Hello !
J'espère que vous allez bien ! Je poste un jour plus tôt que prévu, car je pars demain pour quelques jours. Merci pour vos réactions sur le chapitre précédent, je suis toujours ravie de voir que mon histoire est appréciée !
Bonne lecture !
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Disclaimer : tout est à SM.
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RaR de nindezil : Merci pour ta review ! Je suis heureuse que le chapitre t'ait plu. Qui te dit qu'elle reviendra vers Paul xp ? J'ai fait exprès de ne pas laisser Bella se décider tout de suite. Pour moi, c'est un choix qui prend du temps. Après tout, elle doit choisir entre les deux amours de sa vie. Ce choix définira non seulement la personne qu'elle épousera, mais également si elle aura des enfants, ou pas, ainsi que la famille qu'elle côtoiera, les ennemis et les ennuis qu'elle affrontera, etc. Après, ce n'est que mon opinion, évidemment !
Je suis heureuse que Maggie te plaise ! Je l'apprécie énormément, pour les mêmes raisons. En fait, j'aime ce genre de personnages en général. Selon moi, si les anciens ne l'incluent pas dans leur cercle, c'est déjà qu'elle ne se vante pas de son savoir, il faut aller la chercher pour qu'elle se confie, mais c'est aussi parce que les anciens, prudents, considèrent que seuls ceux qui ont du sang loup-garou dans les veines – ou les imprégnées, qui font pleinement partie des légendes également – sont assez dignes de confiance pour entendre les secrets Quileute.
Voici la suite ! Navrée, ce chapitre est un peu plus court que la semaine dernière… mais il arrive en avance !
Merci, bonnes vacances à toi aussi, et bonnes fêtes !
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Chapitre 18
Paul me ramena, craignant que je fasse un accident. Je le remerciai avant de quitter la voiture, et de me précipiter dans ma chambre. Renée apparut avant que je ne puisse l'atteindre. Elle avait l'air furieux, comme lorsque, petite, je traversais la route alors qu'une voiture arrivait. Cela faisait si longtemps que je me conduisais de manière mature que je ne me souvenais plus de ce à quoi elle ressemblait, ainsi. Charlie et Phil devaient être sortis, car je ne les vis pas. A moins qu'ils aient battu en retraite dans le salon.
— Isabella Swan ! s'époumona-t-elle à l'instant où je posais mon pied sur la première marche d'escalier.
Je grimaçai, hésitai un instant à l'ignorer. Je devais à tout prix parler à Edward. Je n'avais pas de temps à perdre. Sauf qu'elle était ma mère, et que je regrettais autant qu'elle la distance que je mettais entre nous. Je me retournai, esquissant mon sourire le plus naturel.
— Salut, maman. Désolée d'être partie en vitesse, ce matin. J'étais… en retard.
— Je ne veux pas le savoir ! Depuis quand te conduis-tu ainsi ? Je ne t'ai pas élevée comme une sauvage, il me semble !
— Non, bien sûr que non ! Je te l'ai dit, je…
— Quand je te parle, tu m'écoutes. Tu ne pars pas en courant.
— D'accord, maman. Promis, je ne le referai plus. Je suis vraiment désolée.
Elle dut remarquer ma sincérité, car elle se calma un peu.
— Bella, je suis venue passer une semaine ici parce que je pensais que cela te ferait plaisir.
— C'est le cas, assurai-je.
— Ça n'en a pas l'air.
— Ce n'est pas toi le problème, maman. En ce moment, ma vie est juste… compliquée. Je dois faire des choix très importants pour mon avenir et… je ne suis pas prête.
L'expression sévère s'adoucit encore. Je retrouvais ma mère. Elle s'approcha de moi.
— Tu veux qu'on en parle ? Je peux t'aider.
À choisir entre mon âme sœur vampire et mon âme sœur loup-garou ? A sauver le monde de l'Etre originel ? Je n'en étais pas sûre.
— C'est gentil, mais je dois y réfléchir seule. C'est pour ça que je sors souvent.
— Et tous ces amis que tu dois rencontrer ?
— Ils existent. Ils sont très gentils. Cette semaine, ça ne s'est pas donné, mais si tu reviens, dans quelques mois, je suis sûre qu'on pourra organiser quelque chose, tous ensemble.
Lorsque la planète ne risquerait plus rien, peut-être. A condition que la meute ne m'exclue pas si je choisissais Edward.
Oh ! Edward.
— Ce sera avec plaisir.
De quoi parlait-elle, déjà ? Ah oui, rencontrer la meute.
— Pour moi aussi. Je t'aime, maman.
— Je t'aime encore plus, Bella. Tu m'as manqué.
— A moi aussi, maman.
