à se regarder sans savoir quoi se dire.

- Je… commença-t-elle.

- Est-ce… dit-il en même temps.

Sarah sourit. Elle se sentait gênée et ne savait pas comment se comporter.

- Allez-y, Severus !

- Est-ce que vous aimeriez prendre un dernier verre avec moi ? lui demanda-t-il.

Elle écarquilla les yeux mais effaça très vite la surprise sur son visage. Elle espérait qu'il n'ait pas vu son étonnement. Enfin… elle était une très mauvaise menteuse… alors…

- Oui, bien sûr ! répondit-elle rapidement.

Severus fut également surpris, par la prompte réponse positive de Sarah, et certainement par sa propre audace. Pourquoi avait-il invité la professeur ? Il cacha son trouble.

- Désolé, c'est un peu petit, dit-il en l'invitant dans sa chambre.

Sarah eut un petit rire.

- C'est aussi petit que chez moi ! remarqua-t-elle.

Elle regarda autour d'elle ne sachant pas où s'installer.

- Asseyez-vous ici ! lui dit Severus, en lui présentant son lit.

Elle se dirigea vers le siège improvisé, rougissante (Je vais m'asseoir sur le lit de Severus !) et s'assit. Severus prit l'unique chaise face au bureau et la tourna vers elle.

- Vous n'aimez pas le whisky pur feu, n'est-ce pas ?

- Non, grimaça-t-elle. A moins que vous ayez du bourbon ?

- J'ai une bouteille de Xerès.

Il la fit apparaître sur le bureau, ainsi que deux verres. Sarah fut encore plus étonnée. Depuis quand Severus Rogue buvait-il du Xerès ? Il ouvrit la bouteille et servit les verres. Il en tendit un à Sarah.

- Santé ! lança-t-elle.

- Santé !

Elle but une petite gorgée. Le vin était légèrement sucré et fruité. Elle en prit une deuxième gorgée, appréciant encore plus le liquide ambré.

- Il est vraiment bon ! s'écria-t-elle au bout de quelques instants.

- N'est-ce pas ? C'est une cuvée spéciale d'un ami, répondit Severus.

- Oh ! Si elle est si spéciale, pourquoi l'avez-vous ouverte aujourd'hui ?

- Aujourd'hui est un jour spécial, non ? Notre triomphale arrivée à Beauxbâtons à dos de Sombrals !

- Oui, vous avez raison !

- Félicitations ! C'était une bonne idée ! Beauxbâtons a été époustouflé !

- Merci ! Mais je n'ai pas fait grand chose, vous savez ! C'est Hagrid qu'il faut féliciter. C'est lui qui les a apprivoisés ! Je n'ai fait que les guider.

- Ils vous écoutent au doigt à l'oeil, c'est une sacrée prouesse !

- Non, vraiment, ce n'est pas grand chose !

- Vous avez une très grande facilité avec les créatures magiques !

Sarah observa Severus. Il était rare qu'il lui fasse autant de compliments. Elle le remercia à nouveau en rougissant. Son coeur palpitait fort dans sa poitrine. Elle avait l'impression de vivre un rêve éveillé. Combien de fois n'avait-elle pas rêvé de se retrouver ainsi dans les appartements du professeur ? Elle eut une lueur d'espoir. Pourraient-ils être plus que de simples collègues ? Elle chassa vite cette dernière pensée, ne souhaitant pas s'exciter trop vite. Elle n'avait pas envie de souffrir. Elle avait eu beaucoup trop de désillusions l'année précédente. Elle ne voulait pas commettre les mêmes erreurs.

- Je souhaiterais m'excuser ! dit Severus au bout de quelques instants.

Sarah le regarda surprise.

- Mais pourquoi ? s'écria-t-elle.

- J'ai tendance à ne pas croire en vous, Sarah… lui répondit-il. Je me suis trompé concernant les Centaures l'année dernière, je vous ai plutôt mal traité pendant plusieurs mois et j'ai cette fâcheuse tendance à ne pas vous faire confiance… pourtant, vous nous avez largement démontré que vous étiez une sorcière compétente.

- Je… suis confuse !