J'ouvris les bras et elle vint m'enlacer, comme si c'était elle l'enfant. J'avais définitivement retrouvé ma mère, douce et enfantine.
— Nous partons demain soir. Serais-tu d'accord de passer ta dernière journée avec moi ?
J'hésitai.
— D'accord.
— Merci, Bella.
— Je t'aime, maman.
Je m'écartai.
— Tu dois réfléchir seule ? devina-t-elle.
J'opinai.
— Mais je te promets que demain, dès que je me lève, je suis toute à toi.
Elle sourit et me suivit du regard tandis que je m'approchais du téléphone. Ma conversation avec Paul fut courte. Je lui annonçai que je ne passerais pas le lendemain et que je n'avais pas encore parlé avec Edward. Je ne manquerais pas de le faire le plus vite possible, et de le tenir au courant.
— Tu es sûre que tu ne peux pas me parler de tes soucis, chérie ?
— Oui, maman. Il est temps que je me comporte en personne responsable.
— Ma chérie, tu es née responsable.
Je ris en montant les escaliers. Si elle savait toutes les aventures que je vivais ici, à Forks, je ne suis pas sûre qu'elle penserait la même chose. Un adulte responsable éviterait au maximum tous ces ennuis. Dans tous les cas, je gagnai ma chambre sans encombre, et la verrouillai par mesure de sécurité avant de rejoindre la fenêtre.
— Edward ?
À nouveau, il apparut en un instant à mon côté. Mes battements de cœur s'accélérèrent. Ainsi, il restait à portée de voix depuis des jours ? Comment faisait-il pour ne pas se lasser ? Je ne parvenais pas à croire qu'il le faisait pour moi.
— Bella ? Qu'y a-t-il ?
— Je vais avoir besoin de toi.
Je m'assis sur le lit, il prit place sur le siège du bureau, et je commençai mon récit.
— Il y a quelques semaines, j'ai rencontré la doyenne de la Push…
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Suite à mon explication, Edward resta figé telle une statue de marbre un long moment. J'en profitai pour l'admirer. Ses yeux dorés, à peine cernés, son nez droit, ses lèvres fines, sa peau d'albâtre, ses cheveux bronze, son corps musclé… Il était magnifique, plus encore que dans mon souvenir. Il sentait merveilleusement bon. Et le regard qu'il posait sur moi… J'en frissonnais. Lorsque je le croisais, j'étais certaine qu'il ne me lâcherait plus jamais. Or, je l'aimais à la folie. Qu'est-ce qui me bloquait, dans ce cas ?
Paul. Car je ressentais également cette certitude d'être aimée follement, cette impression de pouvoir vivre avec lui jusqu'à ma mort.
Avec qui mes envies étaient les moins fortes ? Quelle absence me briserait au-delà du réparable ? Celle d'Edward, aurais-je répondu autrefois. Aujourd'hui, je n'en étais plus aussi sûre. Lorsque je pensais à Paul, le désir de me rapprocher de lui me consumait toute entière. L'imprégnation, peut-être. Nous n'étions pas destinés à vivre séparés.
Mais l'idée de ne plus revoir le vampire me provoquait des nausées. Résultat, je ne parvenais pas à trancher.
— Il faut que j'appelle Carlisle.
Je sursautai. Le silence s'était imposé si longtemps qu'il semblait inconcevable qu'on le brise. Du moins, jusqu'à ce qu'Edward reprenne vie.
— Pourquoi ?
Il m'adressa un regard où l'inquiétude le disputait à la tristesse.
— Si ce que tu dis est vrai, il nous faudra un maximum de vampires. J'appelle Carlisle. Peut-être pourra-t-il convaincre des amis de se joindre à nous…
Je hochai la tête.
— Et puis, il y a des chances pour qu'il sache où se cachent ces dragons dont tu me parles.
J'opinai encore.
— Tu restes ici ?
— Demain, je ne serai pas là. Renée m'a arraché la promesse de rester avec elle. Mais je peux te donner le numéro de Paul si tu v…
— Non. J'attendrai ton retour. De toute manière, ils ne viendront pas tout de suite. Je dois y aller… Tu avais quelque chose d'autre à me dire ?
Je devinai parfaitement ce qu'il entendait par là. Je secouai la tête.
— A bientôt, dans ce cas. N'oublie pas : tu n'as qu'à m'appeler. Qu'importe l'heure, je viendrai.
J'acquiesçai, à court de mots.
Il disparut. Je m'étalai sur mon lit. Il me faudrait rappeler Paul, pour lui expliquer la situation. Je n'en avais pas envie, cependant. Pas tout de suite. Je me retournai dans mon lit. Mon regard se posa sur la fenêtre entrebâillée. Je clignai des paupières, les trouvai lourdes. Un oiseau entra dans mon champ de vision. Je le reconnus immédiatement, grâce à son plumage aux couleurs multiples. Nouveau clignement de paupières. L'oiseau n'était plus seul. Un deuxième l'avait rejoint, si identique qu'il aurait pu être le reflet de son camarade. Ils ouvrirent leur bec miroitant pour chanter. Je fermai les yeux, bercée par leurs piaillements mélodieux.
Le lendemain, comme promis, je me dédiai à Renée. Elle me traîna hors de Forks, car la ville, presqu'autant que la maison, lui rappelait de mauvais souvenirs. Ainsi, nous visitâmes Port Angeles, et même Seattle. Nous flânâmes dans les rues, s'arrêtant régulièrement pour boire un café ou un thé sur une terrasse. Renée tenta de me vendre la Floride à l'aide des vêtements d'été qu'exposaient les vitrines des magasins.
Lorsque je lui confiai que j'avais déjà eu l'occasion de porter un maillot de bain sur les plages de Forks, elle n'en crut pas ses oreilles.
— Tu sais, lui fis-je remarquer, ce n'est pas pour rien qu'ils sont exposés ici malgré le climat. Les gens s'adaptent. Alors que tu mettrais un jean, ils sortent un short. Alors que tu mettrais un training, ils portent des robes. Alors que tu mettrais des baskets, ils enfilent des sandales.
Elle grimaça. Il fallait dire que la cohérence de mon discours était frappante : tandis qu'elle arborait un pantalon long et un épais pull couvert d'un manteau de pluie, je me promenais en pantalon de toile et t-shirt longues manches, mon K-way rangé sagement dans mon sac.
Quand donc m'étais-je adaptée à Forks ?
À côté de moi, ma mère soupira profondément et sortit son porte-monnaie.
— Je crains qu'il soit l'heure de rentrer. Nous n'arriverons pas à attraper notre avion, dans le cas contraire.
Je me levai en tentant de contrôler ma hâte. Lorsque j'avais appelé Paul, le matin-même, sous l'œil impatient de Renée, pour lui rapporter ma discussion avec Edward, à grand renfort de phrases codées, il m'avait appris que la meute était agitée. Voilà des mois que Jacob avait refusé son statut d'Alpha, et il n'en voulait toujours pas. Jared le soutenait, Sam était indécis. Leah n'arrangeait rien en laissant clairement entendre qu'ils ne feraient pas mieux l'un que l'autre. Quil était déchiré entre son besoin de Claire, et son envie de l'éloigner pour sa sécurité. Il en discuterait avec Jen dès que possible.
Il aurait pu continuer ainsi des heures, si je n'avais pas dû l'interrompre pour suivre Renée dehors. J'avais hâte qu'il reprenne ses explications, d'autant plus qu'une journée s'était encore écoulée.
Le trajet me parut terriblement long. Ne parlons pas du temps qu'il fallut à Renée et Phil pour préparer leurs affaires et les monter dans la voiture. Enfin, nous nous étreignîmes tous à de nombreuses reprises et ils grimpèrent dans l'auto. Je répondis aux gesticulations de Renée en souriant.
— Reviens quand tu veux, lui dis-je.
— La prochaine fois, je t'appellerai pour convenir d'une date avant, promit-elle.
— Ce serait parfait.
La voiture démarra. Elle m'envoya un dernier baiser volant.
— Au revoir, maman ! Je t'aime !
Elle disparut. Charlie se glissa à côté de moi.
— Tu es sûre que tu ne veux pas… retourner en Floride ? Je suis sûr qu'ils passeraient volontiers te chercher au retour.
Je secouai la tête.
— Je t'aime trop pour t'abandonner, papa.
Je déposai un bisou sur sa joue avant de me diriger vers la camionnette.
— Tu vas à la Push ?
— Oui. Je crois que je deviens accro.
Il haussa les épaules.
— Mieux vaut ça qu'autre chose.
J'approuvai en grimpant dans ma voiture. Charlie ne parvenait plus à dissimuler son sourire satisfait. Il pensait sûrement que j'avais définitivement tiré un trait sur Edward. Je ne le détrompai pas. J'étais indécise.
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Paul m'accueillit tandis que je me garais devant la maison de Sam et Emily, à ma place attitrée.
— Bonne journée ?
— Crevante. La tienne ?
— Ereintante.
— Il y a du nouveau ?
— Les vampires n'ont pas appelé, si là est ta question.
Je m'empourprai. Il m'entraîna vers la plage en souriant.