Elle se cacha derrière une mèche de cheveux et n'osa plus regarder le professeur.

- Parlez-moi du Machu Picchu, s'il vous plaît ! lui dit-il en lui faisant un sourire.

Elle le lui rendit et commença son récit.

Le lendemain matin, Sarah se réveilla dans son lit fatiguée mais heureuse. Elle avait passé une bonne partie de la nuit avec Severus à parler de son voyage au Pérou. Le professeur l'avait écouté silencieusement, faisant quelques commentaires de temps en temps. Jamais n'avait-elle eu une conversation normale avec lui et elle avait encore l'impression de rêver. Elle se leva, se doucha et s'habilla.

Elle se dirigea ensuite directement dans la salle à manger où quasiment toutes les élèves et professeurs étaient levés. Elle s'assit en face de Severus et lui lança un sourire qu'il lui rendit. Son coeur bondit. Comment allait-elle survivre pendant ces huit mois s'il lui faisait autant d'effet chaque jour ?

Au bout d'une dizaine de minutes, quand les élèves furent tous présents, la directrice se leva. Sarah releva la tête et l'écouta.

- Bonjour à tous ! leur dit-elle. Ce matin, nous irons à Beauxbâtons et vous déposerez vos noms dans la Coupe de Feu. Comme vous l'a dit hier Monsieur Ivanoff, il est très important que vous ayez conscience des dangers potentiels que vous affronterez en tant que Champion. Le Tournoi des Trois Sorciers est un événement qui n'est pas à la portée de tous. Certes, j'imagine que vous avez tous en tête des rêves de gloires mais pour y arriver, il vous faudra affronter de nombreux obstacles. C'est pourquoi je souhaiterais vous laisser encore une heure de réflexion avant que nous allions à l'école française. Réfléchissez-bien ! Si quelqu'un souhaite se désister, il est encore temps, nous ne vous en tiendrons pas rigueur. Je vous laisse donc une heure. Ensuite, nous nous rendrons tous à Beauxbâtons et vous aurez quartier libre puisque nous sommes dimanche. Il faudra juste que vous soyez présents pour le grand dîner de ce soir.

Minerva se rassit et les élèves discutèrent discrètement entre eux. Sarah les observa. Elle n'avait pas envie d'être à leur place. Si elle l'avait été, elle ne se serait pas présentée comme candidate. Elle ne savait pas en quoi consistait les épreuves mais écouter Hermione lui raconter le Tournoi de Harry lui avait largement suffit. Elle était loin d'être courageuse et à cet instant, elle préférait sa place de professeur.

Qu'allait-elle pouvoir donc faire pendant cette journée de libre ? Elle n'avait pas de devoirs à corriger et les Sombrals ne lui prenaient pas beaucoup de temps… peut-être pourrait-elle se renseigner sur les sources chaudes qu'elle souhaitait visiter ? Elle jeta un regard vers Severus. Et si elle lui proposait de venir avec elle aux sources chaudes, accepterait-il ? Elle s'assombrit brusquement. Le professeur avait cordialement refusé son invitation pour Paris, alors aller dans une source thermale ensemble… Ce ne serait pas possible. Pourtant, elle ne put s'empêcher de penser au professeur dans le plus simple appareil, une serviette nouée autour de ses hanches, des gouttes de sueur perlant sur son visage et son torse… Il fallait absolument qu'elle arrête de trop penser ! Ce n'était pas d'un bain dans une source chaude dont elle avait besoin à l'instant mais d'une douche froide !

C'est à ce moment-là que Severus releva la tête pour la regarder. Sarah devint rouge pivoine et détourna immédiatement le regard. Pourquoi fallait-il qu'il la regarde au moment le plus inopportun ?

Elle retourna dans sa chambre et s'y enferma pendant une heure. Il avait bien fallu tout ce temps pour prendre sa douche froide et baisser en température.