— Quil a convenu avec Jen de ramener Claire en début de semaine prochaine. L'Etre ne s'est pas encore montré. Le combat n'est pas pour tout de suite. Nous doublons nos patrouilles. Je me suis arrangé avec Sam pour les faire le soir, histoire d'éviter un maximum ma mère. Leah insiste pour que Seth soit laissé à l'écart mais, si ce nouvel ennemi est aussi costaud que Maggie le prétend, il nous faudra un maximum de combattants.
— Qui est…
— L'Alpha ? Sam. Jacob s'entête. Il assure que ce n'est pas si grave.
— On ne peut pas courir le risque ! m'offusquai-je. Je lui parlerai.
— Si tu penses que ça aidera. Jake est têtu.
— Moi aussi.
Il inclina la tête, concédant que ce n'était pas faux.
— Sinon, vous avez une idée de la façon dont il faut se débarrasser de l'Etre ?
— Les anciens pensent qu'il suffit d'asperger l'Etre de nos sangs mêlés.
— Ils pensent, ou ils sont sûrs ?
— Ils sont presque sûrs. Selon eux, cela fait plus de deux-mille ans que l'Etre n'est pas revenu à la vie. C'est tout ce que nous savons. Ils croient connaître les raisons de cet oubli.
— Ce n'est pas le temps ?
— Pas seulement. Il serait volontaire. Selon eux, et au vu des dires de la vieille Maggie, nous devrons nous unir pour vaincre l'Etre. Tous. Humains, dragons, loups-garous et vampires. Comme nous sommes censés éradiquer les suceurs de sang, il était impensable pour nos ancêtres d'ajouter ce récit à la légende quileute.
Je levai les yeux au ciel.
— Evidemment, aujourd'hui, c'est nous qui en pâtissons. Avez-vous une idée, en ce qui concerne les dragons ?
— Pas vraiment. Là encore, les informations des anciens sont pauvres, sans qu'on sache pour quelle raison. Les dragons ne seraient pas ces reptiles ailés et cracheurs de feu que décrivent les mythes, mais plutôt un peuple humain avec des pouvoirs étranges.
— Et inconnus, bien sûr…
— Oui. Ils seraient nomades et particulièrement discrets, d'où nos difficultés pour les localiser.
— Maggie ne pourrait pas nous aider ? Elle en sait tellement…
— Elle a disparu.
Je me figeai, dévisageant Paul avec des yeux écarquillés. J'attendais qu'il annonce qu'il m'avait seulement fait une blague. Comme il ne dit rien, je lâchai :
— Pardon ?
— Ce matin, elle est venue chez Emily pour leur rencontre quotidienne. Elle lui a donné une fiole de son sang, ce qui renforce les dires du conseil. Ensuite, elle est rentrée. Lorsque je suis allé frapper à sa porte avec Jared, il n'y avait plus personne.
— Tu es sûre ? Elle s'est peut-être contentée de ne pas vous répondre.
— Dois-je te rappeler que mes sens sont assez aiguisés pour entendre ton cœur qui bat dans ta poitrine ?
— Non. Elle a disparu, d'accord. Volontairement.
— Je l'espère. Si elle a été victime de l'Etre, c'est un sacré coup pour nous, qui avions réussi à garder en vie tous les habitants de la Push.
Mes lèvres s'arrondirent en une moue outrée. Un être humain avait disparu, et il ne se souciait que de l'honneur de la meute.
— Non pas que ça ne m'attriste pas, se rattrapa-t-il en découvrant mon expression. Admets qu'il est improbable que Maggie, avec son caractère et ses connaissances, n'ait pas réussi à fuir.
Il marquait un point.
— Autre chose d'important ?
— Pas vraiment. Nous organiserons sûrement une réunion de la meute dans peu de temps, histoire de se détendre avant d'abattre l'Etre.
Il annonça leur victoire avec une confiance absolue. Je frémis en réalisant qu'en effet, un nouveau combat se préparait. J'agrippai son bras, et il se tourna vers moi, interrogateur.
— Vous serez prudents, n'est-ce pas ?
— Bien évidemment ! pouffa-t-il.
Il sembla remarquer que je n'étais pas rassurée par sa réponse, car il poursuivit :
— Bella, jamais une meute n'a été si vaste et pourtant, mon peuple a toujours survécu. Nous ne risquons rien.
— Personne ne mourra ?
— Nous parviendrons à vaincre l'Etre.
Je fronçai les sourcils.
— Ce n'est pas une réponse.
Il sourit devant mon ton inquiet, puis ouvrit les bras.
— Câlin ?
Je soufflai.
— Câlin.
Il était torse nu, comme d'habitude, et sa peau irradiait la chaleur, réchauffant mon visage à le faire suer. J'avais conscience qu'il avait éludé délibérément ma question, pourtant, je ne pouvais m'empêcher de me sentir bien, ainsi enlacée.
Oui, avec Paul, j'étais bien. J'avais l'impression d'agir de manière juste. Qu'est-ce qui m'empêchait, dans ce cas, de redresser la tête afin d'unir nos lèvres ?
J'enfouis plus profondément mon visage dans sa poitrine. Lorsqu'une première larme s'échappa, il resserra son étreinte sans un mot. Ses mains larges esquissèrent de doux cercles sur mes omoplates. Une deuxième larme glissa, chargée d'amour, de peur et de culpabilité, puis une troisième.
Paul ne me lâcha pas.
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— Bella ?
Je me retournai en étouffant un cri, les mains plaquées sur la bouche. Edward se tenait devant moi, et je remerciai le ciel d'avoir décidé de me vêtir dans la salle de bain plutôt qu'ici.
— Je t'ai fait peur ? Navré.
J'abaissai mes bras, tentant de ramener mon cœur à un rythme normal.
— Edward. Que… Qu'est-ce que tu fais là ?
Je jetai un coup d'œil à ma fenêtre. Entrouverte. Depuis quand ? Je me passai une main sur le front en réalisant que j'avais dû oublier de la refermer, la veille au soir. Ma crise de larmes, bien que calmée, m'avait épuisée.
— J'ai oublié de fermer la fenêtre. Désolée. Je ne crois pas…
— Ma famille est de retour.
Mon souffle se bloqua dans ma gorge, m'empêchant de répondre à son annonce.
— Nous allons commencer les recherches sur les dragons. Nous nous demandions si tu souhaitais… chercher avec nous.
Toujours incapable de produire le moindre son, je hochai la tête lentement. Pourquoi pas ? Cela me permettrait peut-être de me rendre utile, pour une fois. Et d'éclaircir… certains points.
— D'accord. Super. Je suis venu à pieds, alors…
Je songeai à la possibilité de grimper sur son dos. Après avoir expérimenté la course à dos de loup, j'étais curieuse de savoir ce que je ressentirais. La raison me revint vite. Que se dirait Charlie, si je disparaissais en laissant ma voiture ici ? Sûrement qu'un indien était venu me chercher…
— Je prends la Chevrolet. Charlie est ici ?
Il opina.
— On se retrouve toute à l'heure, alors.
Il n'était plus là. Soupirant, je descendis enfiler imperméable et baskets. Je saluai mon père au passage.
Edward me rejoignit en cours de route. Il ne dit rien, ne se plaignit même pas de ma conduite particulièrement lente. Cela me procura un sentiment étrange. Moi-même, je ne pouvais m'empêcher de lui lancer des coups d'œil éclairs à intervalles réguliers. Je tentais de me concentrer sur ma route, mais ma cervelle paraissait décidée à étudier chaque pensée, chaque ressenti le concernant. Qu'est-ce qui avait changé, depuis son retour ? Mon cœur s'affolait-il autant qu'avant, mes joues s'empourpraient-elles moins fréquemment ? La plaie dans ma poitrine avait-elle disparu ? Avais-je envie de le toucher, envie qu'il m'enlace, envie que nous échangions un baiser ?
Je me mordis la joue pour rester ancrée dans le présent. Je fus soulagée de me rappeler qu'il n'avait rien pu capter de mes pensées. Un sentiment familier, en sa présence, qui me renvoya aussitôt au débat qui agitait mon esprit. Heureusement, nous arrivions. Je garai la Chevrolet dans le garage et, suivant Edward, dépassai la rangée de voitures de luxe de la famille Cullen. La BMW ostentatoire de Rosalie, l'imposante Jeep d'Emmett, la fort connue Volvo d'Edward, la Mercedes aux vitres teintées de Carlisle… toutes celles que je connaissais étaient là. En bout de file, une nouveauté : un grâcieux véhicule sombre dont la marque, inscrite en noire sur son fond rouge et ovale, m'était inconnue.
Soudain, sans comprendre comment j'avais pu ne pas le remarquer, je me trouvai plantée au milieu du vaste salon des Cullen, clair et meublé. Cela faisait si longtemps que je n'étais plus venue… Je frissonnai. Je me demandai ce qu'aurait dit Charlie, en m'apprenant ici. Il ne m'avait pas demandé où je me rendais, ce dont j'avais été heureuse : je n'avais pas la force de lui mentir de façon convaincante. Il me pensait sans doute à la Push.
Je me figeai en songeant aux indiens. Ce n'était pas aujourd'hui que je devais faire les boutiques avec Emily, n'est-ce pas ? Quelques secondes de réflexion me permirent de me calmer. Non, nous avions planifié le rendez-vous au lendemain, de façon à être au complet.