Quand elle sortit du Poudlard Express accompagné des Sombrals, les élèves et les enseignants ainsi que Minerva l'attendaient déjà. Ils n'échangèrent pas de paroles sachant pertinemment où ils comptaient aller et montèrent sur les créatures magiques. Ils arrivèrent une dizaine de minutes plus tard à Beauxbâtons, dont le château était toujours aussi majestueux. Sarah se dit qu'il serait intéressant de visiter les jardins renommés. Voilà à quoi elle passerait sa journée !

Ils entrèrent dans la Salle de Réception. La plupart des élèves français prenaient encore leur petit-déjeuner et regardèrent la procession se diriger vers la Coupe de Feu en relevant la tête de leur repas, les dévisageant. Aucun des élèves de Poudlard ne s'était désisté et ce fut avec fierté que Sarah les regarda déposer leur nom écrit sur un parchemin, chacun leur tour, dans la Coupe en bois. Quand ils eurent fini, elle ne put s'empêcher de les applaudir. Elle ne fut pas la seule puisque des élèves de Beauxbâtons firent de même. Les français étaient des gens fairplays.

Elle allait partir de la pièce quand Olivier Morteau, le professeur de Créatures Magiques, arriva vers elle, un grand sourire sur les lèvres.

- Bonjour professeur Morteau ! lui lança-t-elle.

- Oh, vous pouvez m'appeler Olivier ! lui dit-il.

- Euh… d'accord…

- Que comptez-vous faire aujourd'hui ? Vous ne travaillez pas j'espère ?

- Non, j'ai ma journée de libre. Je comptais visiter les jardins de Beauxbâtons.

- Vraiment ? Vous avez besoin d'un guide ?

- Euh… je ne veux pas vous déranger !

- Vous ne me dérangez pas du tout ! Et puis, nous pourrons faire connaissance comme cela !

Il lui fit un clin d'oeil. Sarah se sentit légèrement mal à l'aise et chercha du regard Severus. Elle ne savait pas ce qu'elle espérait en le recherchant ainsi. Peut-être l'aiderait-il à s'extraire de cette situation ? Car Olivier Morteau était certes un homme charmant mais elle était loin d'apprécier son côté désinvolte et effronté. De plus, il n'était pas son genre d'homme. Son type d'homme se trouvait à quelques mètres d'elle. D'ailleurs, ce dernier ne semblait pas faire attention à elle. Sarah tenta de capter son regard mais c'était peine perdue. Severus était en pleine discussion avec le professeur de Duels de Beauxbâtons, un grand homme blond qui devait avoir le même âge que lui et qu'il avait l'air de connaître, étant donné leur étonnante familiarité. Ou était-ce juste le professeur de Duels qui était chaleureux ? En tout cas, aucune aide ne vint du professeur de DCFM. De toute façon, qu'avait espéré Sarah ?

Elle se tourna vers le professeur Morteau et ce dernier lui enjoignit de le suivre. Elle ne pouvait plus reculer.

Ils sortirent du château et se dirigèrent en premier lieu vers la fontaine en l'honneur de Nicolas Flamel. Olivier lui raconta que le fameux alchimiste et sa femme Pernelle y avaient été étudiants à Beauxbâtons presque 700 ans auparavant et qu'ils avaient tous deux grandement contribués à la construction de l'école. Ils marchèrent dans le magnifique jardin à la française grand de plusieurs hectares, qui entourait le château. Il lui expliqua l'histoire de l'école, lui décrivit les grands personnages dont les statues en marbre étaient exposés à des dizaines de mètres les uns des autres. Malgré les réticences de Sarah, elle passa une très belle matinée. La température était clémente pour une fin d'octobre, malgré les montagnes aux alentours, et le soleil était haut dans le ciel et réchauffait le visage du professeur de Potions. Ils s'assirent sur un banc en pierre et profitèrent du lieu paisible, en écoutant juste le chant des oiseaux.

Cependant, Sarah entendit son ventre gronder, il était certainement temps d'aller déjeuner. Comme si Olivier Morteau avait lu dans ses pensées, il s'écria :

- Cela vous dit-il de pique-niquer ici ?

- Comment ? s'exclama-t-elle, surprise par la demande.

- Oui, le temps est agréable, profitons des dernières chaleurs ! Il pleuvra dès demain !