En revanche, Paul risquait de penser que je viendrais. Il me fallait appeler. Je m'apprêtais à me tourner vers Edward pour lui demander la permission d'emprunter le téléphone, lorsqu'ils apparurent. Carlisle et Esmé arrivèrent les premiers. Ils descendirent les dernières marches et m'approchèrent avec prudence. Pour ne pas m'effrayer ?
Ignorant la douleur dans ma poitrine, j'esquissai un sourire minuscule. Ils me le rendirent aussitôt.
— Bella. Ça nous fait plaisir de te revoir. Comment vas-tu ?
J'attrapai la main qu'il me tendait et la serrai.
— Bien, et vous ?
— Très bien.
Esmé me serra contre elle, chaleureuse, maternelle, comme dans mon souvenir. Leur merveilleuse odeur emplit mes narines et je sentis mon cœur s'affoler. Elle recula.
— Edward nous a parlé de l'Etre.
— Vous en aviez déjà entendu parler ?
Il secoua la tête.
— Les seuls vampires suffisamment vieux pour l'avoir affronté que je connais sont les Volturi… ou leurs prédécesseurs.
— Parce qu'ils ont des prédécesseurs ?
Si j'avais connaissance des Volturi, cette fameuse lignée royale vampire, il ne m'était jamais venu à l'esprit qu'un jour, d'autres aient rempli leur rôle.
— Oui.
Il n'approfondit pas sa réponse, et j'en conclus qu'il me faudrait attendre pour écouter cette histoire.
Il y avait de grandes chances que je ne l'entende jamais.
— Les autres sont en haut. Tu es venue pour les recherches ?
— Oui.
— Parfait. Après toi…
— Euh… Est-ce que je pourrais emprunter votre téléphone quelques minutes ? J'ai oublié de prévenir quelqu'un de ma venue.
Ils acquiescèrent en souriant. Le couple disparut, me laissant seule avec Edward, qui me tendit un téléphone portable. Je tapai le numéro voulu en m'arrangeant pour lui tourner le dos.
Comme je ne souhaitais pas tomber sur la mère de Paul, je contactai Emily.
— Allo ?
— C'est Bella. Désolée de te déranger à cette heure.
— Pas de problème.
En effet, elle ne semblait pas fatiguée, bien que sa voix me paraisse étrangement étranglée.
— Tout va bien ?
— Je… Oui.
Elle mentait, de toute évidence, mais il ne m'appartenait pas de fouiller son intimité, aussi laissai-je tomber.
— Je souhaitais savoir si… commençai-je.
Au même instant, elle dit :
— Paul…
Nous nous interrompîmes. Puis :
— Quoi ? fîmes-nous en chœur. Non, toi d'abord.
— Je voulais justement te demander si Paul se trouvait dans les parages. Je ne pourrai pas venir, aujourd'hui.
— Non, il n'est pas là.
— Oh. Penses-tu que tu le verras bientôt ?
— Il…
Elle s'interrompit, et je réalisai qu'elle semblait être au bord des larmes.
— Qu'est-ce qu'il se passe ? Il est arrivé quelque chose à Sam ? A Paul ?
— Non. Ils… Un vampire rôde près de la Push. Ils sont partis… le traquer.
Mes yeux s'écarquillèrent en entendant cette phrase.
— Non ! C'est sûrement un des Cullen. Ils sont arrivés aujourd'hui.
— Ils ne pensent pas. Les Cullen ne franchissent pas les limites du territoire Quileute.
— Attends, je vérifie avec Edward.
Je me tournai vers lui.
— Vous avez approché la réserve ?
— Du tout, assura-t-il. La meute a sûrement raison, ce doit être un nomade, de passage par ici.
Son assurance me rassura – pour les Cullen, du moins.
— Edward me dit que les garçons ont eu raison.
— Oui.
— Ils… ils sont assez nombreux, n'est-ce pas ? Ils… ils ne vont pas avoir de problèmes ?
— Sam est confiant.
Pourtant, sa voix tremblait. Je sentis des vertiges me saisir.
— Je viens, annonçai-je.
— Tu… Tu ne m'as pas dit que tu étais occupée ?
— Il… Il faut que je vienne. Je ne pourrai pas faire quoi que ce soit en les sachant en danger.
— Je prépare du thé, annonça-t-elle finalement après une longue pause.
Je raccrochai sur une dernière parole, et me tournai vers Edward. Tout en lui rendant l'appareil, je m'excusai.
— Je crois que je vais devoir sécher les recherches pour aujourd'hui. Je suis désolée. Je…
Je me tus. Dans mon esprit, les visages de Paul, Jacob, Quil, Sam, Embry, Jared… tournaient en boucle, tantôt souriants, tantôt blessés. S'il arrivait malheur à l'un d'entre eux…
Je tournai les talons et me dirigeai d'un pas trébuchant vers le garage. Edward fut à mon côté en un instant.
— Je suis vraiment désolée. Je… je t'appellerai, d'accord ?
— Parce que tu crois que je vais te laisser seule alors qu'un vampire chasse dans les parages ?
— Edward, je vais à la Push. Tu ne peux pas…
— Je te laisserai à la frontière.
Son ton ne laissait pas de place à la discussion. Je grimpai dans la Chevrolet, lui également. Je démarrai, les doigts tremblants, le cœur battant la chamade. Afin de refouler mes larmes, je me mordis la joue jusqu'au sang. Cela ne parut pas déboussoler Edward. S'il restait silencieux, à nouveau, il me fixait sans détour, l'air pensif. Je me demandai à quoi il songeait, n'osai pas le questionner. Nous avions presque atteint le territoire indien lorsque je discernai, en bordure de forêt, une haute silhouette grise. Je tournai le volant avec une hardiesse que je ne me connaissais pas.
— Bella ? s'étonna Edward en me voyant freiner sur le bas-côté de la route déserte.
Sa voix me parvint lointaine, déformée. Je ne lui répondis pas, ouvrant la portière pour sauter hors du véhicule. J'atterris avec une rare agilité et me précipitai vers l'énorme if où j'avais cru apercevoir le loup.
Comme je m'y attendais, Paul sortit des bois, sous sa forme d'humain, vêtu de son habituel short bleu. Il me rattrapa lorsque je trébuchai, à quelques pas de lui.
— Bella, tout va bien ?
Mes paumes serrèrent ses épaules à lui faire mal.
— Tu n'as rien ? Tout le monde va bien ?
— Pas une égratignure. Ce vampire n'avait pas la moindre chance face à notre meute. Et toi, comment as-tu su ?
— J'ai parlé avec Emily.
Il soupira, visiblement apaisé.
— J'ai cru que tu l'avais croisé.
Je secouai la tête, tandis que ses paroles se répétaient dans mon crâne. Tout le monde était en vie, entier. Le soulagement déferla en moi, accompagné du bien-être que je ressentais toujours en sa compagnie. Je relevai le menton, croisant ainsi son regard anthracite.
Je dus me dresser sur la pointe des pieds pour atteindre ses lèvres.
Il répondit aussitôt à mon baiser. Ses larges paumes se posèrent sur mes hanches et me soulevèrent. Je nouai mes bras autour de sa nuque, mes doigts fouillèrent sa chevelure de jais. Je me sentais légère, confiante, aimée.
Nous finîmes par nous séparer ; nous manquions d'oxygène.
Il m'adressa un regard confus, et je compris qu'il ne savait pas ce que ce baiser représentait, pour moi.
— Je suis désolée, chuchotai-je. Je n'aurais jamais dû douter de ce que tu m'offrais. Je… je t'aime.
Rien ne m'avait paru plus vrai que ces trois petits mots qui illuminèrent ses traits.
— Je t'aime, répondit-il en se penchant pour me voler un autre baiser.
De longues minutes plus tard, lorsque nous nous détachâmes pour regagner ma voiture, je me souvins d'Edward.
Il n'était plus là.
La meute se réunissant chez Sam et Emily, Paul, qui avait insisté pour prendre le volant, nous y amena.
— Pourquoi n'y es-tu pas allé également ?
— Je t'ai sentie, en compagnie d'un vampire. J'ai eu peur qu'il t'ait trouvée avant que nous lui soyons tombés dessus, ou qu'il ait eu une compagne… Ensuite, j'ai entendu ta Chevrolet. Et toi ? Tu m'as vu dans la forêt ?
— Oui. Je ne sais pas pourquoi, mais je guette un peu plus les grandes formes sombres hantant les bois, ces derniers temps.
J'étais trop heureuse de l'avoir retrouvé en un seul morceau pour insuffler l'ironie nécessaire à ma phrase. Il s'esclaffa malgré tout.
— Tu étais avec Edward, non ?
J'admirai son ton parfaitement serein, sans parvenir à savoir s'il n'éprouvait véritablement aucune jalousie ou s'il le cachait – remarquablement bien.
— Oui. Il m'a invitée ce matin pour faire des recherches sur les dragons, chez lui. Mais… j'ai préféré rejoindre la Push en apprenant ce que vous faisiez.
Il ne poursuivit pas immédiatement.
— Tu n'as… aucun doute ? Aucun regret ?
— Non. Je… je ne sais même pas comment c'est possible.
— L'imprégnation t'y oblige peut-être.