Et sans attendre la réponse de Sarah, il fit apparaître un petit panier en osier. Elle le regarda surpris. Le professeur avait-il prévu à l'avance de pique-niquer avec elle ? Olivier sortit quelques sandwich déjà préparé et en tendit un à la jeune femme.

- Euh… merci ! Vous êtes surprenant, Olivier ! lui lança-t-elle.

Il eut un petit rire.

- Les femmes disent souvent que j'en fais trop ! Mais pour moi, ce n'est pas grand chose, dit-il d'un air faussement modeste.

Sarah eut un sourire en coin mais ne dit rien.

- Avez-vous un petit ami, Sarah ? lui demanda-t-il sans détour.

La professeur de potions faillit s'étrangler avec son sandwich. Les français étaient-il tous aussi directs ? Ou était-ce juste le professeur de Créatures Magiques ?

- Désolé pour cette question indiscrète, s'écria Olivier, en voyant le malaise de Sarah.

- Non, ce n'est rien, dit-elle en toussant. Et… je n'ai pas de petit ami.

- Oh ! Comment se fait-il qu'une femme aussi charmante que vous soit célibataire ?

Elle ne put s'empêcher de rougir. Néanmoins, elle se reprit et se tourna vers l'enseignant.

- En ce moment, je ne recherche pas la compagnie d'un homme, lui répliqua-t-elle en mentant sans aucune honte.

- Vraiment ?

- Et vous, Olivier ?

- Je suis célibataire, répondit-il avec un sourire. J'ai été marié à une époque mais nous sommes séparés aujourd'hui.

Sarah haussa un sourcil.

- Mais vous avez l'air d'être jeune.

- Des erreurs de jeunesse, cela arrive, dit-il d'un ton fataliste.

Il soupira. La professeur de Potions tiqua devant le théâtralisme du jeune homme. Elle eut soudain envie de se retrouver ailleurs. Certes, Olivier était sympathique, avait une très bonne connaissance de l'histoire de son école et était par bien des aspects intéressant mais il avait une attitude qui ne lui plaisait pas. Elle inspira un grand coup et termina rapidement son sandwich.

- Merci pour cette visite et pour le repas, Olivier, dit-elle brusquement en se levant. Je dois retourner à notre train.

- Aussi rapidement ?

- Oui, j'ai des devoirs à corriger, s'écria-t-elle rapidement en mentant une nouvelle fois.

- D'accord, laissez-moi vous raccompagner au moins jusqu'au portail.

- Non, ce n'est pas la peine.

- Si, si, j'insiste.

Et sans lui le laisser le temps de refuser une nouvelle fois son offre, il se mit debout, rangea le pique-nique de sa baguette et accompagna Sarah jusqu'à l'entrée du jardin de Beauxbâtons. Elle le remercia une dernière fois et transplana sans demander son reste. Elle atterrit devant la gare d'Aragnouet sur Charme. Muskogee était reparti ce matin dans son enclos et elle n'avait pas eu besoin de s'inquiéter de lui. Elle se dirigea vers l'enclos des Sombrals avant de se rendre dans son compartiment. Elle s'apprêtait à entrer dans le wagon quand elle entendit des voix en provenance de l'arrière du train.

Curieuse comme elle l'était, elle décida de s'en approcher. Elle les reconnut presque immédiatement : c'était celles de Severus et d'Harry Potter. Elle aurait dû tourner les talons sachant que sa curiosité l'avait déjà perdue plus d'une fois mais elle ne put s'empêcher de les écouter, en se cachant. Cachée derrière le dernier wagon du train, aucun des deux hommes ne la repérèrent et continuèrent leur conversation sans penser à lancer un sort de silence.

- … reçu mon hibou ? demanda Harry.

- Oui, répondit simplement Severus.

Mais Sarah ressentit une certaine tension dans la voix du professeur.

- Je vous remercie pour votre cadeau, continua le jeune homme, mais nous aurions préféré vous avoir parmi vous.

- Je n'en ai pas eu le temps.

- Vous étiez en vacances, vous auriez pu trouver le temps.

- J'étais loin.

Harry soupira longuement.

- Severus, vous devriez arrêter d'être aussi solitaire.