— Je ne crois pas, mais je peux me tromper. Tu es juste… merveilleux. Avec toi, je n'ai aucune crainte. Edward ne me convient pas. Il ne me convient plus. Je… Avec lui, je ne serais jamais parfaitement sereine, et donc jamais totalement heureuse. Je t'aime, Paul.
— Moi aussi, Bella. A jamais.
— A jamais.
Et, bien que je sache que jamais nous ne serions deux vampires immortels, ce mot me parut soudain plus vrai que tout autre.
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Je pendis mon imperméable, retirai mes baskets, soucieuse de la conversation que je devais mener. Charlie apparut dans l'encadrement de la porte donnant sur la cuisine. Il émanait de la pièce une odeur de pizza, et je devinai qu'il en avait commandé une après mon appel.
— Bonne soirée ?
— Oui. Désolée de n'être pas rentrée.
— Je comprends. Ma petite fille grandit…
Sa voix trembla un peu. Je ne le contredis pas.
— Je suis éreintée. Je crois que je vais aller au lit tout de suite.
— Bonne nuit, alors.
— Bonne nuit, papa.
Je grimpai les marches une à une, traînai des pieds en traversant le couloir, à l'étage. Lorsque je poussai la porte de ma chambre, il m'y attendait déjà, assis sur le lit, raide. Il ne se tourna pas vers moi. Embarrassée, je m'installai à côté de lui, en prenant soin de mettre une bonne cinquantaine de centimètres entre nous.
— Edward… soufflai-je.
Il ne réagit pas.
— Edward, je…
J'inspirai profondément.
— Je suis désolée.
Je ne savais que dire d'autre. Je m'absorbai donc dans la contemplation de mon tapis. Renée avait insisté pour le débarrasser de sa poussière. Il était plus doux, à présent. J'y enfonçai les orteils.
— Tu n'as pas à être désolée.
Je me tournai vers lui. Il ne me regardait toujours pas.
— Si, le contredis-je. Je… J'aurais dû…
Le repousser immédiatement. Mon cerveau embrouillé n'avait pas voulu accepter l'évidence : mes sentiments pour lui s'étaient fanés. Quoique encore vivaces, ils ne l'étaient plus assez, à côté de ceux que je ressentais en côtoyant Paul.
— Non. Tu n'as rien fait de mal. C'est moi. J'ai commis… la plus grosse erreur de mon existence. Je t'ai laissée en pensant te protéger, ainsi, sans comprendre que tu faisais partie de mon monde, désormais. Sans comprendre que toi comme moi avions besoin de l'autre pour survivre.
Je sentis mon cœur se serrer en entendant ses paroles lourdes de souffrance. Bien que je n'ose le formuler, je sus qu'il l'avait compris : si lui ne pouvait toujours pas se passer de moi, la réciproque n'était plus vraie.
— Tu as dû te battre pour te remettre de ma perte… Tu as réussi. Je… Lorsque toute cette histoire sera finie…. Quand nous aurons vaincu l'Etre… Je partirai. Je ne t'embêterai plus.
— Désolée, répétai-je après une période de silence.
— Je t'appelle si nous trouvons quelque chose.
— Merci.
J'hésitai un instant, craignant de le blesser plus encore.
— Je… Si je ne suis pas là, appelle chez Emily. Elle me transmettra le message. Tu veux son numéro ?
Il ne me répondit pas, se contentant de redresser la tête. Mon souffle se coupa en voyant la douleur qui brûlait ses prunelles caramel.
— Désolée…
Il se leva et me sourit, de ce sourire qui me faisait craquer. Il était magnifique, sans aucun doute possible. Mais pas autant que mon Paul.
Alors, il disparut.
Une minute s'écoula, puis deux, et trois. A la quatrième, je me relevai gauchement. La démarche titubante, je gagnai la fenêtre. D'une main étonnamment ferme, je la fermai. Le bruit sourd que ce mouvement provoqua résonna longtemps à mes oreilles, bien après qu'il se soit évanoui dans les airs.
Désormais, j'avais choisi mon chemin. Il n'était plus temps de regarder en arrière.
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cCc
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Et voilà, fin du chapitre ! Qu'en avez-vous pensé ? Bella a fait son choix : Paul. Vous êtes contentes ?
Avec les fêtes de fin d'année qui approchent, je me demandais… qu'avez-vous commandé au Père Nowel, cette année ? Pour ma part, c'est rénovation de ma chambre. Du lit aux armoires, en passant par la décoration, tout change ! De quoi me charger de travail durant ces deux semaines de vacances… Comme si les dossiers à rendre pour la rentrée ne suffisaient pas !
Dans tous les cas, bonnes fêtes à tous, quoique vous fêtiez, et quelle que soit la façon dont vous le fêtez !
C.