Le professeur de DCFM ne dit rien. D'après leur conversation, les deux hommes étaient proches, ce qui surprit Sarah qui n'avait jamais entendu le jeune homme parler ainsi à son ancien enseignant.

- Et vous, vous devriez arrêter de rechercher ma compagnie, dit Severus, d'une voix presque agressive.

- Et pourquoi ? Je sais que nous avons eu nos différends par le passé. Je vous ai même détesté un bon nombre d'années.

Severus eut un petit rire ironique mais Harry ne releva pas le sarcasme.

- Mais tout ceci a changé.

- Je ne comprends pas pourquoi vous vous acharnez, Potter, répliqua l'homme aux cheveux gras, toujours de sa voix dure.

- Arrêtez de m'appeler Potter, vous pouvez m'appeler Harry, maintenant. Je vous l'ai répété un nombre incalculable de fois. Vous continuez à avoir cette attitude méprisante envers moi mais je sais qu'au fond, vous ne me détestez pas.

- Que savez-vous de mes sentiments, Potter ?

- Oh, j'en sais beaucoup…

- Tout ceci n'est que le passé. Maintenant, laissez-moi tranquille.

Sarah entendit des bruissements de pas et commença à s'affoler. Si Severus la trouvait ici en train de les écouter, elle serait incapable de se justifier. Elle décida de se désillusionner avec un informulé. Mais le professeur de DCFM n'apparut pas. Harry l'avait certainement retenu d'une manière ou d'une autre.

- Non, je ne vous laisserai pas tranquille, reprit le jeune homme d'une voix ferme. Car si je le faisais, je ne pourrais plus me présenter la tête haute devant la tombe de ma mère.

- Comme je vous l'ai déjà dit, ce n'est que du passé.

- Comment pouvez-vous dire cela ? Vous savez quel jour nous sommes, n'est-ce pas ?

Un lourd silence s'installa entre les deux hommes. Harry le brisa quelques instants plus tard.

- Je sais que vous ne m'aimez pas, dit Harry d'une voix triste. Pourtant, vous avez juré de me protéger jusqu'au bout. D'ailleurs, grâce à vous, je suis encore là aujourd'hui. Alors, ne me rejetez pas et acceptez au moins mon amitié ! Ma mère n'aurait jamais voulu que vous passiez votre vie seul.

- Que savez-vous de ce que votre mère aurait pu penser ? Elle ne tenait pas à moi...

- Je le sais, Severus, et bien que vous en doutez, elle tenait à vous. De toute façon, vous n'avez pas le choix. Quand vous m'avez sauvé il y a plus de cinq ans, vous avez lié votre vie à la mienne et ce pour toujours. Vous faites maintenant partie de ma famille, même si vous ne le souhaitez pas. Vous ne viendrez pas passer Noël avec nous cette année car vous êtes en France pour le Tournoi des Trois Sorciers mais sachez que nous vous attendrez pour vos prochaines vacances. Vous ne pourrez pas vous défiler.

- Vous n'avez pas à dicter mon attitude, je ne suis plus votre obligé !

- Alors, faites-le en mémoire à ma mère. Venez au moins une fois rencontrer James.

Severus eut un nouveau rire, cette fois, Sarah sentit en plus du sarcasme, de l'offense.

- Bref, vous ne pourrez pas refuser ma prochaine invitation. Sinon, je viendrai directement vous chercher et vous n'aurez pas votre mot à dire. Sur ce, je vous dis à ce soir, Severus.

La professeur de potions tenta de se plaquer contre le train, elle s'était désillusionnée et n'était pas visible mais elle ne put empêcher ce geste imperceptible. Mais Harry n'arriva pas. Il avait dû partir par l'autre côté du train. Sarah décida qu'il était temps pour elle de partir de sa cachette. Elle prit la direction de son compartiment sans faire un seul bruit.

Quand elle entra enfin dans sa chambre, elle s'allongea sur son lit et réfléchit à la conversation qu'elle venait d'entendre. Sans trop savoir pourquoi, elle était bouleversée.

Premièrement, elle n'aurait pas dû écouter cette discussion personnelle entre les deux hommes qui les concernaient. Elle eut honte de son attitude.

Deuxièmement, Harry avait parlé de sa mère et de l'amour que Severus lui portait. Il avait implicitement indiqué que son ancien professeur l'aimait certainement toujours. Elle en eut le coeur brisé.

Elle inspira profondément. Elle savait depuis presqu'un an que le professeur en aimait une autre, une femme qui était morte depuis bien longtemps. Et pourtant, elle avait toujours continué à l'aimer, elle n'avait pu taire ses sentiments. Depuis quelques temps, elle avait eu l'impression de se sentir plus proche de Severus mais que ressentait-il réellement ? Elle n'était pas encore prête à affronter la vérité. Non, Sarah était loin d'être une femme courageuse.

Elle soupira et ferma les yeux chassant ses sombres pensées. Elle finit par s'endormir.

Quelques heures plus tard, elle était dans l'enclos des Sombrals et s'occupait à leur donner à manger avant qu'ils ne partent pour un vol à Beauxbâtons. Les créatures magiques semblaient toujours en forme mais c'était surtout grâce à Filius qui avait fait un travail fantastique dans l'aménagement de leur enclos.

Quand il fut presque l'heure de partir, elle sortit les Sombrals et attendit que les élèves de Poudlard ainsi que Severus, Aurora et Minerva viennent la rejoindre.

Quand elle jeta un coup d'oeil vers le professeur de DCFM, celui-ci semblait égal à lui-même, ne montrant aucun de ses sentiments. Elle détourna les yeux. Il était désormais douloureux pour elle de le regarder.

La délégation arriva en avance dans la Salle de Réception de l'école française. Tous les élèves de Beauxbâtons ainsi que leur professeurs et leur directrice étaient déjà présents ainsi que ceux de Durmstrang. Minerva rejoignit la tablée des professeurs et s'installa à la droite de Madame Maxime. Le directeur Petroff était assis à la gauche de la directrice française. Les élèves de Poudlard s'installèrent sur un banc, suivis de leur professeur. La Coupe de Feu trônait toujours en plein milieu de la salle, entourée par les longues tables et tous l'observaient intensément.

Sarah vit que les Aurors étaient éparpillés un peu partout dans la salle, certainement afin de maintenir la sécurité si un danger se présentait. Elle repéra une touffe de cheveux roux sur un grand Auror et reconnut Ron Weasley. Elle lui fit un signe de la main qu'il lui rendit. Le jury du Tournoi était également installé sur la table des professeurs ainsi que les trois anciens Champions, Harry, Fleur Delacour et Viktor Krum. Ils avaient tous un air solennel et attendaient patiemment. Sarah repéra également Hermione qui était installée aux côtés de Paul Duncan et de Hugh Janssen, respectivement les chefs des départements de la Coopération Magique Internationale et des Jeux et Sports Magiques britanniques. D'autres sorciers étaient assis avec eux, certainement des représentants des Ministères français et finlandais, pays où se situait l'école de Durmstrang.

Au bout de quelques temps, Stanislav Ivanoff se leva enfin et s'approcha de la Coupe de Feu.

- Bonsoir à tous, dit le président du jury du Tournoi des Trois Sorciers, toujours de ce fort accent russe. Nous sommes à nouveau réunis pour découvrir les trois Champions de Beauxbâtons, Durmstrang et Poudlard. Dans quelques instants, la Coupe nous révélera les noms des sélectionnés. Si vous devenez l'un des champions, je vous prierai de vous lever et d'aller dans l'antichambre qui se situe derrière la table des professeurs.

Le président du jury s'arrêta de parler et attendit. Puis, brusquement, des étincelles jaillirent de la coupe. Tous les occupants de la Salle de Réception retinrent leur souffle. Une gerbe de flamme, puis, un bout de parchemin à moitié consumé fut rejeté de la Coupe. Monsieur Ivanoff l'attrapa de sa main et lut le papier à haute voix :

- Le Champion de Durmstrang est Borys Jankowski.

Un tonnerre d'applaudissements et des voix s'élèverent parmi les élèves de l'école nordique tandis qu'un grand jeune homme blond aux yeux bleus et au visage carré se leva et se dirigea vers Ivanoff. Celui-ci lui serra la main pendant que toute la salle applaudissait le Champion. Sarah remarqua qu'il rougissait légèrement. Il ne s'attarda pas et alla directement dans l'antichambre au fond de la grande salle.

Ils attendirent encore quelques instants, puis, la Coupe émit à nouveau des crépitements et une gerbe de flamme jaillit, avec elle un nouveau parchemin à demi-brûlé.

- Poudlard aura une Championne puisqu'elle se nomme Jenna Harrington.

Sarah applaudit avec ferveur la septième année de Serdaigle qui se leva du banc où ils étaient installés. La professeur de potions connaissait bien l'élève qu'elle pouvait compter parmi ses meilleures étudiantes. D'ailleurs, elle ne fut pas étonnée de ce choix. Jenna Harrington, une jeune fille aux cheveux châtains très courts, était l'élève la plus douée de Poudlard. Sarah remarqua quelques visages déçus parmi ses étudiants mais quoi de plus naturel ? Ils avaient tous espéré devenir le Champion de leur école. Ils étaient doués et compétents mais la Coupe avait choisi.

Jenna se rendit dans l'antichambre, à la suite du Champion de Durmstrang, après avoir serré la main du président du jury.

Ils patientièrent encore un peu, puis, finalement, la Coupe fit jaillir le dernier bout de parchemin. Stanislav Ivanoff le prit au vol. Tous les élèves et professeurs de Beauxbâtons attendirent avec impatience l'annonce du futur Champion de leur école. Sarah n'entendit pas une seule mouche voler.

- Beauxbâtons aura également une Championne puisque ce sera Anna Morel-Kebede.

Sarah entendit des cris de joie d'un coin de la salle. Les applaudissements étaient assourdissants. Une jeune fille métisse à la peau caramel se leva. Elle avait de longs cheveux noirs bouclés et était particulièrement belle. Elle avait presque l'allure d'un mannequin avec sa taille fine et ses longues jambes. Elle fut applaudie par toute la salle pendant qu'elle s'avançait vers Ivanoff. Sarah vit que Madame Maxime avait un grand sourire ravi imprimé sur le visage.

Quand enfin la dernière Championne rejoignit l'antichambre, le président du jury remercia les élèves et les professeurs présents et enjoignit les directeurs des trois écoles, le reste du jury, ainsi que les anciens champions et les représentants des Ministères de l'accompagner vers le fond de la salle. Cela faisait beaucoup de monde mais dans un souci d'égalité, tous avaient été conviés.

Sarah inspira profondément. Le Tournoi allait enfin commencer. Elle se leva comme tous les élèves de Poudlard. Elle allait rejoindre Severus et Aurora quand Olivier Morteau (encore lui !) se précipita vers elle.

- Alors, comment avez-vous trouvé la cérémonie ? lui demanda-t-il à brûle-pourpoint.

- Très impressionnante ! répondit-elle d'un ton évasif.

Elle lança un regard vers le professeur de DCFM qui lui la regardait. Sarah ne sut lire dans ses yeux car ils semblaient inexpressifs.

- J'ai entendu dire que Jenna Harrington était l'une de vos meilleures élèves à Poudlard, dit le professeur.

- Oui, en effet. Mais tous les élèves qui nous accompagnent sont tous doués.

- Je n'en doute pas ! Je souhaiterais vous demander un service ?

- Oui, bien sûr, Olivier, dit-elle surprise.

- Me laisseriez-vous approcher un Sombral une fois ?

Sarah le regarda avec surprise.

- Je n'en ai jamais touché un seul de toute ma vie, d'ailleurs, je n'en avais vu que deux fois avant que vous n'arriviez hier à dos de ces créatures. Je les trouve impressionnantes.

- Elles le sont, en effet.

- Cela ne vous dérangerait pas ?

- Bien sûr que non !

Ils échangèrent un sourire, ce qui n'échappa pas à Severus. Ce dernier dévisageait maintenant Olivier Morteau avec animosité et plissait les yeux.